RENTRÉE SCOLAIRE : "UNE DÉMONSTRATION D’AMATEURISME DU GOUVERNEMENT"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15ManuelaFait
« Qu’un président de la République ne soit pas en capacité de tenir devant des élèves dans des conditions gestes barrières - protocole sanitaire, alors que des collègues enseignants le font parfois huit heures par jour, c’est quelque chose qui n’est absolument pas évident, c’est déplorable. »
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« Il n’y a pas assez de moyens dans l’Education nationale pour pouvoir être testé. Il faut que ce soit à la bonne volonté de l’enseignant de faire la démarche pour pouvoir aller faire son test. »
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« Si un élève est un cas avéré, donc il a été testé positif, la classe doit être mise en quatorzaine. Si on a plusieurs cas, à partir de trois cas positifs dans un établissement scolaire il y a une possibilité de fermer l’école à la condition que le préfet le décide en partenariat avec le rectorat et l’ARS. »
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« Certains chefs d’établissement vont appliquer le protocole de façon exemplaire mais ce qu’on voit plus, les remontées qu’on a du terrain au niveau de la France entière, c’est que ça dépend. »
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« Il n’y a aucune obligation qu’on ait l’information concernant les cas. »
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« Au delà de ça il peut y avoir des fermetures d'écoles comme pas de fermetures d'écoles dans des situations absolument identiques. »
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« On a des classes qui sont surchargées donc qui ne sont pas du tout propices à rattraper ce retard qu’il y a eu. »
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« On a des options qui ne sont pas faites en établissement mais qui sont faites par le biais d’organismes privés, le CNED mais aussi d’autres organismes. »
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Si quelqu’un me donne un verre d’eau, je retrouve ma voix. Je vais le retirer je pense. Qu’un président de la République ne soit pas en capacité de tenir devant des élèves dans des conditions gestes barrières - protocole sanitaire, alors que des collègues enseignants le font parfois huit heures par jour, c’est quelque chose qui n’est absolument pas évident, c’est déplorable.
Je suis Manuela, je suis conseillère d’éducation sur l’académie de Paris, membre de l’AG Ile-de-France Éducation et de la coordination nationale Educ’. Je m’appelle Nicolas, je suis professeur des écoles en Seine-Saint-Denis et membre des Stylos Rouges. A la veille de cette rentrée 2020 monsieur Blanquer notre ministre de l’Education a indiqué publiquement que l’Education nationale était prête dans le cadre de cette épidémie de Covid pour accueillir tous les élèves dans les établissements scolaires.
On doit, d’une part, être très vigilants sur le virus c’est pourquoi nous avons un protocole sanitaire strict. La réalité du terrain c’est que les situations sont disparates entre les établissements, que nous avons des protocoles sanitaires qui nous ont été donnés le jour même de la rentrée, et qu’on est pas du tout au point sur la façon dont on doit gérer les cas donc on fait vraiment pour l’instant du cas par cas, et c’est très compliqué sur le terrain. Il n’y a pas assez de moyens dans l’Education nationale pour pouvoir être testé.
Il faut que ce soit à la bonne volonté de l’enseignant de faire la démarche pour pouvoir aller faire son test. Je considère, nous considérons que normalement un enseignant devrait être testé environ tous les trois jours. Dans nos établissements scolaires, que ce soit dans le premier ou le second degré on a des fiches protocole qui nous ont été données, réactualisées il y a quelques jours, qui indiquent que si un élève est un cas avéré, donc il a été testé positif, la classe doit être mise en quatorzaine.
Si on a plusieurs cas, à partir de trois cas positifs dans un établissement scolaire il y a une possibilité de fermer l’école à la condition que le préfet le décide en partenariat avec le rectorat et l’ARS. Certains chefs d’établissement vont appliquer le protocole de façon exemplaire mais ce qu’on voit plus, les remontées qu’on a du terrain au niveau de la France entière, c’est que ça dépend. Il y a des cas qui sont tus, il y a des cas qui ne sont pas communiqués.
Il n’y a aucune obligation qu’on ait l’information concernant les cas. Au delà de ça il peut y avoir des fermetures d’écoles comme pas de fermetures d’écoles dans des situations absolument identiques. Comme c’est l’ARS qui doit donner la décision et que l’ARS n’a pas de délai légal qui lui est imparti pour dire à quel moment on doit fermer ou pas l’école.
On est dans l’attente constamment. On attend. Moi dans mon établissement scolaire actuellement il y a un cas avéré.
Alors l’élève est en quatorzaine depuis quelques jours, a été testé, le cas est avéré la classe n’est pas fermée. On attend de savoir ce qu’on doit faire. On est vraiment sur de l’improvisation totale dans tous les établissements scolaires, et nous professionnels sur le terrain on est aussi très très inquiets parce qu’il y a aussi notre santé qui est mise en danger, celle de nos proches.
Ils ont besoin de l’école, et puis il y a d’autres sujets encore que le virus qui font que l’école est indispensable. On n’a pas seulement la situation sanitaire qui nous inquiète, il y a également un an et demi, deux ans de luttes précédentes. On a essayé de contrer un petit peu les réformes Blanquer qui visent à privatiser l’éducation.
Notre premier objectif c’est quand même aussi que les enfants reviennent, que tout le monde revienne, les adultes aussi. Nous notre priorité c’est d’accompagner les élèves dans leur réussite. Le déconfinement il avait un seul but c’était de faire retourner les parents au travail donc l’Education nationale était une garderie en gros.
Ca se poursuit en ce début d’année parce que les conditions ne sont pas là pour que les élèves puissent être accompagnés correctement sans dédoublement, sans demi-groupes, sans protocole sanitaire respecté. Et puis on se retrouve nous personnels vraiment en difficulté à ce niveau-là. Finalement l’outil de l’école qui été mis en place ce sont les ingéniosités des enseignants en collaboration avec les associations de parents d’élèves, mais également les parents d’élèves qui ont réussi ensemble à pouvoir faire au mieux pour pouvoir faire perdurer l’éducation nationale qui est un système qui de plus en plus depuis monsieur Nicolas Sarkozy est en train de se détruire tout simplement.
De plus en plus avec les réformes Blanquer et l’instauration du nouveau bac, on a des classes qui sont surchargées donc qui ne sont pas du tout propices à rattraper ce retard qu’il y a eu. Qui ne sont pas non plus propices à encadrer les élèves et à les accompagner du mieux possible pour qu’ils réussissent. Quand on fait une lecture de ce qu’il se passe sur le terrain, vraisemblablement c’est pas l’objectif du ministère.
Si l’objectif c’était qu’on accompagne les élèves tous de la même façon, qu’on réduise les inégalités les choses mises en place ne seraient pas celles-là. On aurait des classes qui seraient dédoublées, tous les établissements auraient les mêmes moyens avec peut-être un petit plus pour ceux qui sont dans des quartiers difficiles, on aurait un équipement autre. En réalité ce qu’il se passe c’est que les élèves qui viennent de milieux favorisés, qui ont des familles accompagnantes, ils se retrouvent dans des établissements qui ont un bon niveau avec beaucoup d’options et les autres se retrouvent dans des établissements avec moins d’options, et surtout avec le nouveau système du bac on a des options qui ne sont pas faites en établissement mais qui sont faites par le biais d’organismes privés, le CNED mais aussi d’autres organismes.
Donc ce qu’on propose aux élèves qui veulent des options un petit peu spéciales qui avant étaient disponibles dans les établissements, qui étaient proposées, ce qu’on leur propose maintenant c’est d’aller suivre les cours au CNED, c’est payant, d’aller suivre les cours dans des organismes privés pendant les vacances. On sent évidemment une faille entre le système privé et le système public, ça ressemble à ce qu’il se passe actuellement dans le milieu hospitalier. Là clairement ils sont en train de vendre à la découpe notre système éducatif national.
Si quelqu’un me donne un verre d’eau, je retrouve ma voix. Je vais le retirer je pense. Donnez moi un masque peut-être plus léger.
Pour un enseignant, passer six, huit, dix heures par jour devant un élève et devoir respecter ces gestes c’est très compliqué. Comme on a pu le voir à Clermont-Ferrand, Emmanuel Macron a eu énormément de difficultés à pouvoir porter son masque. Il est intervenu je crois dans un hall d‘établissement, avec des élèves autour de lui qui étaient tous masqués exactement comme le protocole le souhaite, il avait également un masque lui aussi.
Sauf qu’il avait un masque fourni par l’Education nationale. Nous c’est quelque chose qu’on pratique au quotidien, on a des masques qui sont très lourds, qui ne sont pas efficaces, qui d’ailleurs ne sont pas très protecteurs face au Covid ça a été prouvé. On l’a vu se moucher, on l’a vu tousser, on l’a vu toucher son masque, on l’a vu retirer son masque, demander un verre d’eau, avoir des échanges, donc respecter absolument aucun geste barrière.
Il y a un côté de moi qui a ri, mais il y a un côté aussi qui trouve ça gravissime qu’un président de la République ne soit pas en capacité, alors qu’il nous surcharge de mesures très restrictives. Il est incapable pendant un quart d’heure de tenir devant des élèves dans des conditions gestes barrières - protocole sanitaire alors que les collègues enseignants le font parfois huit heures par jour et c’est quelque chose qui n’est absolument pas évident. C’est déplorable.
Cette rentrée des classes s’est passée dans la joie. Je dirais même une joie amplifiée par le fait que tout le monde a bien compris que l’école c’était fondamental et qu’il était important de la retrouver. Monsieur Blanquer, évidemment cette politique d’éléments de langage vous sied à ravir.
Je le rejoins tout à fait sur le fait que l’école est absolument fondamentale dans notre société, c’est elle qui va former les citoyens de demain. C’est essentiel, en revanche elle ne s’est pas du tout faite dans la joie elle s’est faite dans la difficulté, dans la pénibilité aussi bien pour les élèves que pour les personnels. Donc j’invite monsieur Blanquer à venir huit heures par jour en établissement scolaire avec un masque, donner un cours parce qu’il était enseignant ce monsieur.
Ca pourrait lui faire le plus grand bien.
Emmanuel Macron