Attaque à l'arme blanche Paris, mineurs isolés, Covid, Bridgestone... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 25 %Attaque 55 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:52OuverteRéponse directe
Quelle est votre réaction ce matin ? Nouvelle attaque terroriste.
- 1:34RelanceRéponse directe
Vous voulez dire que c'était évitable ? Il était évitable, cet attentat ?
- 2:46OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il aurait fallu protéger et surveiller ce bâtiment ?
- 4:30OuverteRéponse directe
François-Xavier Bellamy, on attend encore évidemment que l'enquête progresse...
- 5:09RelanceRéponse directe
Alors vous dites illégalement, on nous parle d'un mineur isolé.
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Est-ce qu'il ne va pas vite en besogne ? Est-ce que c'est responsable de dire ça à ce stade de l'enquête ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33InvitéFait
« Manifestement, c'est un acte de terrorisme islamiste. D'abord, le parquet s'est saisi pour terrorisme. »
- 1:01InvitéFait
« Mais maintenant, le problème, c'est qu'au-delà de l'émotion que nous ressentons, il faut des actes. »
- 2:05InvitéPromesse
« Qu'est-ce que nous attendons pour expulser ceux qui prêchent la haine dans notre pays ? »
- 2:09InvitéPromesse
« Qu'est-ce que nous attendons pour fermer les mosquées salafistes ? »
- 2:26InvitéFait
« et je le dis avec gravité, que nous avons que la France a reculé sur ce sujet depuis les attentats de Charlie Hebdo. »
- 3:33InvitéFait
« La véritable lutte contre le terrorisme, elle commence par la lutte contre l'islamisme. »
- 3:46InvitéFait
« qui passe par la lutte contre l'immigration illégale. »
- 5:42InvitéChiffre
« parce qu'aujourd'hui, 60% des violences commises dans l'espace public à Paris le sont par des mineurs étrangers non accompagnés. »
- 6:18InvitéFait
« le gouvernement actuel est coupable d'une faute très grave sur ce sujet-là puisqu'il y a quelques mois, à travers la loi Asile-Immigration, il a étendu le regroupement familial des mineurs en permettant à ces mineurs de faire venir toutes leurs familles. »
- 20:11InvitéChiffre
« Il y a 20 ans, 4% des pneus qui étaient vendus en Europe venaient de Chine. Aujourd'hui, c'est un pneu sur quatre. »
- 22:29InvitéChiffre
« la part de l'industrie dans le PIB français maintenant, c'est 10%. C'est la part la plus basse dans toute l'Union européenne. »
- 22:50InvitéFait
« Nous sommes le pays au monde qui impose les prélèvements obligatoires les plus élevés, qui a les impôts de production les plus importants d'Europe. »
- 23:20InvitéFait
« l'idée qu'enfin l'Europe assume de défendre, que personne ne doit pouvoir rentrer illégalement sur le sol européen sans faire l'objet de mesures de reconduction dans son pays d'origine s'il n'est pas éligible à l'asile. »
- 24:13InvitéFait
« il est très clair que si vous mettez le pied sur le sol européen, vous avez toutes les chances d'y rester durablement. »
- 25:08InvitéPromesse
« On va enfin se donner les moyens de reconduire à la frontière ceux qui ne sont pas éligibles à l'asile, ceux qui sont entrés illégalement sur le sol européen. »
Temps de parole
- Invité60 %
- Présentateur13 %
- Présentateur 213 %
- Invité 211 %
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Bienvenue à toutes et à tous dans le 8.30 France Info du samedi. Bonjour Myriam Ancawa. Bonjour Mathéo, bonjour à tous. À mes côtés, comme chaque samedi, journaliste à la chaîne parlementaire et notre invité ce matin est député européen Les Républicains. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Hier matin, à la même heure et au même endroit qu'en 2015, une attaque à l'arme blanche a donc fait deux blessés devant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris. On va d'abord écouter Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, qui a clairement qualifié les faits.
Manifestement, c'est un acte de terrorisme islamiste. D'abord, le parquet s'est saisi pour terrorisme. C'est dans la rue où il y avait Charlie Hebdo, évidemment. Le mode opératoire, c'est un mode opératoire des terroristes islamistes. Bien évidemment, ça fait peu de doutes. C'est une nouvelle attaque sanglante contre notre pays, contre des journalistes.
Quelle est votre réaction ce matin ? Nouvelle attaque terroriste.
D'abord, le ministre de l'Intérieur nomme cette attaque islamiste. C'est une bonne chose qu'elle soit nommée. Mais maintenant, le problème, c'est qu'au-delà de l'émotion que nous ressentons, il faut des actes. Je voudrais commencer par dire, évidemment, que je pense à ces victimes, à vos confrères journalistes qui ont été frappés par cet attentat. Je pense aussi à toute la rédaction de Charlie Hebdo et tous ceux qui ont survécu aux attentats, qui ont décimé cette rédaction. Parce que je pense que pour eux, aujourd'hui, le drame est terrible. Le drame de voir revenir cette violence islamiste en plein Paris. Pourquoi revient-elle ?
Parce que nous ne nous sommes pas donnés les moyens d'éradiquer les causes de cette violence.
Vous voulez dire que c'était évitable ? Il était évitable, cet attentat ?
Le ministre de l'Intérieur lui-même disait hier que nous avions manqué de vigilance, qu'il y avait eu un défaut de vigilance. Il parlait de cette rue spécifique. Mais ce défaut de vigilance que le ministre de l'Intérieur dénonce, il vaut pour la France dans son ensemble. Nous avons fait des marches blanches, nous avons montré notre solidarité, nous avons allumé des bougies. Mais nous n'avons pas encore pris les moyens de lutter contre ceux qui nous ont déclaré la guerre. Et ceux qui nous ont déclaré la guerre ont frappé hier encore en plein Paris. Et nous restons tout aussi impuissants. Qu'est-ce que nous attendons pour expulser ceux qui prêchent la haine dans notre pays ? Nous le savons.
Qu'est-ce que nous attendons pour fermer les mosquées salafistes ? J'ai l'impression de l'avoir déjà tellement répétit.
Il y a déjà des mosquées qui sont fermées en France et il y a déjà des imams qui sont expulsés.
Très peu par rapport à l'ampleur du drame. Et je voudrais dire d'ailleurs d'un certain point de vue que j'ai presque le sentiment même, et je le dis avec gravité, que nous avons que la France a reculé sur ce sujet depuis les attentats de Charlie Hebdo. A l'occasion du procès, on a vu à quel point, au fond, ceux qui disaient il y a encore quelques années, nous sommes Charlie, hésitez aujourd'hui à le dire, et il y a là quelque chose de très grave.
Alors par définition, on ne peut évidemment pas mettre un policier en armes devant n'importe quel bâtiment en France. Donc juste pour revenir sur ce qui s'est passé hier, si vous le permettez, et sur la rue Nicolas Appert précisément, est-ce qu'il aurait fallu protéger et surveiller ce bâtiment, au moins le temps du procès des attentats de janvier 2015, et est-ce qu'il faudrait protéger tous les lieux symboliques, comme le Bataclan par exemple ? Tout le temps, en permanence.
Il faut protéger toutes les cibles, et je pense que le ministère de l'Intérieur est conscient de là où porte la menace, et d'ailleurs c'est une bonne chose que la protection de ces sites spécifiques soit renforcée dans les jours qui viennent, je pense en particulier à la protection des synagogues, parce qu'on sait que dans cette période-là et dans ce week-end en particulier, la menace pourrait être considérablement renforcée, mais vous avez totalement raison de le dire, on ne peut pas mettre un policier en armes devant tous les bâtiments de France. La véritable lutte contre le terrorisme, elle commence par la lutte contre l'islamisme.
Et au fond, ça ne peut pas être seulement un défi policier, c'est un défi de la société tout entière qui passe par le rétablissement de l'autorité, qui passe par la lutte contre l'immigration illégale. Qu'est-ce que ce Pakistanais faisait sur le sol français pour qu'on lui laisse se déplacer avec un hachoir, alors qu'il avait été déjà condamné il y a quelques mois pour avoir utilisé un tournevis comme une arme par destination ? Si l'on comprend bien les informations qui nous sont données, qu'est-ce qu'il faisait encore en France ? C'est ça la vraie question. C'était des faits de droit commun, il faut bien préciser.
Bien sûr, mais quand vous en arrivez à vous servir d'un tournevis comme d'une arme par destination, je ne sais pas ce qui vous vaut, alors que vous êtes entré illégalement sur le sol français, d'y rester encore longtemps. Et c'est là que le vrai problème se joue. Sans que nous n'aurons pas réagi sur ces questions-là, évidemment que les policiers de France, malgré leur incroyable engagement, ne pourront pas éviter que la violence se suffise.
François-Xavier Bellamy, on attend encore évidemment que l'enquête progresse, d'avoir davantage d'informations, mais en tout cas, d'après les premiers éléments, il n'était pas connu pour des faits de radicalisation ou pour s'être radicalisé. Donc ça peut expliquer, peut-être qu'il passe, selon l'expression, sous les radars.
Encore une fois, il n'était pas totalement passé sous les radars. Oui, il n'avait pas été connu pour des faits de radicalisation, mais, je le répète, se servir d'un tournevis comme d'une arme par destination désigne quelqu'un qui est quand même susceptible de commettre des actes d'une violence extrême. Et pardonnez-moi de le dire, il était encore une fois entré illégalement sur le sol français. Ce monsieur est pakistanais, c'est-à-dire qu'il fait partie...
Alors vous dites illégalement, on nous parle d'un mineur isolé.
C'est-à-dire un mineur qui est entré s'il était vraiment mineur, parce que c'est aussi une grande question qui se pose à de très nombreux départements en France.
Votre collègue Éric Ciotti, sur Twitter, dit déjà que ce terroriste, je cite, est le pur produit de la filière d'une émigration de pseudo mineurs isolés. Est-ce qu'il ne va pas vite en besogne ? Est-ce que c'est responsable de dire ça à ce stade de l'enquête ?
Éric Ciotti ne dit pas que ce monsieur n'est pas mineur. Il dit qu'il y a un problème majeur de pseudo mineurs isolés. Il dit que d'après la photo qu'il a vue, apparemment, il a l'impression que c'est le cas. Et ça n'est pas, pardonnez-moi, ça n'est pas Éric Ciotti qui le dit, c'est la préfecture de police de Paris, parce qu'aujourd'hui, 60% des violences commises dans l'espace public à Paris le sont par des mineurs étrangers non accompagnés. Et c'est la préfecture de police de Paris qui demande à la mairie de Paris, chargée de faire ce travail, de vérifier qu'ils sont bien mineurs, ce que la mairie de Paris, par pure idéologie, se refuse à faire.
Il y a évidemment, on le sait très bien, une hypocrisie massive sur le sujet des mineurs étrangers isolés dans notre pays dont tout le monde sait parfaitement que beaucoup d'entre eux ne sont de toute évidence pas des mineurs et profitent en réalité de la tolérance incroyable que nous avons à l'égard du statut qu'ils se voient reconnaître. Et je termine en disant que le gouvernement actuel est coupable d'une faute très grave sur ce sujet-là puisqu'il y a quelques mois, à travers la loi Asile-Immigration, il a étendu le regroupement familial des mineurs en permettant à ces mineurs de faire venir toutes leurs familles.
Ce qui est évidemment une incitation à l'immigration illégale de la part de tous les pays les plus pauvres.
Pour autant, hier, François-Xavier Bellamy, les secours sont arrivés très vite, les blessés ont été pris en charge très vite, la police a bouclé le quartier très rapidement, les crèches, les écoles, les maisons de retraite ont été confinées très rapidement également dans un rayon de quelques kilomètres autour de là où ça s'était produit. Il faut saluer la réactivité, la rapidité, l'efficacité des services de l'État. Parce que vous dites, on ne fait rien, mais hier, ils ont plutôt bien réagi.
Mais bien sûr, encore une fois, évidemment que je le redis, l'engagement de nos policiers, de nos gendarmes, et heureusement, en plein Paris, il est heureusement rapide. Bien sûr que cet engagement est extraordinaire et doit être salué. Mais enfin, je dis aussi aux Français, vous n'en demandez pas trop si vous rêvez d'une France dans laquelle on ne risque pas de se faire découper au hachoir au coin de la rue qui suit. On a eu ce débat improbable sur l'ensauvagement et on a vu nos ministres discuter du sexe des anges pendant des semaines de rentrée. Et ça se termine avec des actes de violence absolument inqualifiables.
Bien sûr que les policiers font tout ce qu'ils peuvent, mais si nous ne nous donnons pas les moyens de réagir en amont, leur action restera malgré tout impuissante.
François-Xavier Bellamy, vous restez évidemment avec nous sur France Info à 8h40. C'est le Fin Info et c'est Maureen Suignard qui est là.
Luc Hermann, le cofondateur de la société de production Première Ligne, apporte sur France Info des nouvelles rassurantes. Les deux salariés blessés hier à l'arme blanche devant leurs locaux sont sortis du bloc opératoire. Il s'agit aussi de l'immeuble où se trouvait Charlie Hebdo auparavant. En plein procès des attentats de janvier 2015, il aurait fallu protéger cette rue. Cela paraît être une évidence, dit aussi Luc Hermann. Pour le ministre de l'Intérieur, il s'agit manifestement d'un acte de terroriste islamiste. Le principal suspect en garde à vue dit avoir 18 ans et venir du Pakistan. Du flou, de la confusion, mais tout de même une petite victoire.
Voilà comment est accueillie la décision du gouvernement à Marseille et Aix-en-Provence. Celle de repousser de 24 heures la fermeture des bars et des restaurants dans ces villes. Fermeture pour 15 jours à partir de demain soir. Mesures sanitaires contre le coronavirus. La vente à emporter reste possible. Un premier triste anniversaire à Rouen. Manifestation cet après-midi, un an après l'incendie de l'usine Lubrizol. Le site classé Céveso, 10 000 tonnes de produits chimiques qui brûlent. Selon la direction de Lubrizol, les 265 000 analyses effectuées ne montrent aucun impact sur la santé ou l'environnement.
Lille en tête de la Ligue 1 de manière provisoire après la victoire du club 2-0 face à Nantes. La cinquième journée de Ligue 1 se poursuit avec à 17h Saint-Etienne face à Rennes et l'Olympique de Marseille face à Metz. Ce sera à 21h.
France Info. François-Xavier Bellamy, invité du 8.30 France Info avec Myriam Ankawa. François-Xavier Bellamy, on l'a dit, cet attentat intervient après la republication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo. Il y a eu ce communiqué menaçant d'Al-Qaïda. Il y a eu même certains pays comme l'Iran ou le Pakistan qui se sont montrés clairement menaçants. Est-ce que vous craignez aujourd'hui que des voix s'élèvent pour dire qu'ils l'ont bien cherché d'une certaine manière ?
Bien sûr. Vous le disiez, au Pakistan, à Islamabad, d'où vient cette personne, il y a eu des manifestations contre Charlie Hebdo à l'occasion de la republication de ses caricatures. Moi, ce qui m'inquiète le plus, c'est que le même phénomène se reproduit aujourd'hui en France.
Il fallait republier ses caricatures pour être clair ?
Mais il fallait absolument faire la démonstration que nous tenons encore à la liberté d'expression. Et je suis frappé d'entendre, en effet, que certaines voix se sont élevées que l'on n'aurait pas imaginées pour ne pas s'associer à cette republication. Je pense à l'AFP qui avait publié la une de Charlie Hebdo en floutant la couverture et qui ne s'est pas associée depuis à ce manifeste publié récemment pour défendre la liberté, signée par des dizaines de rédactions, ce manifeste qui pourtant ne désignait même pas l'islamisme et qui n'a pas été signé par l'AFP.
Charlie Hebdo, est-il trop seul aujourd'hui ? Vous dites que le combat, ce n'est pas seulement les policiers, c'est toute la société. Vous pensez qu'un rassemblement comme celui du 11 janvier, 4 millions de personnes, est encore possible pour la liberté d'expression aujourd'hui ?
Serait-il encore possible aujourd'hui ? Encore une fois, je le redis, on pourrait multiplier les exemples. C'est Zineb El Razoui qui est menacé de mort, qui est insulté sur les réseaux sociaux de manière récurrente et qui rencontre aujourd'hui de plus en plus d'hostilité au milieu de certains médias, parmi certains intellectuels qui vont expliquer que sa critique de l'islam lui vaut légitimement d'être ainsi considéré.
C'est Cyril Hanouna, le plateau de Cyril Hanouna dont on sait l'influence qu'il a auprès de toute une génération, qui explique que la jeune Mila, vous savez cette jeune fille qui a été tellement menacée qu'elle ne peut plus aller au lycée aujourd'hui, qui cet été encore, dans un banal séjour linguistique, a été menacée de viol et de mort parce qu'elle a osé critiquer Allah, c'est la jeune Mila dont Cyril Hanouna dit qu'elle fait bien de se faire toute petite.
Donc l'autocensure ne doit pas l'emporter par peur des représailles, c'est très clair.
Et ça n'est pas seulement l'autocensure, c'est aussi la complaisance à l'égard de la montée de l'islamisme et de tout ce qui l'entoure.
Parce que par exemple, lorsqu'il s'agit du rapport Frisk-Orléon, vous avez peut-être entendu parler de ce chanteur qui a publié récemment une vidéo dans laquelle il dit « j'arrive déterminé comme Adolphe dans les années 30 pour pouvoir finir le travail », de ce chanteur qui écrit « je veux que mes enfants vivent comme des rentiers juifs, rien à foutre de la Shoah », lui, pour le coup, trouve une oreille complaisante sur le plateau du même Cyril Hanouna, dans les colonnes de libération, sur l'antenne du Mouv', et on explique que la liberté d'expression, elle doit admettre aussi qu'on puisse interpréter...
Dans son cas, il y a peut-être aussi une forme d'hypocrisie, parce que sa maison de disque a semblé découvrir ses propos après la polémique,
alors qu'il les avait enregistrés avant. Il y a une hypocrisie manifeste, vous l'avez dit, et il y a aussi une tolérance de plus en plus grande à l'égard de la montée d'un islamisme et d'un antisémitisme dont on aurait pu penser qu'il serait condamné par tous il y a peu d'temps encore.
Avant de clore ce chapitre et de parler de la crise sanitaire, pourquoi vous ne soutenez pas, au fond, il faut une union sacrée, on le sent bien, les Français l'attendent, ce projet de loi contre les séparatismes qui arrive, vous n'y croyez pas ?
D'abord, on ne connaît pas encore son contenu, moi je soutiendrai tout ce qui ira dans le bon sens, et je pense qu'il y a du travail, mais le travail, ça consiste à commencer par nommer les choses, nous ne sommes pas devant un séparatisme parmi d'autres ou un communautarisme parmi d'autres, nous sommes devant la montée de l'islamisme, nous sommes devant la montée de l'islam politique qui voudrait fracturer la société française, et c'est contre cela qu'il faut bien sûr lutter aujourd'hui.
On va changer de sujet, les bars et restaurants, vous en avez évidemment entendu parler, ne fermeront finalement que demain soir à Marseille, les Marseillais qui ont obtenu un sursis, Olivier Véran, le ministre de la Santé, en déplacement hier dans un hôpital marseillais, a justifié, expliqué encore, ces mesures restrictives aux habitants et aux professionnels.
Si nous prenons le risque d'attendre, pour voir si la situation devait s'améliorer d'elle-même, nous prendrions aussi le risque de devoir imposer, dans quelques jours ou dans quelques semaines, des mesures encore plus fortes que celles qui ont été prononcées. Ces mesures, elles sont temporaires, elles sont nécessaires, mais elles ne sont pas arbitraires.
Alors, arbitraires, disent les professionnels barmans et restaurateurs sur place. Les élus aussi disent que Marseille paye, je ne sais pas quoi, peut-être un dédain de la part de Paris, en tout cas la maire dit ne pas avoir été consultée, je vais y arriver. Il fallait les prendre, ces décisions difficiles, à Marseille, selon vous ?
Il fallait en tous les cas les discuter plus en amont, parce que je crois que la réaction des élus locaux, le fait qu'ils n'aient pas été associés, crée aussi une distance, une rupture, entre les décisions qui sont prises au niveau national et celles qui vont être accompagnées sur le terrain. Et ça, je crois que c'est très risqué et très inquiétant. Maintenant, le gouvernement a dans ses mains les éléments pour décider, même si c'est vrai que, comme un simple observateur, nous le sommes tous ici autour de cette table, il est parfois difficile de comprendre exactement la direction dans laquelle on se dirige.
Oui, mais les élus locaux, François-Xavier Bellamy, mais le cas de Paris aussi, pourquoi fermer les bars et les restaurants à 22h ? Quelle est la signification réelle de cet horaire parmi d'autres ? On a du mal à comprendre des mesures restrictives qui, au fond, ne donnent pas le sentiment d'une très grande cohérence. Et on l'a encore vu avec l'intervention de Jean Cassec sur le plateau de vos confrères de France de Tours récemment, il y a parfois des incohérences, y compris dans le comportement du gouvernement, qui font que c'est plus difficile d'adhérer à ces mesures qui sont proposées.
Alors, il y a la méthode, certes, la question de la consultation, mais la santé publique, c'est du ressort de l'État, de la souveraineté nationale. Quand vous entendez certains élus locaux, y compris de droite, Renaud Muselier, pour ne pas le citer, appeler quasiment à la résistance, faire des recours judiciaires, Samia Ghali, socialiste, dire « J'irai dans les restaurants qui resteront ouverts ». Cette désobéissance civile-là...
Ce n'est pas de la désobéissance d'avoir fait un recours en justice, pardon, mais c'est quand même pas de la désobéissance.
Non, je parlais de Samia Ghali. Quand on dit « J'incite » ou « J'appelle à résister », est-ce que c'est bon pour la démocratie ? Est-ce que vous ne craignez pas une fracture, un divorce entre les élus et l'État ?
Bien sûr, je vous le dis, je crains une fracture, mais cette fracture, elle est aussi causée par l'absence de concertation véritable. On nous avait décrit Jean Castex comme étant le Premier ministre maire qui allait associer les territoires. Et en réalité, on se rend compte qu'on prend des décisions aussi majeures pour l'économie de toute une ville déjà complètement fragilisée, simplement en appelant ses représentants une demi-heure avant de les annoncer au grand public. Ça ne s'appelle pas de la concertation. Et si on veut créer de l'adhésion, il faut aussi associer les citoyens et leurs représentants à la logique des décisions difficiles qu'il s'agit de prendre.
Donc c'est plus aux élus d'assumer la responsabilité des décisions difficiles ? Parce que là, elle est tellement difficile que finalement, que ce soit l'État, c'est peut-être plus compréhensible.
Quand le gouvernement prend une telle décision, il devrait au moins la préparer en amont. Et encore une fois, ce gouvernement qui nous avait fait la promesse qu'il serait celui de la concertation et du lien avec le terrain s'avère être celui qui risque de provoquer une grande fracture, y compris, je le dis, sur le front sanitaire, sur lequel, pour le coup, on peut constater, et disons-le parce que c'est important pour ne pas juger trop sévèrement les élus qui réagissent aujourd'hui, que les communes, notamment, ont été en première ligne dans la manière de gérer la crise sanitaire et la première vague qu'on a connue.
Ce n'est pas compliqué pour vous, justement, opposition, de vous opposer, par définition, à des décisions sanitaires qui, finalement, suivent l'évolution du virus lui-même ?
Moi, je l'ai toujours dit, la critique est facile et l'art est difficile, et je me garderais bien de jeter la pierre au gouvernement sur ce sujet si compliqué. On le voit, tous les gouvernements du monde, dans tous les pays développés, font face à cette épidémie avec la même incertitude et la même difficulté. Ce que je dis, simplement, c'est que, dans un moment où l'incertitude est précisément très grande, on a besoin que le cap soit d'autant plus clair et que la méthode soit d'autant plus précise, et c'est aujourd'hui ce qui nous manque, il faut bien le dire, de la part du gouvernement.
On va parler de l'Europe aussi, dans un instant, avec vous, François-Xavier Bellamy, député européen. On va parler de ce que l'Europe peut faire ou pas quand il y a des plans sociaux ou des fermetures d'usines, comme c'est le cas pour Bridgestone, et puis on parlera également de la question migratoire. Il nous reste encore quelques minutes sur France Info, à 8h50, c'est Maureen Suignard qui revient pour le Fil Info.
Il n'est pas connu des services de radicalisation ni de renseignement le principal suspect de l'attaque à l'arme blanche hier, un homme qui dit avoir 18 ans et venir du Pakistan. Pour le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'un acte de terrorisme islamiste. Sept personnes sont encore en garde à vue ce matin, deux personnes grièvement blessées hier, mais qui sont sorties du bloc opératoire, nous dit sur France Info ce matin le cofondateur de l'agence de presse Première Ligne. Les blessés font partie de son équipe. Attaque qui s'est déroulée devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. Ils baisseront finalement le rideau.
Demain soir, les patrons des bars et des restaurants de Marseille et d'Aix-en-Provence, le gouvernement lâche un peu de l'Est et repousse la fermeture de 24 heures. Fermeture pour 15 jours mesure. Alors que Santé publique France lance une alerte, le coronavirus circule de plus en plus parmi les personnes âgées. Encore près de 15 800 nouveaux cas détectés hier. Le taux de positivité des tests est aussi en augmentation. Les syndicats espèrent encore limiter la casse. La direction de l'équipementier de l'aéronautique, Latécor, veut supprimer 475 postes en France. Une restructuration à cause de la crise sanitaire, selon la direction. Quatre mois de négociations avec les syndicats s'engagent.
Météo France maintient sa vigilance orange dans deux départements, alerte aux pluies et aux inondations dans les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. Deux chocs franco-anglais en rugby pour les demi-finales de la Coupe d'Europe. Le Racing 92 reçoit les tenants du titre. Les Saracens, ce sera à 14h. Et puis à 16h30, le Stade Toulousain sera face à Exeter.
L'actualité de la crise sanitaire et de ses conséquences économiques, ce sont évidemment aussi les plans sociaux et les différentes fermetures à l'œuvre dans le pays comme à Bridgestone. Est-ce qu'il y a des sociétés, notamment étrangères, sur le sol français, qui sont des profiteurs de crise, qui profitent du Covid pour licencier ?
En l'occurrence, dans le cas de Bridgestone, la fermeture de l'usine de Béthune qui a été annoncée la semaine dernière n'a rien à voir avec le coronavirus. Elle est le résultat d'une stratégie de l'entreprise qui aboutit aujourd'hui à cette fermeture, mais qui, depuis des années, avait sous-investi sur le site de Béthune, dans le Nord-Pas-Calais.
Donc une fois, n'est pas coutume, vous êtes en ligne avec Philippe Martinez de la CGT. Il a bon dos le Covid.
Le Covid a bon dos, c'est clair, sur ce sujet-là. Mais d'ailleurs, la direction de l'usine ne prétend même pas que le Covid ait quoi que ce soit à voir avec cette décision. J'ai été sur le site de Bridgestone, j'ai été rencontrer l'intersyndical, j'ai passé une demi-journée à Béthune il y a quelques jours, d'abord pour mieux comprendre la situation et surtout pour préparer notre capacité d'action, notre action sur ce sujet, parce que oui, vous le disiez tout à l'heure, l'Europe doit pouvoir agir. Mais on le voit bien d'ailleurs, elle doit tirer pour commencer les enseignements de ce qui est en train de se produire. Qu'est-ce qui s'est passé à Bridgestone ?
Qu'est-ce qui s'est passé à Béthune ? Ce qui s'est passé, c'est que lorsque les Chinois se sont mis à produire massivement des pneus et à les vendre en Europe, ils ont inondé le marché européen. Il y a 20 ans, 4% des pneus qui étaient vendus en Europe venaient de Chine. Aujourd'hui, c'est un pneu sur quatre. Ça veut dire que d'un seul coup, on est arrivé à une situation de surproduction. Les Etats-Unis, qui ne sont pas spécialement un pays protectionniste, ont décidé de mettre fin à cette inondation, à cette invasion des pneus chinois en taxant les pneus chinois. C'était Barack Obama il y a 10 ans. Pendant ce temps-là, l'Europe n'a rien fait.
Sauf que là, nous on est 27 et on n'y arrive pas à mettre des tarifs douaniers exorbitants pour dissuader les importations de pneus chinois. En attendant, qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce que l'Etat n'est pas impuissant
à obliger Brayden Stone à ne pas licencier ? On doit avancer très vite sur cette question. J'ai défendu pendant toute notre campagne européenne l'idée d'une barrière écologique à l'entrée du marché unique. Il faut que les taxes carbone que nous imposons à ceux qui produisent en Europe soient aussi imposées à ceux qui importent en Europe parce que sinon, nous créons une concurrence déloyale nous-mêmes qui détruit nos propres emplois. Et puis deuxièmement, Je pense que tout le monde est d'accord d'Emmanuel Macron à la droite en passant par Marine Le Pen. Tout le monde est d'accord sur ce sujet aujourd'hui. J'ai posé la question à la Commission européenne hier en urgence.
Il faut qu'on puisse avancer très vite sur la révision des normes en matière de pneus parce que les pneus chinois, ils sont aux normes européennes mais ils se dégradent beaucoup plus vite. Ils sont beaucoup plus polluants. Ils émettent plus de microplastique. La révision de cette norme était prévue pour 2024. On doit pouvoir l'accélérer. Et si on l'accélère, alors on crée de l'oxygène pour réinvestir sur le site de Béthune parce qu'on sait qu'il y aura de la place pour des pneus produits en France.
On ne doute évidemment pas de vos bonnes intentions, François-Xavier Bellamy, mais quand Elisabeth Bor, ministre du Travail, c'était le cas il y a pile un an, en Gironde, ce n'était pas elle, mais on avait déjà fait des promesses aux salariés en disant l'État ne vous laissera pas tomber.
Honnêtement,
vous pouvez nous le dire ce matin sur France Info, est-ce que l'État français, encore une fois, a les moyens ? Ne parlons pas de l'Europe, juste de l'État qui dit on ne vous laisse pas tomber. Est-ce qu'il en est capable ?
Est-ce qu'il a les moyens ? L'État a les moyens de mener cette bataille jusqu'au bout, que ce soit pour pouvoir pousser Bridgerton à réinvestir sur le site de Bécune parce que des investissements sont nécessaires, et d'ailleurs l'Europe peut aussi y concourir, ou bien pour pouvoir trouver un repreneur, trouver une autre activité industrielle. En tous les cas, moi je ne me résigne pas à baisser les bras.
On ne peut pas prendre acte de cette nouvelle faillite, de ce nouveau deuil dans la mortalité industrielle qui touche notre pays depuis trop longtemps, et on n'a pas le droit de le faire pour une raison très simple, c'est qu'aujourd'hui, la part de l'industrie dans le PIB français maintenant, c'est 10%. C'est la part la plus basse dans toute l'Union européenne. Il y a bien sûr un sujet européen, et il y a des choses à changer, et c'est vrai que décider à 27 est difficile, mais il y a aussi un sujet français, parce que nous sommes la lanterne rouge de l'Europe à cause de notre compétitivité qui, sur le marché unique, est désastreuse.
Nous sommes le pays au monde qui impose les prélèvements obligatoires les plus élevés, qui a les impôts de production les plus importants d'Europe. Bien sûr que l'État peut réagir face à ça. Il aurait dû le faire depuis longtemps. Et ce que payent les salariés de Bridgestone à Béthune, c'est l'inconséquence de nos dirigeants qui, pendant trop longtemps, ont entretenu un anti-modèle social qui a détruit nos emplois.
Il y a un autre sujet européen. Il concerne le pacte migratoire. Paris soutient ce pacte proposé par la Commission européenne. Il va dans le bon sens. Vous le soutenez aussi ?
Il y a beaucoup de choses qui vont dans le bon sens. Et la première chose, c'est l'idée qu'enfin l'Europe assume de défendre, que personne ne doit pouvoir rentrer illégalement sur le sol européen sans faire l'objet de mesures de reconduction dans son pays d'origine s'il n'est pas éligible à l'asile. Créer des centres qui permettent de retenir ceux qui arrivent illégalement pour pouvoir examiner très rapidement leurs demandes d'asile et les raccompagner à l'extérieur de nos frontières s'ils n'y sont pas éligibles, c'est la clé pour pouvoir accueillir correctement ceux qui ont besoin.
Vous ne parlez pas d'abord de ceux qu'on est content d'accueillir, vous parlez d'abord de ceux qu'on va reconduire. Mais bien sûr, parce que nous sommes non seulement au cœur d'une crise migratoire mais devant une crise migratoire de plus grande emploi encore. Mais on a du mal à comprendre. Et si nous ne savons pas maîtriser nos frontières, nous allons provoquer exactement tous les drames que nous déplorons, par exemple en mer Méditerranée, en créant une incitation à la migration.
Aujourd'hui, il est très clair qu'étant donné notre impuissance, étant donné notre incapacité à maîtriser des frontières extérieures de l'Europe, la pesanteur de nos procédures d'asile, aujourd'hui, il est très clair que si vous mettez le pied sur le sol européen, vous avez toutes les chances d'y rester durablement. Et c'est la raison pour laquelle il y a une incitation à la migration illégale qui profite directement au business des passeurs et qui crée tous les drames que nous déplorons et qui crée aussi cette insécurité et ces violences que nous voyons dans les rues de Paris encore hier.
Pour ceux qui nous écoutent et qui connaissent mal ces questions complexes, ces questions migratoires, qu'est-ce qui va changer ? Avant, c'était le pays d'accueil qui prenait entre guillemets la charge. Qu'est-ce qui va changer vraiment ?
Ce qui va changer, c'est qu'encore une fois, l'Europe ne se résigne plus à son impuissance. Jusque-là, on était dans une logique de relocalisation. C'est-à-dire, on disait, les migrants sont arrivés en Europe, on ne peut plus rien faire, ils sont là, il faut juste se les répartir pour essayer de gérer ensemble le poids que représente cette immigration illégale. Aujourd'hui, on cesse de penser relocalisation obligatoire, plus aucun pays européen ne se verra imposer de force des quotas de migrants, ce qui n'avait jamais fonctionné et ce qui était d'ailleurs une politique inhumaine aussi en soi.
On va enfin se donner les moyens de reconduire à la frontière ceux qui ne sont pas éligibles à l'asile, ceux qui sont entrés
illégalement sur le sol européen. François-Xavier Bellamy, on est pris par le temps. Merci d'être passé ce matin à France Info. Merci beaucoup. Myriam Bokawa, on se retrouve demain matin à la même heure avec Jean-Jérôme Bertelus.