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interviewLCP (sur YouTube)· 16 novembre 2025 13 min

Corentin Le Fur, député "Droite Républicaine" des Côtes-d'Armor | La politique et moi

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Comment se faire un nom quand on succède à son propre père à l'Assemblée ? C'est tout le défi de mon invité qui a pris le relais d'un député élu à six reprises. Il siège comme son père au sein du groupe de la droite républicaine.

Générique --- --- Bonjour Corentin Le Fur. -Bonjour. -Quelques jours après la dissolution de 2024, votre père a pris la parole sur Facebook en écrivant ces quelques lignes. "Les amis, j'ai un message pour vous." La suite est dans cette vidéo qu'on va voir. *-Je ne vais pas pouvoir me présenter à ces élections législatives qui approchent. *J'ai identifié un candidat. *Le candidat, beaucoup d'entre vous le connaissent. *Il s'agit de Corentin Le Fur, mon fils. *Je crois qu'il est intellectuellement préparé à cette tâche. *Je crois qu'il est apte à mener le combat difficile que nous allons connaître et je crois surtout qu'il est apte à se consacrer à plein temps et totalement à cette circonscription en tant que député. -D'abord, un mot sur votre père, qui a donc été député, je crois, pendant plus de 26 ans.

Il a renoncé à se présenter pour se soigner. Comment va-t-il ? -C'est émouvant de voir ces images, parce qu'il a traversé une période compliquée.

Ca continue, mais ça va mieux. On est beaucoup moins inquiet qu'il y a quelques mois. C'est quelqu'un qui est passionné, qui a exercé ses mandats avec beaucoup de passion. -Beaucoup de présence dans l'hémicycle, c'était sa réputation. -Et aussi sur le terrain, une proximité, une accessibilité qui lui tenait à coeur.

Mais ça va mieux. En tout cas, il continue à se battre. C'est un honneur et une fierté aussi de lui succéder. -Cette vidéo a surpris beaucoup de monde.

Une de vos adversaires a même parlé de "dynastie Le Fur". Ca donne un peu l'impression qu'il est en train de vous transmettre son mandat. Ca ne se transmet pas.

Vous comprenez qu'il y a peut-être un côté un peu gênant dans cette vidéo ? -Déjà, j'ai été élu. -Oui, vous avez la légitimité du suffrage universel. -Les Bretons ont pu trancher, ont pu voter et je les en remercie.

C'est une grande fierté et je les remercie de leur confiance. Ils m'ont élu. Ca montre aussi que j'avais un ancrage et que je ne sortais pas de nulle part.

Et c'est une fierté de les représenter au mieux désormais, comme députés. -Mais le principe, là, de dévoiler comme ça "le candidat Le Fur" qui succède au député Le Fur, c'est... -La difficulté, en plus, c'est la dissolution qui a précipité les choses. -Il y a pas eu le temps de préparer... -Les soucis de santé...

On a tous été surpris, du jour au lendemain, même pour moi, familialement, il fallait se lancer. Je ne regrette pas du tout, mais ça a été une période assez folle à vivre et pas évidente parce qu'il a fallu en quelques jours se décider et se lancer pleinement dans une campagne et activité politique qui prend 100 % de son temps. -Je crois que vous aviez à peine 3 ans quand votre père a été élu député pour la première fois.

En général, ça ne suscite pas des vocations politiques chez les enfants parce qu'ils souffrent de l'absence de leurs parents engagés sur le terrain ou à Paris. Vous n'en avez pas souffert, vous ? -C'est sûr que par rapport aux autres enfants, j'ai eu un père beaucoup plus absent, même si la famille était très importante pour lui et qu'il essayait d'y consacrer un maximum de son temps.

Il était très présent à l'Assemblée, sur le terrain, donc un peu moins pour sa famille. Ca n'a pas été facile à vivre. Nous, on est cinq enfants.

Mes quatre frères et soeurs, eux, ont choisi des voies complètement différentes, ont pas du tout accrochés. Et en revanche, moi, j'ai toujours aimé ça. Voir autant de monde à la maison, un père qui rencontrait du monde, qui aimait les gens, allait sur le terrain, participait aux manifestations locales, moi, ça m'a toujours passionné.

Et j'ai baigné dedans. Ca m'a donné ce goût aussi que j'essaye de prendre à mon compte. -Je disais, votre père a été élu à six reprises à l'Assemblée.

Forcément, tout le monde le connaît dans votre circonscription. J'imagine que vous êtes jugé par rapport à lui. C'est pas un peu lourd comme héritage à porter au quotidien ? -Bien sûr, mais fils de député, j'ai été jugé toute ma vie, toute ma jeunesse.

Les exigences sont très fortes. Il a mis la barre haut, il était très apprécié, très présent. Evidemment que la comparaison, c'est l'histoire de ma vie. -Vous arrivez à exister en tant que Corentin Le Fur ? -Il faut me laisser du temps.

Depuis un an, j'essaie aussi de marquer ma marque, d'avoir mon fonctionnement à moi. Je ne renie pas du tout ce qu'il a fait, mais forcément, je suis différent aussi de lui. On n'a pas la même génération.

Et donc, je pense que je commence à me faire un prénom et que les gens vont aussi apprendre à nous distinguer, même si, évidemment, il a une notoriété actuellement qui est beaucoup plus forte que moi. -Une chose vous distingue de votre père : vos études. Lui, il a fait l'ENA, vous, vous avez fait HEC et le CFJ, le Centre de Formation des Journalistes, comme moi.

On est diplômés de la même école. Vous avez même fait quelques piges en tant que journaliste, à Eurosport, je crois. C'est le journalisme qui vous attirait ou votre passion pour le sport ? -Alors, un peu les deux.

J'ai profité à HEC de cette première année du double diplôme avec le CFJ et j'ai adoré l'expérience. Le journalisme, j'avais un peu hésité avec le commerce, ça m'a toujours intéressé et plu. Et en plus, je suis un passionné absolu de sport.

Donc, évidemment, ensuite, c'est le journalisme sortif qui m'a attiré le plus. Ca a été vraiment une expérience fabuleuse et je ne regrette pas d'avoir fait le CFJ. -Quand on regarde vos réseaux sociaux, on comprend effectivement que le sport tient une grande place dans votre vie.

Tous les week-ends ou presque, vous allez sur le terrain et dès qu'il y a une course dans votre circonscription, vous enfilez le short et vous y allez. Votre distance de prédilection en course à pied ? -J'ai peu le temps de m'entraîner, donc je fais en général maximum 10 ou 12 kilomètres maximum. -Et votre meilleur temps sur 10 kilomètres ? -J'essaye de faire du 3.30 au kilomètre. -C'est énorme, c'est excellent. -Mais parfois il y a du dénivelé, on a une très belle région où ça monte et ça descend.

Mais c'est à la fois génial, parce qu'on se vide la tête, on garde un peu la forme dans notre activité. -Et c'est une façon d'être sur le terrain pour vous ? -Oui, et de voir les gens, quand on est en chaussures de foot, parce que je fais du foot, ou en basket, on est plus accessible, les gens nous parlent, et ça nous permet de voir du monde, et puis j'ai la chance d'avoir une super belle circonscription, un territoire avec plein d'événements sportifs et autres, et ça me permet d'y participer et d'être un peu acteur modestement. -Dans votre vie, il y a aussi le foot, je suis tombé sur une petite vidéo de vous en train de jongler avec le ballon.

Ca va, vous vous débrouillez ? On voit les images, là. -C'était un match de charité au Parc des Princes.

Ah oui, alors le foot, j'en ai fait beaucoup. -Vous continuez ? -Beaucoup moins.

Le Saint-Brandan-Quintin Football Club, c'est ça ? -Le SBQ FC. Très, très joli club dont je fais partie. -Vous jouez encore de temps en temps le week-end ? -Je joue un petit peu encore, mais beaucoup moins. -Ca doit faire bizarre à vos coéquipiers ou adversaires contre un député. -Ils sont parfois surpris, interloqués de voir le député en crampons.

Mais c'est aussi sympa. Et puis, c'est un moment...

Le sport collectif apporte ça. Et c'est génial à vivre. Et ce qui va me coûter, c'est d'en faire de moins en moins. -En tant que député, vous êtes déjà monté au créneau à plusieurs reprises sur des sujets liés au sport.

Notamment, on vous a vu critiquer le nouveau calendrier de la Ligue 2. Est-ce que c'est vraiment le rôle d'un député d'intervenir sur ce genre de sujet ? -Evidemment.

J'interviens sur plein d'autres sujets. Ce n'est pas le seul sujet. Mais moi, je crois beaucoup au foot populaire.

Et on a le chance d'avoir Guingamp, dont je suis supporter. Beaucoup de ma circonscription sont abonnés au Guingamp. Et choisir unilatéralement de mettre une horaire de match qui ne permet pas aux familles d'aller au stade, ce n'est pas acceptable. -Tout ça pour des droits télé et d'argent ? -En plus un droit télé qui baisse.

Avoir un diffuseur qui donne aussi peu et qui a des prétentions d'horaires qui nuisent à la visibilité du sport populaire. Et si les stades se vident, c'est aussi le foot populaire qui risque d'en prendre un coup. C'était important pour moi de monter au créneau.

Et on a quand même obtenu une concession pour avoir plus de matchs le samedi à des horaires acceptables pour les supporters. -Vos combats politiques ne se limitent pas au sport. Vous avez repris deux combats chers à votre père.

Le combat pour la reconnaissance des langues régionales et plus généralement des identités régionales. On peut défendre la langue et l'identité bretonne sans affaiblir l'identité française ? -Bien sûr !

Cette idée de croire que parce qu'on défend le Breton, l'identité régionale, on ne serait pas attaché à son pays, elle est totalement fausse. Au contraire, c'est parce qu'on sait d'où on vient, parce qu'on a une identité régionale forte, qu'elle s'inscrit dans une logique plus globale. Moi, je suis très attaché au Breton et au gallo.

On a deux langues fortes et à l'identité bretonne. Je travaille avec mes collègues députés corses, alsaciens... -Et même Breton, sur ce combat que vous partagez avec lui.

Lui, Paul Molac se définit comme un citoyen français de nationalité bretonne. Vous aussi ? -Moi, je me définis comme un citoyen breton et français.

Je ne remets pas du tout en cause chacune des entités. Je suis député français, mais je suis élu en Bretagne et profondément attaché à ma région de la Bretagne. -L'autre combat, cher à votre père et que vous avez repris, c'est ce que vous appelez la lutte contre l'agribashing.

Vous souhaitez qu'on ne puisse plus défiscaliser les dons qui sont faits à une association qui a été condamnée pour intrusion dans une propriété privée ou pour diffusion d'images sans consentement. Clairement, l'association que vous ciblez, c'est L-214. C'est une association qui dénonce régulièrement les conditions d'élevage en France, notamment sur ces images tournées par L-214 c'est un élevage de porcs de votre circonscription, où on y voit une truie parquée dans un enclos trop petit pour elle, elle finit par écraser et tuer un de ses petits.

On voit des porcelets malades laissés à eux-mêmes, des cadavres à même le sol. L'association affirme aussi que les conditions d'hygiène n'étaient pas respectées dans cet élevage. Ces images, elles ne vous choquent pas ?

Elles ne sont pas utiles, selon vous ? Il ne faut pas dénoncer ce genre de choses ? -Il faut distinguer.

L'Etat, les préfectures font des contrôles dans les élevages. Et il faut des conditions d'élevage très justes, très carrées, très solides. Et c'est le cas de l'immense majorité des éleveurs. -Mais là, il n'y avait pas un problème dans cet élevage ? -Je termine.

La préfecture a ce rôle. Et en effet, il y a eu un élevage défaillant. Mais c'est une infime minorité.

Et ce que je dénonce, c'est l'attitude de ces associations, qui s'intruisent de manière totalement illégale, au mépris de la propriété privée... -Mais c'est bien qu'il y ait des défaillances des pouvoirs publics, si ce type d'élevage pouvait continuer à pratiquer cela. -Il faut voir, ces méthodes et ces agissements sont scandaleux, parce qu'elle ne cherche pas à dénoncer un élevage, elles cherchent à salir une profession, à faire en sorte que les gens ne mangent plus de viande.

Et vraiment, elles vont attaquer, affaiblir une profession, et vous n'imaginez pas la détresse des agriculteurs. Les agriculteurs bretons sont les plus vertueux d'Europe. Il y a quelques exceptions, mais qui sont infimes.

Les agriculteurs bretons et français, ils sont hyper vertueux. C'est ceux qui produisent le mieux. Et le risque, si jamais on salit et qu'on dénonce l'élevage ou qu'on n'ait plus d'élevage en Bretagne, on va importer des produits alimentaires de l'étranger en Europe avec des conditions sanitaires environnementales catastrophiques.

Et je ne veux absolument pas ça pour mon pays. Je veux défendre un élevage de qualité en France et Bretagne. -On conclut l'émission avec un quiz spécial pour vous.

On va tester vos connaissances en gallo, il n'y a pas que le breton en Bretagne. Si j'ai bien compris, dans votre circonscription, on parle plutôt le gallo que le Breton. -Mais moi, je suis originaire du pays breton.

Mais ma circonscription parle gallo. -Moi, je ne vous garantis pas la prononciation, mais je vais quand même tenter le coup. Et vous me direz si vous arrivez à traduire ces phrases. "Le ciel est nail, ça va cheu". -Le ciel est...

Le ciel est sombre ? -Oui. -Ca va pleuvoir ? -Il va pleuvoir. "Le ciel est noir, il va pleuvoir", bravo.

Plus compliqué peut-être. La saouce monte sur l'ard ? -Alors vraiment très Gallaise cette expression, elle est sympa.

Là, je ne pourrais pas vous dire. -La sauce monte sur la peau et en gros, ça veut dire "je transpire". C'est très imagé. -C'est une langue très imagée, mais très belle. -Je suis guerguerroué. -Je suis fatigué ? -J'ai froid.

Un sur trois. -Je ne suis pas locuteur. -Vous n'êtes pas locuteur ?

Vous défendez les langues. -J'assiste à des menteries. C'est assez incroyable.

C'est des spectacles souvent très drôles en gallo avec des expressions très imagées et en plus un show assez extraordinaire. J'ai un Maurice Dourneuve un type dans ma circonscription qui est un acteur né en plus et qui valorise le gallo et qui fait des spectacles extraordinaires. -On ira le voir, si on passe dans votre circonscription. -Il faut venir. -Merci d'être venu dans La Politique et moi. -Merci beaucoup, merci pour votre accueil.

Générique de fin