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AutreFrance Culture (sur YouTube)· 13 août 2026 40 minMixte

SIX MOIS APRÈS LA MORT DU MILITANT D'EXTRÊME DROITE QUENTIN DERANQUE : QU'A-T-ON RETENU ?

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Le 12 février dernier, Quentin Dean militant d'extrême droite de 23 ans, est mort après un affrontement avec des militants antifasciste à Lyon. Pourquoi y revenir 6 mois plus tard au lendemain d'une éclipse solaire qui a eu le mérite de nous réunir ? Des centaines de milliers de paères dieux dirigés vers un même point et émus ensemble.

Il se trouve que d'abord la guerre civile dont on brandissait le spectre n'a pas eu lieu et que l'enquête judiciaire sur la mort de Quentin de Ran avance. Le journal Le Monde l'a longuement relaté dans un article paru la semaine dernière. Notre invité enquête depuis longtemps et sur l'extrême droit radical et sur les mouvements qui se définissent comme antifasciste.

Que que révèle cette mort ? Et ce qui l'a précédé de la violence politique aujourd'hui ? Comment s'organise et se façonne ces affrontements ?

Bonjour Sébastien Bourdon. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous.

Bienvenue dans les matins d'été. Vous êtes journaliste indépendant. Vous avez publié au seuil l'année dernière drapeau noir, jeunesse blanche, enquête sur le renouveau de l'extrême droit radical et toujours au seuil 2 ans plus tôt, une vie de lutte plutôt qu'une minute de silence en quête sur les antifas.

Alors sur la mort de Quentin Duran qu'on va rassembler les informations du journal Le Monde du correspondant du journal à Lyon Richard Chitli et que je remercie pour son travail qui nous sert de de base de discussion qui a eu accès donc à l'enquête judiciaire et vos informations à vous qui enquêtez aussi sur ces questions depuis longtemps. Une enquête judiciaire d'abord Sébastien Bourdon. En quoi permet-elle d'en savoir plus ?

Bah elle permet évidemment d'en savoir plus avec un certain nombre de moyens enfin en raison des des moyens qui sont mis à disposition. Ce qu'on apprend de cette enquête qui est en cours, c'est que donc il y a à l'heure actuelle en fait, il y a deux enquêtes distinctes. Il y a une instruction judiciaire qui s'intéresse au fait qu'il ont mené à la mort de contrainte de rank avec neuf mises en examen dans ce cadre-là de neuf militants et militants d'antifascistes qui sont mis en examen.

Et d'autre part, on a également une enquête préliminaire qui concerne les violences qui ont eu lieu ce jour-là. Du côté de l'extrême, il y a différentes personnes qui ont été entendues, mais c'est deux procédures distinctes. Donc l'enquête judiciaire donne accès à ce qu'on dit à la police, les militants des deux côtés, en garde à vue ou en cours de procédure.

La façon dont ils ont vécu cet événement dont dont il le raconte avec toutes les réserves qu'il faut avoir aussi, on en parlera de personnes qui aussi ont un intérêt à présenter les choses d'une certaine façon. Mais en tout cas, ces 6 mois d'investigation menés par les magistrats et les policiers, qu'est-ce qu'ils nous apprennent qu'on ne savait pas ou pas bien sur la journée du 12 février 2026 ? vraiment en tant que tel, on peut aussi rappeler les faits alors les révélations du journal le monde, enfin l'enquête journal monde en lien avec cette enquête judiciaire, il y a deux intérêts, de nouveautés principales sur sur les événements.

La première chose, c'est qu'on a Est-ce qu'on peut juste rappeler pardon les événements pour ceux qui ne les ont plus vraiment en tête ? C'était en marge d'une conférence de Rima Hassan à Sciencep. Le collectif identitaire Nemmésis organise une action contre la députée européenne et une quinzaine de militants d'extrême droite sont présents pour assurer leur sécurité et donc ces affrontements qui vont mener à la mort de Quentin Desanqu.

Pardon, je vous laisse continuer Sébastien Bourdon. Pas de souci. Donc en effet, le contexte c'est celui de de cette conférence de l'Eurodéputé Rima Hassan qui est prévu et en marge de cette conférence deux groupes constitués chacun d'une quinzaine de personnes, un groupe qui regroupe une quinzaine de militants d'extrême droite d'extrême droite radicale.

Une un autre groupe d'une quinzaine vingtaine de militants et militants antifascistes se rencontrent et s'affronte assez longuement. le le l'affrontement [grognement] dure presque une dizaine de minutes. Groupe contre groupe, il y a différentes images qui ont été filmées par les Rivins qui ont largement circuler au moment de la médiatisation de de cette affaire.

Et à l'issue de cet affrontement, le groupe des militants et militants antifascistes prend le dessus, le groupe des militants d'extrême droite prend la fuite et au cours de cette fuite, un certain nombre d'entre eux sont rattrapés, euh sont finissent à terre, sont isolés et sont frappés euh de multiples coups. Euh et parmi eux, Quentin Dean qui est frappé à de multiples reprises, notamment à la tête de coup de pied et qui suite à ces blessures décède. Alors, ce qu'on apprend euh de l'enquête judiciaire à ce stade et vous qui connaissez bien très bien le le le dossier l'affaire Sébastien Bourdon, avez-vous peut-être aussi appris des choses sur cette journée ?

Alors, je je euh je j'aurais peut-être pas la prétention de dire que j'ai rien n'impris du tout, mais en fait ce qu'on voit dans cette enquête pour l'instant, c'est que cette scène est pour un quiconque travaille régulièrement sur ce sujet en fait assez banal. Je on a deux deux apports principaux de de l'article du monde. D'une part, on a les témoignages donc des militants antifascistes, les témoignages ce qu'ils disent en garde vue au cours au cours de leurs auditions où en gros c'est assez classique, il raconte qu'ils ont été pris dans un effet de groupe dans un moment que ils étaient pas complètement lucides, que c'est un affrontement qui a duré longtemps.

Il y en a un qui raconte qu'il a pris des coups sur la tête et que donc suite à ça, il était conscient mais pas complètement lucide de ce qu'il faisait. d'autres qui disent qu'ils ont été pris par l'adrénaline et cetera, ce qu'on peut assez facilement imaginer d'un récit d'une d'un affrontement avec ce niveau de violence. Bon, évidemment, il faut avoir en tête en tête le contexte de de ces propos. ces personnes pour un pour un bon nombre d'entre elles sont mises en examen pour meurtre et donc elles ont évidemment tout intérêt en audition à dire qu'en gros leur geste a dépassé leur enfin qui qui a dépassé leur leur leur volonté et ils vont évidemment pas fanfaronner et dire que ils avaient prévu de de faire ça.

L'autre intérêt et l'autre l'autre nouveauté entre guillemets que nous apporte l'article du monde, c'est disons des informations, des précisions sur le contexte au sens du disons du mode opératoire des deux groupes et les raisons de la présence des deux groupes, de quelle façon les deux groupes, que soient les militants antifascistes ou les militants d'extrême droite, se sont organisés en prévision de ce rendez-vous. Euh de quelle façon ils se sont rendus sur les lieux. Boucle télégramme déjà en amont.

Alors, tout à fait. Euh on a au moins, en tout cas du côté du groupe d'extrême un groupe sur la messagerie Telegram qui a été créé spécifiquement dans le but de s'organiser pour se rendre euh à cette à cet événement et pour se rendre à cet événement dans la perspective d'une confrontation avec un groupe antifasciste. Euh ça c'est dit très clairement.

Euh les les militants d'extrême se sont donnés rendez-vous en amont à proximité des lieux mais un peu à l'écart dans un endroit isolé pour ne pas être repéré. il le raconte eux-même. Ils se sont ensuite déplacés en trois sous-groupes pour être plus discrets et c'est que une fois qu'ils ont repéré un groupe d'antifasciste, qu'ils disent qu'ils se sont réunis dans la perspective, regroupés dans la perspective d'un affrontement.

L'affrontement a eu lieu et on sait par ailleurs qu'il s'était également donné un rendez-vous à postériori euh pour en gros se regrouper après la bataille. Peut-être un détail, mais est-ce que eux ils parlent entre eux ces militants d'extrême droite dans leur boucle télégramer comme de militants antifascistes où ils ont un autre mot ? d'antifasciste étant connoté et comment eux se l'approprient.

Ils parlent en général eux-mêmes d'antif ou d'antifasciste. Alors, les deux groupes disent avoir été agressés en premier, donc les deux affirment avoir eu une posture défensive. C'est ce qu'on retient aussi de de ces témoignages.

Tout à fait. Ça c'est les c'est c'est également les éléments qu'on avait entendu dans les jours qui avaient suivi l'affaire. De part et d'autre, les différents protagonistes se positionnent dans une situation enfin se présenter comme étant dans une situation défensive.

Les militants d'extrême droite expliquent qu'ils étaient venus là pour assurer le service d'ordre des militantes du collectif Némésis et qu'ils ont été pris à parti par les militants antifascistes. Les militants antifascistes disent qu'ils ont eux-mêmes été attaqués en premier par le les militants extrêmees. Parmi les extraits de d'audition auxquelles on a accès, il y a Matth, un militant identitaire venu avec Quentin Dean qui dit "Je me doutais que ça pouvait être violent mais pas autant violent.

Je racontais même des blagues, je le prenais à la légère. J'étais naïf. Je pensais boire un verre avec mon pote à la fin.

Il y a aussi Jacques Ellie Favro, militant de la jeune garde, donc le groupe antifasciste qui reconnaît avoir frappé des adversaires au sol. Il dit au policier, c'est n'importe quoi, je sais pas quoi dire, c'était l'adrénaline. Je suis dévasté.

Et enfin Jules qui se voit sur les vidéos frappé Quentin de Ran au sol. Il parle de l'effet de groupe. On en parlera tout à l'heure aussi de la des différentes phases qu'il y a jusqu'à ces explosions de de violence.

Mais lui, il dit qu'il sur le coup, il a pas compris ce qui se passait. Et c'est sans doute celui que vous évoquez tout à l'heure qui était qui se sentait un peu sonné et qui le lendemain a vu les images et s'est vu lui-même frapper le jeune homme. Dans un entretien que vous aviez donné à la vie des idées Sébastien Bourdon en janvier dernier, c'était quelques jours après la mort de Quentin Derang que vous aviez dit que renvoyer les activités de la jeune garde groupe antifasciste et de ces groupes d'extrême droite était une appréciation erronée.

Les renvoyer en comme en miroir. pardon de prendre qu'un extrait d'un d'un très long et passionnant texte par ailleurs que vous aviez publié dans la vie des idées. Mais sur ce point-là, est-ce que ce qui s'est passé à Lyon et la mort de Quentin Deang vous a conduit à repenser cette idée que dans les méthodes, il y avait quelque chose de commun ?

Alors, il s'agit pas de nier qu'en terme de mode organisationnel, ce jour-là, on a des similarités et des similarités entre les deux groupes. Les deux groupes étaient bien sur place dans la perspective d'un affrontement. chaque groupe s'est s'est donné rendez-vous en amont en connaissance de cause, s'est rendu sur les lieux en connaissance de cause et avait prévu par ailleurs un rendez-vous donc à postériori.

Ça, il y a évidemment dans ce cette ce mode opératoire entre guillemets des similarités. L'enjeu et là où je pense que le renvoi dos à dos n'a n'a pas beaucoup de sens, c'est sur le rapport qu'entretiennent ces différents groupes politiques, ces différents ces différentes cultures politiques à la question de la violence. La violence du côté de l'extrême droite, elle fait partie de façon intrinsèque de l'ADN de l'extrême droite et du projet politique qui est porté par l'extrême droite.

On le voit très bien d'ailleurs à travers les profils des militants d'extrême droite qui étaient présents sur les lieux. La plupart d'entre eux sont des militants connus de l'extrêmement radical lyonnaise qui ont déjà été impliqués dans des affaires de violence et qui pour une bonne partie d'entre eux sont des militants néofascistes dont un certain nombre par ailleurs professés sur les réseaux sociaux des vues néonazis. Quentin de Rank, c'est ce qui a été révélé notamment par le une enquête du journal Media Part une dizaine de jours après sa mort, animé sur le réseau social Twitter trois comptes euh anonymement sur lesquels il faisait l'apologie du 3e Reich, il disait que tous les lycéens devaient dire Mind Camp et cetera.

Quentin Doran factuellement était un militant néonazie. C'est c'est le le le la le le la stricte vérité. Le fait est donc évidemment le rapport de l'extrême droite et entre autres de Quentin de rank et du nazisme avec la violence est assez assez évident.

Du côté des militants antifascistes, il ne s'agit pas de nier que ils ont eu recours à la violence ce jour-là et que cette violence a a entraîné la mort de de Quentin Oran. Le fait est que la violence pour autant ne fait pas partie du projet politique qui est porté par le la mouvance antifasciste au sens large. Et ça notamment quand on interroge les militants, c'est quelque chose d'extrêmement récurrent.

Les militants systématiquement quand ils parlent de leurs idées présentent la possibilité de leur recours à la violence comme relevant d'une forme d'autodéfense. Ça n'est pas le cas quand on parle des militants d'extrême droite. La violence en tant que telle est valorisée dans la culture d'extrême droite comme une une forme de de purgatoire ou de pardon de façon de de se donner soi-même et de se développer.

Et vous avez euh par ailleurs mené plusieurs enquêtes aussi pour Mediaapart analyse de vidéos de de bagarre, mais vous avez pu voir quand même que sur beaucoup de ces vidéos dans les deux camps entre guillemets, on donne ces coups de pieds à la tête qu'on appelle penalty et qu'on glorifie. Euh donc peut-être que peut-être que la la part de la la place de la violence dans le projet politique est différente dans les deux groupes, mais en tout cas, il arrive très fréquemment que des individus sortent de ce de ce cadre-là. Bien sûr, tout à fait.

Encore une fois, il s'agit pas de de nier de de nier cela. Euh simplement euh en terme de de remise en perspective euh pour avoir euh posé la question à à un certain nombre de de militants extrême droite au cours de mon travail euh personne euh à ma connaissance ne remet en question cela au sein de ces groupes d'extrême droite et c'est tout à fait valorisé. au sein de la mouvance antifasciste, euh il y a enfin ces cette pratique de la violence, ces codes euh et ses éventuels débordement entre guillemets euh font l'objet de débat, font l'objet de critique euh en interne euh et donc on n'est pas du tout dans le dans le même rapport dans cette affaire-là comme dans temps d'autres d'ailleurs, on a fait dire aux chiffres ce qu'on voulait de part et d'autre ce qui nous arrangeait.

On prend par exemple les travaux très sérieux de la chercheuse Isabelle Somier qui permet de documenter une violence et en distinguant quand même les différentes formes qu'elle prend. Mais d'un côté, elle dit que dans sa base de données, la jeune garde groupe antifasciste, apparaît dans une vingtaine de faits de violence comme auteur et 5 comme victime en disant que c'est un groupe qui a souvent fait le coup de point dans les rues lyonnaises, que des militants de la jeune garde ont été les auteurs d'agression déséquilibré en terme de force de de rapport de force contre des militants d'ultradroite. Mais elle dit aussi que les agressions politiques sont pour plus de 60 % le fait de la droite radicale et ont connu une progression considérable en moins de 10 ans.

Mais selon ce qui nous arrange entre guillemets, on va prendre l'un ou l'autre aspect de de son travail. Donc comment savoir et dans dans tout ce débat-là quand on sous-estime quelque chose ou quand on surestime quelque chose, c'est toujours délicat et vous devez vous Sébastien Bourdon dans votre travail aller voir toujours euh le le le sujet dans tous ces aspects. Bah je pense que ce qui est ce qui est intéressant sur les chiffres et ce qui permet de de d'avoir la le meilleur aperçu, c'est le long cours sur la question de la mortalité.

Bon là, il y a un militant d'extrême qui a été tué qui a priori a été tué par des militants antifascistes. L'enquête est toujours en cours. Sur la question de la mortalité, si on prend les mêmes chiffres de cette chercheuse Isabelle Somier, sur la période 1986 à 2017, elle comptabilise 57 morts violentes liées à des affrontements entre groupes politiques. 52 de ces morts sont attribuables à la droite radicale, 5 à la gauche radicale.

Sur la période plus récente, depuis 2022, on comptabilise, enfin cette même universitaire [grognement] comptabilise six morts liées à des activistes d'extrême droite en France. On peut penser au rubyan Féico Martinarambou qui a été tué à Paris le en 2022 par deux militants d'extrême droit, deux anciens militants du GU. Le procès pour assassinat aura lieu en septembre prochain.

On peut penser à la tuerie de la rue d'anguin il y a quelques années qui visait la communauté kurde qui a fait trois morts et quatre blessés. Il y a eu d'autres d'autres d'autres événements, l'assassinat de Hem Miraoui dans le Var en mai dernier si mes souvenirs sont bons. Bref, si on joue à une sorte de comptabilité morbide avec toutes les limites qu' a cet exercice et qu'on travaille notamment au long cours, on voit bien que il y a une surreprésentation de l'extrême droite par rapport à l'extrême gauche ou la gauche radicale dans les morts lié à des affrontements politiques.

Et comment on quantifie ces violences ? Qu'est-ce qu'on compte exactement ? À partir de quand on estime qu'un affrontement est une bagarre violente ?

Sur quelle durée ? Enfin, comment ça se matérialise et ce ça se recense ? Alors, c'est difficile.

Je je voudrais pas parler à la place de Isabelle Somier parce que c'est ce sont ses chiffres et je ne sais pas exactement quels sont les critères qu'elle prend en compte. Le fait est que si on parle de ces mêmes chiffres en terme toujours d'échelle, cette universitaire note une augmentation quand même significative des violences politiques dans notre pays ces dernières années. Sur cette base de données, entre 1986 et 2017, elle comptabilise plus de 5500 faits de violence politique.

Depuis 2017 donc sur une période de disons 10 ans jusqu'à maintenant, elle en comptabilise plus de 2300 en à peine 10 ans avec au sein de ces chiffres là un doublement des agressions et un nombre d'affrontements multipliés par 5 et des coups plus sévères qui tuent davantage qu'avant. Par ailleurs, je je ne saurais pas le dire. Elle le dit dans un dans un article.

Par ailleurs, quand Sébastien Bourdon, le Rassemblement national fait de cette violence un axe politique contre la France insoumise en l'accusant d'en être en quelque sorte la vitrine politique de ces groupes, leur vitrine révolutionnaire, ce sont les mots de Jordan Bardella. Qu'est-ce qu'on sait à ce jour des liens entre d'un côté les groupes comme la jeune garde des LFI et de l'autre les liens entre les groupuscules d'extrême droite et les parties d'extrême droite ? Parce que là aussi après la mort de Quentin de Ran il s'est dit tout et son contraire.

C'est difficile d'y voir clair. Il y a bien sûr la la figure de Raphaël Arnaud parce que deux ou trois de ses collaborateurs ont été arrêtés et d'ailleurs il y en a un qui témoigne dans ce qu'on a cité tout à l'heure auprès de la police auprès de la jeune garde mais si on doit parler plus généralement des liens entre un parti et ses groupes qu'est-ce qu'on peut savoir ? Qu'est-ce qu'on ne sait pas ?

Alors euh d'une part, si on commence par la question des liens entre la jeune garde et et la France insoumise, euh les liens entre ces deux structures sont évident. Euh ça s'est incarné à travers la la figure de Raphaël Arnaud, mais euh ça précède euh son élection et ça fait plusieurs années euh que la jeune garde dans sa volonté de renouveler l'antifascisme euh a œuvré à travailler avec différentes organisations politiques, différents syndicats, associations et cetera et entre autres euh la France insoumise. différents cadres de la France insoumise se sont affichés à différentes reprises, à des événements organisés par la jeune garde ces différentes années et la jeune garde depuis plusieurs années était présente et représenté notamment aux universités d'été de la France insoumise.

Tout ça a mené à l'élection de Raphaël Arnaud en 2024. Donc disons que c'est le paraachèvement de cette stratégie mais Raphaël Arnaud n'est pas la seule incarnation de ces liens sur [grognement] l'affaire en tant que telle. Il y a évidemment la question de l'implication des assistants parlementaires de Raphael Arnaud.

L'un d'entre eux donc ce Jacques Ellie Favro est mis en examen dans cette affaire. Une question assez simple d'un point de vue journalistique à laquelle pour l'instant je crois Raphaël n'a pas apporté de réponse et est-ce que cet assistant parlementaire ce le jour des faits était en congé ou non ? Et donc est-ce qu'il était là disons sur son temps de travail de l'Assemblée nationale ?

C'est c'est ce que raconte l'article du monde que il a ce cet assistant parlementaire est arrivé à Lyon le jour même et qu'il serait à priori directement allé rejoindre le groupe des militants antifascistes après son arrivée dans la ville. Est-ce qu'il était en congé ou non ? C'est c'est une question à laquelle je suppose l'enquête répondra.

Si on parle de la question des liens entre l'extrême droit radical, ces différents groupuscules et le rassemblement national, [grognement] il faut noter un très fort renouvellement et un renforcement de ces liens ces dernières années, en particulier depuis les succès électoraux du RN en 2022 puis en 2024. À travers ces succès électoraux, que soit à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen, le RN a largement augmenté son nombre de de députés. On a à peu près 120 députés du RN ou avec des par les partis alliés à l'heure actuelle à l'Assemblée nationale et qui dit 120 députés dit ce même nom multiplié par 3 ou quatre d'assistants parlementaires.

Chaque député a euh à peu près ce son ce n ce nombre d'assistants. Et quand on est jeune jeune député RN et qu'on veut donc recruter les assistants, et ben où est-ce qu'on va les recruter ? On va souvent, en tout cas ça a été largement documenté par tout un tas d'enquêtes ces dernières années dans la presse, les recruter en direction de ces différents groupuscules radicaux.

Pourquoi ? parce qu'en fait ces militants déjà partagent disons un bagage idéologique et politique commun avec le RN et surtout ils ont une expérience militante. Ils savent tracter, ils savent rédiger rédiger un texte, il un communiqué, ils savent répondre à des questions, aller coller des affiches et cetera et cetera.

Et donc c'est évidemment des bonnes recrues. Si on prend le cas précis de l'affaire Quentin Dean, il y a un certain Vincent Claudin dont on a beaucoup entendu parler qui a fait le tour de d'un certain nombre de plateaux au lendemain de la mort de Content de Rang qui était présenté partout comme étant un de ses meilleurs amis. Et ben ce Vincent CClaudin, il était assistant parlementaire euh d'une députée euh RN euh et comme l'a révélé Médiapar, ce ce monsieur euh animait par ailleurs également tout comme son ami Quentin Doran, un compte sur Twitter sur lequel il visait de très nombreuses références au 3è Reich à Adolf Hitler, des euh il tenait des propos antisémités et cetera.

Donc bref, les liens que ce soit de façon générale ou dans le casre de cette affaire entre ces groupuscules et le RN sont clairs. Dans vos enquêtes en général, Sébastien Bourdon et dans l'affaire de rank en particulier, les deux groupes ne se sont pas retrouvés par hasard dans la rue. Comment est-ce que si on devait raconter un peu les étapes de la fabrication de cette violence, on commencerait où ?

En tout cas le jour J parce que bien sûr ça ou le jour J sauf si ça sauf si des réunions se sont tenues la veille ou quelques jours plus tôt mais je veux dire sans remonter dans toute l'histoire des violences politique. Alors ce qu'on sait ce qu'on sait pour pour la autour de l'affaire de de Quentin Durank c'est que les deux groupes donc à la fois le groupe de militants antifascistes à la fois le groupe de militants d'extrême droite était là dans le cadre de ce qu'ils appellent une mob. C'est un vocabulaire qui est commun au docan et pas pas uniquement.

Une mob, c'est une mobilisation et en fait l'idée d'une mob, c'est de se regrouper à 5 10 15 20 dans la perspective d'un affrontement violent. D'un point de vue très pratique, une mob en général ça commence par la création d'une boucle de messagerie enfin d'une conversation de groupe souvent sur la messagerie Telegram en l'occurrence. C'était le cas euh dans cette affaire au moins pour les les militants en extrême droite, d'après les éléments qui ont été cités par le journal Le Monde, une boule de messagerie sur laquelle on s'organise, on se donne un rendez-vous en amont de l'événement, en général en périphérie du lieu, souvent dans un lieu discret, dans un parc.

Là, en l'occurrence, les mi-temps extrême sont retrouvés dans un tunnel ferroviaire à proximité de Sciencep Lyon où devait se tenir la conférence de l'eurodéputé Rima Hassan. Euh et donc les militants de chaque groupe arrivent sur les lieux à ce prérendez-vous. Les militants antifascistes c'était également donnés rendez-vous dans un parc à proximité.

Se regroupe, s'équipe. Donc selon les événements, ils vont venir avec de quoi se masquer le visage. Parfois de l'équipement, parfois des armes, des matraques télescopiques, des bombes de gaz lacrirymogène, des points américains ou autres.

Euh et ensuite, une fois qu'ils se sont regroupés, ils vont en général sillonner le quartier ou la zone de l'événement [grognement] qui les intéresse euh dans l'idée de potentiellement rencontrer un groupe adverse et d'une confrontation. Euh, ce ne sont pas des repérages des lieux. Les lieux en général, ils les connaissent très bien.

Ce sont des repérages pour voir s'il y a des éléments ou des individus, des personnes du groupe adverse. C'est ça. Tout à fait.

En général, c'est ces ces événements là, ces mobs ont lieu dans la ville où sont implantés les groupes militants en tant que tel. Euh et l'idée est belle et bien de trouver euh un éventuel grou enfin de détecter la présence d'un éventuel groupe adverse. Euh pour se faire euh il y a même souvent euh l'utilisation en fait de guetteteur qui se déplace à vélo, à scooter, en voiture euh avec vraiment cette volonté d'aller repérer euh la zone et d'aller identifier euh en en amont la présence d'un groupe adverse avec cette idée de pouvoir bénéficier de de l'effet de surprise.

D'ailleurs, une des choses dont autour de l'enquête autour de la de laquelle l'enquête devra devra faire la lumière, mais il y a eu dans les jours qui ont suivi la mort de Contentin de rank un certain nombre d'éléments dans la presse qui évoquaient la présence de d'un scooter qui aurait tourné dans le quartier et qui potentiellement serait lieu serait lié au groupe de militants antifascistes et qu' les auraient euh éventuellement aidé à repérer le le groupe d'extrême droite. Donc ces groupes parlent tous les deux de mob. C'est un terme venu du houliganisme pour désigner donc ces groupes constitués dans la perspective d'une mobilisation et éventuellement d'un affrontement.

Est-ce que il s'agit exactement est-ce que c'est le même mode opératoire entre guillemets que ce que le sociologue Nicolas Urcade qui travaille sur les houligan parle de appelle rendez-vous forêt des rendez-vous forêts. Ça peut être dans une forêt, ça peut être dans une une sur un site industriel désaffecté mais on se donne rendez-vous pour se taper dessus. Alors, une mob, c'est pas exactement ça.

Une mob, ça a lieu en périphérie d'un événement. Ça peut être une manifestation, une conférence. Et en gros, euh c'est un événement euh pour lesquel pour pour les autour de autour duquel les différents camps politiques estiment qu'il y a une possibilité d'une présence adverse.

Donc là, en l'occurrence, c'est une c'était une conférence de l'Eurodéputé Rima Hassan. Euh je [grognement] suppose que les militants antifascistes ont supposé eux-mêmes que des militants d'extrêmement pouvaient venir sur les lieux pour perturber le meeting pour éventuellement agresser des personnes et donc eux-mêmes se sont mobilisés disons dans une perspective défensive de avec cette idée d'assurer un sorte de service d'ordre euh parallèle euh dans le quartier euh au cas où des militants d'extrême droite venaient. De la même façon, quand il y a un meeting de je ne sais quelle partie d'extrêmeorat ou un événement lié à un groupe d'extrêmeorat, des groupes antifascistes peuvent venir se mobiliser de façon disons plus offensive à proximité des lieux.

Donc là l'idée c'est bien que chaque groupe vient sur les lieux dans une perspective de confrontation. Il y a pas de rendez-vous en tant que tel de communication d'un groupe à l'autre avec un lieu de rendez-vous donné à l'avance. Le principe euh des forêts euh là pour le coup, c'est bel et bien deux groupes de houigan qui littéralement s'écrivent l'un et l'autre, se donnent rendez-vous à telle heure, à tel lieu euh et euh les deux groupes sont constitués et en fait c'est littéralement un combat organisé.

On va être 15 contre 15, il y a un arbitre, un temps imparti, les deux groupes se tapent dessus et à la fin du temps imparti l'équipe qui a le plus d'hommes debout a gagné et éventuellement il sert la main selon les selon les groupes. Oui, ça c'est optionnel. Je cite Richard Chitli, correspondant du monde euh à Lyon.

Foncer, frapper, recevoir des projectiles, prendre et donner des coups, crier pour faire peur autant que pour conjurer la sienne. La spirale de la violence s'accélère ce jour fatidique. L'effet de groupe nous a fait commettre à tous l'irréparable.

A tristement constaté Jul Pé à la fin de sa garde à vue. Titulaire d'un master en commerce international décrit par ses proches comme posé, empathique, tendance écolofiste. Julpé se blesse au pied en cognant un trottoir après avoir raté sa cible.

Mauvais réveil au lendemain du drame lorsqu'il s'est vu sur les vidéos en train de frapper Quentin de Rock au sol. Sébastien Bourdon, est-ce qu'il y a aussi des ultras qui ne recourent pas à la violence physique ou se définir comme ultra, je sais pas d'ailleurs si le mot ultra est employé dans les deux camps, mais se définir de ces groupesl revendiquer un attrait pour la violence. Alors non, il faut bien faire la distinction entre ultra et houligan. des ultras, c'est des supporters radicaux qui vont suivre tous les déplacements de leur de leur équipe, vont déployer des banderolles, des drapeaux en donner un certain nombre de champs en tribune, mais les ultras n'ont pas recours de façon systématique à la viance.

Il peut y avoir des affrontements, mais ce n'est pas le cœur de leur le le de leur activité. leur activité est bel et bien un soutien sportif à une associatif mais on s'appelle pas ultra dans les groupes cette fois-ci politiques qui qui se revendique d'un de du d'une d'une culture politique particulière. Le mot ultra n'a pas cours parce que nous parfois on en parle comme ça dans les discussions de comptoir.

On peut en parler comme d'ultra ultra droite, ultra gauche mais eux non ils emploient pas. Ils n'utilisent pas ce terme pour qualifier leur engagement politique. Néanmoins, on peut tout à fait avoir un militant antifasciste qui par ailleurs est ultra de tel ou tel club ou un militant extremoite qui par ailleurs est ultra de tel ou tel club.

Mais c'est bel et bien deux choses différentes. Pour ce qui est de la question du recours à la violence, euh on parle pour le coup d'une de la question du houiganisme. Et ce qu'on sait en lien avec l'affaire de Quand de Rang, c'est que un certain nombre de de militants d'extrêmement qui étaient présents sur les lieux, enfin au moins un, et participe à des groupes de houigan enfin lié à des groupes de houigan de l'Olympique Lyonnais et participe lui-même à des forêts, donc des rendez-vous for ces fameux affrontements planifiés entre groupes de ligan et parfois il y a de véritables liens.

C'est c'est ce groupe par exemple qui s'appelait jeunesse Boulogne. Ils étaient le GUD en semaine, donc le groupe Union Défense et puis le dimanche ils étaient houiganes au sein de ce groupe. Tout à fait.

Il peut y avoir pour un certain nombre de groupes une réelle porosité entre disons une structure politique militante et par ailleurs une un groupe de huliganes. C'est le cas en effet d'un certain nombre de militants du Gud de Paris qui avait été recréés il y a quelques années à Paris. Euh et ben ces mêmes militants euh le weekend enfin la semaine ils allaient euh sillonner le quartier latin et ils se mobilisaient en tant que GUD dans une perspective politique d'extrêmement intradicale.

Euh il faisait parfois le le coup de point enfin à plusieurs euh à plus d'une reprise mais le weekend ils allaient se donner rendez-vous en forêt sous le nom jeunesse Boulogne et ils donnaient rendez-vous avec d'autres groupes de Luyan pour se taper et et c'est également une en fait une forme d'entraînement pour eux évidemment. Donc des pratiques qui s'entremêlent, qui se croisent avec toutes les réserves que vous avez vous-même posé, Sébastien Bourdon. C'est vrai que ces affrontements font penser à ceux des houliganes ou alors ces bagarres d'une violence inouie euh dans les années euh 80 entre skin et punk.

Bon, les communistes, les tous les gauchistes, les capitalistes on ont la télé, la radio, les journaux, ont l'argent avec eux. Nous, on a nos points avec nous. Voilà pourquoi on aime la violence.

On va pas se mentir, c'était la tribu dominante à un moment donné quoi. C'était vraiment la terreur la terreur de base quand tu sortais quand tu avais été tes punk à 15 ans, tu vois, tu voulais te balader dans Paris, tu étais obligé de faire un parcours sur ton plan de métro parce qu'il y avait des endroits que c'était même pas la peine d'essayer de traverser quoi. Tu évitais les hal, tu évitais le Luxembourg, tu évitais les plus de clign enfin tu vois, c'était un peu compliqué quoi.

Nous les skins, on a aucun rapport avec les punks. Les punks, c'est des voyou pas. C'est des c'est des c'est des drogués et c'est des connards musicalement.

C'est nul en plus. Voilà quoi. Nous on a aucun rapport avec les punk quoi.

Qu'est-ce qui se passe quand vous croisez une bande de punk dans la rue ? Ça fait booum. Extrait du documentaire antifa, chasseur de skin de Marc Aurel Vion.

C'était en 2008. ces skins, les skins versus les punks dans les années 80, époque berru et noir, quand le mouvement skined arrive en France et commence des provocations et des crimes racistes et les punks vont leur leur fondre dessus. Est-ce qu'à un moment quand même Sébastien Bourdeaux, on parle des femmes, il y a des femmes parfois dans ces groupes quand on étudie comme vous, quand on travaille sur la violence depuis très longtemps, la violence politique.

Est-ce que parfois on croise des femmes ? Alors, il y a des femmes euh qui sont engagées euh dans des groupes antifascistes. Il y avait un certain nombre de femmes au sein du groupe euh [grognement] de militants et militantes antifascistes qui étaient présents ce jour-là euh enfin le jour de la mort de de Quentin de Ran. dans le groupe d'extrême droite impliqué dans dans les violences, c'était un groupe exclusivement masculin mais qui disentil était sur place pour assurer la protection en tout cas c'est c'est comme ça qui justifie leur présence d'un groupe pour le coup qui s'appelle le collectif Némésis qui est un groupe d'extrême droite exclusivement féminin qui prône un féminisme identitaire je cite c'est leur leur terme un féminisme de droite.

Et donc là pour le coup on est sur un groupe féminin. Donc ils se disent toujours euh et être là en défense de femmes, enfin toujours en tout cas dans ce cas-là. Mais il y a une une question euh je trouve intéressante dans les travaux que vous faites, c'est de souligner le le d'afficher sa virilité.

Euh c'est très présent dans dans ces groupes-là des deux côtés. Bien sûr. Alors pour ce qui est du du cas des militants des le le le le le l'événement autour de la mort de Quentin Duran qui est absolument emblématique de ça.

Si quand on écoute enfin quand quand on on lit ce que racontent les militants notamment au cours de leurs auditions quand ils expliquent leur présence, c'est vraiment des procheux alliés qui disent que des femmes donc les mites du collectif avaient prévu de faire un un happening devant la devant Sciencepo Lyon où devait se tenir la conférence de de Rima Hassan. qu'elles allaient très prolant être agressé d'après eux. Et donc il fallait absolument que en tantomme ils viennent protéger ces femmes euh et que en gros comment pouvait-il en tant qu'homme refuser de venir prêter assistance euh et défendre euh Cors Âm euh ses femmes ?

Donc la dimension viriliste euh est absolument évidente de ce côté-là. Euh du côté des groupes antifascistes, il y a évidemment également un certain nombre de dynamiques virilistes qui sont qui sont à l'œuvre. Je le disais précédemment, on est pour le coup pas sur des groupes qui sont exclusivement masculins.

Donc là déjà, on peut noter quand même une différence disons d'un bord d'un bord à l'autre, c'est plus mixte. Tout à fait. Euh et d'autre part euh ces codes de virilité qui vont être mobilisés notamment pour les revendication.

En fait, il y a il y a tout un ensemble de codes qui régites mobs, la communication autour de ces mobs. Elles sont elles sont revendiquées à postéori très souvent avec des photos qui sont publiées sur les les réseaux sociaux. Et évidemment, la tendance sur ces photos est plutôt de vouloir montrer les muscles, euh de d'intimider l'adversaire.

Euh et ces codes-là qui sont parfois repris par des groupes euh antifasciste font également l'objet de débat et de critique. En interne. On va avoir des groupes qui vont plus ou moins les mobiliser, plus ou moins revendiquer euh ce ce type de de choses.

Donc plus ou moins mettre en scène cette force, leur corps aussi. Parce que vous dites après l'affrontement, si on met les ces vidéos ou ces photos en ligne, c'est qu'on s'en vente de ce qui s'est passé. Enfin, c'est ça fait partie aussi de ce de ce processus de violence.

On a parlé de ce qui se passe avant l'affrontement, pendant, mais après en général, on en fait quelque chose de ce qui s'est passé. Bien sûr, quand quand on parlait tout à l'heure de la question un peu de de l'organisation de de ces mobs, ce qui est prévu en amont et ce qui a quasi systématiquement lieu, c'est que de part et d'autres des deux groupes qui s'affrontent, une ou des personnes ont littéralement pour rôle de filmer la scène. C'est ce qu'on a vu d'ailleurs sur les images de l'affrontement qui précède la mort de de Quentin de Ran.

Un certain nombre de de participants filment la scène à l'aide de leur téléphone portable et en général le groupe qui l'emporte entre guillemets sur le terrain va ensuite revendiquer sa victoire. Donc éventuellement en diffusant des extraits des vidéos de l'affrontement avec cette volonté de montrer sa supériorité à l'adversaire. Donc on va montrer des scènes d'humiliation de l'adversaire qui prend la fuite, on va se moquer de sa fuite et cetera et cetera.

Et donc à chaque fois presque les affrontements sont revendiqués par le groupe qui obtient la victoire. La chercheuse d'Isabelle Somier qu'on citait tout à l'heure écrit que parmi les causes de cette violence, il parmi parmi d'autres mais il y a la polarisation croissante de la vie politique de notre pays, l'éclatement du système partisan, la brutalisation des discours qui ont conduit à des tensions de plus en plus vives entre adversaires politiques, que ce soit dans l'hémicycle, dans la rue ou bien évidemment dans les mythiques, meeting et événements politiques. Je la cite en tant que journaliste spécialisé dans ces questions.

Sébastien Bronau comment vous préparez-vous à la campagne présidentielle ou peut-être plus simple et plus juste que vous a appris celle de 2022 ? Alors, ce que nous a appris de la campagne présidentielle de de 2022 sur la question des violences politiques et notamment de de ces groupes, euh c'est que euh une campagne politique euh c'est évidemment un moment avec euh tout un tas d'événements publics, des meetings, des manifestations et cetera, qui sont en fait autant d'événements autour desquels peuvent avoir lieu des mobs et donc peuvent avoir lieu des confrontations. C'est ce qu'on a vu de façon extrêmement claire au meeting, au premier meeting de d'Éric Zemour, son meeting de lancement de campagne à Ville-pinte en décembre 2021.

Ce jour-là, un certain nombre de groupes antifascistes avaient appelé à perturber la tenue de de ce meeting. Et donc, en prévision de la potentielle présence de militants antifascistes, des militants de l'extrême droit radical à l'époque regroupés autour d'un groupe qui s'appelait les oua Paris, s'étaient eux-mêmes mobilisés pour venir dans les environs du meeting d'Éric Zemour avec cette idée de trouver éventuellement un groupe d'antifasciste et de pouvoir se confronter à eux. pas forcément pour écouter Eric Zemour, mais pour pas forcément pour écouter Eric Zemour, mais bien pour euh en découdre à l'extérieur de la salle.

On on l'a vu, il y a des images de ça, il y a une quarantaine, cinquantaine de militants extrêmement qui ont sillonné le quartier. Le dispositif policier était assez important, donc il y a pas eu d'affrontement majeur à l'extérieur à l'extérieur de la salle. Et donc ce groupe-là en fait a fini par aller dans la salle du meeting et c'est à ce moment-là où des militants et militantes de SOS racisme ont euh ont organisé un un happening pacifique et c'est euh et c'est on l'a vu sur les images ces mêmes militants qui du coup ont été agressés par ces militants d'extrême droite qui en gros se sont rabattus sur cette cible parce qu'ils n'avaient pas trouvé les militants et militantes antifascistes qu'ils espéraient trouver à l'extérieur.

De la même façon, la campagne des européennes de 2024, il y a eu une autre affaire. En fait, les succès électoraux ou la perspective de succès électoraux du RN et de l'extrême de façon plus générale a tendance à désinhiber disons ces militants en extrême droite. On le voit déjà de façon assez large avec une libération de la parole raciste, une multiplication des agressions, mais il y a un cas assez emblématique où le soir des résultats des européennes en juin 2024, un certain nombre, enfin quatre militants d'extrême droite parmi lesquels Gabriel Louo qui est un des cadres du GUD du groupe Union Défense euh qui est un un militant néonazzi, ils ont célébré la victoire du du RN pendant la soirée et ensuite ils sont allés euh à Paris euh et ils sont rendu du coupable d'une agression homophobe.

Ils ont été condamnés pour ça et en garde à vue, ils étaient alcoolisés, il raconaient, il disaient au policiers, "J'ai plus la citation exacte, mais en gros vous verrez quand Bardella sera au pouvoir et quand Hitler reviendra." C'est quelque chose de ce de ce style là qui disait et donc on voit bien évidemment le lien qu'il que eux-mêmes font et verbalisent entre le résultat du RN et cette victoire attendue et leur action. Il dit "Vous ne savez pas qui je suis.

Demain à 14h, vous êtes viré sous-entendu comme le Rassemblement national vient de de de d'obtenir une victoire éclatante aux élection européenne dans la nuit du 9 au 10 juin 2024 et c'est ce même Gabriel Lou figure des Hussars Paris puisque le GUD a été dissou et donc les usards Paris c'est est né de cette dissolution. Il a été condamné là tout récemment à 6 mois de prise en ferme pour une autre affaire pour violence en réunion. Il avait roué de coup un homme qui le filmait en train de faire des salut nazis dans un bar parisien.

Euh voilà pour euh je vous posais cette question un peu délicate Sébastien Bourdon, de comment vous anticipez la campagne. L'anticipation c'est toujours un exercice périlleux. En revanche, ce dont on est sûr et on peut conclure avec ça, c'est que la guerre civile n'a pas eu lieu.

Et en janvier, en février, c'était quand même pas sur toutes les lèvres, ce serait un peu exagéré, mais on c'était c'était ce qui nous semblait advenir ce qui semblait advenir à beaucoup de de titres de presse ou dans les débats publics politiques. Évidemment, c'est c'est une question qui s'est beaucoup posée au lendemain de de la mort de Quentin Doran. Elle n'a pas eu lieu fort heureusement.

Il faut pas oublier que un certain nombre de ces militants d'extrême droite continuent de l'appeler de leur vœux et œuvre pour son déclenchement. Merci beaucoup Sébastien Bourdon d'avoir été avec nous pour en parler ce matin. Vous avez publié au seuil l'année dernière drapeau noir jeunesse blanche enquête sur le renouveau de l'extrême droit radical et toujours au seuil une vie de lutte plutôt qu'une minute de silence enquête sur les antifas.

Merci d'avoir été avec nous. Merci. [musique] Michel Foucoot est l'auteur de sciences humaines le plus cité au monde.

Pour le centenaire de sa naissance en 2026, des extraits de ses cours au Collège de France permettent de s'immerger dans la pensée du philosophe en résonance avec les questions et les inquiétudes actuelles. Le mot qui me paraît le plus perfide, c'est pas le mot fou. Le mot que je redoute moi, c'est malade mental.

Fouo, retrouvé