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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 11 novembre 2023 21 minComplaisantFond programmatiqueNumériqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieJustice

Brad Smith, président de Microsoft : "L'IA a besoin d'un interrupteur, comme l'électricité a un disjoncteur"

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:06OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que le patron de Microsoft fait dans un forum sur la paix ?

  • 2:27OuverteRéponse directe

    Mais qu'est-ce que la tech peut apporter à la paix ?

  • 4:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous partagez la peur d'Elon Musk, par exemple, et d'autres que l'intelligence artificielle pourrait représenter une menace existentielle pour l'espèce humaine ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Le grand défi maintenant, c'est la régulation de l'intelligence artificielle. Est-ce qu'en attendant que la régulation soit faite, soit fabriquée, il faut une pause, comme l'a demandé Elon Musk ?

  • 7:38OuverteRéponse directe

    Quel sera le rôle de Microsoft en tant qu'entreprise ?

  • 10:29OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que Microsoft concrètement pourrait faire pour ce genre de problème ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:21InvitéFait
    « Microsoft participe au Forum de Paris pour la paix depuis sa création, il y a cinq ans. »
  • 1:43InvitéFait
    « La technologie ne vient pas seulement des gouvernements, comme c'était le cas il y a un siècle. »
  • 2:35InvitéFait
    « Nous avons fini par jouer un rôle surprenant, mais finalement indispensable, dans la protection de l'Ukraine contre les cyberattaques de la Russie. »
  • 3:06InvitéFait
    « Nous venons de lancer une nouvelle initiative, il y a deux jours. »
  • 4:34InvitéFait
    « La Russie veut le militariser et il faudra se concentrer sur les deux côtés de l'équation. »
  • 5:56InvitéFait
    « Lorsque l'électricité a été inventée, la première réaction a été de dire « Ah, c'est dangereux, c'est comme un éclair, ça peut tuer ». »
  • 6:11InvitéFait
    « Dans un train à grande vitesse, le TGV, il y a un frein d'urgence. »
  • 7:00InvitéFait
    « Il est absolument impossible de ralentir l'innovation sur le marché mondial. »
  • 7:32InvitéFait
    « Joe Biden a signé récemment quelque chose pour réguler l'intelligence artificielle aux États-Unis. »
  • 7:49InvitéFait
    « Ce qui l'exigera fondamentalement, c'est que la sûreté, la sécurité, les normes, les principes, les pratiques, les tests de produits et autres. »
  • 8:13InvitéFait
    « D'habitude, les États-Unis avancent lentement lorsqu'il s'agit de nouvelles lois et réglementations. »
  • 8:30InvitéFait
    « Je crois qu'il y a une réelle opportunité pour les États-Unis et l'Europe, pour la France, le Royaume-Uni, de travailler plus étonnamment ensemble. »
  • 10:11PrésentateurFait
    « Le ministère des Affaires étrangères a condamné jeudi dernier le rôle d'un réseau russe dans l'amplification artificielle et la diffusion sur les réseaux sociaux de photos de tags montrant des étoiles de David. »
  • 14:57PrésentateurChiffre
    « Il y a une taxe sur les géants de la tech en France qui va rapporter 800 millions d'euros l'année prochaine. »
  • 15:12InvitéChiffre
    « Microsoft a 48 ans. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Présentateur14 %
  • Invité 28 %
  • Invité 37 %

1,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et un invité exceptionnel ce matin dans le grand entretien avec Marion Lourd, nous recevons le président d'une entreprise qui est un véritable empire, elle s'étend sur tous les continents dans 120 pays. Microsoft a changé le monde depuis 50 ans avec ses systèmes d'exploitation, ses logiciels Windows, Office, Outlook et j'en passe, des innovations qui ont bouleversé la planète. Et ce n'est pas fini, aujourd'hui leader dans l'intelligence artificielle, dopé notamment par ChatGPT, Microsoft est à la pointe de ce qui est sans doute une nouvelle révolution industrielle et technologique.

Elle bat tous les records en bourse, sa valeur est aujourd'hui de, tenez-vous bien, 2700 milliards de dollars et à la pointe de tous les enjeux qui feront le monde de demain. Le président de Microsoft, l'américain Brad Smith, est de passage à Paris, grand patron, intello, juriste, c'est important et il est dans le studio d'Inter ce matin. Bonjour Brad Smith. Bonjour. Bienvenue sur France Inter et c'est un honneur de vous recevoir, vous êtes l'un des leaders de Microsoft, le M dans GAFAM. Vous êtes à Paris à l'occasion du Forum de Paris pour la paix, qu'est-ce que le patron de Microsoft fait dans un forum sur la paix ?

1:14
Invité

Merci beaucoup, je suis très heureux d'être ici, c'est une question importante. Microsoft participe au Forum de Paris pour la paix depuis sa création, il y a cinq ans. La raison c'est que le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui, la préservation de la paix, exige de la technologie. La technologie ne vient pas seulement des gouvernements, comme c'était le cas il y a un siècle. Il faut que des entreprises technologiques comme la nôtre interviennent pour s'assurer que nous utilisons la technologie pour protéger les pays, aider les gens. Et nous contribuons aussi aux idées elles-mêmes.

Nous vivons dans un monde où, comme l'a dit le président Macron en 2018, lorsqu'il a lancé le Forum pour la paix, la clé de la paix est multilatérale. Mais en ce siècle, le multilatéralisme est en réalité un multipartenariat. Vous avez besoin de gouvernements, d'entreprises, d'organisations non-gouvernementales. Et c'est là tout l'enjeu de ce Forum pour la paix à Paris, qui rassemble non seulement le monde, mais aussi des personnes issues de toutes les composantes de la société.

2:27
Présentateur

Mais qu'est-ce que la tech peut apporter à la paix ?

2:29
Invité

La technologie, je pense, en particulier d'une entreprise comme la nôtre, crée certains des outils fondamentaux nécessaires pour se protéger contre les cyberattaques. Si vous regardez la guerre en Ukraine, nous avons fini par jouer un rôle surprenant, mais finalement indispensable, dans la protection de l'Ukraine contre les cyberattaques de la Russie. Si vous réfléchissez à ce que nous devons faire pour protéger les élections, ici en France, dans toute l'Europe et à travers le monde entier, en 2024, nous avons besoin de nouveaux outils technologiques. Nous venons de lancer une nouvelle initiative, il y a deux jours.

Elle comprend de nouveaux outils pour les candidats et les campagnes, pour qu'ils puissent filigraner leur contenu, audio, vidéo, et le rendre beaucoup plus difficile à copier et à transformer en faux pour frauder le public. Nous pensons que dans un monde mené par la technologie, la technologie joue toujours un rôle dans les technologies du jour. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, appelle à une réponse unie, durable et globale au risque de l'intelligence artificielle. C'est le sujet, l'intelligence artificielle, d'une de vos tables rondes, ici au Forum de la Paix. Est-ce que l'IA est une menace pour la paix ou une solution ?

Lorsqu'on réfléchit à l'intelligence artificielle, il faut la mettre dans son contexte. Tout ce qui a été inventé peut, en fin de compte, être utilisé comme un outil ou comme une arme. Pensez à un balai que nous avons tous dans le placard à côté de la cuisine. On peut l'utiliser comme un balai pour balayer le sol. On peut l'utiliser pour frapper quelqu'un sur la tête. Plus l'outil est puissant, plus l'arme l'est aussi. Je pense donc que l'IA sera un outil très important pour protéger les gens, faire progresser nos économies, découvrir de nouveaux médicaments et faire avancer les soins médicaux. Mais d'autres l'utilisons comme une arme, en particulier les pays qui nous inquiètent.

La Russie veut le militariser et il faudra se concentrer sur les deux côtés de l'équation.

4:40
Présentateur

Brad Smith, vous êtes un grand patron et un intellectuel aussi. Justement, les outils et les armes dont vous parlez, c'était le titre de l'un de vos livres, un best-seller, sous-titre « Les promesses et les dangers de l'ère du digital ». Est-ce que vous partagez la peur d'Elon Musk, par exemple, et d'autres que l'intelligence artificielle pourrait représenter une menace existentielle pour l'espèce humaine ?

5:04
Invité

Pas si nous faisons bien notre travail. C'est une bonne question à poser. Ce n'est pas le problème qui est là seulement aujourd'hui, mais le meilleur moment pour résoudre un problème, c'est avant qu'il ne se produise. Première chose que je dirais, c'est que je pense presque à tous les films de science-fiction jamais réalisés qui impliquent l'intelligence artificielle. Ça a trois chapitres. Premier chapitre, les humains inventent une machine capable de penser par elle-même. Chapitre 2, la machine pense par elle-même et décide d'asservir, voire d'anéantir l'humanité. Chapitre 3, les humains ripostent et finissent par gagner en désactivant la machine. Mais qu'est-ce que ça nous apprend ?

Nous avons besoin d'avoir un interrupteur pour éteindre la machine si elle ne fonctionne pas correctement. Ce n'est pas nouveau. Lorsque l'électricité a été inventée, la première réaction a été de dire « Ah, c'est dangereux, c'est comme un éclair, ça peut tuer ». Dans chaque maison, dans chaque bureau en France, vous avez quoi avec l'électricité ? Vous avez un disjoncteur. Quand vous montez dans un ascenseur, il y a un disjoncteur de sécurité. Dans un train à grande vitesse, le TGV, il y a un frein d'urgence. Nous avons besoin de freins de sécurité pour l'intelligence artificielle lorsqu'elle contrôle les infrastructures critiques, des automatisations de systèmes.

Alors décidons de le faire maintenant. On va les inclure, c'est ce que Microsoft va faire. Mais ayons des lois qui exigent qu'ils soient intégrés. Et gardons ce problème dans le domaine de la science-fiction en le résolvant avant qu'il n'arrive. Comme vous dites, Brad Smith, le grand défi maintenant, c'est la régulation de l'intelligence artificielle. Est-ce qu'en attendant que la régulation soit faite, soit fabriquée, il faut une pause, comme l'a demandé Elon Musk ? De mon point de vue, il est absolument impossible de ralentir l'innovation sur le marché mondial. La réponse n'est donc pas de demander aux innovateurs de ralentir, mais de demander au gouvernement d'accélérer.

En fait, regardez l'année 2023, c'est ce qui se passe à Bruxelles, à Paris, et à ce Forum de la Paix, à Washington, dans le monde entier. Les gouvernements avancent plus vite. Je suis donc optimiste et je pense qu'on peut faire avancer les choses pas exactement à la même vitesse, peut-être. Mais je pense que nous faisons en sorte que les lois et les réglementations commencent à avancer plus rapidement. C'est une bonne nouvelle. Par exemple, Joe Biden a signé récemment quelque chose pour réguler l'intelligence artificielle aux États-Unis. Quel sera le rôle de Microsoft en tant qu'entreprise ? Nous sommes totalement soumis à ce que le président Biden vient de publier, un ordre exécutif.

Ce qui l'exigera fondamentalement, c'est que la sûreté, la sécurité, les normes, les principes, les pratiques, les tests de produits et autres. Et c'est quelque chose qui est, d'une certaine manière, remarquable, surtout pour les États-Unis, pour être honnête. Parce qu'au cours des 30 dernières années, parce que, vous savez, moi j'ai vécu à Paris pendant trois ans, mais c'était il y a 30 ans. D'habitude, les États-Unis avancent lentement lorsqu'il s'agit de nouvelles lois et réglementations. Cette fois, ils avancent rapidement. Et je pense parce que c'est que la Maison-Blanche, le président Biden reconnaît que cette technologie est trop importante pour ne pas être réglementée.

Je crois qu'il y a une réelle opportunité pour les États-Unis et l'Europe, pour la France, le Royaume-Uni, de travailler plus étonnamment ensemble. C'est une bonne nouvelle.

8:39
Présentateur

C'est rare d'entendre un grand patron demander davantage de règles.

8:43
Invité

Il y aura probablement un jour où je regretterai d'avoir dit ça. Mais il faut penser à deux choses. D'abord, il est important d'avoir des règles pratiques, équilibrées, qui ne créent pas trop de poids, de frais généraux, au point de ralentir le rythme de l'innovation. Mais en même temps, il faut penser au monde dans lequel nous vivons. Si nous nous sentons bien à bord d'un avion qui va aller très haut dans le ciel, c'est parce que l'avion est réglementé, testé, certifié. Pourquoi est-ce que nous nous sentons bien lorsqu'on prend un train qui va si vite, ou même dans une voiture ? C'est parce que nous avons des règles de sécurité.

Nous voulons acheter une voiture à une entreprise dont nous savons qu'elle a une bonne réputation en matière de sécurité. Mais on sait aussi qu'en fin de compte, toutes les voitures vendues ont dû passer un test, un test effectué par un organisme de réglementation. C'est un ingrédient important pour un marché sain, et ça a du sens pour moi, en particulier pour une entreprise comme Microsoft. Nous voulons être la référence en matière de sécurité, de responsabilité, mais nous savons aussi que le public a besoin de savoir qu'il peut non seulement nous faire confiance, mais aussi qu'un gouvernement veille sur nous et nous oblige à faire ce qu'il faut.

Il y a aussi la question des fake news, des fausses informations dont vous parliez tout à l'heure, de la manipulation de l'information en France. Par exemple, le ministère des Affaires étrangères a condamné jeudi dernier le rôle d'un réseau russe dans l'amplification artificielle et la diffusion sur les réseaux sociaux de photos de tags montrant des étoiles de David. C'est le gouvernement français qui dénonce en quelque sorte. Qu'est-ce que Microsoft concrètement pourrait faire pour ce genre de problème ? C'est une question cruciale, en particulier à ce qu'on pense à l'année prochaine avec les élections. Et fondamentalement, ça soulève trois opportunités.

La première est celle que Microsoft et d'autres entreprises poursuivent en créant des outils technologiques qui facilitent la détection de contenus manipulés, modifiés, altérés, y compris par l'utilisation de l'intelligence artificielle. Que ce soit plus facile à détecter, un filigrane que l'on peut vérifier. La deuxième chose qu'on fait, c'est qu'en utilisant l'IA, on peut trouver ces différentes campagnes de désinformation, les identifier. L'IA est très douée pour détecter des modèles dans des grandes quantités de données. Et nous devenons très doués pour identifier une campagne russe, comme lorsqu'ils ont essayé de dire aux gens de ne pas se faire vacciner contre le Covid.

Ou aujourd'hui, quand on voit la désinformation russe au Moyen-Orient, ça progresse. Mais il y a une troisième question cruciale. Quand on pense à ce genre de faux contenus, de contenus altérés, il est créé, distribué, il est sur l'Internet. Alors, que doivent faire les plateformes technologiques ? Il y a trois possibilités, je dirais. On peut ne rien faire. On peut supprimer les contenus. Vous pouvez les réétiqueter et dire, vous pouvez lire ça, mais vous devez savoir que ça a été modifié par quelqu'un. Il n'y a pas de consensus sociétal sur ce que les entreprises devraient faire. Et ce qui me préoccupe le plus, c'est ça. 2024 est à nos portes.

Dans moins de deux mois, c'est une année électorale. Et à moins que nous nous réunissions rapidement pour former un consensus, on va se disputer à ce sujet comme on se dispute à propos d'autres choses. Et on s'en inquiétera comme on s'inquiète à propos de n'importe quoi. Et on regardera le problème s'aggraver. Je pense que ce problème nécessite une attention plus immédiate.

12:42
Présentateur

Question au grand patron d'une méga-corporation que représente Microsoft. Est-ce que Microsoft signe avec son intelligence artificielle et son avance la fin de Google ?

12:54
Invité

Non, non, pas du tout. Tout d'abord, ça ne sera pas la fin de Google, vous savez quoi ? Parce que Google progressera, il va changer. C'est la nature de la concurrence dans le monde d'aujourd'hui. La recherche peut changer. La recherche telle qu'on la connaît aujourd'hui, et qu'on l'a connue au cours de la dernière décennie, ce ne sera peut-être pas ce qu'on voudra utiliser dans cinq ans. Ce sera toujours là, mais au lieu de chercher un site web rapidement, on pourrait tous décider que c'est une histoire ancienne. Ce serait comme revenir en arrière et utiliser un téléphone filaire alors qu'on est tous sans fil. Mais Google a cette force.

Les entreprises françaises, les entreprises européennes,

13:41
Présentateur

elles sont toutes très petites par rapport à votre entreprise.

13:45
Invité

Pas obligatoirement. Et c'est toujours utile de le rappeler. La technologie, c'est un écosystème. Certaines grandes entreprises créent des plateformes et services dont nous dépendons. Et d'ailleurs, ces plateformes et services évoluent au fil du temps. Si vous regardez l'histoire de la technologie, vous savez, je me rappelle de mon déménagement à Paris en 1993. Il y avait un groupe, le groupe Bull. C'était une grande entreprise française. Les gens leur achetaient des PC. La première chose qu'on nous a dit quand on était arrivés à Paris, c'est qu'il faut prendre un Minitel. Et bien, toutes ces choses changent.

14:28
Présentateur

Vous connaissez le Minitel.

14:30
Invité

Ben oui, j'en avais un à mon appartement. C'était très compliqué. Et c'est pour ça que les gens n'en ont plus. Ce que ça signifie, c'est qu'il y a toujours de nouvelles entreprises qui se créent. Dans certains domaines, ce sont des petites entreprises. Non d'autres, ce sont des grandes entreprises. Mais les grandes entreprises changent. Il y a une taxe sur les géants de la tech en France qui va rapporter 800 millions d'euros l'année prochaine. Est-ce que, malgré tout, la France, c'est un endroit où on peut investir ? Par exemple, vous, Microsoft. Nous, nous sentons bien en tant qu'entreprise à Microsoft, avant tout pour investir en France. La France a été un pays tellement important.

Vous savez, Microsoft a 48 ans. Et la France a été, dès le début, un des pays les plus importants pour notre entreprise. Je pense que ça le sera toujours. Il y a beaucoup de discussions sur les lois fiscales. Fondamentalement, je pense que notre objectif, c'est de payer des impôts à peu près proportionnellement à nos revenus. Notre entreprise est structurée de manière à y parvenir dans une large mesure. Mais le vrai problème de modification de la législation fiscale concerne franchement les entreprises technologiques dont les activités sont davantage basées sur la pub. Et par conséquent, leurs impôts ne sont pas prélevés sur la provenance de l'argent, mais sur la localisation des personnes.

C'est généralement ailleurs. J'espère que les gens vont continuer à se concentrer sur l'attractivité de la France, sur un système fiscal juste et équilibré. Mais pour moi et d'autres chez Microsoft, ce n'est pas du tout le problème qui nous préoccupe le plus. Il y a un accord en discussion à l'OCDE sur ce sujet de la taxation. Vous l'appelez de vos voeux ? Mais je pense que ça devrait être le cas. Je pense qu'en fin de compte, la question, ce n'est pas tant de savoir si les entreprises doivent payer plus ou moins d'impôts au niveau mondial que de savoir comment l'argent est réparti entre les différents pays. Le processus, on s'en est rendu compte.

Eh bien, le lieu, c'est l'OCDE pour parvenir à une solution. C'est un processus extrêmement lent, laborieux. Et tout le monde attend que l'OCDE va arriver à une solution. Et on attend qu'elle le fasse.

16:54
Présentateur

L'un des grands enjeux de notre temps, c'est le changement climatique. Microsoft, les grandes entreprises de la tech, ont une très grande responsabilité. Et vous avez pris l'engagement d'être leader d'ici 2030. Comment est-ce que vous comptez aller jusque-là ? Comment est-ce que vous comptez avoir un bilan carbone négatif d'ici quelques années ?

17:19
Invité

C'est un objectif ambitieux. Et à mesure que nous construisons plus de centres de données, ça devient de plus en plus difficile à atteindre. Mais fondamentalement, nous nous concentrons chaque jour. Nous devons faire quatre choses. Numéro un, obtenir l'énergie nécessaire, en particulier pour nos centres de données, à partir de sources exemptes de carbone. C'est un atout considérable pour la France, compte tenu de l'énergie créée en France, l'énergie nucléaire, la croissance de l'énergie éolienne et solaire.

Deuxième défi, toutes les puces, les semi-conducteurs qui équipent nos serveurs, nos ordinateurs, elles doivent être produites dans des usines qui fonctionnent avec de l'énergie décarbonée. Et on essaie donc de persuader les pays, les entreprises qui fabriquent ces puces, de construire des sources d'énergie verte. Défi numéro trois, c'est l'acier. Et le défi numéro quatre, c'est le béton. Pensez à tous ces bâtiments, l'infrastructure massive que nous construisons ici en France, à travers le monde. Il s'avère que c'est fait d'acier et de béton. Le monde a besoin de percées technologiques. Il faut construire ça d'autre chose que de béton ou d'acier, pour que ça soit plus durable.

Ou alors, on a besoin des percées technologiques. Le monde a besoin de percées technologiques, particulièrement dans des choses comme l'acier et le béton. Et tout le monde sait que les compagnies de technologie dépensent beaucoup d'argent dans la recherche et le développement. Franchement, ce dont on a besoin, c'est plus de R&D, des financements dans l'acier et le béton. Ça nécessitera, je pense, beaucoup d'attention, de financement du gouvernement, même si ces industries n'ont pas la même capacité à investir dans la recherche et le développement, autant que le secteur technologique. Mais nous dépendons d'eux. Et c'est ainsi qu'on atteindra cet objectif.

19:17
Présentateur

Une dernière question, Brad Smith. Sam Altman, qui est le créateur de OpenAI, qui est l'entreprise à l'origine de ChatGPT, dit qu'à mesure que l'intelligence sera intégrée partout, nous aurons des super-pouvoirs à la demande. Est-ce que vous partagez l'analyse ?

19:34
Invité

Je pense que nous aurons des pouvoirs que nous n'avons pas aujourd'hui. Il reste à voir s'il s'agit de super-pouvoirs et cela dépend de l'individu. Car tout dépend de la manière dont on les utilise. Chez Microsoft, on a passé beaucoup de temps cette année à discuter de la manière dont on veut décrire ce que nous créons. On a eu un débat intéressant en janvier. Devrions-nous appeler notre nouveau service de recherche un moteur de réponse ? Parce que c'est finalement ce qu'on fait. Poser une question, il vous donne des réponses. Ou est-ce qu'on doit l'appeler un copilote ? Et on a dit, c'est un copilote. Parce que que fait un bon copilote ? Il aide le pilote.

Vous êtes toujours le pilote de votre propre vie. Et je pense, en fait, que c'est un copilote extrêmement puissant. Moi, je l'utilise tous les jours. C'est comme utiliser un ordinateur personnel pour la première fois, quand j'étais étudiant à l'université. Je fais tout. Je pense plus vite, de façon plus créative. Je suis mieux dans ma vie personnelle. Je trouve des choses. Mais je dois toujours réfléchir. Donc, c'est seulement un super-pouvoir pour moi, si je l'utilise pour m'améliorer. Si je confie ma réflexion à quelqu'un d'autre, y compris à une machine, en fait, ce ne sera pas un super-pouvoir. Donc, tout dépend de la façon dont on l'utilise.

21:02
Présentateur

Merci infiniment, Brad Smith, d'avoir été l'invité de France Inter. Ce matin, on croise les doigts et on partage cette lueur d'espoir. Bon séjour en France. Merci beaucoup. Merci infiniment.

21:12
Invité

Merci.

Brad Smith, président de Microsoft : "L'IA a besoin d'un interrupteur, comme l'électricité a un disjoncteur" · Pourquijevote