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interviewSud Radio· 25 juin 2026 13 min

Plongez dans les magouilles d'Emmanuel Macron avant son départ de l'Elysée

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour. Emmanuel Macron prépare l'après-lui et ne veut rien laisser au hasard. La République des copains se porte bien jusqu'à la ligne de départ de la présidentielle.

Le président veut imposer son candidat. On en parle avec Arnaud Benedetti, rédacteur en chef de la Nouvelle Revue Politique. Bonjour Arnaud Benedetti.

Bonjour à vous. Bonjour Arnaud Benedetti. Merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio.

On a l'impression et le phénomène n'est pas nouveau, il circule dans les milieux autorisés que Emmanuel Macron a du mal a du mal à à devoir lâcher prise. On sait que son mandat s'arrête au mois de mai prochain 2027, qu'il va donc devoir quitter l'Élysée. Certains milieux autorisés disent il cherchera tout pour ne pas partir, mais bon, ni la ni la loi ni la Constitution ne lui permettent.

Pour autant, on voit bien qu'il veut continuer à peser sur la vie politique française, en particulier en particulier sur son camp. La République en marche Renaissance avec deux candidats déclarés potentiels, ces deux anciens Premiers ministres, Édouard Philippe et Gabriel Attal. Les deux ont dit l'an dernier ils ont suggéré que le que le président de la République devait démissionner par rapport j'allais dire aux petites défaillances qui qui sont survenues.

Et du coup, on apprend que Emmanuel Macron, voulant jouer l'arbitre et réconcilier sa famille politique, dirait "Mais écoutez, au lieu de départager les deux candidats potentiels avec le risque de créer des clivages et des tensions, si on trouvait si on trouvait un troisième homme." Arnaud Benedetti, c'est un stratagème pour com- piquer la donne ou ou est-ce que vraiment Emmanuel Macron se dit "Nous risquons de ne pas être au deuxième tour de la présidentielle de 2027 et nous devons nous mettre d'accord sur un candidat qui rassemble tout le monde." Comment comprendre cette cette ?

Vraisemblablement les deux, c'est-à-dire que il doit considérer en effet que les deux candidats aujourd'hui du bloc central que sont d'un côté monsieur Philippe et de l'autre monsieur Attal ne disposent pas d'une dynamique à ses yeux suffisante pour pouvoir éventuellement l'emporter et surtout se qualifier au second tour de l'élection présidentielle. Et puis l'autre aspect, c'est que en effet, j'allais dire la nature profonde d'Emmanuel Macron parlerait d'une certaine manière, c'est quelqu'un qui veut être toujours une sorte de deus ex machina, c'est-à-dire être au centre de la scène même s'il est derrière le rideau pour actionner d'une certaine façon la scénographie politique, mais la réalité, c'est que il devrait plutôt, me semble-t-il, en effet, conserver la position d'arbitre que doit avoir un président de la République sortant qui ne peut pas se représenter ou qui ne veut pas se représenter, c'est-à-dire se mêler le moins possible du jeu électoral d'abord y compris pour son camp parce que je suis pas sûr que son intervention soit véritablement une ressource très positive pour son camp et puis parce que c'est surtout son rôle. On a eu quand même par le passé, il faut s'en souvenir, des présidents qui ne se sont pas représentés et qui se sont attenus qui se sont tenus, pardon, à distance d'une certaine façon, en tout cas ne l'ont pas montré, de la campagne politique.

Je pense évidemment François Mitterrand en 1995, je pense également à Jacques Chirac en 2007. Alors c'était un peu différent avec François Hollande même s'il avait été relativement discret durant la campagne présidentielle de 2017, mais je crois que le rôle du président de la République, en l'occurrence, c'est de garantir le bon fonctionnement de la compétition électorale, mais surtout de pas s'en s'en mêler. Arnaud Benedetti, vous évoquez trois épisodes de l'histoire électorale française.

Souvenez-vous qu'en 1995, François Mitterrand ne cachait pas, qu'est-ce qu'on peut dire, sa sympathie ou son affection pour Jacques Chirac alors que le challenger était Lionel Jospin, ancien premier secrétaire du Parti socialiste. N'oublions pas cette phrase de Jacques Chirac, peut-être un petit peu un peu diminué en 2000 en 2011, disant "Mais moi je vais voter François Hollande." À tel point qu'on essaie d'effacer la phrase et et il la maintient.

Euh quant à quant à François Hollande, ben lui carrément, il s'est pas présenté. François Hollande, autre épisode, il a pas été vraiment un soutien à sa compagne candidate désignée par le par par le Parti socialiste après la primaire. Là, les déclarations récentes de de de Ségolène Royal dit "Non seulement il m'a pas aidé, mais il m'a il m'a savonné la planche autant qu'il a pu." Oui, mais alors attention parce que là les deux épisodes, au moins deux sur trois de ces épisodes, je laisse de côté celui de François Mitterrand qui avait qui n'était quand même pas intervenu du tout dans la campagne même s'il pouvait avoir parfois des expressions de sympathie ou ou d'antipathie pour tel ou tel candidat.

Mais en ce qui concerne Jacques Chirac, la la référence que vous faites c'est une référence qui est après son départ de l'Élysée, c'est entre 2007 et 2012. Et et concernant François Hollande, je rappelle il n'était que premier secrétaire du Parti socialiste on est d'accord. lorsque Ségolène Royal était était candidate.

Donc ce n'était pas en tant que si vous voulez président de la République qu'ils intervenaient l'un et l'autre. Mais euh moi je pense en effet que la la difficulté aujourd'hui euh pour Emmanuel Macron, elle est liée à sa propre trajectoire parce que finalement, il faut jamais l'oublier, Emmanuel Macron a été le plus jeune président euh de la République, toutes Républiques confondues, le plus jeune avant lui étant Louis Napoléon Louis Napoléon Bonaparte. Et Casimir Perier, je crois, ils se voilà, ils se se partagent la jeunesse. et puis Valéry Giscard d'Estaing.

Voilà. Donc c'est un président très jeune qui considère c'est un président sortant très jeune qui n'aura même pas 50 ans qui considère que il a encore un avenir politique euh devant lui et que il il il veut encore peser sur cette élection sur cette élection de 2000 de 2027. En a-t-il la ?

C'est la seule question euh qui se pose. Fondamentalement, vous avez eu raison de le rappeler, Édouard Philippe a pris euh ses distances il y a maintenant presque 2 ans, c'est-à-dire après la dissolution de 2000 euh 2024. Euh Gabriel Attal également, la difficulté pour eux aujourd'hui, en effet, c'est d'échapper à l'ombre tutélaire d'Emmanuel Macron, d'effacer presque leur passé euh macroniste pour incarner une rupture.

Donc tout candidat qui aujourd'hui apparaîtrait d'une certaine manière euh comme euh ayant reçu l'onction d'Emmanuel Macron, compte tenu quand même de la de la popularité très relative d'Emmanuel Macron dans les sondages et le rejet quand même d'une grande partie euh par l'opinion publique euh de ses de son de son de son passage à l'Élysée, en tout cas aujourd'hui, euh fait que ce n'est pas certainement un un un service qu'il rendrait à un candidat qu'il souhaiterait qu'il souhaiterait qu'il souhaiterait parler. et est-ce que pour autant, vous avez vu, du fait de la situation internationale et des prises de position notoires d'Emmanuel Macron, il y a un petit fléchissement de ces sondages avec une petite ? On parle de remontée.

Alors les purs macronistes, le dernier cercle, dit ça y est, c'est c'est la remontada. Est-ce que ça pourrait l'autoriser à se dire je commence à peser et surtout ma question, Arnaud Benedetti, reste-t-il un camp proprement dit ? Qu'il y ait un camp de cette mouvance de l'ancienne Renaissance République en marche autour d'Attal et d'Édouard Philippe, on va dire le centre le centre un peu flasque avec les résidus de la gauche et de la droite libérale, admettons.

Est-ce qu'il y a pour autant un camp macronien et et et vous le dites, est-ce que la voix d'Emmanuel Macron peut peser sur cette partie de ? Alors pour répondre à votre première question euh Emmanuel Macron pourra sortir correctement euh de l'Élysée et peut-être gagner quelques points de confiance dans les cotes de popularité si vraisemblablement il n'indexe pas cette sortie de l'Élysée sur la volonté de peser sur la scène politique interne. Plus il montrera sa volonté d'être impliqué et d'être un faiseur d'une certaine manière de roi, plus le risque est grand pour lui que le souffle fort de l'impopularité s'abatte à nouveau sur ses épaules.

Quoi que le souffle de la popularité n'a pas encore porté Emmanuel Macron au sommet des courbes de sondage. Il faut quand même relativiser ce qui est en train de se passer Aujourd'hui. Ça c'est [grognement] le Ça c'est le le le premier point.

Euh quant au au au au au au second sujet, moi j'ai toujours pensé que de toute façon le camp macroniste n'était que l'expression politique d'une d'une [grognement] sensibilité politique française qui existe depuis finalement presque presque la Révolution française. C'est une sorte de marée Oui. euh qui euh est est est très centrale ou très centriste, dirons-nous aujourd'hui, euh qui a existé sous la 3e République un peu les Rad-Soc et les centristes, voilà, Rad-Soc de droite, le MRP le MRP en 45, voilà, je vois bien.

Voilà et et voilà et qui a existé sous la 4e République et qui a évidemment connu une période d'assèchement sous la 5e République du fait du mode de scrutin, euh du fait du gaullisme du gaullisme dominant, bien sûr. Voilà, de la bipolarisation politique qu'impliquait le mode de scrutin et que à la faveur de la crise des formations de gouvernement de droite et de gauche, Emmanuel Macron a pu reconstituer une sorte de bloc central. Est-ce que ce bloc central survivra, en effet, euh dans la force qui qui sienne aujourd'hui politiquement à au départ d'Emmanuel Macron, c'est ce qu'espère vraisemblablement d'un côté plus d'ailleurs de l'autre, plus d'un côté que de l'autre, c'est-à-dire plus vraisemblablement Gabriel Attal que euh Édouard Philippe. que Édouard Philippe, parce qu'on voit que la stratégie des deux hommes n'est pas la même.

Gabriel Attal, il essaye un peu de réactiver le logiciel initial du macronisme à ses débuts, libéral économiquement avec un en ayant une préoccupation régalienne plus affichée quand même que l'avait euh Emmanuel Macron et assez progressiste sur le plan sociétal, notamment avec sa proposition d'une GPA éthique entre autres. Du côté d'Édouard Philippe, c'est un peu différent. Édouard Philippe vient de la droite, il est passé par le macronisme et il semble aujourd'hui vouloir revenir malgré tout à un positionnement euh plus à droite que ne l'était euh Emmanuel Macron.

Ça sera difficile de de faire revivre le macronisme tel qu'il est né euh en 2017 pour deux raisons. D'abord, ça représentait ça ça reposait quand même beaucoup sur la personnalité de son initiateur, Emmanuel Macron, il faut le reconnaître. Et deuxièmement, parce que après 10 ans de pouvoir, le bloc aujourd'hui, tel qu'il est, apparaît quand même passablement essoufflé.

Et c'est toute la difficulté d'ailleurs de ces candidats de pouvoir faire du du avec de pouvoir faire du neuf en ayant été en ayant été quelque part aussi euh ce qu'appelait le général de Gaulle, les hommes d'autrefois, d'une certaine manière. Dernière question, Alain Benedetti, euh quelques conversations que j'ai eues récemment avec, comme on dit, les milieux autorisés me laissent croire que la nomination de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel serait là pour prévenir une tentative hypothétique du successeur d'Emmanuel Macron, de la future majorité 2027, d'instaurer une interdiction d'une troisième candidature. On dirait voilà, il y a le président de la République peut se présenter deux fois dans sa vie, un peu comme aux États-Unis, pas de possibilité d'une troisième candidature.

Des opposants à Macron pourraient essayer d'obtenir cette modification constitutionnelle. Et et Richard Ferrand serait là pour empêcher ce stratagème. Vous y ?

Ça peut ça peut être plausible ou ? Bah de toute façon, vous savez euh ce que fait le législateur dans un livre qui est le souverain comme le disait le doyen Vedel, dans un livre de justice, il peut le défaire d'une certaine manière, c'est-à-dire que je ne vois pas en quoi aujourd'hui monsieur Ferrand en tant que président du Conseil constitutionnel peut empêcher si jamais cette pourrait freiner ou contourner vite, il peut la freiner, mais il ne peut pas l'empêcher. Enfin, il ne peut pas l'empêcher.

Si si si les voilà, si sur neuf, il y en a trois nommés par le président voilà révision constitutionnelle qui n'aboutirait pas. Mais s'il y a la volonté de de d'opérer cette révision constitutionnelle peut-être dans l'esprit de certains C'est une hypothèse hein. Bah ça sera le législateur qui en décidera et in fine peut-être en dernier instance, ça peut être aussi le peuple.

On peut y aller puisqu'il s'agit d'une d'une d'une d'une réforme touchant l'organisation des pouvoirs publics, on peut y aller directement par la voie référendaire également l'article 11 le permettant. Ce qui empêcherait Emmanuel Macron de se présenter en 2032, mais là on est dans la on est pour l'instant dans la politique-fiction. Merci merci à Noël Ederer de votre témoignage et je vous dis à très bientôt sur Sud Radio.

Il y a 5 ans, les hôpitaux affrontaient l'épidémie du Covid-19, ils n'étaient pas prêts. Cette année, les hôpitaux affrontent la canicule, ils ne sont pas prêts non plus visiblement, en tout cas c'est le cas dans un hôpital de Tours où les chambres atteignent des où la la le climat enfin la température dans certaines chambres atteignent des niveaux ouais records. On en parle dans un petit instant parmi les perles, n'hésitez pas à réagir au 0826 300 300.

À tout de suite sur Sud Radio.