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interviewCNEWS (sur YouTube)· 25 mai 2026 3 min

L'édito de Thomas Bonnet : «RC Lens : La célébration, sans dégradation»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Thomas Bonet voulizit revenir sur ses images avec une portée symbolique et politique. Ah oui, les milliers de supporters rassemblés dans le pas de Calais nous ont rappelé une réalité parfois oubliée. Oui, il est possible de fêter un événement sans que ça dégénère.

On peut rassembler des milliers de personnes, des dizaines de milliers de personnes même sans dégradation et sans que les forces de l'ordre ne soient contraintes d'intervenir. À lance, la fête a été totale des tribunes du Stade de France à la pelouse de Bolart jusqu'aux rues de la ville recouverte des couleurs sans et or de ce club mythique. On peut aussi citer d'autres événements qui sont tenus ce weekend et qui là encore ont rassemblé des milliers de personnes. le pèlerinage de Chartre, la victoire de Bordeaux en coupe d'Europe de rugby par exemple dans des registres différents, des scènes similaires de communion qui ont fait dire à notre cher Elliot de Val que tout n'est peut-être pas foutu.

Et bien, je crois qu'il a raison. Ça nous renvoie aux images de violence qui ont suivi les matchs du du PSG en Ligue des Champions. Quel contraste !

En effet, dans les rues de Lance comme dans celle de la capitale, on a célébré une victoire du football mais pourtant tout sépare les deux célébrations. Il faut donc analyser les raisons qui expliquent cette différence. D'abord, évacuons le coupable idéal, désigné un peu rapidement par certains médias.

Non, ce n'est pas le foot en tant que tel qui engendre de la violence. Il faut évidemment se pencher sur la sociologie de ceux qui participent à tel ou tel événement. On en arrive rapidement à l'argument préféré de ceux qui ne veulent pas voir le problème et qui vont se référer aux catégories sociales des protagonistes avec cette idée désastreuse qui consiste à expliquer voire à excuser les comportements délinquants par la pauvreté.

Mais là encore, cet argument vole en éclat quand on repense aux images de Lance, ville minière, ouvrière, dans un territoire déclassé et désœuvré, le Pas de Calais est parmi les départements qui abritent le plus de difficultés. On ne grandit pas plus aisément à Lance que dans les cités de la région parisienne. Hm.

Alors l'explication est donc à chercher ailleurs et on en vient à l'éléphant au milieu de la pièce qu'il est parfois difficile de nommer de peur d'être accusé de tous les mots. Les images de violence dans les rues de Paris et les profils des interpellés jugés en comparition immédiate donnent un aperçu des parcours des jeunes parfois bien ancrés dans la délinquence et qui n'ont jamais subi de coup d'arrêt de la part d'une justice souvent trop clémente. Il s'agit aussi de jeunes dont la relation avec le bien commun est très questionnable.

Beaucoup ne s'inscrivent pas dans une logique d'adhésion nationale quand ils s'en prennent. aux forces de l'ordre. C'est aussi une façon pour eux de jeter un pavé au visage de la France.

C'est ce malaise l'attend qui réapparaît de façon récurrente les soirs de match donc mais aussi lors de la soirée d'Halloween, lors du nouvel an et tant d'autres d'événements sans parler bien sûr des émeutes de juin 2023. Pour résumer, on pourrait dire qu'à Lance, à Chartre ou ailleurs, la notion d'enracinement commande aux instincts primaires et conduit au respect de l'autre quant à Paris en région parisienne, c'est tout l'inverse. Le football n'est donc pas la raison de ces violences.

En revanche, il est le reflet de nos fractures. Cette archipélisation qui fait qu'on ne célèbre plus à Lance ou à Bordeaux comme on le fait en région parisienne. C'est en soi une indication politique majeure qu'il s'agirait d'analyser pour ce qu'elle est ce qu'elle dit de notre pays surtout avant la finale de la Ligue des Champions samedi prochain qui va demander le déploiement massif des forces de sécurité intérieure dans notre pays.