Nos verres en danger !
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
On voit très bien qu'on est face à une concurrence qui est déloyale. On est ici à Arc dans le Pas de Calé devant l'usine Arc qui emploie 3500 salariés qui fabrique du verre et qui est aujourd'hui en redressement judiciaire avec des offres qui doivent être mises sur la table et peut-être des plans de licenciement de plusieurs centaines de salariés. On vient de rencontrer tous les syndicats qui se sont réunis dans une salle avec nous pour discuter et il y a deux points qui me paraissent flagrants.
Le premier point, il est évident, c'est comme d'habitude, c'est la Chine ou la Turquie, mais en tout cas c'est la concurrence internationale à Baku qui fait que les assiettes qui sortent de notre usine coûtent trois fois plus cher, 90 centimes qu'une assiette qui sort des usines chinoises. par ailleurs avec des Chinois qui ont été capables d'embaucher le docteur qui ici était spécialiste du verre coloré et à le faire recruter dans les usines chinoises et ils sont capables de faire du design, de copier, ainsi de suite. Donc a la première question qui est question de la protection, taxe aux frontières, barrière douanière, quota d'importation.
Si ça c'est pas réglé, il est évident que ça met en péril l'usine d'arc ici. C'est le premier point. Le deuxième point c'est l'État. l'État qui a donné des centaines de millions d'euros à cette entreprise, 465 millions d'euros, c'est le chiffre donné par les syndicats, mais sans ma règle des 3C, c'est-à-dire ciblage, contrepartie, contrôle et ce qui fait qu'on a un état qui l'a à beaucoup donné mais n'est pas présent au conseil d'administration de l'entreprise.
Ce qui fait que quand il y a eu un un grand choix qui s'appelle le projet Arcadia de venir dire bon on va diminuer les volumes, on va cesser de produire les hublot des machines à laver, on va se concentrer sur la valeur ajoutée, et ben l'État a pas été là pour discuter de ce projet. Les salariés qui ne siègent pas au conseil d'administration, au sommet non plus. Et résultat, on a eu à la fois un état qui a beaucoup donné mais sans qu'il y ait eu d'investissement derrière.
Il y a pas d'investissement dans la robotisation, il y a pas d'investissement dans le passage du four à gaz au four électrique, il y a pas d'investissement dans la partie commerciale etfin, il y a pas d'investissement dans la recherche et développement. Ce qui veut dire que là, s'il y a un nouveau projet qui sort demain, un plan de reprise, il faut pas que ça soit seulement un plan de sauvetage, un plan de sauvegarde, il faut que ce soit aussi un plan de reconquête et un plan de développement et qui ait de l'investissement. Tu te souviens de Nicolas Sarkozy qui disait qu'il fallait que ça soit un/ers un/ers 1/3 des bénéfices pour les actionnaires, un/ers des bénéfices pour les salariés et 1/3 pour l'investissement.
Aujourd'hui, on a des actionnaires qui mangent à eux tout seul 71 % des bénéfices. Donc il reste plus que de la marge pour l'investissement. Demain à Arc, le plan de redressement doit passer par un plan d'investissement.
Merci beaucoup. Un expert militant. Vone continuation.
François Ruffin