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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 17 juin 2026 6 min

Travail le 1er mai : “Cela ne remet absolument pas en cause le 1er mai”, estime Annick Billon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Madame la sénatrice, est-ce que, comme le dit la gauche, ce texte ne revient pas à remettre en cause notre héritage social ? – Je ne peux pas vous dire le contraire parce qu'évidemment, ça ne remet absolument pas en cause cet héritage. On l'a dit, répété depuis le 3 juillet 2025, date à laquelle nous avions débattu au Sénat de la proposition de loi que j'avais déposée avec le le président Hervé Marseille, président du groupe Union Centriste.

Notre volonté n'était en aucun cas de nous opposer au 1er mai. C'est un totem, c'est un jour férié, chômé. Nous y sommes attachés depuis nous sommes attachés à l'histoire sociale.

Mais vous reconnaissez quand même qu'il y a une inflexion ? Parce que le 1er mai, on l'a dit, c'est vraiment quelque chose de...

C'est un pilier central du Code du Travail et là, vous venez insérer une inflexion dans le Code du Travail. Alors, pour moi, c ce n'est pas une inflexion. Depuis 1946, le 1er mai était travaillé par les boulangers, les fleuristes, sans que ça n'ait posé de problème à personne.

En 86, Martine Aubry avait écrit une circulaire pour donner la possibilité à ces professionnels d'ouvrir le 1er mai. Aujourd'hui, de quoi il est question ? Il est uniquement question de régulariser l'ouverture des artisans boulangers, des artisans fleuristes et de les autoriser à faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat avec les conditions de rémunération. – Ça c'est intéressant, c'est effectivement l'un des reproches de la gauche hier dans l'hémicycle, c'est de dire sur la base du volontariat, mais est-ce qu'ils sont vraiment volontaires quand on a besoin d'argent pour arrondir à les fins de mois ?

On a souvent besoin de travailler, donc est-ce que ça se fera vraiment sur la base du volontariat – Alors, les discussions qu'on a pu avoir, on a entendu sur plus de 50 amendements, les mêmes arguments, les mêmes arguments. La description du monde du travail, la description de la La subordination par une partie de l'hémicycle, la gauche, ce n'est absolument pas moi ce que je vois sur le terrain. Aujourd'hui, lorsque je vais dans une boulangerie, je rencontre des salariés qui me disent « Moi, je veux travailler le 1er mai ».

Ils ne sont pas avec leur patron juste à côté en train de les menacer de travailler. C'est une vision passée, datée du monde du travail. Alors je ne dis pas que tout est formidable dans toutes les entreprises, mais dire que dans toutes les boulangeries et chez tous les fleuristes, on a des méchants patrons qui obligent et qui s'assoient sur le volontariat.

C'est véritablement caricaturé et imaginez le monde de travail de la sorte, c'est quelque chose de totalement...

Juste vous regrettez que ce soit limité aux boulangers et aux fleuries ? Certains comme Gabriel Attal auraient voulu que ce soit étendu à d'autres professions, les bouchers, les poissonniers. Est-ce que c'est regrettable ou est-ce que c'est déjà bien Merci pour cette question parce qu'en avril 2025, avec le président Marseille on dépose ce texte.

Le 3 juillet 2025, on fait voter ce texte il met neuf mois avant d'arriver à être inscrit à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? Un certain nombre de candidats, députés, candidats à la présidentielle s'emparent de ce texte et le politisent.

C'est de la politique, forcément, mais ça devient un espèce de totem politique. Qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, l'organisation de l'obstruction pour les débats, le Premier ministre décide l'inscription en commission mixte paritaire, grand mouvement des syndicats et finalement, on n'arrive à rien.

Gabriel Attal a joué contre votre camp ? Globalement, ces interventions ont fait que là où on avait un texte qui était prêt à arriver à l'Assemblée nationale et qui devait être débattu, eh bien, on est arrivé à ce que ce texte disparaisse, qu'on ait le texte du gouvernement, le projet de loi. Alors, qu'est-ce qu'on proposait ?

C'était quoi la différence ? Nous proposions la possibilité pour les salariés sur la base du volontariat, des artisans boulangers, des artisans fleuristes, des cinémas, des théâtres et des commerces de bouchers poissonniers globalement. Voilà ce qui était prévu.

Là, aujourd'hui, nous sommes uniquement sur les artisans fleuristes, les artisans boulangers. Ce qui a été fait hier uniquement sur ces deux professions aura totalement pu être fait en commission exparitaire avec le texte que nous avions déposé c'est le rôle de la navette c'est le rôle du parlement donc aujourd'hui on se retrouve avec deux professions et bien j'espère que le texte va prospérer qui va être adoptée à l'assemblée national, parce que nous avons quand même passé cinq heures, quelques amendements qui étaient quasiment tous identiques. Oui, de la gauche notamment.

Le texte en question, le texte adopté hier, ouvre la possibilité du travail le 1er mai aux entreprises jusqu'à 250 salariés, on est quand même très loin de l'artisanat là madame la sénatrice Oui avec comme l'a précisé monsieur le ministre Jean-Pierre Farandou des accords de branche et des négociations donc on n'a pas dit open bar on a juste dit voilà 11 salariés après accord de branche. Moi, je ne suis pas là pour dire jusqu'à 11, 12, 13, 14, 15. Ma volonté avec le président Marseille, c'était de laisser tous ces commerces de proximité travailler un jour où ils ont du travail et où leurs salariés veulent travailler.

Et pour le 1er mai, vendre du muguet, ça me paraissait aussi un petit peu logique que des fleuristes puissent vendre du Muguet, le 1er mai. Il faut que le texte passe maintenant à l'Assemblée nationale. Il n'y a pas d'inscription à l'ordre du jour prévue pour le moment.

Est-ce que ce texte sera adopté au moins d'ici le 1er mai 2027 – Eh bien, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. – Vous avez eu des promesses du gouvernement ? – J'avais eu des promesses en 2025 par la ministre du Travail à l'époque, Donc, notre texte devait prospérer très rapidement.

On aurait réglé le problème avec notre texte avant le 1er mai 2026. On l'a vu, ça n'a pas été le cas. Donc, moi, je sais comment fonctionne l'Assemblée nationale, je sais comment sont compliqués les débats à l'Assemblée nationale. – Vous n'avez pas de garantie quoi, aujourd'hui vous n'avez aucune garantie. – Sans majorité, je le croirai lorsque je le verrai. – D – D'accord, c'est très clair.

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