L’Assemblée nationale rend hommage au député Olivier Marleix - 25/11/2025
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« Son père, Alain Marlex, fut en effet durant 40 ans le monsieur carte électorale du RPR. »
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« Il fut aussi député du Cantal et secrétaire d'État entre 2007 et 2010. »
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« Chacun se souvient de la passion, de l'intransigeance, de l'exigence avec laquelle il présida la Commission d'enquête sur les décisions de l'État en matière de politique industrielle. »
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« Il batailla pour durcir notre législation pour la transparence de la vie publique et contre la corruption. »
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« Vous semblez, monsieur le ministre, vous distinguer par un certain pragmatisme, ce qui est sans doute ce qu'il y a de mieux à espérer d'un socialiste en matière de sécurité. »
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Il y a des moments où notre hémicycle se pétrifie dans la stupeur et la sidération. Le 7 juillet dernier fut de ces jours, lorsque la nouvelle de la disparition d'Olivier Marlex nous surprit, nous saisit, nous meurtrit. Olivier Marlex était des nôtres. Il était un pilier, une colonne du Palais Bourbon. Il était une voix familière de notre hémicycle, respecté bien au-delà des rangs qu'il présidait. Pour beaucoup, il était aussi un ami. Et aujourd'hui, c'est à l'homme, aux parlementaires chevronnés, aux serviteurs indéfectibles de la France que nous rendons hommage, dans la solennité de cet hémicycle où il siégea 13 années durant.
Pour comprendre l'engagement d'Olivier Marlex, il faut remonter à sa source. Pour lui, la politique était une langue maternelle, ou plutôt paternelle. Son père, Alain Marlex, fut en effet durant 40 ans le monsieur carte électorale du RPR. Il fut aussi député du Cantal et secrétaire d'État entre 2007 et 2010. Tout juste âgé de 5 ans, le jeune Olivier se rendait en famille au siège du RPR, retenant tous les noms des députés et employés du Parti gaulliste. À la maison, quand il répondait au téléphone, il avait à l'autre bout du fil Maurice Couve-de-Murville, Pierre Mesmer ou encore l'amiral Philippe de Gaulle.
C'est donc naturellement qu'à l'âge de 12 ans, pour les municipales de 1983, à Paris, le jeune Olivier fit ses premières armes en politique. Aux Aurores, avant le Collège, il distribuait des tracts pour Jacques Chirac, qu'il comparait volontiers à Johnny Hallyday. Son militantisme se poursuivit au sein de l'Union des jeunes pour le progrès, le mouvement des jeunes gaullistes, puis au Sénat, où il devint, à 20 ans à peine, le proche collaborateur de Charles Pasquois, président du groupe RPR. Son militantisme se poursuivit au sein de l'Union des jeunes pour le... Excusez-moi.
Après cette expérience au Palais du Luxembourg, jeune diplômé de Sciences Po, mais déjà emprunt d'une grande maturité, il entama un parcours comme conseiller en cabinet, notamment auprès de Michel Alliomari, Brice Hortefeux, Claude Guéant et du président Nicolas Sarkozy, en qualité de conseiller chargé du lien avec les parlementaires. En 2012, cependant, l'ascétisme des cabinets qu'il jugeait trop monacal ne lui suffisait plus. Il se présenta donc au suffrage universel, non dans le cantal paternel, par refus viscéral d'être un héritier, mais dans la deuxième circonscription de Réloir.
De ces quatre victoires consécutives aux législatives, il parlait avec une fierté immense, car elle touchait à la quintessence de son engagement. Pour un député, vos patrons, ce sont vos électeurs, confiait-il, ce qui place une certaine forme d'exigence sur vos épaules. Cette exigence, il se l'imposa à lui-même, sans relâche à l'Assemblée nationale. De 2012 à 2025, en brêteur et réteur estimé et respecté, il devint un pilier de la Commission des lois, s'imposant comme un technicien rigoureux et méticule. Ses combats furent à son image exigeants et sans concession. Et d'abord, son combat pour l'indépendance et la souveraineté industrielle de la France.
Une évidence pour ce patriote, admirateur du gaulopopidolisme. Chacun se souvient de la passion, de l'intransigeance, de l'exigence avec laquelle il présida la Commission d'enquête sur les décisions de l'État en matière de politique industrielle. Un autre de ses grands combats fut celui pour l'intégrité et la déontologie parlementaires. Il batailla pour durcir notre législation pour la transparence de la vie publique et contre la corruption. Lui, qui selon son frère Romain, avait une conception sacerdotale de l'engagement civique. Il n'eut de cesse de pourfendre le pantouflage qu'il qualifiait de plaie pour la République.
Enfin, son troisième grand engagement fut celui pour la sécurité des Français. Le destin, parfois des signes de poignantes symétries, sa dernière intervention dans cet hémicycle porta sur ce sujet alors qu'il défendait une proposition de loi dont il était le rapporteur. De même, sa toute première intervention, le 6 novembre 2012, portait elle aussi sur la sécurité des Français, plus précisément sur la police de proximité. Et ce jour-là, on devinait déjà tout de l'homme, sa fermeté, mais aussi son humour pince sans rire. Il lança ainsi cette saillie à Manuel Valls.
Vous semblez, monsieur le ministre, vous distinguer par un certain pragmatisme, ce qui est sans doute ce qu'il y a de mieux à espérer d'un socialiste en matière de sécurité. Chers collègues, derrière l'homme politique, il y avait avant tout l'homme, un homme au regard complice et caustique, à l'humour acéré, tranchant, pertinent. Oui, la personnalité d'Olivier Marlex était un fascinant alliage de contraste. Cet homme à la stature imposante, à la parole et au caractère parfois rêche, recelait aussi une tendre et profonde sensibilité. Quant à lien dans l'âme, sage depuis l'enfance, il était taiseux, discret, secret. Il n'était pas fait pour le monde des buzz, des clashs et des petites phrases.
Il leur préférait la sincérité des engagements et la puissance des convictions. Gladiateur parlementaire accompli, sincère et vrai, il fut ainsi un opposant à la dent dure, redouté et redoutable. Un grand journal du soir écrivit même de lui, « Si l'anti-macronisme était enseigné au Collège de France, Olivier Marlex en tiendrait la chair. » Oui, Olivier Marlex était redoutable, mais il fut toujours respectueux de nos institutions. Élu sur des terres qui connurent l'extrême droite, il incarnait la fidélité à la droite et à la droiture républicaine, plaçant toujours l'intérêt général au-dessus de tout.
Et je peux en témoigner pour avoir siégé cinq ans à ses côtés à la Commission des lois, puis travailler étroitement avec lui en conférence des présidents. J'ai le souvenir de son engagement constructif sur les prisons, la déontologie, où il sut dépasser les postures et les clivages pour oeuvrer au service du pays. Toujours, nous avons travaillé en bonne intelligence, dans l'estime et l'appréciation mutuelles. En parallèle de ce destin national, Olivier Marlex n'oublia jamais son profond ancrage local. Élu de terrain avant tout, le député Aurélien prisait passionnément le contact humain, la possibilité d'améliorer concrètement la vie de ses mandants.
« Je suis la seule relation de ceux qui n'en ont pas », expliquait-il pour justifier ces longues heures passées avec les Auréliens qui l'aimaient tant, qu'ils respectaient tant. Conseiller général, puis vice-président du Conseil départemental, maire d'Annette de 2008 à 2017, il se passionna pour l'histoire politique de son département, au point de co-signer en 2007 une biographie de Martial Togourdeau, député puis sénateur de Réloir, dont il fut le directeur de cabinet. Il voyait dans le bon docteur Togourdeau, je cite son livre, « Un homme de droite, plus sensible qu'un autre à la détresse humaine ». Sans doute, ce portrait était-il aussi un autoportrait.
Homme de cœur, homme de terrain, Olivier Marlex était aussi un homme de lettres, lui qui cultivait une curiosité intellectuelle aux multiples facettes. Je mentionnerai sa passion pour l'histoire de Richelieu à De Gaulle et Pompidou, lui qui avait pour livre de chevet le nœud gordien du président cantalien, son amour pour la littérature de Belle du Seigneur aux mémoires d'Adrien, sa passion pour la musique, il jouait du violon et adorait Léonard Cohen.
Et sa direction fut méconnue pour la peinture, car il maniait les pinceaux et avait aussi accroché dans son bureau de député des toiles d'Yves Lévesque, un peintre eurélien, dont notamment un paysage tellurique et bucolique qui était à son image, si terrien et si sensible. Mesdames et messieurs les députés, mes chers collègues, dans la post-faste du dernier ouvrage d'Olivier Marlex, sa famille présente ce jour dans nos tribunes et que je salue, écrit ses mots et je cite « Olivier était un homme d'engagement, quel qu'en soit le prix, un engagement total pour ses combats au service de la France, un engagement total au service de ses concitoyens.
» Mes chers collègues, souvenons-nous que derrière les armures, il y a des êtres de chair et de sang, avec leurs forces et leurs failles. Nous nous combattons si durement, si âprement, que nous oublions parfois que nous formons une même famille, la famille parlementaire. Ne l'oublions plus. En cette heure, il nous incombe de méditer sur l'héritage d'Olivier Marlex, dans les ultimes lignes de son dernier ouvrage, il y confie une ambition collective, celle de construire une nation plus fraternelle. Aujourd'hui, nos pensées se tournent vers sa famille et tous ses proches. La représentation nationale s'associe à votre peine, votre deuil et le nôtre.
J'adresse aussi une pensée particulière à nos collègues du groupe Les Républicains qui pleurent, un ancien président respecté et aimé. Alors, mes chers collègues, messieurs, mesdames, les membres du gouvernement, en hommage à notre collègue disparu, je vous invite à observer une minute de silence. La parole maintenant au président Laurent Wauquiez pour le groupe de la droite républicaine, puis ensuite à monsieur le Premier ministre.
Chers collègues, Madame la Présidente, en écoutant vos mots, nous ne mesurons que plus durement à quel point Olivier nous manque. Cela fait bientôt cinq mois qu'il est parti et Olivier nous manque. Il manque à sa famille qui fait preuve d'un courage à son image. Il manque à ses proches qu'il aimait. Il nous manque à nous qui étions assis à ses côtés dans cet hémicycle. Sa disparition a été si brutale. Elle nous a saisis parce que derrière sa pudeur, derrière son humour, aussi élégant que tranchant, derrière sa carapace, nous n'avons pas toujours su déceler la douleur et les blessures.
Et je veux tous ici vous remercier très sincèrement pour tous les mots de soutien venus de tous les bancs qui nous ont touchés parce qu'ils disaient tous la même chose qu'au-delà des différences politiques, son départ nous avait marqués bien au-delà de ceux qui étaient ses proches et ses amis. Merci à chacun d'entre vous. Si ce départ nous a touchés, c'est sans doute aussi parce qu'Olivier portait au fond de lui cette haute idée de la fonction parlementaire et qu'elle l'a rongée. Une forme de nostalgie de la grande politique. De la politique, il connaissait les épreuves. Il acceptait la rudesse. Mais il avait choisi de ne jamais oublier qu'elle devait d'abord être une vocation.
Une vocation forgée dans l'attachement à un territoire qui donne à chacun d'entre nous le sens de ce que nous faisons. Lui, le Cantaloup qui avait épousé l'Or-et-Loire, sa ville d'Anette, ceux qu'il aimait, lui qui était convaincu qu'être un député, c'est être plus qu'un représentant. Une vocation forgée dans le gaullisme qu'il a portée à travers son combat pour la souveraineté industrielle de notre pays et il avait su bien avant d'autre déceler toutes les menaces. Alstom ou Athos étaient pour lui les bras armés de la souveraineté française qu'il voulait que nous défendions. Nul sans doute n'était habité plus que lui par cette conscience inquiète de la nation.
Ces parties de son engagement sont connues et moins connues. Son combat pour la protection de l'enfance que le parlementaire, rigoureux, mais avec beaucoup de pudeur qu'il était, apportait avec discrétion. Alors, chers collègues, au moment où nous lui rendons hommage, il y a quelque chose que je voudrais vous demander. Il y a un devoir que nous lui devons. Que la mémoire d'Olivier Marlex soit cela. La brutalité de son départ, mais cela. La profondeur et la solidité de son engagement en politique. rendre hommage à sa mémoire, c'est ne pas la laisser être affectée par sa faim. C'est rappeler ce qui a été le sens d'une vie politique à laquelle il a tout donné et tant sacrifié.
Ce que je vous demande, c'est que nous continuions à nous souvenir d'Olivier comme d'un homme droit qui a dédié sa vie à l'honneur et à l'amour de son pays. Merci.
Merci beaucoup, M. le Président Wauquiez. La parole est à M. le Premier ministre. Merci, Mme la Présidente de la Sommée nationale, Mesdames et Messieurs les députés, M. le Président Wauquiez, Mesdames et Messieurs les représentants de la famille d'Olivier Marlex, M. le ministre, mon cher Alain, les compagnons de route anciens parlementaires ici présents dans les galeries, les nombreux proches qui l'ont accompagné tout au long de sa vie d'homme mais aussi de sa carrière politique. A notre tour, au nom du gouvernement de la République, à nous associer à cette très belle aubage, Mme la Présidente, et à entendre l'émotion et l'atmosphère de cet hémicycle.
C'est un moment rare fait d'humanité, de fraternité, que nous partageons quelles que soient les histoires politiques de tout un chacun.
A mon tour, au nom du gouvernement mais aussi peut-être sur un terrain plus personnel, je veux saluer le militant extraordinaire qu'il a été, militant gaulliste, ça a été rappelé, patron de l'UJP, ayant été une des grandes figures de nombreuses campagnes électorales de 1995, la victoire évidemment du président Chirac de nouveau en 2002, le grand serviteur qu'il a été auprès du président Nicolas Sarkozy, et cette volonté effectivement de devenir aussi le militant de son territoire, maire d'Annette, conseiller général Alder et Loire, nous étions voisins de département et j'ai pu témoigner à quel point cet enracinement comptait pour lui.
Puis bien sûr, sans jamais être idéologue, c'était un homme d'idées et militant pour ses idées. Le président Wauquiez a rappelé ce combat discret pour la protection de l'enfance, un combat plus vocal pour la souveraineté de notre pays, y compris sa souveraineté industrielle, et on lui doit au fond aussi d'avoir permis de faire bouger des lignes sur des dossiers compliqués sur lesquels parfois la politique politicienne pouvait s'emparer d'un certain nombre de dossiers, mais sur lesquels il arrivait toujours au bon moment à lui donner l'envergueur nationale que cela méritait, y compris en matière de défense nationale.
Le dernier propos, pour moi, il est lié à ce qu'il est, à ce qu'il a signifié dans cet hémicycle, à ce qu'il a signifié pour ses électeurs dans sa circonscription, c'est au fond un être d'une profonde humanité. Et la puissance personnelle qu'Olivier Marlech s'était capable de dégager venait de cette humanité extraordinaire qu'il ne laissait personne indifférente et indifférent. Et donc, au nom du gouvernement, je veux dire à ses proches que nous sommes à vos côtés dans ce deuil douloureux et que nous n'oublierons jamais ce qu'il a fait pour la France et les Français. Merci beaucoup.