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Podcast / conversationFrance Inter — Le téléphone sonne (sur Site radio)· 9 juin 2021 36 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & internationalNumérique

Macron giflé : le climat politique est-il devenu délétère ? Faut-il s'inquiéter avant la présidentielle ?

Au micro : Fabienne SintèsSource d'origine 4 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 30 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:46RelanceRéponse partielle

    L'absence de représentation, ces gens sont élus, non ?

  • 4:38OuverteRéponse directe

    Vous parlez de M. Jancovici, qui est lui-même très contesté à l'intérieur de son propre groupe.

  • 4:43OuverteRéponse directe

    Le problème, c'est qu'on est toujours la négation d'un autre, en fait.

  • 9:23OuverteRéponse directe

    Françoise Fréceau, sur les réseaux sociaux, ce que dit Loïc.

  • 19:16OuverteRéponse directe

    Vous êtes maire du Pouliguin, vous avez été victime d'agressions verbales et menaces physiques.

  • 27:47OuverteRéponse partielle

    Est-ce que vous n'avez pas le sentiment qu'au moment où on déconfine, on reprend les choses exactement où on les a laissées avant le confinement ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:47PrésentateurFait
    « les agressions contre les maires ont augmenté en flèche ces derniers mois »
  • 2:21AuditeurFait
    « Les représentants, nos représentants politiques, qui viennent tous de la même formation, en fait, beaucoup d'énarques, ne sont plus représentants du peuple. »
  • 3:47AuditeurPromesse
    « la solution, selon moi, ce serait une sorte de démocratie participative, peut-être des sortes de mini-référendum pour pas mal de choses »
  • 5:46InvitéFait
    « On dit qu'il y a peut-être des accointances avec l'extrême droite, l'action française. »
  • 20:24InvitéFait
    « j'ai été victime effectivement des menaces physiques d'un bal assez forte »
  • 21:43InvitéFait
    « nos enseignants que nous avons laissés petit à petit contestés par les parents de manière parfois virulente »
  • 23:52InvitéFait
    « vous nous avez promis la lune et regardez, ça ne s'est jamais réalisé »
  • 25:56InvitéFait
    « je retourne au contact des français immédiatement »
  • 28:24InvitéFait
    « quand on les interroge sur est-ce que vous allez voter, non ça ne nous intéresse pas »
  • 29:48InvitéFait
    « Emmanuel Macron lui-même s'en était inquiété la semaine dernière dans le Lot, lors de son premier déplacement pour ce Tour de France »
  • 30:28AuditeurFait
    « nous sommes en démocratie et les politiques au final c'est nous »
  • 33:29InvitéFait
    « la démocratie ça sert à donner du boulot »
  • 35:05InvitéFait
    « Emmanuel Macron avait invoqué le conseil national de la résistance »

Temps de parole

  • Invité25 %
  • Présentateur22 %
  • Invité 216 %
  • Invité 315 %
  • Auditeur8 %
  • Invité 48 %
  • Auditeur 23 %

2,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, 18-20, Fabienne Sintès. Depuis hier, donc, cette image de gifle qu'on n'a pas fini de commenter, il y a ceux qui parlent de tournant, de moments sidérants, inédits, tellement violents qu'ils marquent un avant et un après. Il y a ceux qui disent, non, c'est pas un tournant, il n'y a pas d'avant, c'était déjà là, et ce geste est donc un point d'orgue inévitable. Le climat est tel que ça ne pouvait finir que comme ça, cette montée, cette tension de la vie politique, elle est là depuis longtemps, évidemment, et on l'a déjà cité, Nicolas Sarkozy qui a vu sa manche tirer sans ménagement, François Hollande qui a été recouvert de farine, Emmanuel Macron qui a été giflé, voilà.

Et sans remonter au quinquennat précédent, les agressions contre les maires ont augmenté en flèche ces derniers mois, on tague les domiciles privés de certains députés, on s'y invite, on se parle mal, on s'insulte, on ne reconnaît plus l'élu de la République et cet entre-soi que sont les réseaux sociaux. À l'intérieur de cet entre-soi, on se chauffe en ne parlant qu'à des gens qui sont d'accord avec nous, si bien que seules nos idées sont bonnes et tout ce qui n'est pas nous devient parfaitement illégitime.

Un tournant donc, un point d'orgue, et si on osait peut-être imaginer un épilogue, si la sidération nous avait fait tous comprendre qu'il faut reculer d'un pas, respirer par le ventre, d'urgence. La très belle unanimité des politiques pour dénoncer, pour s'indigner contre cette gifle était au moins le signe qu'il fallait envoyer, mais à y regarder de plus près, et qui peut vraiment calmer le jeu ? Qui dit stop ? À qui, très exactement ? Chacun a en tête son pompier pyromane, la faute des politiques, la faute des médias, la faute des réseaux sociaux, bientôt celle de Game of Thrones. L'hystérisation du débat politique devenu le mot à la mode, à la mode, ça commence où ?

Parce qu'à ce rythme, à quoi va ressembler la campagne présidentielle ? Respirons par le ventre, nous aussi. Justement, c'est le téléphone sonne, et soyez les bienvenus.

1:51
Locuteur non identifié

C'est vous Frédéric Le Premier,

1:56
Présentateur

bonsoir et bienvenue.

1:59
Auditeur

Bonsoir, merci de me prendre à l'antenne.

2:00
Présentateur

On vous écoute.

2:02
Auditeur

Eh bien, je voudrais juste vous rappeler qu'il y a 250 ans, nous décapitutions nos monarques. C'est sûr, c'était plus radical, on est d'accord. C'était radical, c'était radical, mais le représentant, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? Les représentants, nos représentants politiques, qui viennent tous de la même formation, en fait, beaucoup d'énarques, ne sont plus représentants du peuple. Et lorsqu'il y a comme ça une absence de représentation, il y a donc une absence de démocratie, et cette absence de démocratie fait monter, selon moi, ce sentiment de colère.

2:46
Présentateur

Mais attendez, j'ai du mal à vous suivre, Frédéric, parce que l'absence de représentation, enfin, ces gens sont élus, quand même, à un moment. Donc, sont les représentants de ce que nous sommes, puisque nous les avons élus, non ?

2:59
Auditeur

Bien sûr, mais il y a plusieurs manières de faire des choix, il y a plusieurs manières d'élire. En France, on élit avec deux tours. Il pourrait très bien y avoir d'autres types d'élections, notamment des listes, où on élimine d'abord le premier, puis le deuxième choix, puis le troisième choix, etc. Voilà, il y a plusieurs manières de faire un choix. Et puis, une fois que cette personne est élue dans un choix réduit, si on prend les présidentielles à venir, le choix est quand même assez réduit, lorsqu'on ne pense ni Macron, ni Marine Le Pen, le choix est quand même assez réduit. Mais une fois que cette personne est élue, il faut que cette personne écoute quand même la volonté des Français.

La solution, puisque j'aime bien penser à des solutions, la solution, selon moi, ce serait une sorte de démocratie participative, peut-être des sortes de mini-référendum pour pas mal de choses, où chacun pourrait voter sur Internet pour dire « moi, je suis pour, moi, je suis contre ». Mais au moins, la démocratie serait participative et donc, du coup, la politique reviendrait dans la société et reprendrait tout son sens. Pardon, rapidement, Frédéric, s'il vous plaît. Mais on vous écoute, allez-y, finissez. Une dernière chose. Dans les médias, tous les matins, on entend à peu près les mêmes personnes réagir, les mêmes politiques.

C'est dommage qu'on n'entende pas plus d'ingénieurs, de personnes qui sont spécialisées dans les problèmes qui sont à traiter. L'environnement, par exemple, Jean-Marc Jancovici, ou des ingénieurs... Qui est lui-même très contesté à l'intérieur de son propre groupe.

4:32
Présentateur

Qui est lui-même... Vous parlez de M. Jancovici, qui est lui-même très contesté aussi à l'intérieur de son propre groupe. Le problème, c'est qu'il y a toujours... On est toujours la négation d'un autre, en fait. Et quand je suis votre raisonnement, Frédéric, je me dis qu'après tous ces mini-référendums, au fond, pourquoi ce référendum-là serait-il, suivant cette logique-là, serait-il légitime ? Puisque moi, si je pensais le contraire, je continue à penser le contraire, moi, j'ai un peu l'impression qu'on tourne en rond, en fait. Merci beaucoup pour votre intervention et cette entrée en matière. Vous allez nous dire ce que vous en pensez. Frédéric Fressos, éditorialiste au Monde.

Bonsoir à vous. Françoise, pardon. Frédéric, c'est l'auditeur. Françoise Fressos, éditorialiste au Monde. On vous salue, Frédéric, au passage. Édouard Le Cerf est avec nous également. Bonsoir. Vous êtes directeur général adjoint de l'Institut de sondage BVA. Et puis, Simon Le Baron, aussi, du service politique de France Inter.

5:23
Locuteur non identifié

Bonsoir.

5:23
Présentateur

Frédéric Fressos, moi, j'aime bien cette mise en bouche de Frédéric, si j'ose dire, parce que j'ai l'impression qu'on tourne en boucle autour de ce thème-là, mais on ne trouve pas la sortie.

5:33
Invité

Je suis entièrement d'accord avec vous. Et si vous reprenez l'événement d'hier, c'est-à-dire l'incidence, cette gifle, qui a quand même choqué toute la représentation politique. C'est, au fond, la motivation du jeune homme. On ne sait pas trop ce qu'il recherchait. On dit qu'il y a peut-être des accointances avec l'extrême droite, l'action française. Mais ce n'est pas une violence revendiquée en disant, voilà, je fais ça parce que et pour. Et je pense que c'est ça aussi qui est très inquiétant dans le climat actuel. C'est qu'au fond, il y a une violence diffuse. Souvent assez anonyme, c'est qu'ils ne nous écoutent pas, ils ne nous représentent pas.

Et en fait, on est quand même tous participants d'un système. C'est-à-dire qu'on est dans une démocratie représentative. On a le droit de vote. On a le droit d'expression. Donc je trouve que c'est un peu trop facile de dire, ah ben, ils sont tous des énars qui ne nous représentent pas. Et donc c'est normal qu'on exerce de la violence contre eux. Non, il faut trouver la solution. Et regardez la Convention citoyenne qui a été une tentative de démocratie participative. Au fond, on était toujours aussi à se poser la question de dire en quoi cette Assemblée qui essaye de travailler est vraiment représentative de l'ensemble de la société française. Donc vous avez tout à fait raison.

Il y a une interpellation. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de personnes qui sont démocratiquement pas à l'aise avec le système actuel. Mais on n'a pas trouvé la solution miracle. Et moi, je veux quand même rappeler qu'on a quand même un moment où on peut s'exprimer. C'est une élection. Et donner sa voix à une élection, c'est quand même participer au débat républicain.

7:10
Présentateur

Édouard Le Cerf, quand j'entends notre ami Frédéric, je me dis, et là aussi, c'est en ça qu'il est vraiment intéressant, si on avait écouté Frédéric et entendu cette question il y a trois mois, il y a un an, il y a même deux ans, au moment de la crise des Gilets jaunes, on aurait entendu le même Frédéric et d'autres aussi. Donc ça veut dire qu'effectivement, comme le disait Françoise à l'instant, il y a un fil qu'on n'arrive pas à tirer.

7:30
Invité

Alors c'est vrai qu'il a utilisé le bon terme, et Françoise le reprenait, celui de la représentation. En fait, il y a plusieurs aspects dans cette représentation qui expliquent plein de choses dans ce qui s'est passé. Les gens, politiquement, ont de plus en plus de mal, en tout cas, il y a plus en plus de monde qui a du mal à se sentir représentés par les élus. Alors certains disent qu'il faut aller plus souvent aux urnes, d'autres disent qu'il faut être en fréquence sur eux. On parlait de référendum d'initiative populaire, etc.

Mais il y a aussi la représentation, la façon dont les gens se sentent représentés par les médias, par les chiffres, par les statistiques, ils ont bien du mal à dire cela me représente. Ils ne se retrouvent plus dans ces éléments-là. Il y a la représentation aussi qu'ils veulent avoir d'eux-mêmes, et là, les réseaux sociaux peuvent aussi être un moyen de dire je donne de moi une représentation particulière.

Et puis, dernier élément, parce qu'ils ne se sentent pas représentés, parce qu'ils ont le sentiment qu'il y a cette distance, cette méfiance, ce dégoût, dans les études du Célipof, c'est le mot qui sort en premier, eh bien ça pousse les politiques aussi à aller, en tout cas Emmanuel Macron, au contact. Et ça fabrique aussi ces étincelles, parce que lui, il entend ces choses-là, sans doute, et se dit je vais aller au contact. Donc tous ces éléments de la représentation sont à la fois ce qui provoque sans doute cette étincelle un peu étrange et violente, et puis aussi la manière dont les politiques s'en emparent et ont aussi un peu descendu de leur mont au limpe pour descendre dans l'arène.

Ils le disent eux-mêmes, je descends dans l'arène.

8:53
Présentateur

Au fond, là où je me dis qu'on serait dans la même solution, en fait, parce que c'est autre chose qu'il faudrait tirer, je ne sais pas quoi, mais qu'on serait dans la même situation, même si on adoptait un système qui serait exactement celui de Frédéric, en fait, le problème qu'on perçoit aujourd'hui, c'est que chacun est dans sa bulle de pensée, ne sort pas de sa bulle de pensée, et surtout, donc, ne trouve légitime rien de ce qui sort de cette bulle de pensée. Donc, même si on additionnait les référendums les uns après les autres, de toute façon, ça ne changerait rien à cette atmosphère extrêmement tendue.

Et c'est là qu'il y a peut-être une inquiétude à avoir, en fait, non, Françoise Fréceau ?

9:27
Invité

Oui, mais en fait, ce qu'on constate aussi, c'est que ça s'inscrit aussi dans une montée du populisme, et ça s'inscrit, au fond, dans une crise de beaucoup de démocratie. On a vu aux Etats-Unis, on l'a vu en France, on a vu aussi monter toute cette contestation, parce que, peut-être aussi parce que la société est de plus en plus individualisée, peut-être aussi parce qu'elle fonctionne aussi beaucoup sur les réseaux sociaux, où vous avez raison, c'est-à-dire, où on se crée sa propre communauté. Et donc, quel est, au fond, le langage qui crée du consensus, pas du consensus, mais un minimum d'adhésion, c'est-à-dire, souvent, on n'est même pas d'accord sur le constat et sur les mots.

Et ça, c'est quand même extrêmement inquiétant, et ça ne remonte pas au jeu, ça ne date pas d'aujourd'hui, ça remonte à beaucoup plus loin, et c'est plutôt en train de s'aggraver. Et ce qui a touché aussi Emmanuel Macron, touche beaucoup d'élus, et on voit des élus locaux qui disent au fond, avant, on était là pour servir l'intérêt commun, et maintenant, on sert des citoyens qui sont des individus, qui se battent pour leur peau, et qui, du coup, vont contester le maire quand le maire ne prend pas la mesure qu'ils attendent de lui. On va parler avec un maire

10:41
Présentateur

dans un instant, justement, d'ailleurs, Simon Lebaron, juste avant.

10:44
Invité

Oui, le problème de ces bulles idéologiques, ces bulles informationnelles dont on parle, alors il ne s'agit pas de dire que les réseaux sociaux sont responsables de tout, mais c'est-à-dire qu'il y a des algorithmes qui font qu'on a sans cesse remonté dans son fil d'actualité des opinions de gens qui sont d'accord avec nous, on peut avoir l'impression que c'est l'opinion dominante, alors que ce n'est pas le cas.

Le problème de ces bulles idéologiques mises en relation avec la violence dont on parle, c'est que, lors de la campagne de 2022, de cette violence, elle va pouvoir peut-être inciter des candidats à rester en retrait, à ne pas aller au contact, justement, comme on le disait à l'instant, avec des gens qui ne pensent pas comme eux, c'est-à-dire de parler avant tout à leur base idéologique.

Et donc, si chaque camp se referme comme ça, y compris dans le débat public, dans la campagne présidentielle, sur sa bulle idéologique, et bien finalement, ça va créer des tensions qui vont s'exacerber encore et être encore plus fortes, et donc chacun va avoir l'impression de ne pas être suffisamment représenté, que son opinion est dominante et pourquoi elle ne prend pas plus de place dans le débat public, etc. Et donc, c'est un cercle vicieux.

On a un exemple exceptionnel avec ce qui s'est passé aux Etats-Unis, c'est-à-dire qu'on a vu l'efficacité incroyable de cette polarisation-là, c'est-à-dire, Trump, certes, il a augmenté le nombre d'électeurs qui sont finalement allés voter pour lui, mais son idée, c'était de dire je polarise, je crée un groupe qui m'est fidèle, qui est derrière moi, et les autres peuvent être aussi en colère qu'ils le veulent, les miens seront aussi en colère que je leur dis de l'être le jour où on ne sera plus au pouvoir, donc ça fabrique ça. Parce que ça a une forme d'efficacité, ça a une efficacité politique cette polarisation.

Vous avez des gens fidèles et dans un moment où on parle d'apathie démocratique, de difficulté à se mobiliser et se motiver pour aller voter, si vous avez un groupe qui est extrêmement motivé, très mobilisé, et bien ce sont ceux qui vont aller voter et ça fabrique quelque chose qui vous est a priori plutôt favorable.

12:34
Présentateur

Je voudrais qu'on écoute Loïc qui est avec nous. Bonsoir Loïc.

12:37
Invité

Oui, bonsoir.

12:38
Présentateur

On vous écoute.

12:40
Invité

Moi je voulais intervenir pour évoquer le fait que l'impression que j'avais c'est que les réseaux sociaux avaient quand même l'utilisation des réseaux sociaux par les politiques ont largement contribué à la désacralisation de la fonction et c'est aussi une des raisons pour lesquelles j'ai l'impression qu'ils sont interpellés comme s'ils étaient un citoyen lambda, c'est la première chose. Et ensuite j'ai envie de dire qu'il n'y a plus vraiment de débat, d'idées, de fond.

En fait on est sur de la polémique en permanence quand vous écoutez les hommes politiques et il ne faut pas s'étonner que finalement ils ne montrent pas non plus qu'on peut être tolérant envers des personnes qui n'ont pas les mêmes opinions politiques que les uns les autres.

13:17
Présentateur

Merci pour cette remarque Loïc. Françoise Fresseau, sur les réseaux sociaux, ce que dit Loïc, moi je trouve ça intéressant, c'est pas tant qu'ils les utilisent les réseaux sociaux parce que pourquoi pas qu'ils le fassent mais c'est au fond de se tromper d'utilisation et de s'être auto-désacralisés eux-mêmes en fait les hommes politiques est-ce que vous en dites ?

13:34
Invité

Oui mais alors quand vous les écoutez moi je trouve que c'est très intéressant aussi là encore le phénomène il ne date pas d'aujourd'hui.

Je me souviens très bien de Nicolas Sarkozy qui au fond disait je ne sais plus comment m'adresser parce qu'il y a trop de canaux d'information et puis la grande messe du 20h ça ne marche plus et voilà et donc lui il essaie de créer chaque jour son information quotidienne pour essayer de dire c'est moi qui ai la main sur l'information et là au fond ça a marché au début et puis après ça a saturé complètement et là ce qu'on entend des politiques c'est de dire en fait on ne sait plus comment s'adresser à l'ensemble des français on ne sait plus où est le vecteur donc ils sont dans des phénomènes de niche pour essayer d'aller chercher les jeunes ici voilà et donc vous voyez je pense que c'est aussi ce qu'on ressent aujourd'hui c'est un morcellement de la demande du coup l'offre politique essaye de s'adapter essaye de trouver les bons vecteurs et on arrive à une situation où au fond tenir un langage à tout le monde et considérer la France comme une nation de citoyens capable de débattre sereinement entre eux ça ne fonctionne plus et on le voit aussi par exemple les audiences des grandes émissions politiques avant qui marchent très bien ça ne marche pas parce que si vous ne faites pas le buzz ou voilà ça marche beaucoup moins donc on est tous si vous voulez dans un système qui au fond pousse à beaucoup moins raisonner et à faire beaucoup plus appel au sentiment ce que vous dites à la colère et donc à la colère et ça donne la violence aussi et c'est intéressant

15:07
Présentateur

parce que effectivement ça veut dire qu'il n'y a plus de mots en fait alors il y en a peut-être trop qui viennent de la part des hommes politiques il y a trop de mots et qui ne savent pas les mettre dans l'ordre en fait et en face il n'y a pas de mots et du coup la seule réponse c'est se retrouver face à une réponse de violence

15:22
Invité

si on regarde les enquêtes d'opinion ce qu'elles nous disent là dessus bien sûr elles ne nous disent pas que les français sont devenus plus violents ils constatent qu'il y a une montée de la violence dans tous les secteurs dans tous les domaines ils n'acceptent pas cette violence je pense que si demain il y a des sondages pour dire est-ce que c'était bien ou pas bien ils vont dire c'est un scandale mais ce qui est presque plus insidieux et presque plus important c'est qu'il y avait en tout cas au moment des gilets jaunes ce serait bien de le remesurer maintenant mais les français nous disaient qu'il y avait une forme d'acceptation c'est-à-dire en gros je ne ferai pas ça mais si vous me dites l'utilisation d'opérations coup de poing de s'exprimer de manière violente sont devenus pour les autres le seul moyen de s'exprimer et bien il y avait une proportion entre 10 et 20% de la population qui disait oui ils ne vont pas le faire forcément eux-mêmes alors il y a toujours une frange qui dit moi je suis prêt à aller plus loin et c'est ça qui est important c'est ce côté une forme cette apathie se double aussi d'une forme d'acceptation un peu molle certes mais de ce genre de choses là il y a un autre point important pendant encore une seconde on disait à propos de l'utilisation des réseaux sociaux moi je trouve frappant que les politiques utilisent les réseaux sociaux comme étant un média et d'ailleurs ça l'est puisqu'ils l'utilisent pour parler comme disait Françoise à des cibles particulières etc ils sont souvent un peu en retard pour comprendre comment ça marche parce que ça n'est pas qu'un média c'est la création justement d'une nouvelle socialisation politique pour les jeunes par exemple c'est la manière où de nouveaux sujets vont naturellement être débattus ils ont tendance à dire oh tiens voilà un nouveau média je vais venir ce sera moins bien que France Inter mais ce sera quand même pas mal

16:53
Présentateur

il y a une sorte de décalage on va sur Youtube etc Simon ?

16:57
Invité

moi ce que je trouve intéressant dans ce qu'ont dit les deux premiers auditeurs qu'on a entendus Frédéric d'abord dit il y a une crise de la représentativité et tous les deux ils vont mettre le doigt sur des constats qui sont justes c'est à dire que ce qui est vécu en tout cas comme une déconnexion les politiques les responsables politiques seraient éloignés des préoccupations des gens et puis il y a derrière Loïc qui dit en même temps ils ont désacralisé la fonction mais il y a là-dedans une sorte de paradoxe c'est à dire que pour essayer de répondre à ce problème de la représentativité de ce reproche de déconnexion qui revient en boucle les politiques se sont dit il faut s'adresser directement aux gens d'ailleurs Emmanuel Macron c'est lui qui a dit à son service de sécurité laissez-moi s'il avait voulu filtrer les gens en amont avant les bains de foule s'il avait voulu que son service de sécurité fasse un cordon sanitaire entre lui et les français qui étaient là il aurait pu le faire c'est lui qui dit je veux aller au contact des français prendre le pouls du pays comme il dit il y a une expression à la mode c'est être à portée de baffe bon malheureusement ça s'est vérifié hier mais il y a un paradoxe c'est à dire qu'ils se sont dit les responsables politiques et depuis plusieurs années plusieurs quinquennats il faut parler directement aux gens pour répondre à cette crise de la représentativité et en même temps quand ils le font sur les réseaux sociaux notamment on leur reproche de descendre trop bas finalement et de désacraliser la fonction donc ça revient à ce qu'on disait au début c'est à dire qu'on ne sait pas en fait comment répondre à cette crise là

18:18
Présentateur

les politiques ne savent plus comment parler et nous ne savons plus quelle sorte de politique nous voulons au fur et à mesure c'est exactement ça c'est un peu comme ça qu'on se mord la queue c'est exactement

18:26
Invité

c'est une grande confusion moi je me souviens de Jacques Chirac au moment du référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005 qui organise au fond qui ne sortait jamais et qui tout d'un coup organise un débat avec les jeunes et là on voit à quel point il est décalé à quel point enfermé à l'Elysée il est passé à côté de l'évolution de la société donc à partir de là Nicolas Sarkozy François Hollande et Emmanuel Macron essaye d'aller au devant mais ce qui est incroyable c'est que quand vous allez au devant vous prenez une gifle dans la figure et là je trouve que c'est là que je me dis il y a quand même alerte si on n'est pas fichu de parler je veux dire il y a des mots pour dire au président de la république je ne suis pas d'accord votre politique n'est pas bonne mais que vous gifliez le président de la république là je trouve qu'il y a quelque chose qui ne va pas bonsoir Norbert Samama

19:14
Présentateur

bonsoir vous êtes maire monsieur Samama vous êtes maire du Pouliguin c'est en Loire-Atlantique vous avez été victime d'agressions verbales de menaces physiques moi je voudrais savoir pardon si ce n'est pas avec vous que ça commence vous les maires en fait et qui êtes le premier les premiers peut-être à avoir ressenti ce climat là et l'avoir y compris ressenti physiquement

19:37
Invité

alors écoutez pour tout vous dire à écouter l'ensemble de l'intervenant j'oserais dire que pour ma part je ne considère pas que ce soit l'un des phénomènes politiques je pense que c'est plutôt un phénomène sociétal maintenant je vais vous dire très clairement en tant que maire on parlait votre premier intervenant on parlait d'assence de démocratie et d'élite politique vous savez un maire c'est tout sauf une élite politique un maire c'est quelqu'un c'est un élite terrain c'est un élite qui est au contact de la population au quotidien et d'où effectivement sa prise de risque et que sa mission première en tant que telle et c'est ce qui refait si vous voulez mon engagement c'est ce lien de proximité que nous pourrons avoir avec les concitoyens mais si vous voulez j'ai été victime effectivement des menaces physiques d'un bal assez forte c'est une chose dernièrement et je ne vous cache pas ce qui est quand même la première fois la première fois que ça m'arrive je me suis fait mordre par une personne

20:36
Auditeur

c'est quand même

20:37
Invité

assez exceptionnel pour rentrer dedans par un vélo et se faire mordre c'est quand même tout à fait particulier donc à quel point mes vêtements étaient déchirés donc est-ce qu'on se rend compte de ce qui est en train de se passer je pense qu'on dépasse largement la sphère politique

20:53
Locuteur non identifié

et

20:54
Invité

pour tout vous dire pour moi et un de vos intervenants la suivait fort justement il y a une conjonction de plusieurs paramètres un individualisme pardon un individualisme exacerbé une montée du populisme c'est une chose une société qui a été complice aussi en partie depuis longtemps parce que l'on parle du politique et c'est pour ça que moi je parlais plutôt d'un phénomène sociétal c'est qu'aujourd'hui ce sont les autorités telles qu'elles s'expriment dans notre société qui en réalité ont essayé de déchirer les militants les collectifs et les militants effectivement alors les élus de terrain et notre président de la République qui est quand même docteur d'une symbolique assez forte aujourd'hui sont aussi victimes de cette perte d'autorité mais il faut dire que nos enseignants que nous avons laissés petit à petit contestés par les parents de manière parfois virulente nos pompiers qui sont parfois

21:52
Présentateur

qui se font caillasser etc

21:55
Invité

aller dans des services d'urgence nous avons des comportements qui sont parfois inadmissibles à vis-à-vis d'un personnel médical qui est là à vos services pour essayer de vous tirer d'affaire mais c'est totalement anormal la société contise depuis très longtemps et à force d'avoir laissé les choses perdurer d'avoir peut-être accepté le fait de confondre autorité et autoritarisme d'avoir alors de manière très forte en partie liée aux réseaux sociaux laisser une parole se décomplexer il est très clair qu'à travers les réseaux sociaux vous n'avez plus de codes plus de codes

22:38
Présentateur

et plus de filtres pour chacun je vous remercie beaucoup pour ce témoignage monsieur Samara on vous entend assez loin en fait c'est pour ça pardonnez-moi que je vous interromps mais ce que j'entends surtout Françoise Fressos notamment sur ce que dit ce maire il dit c'est sociétal et c'est pas politique Emmanuel Macron hier immédiatement après n'a surtout pas voulu en faire une affaire politique ça ne résout pas la question mais ça donne une orientation on va dire

23:07
Invité

alors sur Emmanuel Macron je comprends qu'ils disent on ne va pas en faire un énorme fait parce qu'il ne veut pas le politiser il ne veut surtout pas aussi pas dire il y a de la haine à mon égard au moment où il est dans une reconquête où il remonte dans les sondages donc ça je le comprends qu'il y ait une crise d'autorité c'est vrai mais c'est vrai aussi que toute la représentation de tout ce qui a été en fait les mandarins en médecine enfin tout ça ça existe mais moi je trouve quand même qu'il y a une crise quand même politique dans la mesure où au fond ce qu'on a beaucoup entendu et Emmanuel Macron est quand même le produit de ça c'est que moi ce que j'entends beaucoup c'est à gauche et à droite vous nous avez promis la lune et regardez ça ne s'est jamais réalisé donc on ne vous croit plus et donc à partir du moment où vous mettez au fond vous mettez l'élu sur le terrain de l'homme qui nous a un peu trahis l'homme qui au fond ça a commencé assez vite aussi on disait ils ont des avantages ils roulent avec des voitures de fonction ils ont voilà il y a eu tout un processus de au fond de mise en cause de l'élu qui n'arrivait pas au fond à remplir le contrat pour lequel on l'avait élu et je pense que la crise d'aujourd'hui qui est cette violence latente elle est aussi c'est aussi une sorte de désaveu sur on nous a trop promis et on n'y est pas arrivé que ce soit à gauche ou que ce soit à droite vous voyez Edouard Lecerf je suis complètement d'accord avec ce que dit François il y a même une question qui se pose et qui est un peu effrayante de certaines manières la première la question qui se pose c'est si c'est organisé est-ce que c'est pire que si ça ne l'est pas si ça n'est pas organisé si c'est un mouvement spontané comme ça ça veut dire que c'est incontrôlable ça veut dire que c'est pas canalisé ça n'est pas organisé la démocratie et je vais un peu me mettre en porte-à-faux par rapport à ce que disait votre précédent auditeur c'est-à-dire que le sociétal et le politique ça devrait être la même chose c'est justement parce qu'on se pose la question aujourd'hui de savoir ça n'est pas la même chose et justement comment est-ce que l'on fait comment l'on fait pour accrocher ces éléments-là c'est parce qu'aujourd'hui on a l'impression qu'il y a une bulle politique une bulle sociétale qui ne se rejoignent pas

25:10
Présentateur

alors en parlant de bulles justement moi je voudrais savoir ce qui se passe maintenant à la prochaine sortie en fait est-ce que désormais ça deviendra un sujet c'est quand même terrible d'y penser mais est-ce que ça deviendra un sujet que ce soit Emmanuel Macron ou un autre d'ailleurs Simon le Baron je sors je vais au contact donc ça veut dire que je prends un risque ou pas donc on dira il a pris le risque 2 etc etc je n'y vais pas donc je ne veux pas être au contact avec ou alors je choisis l'option 3 qui était celle de Nicolas Sarkozy je sors mais avec des gens qui sont triés sur le volet comme ça je ne risque pas ni une baffe ni de me faire tirer la chemise

25:41
Invité

il n'a pas été le seul à le faire je pense

25:42
Présentateur

mais évidemment donc comment comment on travaille comment ça marche maintenant

25:47
Invité

la réponse d'Emmanuel Macron elle a été immédiate c'est à dire de montrer images à l'appui avec évidemment toutes les caméras de télévision les radios qui étaient là regardez je retourne au contact des français immédiatement il a pris un long bain de foule hier soir dans les rues de Valence pour montrer que c'est pas cet incident qui allait l'empêcher d'aller au contact des français donc ça revient d'ailleurs au débat qu'on avait tout à l'heure est-ce que aller directement parler aux gens et aller dans l'arène pour reprendre cette expression c'est désacraliser la fonction lui en tout cas ça ne le fait pas remettre en cause cette stratégie là au contraire il dit je vais continuer à y aller et l'Elysée assure que pour les prochaines étapes du tour de France qu'Emmanuel Macron vient d'entamer le dispositif de sécurité surtout sera pas renforcé alors peut-être que c'est simplement un élément de communication mais en tout cas Emmanuel Macron lui dit je continuerai à aller au contact des français là où ça pose question c'est pour la campagne présidentielle de 2022 Emmanuel Macron lui il a les moyens de la présidence de la république il a quand même un groupement de sécurité des gendarmes des policiers qui sont extrêmement entraînés qui peuvent intervenir très vite il y a des candidats qui ont moins de moyens et certains qui se posent des questions avec qui l'on parle qui nous disent comment on fait c'est-à-dire que c'est quand même un passage obligé dans une campagne électorale d'aller au contact de serrer des mains de regarder les gens et d'essayer de les convaincre les yeux dans les yeux si on ne fait pas ça on part avec quand même une grosse grosse longueur de retard et on en revient à la bulle idéologique dont on parlait tout à l'heure c'est-à-dire qu'on ne parle qu'aux gens qui nous sont déjà acquis et on ne peut pas aller chercher de nouveaux électeurs ça ça pose une vraie question sur la campagne à venir allez-y Edouard Lecerc ce serait par ailleurs s'il le faisait ce serait donner raison à ceux qui expriment cette genre de violence là donc avec lui c'est naturellement pas ce qu'il faut faire

27:34
Présentateur

le risque étant que dans le public certains jouent à la surenchère lui il a eu sa baf et bien moi j'en mettrai deux et puis etc etc enfin je veux dire ce risque là il existe aussi de fait j'imagine qu'il est calculé moi il y a une chose qui me frappe quand même on est en train de déconfiner en ce moment on a confiné sur une crise sociale on sortait des retraites on sortait des gilets jaunes est-ce que vous n'avez pas le sentiment qu'au moment où on déconfine on reprend les choses alors peut-être avec en plus la chape du confinement qui en ajoute une couche mais exactement où on les a laissées au moment où on a fermé

28:05
Invité

alors ce qui est très étonnant c'est que moi j'interroge pas mal de candidats qui sont dans la campagne des régionales donc ils sont vraiment au contact du terrain en sortie de confinement ils disent au fond les français ils sont plutôt contents ils sont plutôt contents parce qu'ils peuvent sortir voilà donc le climat est plutôt bon mais ce qu'ils disent aussi c'est que quand on les interroge sur est-ce que vous allez voter non ça ne nous intéresse pas donc il y a ce double phénomène d'au fond un pays qui se libère et qui au fond doute très profondément de sa représentation politique et qui se pose la question de savoir si ça vaut le coup de se déplacer et dans ce contexte-là au fond qu'est-ce qu'on entend ?

on entend des minorités ou des incidents qui sont violents et donc c'est ce paradoxe aussi qui est très très très inquiétant l'autre chose moi qui me frappe c'est qu'on est en sortie de confinement donc on a quand même un tas de chantiers à voir et en fait depuis 5 jours le débat se polarise sur des questions de violence de transgression et pas du tout sur les débats qui pourraient être intéressés tous les français de comment comment est-ce qu'on sort du confinement dans quel état on est et ça je trouve que c'est aussi un indice de cette crise de la représentation politique Jérôme sur France Inter.fr

29:16
Présentateur

nous dit ceci quand McFly et Carlito remplacent Alain Duhamel ou Françoise Fressos nous dit-il le président devient un pote un lambda ce type de communication peut-il générer aussi une forme de violence verbale voire de violence physique ?

29:27
Invité

moi je ne gifle pas mes potes mais je ne suis pas sûr que ça excuse mais ça revient à la désacralisation dont on parlait tout à l'heure après est-ce qu'il faut mettre ça en lien avec cette violence qui se libère je ne pense pas sur la décompensation dont vous parliez tout à l'heure Fabienne Emmanuel Macron lui-même s'en était inquiété la semaine dernière dans le Lot lors de son premier déplacement pour ce Tour de France encore une fois il avait parlé lui-même de ce phénomène de décompensation non pas que ce soit un phénomène à la Mad Max avec des violences partout dans les rues mais ça peut intervenir effectivement des gens qui libèrent effectivement une violence rentrée à l'occasion de ce déconfinement

30:09
Locuteur non identifié

Robin est avec nous bonsoir Robin

30:12
Auditeur

bonsoir

30:12
Locuteur non identifié

on vous écoute

30:13
Auditeur

oui bonsoir merci beaucoup de prendre ma question et de faire des émissions intelligentes on en a besoin depuis pas mal de temps depuis tout à l'heure on parle des politiques qui ne nous représentent pas ou qui ne sont pas assez ou trop sacralisés ou trop désacralisés mais une chose magnifique c'est que nous sommes en démocratie et les politiques au final c'est nous alors participer par le vote c'est très bien il n'y a peut-être pas assez de moments de participation mais il y a des espaces de participation des espaces d'engagement qui sont les associations les syndicats les partis et il me semble qu'il n'y a pas assez de citoyennes de citoyens qui sont engagés dans ces instances qui sont des lieux de création d'élaboration de réflexion politique et donc il y a un manque d'information et une expression politique qui va s'exprimer dans la violence qui va s'exprimer de façon momentanée et il n'y a pas assez une expression une participation sur le temps long alors à qui la faute au parti aux citoyens au manque de temps participer dans un parti ça ne ramène aucun argent et c'est beaucoup de temps aux médias mais comment faire du passer du buzz sexy mais profondément idiot à un débat qui est un débat de position c'est parfois violent mais c'est un débat qui est mature et qui est constructif

31:20
Présentateur

merci pour votre question votre intervention en tout cas Robin Françoise Fressos Robin nous rappelle que dans politique il n'y a pas que les politiques il y a la politique avec un grand P

31:28
Invité

peut-être pour nuancer le constat pessimiste c'est que au fond pendant la crise pendant la pandémie les associations notamment les associations caritatives ont fait état d'un énorme élan de solidarité d'un bénévolat très important au fond les citoyens sont capables de s'engager mais ce qu'ils disent aussi ce qu'ils constatent c'est que plutôt que de s'engager sur toute la durée d'une vie sur une cause essentielle vous faites des engagements vous voyez vous avez un peu de temps et bien vous allez consacrer à cette cause et puis peut-être que l'année d'après vous choisirez autrement donc autrement dit il y a de l'engagement citoyen très important mais moi ce que je crois pardon allez-y il n'est pas structuré politiquement ou syndicalement ou sur une cause vous voyez commune politique qui pourrait se dire tiens on a trouvé un nouveau mode d'engagement mais je pense que la société reste quand même profondément solidaire

32:17
Présentateur

et en même temps moi j'ai été frappé comme nous tous je pense je me souviens de la manifestation du 1er mai où ce sont les syndicats là pour le coup qui ont été extrêmement mis à mal c'était la CGT qui faisait le service d'ordre autour de autour de la manifestation du 1er mai donc même comme si même cette représentation là celle du syndicaliste celle qui doit défendre les gens celle qui est censée justement être la courroie de transmission en plus entre nous et le politique même cette courroie ne marche pas et même le syndicaliste est considéré comme appartenant au système Edouard Le Cerf

32:47
Invité

oui d'abord le syndicaliste a un problème en général par rapport à l'ensemble des français c'est qu'il a du mal à dire qu'il est représentatif parce que pour le coup le corps électoral

32:53
Présentateur

est relativement eu

32:55
Invité

parce que la participation est faible après ce qui s'est passé au 1er mai c'était sans doute des groupuscules moi ce que je trouve intéressant par rapport à cette idée sur les syndicats sur les partis politiques et sur ce que disait Françoise c'est que quand les français disent qu'ils font de moins en moins confiance à la démocratie on peut et c'est le coeur du sujet c'est quoi la démocratie ?

c'est censé organiser les conflits les débats les canaliser les structurer les amener à produire quelque chose qui soit des candidats qui soit des idées etc c'est ça qui est un peu cassé c'est ça que les français disent on dirait que ça ne marche pas mais il faut voir aussi que la manière quand on les pousse un peu quand on les interroge sur c'est quoi la démocratie aujourd'hui ils en ont une vision qui est très utilitariste qui est très la démocratie ça sert à donner du boulot ce qui est vrai peut-être mais s'il y avait un travail de fond et si ce qui s'est passé hier devait dire quelque chose c'est réfléchissons à comment fonctionne une démocratie ce qu'elle doit produire comment est-ce qu'elle peut apaiser comment elle peut faire du débat un auditeur le disait plutôt que de créer quelque chose qui ressemble peut-être à la démocratie mais qui n'est qu'un artefact avec ses oppositions extrêmement violentes majeures et polarisantes

34:02
Présentateur

Jean-François Jean-François c'est vous le dernier soyez gentil ne soyez pas trop long s'il vous plaît mais on vous écoute et avec plaisir

34:07
Auditeur

non non il n'y a pas de soucis il y a une crise qu'on peut dater de l'art industriel aujourd'hui on s'en rend compte l'écologie etc je ne comprends pas pourquoi en France on ne peut pas organiser un débat avec tous les français et là je pense que les pouvoirs politiques sont responsables de ça qu'est-ce qu'on peut donner du sens on a un commissaire au plan François Bayrou mais je ne sais pas sur quelle base il fait son plan comment pourquoi comment les français pourraient pourraient essayer de de se donner les moyens de réfléchir à ce qu'on veut de la France c'est un merveilleux pays il y a plein de contradictions partout mais pour les résoudre il faudrait peut-être qu'on se mette autour de la table tous tous tous et comment le faire voilà on a des esprits brillants en France comment organiser un dialogue contre tous les français

35:03
Invité

Françoise Fressos pour répondre à vous souvenez qu'au début de la pandémie Emmanuel Macron avait invoqué le conseil national de la résistance et au fond c'était un peu l'idée de mettre tous les groupes ensemble pour dire voilà on a vécu quelque chose d'important et est-ce qu'on peut discuter et au moins avoir un constat partagé et puis ça a été refusé parce qu'au fond il y aura l'élection présidentielle et que l'élection présidentielle est considérée

35:25
Présentateur

mais je vais vous le dire en fait est-ce que quelle idée de la France c'est pas exactement ça le principe d'une élection présidentielle normalement donc visiblement le message est mal passé enfin je veux dire ça n'agrippe pas là non plus

35:37
Invité

c'est aussi le symptôme d'une évolution dont Emmanuel Macron est en quelque sorte l'aboutissement c'est-à-dire que pendant des décennies il y avait deux modèles pour schématiser la droite et la gauche qui semblaient apporter des réponses différentes à tous les problèmes du monde et qui étaient censés convenir ou aux uns ou aux autres et finalement on s'est rendu compte que ça ne marchait pas ou en tout cas les gens se sont dit ils ne tiennent pas leurs promesses on n'y arrive pas et aujourd'hui finalement on est perdu on se dit on voit aussi les solutions à travers son propre point de vue et plus à partir de représentations qui sont fixes et claires

36:17
Présentateur

merci beaucoup merci à tous on rentre en année électorale il y en a d'autres des élections là maintenant donc on aura ce débat plusieurs fois encore j'ai envie de dire tant mieux après tout merci beaucoup

Macron giflé : le climat politique est-il devenu délétère ? Faut-il s'inquiéter avant la présidentielle ? · Pourquijevote