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interviewFrance Inter — Questions politiques· 5 avril 2026 54 min

Arrêté anti-expulsion à Saint-Denis : le ministre du logement Vincent Jeanbrun dénonce le "populisme" de Bally Bagayoko

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0:00
Présentateur

France Inter Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques. Jusqu'où le gouvernement doit-il ? Peut-il aller pour protéger les Français de la crise énergétique ? Ces derniers jours, des mesures pour quelques professions. Vendredi, un prêt flash carburant pour les petites entreprises. Et ce matin, une annonce pour le pouvoir d'achat sur les tickets restaurants. On peut dire que l'exécutif ouvre le parapluie, mais alors centimètres carrés par centimètres carrés. C'est sans doute dans l'espoir de laisser au nuage de la guerre le temps de s'éloigner et dans la crainte de se retrouver sous un déluge de colère façon gilet jaune.

Pas facile d'être aux commandes d'un État qui n'a pas les coffres pleins. Et pourtant, dans cette atmosphère lourde, combien de candidats qui s'imaginent aux manettes ? Une abondance d'ambition qui inquiète visiblement notre invité. Il a signé la tribune des 90 qui appelle à une candidature unique de la droite et du centre. On en parle avec le ministre de la Ville et du Logement. Et le logement, c'est le premier poste de dépense dans le budget des Français. Vincent Jambrun est en direct sur France Inter. France Info, le canal 16 de la télé. Une émission en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes tous ensemble jusqu'à 13h. France Inter. Question politique. Alexandra Ben Saïd.

Bonjour et bienvenue Vincent Jambrun. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Mes partenaires pour vous interviewer ce dimanche, je les salue. Brigitte Boucher de France Télévisions. Bonjour Brigitte.

1:37
Vincent Jeanbrun

Bonjour Alexandra. Bonjour Vincent Jambrun.

1:38
Présentateur

Avec vous tout à l'heure, on fera le portrait de Vincent Jambrun.

1:41
Vincent Jeanbrun

Et oui, on reviendra sur le cauchemar de la nuit du 2 juillet 2023. Un basculement dans votre vie d'élu et d'enfant du logement social de la île est rose.

1:50
Présentateur

Françoise Fressos du journal Le Monde est également avec nous sur ce plateau. Bonjour Françoise. Bonjour à toutes et tous. Vers 12h50, vous nous projeterez vers 2027. Et ce dimanche, vous avez envie d'entendre le cadragénaire Vincent Jambrun sur la question de la jeunesse.

2:05
Invité

La jeunesse, est-il possible de lui donner une perspective dans une société à la fois vieillissante et anxiogène ?

2:11
Présentateur

Ce sera donc juste avant la fin de l'émission, la séquence France 2027. Mais d'abord Vincent Jambrun, 5 minutes d'actualité entre 4 yeux. Ces dernières heures, l'actualité c'est cette opération de sauvetage du pilote américain. Le dernier ultimatum de Donald Trump rejeté par Téhéran. Nous, on voit bien le brouillard géopolitique qui a des conséquences directes sur le quotidien des Français. Est-ce que vous, au gouvernement, on peut dire que vous naviguez à vue ?

2:35
Invité

En tout cas, on peut dire que comme tout le monde sur la planète, on a les yeux rivés sur ce qui se passe dans le Golfe. Et qu'effectivement, on va devoir tous être très adaptables. Parce qu'on voit bien que le président américain peut changer d'avis en un tweet dans la nuit. On voit bien que le climat sur place est extrêmement complexe et tendu. Et donc, il va falloir globalement être en permanence sur le qui-vive. Donc, ce n'est pas une volonté de... Enfin, vous parlez de naviguer à vue, ce n'est pas le sujet.

3:02
Présentateur

Et de gagner du temps. J'ai dit ces deux choses, en effet.

3:05
Invité

Mais en revanche, c'est d'être extrêmement réactif. Et évidemment, on s'y emploie. Beaucoup de ministres sont réunis toutes les semaines, plusieurs fois par semaine, pour justement regarder tous les indicateurs et voir comment on peut apporter des aides les plus efficaces et les plus cibles possibles.

3:18
Présentateur

Et avec quelle cagnotte ? Pas de cagnotte, justement, a dit le ministre du Budget. Pourtant, mercredi, le Premier ministre, lui, il avait bel et bien évoqué d'éventuels surplus fiscaux. Il s'est attiré les accusations de Marine Le Pen au sujet de mensonges, je cite, du gouvernement. En termes de communication, cette semaine, pour le gouvernement, ce n'était quand même pas une réussite.

3:37
Invité

Je ne suis pas tout à fait d'accord. Mais ce qui est sûr, c'est que vous avez une augmentation du prix. Donc, assez logiquement, une augmentation des taxes. Donc, les gens se disent qu'il y a une cagnotte qui peut être créée. En l'occurrence, c'est par le cas. Parce qu'évidemment, quand c'est plus cher, les Français consomment moins. Donc, en réalité, même si sur chaque litre, il y a un petit peu plus de fiscalité, au final, au global, il n'y a pas forcément d'impact.

Et si jamais ça devait arriver, c'est ça qu'a dit le Premier ministre, si jamais, à un moment donné, parce que la situation se rétablit, parce que les Français consomment un peu plus, etc., il devait y avoir un surplus, même s'il était petit ou faible. Il doit être totalement concentré dans notre capacité à répondre à la crise et, au-delà de la crise sur le long terme, avoir un vrai plan d'électrification. Ce qui est évidemment important, parce que maintenant, chacun comprend. C'est peut-être la seule vraie grande leçon, c'est qu'il faut qu'on sorte des énergies fossiles et sortir de cette dépendance. C'est un enjeu de souveraineté, c'est un enjeu de pouvoir d'achat.

4:27
Présentateur

On va parler de l'électrification dans une seconde, mais d'abord, quand même, le prix du carburant a asé le rideau dans certaines stations essence. Je vois que le litre de sans plomb 95, c'est 2 euros. Au puits en velée, le litre de gazole à 2,48 euros. On attend encore, dans les prochains jours, vous allez nous le dire, en début de semaine peut-être, des mesures pour des professions particulières. Est-ce que vous, dans votre secteur, vous êtes soucieux pour certains corps de métier, pour certains secteurs ?

4:52
Invité

En tant que ministre du logement, j'ai évidemment tout le monde de la construction, ça va des très grands groupes de construction jusqu'aux tout petits artisans. Et évidemment, il y a beaucoup de déplacements, donc déjà un enjeu autour des carburants.

5:03
Présentateur

Ça veut dire que vous seriez pour une mesure d'aide ?

5:06
Invité

Il y a aussi beaucoup, beaucoup d'enjeux autour des matières premières qui sont en train de flamber. Donc évidemment, tout ça appelle une énorme vigilance et on discute avec les professionnels du secteur pour pouvoir voir comment ça tient, comment ça avance et quelles mesures le cas échéant prend.

5:21
Présentateur

Donc eux, ils vous demandent de l'aide, mais est-ce que vous, vous pensez que ce secteur est en danger et qu'il faudrait leur accorder une aide comme on a fait pour les pêcheurs, pour les agriculteurs ?

5:28
Invité

Encore une fois, nous sommes face à une guerre, avec des conséquences qui sont extrêmement lourdes sur l'ensemble de l'économie. Si cette guerre devait s'arrêter rapidement, alors on pourrait retrouver, j'espère, une situation normale assez rapidement. Si elle devait durer, il faut qu'on se tienne prêts. C'est ce qu'on fait dans un dialogue permanent avec les professionnels du secteur.

5:46
Présentateur

J'ai pas vraiment de réponse, donc pas de danger. Mais c'est pas les infirmières libérales, parce qu'on se dit, les infirmières libérales, ça va arriver. Les agriculteurs, c'est arrivé. Dans le secteur du bâtiment, il y a des plaintes, mais je n'entends pas le ministre qui dit, sans doute, faudrait-il faire quelque chose. En tout cas, ce dimanche, vous ne le dites pas.

6:00
Invité

Je vous dis qu'on se tient prêts à accompagner tous les secteurs d'activité en fonction des situations précises. Encore une fois, il faut être raison gardé. Je crois que les Français ont bien compris qu'il n'y avait plus de cagnotes, justement, dans les caisses, et qu'il fallait que ce soit, effectivement... Vous avez dit tout à l'heure, un parapluie centimètre carré par centimètre carré. Oui, effectivement. On est dans cette logique. Il n'y a plus de quoi qu'il en coûte, mais il y a de l'aide ciblée. Et il y a un effet levier pour éviter qu'il y ait des faillites, notamment, et donc faire en sorte de protéger nos concitoyens et notre économie.

6:30
Présentateur

Alors, l'électrification, ça aussi, c'était prévu, mais ça doit accélérer, a dit Sébastien Lecornu. Il attend des propositions des ministres, dont vous, d'ici mercredi, sur les actions prioritaires à mener. On pense tout de suite à la voiture, mais le chauffage, c'est énorme, évidemment, dans les besoins d'énergie. Et puis, les aides à la rénovation, Vincent Jambrun, c'est-à-dire MaPrimeRénov', les certificats d'énergie, est-ce que ça sera fléché sur le chauffage électrique et sur les pompes à chaleur ? Une question très précise.

6:57
Invité

Effectivement, il faut qu'on accélère. Comme je le disais tout à l'heure, c'est un enjeu de souveraineté, c'est un enjeu de pouvoir d'achat pour les familles, et en plus, c'est un enjeu écologique. Donc, c'est du gagnant-gagnant. L'objectif pour nous, c'est d'inciter et de favoriser l'installation de l'électrique partout où c'est possible. En priorité, avec les bailleurs sociaux, vous avez un parc de logements sociaux extrêmement important en France. Il est encore beaucoup chauffé, que ce soit pour le chauffage ou l'eau chaude sanitaire, avec de l'énergie fossile.

7:23
Présentateur

Au gaz pour la moitié du parc social.

7:26
Invité

Plus de la moitié, effectivement, au gaz. Donc, il faut qu'on accélère. D'autant que le logement social, c'est aussi des maisons individuelles en province. Vous avez des petites maisons. Et là, on peut vraiment aller très, très vite dans la conversion vers l'électrification. Je pense notamment à des systèmes de pompe à chaleur. Et donc, l'idée, c'est de flécher nos aides, effectivement, sur ces outils, mais également sur la rénovation thermique. Parce que si vous pouvez installer de l'électrique, si vous êtes toujours dans une passoire thermique, en termes de pouvoir d'achat, vous allez avoir du mal à bouger.

7:52
Présentateur

Mais donc, c'est MaPrimeRénov, ça ? Ça veut dire que MaPrimeRénov, maintenant, si on va au guichet, l'argent sera vraiment...

7:57
Invité

Vous aurez les annonces précises mercredi. Mais l'objectif, c'est effectivement de flécher les moyens d'accompagnement de l'État vers l'électrification du parc social et du parc privé.

8:07
Présentateur

Donc, ça sera le cas, j'entends, quand même, pour MaPrimeRénov, on sera mercredi avec Sébastien Lecornu. L'ambition du gouvernement, quand même, elle va se mesurer en termes de milliards et en termes de calendrier. Vous, sans préempter les annonces, mais dites-nous, à vos yeux, faire basculer le logement français hors de la zone de dépendance, ça demande combien d'argent sur la table, dans le logement, et ça peut se faire à quel horizon ?

8:31
Invité

C'est une question qui est quand même un peu complexe, parce que tout dépend si on arrive à atteindre nos objectifs de production de logements neufs. Quand je dis produire, d'ailleurs, c'est construire du neuf et c'est réhabiliter à neuf. Évidemment, ça ne coûte pas la même chose, la conversion à l'électrique, si vous êtes dans la construction neuve, où, en fait, on consomme beaucoup moins que l'inverse. Donc, c'est beaucoup d'argent, mais c'est de l'argent qui en rapporte, si vous me permettez cette expression, parce que derrière, on économise sur sa dépense énergétique.

Et donc, il y a une rentabilité, y compris, on parlait du parc social tout à l'heure, avoir une vraie conversion vers l'électrique du parc social, c'est finalement, on l'espère à terme, faire baisser les charges. Et donc, ça se rentabilise.

9:11
Présentateur

Mais quand vous dites qu'il va falloir remplacer, quand vous dites qu'il y a la moitié du parc social qui chauffe au gaz, il faut qu'on les aide à passer à l'électrique, si je vous ai bien compris, c'est ça. On se dit, mais ça va coûter des milliards.

9:20
Invité

Encore une fois, c'est un calcul à opérer, parce que quand vous baissez la facture énergétique, de fait, ça vous fait baisser vos charges, et donc, vous pouvez amortir votre investissement de départ. Et donc, ça veut dire que l'argent public n'a pas besoin de financer 100% de l'opération, mais c'est bien des partenariats qu'on va mettre sur la table.

9:39
Présentateur

Partenariats publics privés ?

9:40
Invité

L'État et les bailleurs sociaux, par exemple.

9:43
Présentateur

Partenariats et les bailleurs sociaux.

9:44
Invité

C'est un sujet important pour nous, et je vois les représentants des bailleurs sociaux la semaine prochaine pour voir justement comment on peut donner un calendrier à cette ambition qui est l'électrification du parc social, et de manière plus générale, continuer à accompagner les familles françaises vers une meilleure isolation de leur logement et une meilleure électrification.

10:02
Présentateur

Est-ce que ce que vous avez en tête, c'est la possibilité d'une colère type gilet jaune ? Est-ce que ça, au gouvernement, on y pense, on le redoute ?

10:09
Invité

D'abord, notre pays est frappé, là, à court terme, par une crise qui touche le monde entier, et donc, évidemment, quand on est au gouvernement et en responsabilité, on se doit de protéger nos concitoyens. Et donc, le premier sujet, c'est pas est-ce qu'il va y avoir une gilet jaunisation du pays ? Le vrai sujet, c'est comment on fait en sorte que les familles françaises soient le moins possible impactées par cette crise, parce que derrière, vous avez des entreprises qui peuvent faire faillite, donc c'est des Français et des Françaises au chômage, c'est des projets de vie entier qui tombent à l'eau, et c'est ça notre enjeu, c'est d'être là pour protéger.

10:49
Présentateur

On ouvre la discussion à Françoise Fresseuse et Brigitte Boucher, une question de Françoise Fresseuse.

10:55
Invité

On entend depuis hier l'idée que peut-être il y aurait des super profits pétroliers, ou alors des raffineries qui, au fond, feraient des profits. Est-ce qu'il y a une manne, là ? Est-ce qu'on peut aller chercher des super profits, taxer les super profits, pour essayer d'avoir un peu d'argent, soit pour aider les professions, soit pour accélérer l'électrification ? L'enjeu, il est quand même déjà d'éviter les super profits, c'est-à-dire de faire en sorte qu'à la pompe, les prix soient les plus contraints possibles, pour qu'il n'y ait pas des effets de marge énormes.

C'est pour ça qu'il y avait eu cet observatoire dès les premiers jours qui avait été mis en place, pour s'assurer qu'il n'y ait pas d'abus des professionnels.

11:33
Vincent Jeanbrun

On n'est pas dans une économie administrée, donc de toute façon, on ne peut pas bloquer les prix.

11:36
Invité

Non, mais ça permet d'observer qui, effectivement, fait un maximum d'efforts, quitte à réduire sa marge, pour justement faire en sorte que les Français continuent à pouvoir se déplacer, et d'autres, peut-être, qui vont tenter d'abuser. Moi, je ne suis pas ni ministre de l'Économie ni la ministre de l'Énergie. Mais est-ce qu'il pourrait y avoir une taxation des super profits à un moment ? Écoutez, de toute façon, le sujet, c'est de protéger les Français. Et donc, le gouvernement, je vous le disais tout à l'heure, va s'adapter semaine après semaine, parce qu'on est face à une crise qui, elle-même, évolue jour après jour, semaine après semaine.

Et donc, on regardera ce qu'il est possible de faire, pas faire.

12:11
Vincent Jeanbrun

Vincent Jean-Brun, vous avez dit qu'il n'y a pas de cagnotte. Et effectivement, le surplus, il n'est pas énorme. 270 millions d'euros, il devrait être moins important le mois prochain, parce que les volumes vont baisser. Pour autant, quand il y a eu le Covid, on a trouvé de l'argent. Est-ce que là, il ne faut pas aller chercher, creuser peut-être même un peu plus la dette pour aider les Français qui en ont le plus besoin dans les zones rurales, dans les villes moyennes ?

12:34
Invité

Encore une fois, on verra ce qu'est cette crise au fil des mois. Mais aujourd'hui, l'État français ne peut pas se permettre de refaire un quoi qu'il en coûte. Je vous le dis très clairement. Donc, il faut qu'on tienne nos déficits. On a été exemplaires dans la gestion du budget l'année dernière, ce qui fait qu'on a eu presque des meilleures nouvelles que ce qu'on pouvait craindre.

12:52
Présentateur

Avec un déficit à 5,1%.

12:55
Invité

Ce qui est gigantesque, en fait. A la fois, c'est une bonne nouvelle, parce que c'est moins que ce qu'on pouvait craindre, et en même temps, c'est gigantesque. Moi, j'ai deux enfants, je n'ai pas envie qu'on leur laisse une dette irremboursable, en fait. Et donc, bien sûr qu'il va falloir à la fois être très pragmatique et être en protection, et en même temps, oui, faire très très attention, parce que c'est l'avenir de nos enfants, c'est l'avenir de notre pays qui est en jeu. Donc, le quoi qu'il en coûte, à mon sens, ce n'est pas possible. Vous faites du sur-mesure, là, c'est plutôt l'approche par, au fond, profession. Chaque ministre doit surveiller ses professions.

Est-ce qu'il n'y a pas une mesure plus simple qui est, au fond, de raisonner par gros rouleurs, de dire on donne une prime aux gros rouleurs ? Ce n'est pas le choix que nous avons fait pour le moment, parce qu'encore une fois, l'idée, c'est d'aller regarder métier par métier, catégorie par catégorie, pour voir où est le bon effet qui permet d'éviter un effondrement, et notamment des faillites, par exemple. Là, si vous faites une prime gros rouleur, il peut y avoir des effets d'aubaine, vous pouvez financer des activités qui ne sont pas forcément les activités les plus essentielles au pays. Donc, il y a un rôle, effectivement, de faire du sur-mesure et d'essayer de s'adapter jour après jour.

14:05
Présentateur

Vincent Jambrun, là, on parle de la crise énergétique qui surgit en 2026, comme elle a surgi en 2022. Et puis, il y a une crise qui dure depuis beaucoup plus longtemps, c'est la crise du logement. L'an dernier, un chiffre, c'est le chiffre le plus récent qui a marqué les esprits, 30 500 ménages ont été expulsés avec l'intervention des forces de l'ordre. Un chiffre en hausse est cette question de Brigitte Boucher.

14:27
Vincent Jeanbrun

Oui, une forte augmentation des expulsions, plus 27% sur un an. Est-ce que ça traduit une plus grande précarité ?

14:34
Invité

D'abord, on va consolider ces chiffres, puisque c'est la profession de ceux qu'on appelait les huissiers à une époque qui le donne, avec une méthode de calcul différente des années précédentes sur les chiffres officiels.

14:44
Vincent Jeanbrun

Ce n'est pas le bon chiffre, 27% ?

14:45
Invité

Ce ne sont pas les mêmes méthodes de calcul, donc on va regarder. Mais ce qui est sûr, c'est que, évidemment...

14:51
Présentateur

Vous mettez tout sur un chiffre important, c'est-à-dire que c'est le chiffre qu'on a tous repris. Quand vous dites qu'on va consolider, ça veut dire que vous pourriez en douter ? Vous pensez qu'il est plus faible ?

14:58
Invité

Je vous confirmerai le chiffre. Ce qui est certain, c'est que ce débat sur les chiffres ne doit pas masquer une réalité, c'est qu'il y a une grande précarité dans notre pays, et qu'effectivement, vous avez plus de familles qui sont en difficulté pour payer leur facture à la fin du mois, et particulièrement celle de leur logement. Ma prédécesseur, Valérie Létard, avait initié un plan pour justement prévenir le plus tôt possible les impayés, des familles de bonne foi, et je pense que c'est vraiment tout à notre honneur d'accompagner ces familles qui sont honnêtes, de bonne foi, et qui ont envie de payer leur loyer, mais qui sont face à des difficultés.

Et là-dessus, il faut qu'on fasse un maximum d'efforts, et je veux prolonger ce travail qui avait été initié par Valérie Létard.

15:40
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas quand même un résultat de la loi Casbar ?

15:43
Invité

J'allais dire, vous avez, au-delà des locataires de bonne foi, vous avez parfois aussi des locataires de mauvaise foi, qui vont jouer avec le système, qui vont devenir des professionnels de l'impayé en étant toujours sur la limite, et ça, il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il faut qu'on aille renforcer la protection des propriétaires, et quand je parle de propriétaires,

16:02
Vincent Jeanbrun

C'est vous qui voulez renforcer cette loi sur les squatteurs, donc c'est aussi le résultat de cette loi-là, qui fait qu'il y a plus d'expulsions aujourd'hui.

16:09
Invité

Exactement, vous avez eu une loi qui a permis de favoriser les expulsions, quand vous aviez notamment des squatteurs, c'est-à-dire des personnes qui sont rentrées illégalement dans votre domicile, et puis, il y avait un petit angle mort, sur notamment, vous en avez entendu parler, le fait de rentrer, entre guillemets, légalement, et de s'y maintenir illégalement. Par exemple, vous louez en Airbnb pendant 48 heures, et puis, au bout du troisième jour, vous avez le droit de vous y maintenir. Ça, c'est un angle mort, qu'on va corriger grâce à la loi Riposte que porte le ministre de l'Intérieur.

16:36
Vincent Jeanbrun

Alors, on va en parler, mais juste pour bien comprendre, cette augmentation des expulsions, elle est due à des impayés, ou elle est due à des expulsions, parce qu'il y a des squatteurs ?

16:45
Invité

C'est un peu pour ça que je vous disais qu'il va falloir consolider les chiffres, parce que là, on nous a annoncé un chiffre de 30 000, on semble bien savoir ce qui était mis derrière, mais ce qui est certain, c'est qu'il y a eu une augmentation des expulsions face à des squatteurs, et ça, je considère que c'est plutôt une bonne nouvelle, parce qu'on protège, ce faisant, des petits propriétaires, c'est-à-dire des propriétaires modestes, qui ont parfois épargné toute une vie pour avoir un petit appartement qu'ils mettent en location. Il faut savoir qu'en France, les propriétaires qui mettent en location un appartement, en moyenne, ils ont 1,1 logement.

Donc, on n'est pas sur des gens très très riches qui ont des tonnes d'appartements à mettre en location, on est sur vraiment des gens qui, sinon, sont mis en très grande difficulté s'ils ne perçoivent plus leur loyer. Ils peuvent ne plus rembourser l'emprunt bancaire et être mis en faillite, c'est extrêmement grave. Donc, il faut trouver le point d'équilibre entre lutter contre le squat, les professionnels de l'impayé qui, effectivement, jouent de notre système pour payer quasiment un mois sur deux, si j'exagère, et ça, il va falloir qu'on le fasse. Moi, c'est pour ça que je lance une étude.

17:40
Vincent Jeanbrun

Et puis les familles qui ne peuvent plus boucler les familles.

17:42
Invité

Et à côté de ça, vous avez des familles qui sont, effectivement, en grande difficulté. Et c'est pour ça qu'il faut à la fois les accompagner très très tôt dans la procédure avec vraiment des structures qui viennent accompagner. Et après, on a lancé une étude. On va en parler.

17:59
Présentateur

Mais d'abord, la trêve d'hiver a pris fin mercredi dernier. Vous parlez des expulsions. Je vous propose d'écouter Christophe Robert. C'est le délégué général de la Fondation pour le logement. Et il vous interpelle directement.

18:09
Invité

Ce qui nous inquiète, c'est que le ministre actuel, M. Vincent Jambrun, ne fait pas preuve d'humanité face à cela. On n'entend pas sur ses difficultés sociales, sur ses souffrances. Et nous, on l'invite aujourd'hui à venir dans nos permanences, d'accès aux droits, dans notre ligne téléphonique, à l'eau prévente sous expulsion, pour qu'il mesure la casse sociale, les souffrances, et qu'on lui fasse part aussi des alternatives à l'expulsion que l'on connaît et qui pourraient éviter ces catastrophes sociales. Et M. Jambrun nous dit aujourd'hui qu'il veut encore accélérer. Alors, ça fait peut-être du bruit dans les médias, mais ça ne résout pas les problèmes sociaux.

18:37
Présentateur

Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous ne faites pas preuve d'humanité ?

18:40
Invité

C'est très blessant et c'est totalement faux. Moi, j'ai eu l'occasion de rencontrer la Fondation et je leur ai rappelé mon parcours d'élu local. J'étais maire pendant dix ans. Quand on est maire, on voit des familles qui sont à la rue, on voit des familles qui sont sur le point d'être expulsées, on fait tout pour essayer de les reloger. Donc, évidemment que j'ai conscience de cette difficulté sociale majeure.

19:02
Présentateur

Il y a des maires qui prennent des arrêtés anti-expulsion. Par exemple, Bali Bagayoko à Saint-Denis, le nouveau maire, il a pris un arrêté interdisant les expulsions locatives à Saint-Denis et Pierre-Fitte-sur-Seine s'il n'y a pas, et c'est là tout le sujet, de solutions de relogement.

19:16
Invité

N'oublions pas de préciser que c'est un arrêté illégal et c'est pour ça que le préfet a eu raison de saisir immédiatement la justice puisque là, vous avez un maire qui fait du populisme en expliquant que d'un coup de baguette magique, on va résoudre la situation de tout le monde. Il suffit d'interdire les expulsions pour qu'il n'y ait plus d'expulsions. Non, mais tant qu'il n'y a pas de relogement. Et dans ce cas-là, il n'y a plus de personnes à la rue. C'est quand même assez cocasse. Quand on est maire, on est responsable devant la loi et je trouve que le maire de Saint-Denis, Pierre-Fitte, a tort d'abord de faire croire aux gens qu'il n'y aura pas d'expulsion. C'est un mauvais signal.

Et deuxièmement, on ne prend pas des arrêtés illégaux. Ça n'a pas de sens.

19:49
Présentateur

Vous dites populisme, il ne fait pas juste de la politique. Il dit qu'il n'y a pas de solution de relogement. Est-ce que la solution, c'est de mettre les gens en dehors de leur logement ?

19:56
Invité

En fait, il pourrait dire à la télé et faire de la politique comme le fait le président de la Fondation. Moi, je suis pour qu'on limite les expulsions. Ça, c'est faire de la politique. Quand vous êtes maire, que vous portez l'écharpe tricolore, que vous êtes premier magistrat de votre ville et que vous signez un document administratif en sachant pertinemment que ce que vous faites est illégal, là, ce n'est plus de la politique. C'est ce que fait la maire de Bagneux,

20:18
Vincent Jeanbrun

la maire communiste depuis des années aussi.

20:19
Invité

Moi, je pense que...

20:20
Vincent Jeanbrun

C'est aussi une façon de pointer les défaillances de l'État, non ?

20:23
Invité

Quand un document est illégal, il doit être déféré au tribunal. Le préfet de Seine-Saint-Denis a bien fait de le faire. Et évidemment, on doit collectivement faire en sorte que les Françaises et les Français en difficulté ne soient pas amenés jusqu'à l'expulsion. Et donc, on doit protéger ses familles. Ça, évidemment, ça fait sens. Ensuite, on doit aussi protéger les propriétaires. Si vous ne protégez pas les propriétaires, ils arrêteront d'investir, ils arrêteront de mettre en location les appartements. Et donc, on aggravera la crise de l'accès au logement. Ce qu'on dit, c'est quand on ne peut pas les reloger. Qu'est-ce qu'on en fait ? Ce chiffre est important.

26% des familles françaises, 26% sont logées dans des appartements qui sont détenus par des petits bailleurs privés. Donc, on ne peut pas sortir ce stock de logement du marché. Sinon, on aggravera la crise du logement. Il faut vraiment l'entendre. Et donc, le sujet, ce n'est pas dire est-ce qu'on est pour ou contre les expulsions ? Est-ce qu'on est pour ou contre la lutte contre les impayés ? Mais comment on trouve le chemin d'équilibre où le propriétaire est en confiance dans notre pays pour mettre en location son bien et, de l'autre côté, faire en sorte qu'un locataire en difficulté soit le mieux accompagné possible ? La question du relogement, qu'est-ce que vous répondez à ça ?

Pour bien connaître les bailleurs sociaux, notamment, on sait qu'en général, quand il y a expulsion, il y a tout un parcours social qui accompagne. En France, vous avez des commissions, pardon pour la technicité, on appelle ça les CAPEX, qui accompagne très très en amont les familles pour justement trouver des solutions de relogement et après, vous avez encore une fois différents cas.

Vous avez la famille de bonne volonté, honnête, qui écoute les conseils qui lui sont donnés, qui s'engage dans un parcours de relogement et puis, vous savez, il faut le dire aussi, des professionnels de l'impayé qui, eux, sont de mauvaise foi et là, il faut aussi qu'on ait des outils d'expulsion puissants et donc, il faut trouver l'équilibre entre les deux.

22:09
Présentateur

Vincent Jeanbrun, vous avez lancé une mission sur les impayés de loyer dans un entretien avec nos confrères d'AEF Info, c'était le 19 mars, vous expliquez, je vous cite, certaines familles ont tous les abonnements à Netflix et Amazon Prime alors qu'elles ont des impayés de loyer. Qu'est-ce que vous voulez dire au fond ? Est-ce que ce sont des familles qui ne savent pas gérer leur budget ou est-ce que vraiment ces gens qui ne paient pas leur loyer, ce sont, comme en Italie, on les considère comme des voleurs, vous aussi, vous les considérez comme des voleurs ?

22:34
Invité

L'exemple que j'ai donné là, c'était plutôt lié à mon expérience de maire où, au fond, c'est ce que je disais, c'est qu'on peut accompagner les familles très en amont. Vous avez des familles qui parfois ont des difficultés à gérer leur budget qui se sont, parfois pour faire plaisir aux enfants, engagées dans des abonnements avec notamment, vous savez, tout un tas d'abonnements qui commencent gratuits, c'est gratuit deux mois et puis si vous ne faites pas vous-même la démarche pour le sortir.

Et je dis ça parce qu'on a dans nos mairies des centres communaux d'action sociale, on a des assistantes sociales qui sont soit déjà en impayé, qui commencent à accumuler de la dette locative, soit qui sont sur le point de l'être et en fait, quand on regarde leur compte, on se rend compte qu'il y a quelques marges de manœuvre.

23:13
Présentateur

Mais c'est la majorité des gens qui ne paient pas leur loyer ?

23:15
Invité

Non, je ne vous dis pas que c'est la majorité mais parfois, certains me disent mais qu'est-ce que vous voulez faire parce que vous parlez de mesures pour accompagner le plus en amont possible, etc. Eh bien en fait, on a des assistantes sociales en France, on a des outils, des associations notamment qui accompagnent très tôt et qui les aident justement ces familles à faire attention à leur budget et effectivement prioriser le remboursement, enfin le paiement du loyer plutôt que des abonnements télé par exemple. Et ce que les familles font ce que les familles font naturellement...

23:40
Vincent Jeanbrun

Il y a des gens qui ont des abonnements télé et c'est pour ça qu'ils ne peuvent pas payer leur loyer. En fait, souvent...

23:45
Invité

Je vous demande de me faire deux secondes de confiance et à mon expérience d'élu local. Vous avez des familles qui parfois ont d'énormes difficultés à gérer leur budget et on n'est pas sur des familles qui vous disent « Ah ah, je me paye mes abonnements sur le dos du bailleur que je ne paie pas. » On n'est pas sur ça. On est sur des familles qui, quand on reprend leur compte avec elles, eh bien, on se rend compte qu'il y a quelques marges de manœuvre et donc on peut échapper à l'impayé de loyer trop important et donc on peut échapper à l'expulsion. C'était ça mon propos et c'est vrai aussi d'un accompagnement vers le retour à l'emploi par exemple. Il y a plein de choses qu'on peut faire.

Vous avez aussi un non-recours aux aides. Vous avez des familles qui pourraient bénéficier de tarifs sociaux pour l'électricité, le gaz par exemple qui n'ont pas l'information. On n'a jamais fait la démarche. Donc, c'est pour vous dire et cet exemple est là pour dire que l'accompagnement préventif contre les impayés, il a du sens et il est efficace. C'était ça que je voulais dire. Je reviens deux secondes sur l'abonnement de Netflix parce que est-ce que ce n'est pas aussi un signe de vouloir s'intégrer au fond dans une société de consommation où on est un peu exclu si on n'a pas les chaînes au fond auxquelles aspire tout le monde ?

Vous posez une vraie question mais souvent c'est une pression des enfants. Effectivement, parce que bien souvent l'adulte responsable du foyer, les quelques familles auxquelles je peux penser là, il a envie de faire plaisir aux enfants. On est parfois sur des profils qui travaillent dur y compris avec des horaires de nuit et donc on dit oui. Vous avez aussi parfois simplement des jeunes ados qui prennent l'abonnement sans forcément le dire aux parents, etc. Il y a pas mal de choses comme ça. Donc, quand on rentre dans le détail, chaque situation est particulière mais on voit qu'il y a des marges de manœuvre. C'est ça que je voulais dire.

25:27
Présentateur

Vous avez des propos sur l'accompagnement, sur des familles qui ont des difficultés et qu'il faut aider mais parfois vous avez des propos un peu plus cash Vincent Jambrun, là vous êtes très doux. Il y a quelques jours ou quelques semaines, vous avez dit que ne pas payer son loyer pendant plusieurs mois, c'était un squat de fait et ces propos-là, apparemment, ils ont gêné l'homme que vous aviez chargé de piloter la mission sur les impayés de loyer. Il s'appelle Hugues Périné Marquet, c'est un professeur de droit et mérite. Il a carrément jeté l'éponge deux jours après que vous l'avez nommé. Est-ce que vous êtes de parti pris ?

25:58
Invité

Moi, je ne suis pas de parti pris. Je rencontre autant de locataires en grande difficulté que de tout petits propriétaires en très grande difficulté quand ils sont eux-mêmes victimes d'un payé de leur locataire et j'essaie de trouver des solutions pour les deux et c'est pour ça que j'avais voulu lancer cette mission qui aura lieu avec une autre personnalité qui va porter la mission. Vous l'avez trouvée ?

Oui, mais je le rencontre la semaine prochaine donc j'officialiserai son nom la semaine prochaine avec cette idée de trouver justement le point d'équilibre c'est-à-dire faire en sorte qu'on améliore l'accès pour des locataires potentiels à la location qu'on fasse un accompagnement beaucoup plus fin et précis pour lutter contre l'habitat indigne parce que vous avez aussi parfois des propriétaires qui abusent et là ils doivent être sanctionnés les locataires doivent être accompagnés et de l'autre côté des propriétaires qui ont besoin de retrouver une pleine confiance dans le fait de pouvoir avoir l'usufruit du bien qu'ils mettent à la location. Et là vous allez durcir les expulsions ?

Ce chemin d'équilibre et justement pour que ce ne soit pas dans un parti pris on confie ça à une personnalité de la société civile qui va avoir la charge d'un rapport qui doit éclairer le ministre que je suis les membres du gouvernement et plus largement les parlementaires qui auront ou pas à voter des lois sur ce sujet-là.

27:08
Vincent Jeanbrun

Et puis il y a la loi Riposte cette loi elle prévoit de pouvoir durcir la loi contre les squatteurs qu'est-ce qui est prévu ? C'est une expulsion immédiate à quel moment on dit cette personne elle squatte c'est quoi ? C'est un mois ?

27:23
Invité

On en a brièvement parlé tout à l'heure mais la loi Casbarian a permis de mieux protéger les propriétaires contre un certain nombre de squatteurs. Il y avait un petit angle mort tel que la loi était finalement écrite et votée qui faisait que si on rentrait légalement dans l'appartement vous n'étiez plus expulsable comme squatteur mais effectivement vous rentriez dans la case locataire en impayé ce qui n'est pas du tout la même chose C'est un peu la référence

27:47
Vincent Jeanbrun

aux personnes AirBnB par exemple

27:49
Invité

Il y a la question je loue en meublé type AirBnB pendant 2-3 jours donc je suis rentré légalement dans le bien et puis au bout de 3 jours je m'y maintiens illégalement mais de fait vous n'êtes pas considéré comme squatteur c'est comme si vous aviez signé un bail et que vous aviez arrêté de payer ce n'est pas possible ça n'a pas de sens donc ça on vient le corriger mais même si vous prenez les clés vous les trouvez dans la rue vous rentrez sans avoir cassé le moindre carreau ou la porte vous y maintenez 48 heures aujourd'hui vous n'êtes pas considéré comme un squatteur ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas une procédure d'expulsion qui peut être lancée mais elle peut prendre des mois voire des années donc ça on le corrige grâce à la loi Riposte et l'action du ministre de l'Intérieur je m'y étais engagé dès les premières semaines de cette charge de ministre je suis ravi qu'avec le ministre de l'Intérieur on puisse le mettre en débat au parlement

28:34
Vincent Jeanbrun

ce sera effectif quand ?

28:36
Invité

écoutez maintenant ça va être dans la main des parlementaires le texte va être examiné au Sainat et à l'Assemblée j'espère avant l'été on pourra mettre ça dans la loi et en pratique

28:44
Présentateur

Vincent Jean-Brun si on regarde les chiffres une dernière question là-dessus quand même 175 000 procédures pour un payé lancé l'an dernier sur quasiment 13 millions de ménages locataires sur les squatteurs dites nous si vous avez de meilleurs chiffres moi je trouve ça serait 6 000 7 000 cas est-ce que là vous n'êtes pas en train de mettre toute votre énergie et beaucoup les projecteurs sur finalement des sujets marginaux pour les français qui eux aimeraient bien louer ou se loger acheter

29:09
Invité

heureusement que ce n'est pas la majorité des cas vous avez raison de le rappeler mais le sujet on en a parlé aussi tout à l'heure c'est qu'il y a un enjeu de confiance le locataire doit avoir confiance quand il devient locataire sur le fait qu'il ne va pas être abusé par un logement indigne mais le propriétaire si on veut qu'il remette ses logements sur le marché pour nous aider à loger les français qui vraiment ont d'énormes difficultés à se loger et bien il faut qu'il ait confiance donc si vous avez ne serait-ce que 10 000 cas de squats et bien ça peut décourager un certain nombre de nos concitoyens qui auraient la possibilité de mettre un bien à la location de le faire et donc c'est de l'énergie à mon sens bien placée parce que ça peut redonner confiance aux petits propriétaires il y a eu beaucoup il y a eu beaucoup de va-et-vient sur la politique de logement sous le double quinquennat Macron à un moment Emmanuel Macron a considéré que ça coûtait beaucoup très très cher qu'il y avait peu de rendement et là vous dites non non maintenant il faut vraiment redonner confiance aux propriétaires faire des aides comment vous expliquez ces va-et-vient permanents écoutez moi je ne suis pas là pour expliquer les va-et-vient je suis là pour vous dire qu'il est ma feuille de route le premier ministre m'a confié une mission répondre à la crise du logement d'ailleurs j'ai souvent dit que j'étais moins le ministre du logement que le ministre de la crise du logement on a perdu en quelques années 20 mètres carrés par famille française 20 mètres carrés c'est cet appartement qu'aura pas un jeune actif pour venir travailler à côté de son entreprise c'est la chambre qu'on n'aura pas pour y mettre des enfants supplémentaires c'est vraiment un enjeu de société qui est majeur mais est-ce que c'est pas parce qu'on n'a pas trouvé la bonne solution ?

on doit continuer à redonner confiance c'est pour ça que je parle de confiance c'est vrai confiance dans le logement social par exemple il faut donner plus de confiance aux maires dans le fait de pouvoir mieux maîtriser les politiques de peuplement quand il y a des nouveaux logements sociaux qui sont construits sur la commune parce qu'on a besoin de logements privés et de logements sociaux il faut donner confiance aux propriétaires on en a parlé il faut donner confiance aux investisseurs c'est pour ça qu'on a à travers le budget mis en place un nouveau statut fiscal

31:11
Vincent Jeanbrun

qui remplace le pinel

31:13
Invité

exactement qui vient permettre de rentabiliser l'investissement dans la pierre et de le sécuriser et il faudra aller encore plus loin avec un choc de simplification c'est ce que je vais porter d'ici l'été dans un projet qui permet de faciliter la construction c'est ce que j'appelle les Jeux Olympiques du logement Jeux Olympiques on a réussi à faire de la qualité et en même temps vite et bien et moins cher justement parce que on avait été plus vite si on veut résoudre la crise du logement si on veut répondre à toutes les difficultés qu'on a évoquées y compris avec la fondation pour le logement et bien il faut qu'on produise plus de logements dans notre pays c'est ça ma feuille de route

31:48
Vincent Jeanbrun

parce que c'est 400 000 logements qui sont prévus par an on en prévoit on est au mois de mars avril même

31:54
Invité

on en a annoncé 2 millions de produits donc construction neuf production à neuf c'est-à-dire réhabilitation 2 millions d'ici 2030 ça fait une moyenne à 400 000 par an dès la semaine prochaine mardi je réunis ce que j'ai appelé le comité de suivi de l'équipe de France du logement parce que pour réussir ce pari il faut que toutes les parties prenantes qui participent à la création et à la production de logements soient pleinement mobilisés et comme on s'y était engagé on va piloter cette politique publique on va régulièrement réunir tout le monde regarder les statistiques regarder comment ça marche c'est d'autant plus important qu'avec la crise au Moyen-Orient il va falloir qu'on puisse est-ce que vous révisez

32:32
Vincent Jeanbrun

vos objectifs à cause de la guerre ?

32:34
Invité

aujourd'hui l'ambition elle est toujours la même il va falloir effectivement qu'on soit très très vigilants sur l'évolution des taux sur l'évolution des coûts des matériaux mais c'est ce qu'on va faire tous ensemble avec tout l'écosystème

32:45
Présentateur

Vincent Jean Brant passe à l'actualité politique de ce week-end avec le rassemblement contre le racisme hier à Saint-Denis à l'appel du nouveau maire insoumis on écoute Bali Bagayoko

32:55
Invité

nous venons dire avec fermeté et de manière définitive notre attachement viscéral aux valeurs de la république liberté égalité fraternité incarnée par celles et ceux qui sont héritiers et héritières de l'immigration

33:08
Présentateur

pourquoi est-ce que vous vous n'y étiez pas par exemple ?

33:12
Invité

parce que c'était pas ma place mais le sujet si la question qui nous est posée si la question qui nous est posée c'est est-ce que nous sommes pleinement mobilisés pour lutter contre le racisme et toutes les formes de discrimination la réponse est oui moi c'est tout l'ADN de mon engagement politique depuis toujours mais qu'est-ce que vous lui dites personnellement à lui qui a été maire et qui a été quand même victime de propos racistes je considère que mais je ne tolère aucun propos raciste aucun et quand j'entends qu'il aurait reçu des courriers qu'il aurait reçu des tweets qu'il aurait reçu des messages je condamne ces messages et là-dessus j'apporte ma solidarité à tous les maires qui sont victimes quotidiennement de ce genre d'insultes mais je l'invite à dire aux membres de son propre parti de ne pas faire exactement la même chose avec d'autres formations politiques quand pendant les campagnes municipales les sympathisants LFI les militants LFI les candidats LFI ont traité tout ce qui n'était pas de tout ce qui n'était pas LFI d'extrême droite voire de raciste je ne pense pas qu'ils pacifient notre société c'est la même chose

34:14
Présentateur

vous les renvoyez dos à dos les racistes et LFI les militants LFI ou les sympathisants

34:19
Invité

je dis qu'il faut être cohérent et aller jusqu'au bout que le nouveau maire de Saint-Denis Pierre Fitte a parfois une indignation à géométrie variable on peut tous se retrouver pour condamner le racisme mais dans ce cas là il faut condamner toutes les formes de violences politiques aussi

34:34
Vincent Jeanbrun

est-ce que vous avez entendu

34:36
Invité

un seul responsable de la LFI condamner ce qui s'est passé à Fresnes un seul est-ce que vous avez un tweet de monsieur Mélenchon du maire de Saint-Denis ou de tous ses petits camarades pour condamner les violences à ce moment là pas un seul

34:48
Vincent Jeanbrun

est-ce que c'est une raison pour que le gouvernement a mis plusieurs jours à condamner

34:52
Invité

vous aviez monsieur Mélenchon qui s'amusait à expliquer ce que les émeutiers avaient le droit de brûler ou pas brûler ces gens jouent avec le feu en permanence donc je condamne toutes les formes de racisme ça va de soi et c'est un combat historique pour moi mais ne nous cachons pas derrière ce combat pour les rendre incritiquables et justifier tout ce qu'ils font il a dit sur une antenne de vos confrères monsieur le maire de Saint-Denis que la jeune garde par exemple menait un combat salutaire pardon non mais là on n'est pas du tout

35:21
Présentateur

sur le même vocabulaire quand même Vincent Jambrun le maire de Saint-Denis visiblement sur une chaîne CNews on entend des mots comme homo sapiens on entend grand singe est-ce que vous considérez que CNews c'est une chaîne qu'il faut fermer c'est ce qu'il dit c'est ce qu'il demande

35:34
Invité

je ne considère pas qu'il faille se fermer CNews d'abord c'est pas à moi de le dire parce qu'on a l'art comme

35:39
Présentateur

vous êtes un homme politique

35:40
Invité

non mais s'il y avait si il y avait nécessité mais encore une fois je combat toutes les formes de racisme et toutes les formes de discrimination et d'ailleurs je pense qu'il faudrait qu'il fasse le ménage aussi à l'intérieur de LFI parce qu'il y a parfois d'autres formes de discrimination qui sont absolument intolérables ce n'est pas dans mes formations politiques qu'on fait des réunions où les blancs sont interdits parce qu'il faudrait faire des réunions uniquement entre racisés c'est une autre forme de racisme donc il faut le dénoncer ces discriminations dans tous les camps politiques et que chacun fasse le ménage chez soi mais à un moment donné on peut être capable de dire non au racisme non aux discriminations et quel que soit l'élu frappé et évidemment y compris le maire de Saint-Denis LFI et en même temps ne pas leur donner une espèce de carte blanche qui consisterait à dire que tous leurs propos excessifs y compris des propos qui pourraient être jugés antisémites de la part de leur grand leader monsieur Mélenchon d'un coup on n'a plus le droit d'en parler parce que c'est ça quand même la LFI aujourd'hui Bruno Retailleau le patron de LR veut lancer un observatoire des municipalités LFI vous approuvez sa démarche ou vous dites c'est peut-être pas l'idéal écoutez on a quand même un maire à peine élu qui prend un arrêté illégal ça mérite d'en informer celui dont on parlait tout à l'heure sur le fait d'interdire les expulsions et il le fait en connaissance de cause il sait très bien que c'est illégal il faut qu'on se pose la question on a un maire qui est à peine élu commence à dire à sa police municipale faut plus aller dans certains quartiers là on n'embête plus les jeunes etc qui nous dit que éventuellement s'il y a des gens qui pensent pas comme lui il va s'occuper d'eux c'est inquiétant je ne le cite pas entre guillemets vous le savez très bien mais en l'occurrence moi je peux comprendre qu'il y a d'autres déformations politiques qui se disent on va les suivre de près pour pouvoir dénoncer s'il y a des manquements régulièrement voilà je ne suis pas là pour approuver ou désapprouver je sais que c'est la maire de Villeneuve-Saint-Georges brillamment élue et talentueuse qui va s'occuper de ça au sein des LR je lui souhaite bon courage parce qu'à mon avis il va y avoir du boulot parce qu'il va y avoir pas mal de choses assez déroutantes à mon avis dans la gestion des mairies par LFI c'est une forme de police politique maintenant non on observe on commente et on informe les citoyens voilà ce que c'est la gestion réellement mais vous pourriez prendre la même chose côté RN parce que quand je vois qu'il y a des maires RN je pense à Carcassonne qui enlèvent le drapeau européen qui remplacent le portrait du président Macron par le portrait de Marine Le Pen et qui prennent eux aussi des arrêtés illégaux contre la mendicité par exemple bon ben on se dit qu'il serait bon que la classe politique dans son ensemble surveille les deux extrêmes de l'échec politique et dénonce effectivement quand il y a des choses qui sont des dingueries en termes de gestion parce que quand on est maire quand on a l'immense privilège de porter cette écharpe tricolore et bien on se doit d'être le maire de tous ses concitoyens et pas le maire d'un camp

38:38
Vincent Jeanbrun

Vincent Jean-Brun Jean-Luc Mélenchon il défend le concept de Nouvelle-France est-ce que ça fait du mal à votre France ?

38:44
Invité

moi vous savez je suis très inquiet de ce discours de Nouvelle-France pendant un temps on avait monsieur Bompard qui expliquait je crois que c'était au micro de Jean-Jacques Bourdin qui voulait foutre en l'air la république et maintenant il nous explique que la France ne leur convient pas et qu'il faudrait carrément une Nouvelle-France changer la France oui c'est inquiétant parce que moi j'aime le pays qui est le nôtre qui a instauré une république laïque universaliste et indivisible et donc je suis un peu curieux de savoir ce qu'ils attendent de cette Nouvelle-France et quel est leur projet si c'est effectivement encore plus de séparation de la société d'émiettement où chacun est dans un repli sur ses origines ses communautés etc ça m'inquiète énormément

39:27
Présentateur

à propos d'émiettement vous allez voir la transition Vincent Jean-Brun je vous emmène sur la droite vous faites partie des 90 personnalités de droite et du centre qui ont signé une tribune il y a quelques jours

39:38
Invité

belle transition

39:39
Présentateur

pour appeler un sursaut d'unité et à une candidature unique alors il y a foule chez vous entre les déclarés et les pressentis Bruno Retailleau Gabriel Attal Edouard Philippe Michel Barnier certains évoquent Gérald Darmanin ou pourquoi pas Sébastien Lecornu ça a fait pchit cette tribune non ?

39:54
Invité

je ne crois pas la preuve c'est que vous m'en parlez que beaucoup en parlent et que de toute façon c'était dans notre esprit une première étape pour continuer à fédérer toutes celles et ceux qui se disent le match n'est pas encore joué on n'est pas condamné à passer l'entre deux tours de la présidentielle dans notre canapé à voir débattre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella ou Marine Le Pen et c'est ça l'initiative c'est dire on a des formations politiques avec tout un tas de candidats et de talents qui aujourd'hui sont majoritaires à condition de s'entendre et de travailler ensemble et de proposer un vrai projet d'espoir pour notre pays est-ce que c'est facile ?

non est-ce que ça nécessite qu'on mette une certaine pression comme la tribune que vous évoquez ? oui est-ce qu'on va continuer à le faire ?

absolument parce que moi je me refuse de laisser ce duel des populistes et des extrêmes se faire comment les départages à titre personnel pour moi le pire système à l'exception de tous les autres c'est la primaire je pense qu'on aurait intérêt à réunir c'est jamais fini moi aussi je ne ferais pas de politique si je pensais que tout était condamné à l'avance et si je me résignais mais en l'occurrence je pense qu'on peut continuer à travailler là-dessus tout le monde ne le veut pas tout le monde ne le souhaite pas et à la limite ce n'est pas très grave puisque le sujet c'est que ces personnalités continuent à se parler et au fond se fédèrent ça va être les sondages ça va être un comité au fond d'arbitrage Gérard Larcher là vous êtes presque déjà à la fin de l'histoire moi je voudrais déjà que toutes ces personnes se reconnaissent comme étant compatibles pas égales mais compatibles capables de se parler et qu'elles aient toutes envie de desserrer cet étau que j'évoquais du duel Bardella-Malenchon à partir de là on peut commencer à travailler et à partir de là on peut imaginer un système de départage je vous l'ai dit moi je pense qu'une primaire très ouverte qui permet aux français très très tôt de choisir leur champion c'est ce qui m'irait le mieux si c'est pas le cas c'est pas grave mais à condition qu'on continue à travailler sur un programme commun quelles sont les grandes valeurs sur lesquelles on ne transigera pas et où est-ce qu'on veut emmener le pays parce que le vrai sujet c'est quand même ça qu'est-ce qu'on veut faire pour notre pays vous pourriez imaginer

42:07
Vincent Jeanbrun

qu'il n'y ait pas de candidat LR à la prochaine présidentielle ?

42:11
Invité

mais avoir un candidat LR si c'est pour faire 4 ou 5% ça n'a pas d'intérêt en soi par contre qu'on défende les valeurs LR que ce soit avec un candidat LR qui emmène toute l'équipe tant mieux ça me ferait évidemment très plaisir puisque c'est ma famille politique mais le plus important de tout c'est faire en sorte que les valeurs que nous portons soient représentées dans un collectif et dans un programme qui remporte la prochaine élection présidentielle parce que la France s'en a besoin

42:39
Présentateur

Vincent Jambras vous êtes l'invité de questions politiques allez on va tenter de mieux vous connaître aujourd'hui avec 2-3 questions et d'abord cette archive remontée par Brigitte Boucher

42:57
Invité

si le drame qu'a subi ma famille permet à ce que cette majorité silencieuse qui est finalement la somme des gens bien des gens qui veulent pas casser pas détruire qui veulent avancer qui veulent aller de l'avant qui veulent construire trouve la force de se dire je vais consacrer maintenant chaque jour une action juste une action pour faire en sorte de bâtir une meilleure société une meilleure république alors j'ai la conviction qu'on peut y arriver

43:20
Vincent Jeanbrun

réaction donc à cette nuit du 2 juillet 2023 un cauchemar en marche des émeutes consécutives à la mort de Naël votre domicile est attaqué à la voiture bélier un début d'incendie démarre dans la maison votre épouse et l'un de vos enfants sont blessés en tentant de fuir à partir de ce moment vous incarnez le nouveau visage de la droite des banlieues vous qui êtes un enfant du logement social pour avoir habité les tours marrons de la haie-les-rose au 17ème étage avec votre père chauffeur-livreur et votre mère femme au foyer d'origine italienne une commune dont vous avez été mère pendant 10 ans arrachée à la gauche après 70 ans de règne en 2024 vous êtes élu député en remportant une bataille symbolique face à l'insoumise Rachel Kéké et puis un an plus tard nommé ministre du logement vous atterrissez dans les beaux quartiers venus de Ségur dans le 7ème arrondissement de Paris à la suite de cette nuit de juillet 2023 qu'est-ce qui a changé dans votre vie est-ce qu'il vous est traversé même l'idée d'abandonner la politique

44:12
Invité

j'ai eu l'occasion de le dire évidemment que cette nuit là c'était même presque une évidence j'ai rejoint ma femme à l'hôpital et je lui ai dit on arrête tout à ce moment là il n'y avait aucun doute possible et au fond c'est elle qui très courageusement nous dit mais c'est hors de question d'arrêter puisqu'elle avait cette phrase qu'elle répétait souvent on ne sera pas des victimes et ça voulait dire pour elle c'est pas les agresseurs qui décident ce qu'on va faire de nos vies en fait c'est ce qui fait qu'elle n'a pas souhaité déménager c'est ce qui fait qu'elle a continué à s'investir et qu'ensemble on a continué à faire ce qui pour nous est un engagement extraordinaire c'est à dire se mettre au service de l'intérêt général et de la collectivité donc évidemment moi je comprends tous les collègues maires y compris ceux qui ont démissionné quelques jours après avoir été élus parce que vous ne faites pas ça pour mettre en danger votre famille évidemment qu'est-ce qui a changé j'ai envie de vous dire tout parce que d'un coup la vie a un sens différent l'engagement politique prend un sens complètement différent la façon dont les gens se confient à vous est très différente les gens partagent leur peur leur crainte leur colère avec aussi peut-être une facilité plus forte ce qui est à la fois de nature à vous glacer le sang et vous dire en fait les menaces sont tellement immenses sur notre société sur notre pays et d'un autre côté moi j'ai eu l'impression de ne plus respirer pendant quelques jours je ne sais même plus combien de temps ça a duré jusqu'au moment où il y a eu cette grande marche à la île des roses le surlendemain je crois de l'attaque et j'ai vu des milliers de personnes qui nous ont dit ne lâchez pas et là ça m'a redonné espoir j'ai repris ma respiration et puis les semaines qui ont suivi des courriers et des courriers et des mails et des gens de la France entière que je ne connaissais pas que je n'avais jamais vus qui nous apportaient leur témoignage de solidarité de soutien et au fond ce que parfois on appelle la France silencieuse qui de partout a dit ce qui s'est passé est trop grave on se redresse on se remet debout et on avance et mieux encore et on est prêt à y participer et ça ça m'a donné un souffle une énergie extraordinaire c'est ce qui fait peut-être aussi que je suis devant vous aujourd'hui et j'ai tout ça à l'esprit chaque jour quand je vais au ministère et que je cherche à mettre en oeuvre des politiques publiques qui soient de nature à replanter le drapeau de la république dans le coeur et dans les esprits parce que la vérité c'est que quand vous avez dans un pays pendant plusieurs jours des enfants de France des enfants nés grandis qui ont été à l'école sur le territoire national et qui prennent entre guillemets les armes pour aller brûler des mairies et des bâtiments pavoisés du drapeau tricolore on a un défi gigantesque c'est celui de leur faire aimer la France et surtout de leur faire aimer notre façon de fonctionner cette république qui est une chance extraordinaire une chance universelle et évidemment ça change tout et en même temps ça donne du sens

47:15
Présentateur

Vincent Jean-Brun on vous a demandé ce dimanche de venir avec une carte blanche qu'est-ce que vous avez choisi ?

47:21
Invité

j'ai choisi vous parlez de la santé environnementale en une minute je vais faire très court même si c'est un sujet

47:28
Présentateur

très important

47:28
Invité

j'étais mère de la île des roses et à la île des roses il y a une particularité c'est qu'on est traversé de part en part par l'autoroute Assis qui est à 15 mètres de hauteur et qui inonde toute la journée d'un nuage de peau d'échappement et de particules fines la commune et ça m'a sensibilisé très tôt à cette thématique que je ne connaissais pas de santé environnementale qui dit au fond très simplement notre santé elle dépend du bain dans lequel on est toute la journée ça s'appelle l'exposome et donc j'ai voulu une fois devenu député notamment d'aller encore plus loin et créer un think tank autour de cette question et j'aimerais en tant que ministre du logement proposer une mission là aussi à des spécialistes pour voir comment le logement impacte notre santé et c'est un défi majeur et j'ai envie de vous dire je crois que ça devrait être un des grands thèmes de la présidentielle c'est à dire que quel que soit le candidat demain il devrait pouvoir dire aux français moi je vais veiller sur votre santé et notamment veiller sur tous ces aspects qui peuvent abîmer votre santé sans que vous le voyez c'est vrai de la pollution de l'air la pollution de l'eau de l'alimentation du bruit aussi qui nous entoure alors pour la santé il y a aussi

48:30
Vincent Jeanbrun

les zones à faible émission les ZFE votre parti est contre vous vous situez comment par rapport à cette question

48:36
Invité

moi à titre personnel je n'ai pas été contre j'étais contre la méthode le calendrier et je pense de manière générale et là dessus je suis très aligné avec la présidente de la région Île-de-France qui a toujours dit il ne faut pas confondre la lutte contre la voiture et la lutte contre la pollution moi je crois que la meilleure façon de faire gagner la cause environnementale c'est d'être dans l'incitation dans l'écologie positive et non pas l'écologie punitive et donc on ferait mieux d'aider tout le monde à avoir des véhicules moins polluants d'avoir des transports moins polluants plutôt qu'essayer d'interdire d'interdire c'est ce qui fait d'ailleurs qu'au fond vous voyez on voulait interdire à imposer à marche forcée des ZFE des zones à faible émission et finalement ça a été bloqué et mis en suspens parce que c'était probablement trop brutal donc il faut le faire de manière beaucoup plus pédagogique et surtout il faut que ce soit un contrat moral avec les français c'est pour ça que je parlais de l'élection présidentielle je crois qu'on a intérêt à faire un pacte avec les français en disant on se donne 10 ans 15 ans pour être le pays le plus vertueux en matière de santé environnementale ça serait un beau défi

49:36
Présentateur

allez on y va sur 2027 avec les questions de Françoise Fresso sur la question de la jeunesse

49:41
Invité

oui est-ce qu'il faut aussi un pacte avec la jeunesse parce qu'on voit quand même une France très vieillissante une France très anxiogène qu'est-ce qui peut donner aujourd'hui espoir à la jeunesse et d'abord vous qui venez des banlieues est-ce qu'il y a une jeunesse ou plusieurs jeunesses c'est une excellente question ce qui est sûr c'est que sans jeunesse pas d'avenir pour le pays et donc il est fondamental qu'on s'ouvre à la jeunesse à ses aspirations à ses attentes et à ses craintes qui sont immenses moi vous l'avez dit j'ai grandi au pied des bars HLM de la commune de l'Ailly Rose on manquait de pas mal de trucs mais on débordait d'espoir on était convaincus que plus tard quand on serait grand notre vie serait meilleure et aujourd'hui ce qui est le vrai défi pour nous c'est que vous avez une grande partie de la jeunesse qui est convaincue de l'inverse c'est-à-dire qu'ils se disent que finalement ils sont en train de manger leur pain blanc là et que quand ils seront plus grands quand ils seront adultes parents c'est là où ce sera encore pire pour eux pire parce que l'économie va mal pire parce que la planète souffre pire parce que ils ne se reconnaissent plus vraiment dans le monde et ses aspirations et donc on a évidemment un défi moi je suis un éternel positif et donc je suis convaincu qu'on peut construire quelque chose de beau avec cette jeunesse qui aspire à plus de liberté qui aspire aussi peut-être à plus d'innovation et donc et aussi peut-être plus de flexibilité d'efficacité c'est-à-dire parce qu'en fait le gros concept c'est essayer de lutter contre l'assignation à résidence est-ce que ça passe par au fond développer l'entrepreneuriat peut-être être moins dans un raisonnement de France du salariat c'est quoi votre position là-dessus ?

là vous posez une autre question mais effectivement si on parle particulièrement de la jeunesse des quartiers populaires qui me concerne au titre de mes compétences de ministre de la ville c'est-à-dire ministre des quartiers populaires où on applique la politique de la ville et bien effectivement il faut leur donner espoir on voit qu'on a une jeunesse dans ces quartiers qui est prête à bosser quand vous avez Uber qui arrive en disant moi je vais vous créer un système ultra flexible par contre il faut bosser en face ils se sont précipités et c'est dur c'est des métiers qui sont pas simples et pas toujours très bien payés c'est clair donc il y a une envie dans nos quartiers populaires d'une jeunesse qui a envie de s'émanciper qui a envie de créer qui a envie de faire pas mal de choses mais pas forcément effectivement d'être dans un modèle à l'ancienne de salariat avec des horaires imposés un patron sur leur dos toute la journée donc vous avez raison il y a plein de très très belles choses à faire pour la jeunesse des quartiers mais de manière générale il faut s'adresser à toute la jeunesse de ce pays et surtout leur donner un chemin d'espoir et pour l'instant c'est le plus grand défi qui est le nôtre vous évoquez beaucoup la valeur travail comme valeur intégratrice et on voit aussi beaucoup de jeunes qui sont plus du tout là dedans qui disent il y a une souffrance au travail ma vie elle est ailleurs comment vous réglez ce problème je pense qu'il faut distinguer le salariat le travail et le goût de l'effort globalement on a une jeunesse fort heureusement qui est prête à faire des efforts mais c'est plus les mêmes efforts qu'avant moi j'ai des jeunes qui effectivement vont de boulot en boulot dans le salariat ils ne trouvent pas leur place mais qui vont consacrer 15 heures par semaine à une association qui leur tient à coeur donc c'est pas de la jeunesse poil dans la main c'est une vraie jeunesse qui a envie de s'engager mais il faut que ça fasse sens et donc c'est vrai dans l'entreprise d'ailleurs quand on discute avec le patronat ils ont bien compris qu'il y avait une nouvelle génération qui arrivait et qu'il fallait donner du sens et ça passe probablement vous le disiez aussi par la capacité d'être beaucoup plus libre dans leur façon de fonctionner et peut-être changer aussi notre façon de contractualiser le travail et l'engagement à l'entreprise j'ai plein d'idées là-dessus j'espère que la élection présidentielle nous aidera à trancher un certain nombre de sujets

53:15
Présentateur

allez on a quelques secondes pour la séquence vraie-fausse à la fin de l'émission vous vous êtes préinscrit sur la plateforme celine dion.com pour accéder à la pré-vente des billets vrai ou faux ?

53:24
Invité

alors faux mais je suis quand même un grand fan

53:26
Présentateur

vous en prenez ok la famille Jean Brun roule encore à l'essence vrai ou faux ?

53:31
Invité

vrai mais on veut vite passer l'électrique

53:33
Présentateur

pour assouplir les contraintes de la loi SRU sur les communes vous pensez qu'on devrait comptabiliser les cellules de prison comme du logement social vrai ou faux ?

53:42
Invité

alors c'est faux parce que ça n'a jamais été dit comme ça mais effectivement pour inciter les mères à construire des prisons on voulait pouvoir assouplir la question de la loi SRU pour ces mères

53:50
Présentateur

dernier vrai ou faux 2027 imaginons le deuxième tour Mélenchon Bardella vous vous abstenez vrai ou faux ?

53:57
Invité

je pense que oui

53:58
Présentateur

Vincent Jean Brun le ministre de la ville et du logement a été notre invité merci à vous merci à toutes les équipes de cette émission auditeurs téléspectateurs nous vous souhaitons un excellent dimanche à dimanche prochain merci à tous

54:10
Locuteur

merci à tous merci à tous

Arrêté anti-expulsion à Saint-Denis : le ministre du logement Vincent Jeanbrun dénonce le "populisme" de Bally Bagayoko — Vincent Jeanbrun · Pourquijevote