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InterviewC à vous (sur YouTube)· 9 avril 2020 10 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprises

Emmanuel Macron à la rencontre du Dr Raoult - C à Vous - 04/09/2020

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 30 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:03OuverteRéponse directe

    Cette visite du président à Marseille vous étonne ?

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous pensez des résultats du professeur Raoult sur 1000 patients ?

  • 2:19RelanceRéponse directe

    Le problème, c'est que vous dites comme beaucoup de scientifiques, on ne sait pas, attendons de savoir.

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Si le confinement dure, est-ce que ça veut dire qu'il n'a pas porté ses fruits ?

  • 6:07OuverteRéponse directe

    Un des espoirs était l'immunité collective, qu'en pensez-vous ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:20InvitéChiffre
    « On est en train de finir l'analyse de 1000 cas que l'on a traité. »
  • 0:23InvitéFait
    « Les choses sont très rassurantes sur ce traitement, sur lequel on n'a pas eu d'ennuis cardiologiques avec aucun des patients qu'on a traités. »
  • 0:34InvitéFait
    « Et sur lequel on a des résultats qui montrent une efficacité qui est plus grande que celle des autres séries qu'on a vues à ce jour. »
  • 1:46PrésentateurFait
    « Avoir que des personnes traitées par hydroxychloroquine ne nous permet pas de pouvoir dire si l'hydroxychloroquine marche mieux ou moins bien qu'un autre traitement. »
  • 2:02PrésentateurFait
    « Si l'hydroxychloroquine marche, c'est une excellente nouvelle parce que c'est un traitement qui est effectivement disponible. »
  • 3:41PrésentateurFait
    « Le confinement a porté ses fruits. »
  • 4:11PrésentateurChiffre
    « Le solde de patients entre ceux qui rentrent et ceux qui sortent de réanimation reste toujours positif. »
  • 6:03PrésentateurFait
    « La clé du déconfinement, c'est l'immunité collective. »
  • 9:53PrésentateurChiffre
    « Avant la crise, il y avait 5000 lits de réanimation. On en est maintenant à 8000 occupés. »

Temps de parole

  • Présentateur58 %
  • Présentateur 226 %
  • Invité5 %
  • Invité 25 %
  • Emmanuel Macron4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

C'est une rencontre très symbolique qui a eu lieu aujourd'hui à 16h à Marseille. Le chef de l'État a profité d'un déplacement dans la cité phocéenne pour s'entretenir très longuement. Trois heures durant avec le professeur Didier Raouk, le directeur de l'IHU méditerranéen. Méditerranée qui continue de promouvoir l'usage de l'hydroxychloroquine pour soigner les malades atteints du coronavirus.

0:20
Invité

On est en train de finir l'analyse de 1000 cas que l'on a traité. Les choses sont très rassurantes sur ce traitement, sur lequel on n'a pas eu d'ennuis cardiologiques avec aucun des patients qu'on a traités. Et sur lequel on a des résultats qui montrent une efficacité qui est plus grande que celle des autres séries qu'on a vues à ce jour. Donc tout va bien, il faut mettre tout ça en forme pour que ça puisse continuer sa vie et devenir un ou le papier de référence sur cette maladie.

0:50
Présentateur

Bonsoir Arnaud Fontanet, merci d'être en direct avec nous ce soir. Vous êtes membre du conseil scientifique épidémiologiste à l'Institut Pasteur. On va revenir avec vous sur les nouvelles recommandations du conseil scientifique rendues publiques avant-hier. Mais d'abord, cette visite du président de la République à Marseille, elle vous étonne ? Je pense que c'est important de parler avec tous les acteurs aujourd'hui de la lutte contre ce nouveau coronavirus. Le professeur Didier Raouk en fait partie. Il était normal que le président de la République s'entretienne avec lui. Donc non, je pense que c'est tout à fait normal.

Qu'est-ce que vous pensez des derniers résultats présentés par le professeur Raouk sur 1000 patients qui montreraient selon lui une efficacité encore plus grande que sur les précédentes séries testées dans l'attente toujours d'en faire une publication de référence ? Alors je crois que la difficulté ici, c'est qu'on peut se prononcer quand on fait des essais comparatifs, qu'on compare l'hydroxychloroquine avec d'autres options thérapeutiques pour pouvoir se faire une opinion. Avoir que des personnes traitées par hydroxychloroquine ne nous permet pas de pouvoir dire si l'hydroxychloroquine marche mieux ou moins bien qu'un autre traitement.

Donc malheureusement, je trouve que ne rajouter des patients ne permet pas d'avancer sur cette question. Ce qu'il faut, c'est les résultats d'essais comparatifs qui sont en cours. Si l'hydroxychloroquine marche, c'est une excellente nouvelle parce que c'est un traitement qui est effectivement disponible, qu'il faudra prendre avec certaines précautions parce qu'effectivement, il peut y avoir des effets cardiaques. Bon, le professeur Didier Raoult disait ne pas en avoir rencontré beaucoup et tant mieux. Mais attendons les résultats des essais comparatifs pour se prononcer.

2:19
Emmanuel Macron

Le problème, c'est que vous dites comme beaucoup de scientifiques, on ne sait pas, attendons de savoir. Et on a un professeur, Didier Raoult en l'occurrence, qui depuis la fin février, depuis les premières données chinoises, dit je sais, c'est fini et on a trouvé le moyen le plus simple, le plus facile et le moins coûteux de soigner cette maladie inconnue. C'est ça qui trouble l'opinion évidemment, non ?

2:45
Présentateur

Je comprends tout à fait que ça puisse troubler l'opinion. La question maintenant, c'est une série de 1000 patients, c'est très bien. Si on avait eu 200 patients qui avaient reçu l'hydroxychloroquine et 200 autres, sans aller jusqu'à 1000, qui auraient reçu un autre traitement juste pour faire la comparaison, on aurait une réponse aujourd'hui. Donc cette réponse, on va la voir par les essais qui sont en cours, l'essai Discovery. Je pense qu'il y a bientôt des premiers résultats qui vont être disponibles. Et c'est vrai que si le droxychloroquine marche, c'est vraiment dommage d'avoir perdu ce temps.

Mais malheureusement, aujourd'hui, il y a des standards d'évaluation des traitements qui sont l'essai comparatif, c'est vraiment incontournable. L'Elysée l'a annoncé hier soir, le confinement va durer, ce qui n'est pas une surprise, mais on ne sait pas toujours jusqu'à quand. Si le confinement dure, est-ce que ça veut dire qu'il n'a pas porté ses fruits jusque-là ? Ou est-ce qu'il a porté ses fruits et qu'il faut continuer malgré tout à rester confiné ? Alors le confinement a porté ses fruits.

Et nous avons depuis cinq jours les premiers signes qu'on attendait pour dire que le confinement marche, c'est-à-dire qu'on a vu diminuer le nombre de patients admis en réanimation, que ce soit dans le Grand Est, que ce soit dans les Hauts-de-France, un peu partout en France d'ailleurs, il n'y a que l'Île-de-France où la situation reste encore sous tension. Mais on voit tout de même des signes qui deviennent rassurants en Île-de-France. Donc c'était pour ça qu'on avait mis en place le confinement, pour diminuer l'afflux des patients vers la réanimation. Maintenant, le solde de patients entre ceux qui rentrent et ceux qui sortent de réanimation reste toujours positif.

Le nombre de nouveaux patients a diminué, mais le solde reste positif, ce qui veut dire que pendant encore une période qu'on estime à trois ou quatre semaines, les services de réanimation vont rester encore très remplis. Dans les zones difficiles comme le Grand Est, les Hauts-de-France ou l'Île-de-France, la situation va rester tendue. Il faut encore attendre trois à quatre semaines avant de voir le nombre de patients, cette fois-ci réellement diminué dans les services de réanimation. Et à partir de là, on pourra commencer à réévaluer la situation pour voir si on est prêt pour une sortie de confinement.

C'est-à-dire que dans son précédent avis, le Conseil scientifique avait imaginé un confinement au moins jusqu'au 26 avril, c'est-à-dire six semaines au total. Il faudra vraisemblablement ajouter deux ou trois semaines à cette perspective. On refera le point à cette date pour voir où est-ce qu'on en est. Cette fois-ci, l'objectif aujourd'hui, le message que je souhaite faire passer, c'est surtout ne relâchez pas vos efforts. Ce qui était très important, c'était de montrer que le confinement marche. Et on voit que ça marche. Après trois semaines, on a vu le nombre d'admissions en réanimation baisser. Pour les personnels soignants et pour les patients de réanimation, c'est absolument essentiel.

Mais surtout, ne relâchez pas vos efforts. Et les images que vous avez montrées de personnes dans la rue, etc., m'inquiètent évidemment, parce que je me dis, ça y est, si les gens se disent, reçoivent le message, ça y est, le confinement a marché et on peut reprendre nos habitudes, on court encore vers une situation extrêmement difficile. Donc, surtout, gardons les mêmes... On sait que ça marche, mais c'est parce qu'on sait que ça marche qu'il faut continuer.

Ça va permettre, d'une part, de désaturer les réanimations, mais aussi de faire diminuer le nombre de nouveaux cas sur l'ensemble du territoire français et nous permettra, à la fin du mois d'avril, de réévaluer la situation et, en fonction de ce qu'on verra sur la circulation du virus sur le sol français, de planifier cette sortie de confinement. La clé du déconfinement, c'est l'immunité collective. Arnaud Fontanet ? Alors, un des espoirs était que, effectivement, par le biais de l'immunité qu'on acquiert lors d'une infection, on puisse être protégé.

Alors, on peut l'être au niveau individuel, bien sûr, mais quand une certaine proportion de la population est infectée, ça fait un effet, finalement, dissuasif, presque, pour le virus, qui ne peut plus se répandre parce qu'il y a trop de personnes autour de lui qui sont déjà protégées. Et malheureusement, cette immunité collective, qui aurait un effet protecteur, on sait qu'elle devrait être de l'ordre de 66%, c'est-à-dire que les deux tiers de la population devraient avoir été infectées pour qu'elle puisse opérer. Aujourd'hui, on en est très loin, même dans les régions les plus touchées.

Et dès lors, on ne pourra pas s'appuyer sur cette immunité collective pour la première phase de sortie de confinement. C'est le problème, c'est-à-dire que le confinement retarde l'immunité collective. Tout à fait, c'est le paradoxe de cette approche, c'est qu'à la fois, elle était nécessaire parce que les lits de réanimation étaient saturés, vous l'avez vu, la situation était intenable. Donc il fallait prendre une mesure très radicale pour stopper l'afflux de patients. Mais en prenant cette mesure très radicale, on empêche la circulation du virus et dès lors, les personnes ne s'immunisent plus.

Et on se retrouve aujourd'hui dans une situation qui ne sera pas très différente de celle où on était quand on a dû mettre en place le confinement. On est début mars. Donc il ne faut pas trop freiner l'immunité de groupe et ne pas rester trop longtemps confinée. Et quand on voit en Chine, 76 jours de confinement à Wuhan avant de commencer à retrouver un semblant de vie normale, avec toutefois la menace d'une deuxième vague qui plane. On écoute le correspondant de France 2 à Wuhan, Arnaud Miguet.

7:44
Invité

Dans quel état d'esprit sont les gens ? Est-ce que quand le déconfinement a commencé, tout le monde a voulu sortir dans la rue ou est-ce qu'il y a un stress de la part de la population ? Je crois qu'il y a toujours un stress, il y a toujours une psychose de la population. Le premier jour de déconfinement, en tout cas quand la ville est devenue ouverte, les gens ne sont pas sortis tout de suite. Ce n'était pas la folie grand jour.

Mais quoi qu'il arrive et où qu'on aille dans Wuhan aujourd'hui, pour sortir d'un quartier, pour rentrer dans un magasin, il ne faut montrer pas de blanche, c'est-à-dire montrer le code QR de son téléphone qui prouve que vous êtes en bonne santé, que vous n'avez pas été en contact avec quelqu'un qui était malade du Covid-19. Donc il n'y a pas une liberté à retrouver comme ça. On commence à embrasser la vie, mais on n'a pas encore, loin de là, à Wuhan, retrouvé la vie d'avant.

8:28
Présentateur

J'imagine que vous observez la façon dont les choses se déroulent en Chine, à Wuhan, pour imaginer ce à quoi pourrait ressembler le déconfinement en France ? Un déconfinement très progressif ? Alors, l'idée de sortir du confinement, ça n'est pas de relâcher la pression sur le virus. On sait que ce virus, si vous lui donnez de la place, il se répand très vite. Et on en a fait la mère expérience début mars.

Donc ce qu'on va proposer avec la sortie de confinement, c'est finalement de remplacer les mesures telles que le confinement qui impose effectivement une pression très forte sur la circulation du virus par d'autres mesures qui resteront capables de contrôler la circulation du virus, mais qui seront beaucoup plus compatibles avec une reprise de l'activité économique et d'une vie sociale. Alors ce sera tout un ensemble de mesures qui seront mises en œuvre. On ne s'inspire pas vraiment de ce qui se fait en Chine. Je pense que les expériences de la Corée, de Hong Kong, de Singapour ou de Taïwan sont plus proches de ce qu'on pourrait imaginer pour la sortie de confinement en France.

Et on vient d'avoir le dernier bilan de la Direction Générale de la Santé. 7 066 patients sont toujours en réanimation, mais c'est 92 de moins qu'hier. Et ce sont là des raisons d'espérer et les preuves de l'efficacité du confinement. Tout à fait, c'est les preuves de l'efficacité du confinement, mais c'est aussi la raison pour laquelle il faut le continuer. Parce que vous voyez, on reste sur un nombre de patients en réanimation très élevé. Je vous rappelle qu'avant la crise, il y avait 5000 lits de réanimation. On en est maintenant à 8000 occupés. Il y en a quelques-uns en plus qui permettent d'avoir un peu d'espace de sécurité. Mais il faut rester extrêmement vigilant.

Merci beaucoup Arnaud Fontanet d'avoir été en direct avec nous ce soir. Le principal message, c'est de continuer à respecter scrupuleusement le confinement qui commence à prouver son efficacité et de s'armer de patience pour les 3 à 4 semaines à venir. Merci d'avoir répondu ce soir à nos questions. C'est l'heure du 5 sur 5 de Maxime Switek.