Le Talk - Christian Jacob - Le Figaro
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:23OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous en attendez de ce débat ?
- 1:04OuverteRéponse directe
Cela dit, qu'est-ce que vous pensez de cet exercice sur la forme ?
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Vous, sur le fait que ce débat ait lieu sur le service public à France 2, ça ne vous choque pas ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Donc l'idée d'organiser une primaire, pour vous, ce n'est pas forcément une bonne idée ?
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Et en même temps, si le 9 et le 16 octobre, il y a des millions de Français...
- 3:34RelanceRéponse directe
Ce que vous dites, c'est que la réconciliation entre eux sera difficile au lendemain du vote ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« Je crains fort qu'il n'y ait pas grand-chose en attente. Ce soit un peu le concours l'épine de la promesse la plus démagogique. »
- 1:16Invité politiqueFait
« J'ai toujours été très réservé sur le système des primaires en tant que telle, parce que finalement, ils sont confrontés à un concours d'égo. »
- 1:33Invité politiqueFait
« Ils ont voté tous ensemble un même et unique programme. Et donc, aujourd'hui, ils sont tous obligés de sortir du programme qu'ils ont voté. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Martine Aubry, qui a dit et a répété depuis trois mois qu'elle reviendrait sur la retraite à 60 ans, maintenant, ce n'est plus trop quoi dire. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Les 70 000 emplois d'enseignants de François Hollande, on se demande d'où ça sort. »
- 2:01Invité politiqueChiffre
« Si on compare sur les 20 dernières années, il y a 450 000 élèves de moins, 40 000 enseignants en plus. »
- 2:28Invité politiqueFait
« Pour moi, la primaire peut avoir un sens à l'intérieur du parti. Ce type de primaire ouverte, je considère que ça ne correspond pas à notre histoire politique. »
- 3:19Invité politiqueFait
« On ne peut pas comme ça inventer en 24 heures, créer 70 000 emplois d'enseignants ou 300 000 emplois jeunes, pas l'échec qu'il y avait eu, dire pendant 6 mois qu'ils reviendront sur la retraite à 60 ans. »
- 3:50Invité politiqueFait
« Ils sont effectivement contraints de se livrer à des attaques très, très violentes. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Les Français, je pense, attendent un président de la République qui soit dans l'action. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Il était en début de semaine aux côtés du personnel pénitentiaire. »
- 5:12Invité politiqueFait
« Vous lui dites « revient à l'UMP, la famille t'accueille ». »
- 5:27Invité politiqueFait
« Moi, je pense que c'est une personnalité qui a été un ancien Premier ministre de talent et de qualité. »
- 6:32Invité politiqueFait
« C'est rumeur, tout le monde a pu en parler ou en entendre parler, simplement. »
Temps de parole
- Christian Jacob66 %
- Présentateur25 %
- Auditeur5 %
- Auditeur 23 %
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Bonjour, bienvenue au Talk Orange Le Figaro. Aujourd'hui, nous recevons Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée. Christian Jacob, bonjour. Bonjour. Merci d'être avec nous. Le premier débat entre les candidats à la primaire socialiste a lieu ce soir sur France 2. Vous allez le regarder. Oui, vraisemblablement. Qu'est-ce que vous en attendez de ce débat ?
On va voir, mais je crains fort qu'il n'y ait pas grand-chose en attente. Ce soit un peu le concours l'épine de la promesse la plus démagogique. Je pense que vous avez mesuré l'accélération depuis quelques jours entre le retour des 300 000 emplois jeunes, les allers-retours sur la retraite à 60 ans, les 70 000 postes d'enseignants qui seraient recrutés, la prime de 200 euros pour que les jeunes partent en vacances. Enfin bref, on est partis surtout dans un concours de démagogie. Et bon, on verra ce soir. On va bien voir.
Cela dit, qu'est-ce que vous pensez de cet exercice sur la forme ? Christine Boutin s'est dite scandalisée ce matin, menaçant de saisir le CSA. Vous, sur le fait que ce débat ait lieu sur le service public à France 2, ça ne vous choque pas ?
Moi, j'ai toujours été très réservé sur le système des primaires en tant que telle, parce que finalement, ils sont confrontés à un concours d'égo, dans la mesure où le programme est ficelé. Ils ont voté tous ensemble un même et unique programme. Et donc, aujourd'hui, ils sont tous obligés de sortir du programme qu'ils ont voté. Alors, avec les allers-retours, Martine Aubry, qui a dit et a répété depuis trois mois qu'elle reviendrait sur la retraite à 60 ans, maintenant, ce n'est plus trop quoi dire. On se dit, non, finalement, ce sera pour les carrières longues. Sauf que les carrières longues, on les a déjà votées. Le problème est réglé.
Les 70 000 emplois d'enseignants de François Hollande, on se demande d'où ça sort. Si on compare sur les 20 dernières années, il y a 450 000 élèves de moins, 40 000 enseignants en plus. Ces 70 000 élèves viennent de où ? D'ailleurs, je crois que c'est même Laurent Fabius qui a appelé tout le monde à être raisonnable sur les promesses et à ne pas promettre n'importe quoi.
Donc l'idée d'organiser une primaire, pour vous, ce n'est pas forcément une bonne idée ? Ce n'est pas quelque chose qui peut être applicable à l'UMP dans les années à venir ?
Pour moi, la primaire peut avoir un sens à l'intérieur du parti. Ce type de primaire ouverte, je considère que ça ne correspond pas à notre histoire politique, à la sociologie française.
Et en même temps, si le 9 et le 16 octobre, il y a des millions de Français, les sondages laissent penser qu'il peut y avoir entre 1 et 3 ou 4 millions de Français qui se déplacent ? – 6 millions même. – Peut-être 6 millions dans le dernier sondage. Bon, ça sera une réussite, un enjeu démocratique.
– Oui, enfin, la réussite, on la voit le soir des élections à 20 heures. Donc bon, le soir du deuxième tour à 20 heures. – Mais de la présidentielle ? – C'est là qu'on verra la réussite ou pas. – Bon, c'est une manière d'occuper l'espace politique. Maintenant, le manque de sérieux sur les propositions, je veux dire, on ne peut pas comme ça inventer en 24 heures, créer 70 000 emplois d'enseignants ou 300 000 emplois jeunes, pas l'échec qu'il y avait eu, dire pendant 6 mois qu'ils reviendront sur la retraite à 60 ans. Maintenant, alors le premier qui le remettait en cause, c'était Valls, maintenant c'est Aubry. Enfin, bon, voilà.
– Ce que vous dites, c'est que la réconciliation entre eux sera difficile au lendemain du vote ?
– Je pense que ce qui est surtout compliqué, c'est d'inviter les militants à voter un programme complètement ficelé, en disant peu importe le candidat, mettre les candidats l'un en face de l'autre. Donc ils sont effectivement contraints de se livrer à des attaques très, très violentes. Parce que bon, vous avez mesuré la violence des attaques en disant que c'est Ségolène Royal qui dit que Martine Aubry incarne la défaite, que François Hollande n'a jamais eu une idée ou un projet. Enfin bon, on est vraiment tombé au ras des pâquerettes.
– En même temps, le 9 ou le 16 octobre, le Parti Socialiste aura son candidat désigné. Est-ce que ça n'oblige pas Nicolas Sarkozy à se déclarer, plutôt que prévu, à avancer un calendrier dont on sait qu'il préfère pour l'instant déclarer sa candidature le plus tard possible ?
– Non, je pense que ça, c'est le problème du Parti Socialiste.
– Oui, mais du coup, est-ce que vous, vous n'êtes pas obligé d'avoir un candidat plutôt ?
– Non, ce n'est pas le sujet. Les Français, je pense, attendent un président de la République qui soit dans l'action. C'est ce qu'il fait encore aujourd'hui, ce qu'il fait au quotidien sur la crise de l'euro et aussi sur la scène nationale. Il était en début de semaine aux côtés du personnel pénitentiaire. C'est ça qu'ils attendent d'un président de la République, qu'on laisse les socialistes dans leurs primaires et dans leurs bagarres internes.
– Alors à propos de bagarres internes, bonne transition. Dominique de Villepin a été relaxée lors du procès en appel de l'affaire Clistring. Qu'est-ce que vous lui dites aujourd'hui ?
Vous lui dites « revient à l'UMP, la famille t'accueille ». – Moi, c'est toujours ce que j'ai dit. J'ai toujours considéré que la place de Dominique de Villepin, elle est à l'UMP avec ses amis politiques et Pandore. Alors après, c'est un choix qui relève de lui et de lui seul. – Vous souhaitez qu'il joue un rôle dans la campagne ? – Moi, je pense que c'est une personnalité qui a été un ancien Premier ministre de talent et de qualité, qui a exercé des responsabilités importantes et qui a toute sa place à l'intérieur de notre famille politique.
– Quelqu'un qui peut aussi avoir de la place, c'est François Bayrou. Il était sur Europe 1 hier. Je vous propose de l'écouter.
– J'ai entendu, comme vous, dix mille fois parler de ces mallettes d'argent liquide… – Vous en avez vu passer ? – …qui viennent hélas de pays qui sont eux-mêmes peuplés de pauvres gens qui tirent la misère. Et sur ces pauvres gens qui tirent la misère, on va chercher des millions de dollars pour les donner à des dirigeants. – Vous m'avez pas répondu. Vous avez vu passer des mallettes ? Est-ce qu'on vous en a proposé ? – Toute personne qui m'en aurait proposé se serait vu opposer un refus immédiat, définitif et irréductible.
– Vous aussi, François Bayrou dit, il a entendu parler de ces mallettes. Ça fait référence au financement des partis politiques via les chefs d'État africains. Vous avez entendu parler de ces mallettes, vous aussi, dans votre vie politique ?
– Oui, c'est rumeur, tout le monde a pu en parler ou en entendre parler, simplement. C'est ce que je trouve choquant, irresponsable. Enfin, je sais pas, je suis stupéfait, moi, quand j'entends les déclarations. Alors, d'un côté, d'une juge qui s'épanche dans un livre, en racontant qu'elle a reçu, alors voilà, Isabelle Prévost-Depré, le témoignage d'une infirmière. En fait, c'était pas vraiment elle, c'était sa greffière. Mais l'infirmière dément, la greffière dément. Il n'y a pas de procès verbal. Ça veut donc dire qu'on est devant une juge qui mènerait deux enquêtes. Une officielle et puis une discrètement à côté, mais qui est démentie par tout le monde.
Ensuite, un avocat qui dit « Mais moi, toute ma vie, mon métier, en gros, c'était de transporter des mallettes, mais surtout, je n'ai aucune preuve de rien. » – C'est Robert Bourgique. – Tout ça ne veut rien dire, n'a aucun sens. Et, je veux dire, moi, j'étais stupéfait d'entendre ce genre de déclaration. D'ailleurs, je note qu'aujourd'hui, ni l'un ni l'autre sont joignables. Ils ont, semble-t-il, ce qu'on entend dans la presse, changé de numéro de téléphone, plus personne ne peut les joindre. Ils se sont cachés je ne sais où. Enfin, bref.
– Il y a une malédiction de la droite avec les affaires au moment de la présidentielle. Claire Stream s'arrête, mais on voit aujourd'hui d'autres.
Ce genre de choses, les rumeurs ont toujours existé de tout temps. Simplement, l'encadrement des financements des campagnes électorales est tel aujourd'hui que je ne vois pas comment ce genre de choses pourraient exister au jour d'aujourd'hui.
– Pour en revenir à François Bayrou, il tient l'université d'été de son parti, le Modem, ce week-end, après celle de l'Alliance centriste la semaine dernière. Pierre Méhignori, qui est à l'UMP, sera à Gien, chez François Bayrou. Quelle est la signification de cette présence ? Ça veut dire que François Bayrou peut revenir, lui aussi, dans le giron de la majorité ? Ou ça veut dire que les centristes de l'UMP vont doucement partir vers Bayrou ?
– Non, je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de doutes ou d'inquiétudes là-dessus. Si François Bayrou voulait revenir dans la majorité présidentielle, bienvenue, bien évidemment. Maintenant, là aussi, bon, c'est un choix qui lui appartient. Il n'a pas choisi ce chemin depuis 4 ans, mais s'il décidait de le choisir, bien évidemment qu'il est bienvenu, parce que c'est aussi une personnalité qui a une voix, qui porte dans le paysage politique français.
Il est moins agressif, on va dire, envers Nicolas Sarkozy depuis un an. Donc ça veut dire que cette possibilité-là existe.
– Je pense que la manière dont Nicolas Sarkozy a géré la crise, que ce soit la crise de l'euro ou la crise économique, si on se pose sérieusement la question qui, dans les mêmes circonstances, aurait été capable de faire mieux, je pense qu'il n'y a pas de réponse. Et à mon avis, peut-être que François Bayrou s'est aussi posé cette question.
– Anne Hidalgo était à votre place hier, elle vous a posé une question. Écoutons-la.
– Vous êtes un élu francilien, vous êtes membre de l'UMP. J'aimerais vraiment savoir quelle est votre vision de vos camarades de l'UMP Paris. Quel conseil leur donneriez-vous, puisque j'ai quand même le sentiment qu'ils sont un peu à la peine, notamment en matière de vision pour notre ville et notre métropole ? Merci.
– Je pense que dans un combat politique, il ne faut pas avoir ce défaut, c'est-à-dire qu'il ne faut pas se croire arriver avant le résultat des élections. C'est le soir de l'élection qu'on fait les comptes, que Mme Hidalgo se détende et attend tranquillement le résultat. On verra, on fera les comptes le moment venu, ce côté un peu trop sûr d'elle. À mon avis, il lui jouera quelques tours.
– En même temps, elle fait référence aussi au sénatorial. – Bien sûr. – À Paris, il y a des divisions au sein de la droite. – C'est vrai. – Il n'y avait aucun moyen d'éviter que…
– Il n'y avait aucun moyen d'éviter que Charon, Maine Saliste… – Il n'y aurait pas de division, on s'en porterait mieux. Bien évidemment, simplement, il y a des divisions à droite, il y en a tout autant à gauche. Bon, voilà, une fois qu'on l'a regretté, le système de scrutin à la proportionnelle génère ce type de division. C'est regrettable. Quand on est dans une famille politique, on s'y tient. Mais vous savez, moi, je vois bien les listes de candidats dissidents à gauche qui naissent un peu partout. Et ce côté condescendant, vous savez, soyons prudents, on attend les élections et on a toujours de la considération pour son adversaire en politique.
– Christian Jacob, merci d'avoir répondu à nos questions. À demain pour un prochain talk. – Sous-titrage Société Radio-Canada
Christian Jacob