JUAN BRANCO - Les Gilets Jaunes face à l'Europe - Bourse du Travail à Paris 9 avril 2019
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 95 %Défensif 5 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« des personnes être mises en garde à vue parce qu'ils avaient fait des commentaires qui semblaient ambigus ou de soutien un peu trop exacerbés à des formes d'expression politique »
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« l'affaire Luramide, qui ferait perdre 4 milliards d'euros aux contribuables France Rennes, provoquerait le licenciement de 3 000 personnes et la quasi-faillite, non seulement d'Areva, mais aussi d'EDF. »
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« Les 9000 arrestations arbitraires, les 3000 arrestations qui ont touché des lycéens en décembre par peur que le mouvement se propage »
- 8:03PrésentateurFait
« les violences volontaires aggravées, en bandes organisées. »
- 9:20PrésentateurFait
« les élections européennes, c'est une parodie démocratique, c'est une parodie d'élection »
- 10:38PrésentateurFait
« des affaires comme les aéroports de Paris, l'affaire Euramine et bien d'autres interviennent au bénéfice de quelques-uns. »
Temps de parole
- Présentateur100 %
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La prochaine intervention, c'est Juan Branco, qui est donc avocat et auteur de Crépuscules, qui est aussi disciplinaire.
C'est sérieux parce qu'on est à un moment de rupture très important pour le pouvoir, et pas pour nous, qui vient de griller sa dernière cartouche, enfin l'avant-dernière, qui était le grand débat, qui s'apprête à en griller une dernière, qui est les conséquences qui vont être prises, les décisions qui vont être prises, pardon, suite à ce grand débat, et qui va essayer de jouer les prolongations après avec les élections européennes, où on va essayer de mettre en scène une sorte de reprise en main de l'espace démocratique, et de montrer qu'en fait tout allait bien et qu'il n'y avait plus de problème.
Donc voir qu'on est si nombreux à se désolidariser de cette petite mécanique qu'entretiennent un certain nombre de médias, pour ne pas dire la totalité, en complicité avec ce pouvoir, en acceptant notamment le fait d'avoir appelé pendant trois mois cette organisation de meetings de propagande un débat, je pense que c'est un premier signal qui est envoyé et qui est extrêmement fort. Le second, c'est celui de savoir qu'avec les élections européennes, on a peut-être quelque chose qui ressemble à une deadline, c'est-à-dire que c'est peut-être le dernier moment que l'on devrait se fixer pour réussir à obtenir des résultats, et des résultats majeurs pour notre mouvement.
D'ici là, il y a quelques dates importantes, moi je vais me concentrer sur une seule, parce que j'ai vu sur Facebook qu'elle intéressait un certain nombre de personnes, c'est le 1er mai. Le 1er mai, il y a un certain événement sur Facebook, je vais vous dire le nom tout de suite, qui a attiré plus de 7000 personnes intéressées, et plus de 2000 participants déjà, qui est un événement qui devrait nous inquiéter, et quelque part nous intéresser, qui s'appelle Paris, capitale de l'Émeute.
Alors j'aimerais vraiment vous inciter à réfléchir à ce que ça implique, que dans un contexte de répression extrêmement violente contre un mouvement social, dans lequel on a vu des personnes être mises en garde à vue parce qu'ils avaient fait des commentaires qui semblaient ambigus ou de soutien un peu trop exacerbés à des formes d'expression politique qui ne seraient pas tolérées par notre régime actuel, pardonnez-moi la circonvolution, on voit qu'il y a 9000 personnes qui prennent un risque pénal de montrer leur soutien à un événement majeur, de s'engager physiquement, de prendre le risque, de manifester, de s'engager, y compris pacifiquement lors de ce jour-là, et de montrer quelque part leur détermination massive à provoquer une bascule dans ce pays, y compris sous une forme révolutionnaire.
Et j'ai envie qu'on prenne le temps d'intégrer en fait cette donnée majeure à un moment qui pouvait sembler en fait être la mise en place d'un étouffoir définitif qui aurait pu durer 10, 20, 30 ou 40 ans, que l'on nous promettait que les hommes politiques qui nous dirigent, les médias qui les commentent et qui tentent de nous réguler, voire juguler, et l'ensemble de cette classe dirigeante et dominante, avaient enfin réussi à mettre en œuvre. Il y a aujourd'hui, déjà sur une plateforme virtuelle, 9000 personnes qui prennent le risque de défier l'ordre juridique de notre pays, pour montrer leur volonté de s'engager par leur corps pour provoquer une bascule politique.
A partir de cet élément-là, la question qui se pose est double. D'abord, la conscientisation de nos énigmes, entre guillemets, du fait que cette bascule est proche. Et que si cette bascule intervenait sous la forme qu'ils souhaitent lui donner, parce que c'est eux qui, à force de silence, c'est eux qui, à force d'indifférence, amènent à cette radicalisation et à cette violence naissante, s'ils cherchent cette confrontation, il est probable qu'ils la trouveront.
Peut-être pas de notre part, peut-être pas de la part de tous ceux qui sont dans cette salle, mais en tout cas de plusieurs milliers de personnes qui considèrent que la farce est allée trop loin et que nous sommes arrivés à un point de rupture auquel ils sont prêts à se rendre, qu'il y ait armé ou police, LBD ou matraque pour les accueillir et éventuellement les massacrer. Ça, c'est la première étape. Qu'ils comprennent que cette impunité, cette aire d'impunité qui leur a permis ces dernières années en particulier, ces quinze dernières années de piller en toute impunité, de s'accaparer un système qui était censé contrôler leurs excès, est en train d'arriver à sa fin.
Et j'aimerais envoyer un message, parce que je vois qu'il y a plusieurs caméras, je ne sais pas s'il y a des médias institutionnels qui nous font pour la première fois l'honneur de leur présence, notamment au premier d'entre eux, non pas Emmanuel Macron, mais Édouard Philippe, que j'attends en prison, et très rapidement.
Lui qui a menacé, parce qu'il y a eu les rues de Rouet d'emprisonnement, lui qui a fait activer un appareil judiciaire pour la première fois via un ordre directement politique afin de faire taire des opposants politiques, lui qui a instrumentalisé la justice et la police afin d'intimider un mouvement social en montrant qu'il n'y comprenait rien, en pensant que c'était Éric et Maxime qui étaient la seule cause de notre présence ici, en ne comprenant pas qu'il y avait des violences dans ce pays si extrêmes qu'elles faisaient qu'elles de personnes étaient prêtes à risquer leur vie pour défendre leurs idées et en effet provoquer une bascule, et bien cet individu qui a voulu jouer d'appareil, que l'on a mis des siècles à construire, qui nous appartiennent, qui ne doit avoir qu'un objectif, défendre l'intérêt commun, et bien cette personne-là, elle va connaître quelque chose dans sa vie à laquelle elle ne s'attendait pas, elle va connaître non pas la fumeur, mais au contraire la calme et froide reprise en main par un appareil de justice que nous allons reconstruire dans la société qui vient, et qui va l'amener à s'expliquer notamment pourquoi cet individu qui appartenait au grand corps de l'État, qui avait obtenu la confiance du peuple en obtenant un mandat électif, a décidé en 2007 de se corrompre, et j'utilise ce terme dans le crépuscule, de se prostituer, en se mettant au service d'une entreprise parapublique, Areva, au moment où Areva était en train de faire naître l'un des plus grands scandales de notre temps, l'affaire Luramide, qui ferait perdre 4 milliards d'euros aux contribuables France Rennes, provoquerait le licenciement de 3 000 personnes et la quasi-faillite, non seulement d'Areva, mais aussi d'EDF.
Et je vais vouloir demander à cette personne pourquoi, alors qu'elle disposait d'un salaire important, qu'elle avait un mandat électif. Cette personne a décidé de se mettre au service de cette entreprise pour faire taire les poursuites judiciaires, pour faire taire les potentielles ripostes politiques qui viendraient mettre fin à ce scandale, à ce détournement de fonds qui a provoqué ces dégâts massifs. Pourquoi cette personne a accepté ce poste de directeur des affaires publiques, c'est-à-dire de l'obliger ? Et quel rôle il a joué dans l'étouffement de cette affaire pendant cette période-là ?
Je lui demanderai aussi à cette personne qui se drape de dignité, à cette personne qui a encore une fois voulu écraser par la violence des milliers de manifestants, car c'est sa responsabilité en tant que communiste. Les 9000 arrestations arbitraires, les 3000 arrestations qui ont touché des lycéens en décembre par peur que le mouvement se propage, les événements de Mante-la-Jolie, les éborgnements, les mutilations, les violences volontaires aggravées, en bandes organisées. Car ces personnes ont eu des instructions.
Et lorsque l'on parle de violences policières, n'oubliez jamais que la question n'est pas la police, mais la volonté politique de ce gouvernement d'utiliser la police pour nous étouffer.
Eh bien, cette personne-là, qui a utilisé l'appareil de l'État à une seule fin, son intérêt politique, après avoir utilisé les réseaux et les ressources que l'État lui avait données, afin de gagner de l'argent, quitte à pour cela se corrompre, quitte à pour cela corrompre, car évidemment, Edouard Philippe avait été recruté chez Areva, du fait de ces réseaux au sein de l'État, du fait des réseaux qu'il avait au sein de sa famille politique, à l'époque de l'UMP, que l'on a dû renommer des Républicains, en espérant que cela effacerait des traces du passé. Eh bien, cette personne-là, j'espère qu'un jour, elle paiera.
Parce qu'au-delà de cet événement, au-delà de sa corruption avec un cabinet d'avocats international auprès de qui, il avait fait exactement la même chose, cette personne-là a été récompensée par un système qui ne visait qu'une chose, en fait, la reproduction des intérêts, de ces intérêts que j'ai décrits dans Crépuscule, et qui ont amené au pouvoir une personne qui est responsable de la perte de liberté, d'intégrité physique et de vie de beaucoup de personnes dans notre pays.
Et je voudrais, sans m'étendre, juste vous assurer que les élections européennes, c'est une parodie démocratique, c'est une parodie d'élection qui n'a qu'un objectif, permettre aux partis politiques, institués au sein du système, de faire élire des personnes qui deviendront leur notables, d'obtenir des ressources qui leur permettront par la suite de préparer leurs courses de petits chevaux, qui les amèneront à présenter leurs petits candidats en 2022, en faisant les compromissions nécessaires avec les médias mainstream qui font que vous arrivez à passer sur France Inter sur la matinale parce que vous avez un discours qui n'est pas trop en rupture avec leur vrai tabou, etc.
Il nous faut absolument passer au-delà. Car nous avons aujourd'hui une chance historique dans ce pays, c'est d'avoir une masse suffisante qui nous permette de provoquer une bascule démocratique qui nous empêche en 2022 de nous retrouver tributaires d'un seul homme, quel qu'il soit, quelle que soit sa sainteté, dans lequel on devrait à nouveau mettre tous nos espoirs.
On a aujourd'hui la possibilité de récupérer notre souveraineté, au sens noble du terme, de provoquer cette dernière étape de démocratisation dont a besoin le pays, après l'institution de la démocratie bourgeoise de 1789, dans laquelle nous aurons la capacité directement, et non pas à travers des représentants que nous aurions élus, de peser sur les décisions qui nous concernent, d'empêcher que des affaires comme les aéroports de Paris, l'affaire Euramine et bien d'autres interviennent au bénéfice de quelques-uns.
Et il nous faut lutter et il va nous falloir beaucoup sacrifier pour obtenir ce droit, pour faire vivre cet espoir qui fera que nous ne nous retrouverons pas écrasés en 2022, encore une fois, non seulement par quelqu'un qui nécessairement nous trahira, parce qu'un corps ne sera jamais suffisamment fort pour résister à l'ensemble des pressions et systèmes de pouvoir qui se sont instituées au fil des temps dans ce pays, mais aussi, et plus probablement, car il faut en être conscient, résister à la pression médiatique qui fera que ce ne serait pas cette sainteté à laquelle on aspire qui nous représentera, mais probablement, Marine Le Pen et Emmanuel Macron.
Donc on est face à une, peut-être, une dernière chance, parce qu'évidemment, ce mouvement, en effet, s'use, en effet, nous fatigue, en effet, le fait que nous nous retrouverons dans une situation de plus en plus complexe est de plus en plus difficile.
Et si ce gouvernement, et si ce pouvoir politique, parce qu'il est trop connu, parce qu'il est trop intéressé dans la défense de ses intérêts, ne nous lâche pas les concessions que nous leur demandons, qui ne seraient qu'une première étape vers un renouvellement démocratique, mais qui nous permettraient, à travers le réformandum d'initiative citoyenne, et à travers quelques autres dispositifs, d'enclencher cette rénovation, eh bien, je pense, et j'en suis convaincu, et je vous le dis avec le sérieux qu'il le faut dans ces circonstances, qu'il nous faudra l'arracher. Et que pour l'arracher, il nous faudra prendre des risques.
Et j'espère que les personnes qui sont ici aujourd'hui ont conscience qu'à un moment donné, leur sera demandé ce sacrifice, en puissance, que j'espère, nous n'aurons pas à faire, mais que s'ils nous mettent dans la situation et dans l'impossibilité de faire autrement, se posera à nous. Cette question qui se posera à nous, nous avons quelques semaines pour nous y préparer, pour nous demander si le moment venu, nous serons prêts à le faire ou pas. Et je vous demande à tous vraiment d'intégrer cette solennité quelque part.
Je suis désolé de le faire peut-être, de casser l'ambiance de façon un peu brutale, mais je me demande d'interroger parce qu'encore une fois, l'excitation dans laquelle vit notre pays avec cette parodie, cette sélection électorale, etc., il nous faut nous en détacher, prendre conscience de l'historicité de ce moment. On a l'opportunité de la même. On va avoir besoin chacun les uns des autres parce qu'il y a des personnes ici qui ont des familles, qui ont des travaux, qui ont des positions qui font qu'ils ne peuvent pas être dans une position d'exposition. Mais il y en a parmi nous qui ont cette chance-là. La vie leur a donné cette chance-là.
Le système leur a donné cette chance-là à force de les écraser, de les réduire à néant, de les mettre dans une précarité telle qu'ils n'ont peut-être même pas le choix. vous demande ceux qui n'ont pas ce choix-là de se tenir derrière ceux qui auront ce choix-là et ceux qui pourront justement prendre ce risque-là.
À nous de nous organiser, de prendre le temps dans les semaines qui viennent, de préparer ce moment, d'envoyer un message à ce gouvernement pour qu'il prenne conscience que ce n'est pas la parade de réponses démocratiques qu'il est en train de mettre en place qui suffira, qu'il y a besoin en France d'une rupture radicale et que de toute façon, ils finiront là où je l'ai annoncé parce que ces personnes-là méritent cette prison ont besoin d'un vote. Merci.