Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewCNEWS· 15 juin 2026 4 min

L'édito de Thomas Bonnet : «Même Bruno Le Maire le dit : "L'Europe à 27, c'est fini»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Oui, c'est peut-être enfin la fin d'un dogme et d'une posture tenace. Cette idée selon laquelle l'Europe serait de plus en plus forte à mesure qu'elle s'élargit. Cela fait des années que l'Union européenne accueille de nouveaux membres et nous voilà coincés dans l'immobilisme.

C'est ce que déclare Bruno Lemire gagné par la lucidité des anciens ministres libérés du poids de leur fonction. Il raconte comment les réunions à 27 sont devenues, je le cite, des bavardages inutiles qui ne permettent aucune prise de décision. Et c'est vrai, on l'avait constaté.

La politique européenne est rattrapée par cette réalité pourtant évidente. Une organisation doit être commandée par un chef pour avancer. La collégialité des décisions, c'est l'assurance de ne rien faire ou presque.

Ce constate Bruno Lemire est bienvenu mais j'y oppose deux bémoles. D'abord comme trop souvent, il vient d'un homme qui a participé à cet élargissement de l'Union européenne par ses engagements politiques et qui a donc en quelque sorte accompagné notre pays vers l'impuissance. D'autre part, Bruno Lemè appartient encore à une famille politique qui fait de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne une pierre angulaire de son programme.

Une adhésion qui fragiliserait encore davantage le vieux continent. Alors son postulat c'est de dire que l'Europe à 6 sera plus forte parce que ressoué et qu'une Europe à 6 pourra rivaliser face euh aux États-Unis et euh à ceux qui désormais dirigent l'économie mondiale. Euh la Chine et Pékin.

Absolument. Même euh les plus européistes s'accordent sur le fait que l'Europe ne marche pas. Et donc Bruno Lemer répond en prenant en prenant moins de pays mais plus d'Europe.

En clair, son idée c'est de se désarrasser d'une vingtaine de pays pour créer une union autour des pays moteurs du continent. En plus de cette nouvelle organisation, Bruno Leire veut étendre encore davantage les domaines de coopération, qu'ils soient scientifique, industriel ou même militaire. Si on devait résumer, ces six pays s'approcheraient d'une organisation quasi fédérale pour tenter donc de rattraper notre retard sur les États-Unis et la Chine.

Alors ce que vous nous dites, c'est que sur le papier, ça peut paraître être une bonne idée. En pratique, vous êtes plus sceptique. Bah cette idée, elle part du postulat que ces six pays partageraient les mêmes intentions, poursuivraient les mêmes buts.

Or l'histoire nous enseigne l'inverse. L'actualité aussi, la mort du projet Scaf, un avion de combat censé naître d'une coopération entre la France, l'Allemagne et l'Espagne. est la dernière illustration.

L'Allemagne n'a pas forcément envie de voir la France se développer et le prétendu couple franco-allemand, c'est une fable qui est alimenté uniquement de notre côté du rein. Les adeptes du plus d'Europe en fait font f des aspirations des peuples européens comme les Français l'avaient exprimé en 2005 par exemple. Le projet de défense européenne se focalise sur les enjeux industriels en oubliant la question essentielle, la question civilisationnelle qui fait qu'on est prêt à mourir pour défendre son pays et pas forcément pour défendre une organisation supranationale.

Nous ne serons donc jamais ni les États-Unis ni la Chine. Les ressortissants européens ne parlent pas la même langue. Beaucoup n'ont pas envie de perdre leur identité nationale.

Alors pour conclure, on peut dire que Bruno Le ouvre un débat salutaire, celui de l'organisation notre continent. Mais croire qu'on peut y répondre en diluant encore davantage les destins de six pays différents, à mon sens, c'est une erreur d'appréciation. La coopération économique n'implique pas nécessairement la perte de souveraineté parce que n'en déplaise aux européistes acharnés, un français se sentira toujours plus proche d'un autre français que d'un allemand.

Ça s'appelle l'identité nationale, la transmission de l'histoire. Et c'est ce qui fait que votre voisin n'est pas et ne sera jamais l'équivalent de votre frère.