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interviewBFMTV· 8 novembre 2025 7 min

Une rescapée du Bataclan raconte comment la cérémonie des Jeux olympiques l'a "transformée"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

au Bataclan vous avez d'ailleurs écrit un livre chronique d'une survivante aux éditions de la Martinière c'est une bande dessinée puisque vous êtes je le rappelle illustratrice on va en parler d'abord 10 ans après comment ça va il y a des hauts et des bas c'est vrai que le temps fait du bien on est d'accord là-dessus mais il y a des souffrances il y a des cicatrices qui se referme qui se soignent jamais en fait donc clairement ça a changé ma vie vraiment une rupture mais avec le temps on apprend à faire avec en fait et il ya quelques jours des commémorations, dix ans après ces attentats. Comment on se sent ? Comment vous sentez-vous ?

Ça suscite chez vous de l'appréhension, de l'inquiétude ou de par l'initiative que vous avez Il y a aussi l'envie absolue de masquer la tristesse par la vie et le fait d'impliquer tout le monde. C'est ça, effectivement. C'est que depuis 10 ans, on commémore ensemble, entre victimes, entre associations avec des officiels.

On sent la plupart du temps assez seul et au bout de dix ans je me rends compte qu'en fait c'est la France quand même qui a été attaquée ce jour-là. C'est pas pas juste moi, donc c'est important aussi d'ouvrir la commémoration à tous les citoyens. Je pense qu'on a besoin d'un événement rassembleur.

Et c'est ce qui est prévu demain matin, donc deux événements en un et notamment une marche pour rendre hommage aux victimes des attentats à travers deux rendez-vous, dont l'un qui passera par les lieux des attentats. C'est bien ça pour qu'ils ne soient jamais des cimetières C'est ça. En fait, l'idée, c'est de passer par tous les lieux attaqués.

Ça ne va pas être glauque, je vous le promets. Au contraire, il faut rajouter de la vie, là où il y a eu de la mort. Donc pour moi, c'est vraiment une vague positive qui doit passer par ces lieux-là.

Surtout, ne jamais oublier les victimes des attentats des terrasses et du Stade de France. Trop souvent oubliés malheureusement. 130 morts et des centaines de blessés physiques et psychologiques.

Vous-même souffrez d'un syndrome de stress post-traumatique, dix ans après encore. Catherine Bertrand, on va y venir. Sur ce projet, je trouve ça très intéressant que vous nous Je suis désolée, je tiens à dire qu'il y a eu 132 morts.

Donc on a eu deux personnes qui ont mis fin à leur jour depuis. Il ne faut pas les oublier non plus. Notamment en mai 2024, le suicide de votre ami, le dessinateur Fred Deville.

Exactement. Qui était lui aussi rescapé de l'attentat au Bataclan. Voilà.

Et donc c'est aussi pour ça que j'étais vraiment, l'année dernière, j'étais au fond du trou avec la perte de mon ami fred donc je voyais pas d'avenir si vous voulez et puis la cérémonie des jeux olympiques m'a complètement transformé en fait je me suis senti à paix par les jeux olympiques d'une manière incroyable j'ai vu à quel point les français pouvait se rassembler être vraiment heureux d'être ensemble autour du sport et je me suis dit c'est vraiment le sport c'est vraiment une belle valeur il faut s'appuyer sur le sport pour aller mieux donc je me suis dit qu'effectivement il y avait quelque chose à faire. Le jour de la cérémonie d'ouverture, vous êtes confiné chez vous, quand je dis confiné c'est lié au syndrome de stress post-traumatique, vous êtes devant votre télé avec votre conjoint je crois. Oui.

Et alors là ? Alors là je deviens folle toute seule dans mon salon, je commence à danser, à crier de joie, oui parce que j'étais vraiment voilà j'étais en face de deuil donc je voyais pas du tout d'avenir, je voyais les choses vraiment très négativement et là d'un coup une vague positive qui arrive d'un coup en plus avec Gojira. À laquelle vous ne vous attendiez pas du tout, ça vous a vous-même submergé et surprise ?

Ah oui complètement et en fait ça m'a complètement sortie de mon état de torpeur depuis des mois donc je me suis sentie à paix, j'ai regardé toutes les compétitions, j'étais à fond, ça m'a vraiment portée oui. Alors derrière il y a eu un petit blues je crois. Pardon ?

Derrière il y a eu un petit blues. Alors oui. Après les JO temps ils vous ont transformé et porté.

En septembre effectivement il y a eu un petit blues post-JO qui a été un peu difficile à gérer parce que ça nous a tellement porté ces JO qu'effectivement on passe des sentiments extrêmement positifs à le retour d de la routine en fait, le métro boulot dodo qui revient en septembre et en fait on s'est dit qu'il fallait absolument qu'on s'appuie sur le sport à l'association française des victimes du terrorisme. On s'est dit qu'il fallait faire quelque chose pour les 10 ans d'exceptionnel, d'inédit. Même si on sort de notre zone où de confort c'était quand même important de proposer quelque chose qui ne se faisait pas avant.

C'est impossible ? C'est impossible d'oublier le 13 novembre 2015. C'est impossible et au contraire on a besoin de...

Ma question peut paraître quasi déplacée au vu de la monstruosité de ce qui s'est passé le 13 novembre 2015 mais on se dit peut-être qu'en 10 ans la souffrance, la peine peut être parfois atténuée. Comment vous vous y prenez si je puis dire ? Je ne vais pas parler au nom de toutes les victimes de terroristes parce que chaque victime est différente.

Moi, j'ai eu la chance de perdre personne ce soir-là. Il y a beaucoup de familles endeuillées notamment. Pour eux, toute leur vie, ils vont souffrir clairement.

Moi, j'ai survécu. J'ai l'impression que j'ai quand même une deuxième chance. J'ai une nouvelle vie qui s'offre à moi, donc je vais essayer d'en profiter au maximum.

Donc chacun son rythme en fait. Le sport vous aide ? Tout à regarder au moins et le dessin vous avez d'ailleurs dessiner la cérémonie d'ouverture oui oui complètement parce que j'avais besoin de laisser une trace dessinée de ce moment on voit en fait que vous avez dessiné et pour moi c'est vraiment important de retracer ce qui a été fait parce que c'était magnifique et surtout on a, à part effectivement les rediffusions, on n'a pas de traces de ces cérémonies.

Donc j'avais envie de les poser quelque part. Merci Catherine Bertrand, merci d'avoir été avec nous ce matin.