La réponse de l’arrière-petit-fils de Léon Blum à Macron et aux anti Front Populaire
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Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Bonjour M. Malamoud, merci d'être avec nous aujourd'hui.
- 0:16OuverteRéponse directe
Vous êtes l'arrière-petit-fils de Léon Blum, figure du socialisme français qui a pris la tête du Front populaire de 1936.
- 0:24OuverteRéponse directe
Une histoire qui fait écho à la création du nouveau Front populaire aujourd'hui, qui rassemble les gauches contre l'éventualité d'une prise du pouvoir par l'extrême droite.
- 0:34OuverteRéponse directe
Et la figure de votre arrière-grand-père est en ce moment récupérée, notamment par les détracteurs de ce nouveau Front populaire, et Emmanuel Macron en tête.
- 1:48OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en pensez de cette prise de parole ?
- 3:22RelanceRéponse directe
Macron parle quand même dans l'extrait que nous venons d'entendre de LFI qui assumerait très clairement de ne pas condamner l'antisémitisme.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:22InvitéFait
« Léon Blum, en pensant qu'on a appelé Front populaire une alliance électorale qui permettra de donner 300 circonscriptions à LFI. »
- 3:35PrésentateurFait
« Macron parle quand même dans l'extrait que nous venons d'entendre de LFI qui assumerait très clairement de ne pas condamner l'antisémitisme. »
- 4:15Invité politiqueFait
« Léon Blum a toujours combattu l'antisémitisme. Non seulement il a combattu l'antisémitisme, mais les antisémites ont combattu Léon Blum. »
- 4:25Invité politiqueFait
« Savoir ce qu'est... Un seul mot. Dans le passé récent, qui a été condamné pour antisémitisme ? Quel parti ? Quel dirigeant ? La droite ou la gauche ? L'extrême droite ou la gauche ? »
- 6:06Invité politiquePromesse
« Et je crois d'ailleurs que ça figure noir sur blanc dans le programme du Nouveau Front Populaire qui vient d'être publié ce matin. »
- 7:17Invité politiqueFait
« Le Front Populaire de 1936, c'est la traduction électorale, puis gouvernementale d'une alliance qui s'est nouée deux ans auparavant sous le nom de Rassemblement Populaire et d'une alliance qui s'est nouée au lendemain des émeutes fascistes et royalistes du 6 février 1934. »
- 8:30InvitéFait
« « Citoyens, la preuve est faite ! La preuve soulevée tout entière ! Paris rassemblée dans cette manifestation signifie aux hommes du fascisme et du royalisme qu'ils ne passeraient pas ! La réaction ne passera pas ! » »
- 12:17PrésentateurFait
« Pourquoi est-ce que Léon Blum aujourd'hui est toujours présent dans la mémoire des Français et plus largement ? »
- 15:37Invité politiqueFait
« À l'échelle humaine et qu'on a souvent présenté comme un éloignement du marxisme, un éloignement du socialisme militant mais qui en fait quand on le regarde de près est un texte qui fait une analyse féroce des responsabilités de la bourgeoisie en tant que classe sociale dans l'effondrement de Vichy. »
- 18:47Invité politiqueFait
« Le grand mot d'ordre du Front Populaire c'était pour le pain, la paix et les libertés. »
- 19:14Invité politiqueFait
« On est aujourd'hui dans une situation où les inégalités sont extrêmement importantes et les mesures à prendre sont de celles qui permettraient de lutter contre ces inégalités. »
- 19:37Invité politiqueFait
« La paix aujourd'hui c'est des questions qui en Europe sont à nos portes, c'est la guerre en Ukraine, c'est plus généralement des conflits importants qui menacent la stabilité du monde. »
Temps de parole
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Bonjour à toutes et à tous et merci d'être avec nous pour ce nouvel entretien d'actualité. Aujourd'hui nous avons l'immense plaisir de recevoir Antoine Malamoud, l'arrière-petit-fils de Léon Blum. Bonjour M. Malamoud, merci d'être avec nous aujourd'hui. Vous êtes l'arrière-petit-fils de Léon Blum, figure du socialisme français qui a pris la tête du Front populaire de 1936. Une histoire qui fait écho à la création du nouveau Front populaire aujourd'hui, qui rassemble les gauches contre l'éventualité d'une prise du pouvoir par l'extrême droite.
Et la figure de votre arrière-grand-père est en ce moment récupérée, notamment par les détracteurs de ce nouveau Front populaire, et Emmanuel Macron en tête. On l'écoute.
Moi je connais des députés socialistes, sociodémocrates qui se sont exprimés. Je vois M. Gage ou d'autres. Ils n'ont rien à faire avec LFI. Ils n'ont rien à faire avec LFI. Je me mets à leur place. Et donc c'est la même dialogue qui doit être engagée avec peut-être des gens du Parti communiste, des Verts du Parti socialiste, qui ne peuvent pas se retrouver dans cette alliance qui n'est même pas baroque, qui est indécente. Et je le dis parce que moi j'ai eu une pensée ces 24 dernières heures pour Léon Blum.
Parce que s'il y en a un qui doit se retourner dans sa tombe aujourd'hui, c'est Léon Blum, en pensant qu'on a appelé Front populaire une alliance électorale qui permettra de donner 300 circonscriptions à LFI. Et donc il y a des gens qui ont assumé, assumé très clairement, de ne pas condamner l'antisémitisme. Ce n'est pas ça le Front populaire. Ça a un sens dans notre histoire. Ça a un rôle, ça a une dignité. Ce n'est pas ça. Qu'est-ce que vous en pensez de cette prise de parole ?
Eh bien, vous parlez de la figure de Léon Blum, de mon arrière-grand-père, qui est mise en avant aujourd'hui. Je pense que ce n'est pas tout à fait par hasard que cette figure est mise en avant et que la figure de Léon Blum, qui était un peu oubliée dans les années passées, a été remise en avant, apportée à la connaissance des Français, notamment par un podcast qui a eu un énorme succès, le podcast de Philippe Collin qui s'appelle Léon Blum, une vie héroïque, et qui a montré aux Français toutes les facettes multiples, et pas seulement politiques, de la vie de mon arrière-grand-père. C'est donc un personnage qui, finalement, a repris une place dans l'imaginaire et dans le débat public.
Qu'il soit évoqué aujourd'hui à propos de la naissance du nouveau Front populaire ne m'étonne pas. Et qu'on essaye, Emmanuel Macron et d'autres, de se servir ou de faire dire à cette mémoire des mots qui lui prêtent, qui lui mettent dans la bouche, n'est pas très étonnant. C'est dans le débat et dans le combat politique. Après, il faut voir la signification de tout ça. Et c'est donner à Léon Blum une place extrêmement simplifiée, extrêmement réductrice, et une vision, je le répète, je répète ce mot, extrêmement réductrice de sa pensée politique.
— Macron parle quand même dans l'extrait que nous venons d'entendre de LFI qui assumerait très clairement de ne pas condamner l'antisémitisme.
— Alors Léon Blum a toujours combattu l'antisémitisme. Non seulement il a combattu l'antisémitisme, mais les antisémites ont combattu Léon Blum. Et de la plus ordurière des façons, aussi bien dans une Assemblée nationale, une Chambre des députés qui était beaucoup moins apaisée qu'elle ne l'a été aujourd'hui, où les débats étaient d'une violence absolument extrême, dans les caricatures ordurières, dans les agressions, y compris physiques, contre lui. C'est sans doute ce qui autoriserait les uns ou les autres à dire qu'il se retournerait dans sa tombe, si, etc., etc. Bon. Savoir ce qu'est... Un seul mot. Dans le passé récent, qui a été condamné pour antisémitisme ? Quel parti ?
Quel dirigeant ? La droite ou la gauche ? L'extrême droite ou la gauche ? Qui a été condamné, dans un passé récent, pour négationnisme, révisionnisme, etc. Ce sont des sites dont on connaît les initiateurs et les propagandistes. Quels sont les organes de presse et les librairies qui publient, soit sous version papier, soit sous une version internet, les pamphlets, les plus orduriers, les textes de cette période, la droite ou la gauche ? Non. Il faut être sérieux. L'antisémitisme n'est pas au cœur de la pensée d'aucune force politique de gauche aujourd'hui.
Maintenant, la lutte contre l'antisémitisme, qui était constitutive de la pensée de la génération des gens qui sont nés juste après guerre, dans les années qui ont suivi la guerre, c'est-à-dire ma génération, elle s'est diluée avec le temps. L'histoire de la Shoah s'est éloignée, les témoins ont disparu. Et cette persistance, cette permanence de la nécessité de la lutte contre l'antisémitisme, elle s'est également diluée, y compris au sein des organisations politiques, sociales, syndicales, associatives, qui composent aujourd'hui les forces de gauche.
Et la nécessité absolue de remettre ça à l'ordre du jour, de donner les moyens d'analyse et de formation de ce phénomène qu'est l'antisémitisme, et des moyens d'analyse et de formation sur la lutte nécessaire, elle est indispensable aujourd'hui. Et je crois d'ailleurs que ça figure noir sur blanc dans le programme du Nouveau Front Populaire qui vient d'être publié ce matin.
Alors vous avez aussi écrit une note de blog sur Mediapart en réaction, notamment à la prise de position de Bernard Cazeneuve, ancien ministre socialiste, qui parle d'une trahison de l'héritage de Blum. Pourquoi est-ce que vous avez décidé de prendre la plume et de venir vous exprimer aujourd'hui ?
Eh bien, merci de cette invitation. Tout d'abord, là aussi, c'est prêté à Blum, à mon arrière-grand-père, des mots ou une analyse qui ne peut pas être faite dans la mesure où les situations sont différentes. Néanmoins, qu'est-ce que le Front Populaire de 1936 ? Le Front Populaire de 1936, c'est la traduction électorale, puis gouvernementale d'une alliance qui s'est nouée deux ans auparavant sous le nom de Rassemblement Populaire et d'une alliance qui s'est nouée au lendemain des émeutes fascistes et royalistes du 6 février 1934 qui avaient pour but, très clairement, de mettre à bas la République. Sur la place de la Concorde. Sur la place de la Concorde.
Il y a eu des affrontements, des morts, etc. Il faut se souvenir qu'en 1934, la République, sous sa forme, la forme qu'elle avait à ce moment-là, la Troisième République, elle datait de 61 ans. Simplement. C'est-à-dire qu'elle était toute jeune. On n'imagine pas que la bataille contre la République, contre cette forme républicaine de gouvernement, avait encore du sens à ce moment-là. Il ne faut pas l'oublier. Donc cette unité, elle se fait pour la défense de la République et elle se fait très rapidement.
Elle se fait le 12 février 1934 quand deux manifestations concurrentes des socialistes et des communistes qui rassemblent des centaines de milliers de personnes se retrouvent place de la nation et où tout le monde craint un affrontement entre ces deux forces qui n'arrêtaient pas de polémiquer, d'avoir des critiques extrêmement sévères l'une contre l'autre, d'être en concurrence directe dans l'organisation de la classe ouvrière. Et au contraire, c'est un sentiment d'unité tellement puissant qui apparaît ce jour-là que les deux cortèges se mêlent et que Léon Blum fait une déclaration exaltant l'unité populaire.
D'ailleurs, c'est l'une des valeurs politiques défendues par Léon Blum, l'unité, dans un discours dont vous venez de parler en février 1934, l'allocation de cette grande manifestation qui réunifie communistes et socialistes. On va l'écouter tout de suite.
« Citoyens, la preuve est faite ! La preuve soulevée tout entière ! Paris rassemblée dans cette manifestation signifie aux hommes du fascisme et du royalisme qu'ils ne passeraient pas ! La réaction ne passera pas ! Vive la République des travailleurs ! L'unité prolétarienne sans laquelle aucune victoire n'est possible ! Vive le peuple ouvrier de Paris ! »
Cette grande valeur d'unité, c'est une valeur politique, mais Léon Blum avait aussi de grandes valeurs morales. Quelles étaient les valeurs morales de votre arrière-grand-père ?
Je vais vous répondre, mais je veux juste dire un dernier mot. Comme aujourd'hui, l'unité du Rassemblement populaire se fait entre des forces politiques qui sont divergentes, qui vont de l'extrême-gauche, que ce soit le Parti communiste ou certaines fractions d'extrême-gauche du Parti socialiste, à, au centre-gauche extrêmement modéré, la gauche radicale, etc., mais aussi des forces syndicales, la CGT et la CGTU, qui était la scission communiste de la CGT, des forces démocratiques comme la Ligue des droits de l'homme, des comités intellectuels comme le comité de vigilance des intellectuels antifascistes, etc., etc.
Et ce fait en dépassant les divergences, en expliquant que l'urgence de la situation est telle que les divergences doivent être dépassées et que ce qui compte, ce n'est pas l'unité pour l'unité, ce n'est pas l'unité organique, la fusion, etc. Et Léon Blum l'explique dans une série d'articles du Populaire, qui était le journal Le Quotidien de son parti, l'ASFIO, en 1934, explique que ce qui compte aujourd'hui, ce sont les conditions pour l'unité d'action. L'unité d'action. Et ça peut désorienter un certain nombre de ses camarades.
Il parle de désorientement, c'est le mot qu'il emploie à l'époque, en disant, oui, mais nous avons aujourd'hui quelque chose qui transcende nos divergences, qui est le danger du fascisme ou le danger de la remise en cause de la République. C'est ce que Bernard Cazeneuve faite de ne pas comprendre, ou ne comprend pas, ou détourne, je ne sais pas. J'ai beaucoup de respect pour Bernard Cazeneuve, comme pour tous les autres hommes politiques. Je ne le connais pas personnellement. Ce ne sont sûrement pas des attaques à dominem.
Mais aujourd'hui, toute chose égale par ailleurs, toute proportion gardée, le risque, le danger que représente la possible accession au pouvoir du Rassemblement national et des idées d'extrême droite impose avec la même urgence et la même importance de faire l'unité des forces de gauche et qui également dépasse largement le cadre, le strict cadre des quatre partis politiques qui ont signé cet accord de nouveau populaire ce matin.
C'est une question de balance.
C'est une question de balance. Alors, sur les valeurs morales de Léon Blum, pourquoi est-ce que Léon Blum aujourd'hui est toujours présent dans la mémoire des Français et plus largement ? C'est parce que je pense qu'il représente une sorte de leader politique qui met en avant personnellement un certain nombre de valeurs morales qui sont la probité à aucun moment jamais personne malgré des campagnes mensongères ou quoi que ce soit n'a pu mettre en avant le moindre soupçon de corruption de détournement d'enrichissement personnel Il a fait l'objet d'une campagne très virulente
par Vichy par le gouvernement de Vichy par Pétard
Je veux dire on parlait de vaisselle en or etc.
Léon Blum n'a jamais été propriétaire de la moindre maison ou du moindre appartement il a toujours été locataire par exemple la probité qui était une valeur cardinale la véracité c'est à dire pour lui ce qui était important dans les discours politiques dans les articles qu'il faisait dans les batailles qu'il menait dans son propre parti vis-à-vis des électeurs et des autres partis politiques de dire ce qu'il pensait être juste ce qu'il pensait être la vérité sans biaiser sur qu'est-ce qu'il vaudrait mieux dire aujourd'hui pour être compréhensible c'est la véracité le fond de la pensée mise en avant et les explications nécessaires pour qu'elle soit bien comprise une autre valeur que j'ai souvent l'habitude de mettre en avant c'est le courage le courage physique le courage d'aller à l'affrontement le courage d'aller au milieu des foules
le courage d'assumer d'être minoritaire
le courage d'assumer d'être minoritaire mais y compris le courage physique et de se faire attaquer physiquement et quasiment il avait été très gravement blessé par l'action française lynché par une foule d'actions françaises en 1936 peu avant les élections du Fonds populaire donc le courage le courage physique et le courage politique le courage humain le courage politique et la dernière valeur que que je ne citais pas tant ces dernières années parce que ça va pas mais c'est pas grave le courage la dernière valeur que je ne citais pas tant ces dernières années parce que finalement elle n'était pas tellement mise en avant dans les biographies et dans les textes qui étaient publiés c'est la radicalité non pas la radicalité en termes de de position radicale de ultra gauche etc.
etc. mais le fait que la radicalité c'est d'aller à la racine des choses et d'avoir une position politique qui malgré les aménagements tactiques qu'on est forcé de faire en fonction du rapport de force politique entre les forces politiques de la réalité internationale de la crise économique etc. on va vers un but qui est un but qui est défini dans un certain nombre de textes de références de la pensée de Léon Blum qui sont par exemple la brochure qu'il écrit pour la jeunesse en 1919 qui s'appelle pour être socialiste et qui est l'émancipation
très en avance sur son temps très en avance sur son temps oui
la question de l'émancipation très en avance
sur la place des femmes
voilà et un autre texte qui clôture d'une certaine manière sa carrière politique qui s'appelle à l'échelle humaine et qu'on a souvent présenté comme un éloignement du marxisme un éloignement du socialisme militant mais qui en fait quand on le regarde de près est un texte qui fait une analyse féroce des responsabilités de la bourgeoisie en tant que classe sociale dans l'effondrement de Vichy et qui dit qu'aujourd'hui à l'époque donc aujourd'hui en 1944-45 l'heure est à la classe ouvrière de prendre ses responsabilités en tant que telles pour reconstruire le pays
c'est dans cela
que je parle de radicalité
mais est-ce qu'aujourd'hui alors certains vous attaquent on ne dira pas qui mais certains vous attaquent sur votre légitimité en tant que descendant qu'est-ce que vous pouvez dire sur le fait que vous soyez l'arrière-petit-fils
je suis l'arrière-petit-fils de Léon Blum c'est un fait un fait qui ne me donne aucune légitimité particulière à parler de son action et de son de son oeuvre et de ce qu'il pourrait éventuellement penser de la réalité d'aujourd'hui néanmoins en tant qu'arrière-petit-fils de Léon Blum depuis de très très nombreuses années j'étudie ses textes j'étudie son histoire j'ai participé à de nombreuses manifestations et écriture de préface de livres de colloques etc à ce sujet et c'est une tradition dans ma famille depuis sa disparition son fils mon grand-père sa petite-fille ma mère et moi-même on est systématiquement associés partie prenante de la société des amis de Léon Blum des associations qui défendent sa mémoire etc c'est une tâche de l'héritage familial que nous portons fièrement et que nous portons avec en nous donnant tous les moyens de recherche historique de collaboration de réflexion pour l'amener à bien et d'une autre sur un autre plan je suis également un citoyen engagé qui comme n'importe quel citoyen en France a des idées politiques et peut les défendre publiquement par exemple dans les colonnes de Mediapart c'est à ce double titre que j'ai pris la plume pour écrire ce texte auquel vous faites référence
alors pour revenir un peu à l'histoire l'objectif du Front Populaire c'était l'occupation du pouvoir pour entraver la dynamique de fascisation de la société avec un programme anti-crise dit-on pour retenir les classes qui seraient attirées par le fascisme à ce titre il y a beaucoup de propositions et de choses qui sont faites les congés payés la semaine de 40 heures l'augmentation des salaires etc est-ce que vous pensez qu'il y a un lien est-ce qu'on peut faire une comparaison avec le nouveau Front Populaire aujourd'hui ou est-ce qu'il n'y a pas quelque chose un peu d'anachronique à vouloir toujours rapporter au passé des éléments du présent
les forces de gauche toujours que ce soit aujourd'hui ou en 1936 ont mis en avant des programmes finalement le grand mot d'ordre du Front Populaire c'était pour le pain la paix et les libertés c'est-à-dire des revendications sociales le pain des revendications de niveau de vie de salaire etc elles ne se posent pas de la même manière aujourd'hui il ne s'agit pas de lutter contre la misère absolue qui frappait la classe ouvrière et les populations les plus pauvres de France et d'ailleurs au sortir de la crise de 1929 mais tout de même on est aujourd'hui dans une situation où les inégalités sont extrêmement importantes et les mesures à prendre sont de celles qui permettraient de lutter contre ces inégalités pour la paix la paix on était dans une situation extrêmement tendue avec l'arrivée au pouvoir des fascistes en Italie des nazis en Allemagne aux prémices de la guerre d'Espagne et dans une situation qui allait amener à la deuxième guerre mondiale la paix aujourd'hui c'est des questions qui en Europe sont à nos portes c'est la guerre en Ukraine c'est plus généralement des conflits importants qui menacent la stabilité du monde et en particulier celui du Moyen-Orient et la liberté bon la crise démocratique existe et l'arrivée au pouvoir éventuel d'un gouvernement d'extrême droite menace les libertés et les libertés de tous les droits des femmes les droits des personnes LGBT les droits des minorités et les droits les capacités d'expression politique syndicale sociale etc donc il n'y a pas d'anachronisme dans ce sens là en revanche on n'est pas dans la même période ce qui est intéressant c'est tout de même c'est de dire que reste-t-il du fond populaire si vous demandez à des gens dans la rue qu'est-ce que c'est que le fond populaire qu'est-ce qu'ils vous répondront les congés payés les 40 heures s'ils ont un petit peu de un petit peu de de connaissance historique les connaissances historiques etc les 40 heures les grèves de 36 la joie de vivre le fond populaire et un élément mythologique pour la gauche un élément sur lequel l'imaginaire de toutes les composantes du peuple se construit et s'est reconstruit et se construit toujours je veux dire on chante encore non stop ça on coupe un élément mythologique pour le peuple de gauche un élément qui représente la victoire l'unité la joie et qui aussi est finalement est la base sur laquelle notamment le conseil national de la résistance à la libération a construit les principales réformes qui ont servi de socle social à notre société jusqu'à ces dernières années donc anachronisme oui persistance oui
parce que Léon Blum c'est un peu une figure comme De Gaulle qu'on vient faire ressurgir ou qu'on vient essayer de faire parler aujourd'hui c'est en ça un peu l'anachronisme en réalité
oui mais c'est aussi une figure qui est permanente quand on regarde quand on regarde principalement du côté des socialistes on a depuis depuis sa disparition des images obligées des discours obligés dans les congrès socialistes on dit une autre partie l'héritier de Jaurès Blum puis ensuite l'héritier de Jaurès Blum Mitterrand c'est tout de même une figure qu'on associe à travers le passage des années à l'histoire du mouvement social du mouvement ouvrier et en l'occurrence du mouvement socialiste en France
merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation je vous en prie c'était un plaisir merci d'avoir été avec nous pour cet entretien d'actualité avec Antoine Malamoud le rire petit-fils de Léon Blum on se retrouve très prochainement pour un nouvel entretien d'actualité très bonne fin de journée à vous
merci