Procès en appel de Marine Le Pen, crise agricole... Le 8h30 franceinfo de François-Xavier Bellamy
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Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul.
Bonjour Agathe.
On va parler des agriculteurs en colère que vous allez soutenir tout à l'heure, François-Xavier Bellamy, de la situation en Iran. Mais d'abord, Marine Le Pen rejoue sa place à la présidentielle aujourd'hui devant la cour d'appel après sa condamnation le 31 mars à 5 ans d'inéligibilité avec exécution immédiate. On écoute Jordan Bardella lors de ses voeux à la presse hier.
Il serait profondément inquiétant pour la démocratie. Que la justice prive les Français d'une candidate à l'élection présidentielle déjà qualifiée à deux reprises pour le second tour. La démocratie suppose le libre choix du peuple, sans entrave, ni acte de déloyauté.
Êtes-vous d'accord avec lui ?
Personne n'est au-dessus des lois. Et ce qui est absolument certain, c'est qu'être au pouvoir ne doit jamais vous garantir de ne pas avoir à rendre de compte devant la justice au moment où c'est nécessaire. Être dans l'opposition non plus. Et le fait d'être la première opposante, objectivement, aujourd'hui dans les enquêtes d'opinion à la majorité d'Emmanuel Macron, ne fait pas de Mme Le Pen une responsable politique qui pourrait s'exonérer de la nécessité de répondre devant des tribunaux si c'est nécessaire.
Vous n'êtes pas d'accord avec Jordan Bardella ?
Simplement, c'est que je crois que quand la justice entre effectivement en interaction avec la politique et la démocratie et la vie démocratique, elle doit le faire avec une précaution absolue qui garantisse que ces décisions soient absolument incontestables. Et ce n'est pas le cas pour vous ? Ce qui m'a semblé comme un citoyen ordinaire et comme un élu qui n'est pas du camp de Mme Le Pen, mais qui observe la vie de notre pays avec attention. Ce qui m'a semblé préoccupant, c'est que l'exécution provisoire, c'est-à-dire le fait que l'appel que Mme Le Pen allait former ne serait pas suspensif. Cette exécution provisoire, objectivement, j'ai du mal à voir sur quoi elle peut se fonder.
Personne n'est au-dessus des lois, mais pas l'institution judiciaire non plus.
Donc le fond du dossier semble moins vous gêner, si je suis correctement votre pensée, que la justice puisse avoir un effet politique.
Non, non, pas du tout. Ce qui compte, c'est que le fond du dossier décide de la décision. Et pour cela, il faut que le processus qui aura lieu soit absolument incontestable. Je crois qu'on serait tous dans le même cas si on observait un autre pays européen ou un autre pays occidental. Si la justice rend inéligible celle qui est aujourd'hui, encore une fois, de fait, je ne suis pas de son camp, mais c'est un fait politique. Elle est la première dans les sondages. Si c'est nécessaire et si c'est légitime, bien sûr, il n'y a aucune raison que qui que ce soit soit protégé de sa responsabilité. Mais encore une fois, la décision doit être absolument incontestable.
François-Xavier Bellamy, les juges reprochent au Rassemblement National d'avoir fait travailler des collaborateurs d'eurodéputés pour le parti, alors que c'est le Parlement européen qui l'est rémunéré. Vos collaborateurs au Parlement européen occupent-ils des tâches qui n'ont rien à voir avec le Parlement européen ? Est-ce que ça vous est déjà arrivé sinon ?
Je vous garantis que je ne sais même pas d'ailleurs comment je ferai parce que le travail au Parlement européen est tellement lourd, tellement dense, tellement intense, les sujets sont tellement nombreux que c'est bien nécessaire d'avoir une équipe qui vous entoure pour pouvoir vous accompagner dans l'effort que nous faisons tous les jours pour faire entendre la voix des Français à Strasbourg et à Bruxelles. Et donc, non, non, évidemment, l'équipe qui m'accompagne...
Chez vous, ça n'existe pas. Et quand le RN explique...
Personne n'a jamais eu rien à redire aux équipes parlementaires des Républicains au cours des dernières années et certainement pas sous ma responsabilité depuis que j'ai été élu en 2019.
Quand Marine Le Pen explique que ses collaborateurs faisaient de la politique, qu'ils faisaient tous de la politique, est-ce que vous trouvez ça crédible comme défense ? Est-ce que vous comprenez ?
Je laisse Marine Le Pen répondre aux juges, je laisse les juges mener leur enquête. Ce que je dis simplement, c'est que dans l'intérêt de la démocratie dans son ensemble, et oui, je le dis dans un esprit qui n'est pas partisan, puisque je ne suis pas du camp de Mme Le Pen, mais nous avons vécu, nous aussi, une accélération de l'histoire judiciaire qui, à ce stade, n'a jamais été vraiment expliquée dans l'affaire François Fillon, en pleine campagne présidentielle. Je pense que dans l'intérêt de la démocratie, il doit être absolument certain que les juges n'agissent que dans le strict respect du droit. Personne n'est au-dessus de la loi, et je le redis, l'institution judiciaire non plus.
Et vous semblez sous-entendre que les juges n'interviennent pas dans le strict respect de la loi, c'est ce que vous dites ? Je me borne à dire que, dans le cas de François Fillon, la question reste ouverte aujourd'hui, de savoir comment une telle accélération a pu se produire. Et je pense que ça n'est pas sain, ça n'est pas bon que des questions comme celle-là continuent de peser sur la vie politique du pays.
Vous parlez de l'affaire Pénélope, il y a d'autres affaires en cours. Nicolas Sarkozy sera jugé en appel à partir du 16 mars. Sophia Chikirou et Rachida Dati, toutes deux candidates à la mairie de Paris, doivent également être jugées. Tous ces procès, est-ce que ce n'est pas la preuve que la démocratie fonctionne, au fond ?
Mais c'est tout à fait normal que des responsables politiques rendent des comptes devant la justice lorsqu'il y a matière à cela, et je ne le conteste absolument pas. Et oui, c'est la preuve que la démocratie fonctionne, encore une fois, à la condition que chaque institution, que chaque autorité respecte absolument les règles qui lui sont fixées par le peuple. Rappelons que la justice, elle est rendue au nom du peuple français, et c'est toujours dans cette exigence-là qu'elle devrait se dérouler.
François-Xavier Bellamy, environ 350 tracteurs viennent d'entrer dans Paris, selon la préfecture de police. Des agriculteurs opposés, notamment au Mercosur, cet accord de libre-échange avec des pays d'Amérique du Sud. Est-ce que vous soutenez ce mouvement, y compris les blocages ?
Moi, je soutiens les agriculteurs français qui vivent aujourd'hui une détresse absolue, et qui travaillent pour la souveraineté, pour la sécurité alimentaire d'un pays qui le leur rend peu. La vérité, c'est que notre agriculture, aujourd'hui, traverse une crise existentielle. Cette année, pour la première fois depuis plusieurs décennies, notre balance commerciale agricole est déficitaire. Derrière cette indication technique, il y a une réalité tragique, le fait que nous ne produisons plus l'alimentation dont nous avons besoin pour nourrir les Français. C'est unique dans notre histoire.
Et François-Xavier Bellamy, on va en parler.
La France était la première puissance agricole d'Europe, et la deuxième puissance agricole du monde, elle est aujourd'hui à terre, et c'est cela qui doit tous nous mobiliser.
Et dans ce contexte, vous rejetez l'accord du Mercosur, on va en parler, mais d'abord, je vous demandais si vous souteniez aussi les blocages. On va écouter un agriculteur sur le péage de Fresnes-les-Montobans dans le Pas-de-Calais, interrogé hier au 20h de France 2.
La dernière fois, on avait trouvé de l'ail qui venait de Chine, par exemple. On fait le boulot que l'État ne veut pas faire, tout simplement.
Les agriculteurs qui contrôlent les camions, est-ce que vous soutenez ces contrôles, ces inspections de camions, ces barrages filtrants et les blocages aussi des agriculteurs ? Est-ce que vous soutenez, vous, l'homme de droite, ces actions ?
Mais qu'est-ce qu'ils disent, les agriculteurs, à travers ces actions ? Ils disent, en réalité, la contradiction absolue et insupportable entre le fait que nous imposons à ceux qui produisent chez nous des règles de plus en plus compliquées et le fait que nous ouvrons ensuite nos marchés à des productions extra-européennes qui ne respectent aucune de nos règles, aucune de nos normes. Et c'est cela qui, évidemment, est au cœur du problème du Mercosur. Mais moi, je voudrais dire une chose qui me paraît absolument fondamentale. Ce qui a mis l'agriculture française dans cette crise aujourd'hui, ça n'est pas le Mercosur.
Et je vais m'opposer au Mercosur et on continuera de tout faire pour empêcher que cet accord ne s'applique. Mais je ne voudrais pas que ce débat...
Vous allez vous opposer au Mercosur, mais samedi, la présidente de la Commission européenne va signer au Paraguay le Mercosur.
Non, mais ce n'est pas trop tard parce que le cœur du travail qui nous attend pour nous, le Parlement européen, il va s'engager. Ça fait déjà plusieurs semaines qu'avec Céline Imarne, nous bataillons pour déposer une saisine devant la Cour de justice de l'Union européenne pour saisir la justice de cet accord. Ne pensez-vous pas ce matin que la bataille est perdue ?
Vous allez après Place de la Concorde rendre visite aux agriculteurs en quittant le studio de France Info. Vous allez leur dire que ce n'est pas mort, la France peut encore empêcher la signature du Mercosur, on pèse encore quelque chose en Europe ?
La France doit le faire. Elle a la possibilité de saisir la Cour de justice. Et nous, le Parlement européen, nous allons le faire. Ce sera la semaine prochaine à Strasbourg. Nous allons voter sur cette saisine de la Cour de justice de l'Union européenne avant de pouvoir voter sur la ratification du traité lui-même. Et nous allons continuer de batailler voie par voie pendant les jours et les semaines qui viennent pour réunir une majorité contre ce traité. Mais je le redis, je le redis. Et il faut le dire à tous les agriculteurs qui en sont les premiers conscients. Le Mercosur n'est pas la cause de l'effondrement de notre agriculture.
Le drame qui a tué l'agriculture française ne s'appelle pas Mercosur. Il s'appelle François Hollande et Emmanuel Macron. Ce qui menace l'agriculture française... Et Nicolas Sarkozy avant, non ? Il faut simplement regarder la balance commerciale agricole. Vous verrez que c'est quand la gauche est arrivée aux responsabilités et qu'elle a organisé la décroissance de notre modèle agricole à coup de règles environnementales absurdes qui en réalité sont anti-environnementales. Parce que quand on empêche les agriculteurs français de bosser, en fait, on sert l'importation de produits qui viennent d'ailleurs et qui ne respectent aucune des normes environnementales
que nous nous appliquons à nous-mêmes. Pourquoi si le problème des agriculteurs, ce n'est pas le Mercosur ? Vous êtes en première ligne frontale contre le Mercosur. Vous, l'homme de droite, juste par principe, vous vous opposez aux accords de libre-échange ?
Pas aux accords de libre-échange. Moi, je crois que le... Et d'ailleurs, c'est ma très grande différence avec la gauche, avec les écologistes, avec les macronistes qui ont aussi contribué ces dernières années au Green Deal, à Farm to Forks, ces projets qui, au Parlement européen, dans l'Union européenne, ont rendu la vie impossible aux agriculteurs français.
Mais là, on ne parle pas de ça, François-Xavier Villamy. On parle d'un nouveau marché de centaines de millions de consommateurs. Est-ce que ce n'est pas une opportunité à saisir pour peser face aux Américains, face aux Chinois, pour les viticulteurs, pour les producteurs de lait, pour notre industrie ? Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a du bon dans cet accord ?
Mais moi, je crois, et je le redis, c'est ma grande différence avec la gauche, que le but pour l'agriculture française, le but pour l'économie française, c'est de pouvoir recommencer à produire, de pouvoir recommencer à exporter, de rayonner dans le monde. Moi, je ne crois pas qu'il faille rendre la vie impossible à ceux qui travaillent chez nous, et ensuite leur dire, on va vous protéger et s'enfermer entre quatre murs pour mourir un petit feu. Mais vous ne répondez pas à la question sur le Mercosur ?
Est-ce que vous reconnaissez qu'il y a des mesures nécessaires ou importantes aussi pour l'agriculture européenne ?
Le vrai problème du Mercosur, ce n'est pas l'idée qu'on va commercer avec d'autres régions du monde. Le vrai problème du Mercosur, c'est que cet accord fait de l'agriculture une variable d'ajustement. Et en particulier de l'élevage, qui est déjà un secteur infiniment fragilisé. Et on ne peut pas se dire que dans une sorte de grand jeu économique où il y aura des gagnants et des perdants, on va accepter de sacrifier l'élevage français pour que d'autres puissent gagner des profits supplémentaires.
Vous savez qu'il y a des quotas très stricts,
François-Xavier Bellamy. Vous vous dites que ça va être une submersion. Mais la vérité, c'est que ces quotas n'empêchent pas que c'est de la viande à forte valeur ajoutée qui va déstabiliser complètement nos marchés. Et ça, personne ne le nie. Un stack par an et par consommateur. C'est une menace existentielle. La crise que nous avons connue ces dernières années. On a vécu une crise sanitaire et on s'est rendu compte que c'était peut-être une immense erreur de ne plus pouvoir produire nos médicaments. On a vécu une crise énergétique et on s'est rendu compte que ça avait été une immense erreur de laisser la Russie produire pour nous l'énergie dont nous avons besoin.
Aujourd'hui, on est peut-être à la veille, demain, d'autres crises et la prochaine sera peut-être une crise alimentaire. Et ce jour-là, si on n'a plus d'éleveurs en France, si on n'a plus d'agriculture en France, les citoyens se retourneront vers nous et nous diront qu'est-ce que vous avez fait pour que nous en arrivions à cette situation où nous avons faim aujourd'hui, où nous ne pouvons plus nous alimenter correctement. Le déficit de la balance commerciale agricole française veut dire que la France ne peut plus se suffire à elle-même pour produire son alimentation. Et ça devrait être un signal d'alarme total, pas seulement pour les agriculteurs, mais pour tous les citoyens que nous sommes.
Parce que c'est notre souveraineté et notre sécurité qui est en jeu
dans le travail de nos agriculteurs. Sur votre siège, il y avait la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevert, qui disait que ce n'est pas la fin de l'histoire. Elle est donc sur la même ligne que vous sur le Mercosur. Juste avant les vacances de Noël, il y avait la députée européenne Manon Aubry qui dénonce de la cite l'opération d'intox généralisée sur le traité du Mercosur et qui a, écoutez là, un message pour vous.
Et je veux singulièrement souligner l'hypocrisie du groupe de François-Xavier Bellamy des Républicains et le groupe de Jordan Bardella du Rassemblement National puisque ces deux groupes en très large majorité soutiennent en réalité cet accord donc ils commencent par faire le travail au sein même de leur groupe.
Que lui répondez-vous ? Mais le Mercosur, c'est un débat en Europe qui n'oppose pas les groupes politiques entre eux mais qui opposent les pays. On l'a très bien vu ces derniers jours, ce sont les pays qui ont plus ou moins intérêt au Mercosur et qui se prononcent de cette manière-là. Donc il s'agit moins d'une question politique que de la situation de nos pays à l'intérieur de l'Union Européenne. Et nous, au sein du PPE, où beaucoup de pays sont effectivement favorables au Mercosur, nous sommes en première ligne dans le combat contre cet accord. Maintenant, je voudrais répondre une chose très simple à Manon Aubry. Je le redis.
ce qui menace l'agriculture française aujourd'hui, ce n'est pas ce qui se passe en Argentine, au Paraguay ou au Brésil. C'est ce qui s'est passé pendant des années à Paris et à Bruxelles. C'est ce qu'elle a porté avec ses amis de l'extrême-gauche, de la gauche, des écologistes, qui ont organisé la décroissance de notre modèle agricole.
Si les agriculteurs sont dans une telle détresse aujourd'hui, si vous avez malheureusement de manière si régulière des agriculteurs qui en France mettent fin à leur jour, si vous avez tant d'exploitations agricoles qui disparaissent et si nous devenons dépendants pour la production de notre propre alimentation, c'est parce que pendant des années, la gauche a pourri la vie des agriculteurs avec des réglages. En attendant, vous n'avez pas réussi. La France n'a pas réussi à s'opposer à cet accord.
Mais bien sûr, mais pour une raison très simple aussi et il faut le dire aux Français, c'est que quand vous avez 5% de déficit budgétaire, quand votre pays a renoncé au travail, quand vos dirigeants ont renoncé à vous dire la vérité, quand la dernière réforme qu'on a faite, c'est de ramener la retraite à 62 ans, quand toute l'Europe a décidé au contraire qu'il fallait travailler plus pour pouvoir produire plus, quand la vérité, c'est qu'aujourd'hui, la France est devenue la lanterne rouge de l'Europe et que notre pays est devenu déficitaire commercialement, c'est-à-dire nous devenons un pays de consommateurs qui importe tout et qui ne produit plus rien et que vous arrivez ensuite à Bruxelles en disant on va vous expliquer comment ça doit se passer le commerce mondial, personne ne vous écoute et c'est le grand problème de nos dirigeants français aujourd'hui mais encore une fois, je le redis, c'est pas d'hier, le débat sur la loi du plomb cet été, c'est Manon Aubry, ce sont ses amis de gauche, ce sont les écologistes, ce sont même les macronistes qui ont tout fait pour empêcher qu'on libère nos agriculteurs, nos agriculteurs ne demandent pas à être protégés, ils demandent à être libérés, ils demandent qu'on les laisse bosser, qu'on les laisse vivre, qu'on les laisse respirer et ceux qui instrumentalisent les peurs des français contre la science, contre la raison pour empêcher notre agriculture de recommencer à produire, ceux-là sont responsables de la détresse du monde agricole et ne peuvent pas présenter aujourd'hui qu'ils viennent soutenir nos paysans.
Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou.
Avec François-Xavier Bellamy, député européen numéro 2 du parti Les Républicains, on parle de la mobilisation en Iran, Paul.
648 manifestants tués et 10 000 arrestations en Iran, selon le dernier bilan de l'ONG Iran-Human Rights ce matin. Monsieur l'eurodéputé, est-ce que la France doit simplifier et que peut faire l'Union Européenne ?
D'abord, il faut dire notre soutien absolu au peuple iranien qui lutte pour sa liberté, qui lutte depuis longtemps pour sa liberté et qui a aujourd'hui l'occasion, espérant que cette occasion arrive au bout grâce au sacrifice immense de ceux qui s'engagent dans ces mobilisations, l'occasion de se défaire de ce régime qui n'est pas seulement un cancer pour son propre peuple mais qui est aussi une menace pour la sécurité du monde. Rappelons que derrière l'Iran, il y a, et c'est la raison pour laquelle oui, la France doit s'impliquer, il y a un régime qui menace notre pays, qui menace l'Europe, qui menace le monde occidental dans son ensemble.
la chute du régime des Mola.
Évidemment, je souhaite la chute de ce régime depuis très longtemps et je crois qu'aujourd'hui notre devoir, le devoir de l'Europe toute entière, c'est d'ouvrir les yeux sur la gravité de la menace que ce régime fait peser sur nos pays et sur notre modèle de liberté et de démocratie. Mais quand Donald Trump
menace ce matin de taxer à 25% tout pays qui commercerait avec l'Iran, on voit la réaction de la Chine et nous, où est-ce qu'on est ? Nous, la France, nous, l'Europe. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Qu'est-ce qu'on doit faire ?
Mais d'abord, encore une fois, ouvrir les yeux. Quand, avec la mort de Marsa Amini, les Iraniennes se sont levées avec un courage immense en criant « Femmes, vie, liberté ! » pour se défaire de ce voile que le régime leur impose, la réponse de l'Union Européenne, c'est qu'au même moment, la Commission finançait des publicités pour dire « La liberté est dans le hijab. » J'ai dénoncé ces publicités. J'ai interdit à la Commission Européenne de financer ces messages. Mais ça aura été un combat de longue haleine. Vous connectez ça à l'Iran ? Pourquoi ? Mais bien sûr, parce qu'en réalité, c'est l'Iran qui aujourd'hui exporte et cherche à exporter ce modèle d'islam politique qui gangrène nos pays.
Le Hezbollah, le Hamas, ces milices qui aujourd'hui ont déstabilisé tant d'autres pays. Je pense au Liban, je pense au Yémen. Ça ne se joue pas au niveau
des campagnes de publicité. Peut-être qu'il y a des sanctions à prendre contre les dirigeants pour ceux qui répriment, le gel des avoirs, des interdictions. Concrètement, qu'est-ce que vous attendez ?
Comme vous le savez, la difficulté que nous rencontrons, c'est que l'Iran est déjà un pays, un régime qui est sous sanctions multiples de la part de l'Union Européenne. Il n'y a pas de pays au monde qui soit plus sanctionné que le régime iranien aujourd'hui. Donc, la vérité, c'est que nous touchons du doigt aussi les limites de notre capacité d'action sur le plan des sanctions. Mais notre devoir, je le redis, c'est d'ouvrir les yeux. Et aujourd'hui, certains ne l'ont pas fait. Quand je pense que vous parliez de sanctions, la présidente du Parlement européen qui est de notre famille politique a décidé d'interdire l'accès du Parlement aux diplomates iraniens.
Eh bien, qui s'est ému de cette interdiction ? Rima Hassan. Rima Hassan qui s'est révolté du fait qu'on interdise aux diplomates iraniens de rentrer dans le Parlement alors qu'on ne l'avait pas fait se plaint-t-elle des diplomates israéliens. Mais regardez la gravité de ce déni de réalité que l'extrême gauche cherche à nous imposer aujourd'hui parce qu'elle se fait en réalité la première alliée de cette idéologie islamiste qui cherche, je le redis, à s'imposer pas seulement à Téhéran mais qui cherche à s'imposer demain sur le continent européen.
Si on va au bout de votre logique, est-ce que ça signifie que vous souhaitez qu'une intervention américaine que Donald Trump intervienne en Iran et qu'il fasse le travail que vous souhaitez, c'est-à-dire provoquer la chute du régime ?
C'est toujours très compliqué parce que les opérations de changement de régime qui se provoquent de l'extérieur n'ont pas toujours porté des fruits qui sont très bénéfiques à long terme pour les peuples concernés. Il suffit de regarder autour de nous et dans l'histoire la plus récente. Mais effectivement, nous avons le devoir de faire tout ce que nous pouvons pour soutenir le régime iranien, pour soutenir les... Pardon, les Iraniens qui veulent faire tomber ce régime.
Tout ce que nous pouvons. Vous m'offrez une transition tout trouvée vers le Venezuela mais avant, je veux faire un micro-rectificatif. Il me semblait avoir mal lu des bons matins de la Dépêche AFP. C'est bien 25% de droit de doigt de Donald Trump et non pas... Il n'y a aucun problème. Votre parti a justifié l'enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela par les Américains au nom de la légitime défense. Est-ce que, numéro 2 du parti,
vous partagez son point de vue ? Mais là encore, il faut ouvrir les yeux sur la réalité de ce qui se joue et d'ailleurs, les deux sujets sont liés. Parce que, qui était le premier allié de l'Iran en Amérique latine ? Le premier allié de l'Iran sur le continent américain, c'est le Venezuela. Nicolas Maduro était le premier supporter du Hezbollah qui organise le trafic de drogue au bénéfice du régime iranien jusqu'en Amérique latine. Mais on parle d'un chef d'État étranger enlevé par un homologue.
Ça ne vous dérange pas
cette forme de loi du plus fort d'enlever un chef d'État étranger ? Mais est-ce que ça ne vous dérange pas que ce chef d'État assume de soutenir l'organisation de réseaux criminels qui menacent la sécurité, qui menacent la démocratie, l'État de droit jusque dans nos propres pays ? Parce que c'est de ça qu'il s'agit.
Oui mais pour l'Iran vous dites on n'est pas sûr. En attendant Donald Trump affiche ses vues sur d'autres régions du globe. Il réitère notamment ses menaces sur le Groenland le 9 janvier à la Maison Blanche. On écoute.
On ne peut pas avoir la Russie ou la Chine qui occupent le Groenland. C'est ce qu'ils vont faire si on ne le fait pas. Donc on va faire quelque chose avec le Groenland soit avec la manière douce soit avec la manière forte.
Est-ce qu'au Parlement européen vous prenez ces menaces au sérieux ? Vous attendez une attaque des Américains sur le Groenland ?
En tous les cas ce que nous prenons très au sérieux c'est la nécessité de sortir l'Europe de sa dépendance à l'égard des États-Unis. Parce que ce que montre cette situation c'est que l'Europe est aujourd'hui infiniment vulnérable.
Et est-ce qu'elle est trop faible face aux États-Unis ? Est-ce que les Européens
ont peur de Donald Trump ? Mais bien sûr et pour une raison très simple c'est que depuis des décennies les Européens dans leur immense majorité ont choisi de faire reposer leur propre sécurité seulement seulement sur leur alliance avec les Américains qui est en fait le signe d'une forme de vassalité au sein de l'OTAN les Européens ne sont pas tant les alliés des Américains que leurs vassaux. Nous sommes protégés par les États-Unis et c'est la raison pour laquelle aujourd'hui les Européens sont tétanisés. Pendant des années ils n'ont pas investi assez dans leur propre défense et ils se retrouvent aujourd'hui infiniment vulnérables face à un allié qui se retourne contre eux.
Et donc notre devoir c'est de sortir de cette dépendance et c'est la raison pour laquelle on a porté au cours des derniers mois j'étais le rapporteur sur le projet européen pour l'industrie de défense qui pour la première fois dans l'histoire de l'Europe va fixer un objectif de priorité européenne dans les achats d'armement. L'année dernière les Européens ont acheté 79% de leurs armements hors de l'Union Européenne dont une écrasante majorité aux Etats-Unis.
Ça vous dit l'ampleur de la dépendance et pour la première fois l'Europe fixe une ambition d'acheter ses armements en Europe plutôt que d'acheter à l'extérieur de nos frontières pour pouvoir faire que demain l'Europe soit capable de résister à des tentatives d'intimidation comme celles qui se déroulent sous nos yeux.
Est-ce qu'on est la risée de la communauté européenne ? Tout à l'heure vous disiez que la situation française faisait que... la situation intérieure faisait qu'on était plus crédible sur le plan international. Vous en parlez avec vos collègues au Parlement européen de l'instabilité du gouvernement l'impossibilité de trouver un budget la menace d'une dissolution ?
Mais bien sûr on en parle tous les jours et moi je peux vous dire une chose que les Français ne savent peut-être pas mais la situation de la France aujourd'hui inquiète toute l'Europe et la trajectoire budgétaire de la France inquiète toute l'Europe et tous les Européens se demandent si nous avons perdu la tête. Nos dirigeants qui aujourd'hui ont choisi de céder tout ce qu'ils peuvent aux caprices du parti socialiste ce parti socialiste qui a gouverné la France mais qui aujourd'hui fait assaut de démagogie dans une sorte de compétition aberrante avec la France insoumise tous ces dirigeants Donc c'est que
de la peau des socialistes les républicains qui sont intransigeants depuis le début qui ne veulent pas de compromis ils ne sont pas responsables ?
Par exemple les républicains ont été les premiers à dire qu'il fallait et nous continuons de dire et nos députés se battent tous les jours à l'Assemblée nationale pour dire qu'il faut baisser la dépense publique baisser le poids des impôts et accepter qu'il va falloir réformer l'Etat en profondeur pour que la France retrouve effectivement sa crédibilité demain y compris sur la scène européenne et internationale Pardonnez-moi de vous interrompre
mais certains attendent cette question c'est la question qui est retrouvée sur les réseaux sociaux de France Info ce matin la question qui s'allie Avec Agathe nous avons décidé de vous interroger sur Sarah Knafo qui est donc comme vous le savez candidate à Paris pour le parti Reconquête est-ce qu'elle ne peut pas piquer des voix à votre candidate
Rachida Dati ? Mais il y a une chose qui est absolument prioritaire pour Paris comme pour la France c'est de préparer l'alternance les parisiens n'en peuvent plus d'une gestion municipale qui a rendu cette ville pauvre qui l'a endettée comme jamais qui a contribué à l'insécurité galopante que nous voyons et là encore l'image même de cette ville contribue à l'image que les européens que les touristes du monde entier qui viennent en France se font de la situation de la France aujourd'hui
L'alternance quitte à faire une alliance Knafo-Dati au second tour Mais l'alternance
elle ne sera pas d'abord permise par une alliance elle sera d'abord permise par un élan et je pense qu'il faut que tous les parisiens qui veulent sortir de cet échec manifeste de la gauche parisienne Mais tous les français qui partout d'ailleurs dans les autres villes de France veulent une alternance dans ces villes de gauche qui ont été tellement abîmées depuis plusieurs années choisissent les candidats des républicains qui sont les mieux placés qui sont les mieux placés pour pouvoir Non non les candidats des républicains sont les mieux placés pour permettre l'alternance partout dans les communes Merci François-Xavier Bellamy
Merci d'avoir répondu aux questions de France Info Merci beaucoup Paul Merci à demain À demain
Marine Le Pen