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Autrefranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 14 août 2026 23 minMixte

Colère des pompiers, présidentielle 2027, ingérences étrangères... Le "8h30 franceinfo" d'Edwige Diaz

Audio original de l'émission.

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  • Edwige Diaz72 %
  • Locuteur 416 %
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0:00
Présentateur

Bonjour Edwige Diaz.

0:01
Edwige Diaz

Bonjour, merci pour votre invitation.

0:02
Présentateur

On va parler avec vous dans un instant de la campagne présidentielle du RN au ralenti cet été des ingérences étrangères dans cette campagne. Sujet qui fait débat ces derniers jours. Mais la une ce matin, c'est cet appel à la mobilisation lancée par les pompiers pour fin septembre. Des pompiers déçus après leur rencontre avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez. Hier, ils étaient venus réclamer plus de moyens pour lutter contre les incendies. On les écoute.

0:26
Locuteur 3

Les discours politiques sont plus audibles par les femmes et les hommes dans les casernes et sur le terrain. Le blabla politique, c'est fini. Il nous a dit oui, on allait agir. Il va y avoir des actions. Nous, on n'a rien eu encore aujourd'hui. On représente les pompiers professionnels et les personnes administratives, techniques spécialisées. On ne peut leur dire que notre déception aujourd'hui. C'est du blabla politique.

0:43
Présentateur

Voilà les pompiers qui appellent donc à une journée de manifestation le 29 septembre prochain. Vous soutenez cette mobilisation ?

0:50
Edwige Diaz

Oui, absolument. Et je voudrais adresser un message de reconnaissance à l'égard des pompiers professionnels et volontaires qui ont fait preuve d'héroïsme ces dernières semaines. Vous savez, je suis élue en Gironde, un département qui a été meurtri par les incendies, que ce soit cette année en 2026, mais déjà en 2022. Et c'est la raison pour laquelle, moi, je comprends l'exaspération de ces pompiers à qui on avait déjà fait des promesses en 2022. Moi, je me souviens qu'Emmanuel Macron avait parlé d'une nouvelle stratégie. Je me souviens que l'ancien ministre de l'Intérieur avait réuni un beau veau de la sécurité civile. Or, il n'en est rien sorti. Donc, en fait, les pompiers aujourd'hui...

1:27
Présentateur

Les conclusions sont attendues dans quelques semaines.

1:29
Edwige Diaz

Oui, mais en fait, vous voyez, c'est de la précipitation alors que ça fait déjà deux ans et que cela fait des années que les rapports s'enchaînent pour alerter sur le réchauffement climatique. Sauf qu'une fois de plus, comme d'habitude, le gouvernement fait preuve d'impréparation. J'ai même envie de vous dire de procrastination. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, nous en sommes à déplorer la disparition en Gironde de 40 000 hectares de forêt, 220 000 personnes qui ont été évacuées, 15 000 entreprises qui ont été pénalisées et 240 maisons qui ont été détruites. Donc, moi, je pense que c'est un drame qui a été évitable.

2:01
Locuteur 4

Donc, vous nous dites ce matin que vous soutenez le mouvement des sapeurs-pontiers professionnels. Donc, ça veut dire quoi ? Qu'on va voir des députés de votre parti de Rassemblement National qui vont se rendre place de la République, justement, où vont se mobiliser les pompiers. Ils ont appelé à se rassembler pendant plusieurs jours place de la République. Et après, vous allez aussi aller manifester avec eux le 29 septembre dans la rue ?

2:18
Edwige Diaz

Oui, très probablement parce que nous considérons que notre place est légitime. Et d'ailleurs, je vais vous dire, chaque année, les députés du Rassemblement National participent au Sainte-Barbe. L'année dernière, Marine s'est rendue au Congrès des pompiers. Elle a reçu un accueil formidable.

2:37
Locuteur 4

Enfin, là, c'est des manifestations, ça n'a rien à voir. Là, c'est des manifestations avec des revendications.

2:41
Edwige Diaz

Au regard des propositions que nous formulons à chaque projet de loi de finances, à chaque fois que nous déposons une proposition de loi, eh bien oui, je le dis, nos propositions sont attendues par les pompiers. C'est la raison pour laquelle nous nous sentons légitimes à aller les soutenir, y compris quand ils manifestent.

2:55
Locuteur 4

Je vous pose cette question-là parce que ce n'est pas dans l'ADN du Rassemblement National d'aller manifester, de battre le pavé, de se rendre dans la rue pour soutenir des causes. Là, vous allez le faire.

3:03
Edwige Diaz

Oh, si, si, c'est très fréquent que les députés du Rassemblement National aillent témoigner leur soutien lorsque des filières professionnelles témoignent leur exaspération. Donc, il n'y a pas de raison...

3:14
Locuteur 4

Vous n'avez pas vu sur la réforme des retraites, par exemple, quand il y avait ces manifestations-là ?

3:17
Edwige Diaz

Si, absolument, nous avons toujours soutenu les salariés. Quand les policiers vont manifester, nous y allons. Mais, en fait, si vous voulez, nous, on est légitimes à participer à ces manifestations parce que nous associons nos actes et nos paroles. On ne va pas juste montrer sur une manifestation. Vous voyez, tous les votes à l'Assemblée Nationale font la démonstration que nous sommes en soutien des pompiers. Et d'ailleurs, vous voyez, les Français ne s'y trompent pas. Un sondage du 31 juillet estime que le Rassemblement National est le meilleur soutien à l'égard des pompiers.

3:48
Présentateur

On l'a dit, Laurent Nunez a annoncé qu'un projet de loi de modernisation des services départementaux d'incendie et de secours sera présenté aux organisations syndicales des sapeurs-pompiers début septembre. Sur la demande des moyens financiers et humains, il a assuré que les projets d'évolution des ressources d'ESDIS, de ces fameux centres, seront présentés dans le cadre du budget 2027 qui va être débattu à l'automne. Est-ce que vous soutenez cette démarche-là ?

4:11
Edwige Diaz

Écoutez, tant mieux. Et j'ai envie de vous dire que de temps perdu. Parce que sur tous les projets de loi de finances... Mais vous demandez des garanties ? Oui, mais le problème, c'est que vous savez, la parole de ce gouvernement est quand même assez discréditée. Je vous disais, en 2022, Suisse aux incendies, Emmanuel Macron dit on va se diriger vers une nouvelle stratégie. En 2024, M. Darmanin promet l'ouverture d'une base aérienne à Mont-de-Marsan pour y accueillir les Canadaires. Malheureusement, cette base ne verra jamais le jour. Récemment, Emmanuel Macron revient en Gironde suite aux incendies et il découvre que les Canadaires ne volent pas la nuit.

Donc si vous voulez, tout ça porte atteinte à la crédibilité...

4:49
Locuteur 4

Vous savez que l'argent n'est pas magique. On a un pays qui est endetté, que le gouvernement cherche à faire 35 milliards d'euros d'économie. Donc il va falloir faire des choix budgétaires. Vous les faites tous. Si vous donnez davantage aux pompiers et à la sécurité civile, on enlève des moyens à la défense. Alors qu'on a une menace qui pèse sur la France, on avait des moyens à l'éducation nationale. Qu'est-ce qu'on fait ?

5:07
Edwige Diaz

Vous savez, le Rassemblement national est un parti politique très sérieux qui aspire à arriver aux responsabilités. C'est la raison pour laquelle, chaque année, au moment du budget, nous présentons avec Jean-Philippe Tanguy un contre-budget. Donc des économies sont nécessaires. Et d'ailleurs, en fait, sur les mauvais postes de dépense, nous l'avons déjà dit, sur l'immigration, sur notre contribution au budget de l'Union européenne, sur le millefeuille administratif, sur les agences d'État. Donc en fait, de l'argent, il y en a. Et d'ailleurs, les Français se posent une question. C'est où passe notre argent ?

Et toutes les mesures que nous avons proposées pour soutenir la sécurité civile et pour soutenir les pompiers, eh bien, elles étaient finançables.

5:41
Présentateur

Donc là, on fait comment ? Alors justement, dites-nous.

5:43
Edwige Diaz

Oui, je vais vous donner quelques exemples. Nous avons proposé des amendements pour soutenir l'achat des kits A400M. Nous souhaitions revaloriser. Vous savez, c'est ce sur quoi Lecornu a fait de la communication. En gros, c'est rattaché de l'eau, si vous voulez, à un avion militaire. Mais en fait, c'était du dépannage. Parce que nous, ce que nous voulions avant tout, c'était investir dans l'achat de Canadair. En réalité, que la promesse d'Emmanuel Macron de 2022 soit honorée. Malheureusement, il ne l'a pas faite. Donc en fait, d'un côté, on a Gabriel Attal qui nous dit qu'on va enlever 50 millions d'euros sur le budget de la sécurité civile.

Mais concomitamment, il donne 50 millions d'euros pour la sécurité civile tunisienne. Donc en fait, ce sont des questions de choix politiciens.

6:24
Locuteur 4

C'était un prêt, oui.

6:25
Edwige Diaz

Enfin, d'accord, mais en fait, on ne les a pas. Voyez, on ne les a pas pour nous, mais on les donne ailleurs.

6:28
Présentateur

Mais ça n'a pas de lien directement. Ça n'a pas de l'argent qui a été puisé dans l'argent français.

6:32
Edwige Diaz

Bah si, parce qu'en fait, pour le faire un prêt, il faut quand même que vous l'ayez pour pouvoir le prêter à quelqu'un d'autre. Et puis, vraiment, ce que je veux vous dire, nous avons déposé une proposition de loi le 13 février 2025. C'était pour améliorer le financement des SDIS. Donc, des services départementaux de secours et d'incendie. Parce qu'aujourd'hui, comment sont financés les SDIS, en fait ? Vous avez les assurés, donc le contribuable, qui payent une taxe, notamment sur les véhicules. Donc, c'est la TSCA, la taxe sur les contrats d'assurance. Et en fait, cette taxe, elle est répartie à plusieurs échelons.

Et nous, nous souhaitions que la part de cette taxe qui est initialement attribuée à la Caisse nationale des allocations familiales, qui est en fait excédentaire, nous souhaitions que cette part de la taxe revienne directement aux SDIS, ce qui aurait permis de les financer à hauteur d'un milliard supplémentaire. C'est exactement ce dont ils ont besoin pour faire face aux besoins matériels et humains.

7:26
Présentateur

Vous vouliez aussi instaurer une taxe additionnelle à la discrétion des départements, à la taxe de séjour, ou à la taxe de séjour forfaitaire. Donc là, ce seraient les Français qui paieraient directement.

7:34
Edwige Diaz

En fait, c'est dans le cadre du tourisme, et ça peut être aussi les touristes étrangers. Et c'est précisément, en fait, ce que demandent les pompiers. Ça fait partie de leur revendication. C'est pour ça que je vous disais que nous sommes absolument en phase avec les revendications des sapeurs-pompiers. Et puis, je voudrais quand même pointer du doigt la responsabilité de la gauche. Parce que vous voyez, nous avons déposé aussi un certain nombre d'amendements. Nous souhaitions proposer un crédit d'impôt pour encourager le débroussaillement. Parce qu'aussi, ce qui fait que les incendies se propagent avec une grande rapidité, c'est cette herbe qui est sèche.

Cet amendement a été refusé par la gauche. Nous sommes indignés quand la gauche dépose des recours, par exemple, pour détruire les réserves d'eau, comme ça a été le cas récemment en Charente-Maritime, alors qu'on a besoin de ces réserves d'eau à proximité qui peuvent être utilisées par les agriculteurs. Et nous nous indignons aussi de ce fanatisme écologique qui fait, par exemple, que les camions de pompiers doivent faire le plein d'Adéblou, en fait, cette espèce de carburant additionnel qui, aujourd'hui, fait que les camions de pompiers doivent s'arrêter, faire des pauses pour aller faire le plein d'Adéblou au lieu de lutter contre les feux.

8:39
Locuteur 4

Vous dites fanatisme écologique ? Oui, fanatisme écologique ?

8:42
Edwige Diaz

Oui, parce qu'en fait, vous voyez, ce sont des gens qui disent qu'ils défendent l'écologie alors qu'en fait, ils sont responsables de l'embrasement, de l'inflammation de nos forêts. Donc, je veux dénoncer leur double discours, si vous voulez. Ils ont voté contre, récemment, la loi qui permettait l'augmentation des moyens de la sécurité civile. C'était quand même 800 millions d'euros. Ils ont voté contre.

9:02
Présentateur

Pour sauver le climat ou, en tout cas, essayer de préserver la planète à cequel vous vous opposez aussi ?

9:07
Edwige Diaz

Non, c'est faux. Enfin, pardon. Enfin, à quel moment les écologistes, on peut dire qu'ils sauvent le climat ? Je veux dire qu'ils sont contre le nucléaire, ils sont contre nos amendements sur le débroussaillement, ils sont contre les réserves de substitution. Mais quand vous votez contre les zones à faible émission,

9:17
Présentateur

c'est pas favorable au climat ?

9:18
Edwige Diaz

Enfin, pardon. Les zones à faible émission, ce sont surtout, donc là, on parle des automobilistes, ce sont surtout des zones à forte exclusion qui vont pénaliser les automobilistes.

9:27
Locuteur 4

Edwige Diaz, justement, vous attaquez la gauche, vous dites qu'ils sont responsables de l'embrasement du pays, les mots sont forts. Vous considérez que le dérèglement climatique est bien effectif en France, qu'il existe ? Parce que c'était pas vos propos en 2019, on les a retrouvés, vous parliez d'une hypothèse par rapport au dérèglement climatique. Aujourd'hui, qu'est-ce que vous dites au Rassemblement National ? Il existe ce réchauffement climatique ?

9:48
Edwige Diaz

Marine Le Pen a été très claire sur le sujet et c'est d'ailleurs pourquoi je vous ai dit tout à l'heure que moi, en fait, je m'étonnais que le gouvernement n'ait rien anticipé alors que ça fait des années que des rapports nous expliquent qu'il y a un réchauffement climatique et en fait une sécheresse. Donc voilà, en fait, ceux qui disent qu'il y a un réchauffement climatique n'ont rien fait pour le contrer et ils nous accusent à nous de le nier. Donc je trouve ça assez surprenant. Mais bon, écoutez, ça ce sont les arguments politiques de nos adversaires qui sont très gênés par rapport à cette situation.

10:15
Locuteur 4

Edwige Diaz, on parlait des moyens, des financements, il va falloir faire des économies pour aider les pompiers. Est-ce que ça peut passer par cette proposition que fait ce matin chez nos confrères de Libération, le ministre de l'Économie Roland Lescure, qui envisage, en tout cas réfléchit, à fixer une année blanche dans le prochain budget 2027 pour les retraités les plus aisés, c'est-à-dire les faire contribuer davantage à l'effort national. Est-ce que au Rassemblement National, vous défendez cette mesure ?

10:42
Edwige Diaz

Non, on ne la défend pas parce que le problème, c'est ce que je vous disais tout à l'heure en fait, c'est que de l'argent, il y en a. Tous les Français savent qu'ils payent suffisamment d'impôts. Malheureusement, cet argent est très mal utilisé. Et donc, vous voyez, la philosophie de la gauche et de ces macronistes, c'est toujours la même chose. En fait, c'est qu'on crée des taxes, on impose davantage les Français sans remettre en cause en fait leur paradigme économique. Et ça, vous voyez, je le regrette. Donc, avant de faire contribuer davantage les Français, faisons en sorte de faire des économies, de limiter les mauvaises dépenses. Oui, mais à partir de combien les retraités...

Enfin, oui, c'est toujours le même schéma. Ça, le gouvernement le dira,

11:14
Locuteur 4

le fixera.

11:16
Edwige Diaz

Alors, qui nous fixe cela ? Mais en fait, moi, si vous voyez, ce que je conteste, en fait, c'est le raisonnement de cette gauche et de ces macronismes qui visent toujours à faire la même chose. C'est pénaliser ceux qui ont travaillé, ceux qui voudraient travailler ou ceux qui travaillent alors que, je vous dis, de l'argent, il y en a, c'est juste qu'il est très mal réparti.

11:33
Locuteur 2

Le 830 France Info, Antoine Comte,

11:38
Locuteur 4

avec Edwige Diaz, vice-président du Rassemblement National et député de Gironde. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, se déplace chez vous en Gironde ce lundi avec plusieurs de ses ministres pour lancer, nous dit-on, du côté de Matignon, la mission reconstruction d'une région qui a été totalement dévastée par les flammes. C'était le mois dernier, on s'en souvient tous, bien évidemment. Qu'est-ce que vous attendez de cette visite ministérielle ? Que doit annoncer le Premier ministre sur place ?

12:03
Edwige Diaz

Déjà, je m'étonne que, comme la venue d'Emmanuel Macron le 27 juillet dernier en Gironde, à cet instant, les parlementaires n'ont pas été invités. Je trouve cela assez surprenant. Tous ? Écoutez-moi, en tout cas, je n'ai pas été invité. Je n'ai pas l'impression que mes collègues aussi, mais ils font partie d'autres familles politiques, donc peut-être qu'ils auront le privilège d'être invités un peu plus tard. Moi, j'aurais beaucoup aimé interroger le Premier ministre parce que figurez-vous que récemment, j'ai interrogé la ministre de la Transition écologique sur l'avenir de la filière bois.

J'ai aussi interrogé le ministre du Travail sur la dérogation aux durées du temps de travail des sapeurs-pompiers. J'ai aussi interrogé le ministre du Tourisme pour voir avec lui comment il allait faire en sorte que la saison touristique ne soit pas terminée en Gironde parce que vous voyez, moi, j'ai travaillé avec des hôteliers, avec ceux qui ont des campings, avec les autres rédiculteurs, avec les restaurateurs. Et en fait, moi, j'ai envie de dire aux Français, voilà, la situation sanitaire aujourd'hui vous permet de venir en Gironde. Et donc, venez passer votre mois d'août en Gironde.

Et donc, j'aurais aimé savoir ce que le Premier ministre pense de tous les courriers que j'ai envoyés étant donné que pour l'instant, aucun ministre ne m'a répondu.

13:10
Présentateur

Est-ce qu'il faut des compensations pour le secteur touristique ?

13:12
Edwige Diaz

Oui, oui, je pense en tout cas que c'est ce qui est demandé. Et puis aussi, pour les filières, vous voyez par exemple la filière des sylviculteurs, ils se posent des questions. Comment on va évacuer les bois ? Est-ce qu'il y aura des compensations ? Comment on va les soutenir dans la diversification agricole ? Comment aussi, ils vont pouvoir avoir un accès facilité à l'eau ? Et puis aussi, il y a des questions qui se posent. Vous voyez, moi, j'ai été interpellé par des lanceurs d'alerte qui m'ont indiqué que les protections des pompiers en matière respiratoire n'étaient pas suffisantes. Certains d'entre eux ont alerté leurs instances depuis 2022 et ils n'ont eu aucune réponse.

Et aujourd'hui, tout le monde sait que la cagoule qui permet aux sapeurs-pompiers d'être protégés n'est pas suffisante. Et en matière de masques FFP2, eh bien vraisemblablement, il y avait des manquements. Donc j'aurais aimé que ce soit le Premier ministre sur tout ça. Et ça, vous savez

13:54
Locuteur 4

que ça dépend ce financement-là de la cagoule que demandent les pompiers, finalement, ça dépend du financement départemental de chaque SDIS.

14:06
Edwige Diaz

Je suis tout à fait d'accord avec vous, mais en fait, le financement départemental, les SDIS ont l'argent parce que l'État leur donne. Et voyez, nous, en Gironde, on a une problématique supplémentaire, c'est que le département qui est géré par la gauche est dans une situation budgétaire catastrophique avec des impayés, des dettes, etc. Ils sont quasiment sous tutelle. Donc forcément, ce n'est pas ce qui va améliorer la situation des pompiers de la Gironde, je le regrette.

14:26
Présentateur

Donc vous attendez plusieurs réponses avec ce déplacement de Sébastien Lecornu lundi en Gironde, Edwige Diaz. On sait depuis le début du mois de juillet que Marine Le Pen sera la candidate de votre parti pour la présidentielle l'an prochain, malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Je rappelle qu'elle se pourvoie en cassation. Mais alors depuis, c'est silence radio ou presque. Quand va-t-elle démarrer sa campagne ?

14:50
Edwige Diaz

Écoutez, Marine Le Pen travaille. Elle travaille à la constitution du programme. Par ailleurs, toutes les équipes sont mobilisées. Vous savez que nous avons lancé une grande plateforme sur internet qui s'appelle marinelepen.com sur laquelle nous recueillons les motivations des patriotes, en fait ceux qui ont envie de nous aider. Je vous rappelle que toutes nos fédérations avec nos délégués départementaux, nos militants sont sur le terrain tout l'été. D'ailleurs, je me félicite que nous ayons dépassé la barre des 150 000 adhérents au Rassemblement national. Mais vous nous dites qu'elle travaille mais on ne l'a pas entendu

15:20
Présentateur

sur les sujets de l'été par exemple. Pas de proposition pour les pompiers en ce moment. Elle devrait avoir des choses à dire là-dessus.

15:25
Edwige Diaz

Absolument. D'ailleurs, elle a fait plusieurs publications sur les réseaux sociaux mais je vais vous dire nous, nous n'avons pas besoin de nous agiter. J'ai rien vu, pas de proposition sur le sujet. Et Jordan Bardella en a fait. Nous n'avons pas besoin de nous agiter comme je vous l'ai dit tout à l'heure. Nous avons déposé des amendements, des propositions de loi depuis des années et en fait c'est ça qui fait le sérieux de notre travail. Voyez, nous, on n'a pas besoin de faire comme les uns et les autres de l'agitation estivale pour tenter de faire oublier leur sondage difficile.

15:52
Locuteur 4

Advish Diaz, vous parlez de Marine Le Pen qui travaille, qui est au travail ce sont vos termes. On sait qu'elle passe ses vacances en Bretagne. On a vu aussi qu'elle avait été prise à partie par des opposants lors d'une sortie en bateau. Est-ce que vous attendez une campagne agitée, chahutée sur le terrain concernant votre candidate Marine Le Pen ?

16:12
Edwige Diaz

Oui, moi je regrette la violence dans le Rassemblement National et victime systématiquement. Pas que pendant les élections présidentielles malheureusement. Il n'y a pas que vous. Il y a des élus de tous les camps qui sont pris à partie. Alors moi, que les choses soient très claires, je condamne tous les actes de violence à l'encontre de qui que ce soit et y compris quand il s'agit d'adversaires politiques. Mais ce que je veux quand même dire c'est que oui, les élus du Rassemblement National, les militants du Rassemblement National sont très souvent pris à partie. Nous réclamons, il nous est souvent réclamé d'annuler nos événements. Nos militants sont malheureusement souvent agressés.

J'ai moi-même fait l'objet d'une agression il y a quelque temps dans le tramway de Bordeaux. Donc voilà, je regrette ce climat d'ensauvagement mais qui est rendu possible aussi parce que d'un côté vous avez la gauche qui est totalement galvanisée, qui ne condamne jamais les attaques dont nous faisons l'objet et nous avons un bloc central qui est complètement impuissant face à l'ensauvagement de la société.

17:04
Locuteur 4

Donc la faute c'est les autres ? Ce que vous nous dites un peu.

17:06
Edwige Diaz

En tout cas, moi ce que je dis c'est qu'à chaque fois que quelqu'un est agressé, quel que soit son bord politique, je lui témoigne mon soutien. Voyez, je le fais sur votre antenne. Récemment, il y a la tête de liste au sénatorial de la France Insoumise en Gironde qui a fait l'objet d'une agression raciste et oui, je vous le dis, je condamne son agression et je lui apporte mon soutien.

17:24
Locuteur 4

Edwige Diaz, Marine Le Pen, on l'a dit, est en vacances. Le chef de l'État lui aussi, Emmanuel Macron, du côté du fort de Brégançon dans le Var où il prend la pause sur un jet ski pour l'hebdomadaire Paris Match. Une photo qui fait beaucoup réagir la classe politique. C'est indécent, la France mérite mieux. Voilà les quelques réactions qu'on a notées. Ça vous choque vous aussi cette une de Paris Match ? Du chef de l'État, sachant qu'en effet, oui, il y a les incendies, la France qui brûle, la canicule, les Français qui souffrent.

17:55
Edwige Diaz

C'est vrai qu'on attend qu'un président de la République soit au travail toute l'année. Maintenant, on ne va pas lui reprocher de prendre quelques jours de vacances. Après, je pense qu'en effet, cette photo sur le jet ski était plutôt maladroite. Je comprends qu'elle n'est plus choquée mais franchement, il y a des sujets plus importants que ça. C'est vrai que ça a fait la une de Paris Match. Mais bon, moi, je voudrais surtout qu'Emmanuel Macron soit efficace tout au long de l'année et qu'on parle de lui pour son bilan, pour ce qu'il a fait de bien, pour ce qu'il a fait pour relever le pays. Malheureusement, ce n'est pas le cas et on est quand même obligé de parler de sa photo sur le jet ski.

Je trouve quand même qu'un président de la République mériterait de passer dans la presse pour son bilan et pas pour ses photos.

18:29
Locuteur 4

Comme on a parlé de la photo de Jordan Bardella et qui s'accompagne aussi dans Paris Match il y a quelques mois.

18:32
Edwige Diaz

Oui, qui n'est pas président de la République.

18:33
Locuteur 4

Un mot sur Jordan Bardella. D'ailleurs, il a dû renoncer, et on le sait, à se présenter à la présidentielle au profit de Marine Le Pen. Il devient quoi, Jordan Bardella ? On l'entend très peu, lui aussi. Est-ce que vous savez quel rôle il va jouer pendant cette campagne ?

18:47
Edwige Diaz

Oui, Jordan Bardella l'a dit. Il sera le premier soutien de Marine Le Pen. Et là, une fois de plus...

18:52
Locuteur 4

Ça, ce n'est pas un rôle d'être le premier soutien ?

18:53
Edwige Diaz

Si, c'est quand même un rôle parce qu'il sera très probablement invité sur vos médias. Il se prépare à devenir Premier ministre. Moi, c'est ce que je souhaite. Mais vous savez, il ne suffit pas d'entendre des responsables politiques pour faire de l'agitation. Là, c'est vrai. Oui, on entend beaucoup Gabriel Attal en ce moment sur le terrain. Pourquoi ? Parce qu'en fait, il essaye d'éviter que l'on parle de son bilan. Il essaye sans doute d'éviter que l'on pointe du doigt les carences de son programme. Donc, en fait, il essaye d'occuper l'espace médiatique parce qu'il veut faire concurrence à Édouard Philippe. Et en même temps, il essaye de diaboliser le Rassemblement national.

19:27
Présentateur

Justement, il a porté plainte, Gabriel Attal, ces derniers jours après les soupçons d'ingérence russes dans le cadre de la campagne. Il assure qu'il faut probablement s'attendre à une ingérence du Kremlin pour certains candidats comme Marine Le Pen. Vous démentez, vous condamnez ça ?

19:41
Edwige Diaz

Oui. Alors, moi, comment dire ? Je m'oppose bien évidemment à toutes les tentatives d'ingérence étrangère. Je condamne tout ce qui pourrait tenter de déstabiliser une élection présidentielle et donc Gabriel Attal a eu raison de déposer plainte. Pour autant, ce que je regrette, c'est qu'il en fasse une instrumentalisation politique. parce que là, en fait, il est en train de dire que le Rassemblement National serait à la manœuvre. Nous, nous n'avons rien à voir avec tout cela et j'ai beaucoup moins entendu

20:07
Locuteur 4

le Gabriel Attal. Non, c'est faux. Il y a eu un double frais pour votre parti pour vous aider financièrement.

20:13
Edwige Diaz

Ce n'est pas vrai. Alors, ce n'est pas le Kremlin qui nous a aidés. Vous savez très bien, c'est une banque privée parce que tchéco-russe et parce que nous n'avions pas trouvé de financement français. Ce n'est pas parce qu'un étranger fait un prêt à la Société Générale qu'il subit une ingérence étrangère française. Vous voyez, la Société Générale ou ça peut être la Banque Populaire, enfin n'importe quelle banque. Voilà, donc vraiment, il faut arrêter de dire... C'est difficile de critiquer

20:33
Présentateur

un pays qui nous donne de l'argent.

20:34
Edwige Diaz

Mais non, mais c'est faux, mais ce n'est pas... Monsieur, pardon, vous êtes client d'une banque, vous n'êtes pas dépendant de cette banque. C'est juste que nous n'avons pas eu d'autre choix que d'aller nous faire financer par une banque étrangère parce qu'aucune banque française nous a prêté parce qu'Emmanuel Macron avait promis la Banque de la démocratie que ça n'est pas arrivé. Donc je le dis, nous sommes nous totalement libres, indépendants, nous ne dépendons d'aucun pays et je vous dis que j'aurais aimé entendre une réaction de Gabriel Attal quand le recteur de la grande mosquée de Paris qui est proche du président algérien Téboun a appelé à faire barrage au Rassemblement National.

J'aimerais aussi entendre M. Gabriel Attal sur... Vous voyez, quand vous avez la moitié de la dette française qui est possédée par des puissances étrangères, oui, là du coup, ça m'inquiète sur notre souveraineté.

21:16
Présentateur

Si vous n'avez pas le soutien russe, vous avez le soutien de l'homme le plus riche du monde.

21:18
Edwige Diaz

On n'a pas le soutien russe.

21:19
Présentateur

Non mais c'est ce que je viens de dire. Si vous dites que vous n'avez pas le soutien russe, vous avez en tout cas le soutien d'Elon Musk, l'homme le plus riche du monde qui a dit que Marine Le Pen était le dernier espoir pour la France. C'est un soutien gênant ou pas pour vous ?

21:29
Edwige Diaz

En fait, on n'y peut rien si vous voulez. On n'a pas commandité ce tweet. D'ailleurs, nous n'avons pas réagi à ce tweet. On ne va pas non plus commander les tweets des uns et des autres.

21:39
Locuteur 4

Ce n'est pas un peu gênant quand même ce soutien ?

21:40
Edwige Diaz

Non, franchement, vous savez, il y a le ministère des Affaires étrangères qui a indiqué que les fausses informations n'avaient aucun impact dans la population. Donc moi, je voudrais qu'on s'en tienne à ça et vraiment, ce qu'il faut retenir, c'est que le Rassemblement National est un parti libre, indépendant. Nous ne demandons le soutien d'aucune puissance étrangère. Nous demandons seulement le soutien des Français et nous les remercions de nous placer en tête des sondages. Et je le dis, nous serons dignes de leur confiance s'ils placent Marine Le Pen président de la République l'année prochaine.

22:08
Locuteur 4

Très rapidement, Edwige Az, est-ce qu'il faut fermer X comme le demande Marine Tondelier chez le Fille des écologistes ?

22:12
Edwige Diaz

Non, mais qu'on arrête de s'en prendre à la liberté d'expression. Il faut fermer une chaîne de télé, il faut fermer Twitter, il faut interdire les personnes de prendre la parole. Non, ça suffit. On est quand même le pays des droits de l'homme, le pays des lumières. Oui, nous sommes un pays de liberté. D'ailleurs, je vous rappelle qu'une affiche de Marine Le Pen d'il y a quelques années disait liberté, c'est liberté. Vraiment, nous, au Rassemblement National, nous sommes le parti de la liberté et c'est vraiment ce dont les Français ont besoin.

22:34
Présentateur

Merci, Edwige Az, vice-présidente du Rassemblement National et députée de Gironde d'avoir été avec nous. Merci Antoine, très bonne journée. Cette interview est à retrouver en intégralité sur notre page YouTube. L'info continue sur France Info.