On ne lutte pas contre le complotisme avec une « Commission contre le complotisme ».
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Fait
« Est-ce que ça vous rassure que l'Etat dise ce qui est du ressort d'une fake news ou pas ? »
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« J'ai vu des élèves convaincus que les Illuminati écrivaient les résultats du baccalauréat si vous voulez... »
- 1:37Chiffre
« nous sommes – je le redis mais vraiment ça devrait être un traumatisme national pour la France quand on apprend qu'on est les derniers en mathématiques en Europe »
- 3:38Promesse
« je ne vois pas d'autre réponse que l'éducation que la culture et la reconstruction d'un système éducatif qui permette à tous les Français de retrouver la raison »
- 4:14Fait
« il faut évidemment améliorer leur rémunération – pas avec des propositions démagogiques comme celles de madame Hidalgo »
- 4:43Fait
« l'école a une mission fondamentale qui est de transmettre des connaissances et que c'est comme ça qu'en définitive on luttera contre les fake news »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
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Est-ce que ça vous rassure que l'Etat dise ce qui est du ressort d'une fake news ou pas ? C'est surtout que je ne suis pas sûr qu'on puisse en attendre grand chose malgré l'estime que je peux avoir pour pour Gerald Bronner, je pense que créer une "Commission contre le complotisme" c'est exactement ce dont le complotisme a besoin pour se nourrir d'une certaine façon. Je reviens – vous allez penser que c'est une obsession mais je reviens à mon obsession : pour moi le vrai sujet c'est l'éducation. Si on arrive à avoir des discours objectivement délirants se répandre dans la société, si on assiste à ce qui est aujourd'hui
en train de se jouer sous nos yeux sur bien des sujets d'effondrement de la rationalité
J'ai vu des élèves convaincus que les Illuminati écrivaient les résultats du baccalauréat si vous voulez... c'est peut être l'effet des réseaux sociaux, pas uniquement de l'éducation Évidemment on est face à ce développement de nouveaux moyens de communication mais cela étant dit l'irrationalité ne date pas d'aujourd'hui pour le coup, l'histoire est remplie de tas d'exemples du poids du faux sur les constructions psychiques, mais ce que je veux dire c'est que ce qui permet cet effondrement de la rationalité c'est aussi et sans doute d'abord la crise éducative dont on parlait à l'instant. Quand vous avez des élèves – parce que c'est quand même le cas aujourd'hui – qui n'ont aucun recul historique, qui n'ont aucun sens des phénomènes historiques passés, qui ont une culture scientifique
si faible.... même : prenez la question des mathématiques par exemple : nous sommes – je le redis mais vraiment ça devrait être un traumatisme national pour la France quand on apprend qu'on est les derniers en mathématiques en Europe – mais évidemment qu'apprendre les mathématiques c'est aussi apprendre la différence entre la vérité et l'erreur, qu'une vérité se fonde, qu'une vérité se prouve, apprendre à distinguer une hypothèse, un postulat, un axiome : tout ça fait partie de la rationalité qui ensuite se déploie par exemple dans la conversation civique et je crois qu'aujourd'hui – le grand paradoxe est que plus vous allez expliquer à travers des réponses institutionnelles centralisées et qui descendent du haut vers le bas ce qu'il faut
croire et ce qu'il ne faut pas croire, plus en réalité vous allez à créditer des discours qui se décrivent comme vrais précisément parce qu'ils se perçoivent comme persécutés. Ce que vous écrivez là c'est une crise de l'autorité en général pas seulement de l'éducation donc quand on est un responsable politique comme vous comment est-ce qu'on répond très concrètement sans faire – parce qu'au fond le phénomène Zemmour participe aussi un peu de ça c'est à dire : on crée de l'angoisse, et on va pas vers la rationalité – et donc comment est-ce qu'on sort de cette période qui est quand même assez compliquée pour les démocraties ? Pour le coup je ne mettrais pas tous dans la même case je pense que considérer que toute inquiétude
est créée par un discours, c'est évidemment ne pas voir la réalité qui la fond. Il y a aussi – pardon de vous le dire mais parfois il y a aussi une manière pour les gouvernants, pour les élites, pour les autorités, une manière de se cacher derrière le sujet des "fake news" pour ne pas affronter une réalité : quand Eric Dupond-Moretti nous parle encore de "sentiment d'insécurité" en expliquant que c'est une angoisse qui est créée par les médias et par les agitateurs d'opinion, mais c'est aberrant : comment ne pas voir la réalité de l'insécurité qui touche les Français aujourd'hui ? Mais ne mettons pas tous dans le même sac. En revanche oui bien sûr nous assistons sur bien des sujets à une fragilité de la raison commune et moi je le redis d'une
certaine manière peut-être que ça va vous paraître un peu désespérant parce que c'est une réponse de long terme mais je ne vois pas d'autre réponse que l'éducation que la culture et la reconstruction d'un système éducatif qui permette à tous les Français de retrouver la raison, parce que c'est de cela qu'il s'agit. Et donc il faut reformer, les former mieux, les enseignants ? le problème essentiel vient de là ? Evidemment il faut retravailler la formation des enseignants, il faut retravailler sur leur accompagnement, sur leur évaluation, sur les ressources humaines qui les accompagne. Et il faut évidemment aussi – et c'est une proposition que j'ai faite : j'ai publié 30 propositions en cette période de rentrée pour contribuer
à la réflexion – il faut évidemment améliorer leur rémunération – pas avec des propositions démagogiques comme celles de madame Hidalgo – mais c'est clair que depuis des années on a des enseignants qui sont sous payés par rapport à la moyenne de l'OCDE et ça participe à cette crise des vocations. Une société n'a aucune chance de se projeter dans l'avenir avec confiance si elle n'attire pas vers l'enseignement les meilleurs de ces jeunes et pour ça évidemment il faut s'en donner les moyens. Ça suppose de restructurer en profondeur le ministère de l'Éducation nationale, il y a énormément de travail à faire, mais ça suppose d'abord – et je crois que c'est le point le plus fondamental, c'est ce que je disais déjà il y a des années dans Les Déshérités – de
réaffirmer que l'école a une mission fondamentale qui est de transmettre des connaissances et que c'est comme ça qu'en définitive on luttera contre les fake news. Le grand paradoxe c'est que voyez, y compris à l'école on nous explique qu'il faut faire des "ateliers contre le complotisme" mais la vérité ça ne fonctionne : pas on ne lutte pas contre le complotisme en faisant des "ateliers de lutte contre le complotisme", on lutte contre le complotisme en enseignant l'histoire, la géographie, la littérature, les sciences d'une manière qui soit efficace.
François-Xavier Bellamy