Danielle Bousquet - 6 ans d'engagement pour l'égalité et les droits des femmes
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Mesdames, Messieurs cher.e.s ami.e.s, nous célébrons ce soir un bel anniversaire pour le Haut Conseil à l'Egalité, six ans, six ans, que j'ai l'honneur de présider cette instance. Mais vous l'avez aussi compris, cet anniversaire c'est aussi l'heure du bilan de nos deux premiers mandats. Une question légitime se pose à ce moment là depuis la création du Haut conseil en 2013 qu'est ce qui a changé en France ? qu'est ce qui a changé pour les femmes , qu'est ce qui a changé dans les relations entre les femmes et les hommes ?
Alors, il faut être honnête, les statistiques résistent encore mais ces six dernières années des lignes importantes ont bougé et ces changements ces progrès et bien nous y avons largement au Haut Conseil contribué. D'abord des angles morts ont disparu. Harcèlement sexuel et violences sexuels dans les transports en commun. Actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétricale. Ces termes c'étaient eux-mêmes qui émergeaient dans les mouvements féministes et sur les réseaux sociaux, étaient encore il y a peu, largement inconnus du grand public, et plus encore bien sûr ignorer des politiques publiques.
Aujourd'hui ces phénomènes sont nommés qui sont reconnus ils commencent à être mesurés et des politiques publiques sont mises en oeuvre pour les combattre alors je suis convaincue que ce résultat a été atteinte par ce que depuis ses débuts, le Haut Conseil à l'Egalité travaille dans un esprit de concertation, au carrefour des associations, des expertes et des experts et du politique, et c'est très important, il favorise ainsi la reconnaissance des problématiques que rencontrent les femmes et que relaient les mouvements militants. Ensuite grâce aux travaux du Haut Conseil, les politiques publiques et les lois ont été renforcées.
L'avortement est aujourd'hui reconnu comme un droit à part entière dans la loi française. Le nombre de lieux le nombre de professionnel.le.s de santé pouvant le pratiquer à augmenter, et l'information sur le droit à l'avortement fait aujourd'hui l'objet d'un site institutionnel et l'objet de campagnes d'information. L'ampleur des violences sexuelles que subissent les femmes et les enfants est mieux connue est depuis une loi récente, ces délits et ces crimes se prescrivent désormais plus tardivement. Et sur Internet, les raids de harcèlement qui visent particulièrement les femmes sont désormais condamnables.
Ces progrès c'est en particulier grâce au travail du Haut Conseil qui sont advenus, aux travaux qui sont relayés par nos membres et particulièrement par les parlementaires que je remercie vraiment d'être présents et présentes ce soir. Je crois que cela tient au fait que notre institution favorise le décloisonnement et le dialogue et ces qualités nous devons les pratiquer sans réserve. Le HCE a joué un rôle central d'aiguillon des politiques publiques, selon la mission que lui avait confié la Ministre Najat Vallaud-Belkacem qui était la Ministre des droits des femmes de l'époque et qui donc est à l'origine de la création du Haut Conseil.
C'est pour ça que nous avons voulu absolument qu'elle soit là ce soir le Haut Conseil s'est vu confier de nouveaux mandats régulièrement depuis 2017 est il est chargé par la loi et cela a été dit à plusieurs reprises, il est chargé de réaliser chaque année l'état des lieux du sexisme en France, et dont nous avons rendu et la semaine dernière le premier rapport sur ce sujet là. Et vous avez vu à quel point il était bien repris par les médias, ce qui voulait dire qu' il y avait besoin effectivement d'un état des lieux, qui disent ce qu'était le sexisme et la manière dont on pouvait l'aborder éventuellement travailler pour le faire régresser.
Le HCE est également aujourd'hui rapporteur nationale de la stratégie de la France à l'international en matière d'égalité, des plans de lutte contre les violences faites aux femmes et du plan d'action de la france relative aux résolutions onusiennes dont la France est partie prenante, "Femmes, paix et sécurité". Enfin la mobilisation pour l'égalité est inédite, partout dans les territoires et avec notre guide, donc notre guide égacom notre guide pour une communication publique sans stéréotypes.
Nous avons permis un débat inédit sur les enjeux d'égalité dans la langue française et dans nos représentations mentales concernant la place des femmes parce que lorsque l'on ne nomme pas les femmes dans certaines fonctions on ne les imagine pas dans ces fonctions là. Et il a été remarquablement illustré bien entendu il y a un moment. Plus de 60 organisations dont les plus prestigieuses sont aujourd'hui signataires de notre convention d'engagement et travaillent au quotidien à des relations égalitaires dans leur communication.
La mobilisation est elle aussi à l'oeuvre dans les arts et la culture, suivant en cela les préconisations d'un rapport que nous avions élaboré sur le sujet est bien, le secteur du cinéma cela a été dit déjà tout à l'heure, a témoigné d'une mobilisation tout à fait inédite dans un secteur dans lequel effectivement l'égalité entre les femmes et les hommes était largement absente. Partout, partout l'appétence pour l'égalité est forte.
Les témoignages que nous avons reçus, et vous en avez vu un certain nombre tout à l'heure, ces dernières semaines, sont la meilleure preuve que sur l'ensemble des territoires des professionnel.le.s de l'enseignement, de la santé, de la justice, des élu.e.s, des membres d'associations, des chercheurs prennent appui sur les travaux du Haut Conseil pour comprendre, pour convaincre, pour enseigner, et pour s'organiser pour faire advenir pour faire progresser tout au moins l'égalité pour elles et pour eux le Haut Conseil à l'Egalité s'est imposé comme une institution légitime et crédible et ce résultat nous le devons à nos membres à tous nos membres, à leur expertise, leur diversité, leur engagement sans faille et nous le devons aussi bien entendu, à l'indépendance de notre instance, qui a été reconnue par la loi du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté cette reconnaissance de l'indépendance du Haut conseil Nous l'appelions de nos voeux, dès la fin de notre premier mandat, ce mandat qui avait été celui je l'ai expliqué à l'instant, de la légitimation et la visibilité cette instance qui venait de naître avait besoin effectivement d'être visible.
Le deuxième mandat maintenant aura bien été celui de l'institutionnalisation bien que et j'insiste là dessus, en étant navrée de devoir le dire bien que les moyens n'aient pu être renforcés. Et à l'avenir pour continuer d'assurer ces missions dans la durée la question des moyens humains et financiers du haut conseil aura besoin d'être traiter sérieusement et on aura besoin de votre appui à tous et à toutes car la qualité des travaux et par conséquent le riche bilan de notre instance ne sont rendus possible que par les efforts très importants de ses membres et de l'équipe du Secrétariat général.
Nos partenaires sont souvent surpris.e.s d'apprendre que l'équipe est composée de 5 personnes seulement. Vous imaginez bien que pour abattre tout ce travail le dépassement des horaires légaux et bien trop souvent la règle. Je vais ici remercier très chaleureusement très chaleureusement l'équipe du Secrétariat général pour l'organisation de cette soirée est aussi toutes celles et tous ceux tous nos membres qui s'y sont associé.e.s en particulier François Vouillot qui a piloté ce travail avec efficacité Grégoire Théry qui a animé cette soirée avec talent tout en étant effectivement un petit peu titillé tout à l'heure et c'était très sympa Grégoire.
Je tiens aussi à remercier, très chaleureusement, très généreusement, Sonia Leplat, la directrice de la Maison des pratiques artistiques amateurs ainsi que toute son équipe. Parce que en nous prêtant cette très belle salle vous avez rendu cette soirée possible et si nous aurions eu les plus grandes difficultés faute du moindre budget. Car il faut reconnaître que disposer d'un budget autonome faciliterait le fonctionnement du Haut Conseil et devrait permettre de financer en particulier les études dont nous avons besoin pour nos travaux.
A l'issue de ces deux mandats, nous recommandons également d'instaurer des règles strictes sur la régularité et la participation des membres et d'envisager à moyen terme les conditions d'une articulation entre le Haut conseil et le Conseil supérieur de l'égalité professionnelle (CSEP) et je salue la présence de sa Secrétaire générale Brigitte Grésy.
A l'issue du 6ème anniversaire du Haut Conseil se dessinent déjà des lignes pour le futur, des lignes d'un nouveau mandat qui pourrait être celui de la diffusion, la diffusion, j'ouvre les guillemets "du modèle HCE", ce mécanisme inédit de concertation avec la société civile et toutes les strates politiques et le monde de la recherche et ce HCE qui a été aussi donc ce modèle aiguillon des politiques publiques on peut tout à fait l'imaginer, effectivement être mis en place dans les villes, dans les départements et dans les régions.
Au niveau local des initiatives se développent en ce sens en s'inspirant de l'organisation de notre instance et ces objectifs on l'a très bien vu tout à l'heure, avec le témoignage de Madame Marie-Guite Dufay, Président de la Région Bourgogne Franche-Comté. A l'international aussi nous avons d'ailleurs organisé ce jour même une rencontre, une première rencontre des instances homologues dans la perspectives d'un réseau européen des Haut Conseils à l'égalité c'était un engagement que nous avions pris parce que nous avons beaucoup de choses en commun.
Il nous faut effectivement travailler en commun et avancer dans la défense et dans la promotion de l'égalité des droits pour les femmes et pour les hommes au plan européen. Et on voit bien que les prochaines élections pourraient être l'occasion effectivement de promouvoir des objectifs comme cela. Certain.e.s de nos invité.e.s européen.ne.s de cette après midi sont d'ailleurs dans la salle et je les remercie de s'associer à notre initiative. Lors de l'installation officielle du Haut conseil à l'hôtel Matignon, dont parlé Najat Vallaud-Belkacem tout à l'heure, en janvier 2013.
J'avais exprimé le souhait que le HCE soit et je vais me citer, qu'il soit utile aux pouvoirs publics qui soit utile à la société civile parce qu'il sera capable d'être une institution de référence tout à la fois visible, crédible et indépendante, et depuis six ans c'est le cap que nous avons suivi, et je crois pouvoir affirmer nous avons rempli cet objectif. Lors du passage de relais, et j'ai toute confiance en la capacité de notre instance et des personnalités qui continueront à faire vivre le Haut Conseil pour poursuivre le chemin vers ce nouveau contrat social entre les femmes et les hommes que nous voulons voir advenir.
Un contrat social féministe, fondé sur la reconnaissance et la pleine réalisation des droits fondamentaux des femmes pour qu'elles puissent librement disposer de leur corps pour qu'elles puissent vivre en sécurité sans violence pour qu'elles puissent être autonomes et qu'enfin elles puissent accéder à une citoyenneté pleine et entière. L'exercice de ces droits est la condition de l'égalité entre les femmes et les hommes et de l'émergence de ce nouveau contrat social, qui doit advenir, qui doit advenir, qui doit advenir, dans les prochaines années. Bien sûr, ce projet de société nécessite qu'il ne soit pas possible qu'il soit interdit d'imposer un acte sexuel par l'argent.
Une société d'égalité est incompatible avec le droit d'exploiter la précarité et la vulnérabilité des personnes en situation de prostitution. La possibilité d'achat d'actes sexuels, fait perdurer l'idée d'une inégalité fondamentale entre les femmes et les hommes, parce que dès lors que le corps des femmes peut être acheté par celui qui peut payer. Nous ne sommes pas égaux.
La prostitution c'est la négation, c'est la négation de la libération sexuelle, qui signifie elle que la sexualité peut être vécue en dehors des contraintes qu'elle soit morale physiques psychologiques ou financières et si bien sûr les personnes prostituées sont les premières victimes de cette oppression la prostitution pèse également sur toutes les femmes en inscrivant les schémas de domination masculine dans la manière dont les jeunes construisent leur représentation de ce que sont les femmes et les hommes. Espérons donc que cette philosophie de l'égalité et non de la soumission puisse convaincre demain les sages du Conseil constitutionnel.
Puisse donc le Conseil constitutionnel et les pouvoirs publics entendre la mobilisation qui est à l'oeuvre plus que jamais en France et dans nombre de pays vous pour voir reculer et disparaître le système prostitutionnel la promotion d'égalité entre les femmes et des hommes et des droits des femmes est une lutte collective qui se nourrit de l'apport de chacun et de chacune d'entre nous. Au HCE l'engagement collectif est exceptionnel des présidentes et présidents de commissions et des membres qui travaillent à titre bénévole doit être salué.
Je voudrais dire aussi combien je suis reconnaissante envers l'équipe et en particulier Claire Guiraud, notre Secrétaire générale, j'ai dit "notre", "la" Secrétaire générale pour ses qualités exceptionnelles et son engagement sans faille. A toutes et tous je tiens ici à vous exprimer mes remerciements pour votre travail et ma plus profonde reconnaissance pour cette belle aventure que nous avons construite ensemble, une aventure professionnelle, une aventure humaine, une aventure engagée. Je vous remercie.
Danielle Bousquet