COP 27 : le Président Emmanuel Macron échange avec des jeunes engagés pour le climat.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 15 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quels sont les priorités pour la coopération France-Afrique sur le climat ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment la France peut-elle soutenir l'agriculture africaine face au changement climatique ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Quelles solutions pour l'accès universel à l'énergie en Afrique ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Comment renforcer les partenariats technologiques spatiaux avec l'Afrique ?
- 35:00OuverteRéponse directe
Comment financer la lutte contre le changement climatique de manière équitable ?
- 50:00OuverteRéponse directe
Comment répondre aux pertes et préjudices subis par les pays vulnérables ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:00Andy CostaFait
« Ma présence ici consiste à faire du plaidoyer, pour que nous ayons la possibilité, via la coopération qui lie la France et l'Afrique, d'avoir la possibilité de faire du partage d'expériences, de formations, de renforcement de capacités. »
- 8:00Tamarah Moutotekema BoussambaFait
« L'Afrique a un véritable défi de souveraineté alimentaire, et surtout de sécurité alimentaire, mais le secteur agricole est vraiment vulnérable aux changements climatiques. »
- 15:00Thomas SamuelChiffre
« Il est complètement inconcevable, pour quelqu'un comme moi, sachant que les technologies et les financements existent, qu'il reste 600 millions de personnes, en Afrique subsaharienne, qui n'ont pas d'éclairage le soir. »
- 25:00Intervenant non identifiéFait
« Comment la France pourrait s'inspirer de ce savoir-faire-là, de ce qui a été déjà fait par nos amis anglophones, pour faciliter ces partenariats, sur la technologie spatiale. »
- 35:00NathanChiffre
« Les dix hommes les plus riches de la planète ont doublé leur fortune. On parle aujourd'hui de la plus grande crise énergétique de tous les temps mais on ne va pas se mentir, ce n'est pas du tout une crise énergétique. »
- 1:00:00Emmanuel MacronFait
« On finance de l'humanitaire, de la reconstruction durable et donc des opérations aussi de sécurité civile ad hoc. »
- 1:20:00Emmanuel MacronPromesse
« Je ne mets plus ma garantie sur un projet d'hydrocarbures fossiles. Cela, on ne le fait plus, ni le gouvernement avec les lignes du Trésor, ni l'Agence française de développement. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Monsieur le Président, vous êtes là. [INAUDIBLE] Bonjour Excellence ! Vous allez bien ?
Comment vous allez, Monsieur le Président ? Ça va ? Mais j'espère qu'on aura l'occasion de remettre [INAUDIBLE] [Rires] Vous savez, on a une vie impossible.
Vous allez bien ? Ça va bien. Merci d'être là.
Bonjour ! Bonjour Monsieur le Président ! Vous allez bien ?
Très bien. Rosy Esso. Je me souviens.
Waouh ! Non, mais quand même, c'est pour ça que vous êtes là. Enchanté.
Bonjour Monsieur, comment allez-vous ? Je vais bien. Je suis [INAUDIBLE].
Merci beaucoup. Merci. [INAUDIBLE] Exactement.
C'est chouette que vous soyez là pour faire le suivi. Merci. Merci beaucoup.
Je me souviens très, très bien. Bonjour, vous allez bien ? Très bien.
Oui, merci beaucoup d'être là depuis hier. Tout s'est bien passé ? Vous avez bien dormi ?
Bien, merveilleusement. Bonjour, ça va ? Alors, je suis là, c'est ça ?
Asseyez-vous ! Pardon. Pardon !
Rebonjour. Oui, oui, je sais. Ça va ?
Pardon. Alors, moi je suis à vous. Je voulais, avant qu'on commence l'ensemble des discussions, des événements plus officiels, vous entendre un petit peu, et pas qu'un petit peu d'ailleurs, mais pouvoir avoir le retour.
On s'est croisés, certains, l'année dernière, en marge d'une autre COP, d'autres, j'ai vu le travail que vous menez, et puis c'est un engagement que j'avais pris auprès d'une partie d'entre vous, dans des déplacements ailleurs sur le continent, que vous puissiez être là, et donc je voulais pouvoir un peu vous entendre, que vous me disiez ce qui est important pour vous, et éventuellement si vous avez des questions, mais aussi des messages, voilà, qu'on rentre dans le vif du sujet. On est dans le dur. Qui veut se lancer ?
Moi, ça m'intéresserait. Il y a un micro. Il y en a un autre. [INAUDIBLE] Je ne saurais commencer mes propos sans dire merci au maître du pain et des circonstances, j'ai nommé Dieu, parce que ce n'est pas tout le temps qu'à vélo, on rencontre un président.
Donc merci pour l'honneur que vous nous faites. Je suis Andy Costa, écologiste, ambassadeur ivoirien du vélo en Afrique, et l'honneur m'échoit aujourd'hui d'être en Égypte, sur l'invitation du président français, et surtout de la République française. Ce qui nous impacte positivement aujourd'hui, c'est le changement climatique, et tout le monde entier est convaincu que l'Afrique est le continent du futur.
Mais nous, en tant que jeunes leaders africains, nous pensons que cette responsabilité, qui est grande, ne pourra avoir de l'impact positif que si nous sommes formés et si notre capital humain est développé. C'est la raison pour laquelle ma présence ici consiste à faire du plaidoyer, pour que nous ayons la possibilité, via la coopération qui lie la France et l'Afrique, d'avoir la possibilité de faire du partage d'expériences, de formations, de renforcement de capacités. Je pourrais prendre par exemple, en 1974, quand à l'initiative du président Félix Houphouët-Boigny, du Président Senghor et de Georges Pompidou, vous avez créé la Maison de l'Afrique, qui était un lien entre la France et l'Afrique.
Aujourd'hui, MyDream For Africa souhaiterait que ce lien, qui était un trait d'union, devienne un pont, parce que le pont, ça nous permet d'avoir accès à l'autre rive, pour que nous puissions avoir une mobilité plus simple. Et ça permettra aussi de changer ce sentiment qui prévaut actuellement, que j'ai appelé la francophobie, qui est un sentiment anti-français, qui se développe de plus en plus. Bien heureusement, dans mon pays, la Côte d'Ivoire, nous restons focus sur nos valeurs communes.
Et le deuxième truc sur lequel je vais terminer, c'est que je fais un plaidoyer pour que vous puissiez nous faciliter la mobilité géographique, parce que si on ne peut pas se déplacer, on ne peut pas partager nos expériences et nos valeurs communes. Pour preuve, vous avez créé le passeport talent, pour nous permettre cette mobilité géographique, en termes de partage d'expériences, et pour preuve [INAUDIBLE] passeport talent [INAUDIBLE] Merci beaucoup. Bonjour Monsieur le Président.
Merci beaucoup pour l'invitation. Je suis Tamarah Moutotekema Boussamba, je viens du Gabon. Je suis entrepreneur dans le secteur agricole.
J'ai une société de production et de distribution de produits agricoles, et on a également développé une application du conseil agricole, justement pour aider les agriculteurs à être au fait des innovations technologiques dans ce secteur-là. Vous le savez très bien, l'Afrique a un véritable défi de souveraineté alimentaire, et surtout de sécurité alimentaire, mais le secteur agricole est vraiment vulnérable aux changements climatiques, Monsieur le Président. On a l'avancée du désert dans certaines régions, les inondations dans d'autres régions, les augmentations de température, etc, et vous savez peut-être aussi que c'est un secteur qui est essentiellement porté par les femmes, et en milieu rural.
Et donc aujourd'hui, le défi, c'est de pouvoir aider ces femmes-là à mieux produire, bien produire et surtout être résilientes face au changement climatique. Moi, je pense que la France peut jouer un rôle, surtout dans le transfert de technologies et de savoirs, le partage d'expertises. D'un côté, on a nos savoirs traditionnels, qu'on pourrait revaloriser, et de l'autre, la France a les innovations technologiques qui pourraient nous aider aussi pour développer le secteur agricole.
Donc moi, mon plaidoyer, c'est qu'on développe un programme de partage entre les agriculteurs français et les agriculteurs africains, pour développer ensemble des solutions qui seraient bénéfiques pour nos deux pays, et pourquoi pas, pour nos deux continents, parce que c'est une question de vie ou de mort. Il faut atteindre l'autosuffisance alimentaire et surtout la sécurité alimentaire. Et je plaide aussi pour un secteur, surtout, qui permettrait l'indépendance financière de ces femmes, de créer des emplois pour les jeunes, parce que la jeunesse africaine, c'est l'atout de ce continent, aujourd'hui, et le secteur agricole est une opportunité pour cette jeunesse-là.
Ce serait bien qu'on ait un programme dans ce sens, pour que les jeunes puissent apprendre de l'expertise française, mais que les jeunes agriculteurs français viennent apprendre aussi, et découvrir les opportunités du secteur agricole en Afrique. Je vous remercie. Merci beaucoup.
Qui veut se lancer ? Vas-y ! Tiens, donne !
Pardon. Bonjour Monsieur le Président, je suis Lydia Mirouche, d'Algérie, entrepreneur dans l'agriculture biologique. J'ai une société éco-responsable, qui est spécialisée dans la production de fruits et légumes bio.
Je suis une fervente défenseuse de l'environnement. Aujourd'hui, l'agriculture est un secteur stratégique. C'est un secteur, en fait, qui à la fois participe au changement climatique, en subit les conséquences, mais apporte aussi des solutions.
Je suis pour l'encouragement de l'agriculture biologique en Afrique, parce qu'avec les guerres, avec la crise du Covid, ça nous a montré, en fait, que les pays doivent absolument être autosuffisants, et aujourd'hui, avec le changement climatique, on est obligés de se tourner vers une agriculture 100 % naturelle, 100 % vertueuse. Il faut, à mon avis, interdire la production et l'exportation, et aussi l'importation de certains pays, des engrais chimiques. Par exemple, les engrais azotés émettent énormément de gaz à effet de serre et c'est très mauvais pour la planète.
Aujourd'hui, on peut y remédier, avec une agriculture plus saine. Si on se tourne vers l'agriculture biologique, on peut sauver l'Afrique, on peut sauver le monde, parce qu'aujourd'hui l'Afrique, c'est 30 millions de kilomètres carrés. L'Afrique possède la première réserve de terres arables au monde, environ 60 %.
Et je pense qu'aujourd'hui, l'Afrique peut non seulement nourrir l'Afrique, mais aussi peut nourrir le monde. Donc aujourd'hui, avec l'Europe, nous, nous avons les richesses, vous avez le savoir-faire. Je pense qu'aujourd'hui on pourrait justement créer un partenariat gagnant-gagnant où nous, on va bénéficier de votre savoir-faire et partager les richesses, en même temps, et travailler vraiment sur une agriculture plus respectueuse de l'environnement, préservatrice de la biodiversité et protectrice de la santé humaine.
Merci beaucoup. C'est cohérent dans l'agenda. Monsieur le Président, bonjour.
Thomas Samuel. Je suis le fondateur d'une société qui travaille dans les énergies renouvelables. On fabrique des lampadaires solaires, on en installe partout dans le monde, beaucoup en Afrique, et les enjeux de la transition énergétique en France deviennent prégnants et vont créer des champions.
J'espère qu'il y en aura beaucoup qui se lanceront à l'export et qui participeront à un enjeu, dont je vais vous parler aujourd'hui, qui est celui de l'accès universel à l'énergie. Il est complètement inconcevable, pour quelqu'un comme moi, sachant que les technologies et les financements existent, qu'il reste 600 millions de personnes, en Afrique subsaharienne, qui n'ont pas d'éclairage le soir, qui vivent dans l'obscurité et qui, du coup, ont un déficit énorme d'éducation, d'économie. Et du coup, je voulais vous dire que ça, c'est possible rapidement, que tout existe et que votre leadership permettrait, avec vos pairs africains, d'accélérer cet accès à l'énergie universelle, qui est un enjeu hyper simple à résoudre, et hyper rapide.
Je ne sais pas si vous avez une idée là-dessus. Oui, avec des ENR et des mécanismes très décentralisés. C'est ce que vous proposez, entre autres.
Exactement ! Des petits systèmes qui permettent, dès l'année prochaine, mais vraiment dès l'année prochaine, de sortir, théoriquement, des centaines de millions de personnes, et qui pourraient se rappeler de ces investissements, qui sont extrêmement modérés, comme d'un vrai changement de paradigme. Je pense que l'impact...
Je ne vois pas, après des années de travaux, même en France, ce qui pourrait avoir le plus gros impact social et environnemental que cette électrification universelle. Bonjour Monsieur le Président. Bonjour à toutes et à tous, Messieurs et Mesdames les Ministres et les participants, merci pour cette occasion qui nous est donnée.
Je veux rappeler quand même rapidement que ma présence témoigne d'une promesse tenue, effectivement faite à Yaoundé, lorsque nous étions un groupe de jeunes français à la rencontre de jeunes Camerounais, et nous avons formulé un certain nombre de recommandations, dont l'une était de faire monter les gens du terrain à des événements de grande instance, comme cette COP. Donc merci pour cette promesse tenue. Je suis [INAUDIBLE], fondatrice d'une Start Up qui s'appelle Evo Smart.
On s'appuie sur l'intelligence artificielle et la technologie d'imagerie spatiale pour pouvoir générer des préconisations et des recommandations pour préserver les écosystèmes naturels et préserver le patrimoine végétal de nos territoires, que ce soit en Europe, en France ou que ce soit sur le continent. Ma position, en m'appuyant aussi sur les retours de mes collègues, sur l'agriculture et même sur l'énergie, c'est de dire : comment on peut, aujourd'hui, accélérer et renforcer les coopérations ? On en a beaucoup parlé dans les précédentes interventions, mais les coopérations technologiques, nos amis anglophones avaient mis en place les IPP, International Partnership Programme for Space Technology.
Comment la France pourrait s'inspirer de ce savoir-faire-là, de ce qui a été déjà fait par nos amis anglophones, pour faciliter ces partenariats, sur la technologie spatiale, qui a quand même une force particulière sur l'observation de la Terre, pour nous permettre d'avoir des informations de qualité, pour préserver les tourbières du bassin du Congo par exemple, préserver les forêts européennes et avoir ces puits de carbone, qui nous permettraient, effectivement, de travailler à cette lutte contre le changement climatique, mais aussi de préserver les écosystèmes et la biodiversité ? Donc mon point, il est là : comment, sur les territoires francophones, et en partenariat avec l'Afrique, - vous avez parlé du Pacte pour l'Afrique, notamment dans le cadre de cette COP - on pourrait s'appuyer sur la technologie spatiale, sur ce que les anglophones ont fait, en termes de partenariats technologiques entre les pays, pour pouvoir justement utiliser cette technologie et la mettre à bon escient, pour accompagner et appuyer les territoires du continent, mais aussi s'appuyer sur l'expertise du continent africain, qui en a, quand même ? On parle d'un territoire résilient, mais j'ai envie de dire, ingénieux, capable de faire beaucoup avec peu.
Voilà, voilà mon point : comment on pourrait faire concrètement ? Evo Smart, forcément, sera de la partie pour appuyer cette démarche. Merci beaucoup.
Vous voulez peut-être répondre un petit peu...
Non, allez-y ! Je vois aussi ce qui se recoupe. Merci beaucoup de m'accueillir ici.
Je m'appelle Nathan, je suis l'un des sept jeunes conseillers du secrétaire général des Nations-Unies. Très heureux d'écouter aussi toutes ces remarques, ici. Je pense que ce qui était très important pour moi, aujourd'hui, d'amener, et qui, je pense aussi, est en lien avec tout ce que tout le monde dit, c'est la question du financement.
Comme vous le savez, on en parle de plus en plus, souvent on entend que nous n'avons jamais été aussi riches. Mais bon, ce "nous" est très problématique, et c'est aussi tout l'enjeu de cette COP, de discuter de ce "nous". Qui est derrière ce "nous" ?
Qui est riche, qui est pauvre, dans ce monde ? Et moi, quelque chose qui m'a profondément marqué, dans ces deux dernières années, et notamment en tant que jeune conseiller, c'est que nous sommes sortis de la crise du Covid et les dix hommes les plus riches de la planète ont doublé leur fortune. On parle aujourd'hui de la plus grande crise énergétique de tous les temps mais on ne va pas se mentir, ce n'est pas du tout une crise énergétique.
C'est une crise des énergies fossiles, c'est une crise d'une énergie qui est dominée par des entreprises qui utilisent absolument tous les moyens pour rester en vie, c'est une forme de capitalisme chaotique, une forme de capitalisme de prédation comme jamais on n'en a vu avant. La situation dans laquelle on est est très clairement aussi une forme d'effondrement climatique. Et moi, j'ai passé deux ans, et vous savez que je suis un activiste depuis longtemps, à lire des rapports de l'ONU, à lire des... comme plein d'autres de vos équipes...
C'est vraiment terrifiant. Et une des choses qui m'a profondément marqué ces derniers temps, c'est bien sûr les records, les profits records des énergies fossiles. Bien sûr, Shell, Total.
Ça ne vous aura pas échappé que cette taxe qui a été imposée au niveau européen ne prend que, on m'a dit ce matin 0,2 % de ces profits absolument historiques que les entreprises des énergies fossiles ont faits, et et le Secrétaire général des Nations unies a qualifié ces profits d'immoraux, il y a quelques temps - je pense que vous l'avez peut-être entendu - mais la réalité, c'est que ces profits sont criminels, ce sont des crimes contre l'humanité. En tant que population, vous savez à quel point, tous, on galère avec cette inflation, peu importe où on se place. Et vous n'êtes pas un milliardaire, vos ministres ne sont pas des milliardaires.
Donc pourquoi on ne se met pas tous ensemble pour demander qu'à la fois la richesse individuelle, de cette manière, ne soit pas permise, mais aussi que ces entreprises des énergies fossiles ne puissent pas se retrouver dans des situations où elles se permettent d'obtenir autant de profits ? Et pour moi, honnêtement, après toutes ces années, c'est vraiment ça, le sujet. Le sujet, il est là, il est sur la taxation, il est sur la redistribution.
Et je n'arrive pas, après avoir rencontré tant de leaders pendant ces années, incluant vous, pourquoi, à un moment donné, vous ne vous mettez pas autour de la table, la semaine prochaine, au G20, et vous décidez de cesser ça et de redistribuer cet argent ? Je ne comprends pas comment ça, ça peut être un argument radical. Voilà.
Merci. Je vais essayer d'y répondre, ici. Bonjour Monsieur le Président, je suis Boubakar Jimal Mustapha Je voudrais d'abord vous dire merci de nous donner cette occasion en marge de la COP27, d'échanger avec une voix audible comme la vôtre.
Moi je suis agriculteur et je voudrais faire une belle transition avec la crise des énergies, [INAUDIBLE], avec mon homologue Nathan, vers la crise alimentaire. Parce que, en réalité, en tant que pays sahélien, le Niger, c'est aujourd'hui, notre problématique profonde. Et moi, je suis entrepreneur vert dans le domaine des intrants agricoles.
C'est que nous, on essaye de faire avec les communautés locales qui, en réalité, vivent de plein fouet les crises. Tout ce qui, en réalité, entraîne la dégradation des sols, le manque de productivité, la crise alimentaire, ce qui est fait au niveau, donc, du Nord, c'est nous qui en supportons en réalité les conséquences. Et nous, on essaie effectivement de développer des initiatives locales pour pouvoir contribuer à la sécurité alimentaire.
Et dans ce sens, je voulais bien parler de vos initiatives, celles que vous, vous encouragez, telles que la Grande Muraille verte. Et je voudrais bien que vous poursuiviez dans ce sens parce que la Grande Muraille verte, je pourrais vous dire qu'en réalité, dans le continent africain, ça pourrait être la panacée par rapport à tous ces maux qu'on est en train de vivre. Et aussi vous dire de soutenir les initiatives agroécologique, parce que c'est seulement ce type d'agriculture qui répond profondément... qui peut effectivement relever les défis agricoles et alimentaires au niveau de nos pays.
L'autre chose que je voulais faire, parce qu'en fait, on est à une COP spéciale pour l'Afrique, parce que la COP se tient ici, en Afrique, en Égypte notamment, et on veut que ça soit une COP de mise en œuvre. La COP de mise en œuvre, pour nous, c'est véritablement d'arrêter de financer les fausses solutions et de pouvoir se recentrer sur les bonnes solutions. Et là, une des bonnes solutions, effectivement, c'est de développer ou d'encourager tout ce qu'il y a comme initiatives agroécologiques, ici en Afrique, et bien sûr dans le monde entier.
Et je voulais aussi voir comment, - parce que nous, on est... vous le savez déjà très bien, on est un continent très jeune.
Mais la vérité est que la jeunesse devient de plus en plus réfractaire au métier d'agriculteur. Et il faudra effectivement que, avec des solutions que nous-mêmes on doit promouvoir, mais c'est pour lancer ce cri du cœur qui nous tient beaucoup à cœur. Nous, on intervient dans le monde rural, on vit avec eux et on voit leur réalité.
À ce niveau, il faudra beaucoup associer la jeunesse dans les différentes réflexions et, quand on dit la jeunesse, nous par exemple on n'est pas dans des grands programmes de réflexion, mais avec l'impact qu'on arrive à générer en tant que petites entreprises, je pourrais dire que, si on a le soutien des grandes organisations ou de nos autorités publiques, on pourrait finir avec cette crise alimentaire et même les crises énergétiques. Donc je voudrais faire un plaidoyer dans ce sens. Réfléchissez beaucoup plus local que national ou multilatéral.
C'est la seule manière pour nous, en réalité, d'endiguer ce fléau et de pouvoir avancer. Merci beaucoup. C'est bon l'anglais, pour tout le monde ? [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] [INAUDIBLE] Merci beaucoup.
Merci, Monsieur le Président. C'est la meilleure façon d'ouvrir mon propos parce que, à Yaoundé, nous sommes sortis avec beaucoup de chantiers, beaucoup d'espoir, et merci pour le simple fait d'avoir déjà tenu la promesse de nous inviter ici. On y croit.
On y croit de plus en plus et on sait qu'on va y arriver. Je suis Rosie [ INAUDIBLE ] et je suis membre du Réseau des jeunes pour la préservation des écosystèmes forestiers du bassin du Congo. Je suis aussi vice-présidente du Conseil pour le suivi des recommandations du nouveau sommet Afrique-France parce que je crois que, si on s'assoit ensemble et qu'on multiplie les occasions de réfléchir ensemble à nos problèmes communs, on peut trouver des solutions qui pourront s'appliquer dans nos pays respectifs.
À Yaoundé, nous avions proposé la création d'un Institut Afrique Euro pour l'innovation verte qui va permettre, d'une part, de promouvoir la recherche et le développement et, d'autre part, de recenser, vulgariser et transmettre le savoir-faire existant traditionnel. Cet institut, nous avons commencé à le penser avec les moyens dont nous disposons. En décembre, à Yaoundé, nous réunirons des détenteurs de savoirs traditionnels, des chercheurs, des scientifiques et des membres de la société civile pour réfléchir sur les solutions que cet institut peut apporter et sur la manière dont il pourrait se présenter.
Il sera aussi très important qu'autour du même institut soit développé un outil qui permettra l'accompagnement des entrepreneurs. La réalité est que, si les jeunes trouvent un intérêt dans les bonnes habitudes de conservation des écosystèmes et dans les habitudes bas carbone, si les gens sont rémunérés pour ça et gagnent de l'argent, le changement climatique devient une opportunité et tout le monde s'engage à lutter contre. C'est notre vision, et nous voyons en cet institut une solution qui permettrait de faire ça.
Monsieur le Président, comment envisagez-vous de nous accompagner dans la création de cet institut ? À côté de cela, il sera très important que tous les programmes scolaires, à tous les niveaux, incluent les habitudes bas carbone. Aujourd'hui, sur cette planète Terre, toute personne qui apprend l'agriculture devrait apprendre une agriculture bas carbone, l'élevage pareil, l'électricité, la cuisine, pourquoi pas la couture, tout le monde devrait savoir, dans son domaine, comment avoir des bonnes habitudes dans la préservation de l'environnement.
C'est ce que nous pensons et nous souhaitons que vous nous accompagniez là-dessus. Mais que ferez-vous pour notre institut, Monsieur le Président ? Monsieur le Président, merci pour ce temps d'échange.
Merci aussi aux participantes et participants pour ces questions. Corentin Gentil, jeune délégué pour le climat de la France. J'ai une question à propos de la position de la France sur la science dans les négociations.
Dans les négociations qui ont lieu lors des COP, la France s'évertue à défendre l'objectif de 1,5 °. Pourtant, en pratique, alors même que le GIEC nous dit qu'avec les exploitations d'énergies fossiles actuelles et annoncées dans un futur proche, on va sortir de toute trajectoire compatible avec les 1,5 °, la France apporte son soutien au projet ICOP, pas d'un point de vue financier, on le sait, mais d'un point de vue diplomatique, avec la lettre que vous avez envoyée au président ougandais ; d'un point de vue diplomatique aussi, avec les activités de l'ambassade française à Kampala, et aussi d'un point de vue militaire, parce que les militaires ougandais qui expulsent les résidents ougandais chez eux sont formés par la 27ᵉ brigade d'infanterie de montagne en France. Monsieur le Président, est-ce que vous êtes prêt à vous aligner sur la position de la France qui est tenue dans les négociations sur la science et à condamner publiquement ce projet ?
Est-ce que vous êtes prêt aussi à apporter un soutien financier aux pays qui refusent d'utiliser leurs ressources d'énergies fossiles ? Bonjour Loreleï Lankester, je suis la deuxième jeune déléguée pour le climat. Merci pour ce temps, merci d'avoir repris le temps cette année, et merci d'avoir convié tant de gens.
C'est vraiment super d'avoir ce temps d'échange. Moi, j'avais une question sur les pertes et préjudices. On en a un peu parlé dans l'échange d'avant, mais les pertes et préjudices, c'est une question présente.
On a une intensification et on a énormément d'événements qui ont montré, cet été, à quel point la situation était dramatique et s'accélérait, et on a un vrai problème d'engagement, pour engager nos partenaires à la fois sur les pertes et préjudices en eux-mêmes. Comment on y répond, parce qu'il y a des impacts, il y a des gens dont la vie est affectée et qui perdent leurs moyens de subsistance, si ce n'est leur vie ? Et comment à la fois on engage nos partenaires sur l'atténuation qui ne doit pas être abandonnée parce que c'est aussi un énorme impact.
Pourtant, on voit que l'atténuation est de plus en plus reléguée. On en parle de moins en moins parce qu'avec l'accélération, on a tous les impacts à gérer. Donc comment on coordonne ces deux piliers ?
Comment est-ce qu'on répond et on engage nos partenaires sur les pertes et préjudices, tous les partenaires qui sont réticents ? Et, sur l'atténuation, comment est-ce que vous voyez la position de la France ? Est-ce que vous la voyez en tant que leader sur ces questions et vraiment avec une ambition forte qu'on peut défendre et qu'à mon sens on a ?
Merci beaucoup. Merci pour toutes vos questions. Je vais y revenir et essayer de les traiter, d'abord de manière exhaustive, mais de les remettre si je puis dire dans un cadre parce que, tout ce qu'on est en train de se dire, c'est comment on essaie de répondre à des objectifs collectifs, parce qu'évidemment le climat, l'évolution de nos écosystèmes, les conséquences à la fois du réchauffement, mais aussi de la perte de biodiversité, je crois beaucoup à ces deux agendas qui sont inséparables l'un de l'autre, et d'ailleurs beaucoup de vos projets le montrent.
Mais comment on le fait de manière coopérative et en confiance, vous avez utilisé ce mot ? Le problème de notre système collectif, c'est qu'il manque de confiance parce qu'il y a beaucoup de choses qui sont devenues comme incompréhensibles, il y a beaucoup d'inégalités et d'injustices que vous avez évoquées, et le sentiment qu'en quelque sorte les États les plus riches ne soient pas au rendez-vous de leurs devoirs et qu'on n'aille pas assez vite. C'est un peu ça qu'il faut essayer de remettre en bon ordre.
D'abord, pour reprendre la dernière question, puis après je reviendrai sur les sujets agricoles, on doit tout faire en même temps, et moi je veux insister là-dessus. Un, on ne doit absolument pas lâcher nos objectifs d'atténuation. Je l'ai dit, le seul moyen d'éviter qu'il y ait encore plus de pertes et dommages pour d'autres et des catastrophes dans des pays, c'est qu'on réduise nos émissions et qu'on réussisse à mieux maîtriser les choses.
Donc c'est aussi pour ça que je ne veux pas lâcher sur cet agenda-là. Ce qui fait aussi que, quand on regarde les choses et la mobilisation collective, l'Europe, et dedans la France, on tient plutôt nos objectifs aujourd'hui. Maintenant, c'est une question de mise en œuvre, mais on est sur cette trajectoire, on a un sujet chez les grands Anglo-Saxons et on a un sujet sur les grands émergents, si on veut gagner la bataille de l'atténuation.
C'est pour ça que vous nous voyez porter ces projets JET-P, qui sont ces partenariats, justement. Cet après-midi, on va un peu officialiser, pas le signer parce qu'on a déjà lancé, mais officialiser avec l'Afrique du Sud, Afrique du Sud, Indonésie et Inde. Si on veut tenir nos objectifs, nous il faut faire notre Fit for 55 au niveau européen, il faut le décliner dans nos pays et que chaque pays porte sa stratégie de réduction.
Il faut qu'on arrive à être au rendez-vous des résultats dès 2030, et évidemment la neutralité carbone 2050, mais il faut qu'on arrive à sortir le plus vite possible du charbon, en particulier pour les grands émergents. Derrière, il faut qu'on ait les États-Unis et la Chine qui soient vraiment au rendez-vous. Si je devais simplifier les choses sur les émissions, notre bataille c'est que les plus riches soient là, qu'ils payent leur juste part et, là-dessus, soyons clairs aussi, j'ai besoin qu'on se dise les choses, les Européens payent, mais simplement le problème c'est qu'on est les seuls à payer.
Donc là il faut aussi mettre la pression sur les pays riches non-européens et le Japon, pour leur dire vous devez payer votre part. Ensuite, c'est que les grands émergents et les modèles qui sont en train de décoller sortent très vite du charbon, si je devais résumer les choses. Après, on a la partie adaptation.
Elle est nécessaire pour prévenir donc il ne faut pas la lâcher non plus. C'est pour ça que, dans nos financements, on tient les 30 %, on y tient beaucoup et on veut pousser tous les autres à le faire. Ensuite, quand la catastrophe est là, malheureusement, et donc quand des pays plus vulnérables subissent, c'est comment on accompagne.
Mais ce n'est pas parce qu'on va mieux accompagner et qu'on va lancer des choses, on en fait déjà mais on doit compléter ce dispositif, et j'y reviendrai dans un instant, qu'on doit abandonner les autres piliers, et qu'on doit abandonner aussi tous les efforts qu'on fait sur l'agenda biodiversité qui est absolument clé. Sur pertes et préjudices, je vois les débats qui se jouent. D'abord, dans la manière qu'ils ont de se jouer, ce que me rapportaient les équipes et ce qu'on évoquait, on voit le manque de confiance qu'il y a.
C'est ça, la réalité. Mais, la question, c'est comment on est au rendez- vous pour accompagner un pays qui vit, vous avez très bien dit les uns les autres qu'on l'a vécu aussi pour nous-mêmes, et on est des économies fortes, mais qui vit dans son quotidien les conséquences d'un choc climatique et qui a une vulnérabilité soit parce que c'est une île, soit parce qu'il a un trait de côte qui est déjà très dégradé, etc. La réponse à ça est multiple.
Elle doit être de dire : un, on finance de l'humanitaire, de la reconstruction durable et donc des opérations aussi de sécurité civile ad hoc donc, ce qu'on fait déjà mais parfois de manière différente selon les liens qu'on a avec un tel et un tel, on l'organise mieux au niveau international et, derrière ça, c'est comment on arrive aussi à avoir des règles avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international qui permettent de répondre à ce que ces pays vont vivre. Typiquement, ce dont on va discuter tout à l'heure avec quelques autres dans la Barbade, c'est d'essayer d'avoir des mécanismes qui font que, quand un pays subit un tel choc, dans les critères de dettes, dans ses critères de financement et dans l'accompagnement de son système public et privé, on mette en place en quelque sorte des mécanismes d'exception pour pouvoir l'accompagner. Donc c'est un ensemble de solutions qui va de la sécurité civile à l'humanitaire, à la reconstruction durable, jusqu'à des critères financiers qu'on doit complètement réadapter mais je ne crois pas pour ma part à ce stade, je ne demande pas à être convaincu, j'ai plutôt été convaincu que la réponse n'était pas dans un nouveau fonds parce qu'on en a déjà trop et que tout le monde est paumé dans les fonds.
Après, les fonds ça sert simplement à ce que les États disent on a mis tant dans un fonds, et les gens n'en voient jamais la couleur. La question, c'est comment on est efficaces sur le terrain, par rapport aux pertes et préjudices, et comment on a une forme de mécanisme de solidarité effective le jour où quelqu'un a ce choc. Mais, ce qu'on doit surtout faire, c'est mettre de l'argent pour prévenir ce choc et donc pour continuer à financer atténuation et adaptation et qu'ensuite on soit très réactifs.
Ensuite, beaucoup d'entre vous êtes revenus sur les sujets agricoles. Sur ce volet, je suis profondément convaincu de la pertinence des projets que vous êtes en train de porter parce qu'ils sont au cœur de ce partenariat réciproque auquel je crois avec l'Afrique et qui est exactement l'esprit de celui que vous avez mentionné, qui est de dire qu'on a besoin de réconcilier trois objectifs, et c'est ce que je défends pour la France, pour l'Europe, et donc c'est ce que je vais défendre pour l'Afrique. Je ne crois pas à un agenda à multiples vitesses.
Je ne vais pas vous expliquer que ce qui est bon pour la France ne serait pas bon pour le continent africain et inversement. C'est climat, souveraineté et création d'emplois. Tous nos espaces géographiques ont besoin de créer des emplois, pour que nos jeunes aient des opportunités.
On a besoin de moins émettre. La guerre qu'on a vécue, et le Covid avant, ont montré qu'il y avait un agenda de souveraineté, vous avez utilisé ce mot, vous aussi, et donc on a besoin de moins dépendre. L'agriculture en fait partie clairement parce que l'une des premières dépendances est de manger et, quand ça nous vient d'ailleurs, c'est le gros problème.
Aujourd'hui, on a trop peu de projets agricoles. Vous l'avez très bien dit, beaucoup de ces projets sont portés par les femmes, et donc dans une économie informelle. Ils sont donc très fragiles et, dès qu'on rentre dans de la productivité, ils sont dépendants de certains intrants, en particulier les engrais azotés.
Donc, face au sujet alimentaire de court terme, on a eu une réponse en plusieurs strates. D'abord, ça a été de dire on essaie de pallier au choc, là aussi, et donc de sortir les graines qu'il y a là où elles sont parce que ce n'est pas vrai qu'on crée un modèle agricole en une saison. Premier objectif, on a dit on mobilise tout le monde avec le Programme alimentaire mondial pour sortir les graines par les voies terrestres et maritimes.
À peu près 60 % des graines qu'on a sorties de l'Ukraine et de la Russie et qui vont vers les pays les plus pauvres, ça a été une initiative de l'Union européenne par les voies terrestres, et elle a permis de pallier une partie du choc. L'autre partie, c'est l'accord qu'il y a eu cet été par les voies maritimes. Mais, derrière, il y a beaucoup de spéculations, soyons clairs.
La deuxième chose, ça a été l'engrais. Ça continue à l'être, même s'il faut sortir de la dépendance aux engrais azotés. Ça a été de permettre, avec l'OCP et d'autres, de laisser des modèles productifs parce que c'était aussi une source, pour beaucoup de pays, de revenus agricoles dans la partie économique de leur agriculture qui s'était le plus stabilisée.
Mais, l'agenda qu'on défend le plus, c'est celui en effet d'une agriculture africaine résiliente et souveraine. Quels en sont les piliers ? D'abord, la Grande muraille verte.
On l'a relancée, si je puis dire, ou en tout cas accélérée, en janvier 2021 au One Planet Summit biodiversité parce que c'est typiquement un projet qui pour moi est au cœur de ces trois objectifs. On lutte contre la désertification et pour la biodiversité. On lutte pour la réduction des émissions, en tout cas la meilleure capture, pour la souveraineté alimentaire africaine et la création d'emplois, dans tous les pays qui sont de la Grande Muraille verte.
La clé, c'est aussi pour ça que vous êtes là, c'est de continuer à développer les liens qu'il y a entre ces grands projets. Quand je nous compare à beaucoup d'autres grands projets, un, on a pledgé près de 18 milliards, je ne dis pas de bêtises, je suis sur le contrôle des équipes ? C'est ça.
On a engagé 12 sur ces derniers et il y en a deux milliards et demi qui ont été déboursés. Je reste très pudique mais, quand on parle du Fonds vert, on est très loin de ces chiffres, très loin, et il est beaucoup plus vieux, donc c'est plutôt une structure efficace. Ce dont on a besoin, c'est de faire émerger encore plus de projets d'agro écologie, d'agroforesterie, d'agriculture locale, etc sur le terrain, ce sont exactement les projets que vous portez, et donc que les choses montent.
Moi, je crois beaucoup à ce projet de Grande muraille verte parce qu'il est au cœur de cet agenda. Ensuite, on veut le compléter par d'autres projets, des projets de formation. Là, c'est exactement le cœur des initiatives que vous portez et de ce que vous avez défendu, c'est qu'on a besoin de renforcer les partenariats avec les ONG de chaque pays et avec la jeunesse.
C'est aussi le changement d'approche qu'on demande, nous, à l'Agence française de développement et à tous nos partenaires, c'est de se dire qu'on a réussi à créer des alliances avec les grands bailleurs et les grands financeurs, on fait plutôt bien ce travail, on est au rendez-vous de nos financements, mais qu'on a besoin maintenant de démultiplier les petits projets qui permettent de changer la vie, de bâtir de la confiance sur le terrain, et surtout d'avoir des résultats et de sortir de cette économie informelle pour pouvoir construire, pays par pays, des solutions qui sont durables. Donc Grande muraille verte, on va continuer. On va accélérer, nous, le changement des mentalités de nos propres structures pour davantage travailler avec les ONG, et les entrepreneurs et entrepreneuses locaux.
Donc toutes les initiatives comme l'institut que vous défendez vont nous permettre de faire ça parce que c'est ce qui nous permet de partager l'information, la culture et la formation. Nous, ce dont on a besoin aujourd'hui, tous collectivement, si on veut avancer sur cet agenda, c'est plutôt de former davantage de monde à ces modèles d'agro écologie, d'agroforesterie et d'agriculture soutenable qui dépendent moins des intrants et polluants, et qui permettent de bâtir des modèles agricoles qui sont soutenables et productifs parce que, malgré tout, il faut que les gens puissent en vivre et que ce ne soit pas dans l'informel strict, mais qu'on ait des bons financements, de la bonne formation et des bons partenaires. C'est ce qu'on va continuer de faire avec à la fois Grande muraille verte, nos agendas pays par pays, et ce qu'on va essayer aussi de régionaliser.
Cet après-midi, on fera un point sur la Grande Muraille verte et il y aura plusieurs pays, en particulier plutôt côté Corne de l'Afrique, qui vont pousser des initiatives complémentaires pour développer là aussi des solutions. Sur tout ce volet, on a besoin en effet d'avoir plus de partenaires locaux, de mettre en place plus de formations, d'aider la jeunesse à venir vers ces solutions et d'accélérer nos projets. En janvier de cette année, on a démultiplié quelque chose qu'on avait lancé, en plus de la Grande muraille verte, qui est le plan protéines.
Je dis ça parce que nous, en France, on a lancé en 2019 un plan protéines. On dépendait des protéines qui étaient importées de l'autre bout du monde et donc on a décidé de les développer chez nous. Pourquoi ?
Parce que ça réduit le bilan carbone, ça lutte contre la déforestation importée et on pensait que c'était bon pour nous. C'est ce qu'on veut faire avec l'Afrique et on veut que l'Afrique le fasse pour elle-même. On l'a porté dans le sommet Union africaine/ Union européenne.
Simplement là, on est trop lents sur les déboursements et les projets. On va mettre un coup d'accélérateur parce que, je faisais le point il y a quelques semaines, ça ne va pas assez vite, et donc on va mettre un coup d'accélérateur sur ce projet Plan protéines ( protéines végétales ) sur le continent africain, qui est un point clé pour aller dans le sens de cet agenda à la fois climat, création d'emplois et alimentation. Sur l'électrification de l'Afrique qui est une promesse qui ne date pas d'hier, vous l'avez parfaitement dit, d'abord moi je crois profondément que, pour le dire en bon français, l'Afrique va leapfroguer sur ce sujet.
Donc ce n'est pas vrai qu'on va reconstruire des modèles, des infrastructures d'énergie, des systèmes et des organisations qui sont les mêmes que ceux par lesquels le système productif européen ou occidental est passé. Elle va aller beaucoup plus vite sur le renouvelable, elle va aller beaucoup plus vite sur des projets, et je crois beaucoup plus à des modèles très décentralisés de production et d'utilisation d'énergie. C'est pour ça qu'on croit beaucoup à des modèles comme le vôtre.
Ce sont d'abord beaucoup de choses dont on a accéléré le financement, qui consistent à construire soit des fermes de solaire, soit du modèle passant par le solaire, l'hydro ou l'éolien, et d'avoir des modèles ensuite de production et d'utilisation de ces sources d'énergie, pour produire de l'électricité, en particulier de la lumière localement. Pourquoi ? Parce que c'est un modèle très vertueux, c'est cette énergie qu'on produit.
Si on l'utilise tout de suite pour éclairer, on permet à des enfants de s'instruire, on permet à de l'économie de sortir de l'informel, on permet d'aller vers de la mobilité durable, etc. Cela, c'est ce qu'on va continuer de développer, on a commencé à twister notre modèle là-dessus, et on va aller beaucoup plus vite. Après, je fais le lien avec votre sujet qui était énergétique, les grands projets énergétiques en Afrique et qui sont des projets énergétiques fossiles.
Là-dessus, merci de l'avoir dit, je voudrais quand même séparer les choses. On fait plein de programmes de formation des armées dans plein de pays, on ne forme pas des armées pour les entreprises. Ce qu'on fait avec l'Ouganda, ce qu'on fait avec le Rwanda, etc, avec nos armées pour former leurs militaires, c'est pour lutter contre les groupes terroristes, parce qu'il y a des groupes terroristes dans la région.
Je vais être très clair et je vais répondre à chacun de vos points, parce qu'il y avait une forme de raccourci dans la manière dont vous présentiez les choses, on ne forme pas des ministres pour protéger les entreprises, quelle que soit leur nationalité, sur des projets d'hydrocarbures. On forme, et c'est au cœur de notre projet de sécurité sur l'Afrique, moi je considère qu'on est trop intervenus en premier plan et donc on envoie maintenant de plus en plus nos militaires pour aller dans des partenariats, former les armées africaines, les aider à être autonomes et pouvoir se protéger contre les groupes terroristes, permettre la stabilité et avoir des armées souveraines. C'est ce que veut le continent africain, à juste titre.
À côté de ça vous avez eu, et je vous en remercie, l'honnêteté de rappeler que la France ne soutenait pas financièrement ce projet. Donc je continuerai à le faire. Qu'est-ce que j'ai fait ?
Je défends les entreprises françaises, c'est autre chose. Mais je vais être très clair avec vous, je reviendrai sur chacun de vos points, ne vous inquiétez pas, aujourd'hui le problème que j'ai quand je parle à un État africain, un, je le dis à chaque fois, je ne mets plus ma garantie sur un projet d'hydrocarbures fossiles. Cela, on ne le fait plus, ni le gouvernement avec les lignes du Trésor, ni l'Agence française de développement.
Le problème qu'on a, quand ce sont des projets gaziers, c'est que beaucoup d'États africains vous disent à juste titre vous êtes sympas, mais en Europe vous êtes en train de rouvrir des centrales à charbon qui polluent beaucoup plus que le gaz, beaucoup plus. Vous rouvrez des dizaines de centrales à charbon, par exemple en Allemagne, pour passer le cap, et nous, Français, on va importer l'électricité qui sera produite avec ces centrales à charbon, et vous nous expliquez à nous, pays africains où on n'arrive pas à électrifier et où on a des problèmes de développement, que nous on n'a pas le droit d'avoir des projets de gaz. C'est toute la polémique qu'on a eue post Glasgow l'année dernière.
Après, quand vous dites ça à un État africain, à un dirigeant ou à sa population, ils disent vous me parlez d'un partenariat réciproque ? Mais viens vivre dans mon pays. Viens vivre avec ton JET-P dans mon pays.
Il faut faire attention aussi à ça parce qu'on est toujours en train de leur donner des leçons. Qu'on n'ait plus de projets gaziers chez nous ni de charbon, et on ira expliquer à des pays africains que ce n'est pas bon pour eux d'avoir des projets gaziers. La vérité, c'est que je ne veux pas qu'ils rentrent dans des projets de charbon parce que ça, ce serait vraiment aller en arrière.
Ensuite, il faut essayer de développer les pratiques les plus vertueuses. Mais gardons-nous aujourd'hui d'expliquer à toute l'Afrique qu'elle ne peut plus avoir aucun projet gazier parce que le président Macky Sall le premier nous est tombé dessus quelques mois après Glasgow, en disant si vous faites ça, moi je ne peux pas juste nourrir et électrifier ma population, et c'est vrai. Donc voilà, je fais juste ce point-là.
Ce n'est pas l'État français, le contribuable français ne finance pas ces projets, mais je pense qu'il faut faire attention parce que, dans leur modèle de développement, et Glasgow d'ailleurs le permet, quand c'est quelque chose qui permet de sortir de la pauvreté, si c'est bien accompagné ou quand ce sont des projets, par exemple gaziers qui permettent de sortir du charbon, il ne faut pas avoir un jugement manichéen. Déjà, nous, nettoyons chez nous et soyons exemplaires et sortons complètement du charbon, on pourra donner des leçons à tout le monde. Et nous, Européens et nous Coréens et nous Chinois, qui avons beaucoup plus d'argent que les Africains, sortons du charbon avant de leur donner des leçons sur le reste.
Ça, c'était ma minute gaz, mais je crois beaucoup aux projets déconcentrés et décentralisés pour avancer. J'ai répondu sur l'agriculture, qui est un des points clés sur lequel, vous l'avez compris, on va avancer et accélérer. Sur les partenariats technologiques et spatiaux, je suis totalement d'accord.
C'est un point que vous m'avez mis en tête, on a commencé à le développer avec certains comme l'Inde, on l'a peu fait avec le continent africain, mais c'est une très bonne idée pour améliorer la cartographie qu'on veut mettre en place des différents écosystèmes, et en particulier ce qu'on veut faire avec Grande muraille verte ou avec d'autres, être très cohérents avec ça. On va lancer tout à l'heure, juste après que je vous aie quittés, une initiative qui va d'ailleurs dans le sens de ce que plusieurs d'entre vous ont évoqué, qui est d'aider et d'accompagner les pays à protéger leur écosystème. Pour ça, il faut de la cartographie et de la connaissance, mais il faut leur permettre de valoriser.
C'est quelque chose qu'on va lancer avec le Gabon, entre autres, mais qui va consister à dire qu'on met en place des financements pour valoriser, plusieurs l'ont évoqué, la conservation en particulier de vos forêts primaires ou autres, parce qu'aujourd'hui on sait valoriser le flux mais on ne sait pas valoriser le stock quand vous l'avez. C'est un point important pour le financement. Sur les inégalités, Nathan, et ce que vous avez évoqué, moi je partage totalement la description que vous avez faite.
Après, j'essaie de regarder les choses de manière pratique. Moi, je me suis battu pendant quatre ans pour mettre en place une taxation internationale parce que, quand on prend les grands groupes qui sont les nôtres, vous avez cité Total, prenons Total, Total ne fait pas 0,01 € de surprofit en France. Tout le surprofit qu'il a, il est à l'international, parce qu'il le fait plutôt qu'une entreprise chinoise ou américaine.
Si je décide tout seul, en Franco Français, de le massacrer fiscalement, qu'est-ce qu'il fera à la seconde ? Il va à côté, en Belgique, au Yuké, peut-être même en Arabie Saoudite, et il fera comme son copain Aramco, dix fois plus. Ce n'est pas une seule seconde dans notre intérêt de faire ça, ce serait absurde et je ne règle rien du problème.
Le vrai sujet face à ces entreprises, c'est d'abord le mécanisme qu'on a mis en place en Européens, et c'est ce qu'on a poussé à l'OCDE, une taxation internationale qui est de dire qu'il n'y a pas une entreprise qui peut payer 0. C'est ce qu'on a mis en place à l'OCDE, qu'on va développer maintenant, et c'est quand même un boulot qu'on a beaucoup porté, nous Français, et on avait beaucoup de gens contre nous. C'est le premier point sur l'inégalité, les grosses boites et ce système qui est absurde, dont j'espère qu'on va pouvoir sortir, mais il ne faut pas lâcher cet agenda.
Il y en a beaucoup qui veulent se carapater au bénéfice de la guerre et nous lâcher. Nous, on veut aller au bout mais ça ne marche que si tout le monde tient, parce que sinon il y a des points d'évasion. Cela ne sert à rien, on se fait plaisir à nous, mais les mecs vont polluer et trouver des paradis fiscaux ailleurs.
Deuxième sujet, moi je suis comme vous, je n'aime pas les énergies fossiles. Simplement, je regarde, on dépend à mort des énergies fossiles, vous, moi, nous tous, et en particulier du pétrole et de l'essence, et ce n'est pas vrai qu'on va en sortir en six mois. Qu'est-ce qui est insupportable ?
C'est que vous avez une rente de situation, mais ce n'est pas parce qu'on va les massacrer, et le sujet n'est même plus un sujet d'entreprise, c'est un sujet d'état, le problème c'est comment on arrive à ce que les états qui produisent ces hydrocarbures ne fassent pas de surprofit dans la période. Vous m'avez entendu le dire, et je le dis y compris auprès des copains, aujourd'hui qui fait beaucoup de surprofit ? La Norvège, les États-Unis parce qu'ils produisent beaucoup de gaz et les pays du Golfe parce qu'ils produisent beaucoup de pétrole.
C'est une question d'organisation internationale d'avoir un club d'acheteurs pour faire baisser les prix. Mais on est toujours pris dans ces dilemmes, dans tous les débats que vous avez entre Européens ou autres. Le dilemme, c'est que nous dépendons.
On est peut-être très riches et très forts, mais on dépend. Nous, on a beaucoup poussé avec les Italiens, en Européens, pour dire qu'on voulait mettre un prix plafond. Moi, j'en ai ras le bol de dépenser autant.
Mais d'autres pays en Europe ont dit on ne veut pas mettre de prix plafond parce qu'on veut sécuriser nos volumes. Parce que, si on met un prix plafond, ils iront envoyer leur gaz ou leurs fossiles en Asie ou ailleurs, chez ceux qui accepteront de payer plus cher. Donc, aussi longtemps que vous dépendez de quelque chose que vous ne produisez pas, vous vous exposez à des situations de rentes injustifiées et insupportables, qui créent des inégalités.
Mon premier point, ce sont les inégalités à l'égard des entreprises. Vous ne les réglez qu'avec un système de coopération internationale qui change le capitalisme, c'est la taxe minimale. Pas à l'échelle d'un état, ce n'est pas vrai.
C'est ce qu'on a poussé et ce qu'on a obtenu sur le principe, maintenant il faut accélérer sa mise en œuvre. La deuxième chose, la rente de situation des États qui produisent des hydrocarbures, vous n'en sortez que si vous accélérez la sortie rapide des hydrocarbures, en tout cas si vous réduisez votre dépendance. C'est exactement l'agenda qu'on porte autour de trois piliers : sobriété, accélération du renouvelable et nucléaire.
On ne passe que dans les trois. On ne sait pas faire la sortie de la dépendance au fossile si on n'a qu'un de ces piliers, ce n'est pas vrai. Le tout renouvelable, ça ne marche pas.
Le tout sobriété, ça tue la croissance et la création d'emplois, et le tout nucléaire, ça ne marche pas d'avantage. Ce sont les trois ensemble. C'est aussi ce que je crois qui est bon pour l'Europe, le Fit for 55 marche autour de ça, mais il faut accélérer sa mise en œuvre.
C'est ce qui est bon aussi pour le continent africain et pour d'autres. Mais ce qu'on a besoin de faire là, à court terme, c'est d'avoir un système, j'aimerais qu'on y arrive au G20, moi je pousse pour, je n'ai pas réussi à ce stade, je ne vous ments pas, mais ça ne marche que si on arrive, nous tous, les acheteurs, à dire qu'on met un prix plafond sur les hydrocarbures, pour qu'il n'y ait pas de surprofit des États et des entreprises et surtout, derrière, qu'on dise qu'on accélère la sortie de notre dépendance pour qu'ils n'aient plus d'effets de rente, parce que c'est ça qui est insupportable. Voilà, je suis le plus honnête possible, mais c'est l'agenda auquel je crois.
Je finis de répondre, et on y va dans trois minutes. J'ai répondu sur le modèle agricole et donc sur le local. Nous, ce qu'on a besoin de faire, l'institut va dans ce sens, c'est pour ça que j'y crois, pour vos projets on a besoin de continuer à rassembler.
Cela, je le dis parce que nos ambassadeurs etc, à mes yeux, peuvent jouer un rôle très important avec les jeunesses africaines, asiatiques et pacifiques, pour rassembler ces projets que vous identifiez chez vos partenaires et vos coreligionnaires des pays qui sont les plus pauvres. Cela, je le dis parce que vous avez plein de connexions, mais on a besoin de renouveler nos partenariats. C'est hyper important or les États, les grandes agences et les grands bailleurs ont face à eux, la plupart du temps, leurs homologues dans ces pays, mais qui ne sont pas forcément ceux qui sont connectés avec vous dans ces forums-là ou autres, et qui portent des projets.
On a besoin, sur les projets agricoles, de transition ou autres, d'avoir des jeunes du continent africain ou d'autres continents, qui portent ces projets et dont on accélère le financement et la formation. Sur [ INAUDIBLE ], j'y ai répondu au début et ça rejoint un des deux points, un, on va évidemment être au rendez-vous, je le dirai tout à l'heure, de financements ; deux, de mécanismes. La première ministre de Barbade a plusieurs propositions qu'on va accompagner et qui, je pense, sont très fortes et qui vont dans le sens de changer les règles financières internationales plutôt qu'un fonds ad hoc comme je l'évoquais.
Nous, on est tout à fait pour surtout tenir les agendas et qu'on finalise le paquet, le financement et la clarté pour 2024. Ce que vous avez dit par ailleurs sur le fait de permettre à des jeunes d'aller au COP et d'accompagner des projets, j'y suis très favorable. Là, on l'a fait à l'échelle artisanale, si je puis dire, avec plusieurs d'entre vous.
Moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on ait aussi, sur l'agenda qu'on s'est donné aujourd'hui, des jeunes comme vous qui portent des projets concrets et qui puissent les exposer et les démultiplier. Parce que, vous l'avez très bien dit, on est au moment de la mise en œuvre maintenant, donc on a vraiment besoin d'avoir des projets concrets qui sortent et de se demander où on est à un an ou deux ans, si ça va assez vite ou pas assez vite, et si les financements sont là. Parce que sinon les gens font des promesses tout le temps et on met des milliards, mais est-ce que ça va vraiment sur le terrain ?
Quel est le retour que font remonter les ONG locales et les jeunes entrepreneuses et entrepreneurs ? Moi, j'ai besoin aussi d'avoir un suivi. C'est pour ça que je suis plusieurs d'entre vous depuis plusieurs années, pour qu'on fasse des points d'étape sur des projets concrets sur le terrain et donc, à commencer par vous, qu'on puisse agréger et que ce soient ces groupes de jeunes et d'acteurs qui permettent d'avancer.
J'ai répondu, Rosie, sur l'écosystème forestier et l'Institut. On sera là pour accompagner son financement dans la durée et on a besoin qu'il nous aide à identifier des formations et attirer des jeunes, comme disait Boubacar. Je crois que j'ai répondu au point.
Mon dernier point sera sur la mobilité et sur ce qui a été dit. Moi, je crois au partenariat équitable. Le moment qu'on vit avec le continent africain est un moment qui est assez dur.
On peut avoir le sentiment parfois que c'est injuste parce qu'on paye aussi beaucoup de vieilles politiques embarquées. On a le poids du passé sur les épaules. Moi, j'ai la faiblesse de penser que, depuis le discours que j'ai tenu à Ouagadougou il y a cinq ans et de tout ce qu'on a lancé, on a changé de politique.
On est en train de changer de politique, on l'accélère. Parfois ça prend du temps, je le dis avec beaucoup d'humilité, parce qu'on dit des choses et on met du temps avant que ça ne change vraiment. Il y a une image embarquée de la France, il y a une facilité, et il y a aussi beaucoup de manipulation.
Beaucoup du sentiment anti-français qui naît dans certains pays est financé largement, on le sait, par les réseaux sociaux et des activistes financés par la Russie ou autres. Mais je le dis aussi pour nous-mêmes, parce qu'on a tendance nous-mêmes à nous flageller et en quelque sorte à nous attaquer nous-mêmes sans regarder si les Chinois, les Russes et les Turcs font beaucoup mieux que les Français ou autres en Afrique. Ils font dix fois pire que nous, certains ont été eux-mêmes colonisateurs et puissances impériales, mais simplement on aime bien se faire mal.
Moi, je ne suis pas dans le misérabilisme, mais je suis pour se demander comment essayer de changer plus vite le système. Je pense qu'on le change plus vite encore en démontrant qu'il y a des résultats et donc en étant sur des projets très concrets, très locaux et très partenariaux. La mobilité en fait partie.
J'ai bien noté que vous aviez soumissionné au projet Passeport Talent, mais mon idée est aussi qu'on puisse développer, comme on a commencé à le faire d'ailleurs, ce sont des engagements que j'avais pris au Cameroun, des partenariats, pas simplement de mobilité individuelle, mais de projets, pour aider au sein du continent africain à se développer entre ce que j'appellerais la plaque africaine et la plaque européenne. C'est ça, le vrai partenariat. Maintenant, on est au moment des résultats donc il faut qu'on ait des résultats concrets qui soient tangibles pour que les choses bougent.
Ils vont vraiment criser si je ne file pas, je vais devoir y aller. Merci, en tout cas, d'avoir été là. Merci de la clarté de vos questions, commentaires et interpellations.
Ce que je propose, c'est qu'il y ait aussi maintenant un suivi, comme on a commencé à le faire avec certains d'entre vous, mais qu'on soit au rendez-vous de l'efficacité. J'ai besoin que, les agendas que vous avez poussés, on puisse aussi les pousser chez beaucoup d'autres parce que typiquement sur le sujet du financement et des efforts, on a besoin de tenir en Européens. On a besoin que les autres pays riches fassent autant que les Européens.
On sera aux 100 milliards, par exemple, si les autres font autant. On a besoin, sur la justice de taxation et autres, que les autres du G20 nous aident à bouger. Aujourd'hui, on a beaucoup d'hypocrisie dans le débat parce que, dans les groupes des pays dits émergents, à revenus intermédiaires ou autres, on a des gens qui n'ont pas envie de bouger parce que ce n'est pas leur intérêt.
Je le dis aussi, et je leur dis de vive voix, je le leur disais dans les débats, si par exemple l'Arabie Saoudite ne bouge pas plus vite, se cache derrière en disant je suis ici avec les pays africains et autres mais, de l'autre côté, s'il y a un pays qui s'enrichit de la situation qu'on vit, ce sont ces pays-là, beaucoup plus que d'autres. Donc il faut que tout le monde soit cohérent, sinon la pression reste sur les mêmes qui sont déjà ceux qui ont le plus bougé. Voilà, il faut qu'on arrive à répartir la charge de la pression sur chacun des acteurs, dans le bon ordre de mérite, si je puis dire.
C'est aussi ça dont j'ai besoin, avec vous toutes et tous. Merci beaucoup. Je vais filer retrouver les uns et les autres.
On a un petit cadeau pour vous. [ INAUDIBLE ] Il y a une semence au bout. Donc, si je la plante ?
Elle va pousser. C'est quoi ? C'est une tomate.
Il y a le nom de la semence. Ah pardon, tomate...
Qui est-ce qui fait ça ? [ INAUDIBLE ] l'un de nos coordinateurs nationaux en Côte d'Ivoire, qui a cette belle initiative. On va faire une photo, tous ensemble.
Monsieur le Président, est-ce qu'on peut avoir une photo, chacun avec vous ? Mais bien sûr. Merci.
Bien sûr. Merci à vous.
Emmanuel Macron