Éric Coquerel : "Avec Europe Ecologie, on a des différences, pas forcément irréconciliables"
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Vous-même, avez-vous l'impression de vous être relâché ces derniers jours ?
- 1:14FerméeRéponse directe
Ça veut dire qu'il faut rendre le masque obligatoire dans les lieux publics, y compris les lieux clos ?
- 2:35OuverteRéponse partielle
Les accords vont être signés à Matignon cet après-midi. 180 euros d'augmentation nette mensuelle. C'est un bon début ?
- 3:25FerméeRéponse partielle
Le compte n'y est pas, 7 milliards et demi ?
- 6:20OuverteRéponse directe
Qu'en attendez-vous ?
- 7:36OuverteÉludée
Sur les contreparties, l'Assemblée a voté la semaine dernière une mesure pour contraindre les grandes entreprises à publier tous les ans leur bilan carbone avec une amende de 375 000 euros en cas de manquement. Là, on avance.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Invité politiqueFait
« Il y a des photos qui ont circulé où je dois dire que je n'ai pas été forcément le plus prudent. »
- 0:46Invité politiqueFait
« Par exemple, dans la ville de Saint-Ouen, il y a une école. Il y a eu de nouveau des cas. »
- 1:06Invité politiqueFait
« Et ça me rappelle un peu, vous savez, les deux premières semaines de mars, quand on pensait qu'il y avait des clusters, des foyers. »
- 2:43Invité politiqueFait
« Déjà, il a fallu le Covid pour que le gouvernement commence à bouger sur les revendications des soignants, alors que ça fait un an et demi qu'ils étaient mobilisés, même deux ans, en demandant des choses qui, non seulement étaient justes pour eux, augmentation de salaire, mais surtout nécessaires pour la santé publique en France. »
- 3:04Invité politiqueChiffre
« 65 000 soignantes et soignants ont été atteints du Covid. »
- 4:39Invité politiqueChiffre
« Depuis Emmanuel Macron, l'hôpital public a ainsi perdu 12 milliards par rapport à ce qui lui serait nécessaire. »
- 5:19Invité politiqueFait
« Trois ans, c'est-à-dire ? »
- 5:33Invité politiqueChiffre
« Leur proposition, c'était, de façon simplement, être à la moyenne de l'OCDE, 300 euros d'augmentation minimum par mois, et non 180, comme c'est proposé. »
- 5:44Invité politiqueChiffre
« Les propositions, c'était 300 000 personnes embauchées dans les EHPAD, parce qu'il ne faut pas oublier les EHPAD, 100 000 dans les hôpitaux, et arrêtées avec la suppression des lits, qui continue aujourd'hui. »
- 6:45Invité politiqueFait
« 12 mars dernier, vous vous rappelez avant le confinement, qu'est-ce qu'il nous dit ? Je dois me réinventer. »
- 7:07Invité politiqueFait
« De l'argent donné aux entreprises, sans aucune conditionnalité sociale et écologique. »
- 8:55Invité politiqueChiffre
« 460 milliards, dont une bonne part, malheureusement, d'exonération, ce qui va charger la dette sociale au lieu de la dette de l'État. »
- 10:06Invité politiqueChiffre
« WWF, qui n'est pas une bande de gauchistes, qui est présidée par Isabelle Otissier, vient de sortir un plan où il estime qu'entre 2020 et 2023, il faut 14 milliards d'euros par an pour le transport, les énergies renouvelables, etc. et que ça créerait 1,8 million d'emplois. »
- 10:30Invité politiqueChiffre
« Non, 4 milliards pour la rénovation thermique, et il le prévoit. »
- 10:44Invité politiqueChiffre
« nous avions proposé notre programme en 2017, l'Avenir en commun, nous avions dit qu'il faut 50 milliards immédiatement pour la transition énergétique calculée. Ça faisait 10 milliards par an. »
- 11:50Invité politiqueFait
« Vous avez des entreprises comme Nokia, par exemple, qui est en train de supprimer des postes en utilisant le Covid pour faire passer des plans de restructuration qui étaient prévus depuis 2018. »
Temps de parole
- Éric Coquerel77 %
- Présentateur14 %
- Auditeur4 %
- Auditeur 24 %
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L'invité du grand entretien est député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Vos questions, chers auditeurs, au 01 45 24 7000. Bonjour Eric Coquerel. Merci d'être avec nous sur France Inter. On va parler avec vous du nouveau gouvernement, des réformes, de la relance. Mais d'abord, question d'actualité, la polémique du jour. On a vu ce week-end la foule pour un match de foot, un concert à Nice, une rave-party dans la Nièvre. Alors que le Covid circule plus ces dernières semaines que tous les experts s'alarment. Vous-même, avez-vous l'impression de vous être relâché ces derniers jours ?
Oui, incontestablement. Je me suis dit ça ce week-end. Il y a des photos de... Vous savez, je suis souvent dans des manifestations. Il y a des photos qui ont circulé où je dois dire que je n'ai pas été forcément le plus prudent. Voilà. Et je m'en veux. Parce que ce que vous donnez en termes de chiffres, moi je le sens dans ma circonscription. Par exemple, dans la ville de Saint-Ouen, il y a une école. Il y a eu de nouveau des cas. On me dit, une pharmacienne me dit qu'il y a une recrudescence. J'ai moi-même à nouveau des connaissances qui ont attrapé le Covid. Et ça me rappelle un peu, vous savez, les deux premières semaines de mars, quand on pensait qu'il y avait des clusters, des foyers.
Et qu'en réalité, il était déjà largement en train de se disséminer. Donc, moi je pense qu'il faut évidemment à nouveau être très restrictif sur les gestes barrières, sur les protections.
Ça veut dire qu'il faut rendre le masque obligatoire dans les lieux publics, y compris les lieux clos ?
Oui, si c'est nécessaire, oui. Mais ce qui m'étonne, c'est que j'ai vu la tribune de médecins. Dans le Parisien hier. Voilà, je suis quand même étonné que le gouvernement, en fonction de données, notamment au niveau de l'épidémie, semble hésiter. Je veux dire, c'est toujours un peu cette impression d'improvisation qu'on avait eu déjà avant le premier confinement, qui se répète. Est-ce que c'est nécessaire ou pas ? Si c'est nécessaire, on le fait. Voilà. Alors moi, je pense que les médecins ont raison. En tout cas, moi, je me l'applique.
Très bien. Donc, Jean Castex, il réfléchit, dit-il. Voilà, il réfléchit. L'État est trop laxiste.
C'est quand même un problème d'y réfléchir.
L'État est trop laxiste. On va dire après qu'il est trop liberticide.
Non, c'est pas la même chose. À un moment donné, avoir des mesures de protection, c'est pas la même chose que, par exemple, prolonger l'état d'urgence comme ils l'ont fait dans le droit commun pour interdire des manifestations. Vous voyez ? Il y a une différence profonde entre, justement, à un moment donné, prendre des mesures sanitaires, par exemple, demander aux gens de mettre un masque dans les lieux fermés, ça ne me choque pas, et prendre des mesures qui, selon le bon vouloir du gouvernement, selon ses décisions, peuvent interdire des manifestations. Ça, c'est liberticide. L'autre option, c'est-à-dire, par exemple, les protections, c'est une question sanitaire et médicale.
Éric Coquerel, le 14 juillet, demain, un 14 juillet spécial cette année, avec l'hommage à ceux qui sont en première ligne dans la lutte contre ce Covid, les soignants, et à propos des soignants, le Ségur de la santé qui s'est achevé la semaine dernière. Les accords vont être signés à Matignon cet après-midi. 180 euros d'augmentation nette mensuelle. C'est un bon début ?
Déjà, il a fallu le Covid pour que le gouvernement commence à bouger sur les revendications des soignants, alors que ça fait un an et demi qu'ils étaient mobilisés, même deux ans, en demandant des choses qui, non seulement étaient justes pour eux, augmentation de salaire, mais surtout nécessaires pour la santé publique en France. Plus de lits d'hôpitaux, plus de personnel, et on voit combien ça a manqué pendant le Covid. C'est les premiers, je vous rappelle, qui l'ont payé. 65 000 soignantes et soignants ont été atteints du Covid. C'est énorme, et malheureusement avec beaucoup de décès. Donc ça, c'est un premier constat. Bon, ça commence à bouger. Mais manifestement, le compte n'y est pas.
On a l'impression toujours que nos héros d'hier, ceux que nous avons célébrés sur les balcons, eh bien, à un moment donné, ça coûte trop cher. Bon, c'est quelque chose qui n'est pas supportable.
Le compte n'y est pas, 7 milliards et demi ?
Non, le compte n'y est pas. Je vais vous dire pourquoi le compte n'y est pas.
7 milliards et demi, c'est quand même sur la table. On parle de majorer les heures de nuit, d'heures supplémentaires, de recruter aussi.
Pas de problème. Je vais revenir un petit peu. De recruter, c'est encore flou. Mais je vais revenir en arrière, parce que je crois que pour comprendre, il faut revenir il y a une trentaine d'années. Vous savez qu'après le Conseil national de la résistance, en gros, on a adopté un principe de santé, qui était que chacun avait, selon ses besoins, et payé à hauteur de ses moyens. C'est-à-dire, pour être clair, on déterminait les besoins de santé, et on cherchait les recettes après, dans un mécanisme de solidarité que s'étaient donnés les salariés. L'ONDAM est créé en 1995. C'est quoi l'ONDAM ?
C'est le fait que désormais, on décide de recettes, et quelque part, on adopte l'offre de santé à ces recettes. On a donc inversé la logique. Et ça, ça a une conséquence très claire, je veux dire, sur les 7 milliards et demi. Chaque année, il y a à peu près 4% d'augmentation de soins nécessaires, du fait de l'augmentation de la population. C'est un calcul qui a été donné, qui n'est contesté par personne. Et chaque année, l'augmentation des dépenses publiques au niveau de la santé est toujours inférieure à ces 4%. Par exemple, 2019, c'est plus 2,3%. Calculé, ça fait 1,7%. 1,7%, c'est des dizaines de milliards en moins.
Depuis Emmanuel Macron, l'hôpital public a ainsi perdu 12 milliards par rapport à ce qui lui serait nécessaire. Donc, je reviens aux 7 milliards et demi. Vous voyez bien que le compte n'est pas, surtout que les 7 milliards et demi, là, nous parlons de moyens mis, j'allais dire, pour toute la profession médicale, privée, publique, et pas seulement publique. Alors, ce qu'il faut, c'est très simple. Il faut revenir sur cette logique d'Ondam. Je pense que la santé, et on vient de s'en apercevoir, c'est un bien qui ne doit pas être discuté, qui ne doit pas être soumis à la rentabilité. Donc, cette niagne, c'est pas assez, on met combien, Eric Coquerel ? Comment ?
Combien on met pour l'hôpital public ? Si, au niveau du Ségur, on avait invité, et non seulement les syndicats représentatifs, qui, majoritairement, sont contre le plan Ségur. Trois ans, c'est-à-dire ? Oui, mais CGT et Solidaires sont très largement majoritaires en termes de syndiqués dans ce pays. Mais si, en plus, on avait invité le comité Interurgence, qui, depuis deux ans, se mobilise, ils auraient donné leur proposition. Leur proposition, c'était, de façon simplement, être à la moyenne de l'OCDE, 300 euros d'augmentation minimum par mois, et non 180, comme c'est proposé.
Les propositions, c'était 300 000 personnes embauchées dans les EHPAD, parce qu'il ne faut pas oublier les EHPAD, 100 000 dans les hôpitaux, et arrêtées avec la suppression des lits, qui continue aujourd'hui. Et là-dessus... Il n'y a pas de réforme de la santé, c'est ça que vous êtes en train de nous dire. Et c'est urgent, parce que je vous rappelle une chose, je crains, on vient d'en parler, je crains bien qu'il y ait une nouvelle vague épidémique. Si, d'ici la nouvelle vague épidémique, on n'a rien fait, en termes de matériel, je vous rappelle qu'on a des soignants qui se sont fabriqués des masques avec des imprimons de 3D, d'accord, qui ont mis des blouses à la place des masques.
Si on n'a rien fait en termes de matériel, de nombre de lits, de moratoires sur les suppressions qui sont annoncées, et qui continuent, je vous assure qu'on va se retrouver à nouveau dans une situation insupportable.
Éric Coquerel, Emmanuel Macron renoue avec la tradition, demain 14 juillet, prise de parole, interview, il devrait fixer les grandes lignes des 600 derniers jours du quinquennat, l'intervention du président. Qu'en attendez-vous ?
Pas grand-chose. Parce que Emmanuel Macron a une particularité, c'est qu'il fait des déclarations, et souvent les faits les contredisent. Donc il a, parfois on trouve dans son vocabulaire, des mots qui sont les nôtres. Je donne un exemple. 12 mars dernier, vous vous rappelez avant le confinement, qu'est-ce qu'il nous dit ? Je dois me réinventer. Ça veut dire, en gros, je me suis planté depuis deux ans et demi, ma politique n'était pas la bonne. Il le dit, le marché ne peut pas tout, vive l'État-providence. Et qu'est-ce qu'on constate ? C'est que dans les faits, projet de loi de finances rectificative, après projet de loi de finances rectificative, on adopte exactement les mêmes méthodes.
De l'argent donné aux entreprises, sans aucune conditionnalité sociale et écologique. Le fait de toujours mettre la plupart des aides aux entreprises sous le sceau des exonérations, ce qui prend de l'argent justement aux cotisations sociales, aux dépenses sociales. Donc en réalité, il fait la même politique. C'est pour ça que les mots d'Emmanuel Macron, les discours d'Emmanuel Macron, contredits par les faits, vous permettraient de m'en méfier. Demain, je serai plutôt le 14 juillet, à 14h en République, pour manifester avec les soignants.
Sur les contreparties, l'Assemblée a voté la semaine dernière une mesure pour contraindre les grandes entreprises à publier tous les ans leur bilan carbone avec une amende de 375 000 euros en cas de manquement. Là, on avance.
Non, non. Cet amendement, c'était un amendement leur, on n'est pas le seul à le dire, qui a été fait justement pour contrecarrer les amendements de l'opposition qui ont été proposés. Pourquoi c'est un amendement leur ? D'abord, parce que la première partie de ces amendements ne fait que répéter ce qui est prévu dans la loi. On dirait que ce n'est pas vraiment une avancée. C'est un peu une tautologie. La deuxième chose, c'est que ce que vous indiquez, n'est que, j'allais dire, c'est une volonté. On dit aux entreprises, attention, si vous ne faites pas ça, on va faire ça.
Il n'y a pas de conditionnalité qui consisterait, par exemple, à dire aujourd'hui qu'à partir du moment où on met de l'argent, eh bien, il faut respecter, par exemple, le fait de ne pas produire plus de carbone, plus de gaz à effet de serre que ne l'indiquent les accords de Paris.
Ça, ça serait drastique. Pour Réfrance, Eric Coquerel, par exemple, il y a les interruptions de ces vols à courte distance, par exemple. Ça, c'est une contrepartie.
Nous allons voir comment les contreparties se font. Mais ce que je constate, c'est que pour Réfrance, on accepte aussi les suppressions de postes, manifestement. Et ça, nous ne sommes pas d'accord. Nous, nous le disons, il y a une autre logique à faire. À partir du moment où on met de l'argent dans l'économie, où l'État intervient, joue son rôle. Et ça, évidemment, c'est positif. On est d'accord.
460 milliards d'euros débloqués pendant la crise pour aider les secteurs en difficulté, le chômage partiel.
460 milliards, dont une bonne part, malheureusement, d'exonération, ce qui va charger la dette sociale au lieu de la dette de l'État. Ce qui est une grosse différence, parce que la dette sociale, je vais être technique de minute, la dette sociale, vous êtes obligés de payer le stock de la dette. D'accord ? Ce que nous, nous proposons d'annuler pour la dette de l'État. On y reviendra peut-être après. Et donc, ça coûte quelque part plus cher à la collectivité. Et en plus, si l'État, au bout d'un moment, ne compense pas, ça va faire en sorte que les comptes sociaux vont être déficitaires.
Donc, les mécanismes de solidarité qui ont été si utiles pendant la crise seront à nouveau, j'allais dire, en recul. Donc, ce système-là n'est pas un bon système. Ce qu'il faudrait voir, c'est qu'à partir du moment où on met de l'argent, dès maintenant, on construit le monde d'après. Et nous, on le propose. C'est avec une planification écologique, de façon à faire en sorte que l'économie soit orientée, orientée. Un plan de déconfinement économique
avec un virage écologique, c'est ça ?
C'est une bifure question écologique absolument nécessaire. Que vous allez présenter demain, je crois. Ou mercredi. On le propose le 16, oui, c'est ça. C'est une bifure question écologique qui permet, à partir du moment où l'argent met de l'État, de mettre des conditions, d'orienter une politique vis-à-vis du transport, y compris en revenant à des services publics du transport à Monopole. C'est-à-dire, on arrête avec l'ouverture de la concurrence, on met de l'argent réellement dans le fret ferroviaire, dans les transports. Ça a été calculé.
Si on ne veut pas prendre nos chiffres, on peut s'entendre, mais WWF, qui n'est pas une bande de gauchistes, qui est présidée par Isabelle Otissier, vient de sortir un plan où il estime qu'entre 2020 et 2023, il faut 14 milliards d'euros par an pour le transport, les énergies renouvelables, etc. et que ça créerait 1,8 million d'emplois. C'est ça qu'il fallait faire tout de suite.
15 milliards d'euros de plus promis par Macron pour la transition énergétique, ça existe.
Non, 4 milliards pour la rénovation thermique, et il le prévoit. Il prévoit cette somme globale d'ici la fin de son mandat. Mais nous, ce qu'on dit, c'est que c'est par an. Et le WWF dit la même chose, c'est par an. C'est-à-dire que, quand nous avions proposé notre programme en 2017, l'Avenir en commun, nous avions dit qu'il faut 50 milliards immédiatement pour la transition énergétique calculée. Ça faisait 10 milliards par an. Avec l'inflation, on est exactement sur les 14 milliards que propose le WWF. Il faut savoir ce qu'on veut. On entend. Il faut savoir ce qu'on veut.
Est-ce qu'on veut faire en sorte que l'économie soit orientée différemment dans les 10 ans à venir, ce que les spécialistes estiment être le temps qui nous reste pour éviter la catastrophe environnementale ?
On entend, ce n'est jamais assez. Mais quand même, malgré tout, Barbara Pompili dans le Parisien annonce ce vaste programme d'innovation thermique jusqu'à 5 milliards d'euros, Éric Ocrel. On ne peut pas dire qu'il ne se passe rien.
Une fois de plus, revenons sur quel est cet argent. À partir du moment où c'est de l'argent qui est mis, par exemple, d'aide aux entreprises en exonération, je vous ai dit le mal que j'en pensais. Encore une fois, c'est les comptes sociaux qui vont être déficitaires. Ce n'est pas comme ça qu'il faut agir. On donne de l'argent, par exemple, à des entreprises, aujourd'hui, sans contrepartie. C'est une politique qui dure depuis 30 ans. On a fait le CICE de l'argent donné à hauteur de 100 milliards par an, sans contrepartie. On a fait le crédit impôt recherche. C'est pareil, sans contrepartie. Là, on propose, de la même manière, de mettre de l'argent sans contrepartie. Le bilan, c'est quoi ?
Le bilan, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des entreprises comme Nokia, par exemple, qui est en train de supprimer des postes en utilisant le Covid pour faire passer des plans de restructuration qui étaient prévus depuis 2018.
Mais regardez Airbus, par exemple, qui touche des aides et qui, du coup, réduit de 1 500 le nombre de postes supprimés.
C'est que ça marche. Oui, c'est pour ça que nous... Il faut les aider, ces entreprises.
Vous êtes d'accord ?
Mais là, il n'y a pas de souci. Nous pensons que nous, mais par contre, il faut l'intégrer dans un plan plus vaste. Justement, revenons à la question de la planification. Il faut, par exemple, un pôle public du transport qui s'appuie sur des entreprises publiques. Pas des entreprises privées, des entreprises publiques qu'on nationalise au besoin, y compris, par exemple, la SNCF à qui on redonne un rôle d'entreprise publique à 100%. Et je pense que c'est la même chose avec Air France, etc. Et à partir de là, on peut effectivement faire une répartition, j'allais dire, entre les moyens de transport de façon à privilégier les moyens de transport les plus écologiques.
Sans pour autant de perte d'emploi parce que, dans le même temps, nous, ce que nous proposons, c'est le partage du temps de travail. La France est le pays où les gens ont le taux de productivité le plus important en Europe. D'accord ? Je suis halluciné qu'Emmanuel Macron ait osé dire l'autre jour qu'il fallait que la France travaille plus. La France, les gens travaillent, ont le taux de productivité le plus important qu'on l'écoute bien parce qu'on le dit rarement. Et à partir de là, ce qui est question, c'est que, par contre, tout le monde travaille.
Et pour que tout le monde travaille, il faut revenir sur la répartition du temps de travail, revenir à 35 heures, aller vers 32 heures, c'est ça la solution au lieu de produire toujours plus, de croire toujours plus dans un contexte où on voit qu'on ne peut pas se le permettre.
Éric Coquerel, vous avez lâché ce mot planification. Emmanuel Macron pourrait annoncer, demain, la création d'un haut commissariat à la planification. Ça va complètement dans votre sens. J'applaudis, nos idées avancent.
Moi, je veux... Alors là, si jamais il fait ça et que, évidemment, c'est quelque chose qui a un sens parce qu'il peut aussi mettre une belle étiquette, ça, il nous l'a déjà fait, avec absolument rien dedans. Mais s'il met un véritable comité de planification, enfin, le terme qu'il a repris et que c'est quelque chose qui va dans ce sens-là, nous, on applaudit. Nos victoires idéologiques, vous savez, on est assez heureux que les autres se le partagent. Donc, tant mieux si c'est le cas.
On va aller faire un tour au standard, retrouver les auditeurs d'Inter et on commence avec Roger. Roger, bonjour, bienvenue, Roger. Bonjour. Vous nous appelez de Gap, je crois.
Oui, Gap dans les Alpes du Sud. On vous écoute. Pour continuer dans cette discussion, la Covid, elle a permis de baisser de 8% les émissions de CO2. Voilà, c'est une bonne nouvelle pour la planète, pas forcément une bonne nouvelle pour l'économie. Si on veut arriver à la neutralité carbone, il faudrait qu'on ait moins 8% jusqu'en 2030. Et là, on arrivera à la neutralité carbone. Là, ça situe le chantier. Il est énorme. C'est énorme. Et donc, à dire qu'on continue à relancer ce type d'économie sur l'avion, sur les transports, même en nous disant que ça va faire des transports verts, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai. On imagine bien.
Quand vous voyez l'échelle qu'il faut mettre en place, c'est moins 8% pendant 10 ans. Ce n'est pas trois voitures électriques. Non, non, non. C'est carrément une radicalité. Et pour l'instant, ce que je voulais poser comme question, c'était quelle était la stratégie pour la France insoumise pour arriver à cette neutralité carbone.
Roger,
moins 8% pendant 10 ans, je répète.
Merci Roger
pour cette question. Éric Coquerel vous répond. C'est simple. En tout cas, c'est une politique économique qui est compréhensible. C'est-à-dire qu'on privilégie les domaines dans lesquels il faut investir pour modifier justement notre empreinte carbone. Alors, c'est quoi ces domaines ? C'est le transport en premier. 30% à peu près des gaz à effet de serre émis. Donc, je l'ai dit tout à l'heure, on fait en sorte de privilégier les transports en commun, de privilégier le train, de privilégier le frais de ferroviaire. On arrête de casser les lignes comme Perpignan-Ringis qui est en péril et que le gouvernement, contrairement à ce qu'il dit, ne remet pas en service.
Ça, c'est une politique qui est absolument indispensable. Et pour que cette politique est indispensable, par exemple, pour qu'on décide, nous, on l'avait proposé en 2017, on disait plus aucun camion ne circule en France venant de l'étranger, ça veut dire qu'on fait du ferroutage. Un camion arrive à une frontière, il est mis sur un train et il va ainsi jusqu'à la frontière qu'il voulait atteindre. C'est une politique qui nécessite des investissements, qui nécessite de revenir sur cette stupidité d'ouverture à la concurrence du frais de ferroviaire qui a cassé le frais de ferroviaire en France et qui a, après, nous a fait basculer sur le tout camion.
Donc, voilà, investissement dans le transport, chemin de fer, transport en commun, investissement sur les énergies renouvelables parce que nous pensons comme le scénario néga-watt qui a été fait qu'en 2050, on peut être à 100% renouvelable et je peux vous assurer que les gisements d'emploi sont absolument importants. investissement dans l'économie de la mer. Ça, c'est un autre bon point, oui, j'en donne au gouvernement. Il y a enfin le ministère de la mer, nous le réclamons depuis longtemps, on verra aussi ce qui est dedans, mais au moins déjà, on revient au ministère de la mer.
Donc, il faut investir de manière écologiquement soutenable sur le domaine maritime parce qu'on sait que la population mondiale ne s'est sans augmenter. Un pays comme la France, qui est le deuxième pays en termes de surface maritime, a évidemment beaucoup de ressources à ce niveau-là, etc. Et on va créer des emplois. On va créer des emplois. Je vous disais tout à l'heure, d'ici 2030, WWF estime que c'est 1,8 million d'emplois créés. Donc voilà, c'est une question de choix plus la répartition de travail pour permettre aux gens de travailler de plus tard. Pour ça, il faut les chercher les richesses. Il faut qu'on arrête de gagner le capital comme on le fait depuis des années.
Malgré votre discours vert au chapitre des municipales, Éric Coquerel, elles ont été, ces municipales pour la France insoumise, un échec, reconnaît Jean-Luc Mélenchon hier dans le JDD, le journal du dimanche. On a vu en revanche la vague verte. Alors, est-ce qu'il n'est pas temps pour la France insoumise de se fondre dans autre chose ?
Je n'ai pas vu qu'il reconnaissait ça. J'ai vu qu'on lui posait la question, mais je n'ai pas vu sa réponse. Écoutez, de se fondre dans quoi ? France insoumise, c'est un programme d'adéron commun qui a eu 7 millions de voix en 2017. Ce n'est pas rien. C'est d'abord un programme France insoumise, porté par un homme de talent, Jean-Luc Mélenchon, qui a su le populariser. Ce programme, aujourd'hui, est-ce qu'il n'est pas d'actualité ? Par exemple, on voit que le gouvernement commence à dire qu'il faut l'investissement dans l'isolation thermique. C'est ce que nous avons dit dans notre programme. On voit que le gouvernement parle de planification.
Nous avons été parmi les seuls depuis des années à parler de planification, etc. parle de relocalisation, c'est ce que nous avons demandé. Donc ce programme, nous on pense que, actualisé bien évidemment, il reste toujours opérant. Il faut donc partir du programme. Est-ce qu'il y a des partenaires qui sont d'accord avec nous, et c'est ce que nous sommes en train de vérifier, pour aller jusqu'au présidentiel et législatif sur un programme qui est un programme de rupture ? Parce que nous avons besoin de rompre avec le modèle productiviste et le modèle du capitalisme financiarisé. C'est ça donc qui va se poser. Alors vous me dites les municipales.
Déjà, j'observe une première chose, c'est que les municipales c'est devenu confirme malheureusement que nous sommes de plus en plus dans un régime censitaire. C'est-à-dire ? 60% des gens qui ne votent pas. Parfois 80% les quartiers populaires. Moi, excusez-moi, ça ne me satisfait pas que ce soit, entre guillemets, les classes moyennes et supérieures qui donnent leur représentation politique au pays. Donc on verra bien d'ici les présidentielles, j'espère que les présidentielles, permettront encore à nouveau un vote plus important.
Et nous verrons dans ces cas-là que quelque part ce que nous proposons, j'allais dire parce que ça répond à la fois à la question sociale et écologique et démocratique, eh bien, pourra faire adhérer à nouveau beaucoup de votes électeurs.
À ce propos, sur la présidentielle, retour au standard et nous accueillons Hervé. Bonjour, bienvenue Hervé.
Oui, bonjour à la France Inter et bonjour Eric Coprel. Oui, je vais rebondir sur ce que vous venez de dire. Moi, je trouve qu'il y a à titre personnel des grandes lois d'hommes et de femmes de la France Assoumise ce que je trouve pertinente et intéressante. mais j'en entends aussi au Parti Communiste chez les Verts et même maintenant au Parti Socialiste qui n'était pas le cas depuis longtemps. Or, on voit quand même qu'au second tour des municipales, partout où la gauche s'est montrée unie, avec des listes unies, ça a permis la conquête de très grandes villes Marseille, Bordeaux, Strasbourg, etc.
Or, je repose la question est-ce que la France Assoumise va quand même en tirer les leçons et entamer effectivement une réflexion autour de présenter un front uni au régional et encore plus au présidentiel quitte à ne pas avoir de candidats avec la France Assoumise.
Merci Hervé, on a bien compris votre question. Sans candidats uniques en 2022, la gauche va encore s'émietter, on risque une finale à nouveau Macron-Le Pen. Eric Coquerel.
Alors déjà, je réponds pour les municipales, on a été un appui très important dans plusieurs des villes sans lesquelles les listes dont on parle n'auraient pas gagné. Je pense notamment à Marseille.
Mais c'est une alliance, on est d'accord. Oui, on est d'accord,
mais pour du deuxième tour. Nous, on n'a jamais dit que ce soit pour les départementales ou régionales, qui sont des élections quand même avec des considérants qui n'ont pas les mêmes considérants nationaux en termes d'application je dirais de politique menée, on n'a jamais dit que si c'était sur un bon programme on n'était pas capable à un moment donné de s'entendre. On est en train de proposer à tous les partenaires politiques avec lesquels nous travaillons en priorité le Parti communiste. Ça fait quand même deux élections où nous sommes ensemble où globalement nos députés et les leurs surtout à peu près toutes les plusieurs. Et les écologistes comme Éric Piolle par exemple.
Nous sommes en train de faire une proposition qui est de dire on va jusqu'aux législatives ensemble. Ça inclut les présidentielles régionales, départementales justement pour faire une proposition politique cohérente avec la même stratégie. Ensuite, au niveau du fonds politique moi je remarque quand même qu'avec Europe Écologie on a aujourd'hui des différences. Ce n'est pas forcément irréconciliable mais on a des différences de fonds qui sont celles justement d'un programme d'un côté un programme de rupture comme le nôtre et d'un programme qui me paraît plus être un programme de centre-gauche. Tout le monde ne suit pas
Yannick Jadot non plus chez Europe Écologie.
C'est pour ça que le débat est ouvert. Mais pour l'instant c'est ce que nous disons. Moi j'entends par exemple que quand on me dit il n'y a pas d'horizon indépendable autre que l'Europe des régions on ne veut pas entendre parler de planification etc. Parce que c'est gros nous nous n'avons pas ce choix-là. Donc voilà comment nous avançons mais nous n'avons pas de problème pour essayer de faire en sorte d'avoir un candidat commun si c'est sur un programme de rupture. Et nous avons un bon candidat à mon avis même s'il ne s'est pas déclaré.
On a entendu votre message Eric Coquerel député de la France Insoumise merci d'avoir été avec nous ce matin sur France Inter au revoir bonne journée à vous. Merci.
Merci. Merci.
Éric Coquerel