Naïma Moutchou, invitée politique de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Naï Moutou. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin.
Le budget fait son retour à l'Assemblée nationale. Ça va se passer notamment demain à la à la commission des finances. Le ministre de l'économie Roland l'escur espère que la France va vite se doter d'un budget.
Est-ce que vous partagez son optimisme ? Absolument parce que nous n'avons pas d'autres choix. Le point de départ, c'est bien le parlement et les débats, vous venez de le dire, vont s'ouvrir à partir de cette semaine, probablement pendant encore une dizaine ou une quinzaine de jours dans le casre des séances en hémicycle en séance publique pour doter le pays d'un budget, nous en avons besoin puisque nous sommes sous régime de loi spéciale qui est un service minimum.
Nous avons besoin d'avancer. Je suis ministre des outremères, je peux vous dire que les outremères ont besoin urgemment d'un budget pour pouvoir déployer les projets, pour pouvoir avancer. Je pense à Mériot, à la Nouvelle-Calédonie.
Donc c'est urgent. Euh Roland Lescur a plaidé pour le retour de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises supprimées par le Sénat. Est-ce que c'est un geste suffisant pour s'acheter la clémence des socialistes ?
Mais ça fera partie du débat parlementaire, c'est certain. Il faut que ce soit euh un point de compromis. En tout cas, les discussions sont en cours, tout est sur la table.
Il n'y a pas de sujet tabou. Nous le savons bien. Nous verrons bien où ça nous mène.
Mais le point départ, ça reste effectivement la volonté de construire ce compromis avec toutes les les forces politiques qui le veulent. Euh contrairement au projet de loi sur la sécurité sociale, on sait que les socialistes, parce qu'ils le disent he ne voteront pas le budget. Donc au mieux Sébastien Lecnu peut peut obtenir une abstention en cas de 493 et en cas de de motion de censure.
Est-ce que le premise doit assumer ses responsabilités et utiliser en temps utile le 493 ? On dit qu'Emmanuel Macron le pousse plutôt à le faire. Il faut d'abord donner la chance au dialogue entre les forces politiques.
C'est le parlement qui est souverain. Donc nous verrons bien où le dialogue entre les différents partis amène. Ensuite, nous savons bien quelles sont les solutions.
Si c'est pas la voie naturelle du vote par le parlement, il a la possibilité de déclencher le 493, nous le savons bien, ou la possibilité de faire voter un budget par voie d'ordonnance, mais chaque chose en son temps. Donc tout ça n'est pas tabou. S'il faut mettre un 493, ce sera ce sera fait.
Ce qui n'est pas tabou, c'est qu'il faut absolument doter la France d'un budget le plus rapidement possible. Euh les municipales, c'est déjà dans 2 mois et demi. Avant Noël, le député LF fils Sébastien de Logu, lors d'un déplacement pour se tenir Bali Bagailloko à Saint-Denis a parlé de l'opportuné l'opportunité qu'enfin racisé dirige ces villes pour faire en sorte et je cite que le réel peuple de France reprenne le pouvoir ici.
Euh comment vous avez vécu cette cette sortie ? Est-ce que pour vous c'est clairement un appel à voter selon sa couleur de peau ? Ce que vous venez de décrire est scandaleux.
C'est scandaleux. Moi, je dénonce depuis quelques temps déjà non pas des dérapages. Ce sont pas des dérapages hein chez la France insou.
C'est dégormais une ligne politique assumée. Que fait monsieur Mélenchon ? Il a fait un calcul très cynique, hein.
Il a vu pour accéder au deuxème tour de la présidentielle, il lui manquait 300 ou 400000 voix. Il se dit qu'il y a quelque chose à faire dans les quartiers populaires et pour essayer d'amener à lui ses voix parce qu'il les considère comme étant un réservoir, pas davantage un réservoir, il joue avec le feu et il considère que les gens issu de l'immigration, des quartiers populaires, les français de confession musulmane ou de culture arabe ou musulmane sont des pions. Et donc sur la question de Gaza, sur la couleur de peau, sur l'origine, il instrumentalise ses sujets, le ressentiment, il réduit ses gens.
C'est du racisme madame. C'est purement du racisme. Sous couvert de progressisme, c'est du racisme pour quelques voix.
Voilà, monsieur Mélenchon se prend pour les tuteurs des Français issus de l'immigration ou de confession musulmane pour quelques voix. C'est scandaleux parce qu'il est en train deer la haine, la colère. Il joue sur la division de ce pays.
Moi, je viens des quartiers populaires, je sais ce que c'est et donc je ne laisserai pas faire cette instrumentalisation. Mais certains pourraient banaliser la formule et dire après tout ben c'est pas du communautarisme, c'est un appel à plus de diversité. diversité qui est promue par de nombreuses parties.
Non mais ça va rien à voir. Quand vous réduisez les gens à une couleur de peau, à une origine, bah ça s'appelle du racisme. C'est précisément du racisme.
Quand vous opposez les gens entre eux parce qu'ils viennent de tel endroit, parce que ils ne seraient pas assez blancs, mais enfin qu'est-ce qu'on est en train d'inventer ? C'est du racisme purement et simplement c'est extrêmement grave. Il y a il y a un autre député, insoumis, Carlos Martins Bilongo, hein, lors de l'émission, je vais être extrêmement précise, la librairie africaine du 23 décembre a aussi suggéré une opposition entre deux camps.
Je le cite, "On est plus nombreux et on est plus intelligent. Si on fait plus de gosses que tant pis pour eux." Le député affirme que ces phrases ont été sorties de leur contexte, mais pour vous, c'est clairement un discours discriminatoire.
Évidemment, c'est de la discrimination. D'abord, c'est un discours qu'on entend depuis un certain temps hein à la France insoumise c'est pas une occasion de Carlos Martins Bilangourg, ça vient conforter ce qu'on entend déjà depuis un certain temps. Donc c'est pas sorti de son contexte.
Ça n'est pas vrai. La France insoumise assume. Elle assume de dire il y a un réservoir de voix dans les quartiers populaires, jouons avec le ressentiment de ces gens et donc appuyons effectivement là où ça fait mal.
C'est scandaleux ce qui est en train de se passer et nous ne devons pas laisser faire. vous avez pas laissé faire. D'ailleurs, vous avez réagi sur les réseaux sociaux et vous avez subi une vague de haine intense.
Je vais même pas citer les messages que j'ai lu qui sont effectivement totalement indignes. Vous l'avez ressenti comment ? Comme un moyen de vous faire terre ?
Absolument. Absolument. C'est la méthode très classique hein de ceux qui attisent la haine, de ceux qui créent ce climat.
Des conditions effectivement pour que vous subissiez du cyberharcèlement. Vous dénoncez, vous pointez du doigt des responsabilités. On devrait être dans le débat démocratique.
Moi, j'attends que la France insoumise m'oppose des arguments. Non, en retour de la haine des insultes à caractère raciste. Alors, ça a été arabe de service à l'arabe retourne dans ton pays et cetera.
Enfin bon, que sais-je ? Voilà. Voilà ce qu'est le niveau de débat pour ces gens.
Et un dernier mot là-dessus, vous craignez que ce ce ces questionslà, ce vote communautaire soit au cœur de la campagne des municipales ? Je le crains puisque c'est l'atmosphère dans laquelle on est en train de s'inscrire. On est au début de la campagne commence effectivement les candidats commencent à dérouler leur programme et donc on sent bien effectivement que on est entré dans cette atmosphère, dans cette dans cette haine et qu'on est on va vouloir opposer les uns aux autres sur cette base.
C'est c'est évidemment quelque chose que je combat d'où je viens et compte tenu du parcours qui mien, je viens des quartiers populaires, je suis aussi issu l'immigration. Je dis je ne laisserai pas faire. Voilà, moi j'ai un devoir moral de parler de ce sujet et d'essayer de protéger le pays.
Je veux donner à ces gens à aimer la France. Pas l'inverse. Pas l'inverse.
Vous êtes, je l'ai dit, ministre de de l'outre des outres Mè. Emmanuel Macron a convié tous les élus de Nouvelle-Calédonie le 16 janvier pour relancer le dialogue politique sur l'avenir institutionnel du territoire. Il s'agit de clarifier la mise en œuvre de l'accord de Bougival avec à la clé un référendum local en février 2026.
On a quand même le sentiment en ce moment qu'il y a une forme d'impasse entre les proindépendances et les loyalistes. Vous connaissez l'histoire de la nouvelle Calédonie, elle est elle est fragile. L'avenir institutionnel de ce territoire est un sujet éminemment complexe qui s'inscrit dans le temps.
Euh mais il y a une donnée constante, c'est que nous devons toujours poursuivre le fil du dialogue. Ce qui est important, c'est que les forces politiques, même quand elles ne s'entendent pas, puissent continuer à se parler pour essayer de tracer ce chemin. C'est l'intérêt des Caloniens.
Et donc nous mettons tout ce que nous pouvons, j'ai envie de dire sur la table pour que les forces politiques puissent continuer à discuter pour essayer de dégager un consensus autour de cet accord de Bougival qui est un socle important. C'est un accord important. Ce qu'il permet aujourd'hui, ce qu'il ouvre comme possibilité pour la nouvelle qu'elle est pas à balayer d'un revers de main.
Sauf que les indépendanciistes contestent un peu le calendrier imposé par Paris et dénoncent ce qu'ils perçoivent comme un passage en force ou une négation du droit à l'autodétermination. Est-ce que vous redoutez de nouvelles tensions ? Non, parce que d'abord la porte est ouverte aux indépendantistes pour qu'ils puissent venir s'exprimer.
Le président de la République et reçoit le 16 janvier. Ils pourront dire au président de la République ce qu'ils considèrent comme n'étant pas euh suffisamment solide dans le cadre de l'accord de Bougival. Mais tout tous les sujets peuvent être abordés sans tabou.
Encore une fois, l'accord de Bougival est un socle de travail. s'il y a besoin d'éclairer, s'il y a besoin euh de compléter, regardons les choses. Mais il faut commencer déjà par venir à la table des discussions pour ça.
Et donc je le dis, je le redis, la porte reste ouverte pour que nous puissions sur la base de cet accord qui est un accord important pour le territoire ouvrir des perspectives au Calédoniens. Vous revenez aussi d'un déplacement à Mayotte 1 an après. Comment se porte l'archipel ?
La situation à Mayotte effectivement dont je reviens reste difficile. La situation est difficile pour les maores et les maoris. un an après l'y clonchido qui a été particulièrement dévastateur.
Donc j'ai moi j'ai vu les stigmates et j'ai vu encore les difficultés et le chemin qui reste à parcourir mais j'ai vu aussi le territoire commencer à se redresser et donc on a une responsabilité majeure majeure au sein du gouvernement pour continuer à suivre la situation de près pour mettre les financements évidemment qu'il faut pour reconstruire le territoire. C'est pour ça que le vote d'un budget il est important. les 4 milliards d'euros pour la reconstruction et la refondation, nous n'avons pas le temps d'attendre pour Mayotte, pour reconstruire les écoles, les infrastructures pour l'accès à l'eau.
Donc il y a encore du travail mais ça avance et je prends l'engagement d'être au rendez-vous dans les prochaines semaines pour suivre cela de près et pour que tout ça se concrétise.
Naïma Moutchou