La grande interview de Laurence Ferrari avec Michel-Edouard Leclerc
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Questions et réponses
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- 0:14OuverteRéponse directe
Bienvenue dans nos studios. Alors que le cessez-le-feu expire dans deux jours, Michel-Edouard Leclerc, la crise se poursuit.
- 0:38FerméeRéponse directe
Néanmoins, la grande tendance que vous voyez pour les prochaines semaines, c'est que ça ne va pas baisser de si tôt, Michel-Edouard Leclerc ?
- 2:14OuverteRéponse directe
Ce qui est catastrophique pour le pouvoir d'achat des Français. On va en parler dans un instant. Vous, le Premier ministre, vous a proposé un encadrement du prix des marges des distributeurs. Qu'est-ce que vous lui dites ? Pourquoi vous ne lui dites pas question ?
- 3:33FerméeRéponse directe
On va en parler. Est-ce que vous allez à Bercy ? Je crois que Bercy reçoit les distributeurs du Kerberon. Vous y serez, Michel ?
- 3:43OuverteRéponse directe
Votre proposition, c'est donc la suppression des certificats d'économie d'énergie. C'est une éco-taxe, en réalité, pour financer notamment ma prime Rénov'. Et ça amènerait à quelle baisse des prix, exactement ? Et est-ce que ce n'est pas sacrifier, encore une fois, l'écologie au nom du pouvoir d'achat ?
- 5:49OuverteRéponse directe
Et que vous dit le gouvernement quand vous proposez cette suppression de la taxe ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:50InvitéPromesse
« Non, ça ne baissera pas de si tôt. Et si ça baisse, ce que je souhaite, c'est que ce soit du sérieux. »
- 1:02InvitéChiffre
« il y a des volatilités de 60 centimes quelquefois en une semaine. Sur un litre. »
- 2:36InvitéChiffre
« Ça fait, sur quatre ans, les consommateurs français ont été tapés au portefeuille jusqu'à 25% sur les produits de biens de grande consommation. »
- 2:44InvitéChiffre
« Et quelquefois, jusqu'à 30 et 40%, rappelez-vous, pendant les guerres en Ukraine, sur le prix des pâtes, sur le prix de l'huile de tournesol. »
- 4:18InvitéChiffre
« l'idée aujourd'hui, c'est de diminuer le prix de l'essence de l'ordre de 15, 17 centimes. »
- 4:26InvitéChiffre
« 17 centimes. »
- 4:31InvitéPromesse
« On peut le faire. Tout de suite, là, demain. »
- 4:33InvitéFait
« C'est une contribution écologique qu'il y a dans le prix des carburants, en plus des taxes. »
- 4:48InvitéPromesse
« C'est programmé pour 2050. »
- 5:04InvitéChiffre
« C'est 15 ou 17 centimes du litre, de manière à apaiser la charge sur les consommateurs »
- 5:35InvitéChiffre
« la ponction, pour les voitures qui ont du gasoil, la ponction correspond presque, aujourd'hui, à la valeur d'un caddie dans un supermarché. »
- 10:13InvitéChiffre
« on a 100 millions de touristes qui ont visité la France en 2025. »
- 11:03InvitéChiffre
« un déficit de logements sociaux de 2 millions de logements. »
- 11:14InvitéChiffre
« je crois qu'on est à 19% d'épargne. »
- 13:24InvitéChiffre
« les prévisions d'inflation sont inférieures à 1%. »
- 14:59InvitéChiffre
« on est aux alentours de 0,28, 0,29 le kilowatt-heure. »
Temps de parole
- Invité78 %
- Présentateur19 %
- Présentateur 23 %
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Europe 1 La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari Et notre invité ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Michel-Edouard Leclerc. Bonjour à vous ! Bonjour ! Bienvenue dans nos studios. Alors que le cessez-le-feu expire dans deux jours, Michel-Edouard Leclerc, la crise se poursuit. Faute d'accord entre Téhéran et Washington, Trump se dit prêt à reprendre la guerre. Le détroit d'Hormuz est toujours bloqué, ce qui plombe le pouvoir d'achat des Français en cette période de vacances scolaires. Alors, le prix du baril est à nouveau en hausse. On ne va pas se livrer à des prévisions parce qu'elles sont toujours aventureuses.
Et puis moi, je me suis planté plusieurs fois.
Vous êtes planté, mais c'est normal parce que les courses sont tellement volatiles. Néanmoins, la grande tendance que vous voyez pour les prochaines semaines, c'est que ça ne va pas baisser de si tôt, Michel-Edouard Leclerc ?
Non, ça ne baissera pas de si tôt. Et si ça baisse, ce que je souhaite, c'est que ce soit du sérieux. Parce que pour le moment, c'est du yo-yo. C'est impossible aujourd'hui, même pour un opérationnel, pour un distributeur, pour un acheteur, d'avoir un plan d'achat. Vous vous rendez compte, il y a des volatilités de 60 centimes quelquefois en une semaine. Sur un litre. Sur un litre. Pour la plupart de ceux qui nous écoutent, on parle d'un litre d'essence, mais en fait, c'est un litre de pétrole dont on fait à la fois du gasoil, du kérosène et tout ça. Il y a des marchés secondaires et sur ces marchés secondaires, ça flotte aussi. Et après, il faut acheter du dollar.
Et donc, il y a des risques sur le dollar. Et après, il faut acheter de l'assurance. Et donc, les gens qui travaillent sur ces marchés, là, ils deviennent fous.
Et donc, ce que vous nous dites, Michel-Edouard Alcouillère, c'est qu'on ne retrouvera pas les prix d'avant ces guerres en Iran ?
Je ne sens pas le truc, là.
Non, on va rester à tel niveau ?
Pendant un bon moment, entre tout ce qu'ils ont détruit, les bateaux bloqués, etc. Alors, je sais que ça se reconstruit vite. Il y a aussi des états pétroliers qui se sont fait plein de fric. Parce que, pour le coût d'une raffinée détruite, le cours couvre facilement refaire les travaux. Mais, en même temps, ça ne va pas se faire en deux mois, quoi. Donc, on a au moins six mois, peut-être, jusqu'à l'hiver prochain, de crise énergétique devant nous.
Ce qui est catastrophique pour le pouvoir d'achat des Français. On va en parler dans un instant. Vous, le Premier ministre, vous a proposé un encadrement du prix des marges des distributeurs. Qu'est-ce que vous lui dites ? Pourquoi vous ne lui dites pas question ?
On lui dit surtout, ce n'est pas ça qui fera baisser les prix. La première préoccupation des Français, c'est le pouvoir d'achat. Donc, il faut répondre à cette demande de pouvoir d'achat de manière sérieuse. Ça fait, sur quatre ans, les consommateurs français ont été tapés au portefeuille jusqu'à 25% sur les produits de biens de grande consommation. Et quelquefois, jusqu'à 30 et 40%, rappelez-vous, pendant les guerres en Ukraine, sur le prix des pâtes, sur le prix de l'huile de tournesol. Donc, plein de gens leur ont menti. Nous ont menti. On s'est fait avoir. Et vous ne leur avez pas menti. Donc, il ne faut pas... Non, au contraire, on s'est bien battus.
Et c'est comme ça, d'ailleurs, que cette rivalité saine, sportive, entre Leclerc, Intermarché, Carrefour, Système U, a maintenu le couvercle de l'inflation. Mais maintenant, là, on ne va pas recommencer ça, quoi. Donc, il ne faut pas que les pouvoirs publics se trompent de cible. Ils ont besoin des distributeurs, OK, pour mettre un couvercle sur la cocotte minute. Mais ce n'est pas en bloquant les prix, ce n'est pas en bloquant les marges, ce n'est pas en désignant les distributeurs qu'on va faire descendre le prix du pétrole. Il faut prendre, là, une disposition nationale qui soit plus importante.
On va en parler. Est-ce que vous allez à Bercy ? Je crois que Bercy reçoit les distributeurs du Kerberon. Vous y serez, Michel ?
Non, il y a des représentants syndicaux des distributeurs et des pétroliers qui se retrouvent, oui.
Votre proposition, c'est donc la suppression des certificats d'économie d'énergie. C'est une éco-taxe, en réalité, pour financer notamment ma prime Rénov'. Et ça amènerait à quelle baisse des prix, exactement ? Et est-ce que ce n'est pas sacrifier, encore une fois, l'écologie au nom du pouvoir d'achat ?
Alors, il y a plusieurs solutions qui ont été proposées parce qu'à peu près toute la classe politique se rend compte de gauche à droite et du centre, qui existe quand même. Tout le monde se rend compte quand même que si ça dure, ça va aussi plomber la consommation, ça va plomber la croissance. Et il y aura d'ailleurs encore moins de rentrées de TVA et ça va déséquilibrer encore plus les finances publiques. Donc, en fait, l'idée aujourd'hui, c'est de diminuer le prix de l'essence de l'ordre de 15, 17 centimes. 17 centimes. On peut le faire. Tout de suite, là, demain. On peut le faire dès demain. Ça ne s'appelle pas une taxe.
C'est une contribution écologique qu'il y a dans le prix des carburants, en plus des taxes. On vend des taxes, déjà beaucoup. Et cette taxe, c'est une taxe qui sert à financer la transition énergétique. Je suis pour la transition énergétique. C'est programmé pour 2050. Tous les mois ou tous les ans, cette taxe est révisée. Là, en début d'année, elle a été augmentée. Nous proposons, nous, Leclerc, de suspendre, mois par mois, provisoirement, cette surtaxe. C'est 15 ou 17 centimes du litre, de manière à apaiser la charge sur les consommateurs et sans remettre en cause du tout sa finalité, sans faire du trumpisme, sans revenir en arrière sur l'écologie.
Nous pensons que ça permettrait de diminuer l'anxiété des consommateurs qui, notamment, ont besoin de leur bagnole en province pour aller au bureau. Il faut savoir aujourd'hui que la ponction, pour les voitures qui ont du gasoil, la ponction correspond presque, aujourd'hui, à la valeur d'un caddie dans un supermarché. Donc, la ponction mensuelle arrive à ça. Donc, aujourd'hui, moi, je pense qu'il faut une mesure beaucoup plus radicale que celle d'encadrer les marges.
Et que vous dit le gouvernement quand vous proposez cette suppression de la taxe ?
Pour le moment, le gouvernement ne répond pas trop. Il y a les écologistes qui entendent dans l'idée que ça va être anti-écologique. Moi, je leur dis non. Je leur dis qu'on n'est pas anti-écologique. C'est juste un moment à passer. D'ailleurs, Jean Covici, le patron du Shift Project, dit qu'effectivement, il faut aller vers l'écologie, mais avec l'adhésion des consommateurs, avec l'adhésion des Français. Si on donne l'impression que c'est une contrainte, que c'est un prix à payer trop fort, ils n'iront pas. Moi, je pense que c'est la bonne idée.
Diminuer de 17 centimes, 15 à 17 centimes, le litre d'essence, là, provisoirement, on regarde les comptes tous les mois, on essaye de passer tous en dessous des 2 euros, ça, plus la concurrence entre distributeurs, ça devrait le faire.
Qui se gave aujourd'hui, Michel-Édouard Leclerc ? Vous dites que ce n'est pas les distributeurs, évidemment, ce n'est pas vous. Est-ce que ce sont les raffineurs ? Est-ce que c'est l'État ? Est-ce que ce sont des traders qui spéculent sur les marchés ?
C'est ce qui nous dérange dans l'attitude gouvernementale, de Serge Papin, de M. Lescure, aujourd'hui...
Que vous connaissez bien, Serge Papin, qui était par la grande distribution.
Je l'ai apprécié comme concurrent.
Donc là, il a changé complètement ?
Il y a quelque chose quand même d'assez hypocrite à venir contrôler les marges des magasins qu'il a dirigés pour pouvoir constater qu'il n'y a qu'un centime de profit ou deux centimes de profit, qu'à l'échelle de la crise mondiale que nous vivons, se mettre en scène avec des télés derrière pour dire je viens contrôler le prix à la pompe, c'est quand même un petit peu léger. Et alors, vous voyez bien, même il y aurait un pompiste, un garagiste pompiste dans l'entrée d'une vallée de Savoie qui prendrait trois centimes ou quatre centimes, ce n'est pas ça qui ferait redescendre le prix du pétrole. Alors, ce n'est pas la hauteur.
Ceux qui font des profits aujourd'hui, et il y a beaucoup de profits sur le dos des consommateurs, ces profits, ce sont les États pétroliers eux-mêmes, leurs filiales pétrolières, les brokers, les traders, les revendeurs, les raffineurs aussi, gagnent beaucoup d'argent. Certains raffineurs gagnent beaucoup d'argent. Et donc, ce n'est pas normal que le consommateur final se tape encore au portefeuille, soit tapé au portefeuille, pour payer si cher.
Et l'État aussi, qui engrange évidemment des hausses de TVA, ces 270 millions d'euros dont on parle, est-ce qu'il faut les réinjecter d'une façon ou d'une autre dans l'économie ?
Je pense que le surplus de TVA que l'État engrange, mais je pense que ça, c'est assez acquis, soit destiné aux professions qui en ont besoin. C'est-à-dire que là, on ne distribue pas tout azimut. Je crois que plus personne n'ose trop dire tout en même temps. On nous dit qu'en Espagne, en Allemagne, en Grèce, en Italie, on rouvre tout la planche à billets. Ce n'est pas vrai. D'abord, ils le font quand nous, on l'a fait. Et Mélanie voit ce que ça lui coûte aujourd'hui.
Non, mettre le surplus de TVA pour aider les infirmières, les aides à domicile, les gros transporteurs, les gros rouleurs, comme on dit, les agriculteurs, tous ceux qui ont besoin d'engins avec de l'énergie et sur les chantiers, ça, c'est une priorité pour faire tourner l'économie. Après, moi, ce dont je parle, c'est plus large, un public de consommateurs, avant de passer à la voiture électrique dont nous serons les promoteurs, nous voulons alléger la facture du consommateur pour que la croissance tienne.
Elle est en train de dévisser. Bercy révise à la baisse ses prévisions de croissance. Ça veut dire aussi une inflation qui va remonter en flèche, Michel Douai-Leclerc ?
Une croissance qui baisse. C'est la consommation qui fait la croissance aujourd'hui. Vous avez vu que sur le commerce extérieur, on n'est pas très bon. Et donc, ça veut dire qu'il y aura moins de rentrées d'argent dans les caisses de l'État aussi s'il y a moins de consommation. Donc, on voit bien qu'il y a un intérêt objectif aujourd'hui à ce que professionnels et distributeurs fassent des efforts, leurs meilleurs efforts pour aider les consommateurs. Je vous rappelle que c'est la première demande politique dans tous les sondages. Bien sûr. Le pouvoir d'achat. C'est vraiment la priorité.
Et donc là, pour très clairement, il faut non seulement aider les consommateurs, aider les professionnels touchés, les secteurs touchés, mais il faut dans le même temps un plan de croissance pour l'économie française qu'on ne voit pas trop venir. Or, aujourd'hui, il y a des demandes, il y a des besoins et c'est là-dessus qu'il faut jouer.
Alors, quelles sont vos propositions en matière de croissance ? Qu'est-ce qu'il faut faire ?
Aujourd'hui, par exemple, on a 100 millions de touristes qui ont visité la France en 2025. C'est le record du monde. On continue à râler, les restaurateurs... Il n'y a plus d'industrie,
mais on a des touristes, oui.
Oui, mais c'est normal. On est dans un secteur des services. Les Américains, d'ailleurs, n'exportent pas beaucoup de produits, mais sont leaders notamment les services Internet, les GAFAM ou les GAMAF. Je ne sais plus comment on les appelle maintenant puisque Facebook s'appelle Meta. Il faut changer le F en M. Il faut savoir retenir ces consommateurs-là. Notre-Dame, dont vous parlez si bien sur CNews, Notre-Dame est devenue le bâtiment au monde le plus visité. Donc, vous n'allez pas me faire croire qu'avec 100 millions de touristes...
Donc, on est une usine à touristes et pas une usine à fabriquer des produits.
Il faut savoir adapter des menus, savoir qu'est-ce qu'on leur vend, etc. De la même manière, on a un déficit de logements sociaux de 2 millions de logements. Créons un fonds. Créons un fonds. Appelons les riches. Un fonds souverain. Un fonds souverain. Proposons... Il y a un tel taux d'épargne en France, presque plus fort que l'Italie, je crois qu'on est à 19% d'épargne. Proposons aux Français d'investir dans le logement. Mettons-les actionnaires de ces logements. Mais bien sûr,
il faudrait qu'ils aient la confiance. Il faudrait que ces Français aient confiance en l'État. Ils n'ont pas confiance en l'État.
Ou de l'intérêt fiscal. Pour leur confier leur bas de l'aide. Aujourd'hui, il y avait Art Paris, dernièrement, il y a des grandes foires d'art. Les acheteurs d'art ont le droit de défiscaliser de l'achat d'art pour soutenir l'art français et l'art culture française. Faisons la même chose pour le social. Donnons à tous les Français la possibilité d'avoir un actif avec une rentabilité différée pour les plus riches. Ils le feront. C'est intéressant. Mais créons ces fonds. Les Norvégiens l'ont fait. Beaucoup de pays étrangers n'ont pas ce blocage idéologique.
Créons des fonds qui permettent aux Français d'investir dans l'économie de croissance quand bien même ce n'est pas rentable à court terme, ce sera rentable à moyen terme.
On voit que vous esquissez un programme, Michel-Édouard Leclerc, encore un mot de l'inflation qui va impacter et qui impacte déjà les produits de première nécessité. Est-ce qu'il ne faut pas faire un effort là-dessus et bloquer ces produits de première nécessité ?
Non, il ne faut pas bloquer. Il y a une bonne concurrence aujourd'hui. C'est très sain. Aujourd'hui, la concurrence sur les prix de grande consommation à laquelle se livrent les intermarchés, les systèmes U et bien sûr les Leclerc, même Carrefour aussi de temps en temps, on est les meilleurs en Europe, je peux vous dire. On a des Mercurial, je nous compare. On a des partenaires en Italie avec Copitalia, avec le groupe Revé Allemagne. On voit bien, on est les meilleurs marchés sur le marché français alors qu'on a des conditions d'exercice de notre métier, des conditions juridiques qui sont très encadrées et donc aujourd'hui, je pense que nous sommes le meilleur rempart contre l'inflation.
C'est vraiment très très important.
Mais le prix du caddie augmente, vous nous l'avez dit et les Français qui partent en vacances font abstention à tout, mangent parfois qu'une seule fois par jour.
Le prix du caddie, là, dans les semaines qui viennent, n'augmente pas. Je voudrais insister, il y a eu des négociations jusqu'à fin février des négociations qui ramènent toutes les grandes sociétés à la table des discussions de prix. normalement, les prévisions d'inflation sont inférieures à 1%. Donc les prix n'augmenteront pas. C'est ce que vous nous dites, Michel, dans Leclerc ce matin. Les prix n'augmenteront pratiquement pas et chez Leclerc, si on fait des moyennes, vous pouvez trouver des prix qui augmentent à cause d'une mauvaise météo, mais si on fait des moyennes, les prix ne devraient pas augmenter.
Par contre, si la crise énergétique vient taper tous nos fournisseurs ligne par ligne sur leur comptabilité, il y aura une inflation du double à la fin ou du triple. C'est là où les pouvoirs publics doivent être avec nous les remparts de cette inflation. Ils doivent aider les entreprises, mais pas aujourd'hui, c'est nous qui allons...
Un mot sur... Juste encore en parlant d'énergie, sur l'électrification de l'économie que souhaite Sébastien Lecornu pour 2030. Est-ce que c'est la solution encore une fois ? Parce que là, c'est du long terme. Là, les Français, ils ont des problèmes de très court terme de demain à remplir leur moteur.
Nous sommes partis sur le court terme. On est sur un plan Leclerc 2035, on n'a pas de modèle économique. Le législateur n'est pas clair pour savoir si l'électricité qu'on aura produite nous-mêmes, on sera capable de la revendre. C'est vrai pour des particuliers qui mettent des panneaux solaires sur leur toit. C'est vrai pour des panneaux solaires qu'on met sur nos magasins. On ne va pas produire en même temps qu'on en a besoin. Mais je peux vous dire, on met des panneaux solaires partout aujourd'hui, alors même que les élus n'ont pas été capables de créer une filière française solaire. Aujourd'hui, on met des bornes électriques de recharge. Oui.
On en a déjà 4500 bornes électriques et en charge normale, en charge moyenne, on est aujourd'hui les moins chers. On se mène une concurrence là aussi entre Leclerc et Lidl, par exemple. On est aux alentours de 0,28, 0,29 le kilowatt-heure. La bataille se déplace du carburant vers l'électrique. On est aussi, et en plus, on va donner des avantages aux consommateurs qui viendront charger sur le centre Leclerc. on va donner du ticket Leclerc, etc. On lance sur le marché, on est le premier loueur de voitures. On veut des voitures électriques. 6 euros la journée, on n'en a que 1500 aujourd'hui. Les Chinois sont prêts à nous passer plein de voitures des genres BYD pour remplir ce vide.
Donc, je vais aller profiter des propos tenus par le Premier ministre pour aller avec le président exécutif de Leclerc, le retrouver, faire en sorte que les aides qu'il va donner aux particuliers, les bonifications pour acheter des voitures, il les donne aussi aux flottes d'entreprises pour que nous puissions prêter aux jeunes, louer aux jeunes, des voitures à 6 euros par jour. Moins de 200 euros par mois à l'électrique. Et rouler à l'électrique, c'est rouler trois fois moins cher qu'avec du gasoil, avec du carburant.
Encore faut-il avoir les moyens de s'acheter la voiture électrique qui part encore à la partie de tous les portes d'année. On peut la louer, mais ce n'est pas une solution de long terme. Un mot de politique, Michel-Édouard Leclerc. Est-ce que vous avez déjà déjeuné au dîner avec Marine Le Pen ? On sait que Jordan Bardella aujourd'hui déjeune pour la première fois avec le bureau du MEDEF. Est-ce que vous les avez déjà rencontrés ? Est-ce que vous êtes prêts à les rencontrer ?
D'abord, comme vous pouvez le voir, je ne déjeune pas, vous non plus apparemment. Non, je ne déjeune pas, mais je vois tous les hommes politiques élus, ne serait-ce que pour une raison très simple. Les centres Leclerc sont partout en France, dans toutes les municipalités et j'ai l'occasion de rencontrer tous les partis politiques. Donc l'ERN y compris ? Vous avez déjà rencontré
Marine Le Pen, Jordan Bardella ?
Il y en a qui sont malins et qui se mettent en scène, d'autres qui ne se mettent pas. Mais je pense que c'est important qu'on ne laisse...
Toutes les formations politiques, vous voyez ? Y compris la France Insoumise ? Y compris la France Insoumise ? Oui, oui,
j'ai rencontré Corbière, j'ai rencontré Mélenchon. Qui n'est plus tout à fait une France Insoumise ? Mélenchon aussi, d'accord ? Oui, c'est vrai qu'il n'était plus une France Insoumise. On l'y trouvait aussi. Mais qu'est-ce que vous leur dites ? En fait, je veux les inciter à nous poser des questions sur l'état de l'économie parce que cette génération de politiques-là n'a jamais tenu une cantine, n'a jamais dirigé une entreprise qui connaissent les problèmes concrets de la politique et à l'inverse, il faut qu'on les écoute parce que les aspects macroéconomiques, on ne les ambitionne pas toujours à leur juste valeur. On a des revendications corporatistes.
Et d'ailleurs, je fais de la critique du politique mais regardez les fédérations patronales, au fond, leur discours est aussi très limitatif. Ils disent qu'il faut remettre la France au travail mais en même temps, ils disent que le travail coûte trop cher. Donc, ce n'est pas très clair. Donc, il faut discuter parce que là, on a un an pour faire un projet collectif, pour faire un projet qui embringue les gens, sur une France pas déclassée. Les emballes en tout cas.
Le RN veut élaborer un grand projet d'ordonnance de simplification pour libérer l'économie française des entraves. Ça, vous dites banco ?
Oui, la simplification, je dis banco. Après, je ne suis pas contre les normes. Je veux dire, pour avoir mis du moteur thermique, il a fallu mettre des normes, c'est-à-dire passer un permis de conduire, apprendre aux gens à conduire, à respecter un code de la route. Les constructeurs ont construit les moteurs thermiques avec certaines normalisations et ça a permis de créer un marché. Donc, les normes, je ne suis pas contre. Les normes, c'est ce qui permet de faire un marché. Et là, le patronat doit, vous voyez, quand il parle de Mercosur, il dit l'Argentine ne respecte pas nos normes, mais de l'autre côté, on dit moins de normes. Donc, il faut, je pense, être plus concret.
Vous voulez être concret
en tout cas. Moi,
je pense qu'il faut des normes simplifiées.
Et vous avez une vision qu'on a esquissée ce matin à travers cette interview. Vous êtes parmi les personnalités préférées des Français, Michel-Édouard Leclerc. Pourquoi ne pas vous présenter finalement ? Vous représentez ce chef d'entreprise qui connaît la réalité des Français, les préoccupations des Français. Pourquoi vous ne dites pas tout simplement « Oui, j'y vais, c'est l'heure,
il faut se réveiller ». Oui, je me laisse porter par... Ce n'est pas moi qui paye les sondages, donc je ne sais pas comment je me retrouve dans ces classements. Mais en tout cas, quitte à être crédité d'une certaine crédibilité, c'est sur des idées, c'est sur des pratiques. Je pense que je suis plus utile sur le terrain. Mais du coup, cette popularité me donne du crédit pour aller convaincre des hommes politiques dont vous parliez tout à l'heure pour leur dire que ça marche. Parce qu'ils ont... Je pense que cette classe politique, ces élites françaises ne sont pas assez proches du peuple, de nos landerneaux.
Ils ne savent pas leur parler, ils ne savent pas donner de l'affect, ils ne savent pas donner de la reconnaissance au métier de l'artisanat, au métier du bâtiment. Mais pour vous, c'est toujours non. Pour moi, cette popularité, c'est une manière de faire passer mes sujets.
Mais pourquoi pas les vôtres ? Pourquoi pas vos idées ? Oui, peut-être. D'accord. Donc rendez-vous dans quelques mois, c'est ça ?
Vous suivrez ? Vous irez vous présenter ?
Je vous viendrai surtout nous l'annoncer sur CNews et sur Europe 1. Merci beaucoup, Michel-Édouard Leclerc, d'être venu ce matin dans la grande interview sur nos deux antennes. Et bonne journée à vous. Merci Laurence Ferrari. Dans la prochaine demi-heure sur Europe 1, le livre du jour de Nicolas Caro ce matin, un classique, un roman qui a 200 ans. L'actualité des séries avec Olivier Sgois et puis bien sûr la revue de presse d'Olivier Delagarde. Et comme chaque lundi, c'est la signature Europe 1. Philippe Vall, une écrasante majorité de Français est ignorée par les candidats à la présidentielle, nous dira Philippe.
C'est ce que constate Philippe qui va nous révéler qui sera le prochain président de la République. Bon début de journée. Vous êtes bien sûr Europe 1.