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interviewSUDRADIO· 4 juin 2026 5 min

Françoise Degois : "Retailleau, Mélenchon, Glucksmann… 3 meetings en juin, mais pourquoi faire ?"

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Invité

Retailleau, Mélenchon, Glucksmann, trois meetings en juin, mais pourquoi faire ? Bonjour Françoise Legoy.

0:06
Présentateur

Bonjour mon cher Jacques.

0:07
Invité

Ce matin, vous vous interrogez sur l'utilité de ces trois meetings de la pré-présidentielle.

0:11
Présentateur

Oui, alors, être ou ne pas être au meeting, telle est la question. La grande question qui occupe tous les états-majors, tous les militants. En l'occurrence, vous le disiez Jacques, celui de Bruno Retailleau, le 20 juin prochain au Parc Floral. Et le président des Républicains, candidat à la présidentielle, se fait du mouron. Il a bien raison, car le premier rang risque d'être assez dégarni. Ah, Jacques, le fameux premier rang, celui que vous et moi, nous avons toujours reluqué en tant que journalistes politiques pour compter ceux qui en sont, ceux qui n'en sont pas, comme on compte les moutons.

Bruno Retailleau, voix rouge, car le patron du groupe LR de l'Assemblée Nationale, Laurent Wauquiez, son grand ami, a fait savoir qu'il n'y serait pas, humiliation 1. Et c'est même amusé, le même Laurent Wauquiez, hier, à être au meeting d'Edouard Philippe, à Bourg-en-Bresse, avec force de sourire, signe de complicité, l'ami de 30 ans, au premier rang. Et le regard tendu de Wauquiez, on le voit très bien, vers les photographes, pour être sûr qu'ils immortalisent cette amitié entre eux, double humiliation. On comprend Bruno Retailleau, et on comprend surtout qu'à ce rythme-là, l'ancien ministre de l'Intérieur devra certainement se retirer pour une raison simple.

La force va à la force, et les champions des sondages, en l'occurrence, c'est Edouard Philippe. Donc tout le monde arrive pour être sur la photo, c'est humain. Mais que Retailleau se rassure, un autre candidat potentiel se torture en ce moment. Raphaël Glucksmann, en meeting le 13 juin au DOC. Remplir la salle, c'est pas forcément un problème. Mais, mais, mais, là encore, le premier rang, qui va être au premier rang ? Depuis des jours, le député européen fait le siège des socialistes pour qu'il vienne, notamment Olivier Faure. Et oui, car sans le parti socialiste, sa machine, ses relais politiques et ses finances, eh bien, Glucksmann ne peut pas grand-chose.

Et si la stratégie du coucou a parfaitement fonctionné pour les européennes, puisqu'il est devenu la tête de l'ISUPS, on sent bien cette fois que les socialistes n'ont pas du tout envie de déléguer la merde des batailles à un candidat qui ne décolle pas vraiment dans les sondages. Même s'il parvient à 10% en moyenne, je rappelle qu'on ne désigne pas en politique celui qui perdra le moins mal. Alors, là encore, la presse scrutera Jacques, qui en est ou qui n'en est pas.

2:20
Invité

Pourtant, vous nous dites que ces meetings sont utiles ?

2:23
Présentateur

Non, il y en a un, surtout, qui n'a pas ce genre d'état, mon cher ami, c'est Jean-Luc Mélenchon. Sans être grand clair, on sait déjà que le meeting de Saint-Denis, le 7 juin, frappera un grand coup. On connaît les qualités de tribun, bien sûr, et de discours de Mélenchon. On connaît l'engouement pour le maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko, inutile de se torturer sur le premier rang, puisque Mélenchon s'en moque parfaitement. Peut-être qu'on aura des surprises. Vous savez que l'équipe de campagne cherche à faire signer, à faire apparaître la pépite de la chanson française, Théodora.

2:52
Invité

Alors, pourtant, précisément, vous nous dites que ces meetings sont utiles ou pas, alors, finalement ?

2:57
Présentateur

Alors, écoutez, utiles, oui, ils sont utiles. Entendons-nous bien, la politique est faite de grands messes. On se souvient du stade Charletti, de Ségolène Royal en 2007. On a rarement fait une telle performance. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, des artistes, mais a-t-elle gagné face à Nicolas Sarkozy ? Non. Les meetings sont essentiels pour la ferveur des militants et pour planter son drapeau sur une idée. François Hollande, en 2012, lance « Mon adversaire, c'est la finance », un meeting. Oui, bien sûr, en cela, ils sont essentiels. Mais c'est moins le cadre, le décorum que le discours.

Et si on devait lire les présidents à l'aune des meetings, eh bien, voyez-vous, Jean-Pierre Chevènement et Éric Zemmour seraient déjà président de la République depuis longtemps. À l'inverse, je vous le dis, on fait un peu d'histoire et d'archéologie politique, les slogans les plus célèbres ne sont pas nés forcément dans un meeting. Comme le fameux « Yes, we can » de Barack Obama, la campagne victorieuse de 2009. Eh bien non, ce slogan vient d'un simple clip enregistré dans un studio feutré quand Obama a été candidat pour devenir sénateur de l'Illinois. Et puis, disons-le tout net, Jacques, je termine.

Ces agitations tous azimus, elles me font sourire, elles me paraissent assez stériles parce que le temps s'est accéléré, même pour la présidentielle, et tout va vraiment commencer à se cristalliser à partir de novembre. La vraie question est donc, être ou ne pas être en situation, au bon moment, et pas dans le bon meeting.

4:16
Invité

C'est drôle d'époque avec Françoise Degoy, chronique que vous retrouvez en podcast sur le site sudradio.fr. Merci Françoise, on vous retrouve dans un instant. Dans ce studio, Jean-François Aquilly. Bonjour Jean-François. Bonjour Jacques. Vous recevez, tout à l'heure, Michel Barnier à 8h15 précise. Alors, lui aussi, il est candidat à la présidentielle ou pas ?

4:35
Locuteur non identifié

Eh oui, il y a deux questions. Et puis, il ira ou il n'ira pas au meeting du Parc floral ? Aussi, le premier rang, là. Mais oui, mais oui, nous poserons ces deux questions-là à Michel Barnier. Nous évoquerons évidemment la situation à droite à quasiment un an de l'élection présidentielle.

4:49
Invité

Et puis, juste après, à 9h30, vous reviendrez pour nous parler dans la vérité en face du match des boomers contre l'emploi des jeunes.

4:56
Locuteur non identifié

Il y en a marre d'accabler les boomers.

4:59
Invité

Voilà ce que nous dira notre invité Guy Barré. Face à la problématique de l'emploi des jeunes. Mais d'abord, on va se détendre un peu avec le Maillot Réveil.