Emmanuel Macron répond en direct aux questions des lecteurs de « La Voix du Nord »
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Analyse automatique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 63 %Attaque 20 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 22:38OuverteRéponse directe
Comment lutter contre la désinformation, surtout pour les publics plus âgés non sensibilisés à l'analyse critique ?
- 30:08OuverteRéponse directe
Faut-il lever l'anonymat ou renforcer la modération pour limiter les dérives des réseaux sociaux ?
- 37:10OuverteRéponse directe
Quelles solutions et sanctions contre le cyberharcèlement et la modération des plateformes ?
- 41:16OuverteRéponse directe
Que faire pour protéger les aînés des fausses informations avant les élections ?
- 52:18OuverteRéponse directe
Quelle est la taille de la menace des ingérences étrangères pour les prochaines élections ?
- 1:01:20OuverteRéponse directe
Comment la réglementation européenne peut-elle lutter contre les courants masculinistes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 24:07Emmanuel MacronFait
« « quand on regarde les comptes qui sont souvent les plus problématiques contrairement à l'idée reçue, c'est souvent des gens plus 60 ans qui relayent massivement des fausses informations auxquelles ils croient sincèrement » »
- 26:53Emmanuel MacronFait
« « Quand je vais sur Twitter, quand je vais sur enfin X maintenant, quand je vais sur TikTok ou autre, je paye pas. Donc faut vous demander pourquoi il me donnent tous ces contenus. C'est pas des philanthropes. Ils le font parce que ils attrapent des informations sur moi pour les vendre à des annonceurs » »
- 28:13Emmanuel MacronPromesse
« « il faut qu'on arrive à réguler pour faire retirer les fausses informations. Il faut qu'on arrive à véritablement séparer information et publicité individualisé. Et il faut qu'on arrive à avoir de la transparence » »
- 38:36Emmanuel MacronPromesse
« « la responsabilité des plateformes et la possibilité d'avoir des amendes pénal très élevé s'ils font pas la modération » »
- 55:48Fait
« Pardon ? On sait ce que c'est une fausse information. S'il y a des responsables politiques aujourd'hui voulant défendre leurs amis du free speech qui disent qu'une fausse information c'est quelque chose qu'on connaît pas, bah qu'ils aient expliquer que ceux qui diffusent aujourd'hui des informations pour légitimer les attentats du 7 octobre 2023, c'est pas une fausse information. »
- 57:15Fait
« Et donc si vous regardez comment les Russes et d'autres foncent sur notre espace informationnel, bah d'abord ils poussent et ils accompagnent nos propres bêtises. »
- 57:57Fait
« Et donc sur ce sujet, il y a un point on doit voir, c'est que nous devons avoir la garantie que derrière chaque compte, il y a une vraie personne. Et aujourd'hui, nous n'avons pas. »
- 58:39Fait
« Qui veut vivre dans un espace numérique où en fait on débat avec une série C'est comme si on avait une série d'émetteurs dans cette salle cachée qui criaient plus fort que vous et moi. »
- 1:00:00Fait
« Et là, on va rentrer, je vais vous le dire, dans un autre monde parce que moi je sais pas ce que Chat GPT va recommander de voter. »
- 1:01:59Fait
« La Moldavie a eu des élections présidentielles puis législatives et les législatives étaient très importantes. Il y avait des attaques quotidiennes des Russes. »
- 1:02:36Fait
« Un an avant, ils ont identifié les publics vulnérables. Justement, ils ont fait par rapport à ce qu'on se disait une analyse et ils ont regardé les thématiques sur lesquelles ces publics les plus vulnérables à la fausse information. »
- 1:05:26Fait
« Quand on avait eu cette polémique sur les punaises de lit, il y avait des sujets de punaise de lit. C'était au début pas une fausse information hein, mais elle a été un peu gonflé haute. »
- 1:09:34Fait
« DSA, elle nous donne la base pour justement créer un mécanisme de responsabilité des plateformes pour pouvoir aller les chercher quand elle ne retire pas les contenus problématiques ou qu'elle laisse des dérives se faire. »
- 1:10:56Fait
« La directive sur les marchés numériques, elle on vient d'activer d'ailleurs hier avec enfin la commission vient d'activer avant-hier une action sur cette base qui est de s'assurer que les grandes plateformes parce que il y a quelques acteurs n'utilisent pas leur position de force pour écraser les autres et les empêcher d'exister. »
- 1:14:34Chiffre
« Nos jeunes passent en moyenne 4h et on va y venir juste après, 4h et demi par jour sur ces réseaux. »
- 1:15:17Fait
« On fait aussi là où on est et on les a délégué à 100 % à des acteurs non européens. parce que c'est ceux qui ont innové le plus vite et qui ont pris la place, mais ils sont tous américains ou chinois. »
- 1:26:56Fait
« Hier, les députés macronistes ont déposé une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. »
- 1:27:41Fait
« La ministre Clara Chapaz a réussi après un combat acharné dit-elle à faire retirer ce hashtag. »
- 1:28:24Chiffre
« 9 français sur 10 sont favorables à l'interdiction des écrans dans les lieux collectifs de la petite enfance ou dans les écoles maternelles. »
- 1:38:49Chiffre
« On a commencé à créer une coalition. Plusieurs États nous ont rejoint du Sud au nord. Donc là, on est commence à être une petite dizaine d'états. »
- 1:42:14Fait
« Dans la génération qui est rentrée avec les réseaux sociaux en 2015, on a vu une épidémie, une épidémie de trouble du comportement alimentaire, surtout chez les jeunes filles. »
- 1:50:29Emmanuel MacronFait
« professionnel mais avec une très grande injustice, c'est que des familles qui sont explosées ou des jeunes tout seul, c'est terrible. »
- 1:51:08Emmanuel MacronFait
« collectivement insidieusement on a laissé s'installer un système en fait d'addiction de dépendance chez nos jeunes »
- 1:53:13Emmanuel MacronFait
« Vous en 5e, vous êtes pas armé pour rentrer sur les réseaux sociaux parce que vous rentrez sur un truc où on peut tout dire »
- 1:58:52Chiffre
« 86 % des étudiants de 16 pays utilisent régulièrement l'intelligence artificielle pour leurs études. »
- 1:59:35Chiffre
« 94 % des Français se trompent au moins une fois quand on leur présente cinq photos, cinq deep fake »
- 2:05:12Emmanuel MacronFait
« L'intelligence artificielle c'est la meilleure démonstration que la lecture et la solution. »
- 2:06:32Emmanuel MacronFait
« Quand quelqu'un m'informe mais ne gagne pas de l'argent vendant cette information, c'est qu'il va gagner autrement. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
avec vous êtes Vas-y, passer à Thierry Daniel, est-ce que vous pouvez passer à J'expère. Allez, bonjour à toutes et à tous et merci d'être avec nous chers lecteurs de la Voie du Nord pour cet événement exceptionnel. Un face au lecteur de la Voie du Nord avec le président de la République Emmanuel Macron. Merci à ceux aussi qui nous regardent à distance sur notre site internet la voidunnor.fr mais aussi sur nos réseaux sociaux. Une rencontre extrêmement symbolique et quoi de plus symbolique que ce lieu pour parler de la démocratie à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes. Nous sommes ici au sein d'un établissement scolaire.
La cité scolaire Gambetta Carneau, lieu marqué le 13 octobre 2023 par l'assassinat de Dominique Bernard. Une atteinte à la liberté et au vivre ensemble. Cette rencontre, un face au lecteur qui durera à peu près 2h va s'articuler autour de quatre thématiques importantes et liées aux réseaux sociaux. euh la désinformation, les ingérences étrangères, les enjeux en matière de santé mentale, mais aussi l'éducation et l'esprit critique.
Cette rencontre, elle sera animée par mes confrères de la rédaction euh Lauri Monier et Julien L'écuyer, tous deux journalistes à la Voie du Nord et ils ne manqueront pas de donner la parole aux lecteurs qui sont avec nous aujourd'hui ici, qui témoigneront mais qui aussi poseront des questions. Dans quelques instants, nous accueillerons le président de la République et nous aurons l'occasion de pouvoir de pouvoir l'entendre et de pouvoir vous entendre. Chers lecteurs, j'imagine que les réseaux sociaux, c'est quelque chose que vous connaissez tous. Vous avez évidemment tous vos téléphones à la main, je le vois.
Et donc c'est une thématique qui évidemment est une thématique quotidienne et nous aurons pas le nous aurons l'occasion d'y revenir évidemment. Donc nous sommes actuellement diffusés sur le site internet de la Voie du Nord, sur les réseaux sociaux donc de la Voie du Nord également sur la chaîne de télévision WO. Et donc dans un instant, nous allons accueillir le président de la République et je vous inviterai évidemment messieurs dames à l'accueillir chaleureusement avec des applaudissements et je vous inviterai à vous lever. Alors, il y a un petit peu de suspense, mais je sens que ça bouge pour tout vous dire et nous allons bientôt pouvoir l'accueillir dans quelques instants.
Tout le monde en tout cas est bien installé, on sent un petit peu de tension et c'est bien normal, ce n'est pas tous les jours qu'on rencontre le président de la République. Mais en tout cas, merci à vous chaleureusement d'avoir accepté cette invitation au nom de la Voie du Nord de nous de nous rejoindre pour cet événement toujours exceptionnel. C'est pas tous les jours que la Voie du Nord aussi et les lecteurs de la Voie du Nord peuvent discuter avec le président de la République Emmanuel Macron. Allez, quelques minutes encore de tension. On me dit qu'il est sur le point d'arriver.
Mesdames et messieurs, le président de la République Emmanuel Macron qui va que nous allons accueillir d'ici peu, c'est les alléas du direct. Messieurs dames, monsieur le président de la République Emmanuel Macron, messieurs dames, regardez, il arrive. et accueillons-le comme il se doit, s'il vous plaît.
[applaudissements] [applaudissements]
Monsieur le président, je vous en prie et je vais laisser la parole à Bernard Marchand, CEO du groupe de presse Rossell. Je vous invite à vous asseoir messieurs dames. Bernard Marchand, je vous laisse le micro. Merci Arne Charlotte. Alors c'est rare mais j'ai préparé un petit texte. Donc monsieur le président, monsieur le ministre, on a beaucoup de chance de vous accueillir ici mais je voudrais d'abord remercier nos lecteurs pour leur patience parce que c'est pas toujours facile mais aussi parce que il y a une étude récente d'ailleurs qui a remis ça en avant. Les lecteurs de presse régional en particulier sont souvent des citoyens actifs.
C'est à ça qu'on les reconnaît et je crois que c'est pour ça aussi que nous organisons ce genre de de mobilisation aujourd'hui. Et donc merci de participer à cette rencontre. qui est relativement unique, je pense rare. Euh c'est une initiative qui a été partagée et qui a été faite par l'Élysée d'avoir la possibilité de vous rencontrer sur des enjeux de société qui sont extrêmement importants qui sont les fondements mêmes de la démocratie, hein, la solidité de l'information, sa qualité, nos échanges et bien sûr la manière dont nous fabriquons du sens collectif au sein de nos sociétés. Donc le champ le monde change, il change très très vite.
On voit émerger en fait des nouveaux rapports au niveau géopolitique, des rapports de force qui sont importants, qui se traduisent à différents niveaux, malheureusement aussi sur sur la scène militaire. Donc ça nécessite évidemment de se réarmer et c'est important. Tout le monde n'est pas toujours prêt à ça. On a on avait peut-être un peu oublié mais les zones de conflit aujourd'hui elles ne sont pas toujours sur le champ militaire. Les choses ont fortement évolué. Nous faisons face à des guerres hybrides et je pense que c'est en partie pour ça que nous sommes aujourd'hui pour débattre où chacun d'entre nous est concerné par ce qui se passe.
Ça ne se passe pas qu'en Ukraine, ça se passe dans nos sociétés et c'est important de bien comprendre les enjeux. Depuis toujours, je dis la l'arme la plus puissante n'est pas contrairement à ce que la plupart des gens pensent, l'arme atomique ou la bombe atomique. L'arme ultime, c'est le cerveau humain. C'est cette bombe humaine dont nous parlait le groupe téléphone il y a quelques années. Et cette arme, elle se façonne, elle se nourrit, elle s'oriente à travers des vastes écosystèmes de la communication et plus particulièrement de l'information.
Donc à côté des contenus qui sont éditorialement responsables produits par des journalistes professionnels dans des entreprises qui sont légalement responsables de ce qu'elle publie, ce que nous présentons nous au sein du groupe Rosel et au sein de la Voie du Nord. À côté de cette industrie de l'information s'est développé une véritable industrie de la désinformation. Ça c'est neuf. Cette industrie de la désinformation, elle est puissante, elle est tentaculaire, elle n'a pas de responsabilité.
Elle est pas régulée et elle y pose aujourd'hui des moyens financiers qui sont disproportionnés par rapport à ce que les médias d'information que certains appellent traditionnels don d don don dont nous disposons.
C'est un sujet absolument passionnant, vital pour nos démocraties et c'est aujourd'hui sur ce débat là que nous voulons vous amener vous entraîner et donc je pense c'est une occasion unique et je remercie évidemment le président Macron de donner cette opportunité puisque c'est notre rôle nous en terme d'organe de presse de mettre en lien nos lecteurs qui sont comme j'explique des gens passionnés qui lisent qui s'informment qui veulent rester des citoyens actifs en lison avec le chef de l'État de façon à comprendre et pouvoir débattre sur ces enjeux de société qui sont fondamentaux pour notre démocratie. Donc merci pour votre présence monsieur le président.
Merci pour votre présence également sans un dieu à ce symbolique à race. Merci.
[applaudissements]
Merci Bernard Marchand. [applaudissements] Monsieur le président, je vous laisse prendre la parole quelques instants. Je vous laisse le micro qui est en face de vous. Merci beaucoup. Bonjour mesdames et messieurs et merci monsieur Marchant un instant pour vos mots et l'accueil et l'organisation et et merci à l'ensemble des équipes de la rédaction de la Voie du Nord de nous accueillir et et d'organiser ce ce débat. Je je vais pas être long parce que je veux surtout pouvoir répondre à à vos questions.
Je vais d'abord dire que c'est très émouvant pour moi d'être à vos côtés et d'être pas simplement à Aras mais dans ce lieu qui a marqué voilà la vie de la nation ces dernières années et 2 ans presque jour pour jour.
On est on est maintenant passé au mois de de novembre mais personne n'a oublié ce jour d'octobre 2023 et on était avec une partie évidemment épouse Dominique et et une partie de l'équipe pédagogique mais je veux décidir combien tout ça évidemment a marqué la vie de la nation cette attaque terroriste ici dans cette dans cette cité scolaire et vous retrouvez pour débattre justement de la force de notre démocratie à Aras dans cette cité scolaire c'est pour moi tout un symbole et ce que d'ailleurs les profs font la famille, c'est un engagement qui qui est vraiment l'engagement de la République et de l'école, c'est-à-dire de dire on doit rien céder à la barbarie, à l'obscurantisme.
Et au fond, si je pense que le débat qu'on a commencé d'avoir et qu'on va poursuivre ensemble aujourd'hui est important, c'est parce qu'il touche vraiment à la vie de la nation.
Nous nous sommes installés ces 10 dernières années dans un système où au fond de plus en plus on s'instruit, on échange, on s'informe, on construit parfois les savoirs et notre opinion publique à travers des plateformes, des réseaux sociaux, maintenant des agents d'intelligence artificielle parce que tout ça est un un continuum d'innovation qui ont des modèles, des intérêts économiques, des modèles économique qu'on a pas tout à fait compris au début et je pense qu'il y avait beaucoup de malentendu mais on a un peu délégué la vie de nos enfants, de nos adolescents, de notre démocratie à ces systèmes. Alors, il y a du très bon dans ces systèmes, pour ça qu'on les utilise.
On peut accéder très facilement à de l'information à l'autre bout du monde, à des savoirs. On peut euh y partager d'ailleurs des alertes et se faisant réussir à à se protéger, être une société plus euh en éveil. Et d'ailleurs, internet comme les réseaux sociaux étaient au début pensé par des gens qui voulaient avant tout propager du savoir et des expériences. Mais quand on finit par s'enfermer en quelque sorte dans ses bulles, on va y revenir je pense dans le débat, quelque chose part de travers. Et donc je pense qu'il faut qu'on prenne collectivement conscience que pour nos enfants et nos adolescents, la situation devient problématique.
Pour nous tous adultes, quelque chose est en train de changer dans notre vie démocratique. C'est-à-dire la manière même dont on est en train de se forger nos opinions, dont on est en train de construire nos opinions dans notre rapport à ce qui est une vérité, un fait ou pas, c'est en train de bouger. Et on est de plus en plus vulnérable à travers ces réseaux sociaux mais aussi le le rôle maintenant qui a l'intelligence artificielle. On est de plus en plus vulnérable à des attaques informationnelles.
Ce que vous venez de dire très bien, c'est-à-dire en effet le cerveau humain, le fonctionnement de nos de nos démocraties et bien il peut être manipulé par des ingérences qui utilisent ces informations. Et donc sur tous ces sujets, je pense qu'on a besoin d'une prise de conscience parce que tout ça a connu une accélération très forte et au fond, c'est autour des années 2015 qu'on a une ouverture, une démocratisation des grands réseaux sociaux. Donc on a on a 10 ans de recul. Je dirais moi, j'ai fait ma première campagne présidentielle en 2017 pour les plus jeunes, ça doit leur sembler Mathusalem. Mais en vrai, on commençait sur les réseaux sociaux à faire campagne. C'était assez inédit.
Aujourd'hui, ça vous semble totalement banal. Donc, il y a eu 2015 la propagation, toute une génération, ça fait 10 ans qu'on a tous nos jeunes, nos ados en fait, on a très pu réguler qui ont été complètement ouverts de TikTok à Instagram, Snapchat X et cetera et et donc quelque chose s'est passé, ça on va y revenir, on peut le mesurer. Et puis il y a une deuxième phase très importante qui a été le Covid où étant renvoyé au confinement à la solitude, le temps d'exposition aux écrans a beaucoup augmenté.
Et puis il y a eu ces dernières années une accélération des ingérences informationnelles 2022, la guerre d'agression russe en Ukraine, l'accélération des tensions internationales, tout ça a encore transformé les choses. Mais il faut qu'on voit qu'en 10 ans, il y a eu vraiment une révolution de ces usages et de ce qui s'est passé dans nos démocraties. Je crois que c'est vraiment aujourd'hui le temps à la fois de la prise de conscience mais également de l'action. Voilà, c'est pourquoi je trouve que ces débats sont très importants. Je veux pas être plus long.
Je vous dire en tout cas mes remerciements d'avoir organisé ce débat, d'être accueilli ici devant ce mur d'escalade qui est derrière les votre écran parce que je le découvre comme vous et et vous remerciez tous et toutes lecteurs et lectrices d'avoir je sais parfois fait quelques trajets pour être présent aujourd'hui et pouvoir débattre. Applaudissement messieurs dames s'il vous plaît. [applaudissements] Merci beaucoup monsieur le président d'avoir opposé le contexte dans lequel nous évoluons et ces enjeux. Je laisse maintenant la main à mes confrères Laur Monier et Julien L'écuyer pour rentrer dans le vif du sujet. Merci Anne-Charlotte. Bonjour à toutes. Bonjour à tous.
Bonjour monsieur le président de la République. Bonjour monsieur le ministre. Bonjour à tous nos lecteurs venus nombreux aujourd'hui. Je les salue, je les remercie. Alors je suis Laur Mo journaliste, chef du service région à la Voie du Nord et je suis Julien L'écuyer, journaliste politique au bureau de Paris. Alors, nous allons animer tous les deux ce face au lecteur exceptionnel qui est dédié à la démocratie, à l'épreuve des réseaux sociaux et des algorithmes. Pour commencer, je vais d'abord vous présenter le déroulé de ces 2 heures que nous allons passer ensemble euh avec peut-être que la technique va me mettre ou pas, c'est pas grave.
Si vous allez avoir les quatre thématiques, je vous laisse découvrir. On va commencer d'abord par une première demi-heure consacrée à la désinformation, au complotisme, aux bulles algorithmiques, grosso modo à cet espace public déformé sur le numérique. Un thème numéro 2 qui sera dévolu aux ingérences, à la souveraineté et aux dépendances aux plateformes. En réalité, qui gouverne notre espace numérique. On enchaînera ensuite avec les enfants, les adolescents, la santé mentale, comment protéger les plus jeunes sans les couper du monde ?
Sachant qu'on a pas mal de jeunes aujourd'hui, on les remercie dans ce lieu particulièrement symbolique et on prolongera d'une certaine manière ce thème-là par une 4è partie sur l'éducation, l'esprit critique, l'intelligence artificielle. Comment peut-on armer les citoyens de demain ? Alors, monsieur le président, nous vous proposons donc de répondre aux questions de nos lecteurs dans un échange direct et spontané comme on aime le faire dans les faces lecteurs de la voie du Nord. Une question, une réponse. Alors, nous allons essayer de respecter le timing. On a dit une petite demi-heure pour chacune des parties. Donc, je vais d'abord demander au lecteur d'être assez bref.
Et vous, monsieur le président, je suis sûre que vous allez réussir à tenir le timing également comme nous. Euh avant d'exposer tous les enjeux, je vous invite tous à regarder une petite vidéo de notre service interactivité qui pose un peu les choses. Je ne crois pas du tout à cette histoire. Violet pendant 10 ans sans s'en apercevoir MD tr migrantes desc dans la manche trois de moins. Les poissons vont se faire un festin aucun cerveau ni amour propre le vide. Ils passent leur temps à voler à cambrioler ceuxl. Sur la page Facebook de la Voie du Nord, on reçoit environ 1000 commentaires par jour. Un commentaire sur 5 va être supprimé ou masqué. Pourquoi ?
principalement parce qu'ils sont hors la loi racistes, sexistes, homophobes, diffamatoire, injurieux ou instant à la haine ou la violence. Comme d'autres médias, une entreprise de modération Netino aide à faire un premier tri. À l'aide de quelques mots clés, ils vont très vite repérer quels commentaires doivent être supprimés. Ces derniers temps, ils ont observé une augmentation du nombre de réactions haineuses. En 3 ans, le taux de commentaires rejeté par l'entreprise est passé de 9 à 13 %. De notre côté, on passe en revue toutes les publications pour repérer les autres commentaires qui posent problème.
Bon, il y a certains sujets, on sait qu'ils vont forcément déraper dès qu'ils vont être publiés sur les réseaux sociaux. C'est notamment le cas pour les articles qui parlent des Romes, des migrants, des femmes de pouvoir, des personnes LGBT, des chasseurs ou encore des politiciens. On modère mais pas que. On va aussi répondre aux lecteurs quand ils nous interpellent ou leur envoyer le lien d'un article pour les éclairer. Dans les commentaires, on trouve aussi beaucoup de fausses infos, des fake news que l'on décrypte souvent par le biais d'article. Mais se défendre face au complotistes, c'est comme jouer avec un jeu pipé. Autrement dit, c'est impossible de leur faire entendre raison.
À la Voie du Nord, nous avons notre propre charte de modération à partir de laquelle on va décider de masquer ou de supprimer un commentaire. Notre idée, c'est vraiment que nos réseaux sociaux doivent rester un espace d'échange constructif où l'on peut débattre en toute sérénité. On passe 4 à 5 he par jour à modérer les comptes généraux de la Voie du Nord, chacun notre tour de 8h à 19h, sans oublier les collègues qui modèrent les pages locales. Depuis quelques années, nous nous donnons la possibilité de fermer les commentaires sous les publications Facebook. Nous le faisons au bout de 10 commentaires qui ne respectent pas notre charte.
Ce travail de modération n'est pas sans conséquence sur nous. Moi par exemple, quand je rentre chez moi le soir après avoir scrollé des commentaires haineux pendant toute la journée, je me sens un peu désespéré de voir qu'il y a autant de monde qui se réjouissent de la mort des gens ou qui aiment rabaisser les autres personnes du fait de leur religion ou de leur genre. Ce qui me marque aussi, c'est de voir ce sentiment d'impunité. On pourrait croire que ces personnes ont oublié que la liberté d'expression et ben ça ne veut pas dire qu'on a le droit de dire tout et n'importe quoi. Le pire, ce sont les menaces de mort.
Dernièrement, j'ai reçu, j'ai l'adresse de vos locaux, on va régler ça directement. Depuis Charlie, c'est mon une résonance toute particulière. Heureusement sur nos réseaux sociaux, on a aussi des débats qui se passent bien, des gens qui arrivent à se comprendre et à s'écouter. On a aussi des messages d'encouragement et tout ça, ça nous fait du bien. Alors, merci aux collègues pour cette petite vidéo. On le voit donc Internet, c'est le Far West. Notre espace informationnel est déformé par des plateformes et des algorithmes qui jouent sur les peurs qui attisent la haine notamment via les réseaux sociaux.
Monsieur le président, vous avez évoqué lors du forum de Paris pour la paix il y a une quinzaine de jours un phénomène de dégénérescence démocratique. Selon vous, les gens qui nous informment à travers ces réseaux ne sont pas des médias libres et indépendants et les plateformes ne sont pas faites pour partager de l'information mais pour vendre de la de la publicité pardon individualisée avec les conséquences que l'on connaît. On fait donc face à des algorithmes qui privilégient l'émotion. On constate la montée du complotisme et au final les internautes, nos lecteurs, nous on se retrouve dans la difficulté de distinguer le vrai du faux.
Hier encore, quelques jours après les commémorations des attentats du 13 novembre, nos collègues du monde ont pointé qu'une rumeur faisant état état d'actes de torture commis au Bataclan avait été exumé par l'extrême droite et confirmé à tort par l'intelligence artificielle d'Enlon Musk Grock qui a inventé de faux témoignages de victime du 13 novembre. Voilà pour le contexte général. Julien, quelques chiffres. Oui, très rapidement Laori. 35 % c'est le pourcentage des Français qui croient à au moins une théorie du complot. Je me tourne vers le voilà, ça paraît. 35 % des Français qui croient à au moins une théorie du complot. Dans ce cadre, les journaux papiers restent les plus crédibles.
C'est une bonne jour une bonne nouvelle pour la Voie du Nord. 66 % des Français nous faut confiance alors qu'ils ne sont que 35 % à faire confiance aux médias en ligne. Dernier chiffre pour cadrer ce débat. 51 % c'est le pourcentage des Français qui ont été exposés à une infox au cours des trois derniers mois. Alors on va rentrer dans le vif du sujet. On a reçu beaucoup de questions lecteur. On va commencer avec Liliane Bertelot, 64 ans, qui vient de Morbec, qui est formatrice et qui est particulièrement préoccupée par l'impact des réseaux sociaux. Bonjour monsieur le président, bonjour à tous. Merci à vous et à la Voie du Nord pour cette rencontre et pour ce débat.
Euh voilà, dans de par mon métier, je rencontre beaucoup de personnes, toute catégorie sociale confondu, tout âge et depuis l'après Covid je m' enfin je m'aperçois que de plus en plus j'ai des personnes qui me font part de de théories complotistes, en tout cas de leur leur crédurité par rapport à ça en disant "Ah non, mais le Covid ça pas existé, on nous manipule." Et quand je m'informe de où ils tiennent ces informations, bien évidemment, c'est sur internet, sur les plateformes. Et pareil quand je fais un sondage de qui lit la presse, qui regarde les médias labellisés, on est aujourd'hui à 20 %.
Et d'où mon inquiétude par rapport à cette des informations qui pour moi menacent notre démocratie et cette liberté d'expression, est-ce que on peut la laisser de toute parts ? Donc la question est comment lutter contre cette désinformation surtout au au niveau des publics, je dirais plus âgés qui n'ont pas été sensibilisés je dirais à une analyse critique de ces informations. Donc pour moi, c'est une vraie préoccupation et je vois vraiment une montée en puissance de cette crédulité par rapport à ces informations qui sont dispatché sur le net, élu par ces personnes qui croient effectivement ce qu'il voi ? Voilà ma question, monsieur le président.
Non, vous avez parfaitement raison et ce que vous citez, c'est ce qu'on vit à peu près partout. on reviendra sur les plus jeunes et vous avez raison de citer nos aînés parce que quand on regarde les comptes qui sont souvent les plus problématiques contrairement à l'idée reçue, c'est souvent des gens plus 60 ans qui relayent massivement des fausses informations auxquelles ils croient sincèrement et qu'ils ont trouvé sur ces réseaux. Alors, il y a il y a pas une seule solution miracle pour répondre au problèmes que vous évoquez. Il faut traiter à la fois les contenus, il faut il faut accompagner, former, apprendre à tout le monde à se repérer dans l'espace numérique. C'est ça notre défi.
Donc il y a à la fois de la régulation, de la responsabilité et puis il y a de l'éducation, de la formation à l'esprit critique. Le premier élément, c'est de se dire comment on traite les fausses informations. Et notre problème, c'est que quand on parle des réseaux sociaux, il y a pas de responsable éditorial. Si la voie du nord diffuse une fausse information, je peux porter plainte. Je vais les attaquer et je vais leur dire de demand je vais demander un démenti et voir je peux les attaquer. Ça va leur coûter de l'argent. C'est pour ça qu'ils essaient de tout faire chaque jour pour pas publier de fausses informations et qu'il y a une éthique, une déontologie pour le faire.
Mais tout ça, on l'a construit. Ce sont nos lois sur la presse de la fin du 19e siècle. Sur internet, vous ne l'avez pas. Si je suis X, si je suis TikTok ou autre, j'ai aucune responsabilité. La modération, nous on a commencé en 2018, on s'est engagé avec cette plateforme, on avait fait quelque chose, pardon, de l'anglicisme qui s'appelait Tech for good pour dire vous devez modérer. Il s'était un peu engagé. Alors, je peux vous dire ceux qui avaient commencé à s'engager post élection du président Trump, ils ont totalement arrêté parce qu'ils sont aujourd'hui dans une logique qui appelle free speech. Mais c'est pas la liberté, le Pharest, c'est la loi du plus fort.
Donc aujourd'hui, on se bat pour essayer de faire de la modération. Donc vous avez des rédactions parce que ça se passe sur leur site qu'ils le font, mais aujourd'hui, il y a pas de modération. Donc première chose, on veut faire retirer ces contenus. Donc là, on a pris une directive européenne qui est la directive qui régule les services. On a commencé tout ça, c'est très lent, c'est trop lent, on l'a prise en 2022 à l'initiative de la France, mais on veut pouvoir les obliger à modérer et à retirer ces contenus qui sont faux. Premier point. Le deuxième point, c'est que et vous l'avez un peu dit tout à l'heure dans votre introduction, il faut savoir où on est.
C'estàd que quand j'achète un journal, je paye pour avoir de l'information. Ce journal va gagner à côté de ça de l'argent peut-être en ayant des annonces légales ou de la publicité, mais le cœur c'est des abonnements ou le numéro que vous allez payer. Donc cette information a de la valeur. Je sais comment il vit. Quand je vais sur Twitter, quand je vais sur enfin X maintenant, quand je vais sur TikTok ou autre, je paye pas. Donc faut vous demander pourquoi il me donnent tous ces contenus. C'est pas des philanthropes. Ils le font parce que ils attrapent des informations sur moi pour les vendre. à des annonceurs parce qu'en fait ils vont faire leur argent par de la publicité.
C'est pas un reproche. C'est comme ça qu'ils se sont constitués. Et donc là où on est tous collectivement, on s'est mis dans une situation un peu paradoxale, c'est que on s'informe de plus en plus sur des réseaux sociaux dont le modèle économique n'est pas du tout de nous informer, mais de vendre de la publicité individualisée. Et comme ils sont malins et bien organisés, ils veulent en vendre un maximum. pour en vendre un maximum, il ils doivent créer de la dépendance. C'est-à-dire, j'ai besoin que vous alliez de plus en plus sur mes réseaux. J'ai besoin d'avoir de plus en plus d'informations sur vous. Et donc je vais pas chercher à vous informer parce que c'est pas ce qui vous fera venir.
Je vais plutôt créer de l'excitation parce que c'est ça qui fait que vous allez rester. Et c'est vrai, les algorithmes sont conçus comme ça et je vais m'assurer de vous pousser les contenus qui créent le plus d'excitation pour vous rester sur mon réseau. Et donc ce qui fait que ce qu'on va vous pousser c'est plutôt des contenus qui vont créer des émotions négatives parce que c'est celle qui crée le plus d'excitation. Et donc en vrai, ça peut pas marcher un système où le modèle économique des réseaux, c'est de créer de l'excitation pour vendre de la publicité individualisée. Si nous, on pense qu'on va s'informer, il y a aucune chance.
Donc deuxième chose, il faut qu'on clarifie le débat au niveau européen en disant bah on doit avoir des réseaux qui informent et on doit avoir des réseaux qui vendent de la publicité individualisée. Ça doit être clair mais ça peut pas faire la même. Le même élément. Troisième chose, on y reviendra, je veux pas être plus long, c'est ce sont les algorithmes. C'est qu'en vrai, comme c'est pour vendre de la publicité individualisé, les contenus qui vont m'être poussés, il y a quelqu'un qui les pousse. C'est pas une main invisible. C'est pas vous qui allez les chercher. Ils vous sont poussés.
Vous avez mis un mot clé, on a vu, il y a votre historique dans le réseau, donc on sait ce que vous allez plutôt chercher. Et d'ailleurs, bizarrement, vous retrouvez les choses et parfois vous allez avoir une pub qui correspond à quelque chose dont vous avez demandé la définition de jours plus tôt sur lequelle vous êtes renseigné. Vous avez tous vécu cette expérience comme moi. Ce qui la démonstration de ce que je viens de dire. Il y a un algorithme derrière. Cet algorithme, il est totalement opaque. Quand j'achète la voie du Nord, je sais la ligne éditoriale et d'ailleurs, elle est signée, c'est clair. Et puis il y a des tas de choses, c'est pas une éditoriel, c'est des faits.
Là, il y a un éditeur caché, c'est l'algorithme. Et cet algorithme, il est biaisé. Est-ce qu'il va créer cette excitation ? Parfois d'ailleurs, il va créer des billets politiques parce que j'ai cru comprendre que par exemple le propriétaire de X il avait des opinions politiques. Il était même intervenu dans la scène politique. Euh d'autrefois, il peut faire de l'ingérence. Le propriétaire de TikTok, il est en Chine, il a des intérêts, c'est pas les mêmes que les miens. Et donc troisème élément, on a besoin d'avoir une transparence de l'algorithme. Donc par rapport à ce que vous avez décrit, il faut qu'on arrive à réguler pour faire retirer les fausses informations.
Il faut qu'on arrive à véritablement séparer information et publicité individualisé. Et il faut qu'on arrive à avoir de la transparence. Ça veut pas dire les interdire mais de la transparence pour qu'on sache où l'algorithme nous mène et que vous sachiez vous quand vous l'utilisez. Et puis à côté de ça, il faut continuer de former. On y reviendra tout à l'heure. J'ai cru comprendre pour les plus jeunes. Mais pour les aînés, il faut former justement à tout ça. Donc ça doit être ce qu'on est en train de faire. C'est un débat qu'on doit partager pour comprendre qu'il y a des Merci. On continue avec Pierre lecteur juriste de 35 ans et qui nous vient de Stelle la plage. Micro pour Pierre.
Alors Pierre, il a un truc qui est assez marrant. Il va peut-être nous le raconter. Comment vous cassez les algorithmes Pierre ? Ouais. Alors, une petite anecdote, j'ai bien remarqué que les algorithmes, c'est bête et méchant, c'est produit par l'homme. Du coup, l'homme peut venir le contraindre quelques peu. Donc en fait, je like ou je suis des pages qui sont contraires à mes propres opinions. Comme ça, ça me permet d'avoir dans mon fil tout un tas de documentations qui sont complètement contraires à mon idée, mais au moins je ne suis pas suivi. Voilà.
Bon, ça c'est la c'est la petite anecdote, mais je me permets du coup je pose la question euh qui qui me vient euh et si je permets, je vais faire un petit parallèle avant entre la vie dite réelle et la vie numérique. La vie dite numérique, dans la vie réelle, notre entourage plus ou moins proche, on a des opinions quelquefois qui divergent. Voilà. Pour autant, on s'invective pas. En général, on se frappe pas dessus non plus. Alors que dans la vie numérique, surtout sur les réseaux sociaux, il y a comme un écran, c'est le cas de le dire, qui fait que bah tout de suite ça part au clash, tout de suite on menace jusque la mort la personne qu'on a en face de soi.
En fait, il y a aucun espace comment dire de de contrainte qui permet de se se restreindre et se dire "Bon bah moi je vais pas aller là, je ferai pas ça dans la vie. Pourquoi dans la vie numérique il y a ça ? Ça je ne sais pas. Alors, il y a peut-être une piste, c'est ce qu'on a dans la poche. Quand on se balade dans la vie réelle, on a sa carte d'identité. Voilà. Donc quand on a des quand quand on fait des choses qui sont hors la loi, vous l'aviez dit, on peut être poursuivi. Dans l'avis numérique, c'est pas le cas. Alors, est-ce que la solution ce serait pas d'aller vers une identité numérique ?
Voilà, pour pouvoir poursuivre les gens sans aller dans le cas extrême d'une comment dire d'une super sécurisation de cet espace de liberté qui est importante. À titre personnel, je suis plutôt ravi que les parlementaires européens aient refusé la directive ch contrôle. C'est un débat. Mais vous, qu'est-ce que vous pensez de cet équilibre ? Comment parvenir à cet équilibre entre nécessaire anonymisation de l'espace numérique et répondre des actes que l'on peut faire et des paroles l'on peut dire sur les réseaux ? Merci beaucoup. D'abord, c'est une bonne stratégie de contrariant, mais ça montre en quoi l'espace public en effet est biaisé quand on est dans le numérique.
Et il est biaisé de manière simple parce que en fait au-delà de ce que j'ai décrit tout à l'heure sur l'accès à l'information, il nous enfme dans des bulles cognitives. C'est-à-dire qu'en fait, il va avoir tendance à faire que nous, on va suivre les gens qui pensent comme nous et qu'on va être suivi par des gens qui pensent comme nous. Et comme il y a ce mécanisme d'excitation et on l'a tous vécu, on entend plus celui qui va aux extrêmes, et bien ces bulles vont s'écarter.
Et donc c'est un phénomène à la fois d'enfermement et de radicalisation auquel on assiste si on laisse spontanément la structure se faire et ce qui fait que c'est comme si dans cette salle bah on se mettait à se taper dessus parce qu'on était en effet tous cagoulés et on entend celui qui on va surtout suivre celui qui profère le plus d'insulte qui devient le plus violent très rapidement ça s'appelle plus un débat. Et donc c'est la possibilité même d'avoir une délibération collective qui qui s'effonde. Alors moi à titre personnel, je ne suis pas contre lever l'anonymat parce qu'on est une société démocratique et que je pense que c'est une bonne discipline.
C'est un vrai débat quand on parle des services numériques parce que c'est vrai qu'il y a des pays où la la liberté individuelle est moins protégée. évidemment dans des régimes autoritaires, mais évidemment même en Europe, vous avez des journalistes, des académiques, parfois des gens qui s'expriment librement qui qui sont ennuyis à raison de leur de leurs idées. Certains me disent "Bah en Hongrie, si vous êtes un universitaire et qu'il y a pas d'anonymat, vous allez peut-être vous faire ennuyer." Donc c'est pas très bon. Donc ça, je l'entends. Maintenant, on peut pas avoir l'anonymat et une absence totale de modération. Et donc ça rejoint la question de la responsabilité.
Il y a une question de responsabilité individuelle. Ça a été très bien dit par vos collègues tout à l'heure. Donc elle est activée simplement, elle prend beaucoup de temps. Si vous allez poster des contenus antisémites, homophobes ou appelant à la haine, je peux vous poursuivre. Mais ça va suivre le cours de la justice. Ça va être très long et il y aura une levée de votre anonymat à la demande de la justice auprès de la plateforme. Ça va prendre des mois et ça vous ça va pas du tout vous réguler. On a quelque chose qui s'appelle la plateforme Pharao qui fait que si vous vous énoncez par un contenu homophobe ou antisémite, je vais aller à la plateforme, je vais dire faut le retirer.
Elle va le faire mais vous imaginez face au nombre de contenus qu'on a, c'est très dur. Et donc on voit bien que le seul moyen d'arriver à éviter ça, c'est soit la levée de l'anonymat mais avec les défauts que j'évoquais, soit de créer un système de responsabilité des plateformes. Et on a le début de ça dans cette fameuse directive européenne qu'on a mise en place, c'est-à-dire de demander aux plateformes le même travail que ce que fait une rédaction. Vous venez sur ma plateforme, j'ai une responsabilité. Si vous commencez à avoir des discours de haine, des discours qui menacent les autres ou l'ordre publique, à ce moment-là, je vous fais terre.
Aujourd'hui, ils le font pas parce que ça leur coûte de l'argent, parce que ça les ennuie et parce que ça fait moins de page de pub, parce qu'il y a moins d'excitation. Donc même ceux qui été rentrés dans une logique de modération, ils ont plutôt arrêté et ils ont réussi à inverser totalement les valeurs par une forme de perversité extrême puisqu'ils disent "Eux ce sont les défenseurs du freech de la liberté de parole. Mais personne ne pense une seule seconde que la liberté de parole c'est la capacité à invectiver, à humilier et tout ce qui a été décrit aussi par vos collègues et que vous venez de rappeler.
Et donc faut juste rappeler à tout le monde qu'il y a pas de liberté sans responsabilité. C'est ce qu'on vit. On peut pas se parler librement autour de cette salle si on n' pas tous la responsabilité de s'écouter, de ne pas s'insulter, de ne pas se frapper. On est en train d'accepter que quand on est sur les réseaux sociaux, il en sera autrement. Ça peut pas marcher. Donc voilà, lever de l'anonymat mais avec les limites, responsabilité des plateformes et par contre très grande vigilance, ça va avec la transparence de l'algorithme sur le fait que quand vous êtes sur ces réseaux, vous êtes dans des bulles.
Alors vous avez une bonne stratégie de contournement qui est d'aller chercher des bulles où vous êtes pas bienvenus. C malin de la part de Pierre. Monsieur le président, vous venez d'anticiper la question suivante mais Maxime donc Maxime Paul 25 ans, vous venez dans le noemri, vous avez peut-être envie de réagir. Je vais demander juste de vous lever systématiquement à chaque prise de parole parce que je vois des gens qui se torturent et comme ça tout le monde verra bien. Je vous laisse la parole Maxime. Pas de souci. Bonjour monsieur le président, monsieur le ministre. Euh donc effectivement plutôt d'abord une réaction et puis ensuite une question qui a évolué.
Euh donc un témoignage dans le cadre de mes fonctions, je reçois depuis maintenant 3 ans régulièrement des conseils d'enfants, donc élu démocratiquement par leur compères et on discute régulièrement de bah voilà de de la démocratie et puis surtout j'aime beaucoup faire un petit tour de table à chaque fois pour connaître les enfants qui sont là et surtout leur motivation pour être élu, pour représenter leur leurs camarades. et j'ai pu constater que beaucoup d'entre eux étaient directement concernés par la question du harcèlement scolaire et surtout du cyberharcèlement et euh concerné directement ou par leurs proches également.
Et euh et donc voilà, c'était vraiment quelque chose dont je voulais vous parler parce que euh aujourd'hui il ils se sentent un peu euh démunis, ils ne savent pas vraiment comment prendre en en main la question à leur niveau. Donc évidemment le corps professoral est là aussi pour les aiguillers, les représentants également. Mais donc voilà, c'est vraiment comment aussi on arrive à à les aider, à trouver des solutions pour eux, pour leurs proches également. Donc voilà, comment trouver les solutions et puis ensuite, je voulais également parler de la levée de l'anonymat et surtout de la modération euh sur les réseaux sociaux.
Vous avez fait le constat, vous avez dressé le constat et sur ça, je pense qu'on est tous d'accord. Mais maintenant, quelle solution et quelle surtout quelle sanction on peut appliquer contre ces toutes les enfin les les les plateformes justement des réseaux sociaux ? Merci. Merci beaucoup. Je pense que pour être très concret par rapport à la réponse précédente, c'est la responsabilité des plateformes et la possibilité d'avoir des amendes pénal très élevé s'ils font pas la modération. Voilà et c'est que comme ça. Il y a tellement d'opérations à la seconde qu'on peut pas suivre avec une plateforme nationale chacun pour dire faut les retirer. Donc faut dire c'est votre responsabilité.
S'il y a des gens qui sont victimes, il y aura une action pénale et vous et vous perez très cher. On a commencé à mettre les bases. Maintenant faut le mettre en place beaucoup plus vite. Faut que ça devienne une réalité. Ça ça va être le combat qu'on mène au niveau au niveau européen mais c'est la responsabilité des plateformes avec des amendes très lourdes sur le harcèlement et le harcèlement en ligne, vous l'avez évoqué, c'est un des combats propre le ministre de l'éducation nationale. Il y a on sait bien qu'il y a un continuum. C'estàd que souvent les enfants qui sont cyberharcelés, c'est les copains des classes qui continuent par tel ou tel réseau ou autre.
Parfois certains qui sont très explosés sur les réseaux peuvent être harcelés même par des tirs qui connaissent pas forcément et qui vont avoir sur les les réseaux. La base de tout ça, c'est un là aussi de pouvoir pénaliser et poursuivre et donc d'avoir une responsabilité des plateformes. On a mis en place plusieurs années le laboratoire justement de protection. Ça fait partie des choses sur lesquelles on a demandé des modérations obligatoires et et qu'elles tardent à mettre en place. Donc elles le font pas volontairement. Il y a 4 ans, les plateformes nous suivaient. Elles avaient dit "On va le faire volontairement." C'était au forum de Paris sur la paix en 2021.
La réalité, ils l'ont pas fait. Donc c'est pour ça que je suis pour mettre en œuvre à plein la directive sur les services et activer leur responsabilité quand il y a du harcèlement qu'elle laisse faire contre tel ou tel jeune. Et après, il faut redire ici à tous les plus jeunes, enfants, adolescents, jeunes adultes, il y a un numéro, il y a le 3018 qui est porté par l'éducation nationale avec Ienfance qui est l'association qui accompagne sur le plan national et qui s'occupe à la fois du harcèlement et du cyberharcèlement. Et donc quand vous êtes victime de ça, un vous dénoncer, faut en parler, faut pas laisser faire. Donc en parler est très important.
30 18 vos parents, vos enseignants et de débrancher. On reviendra sur la question du cyberharcèlement tout à l'heure. On va conclure ce premier chapitre avec Boris de Lecroix. Vous avez 34 ans, vous dirigez un hôtel restaurant à Wascal. Par conséquent, vous croisez plein de gens très différents. Euh et je vous laisse la parole.
Effectivement, dans le casre de mes fonctions professionnelles, je croise des gens de d'horizons divers et variés et donc on a l'occasion de de discuter de choses et d'autres et je me rends compte un peu comme Liliane qu'en fait la la désinformation, elle a pas de d'origine sociale, elle a pas de C'est vraiment tout le monde mais avec quand même un petit bémol sur nos aînés qui nos nos seigneurs comme on dit qui n'ont pas forcément eu la formation numérique et c'est normal puisque lorsqu'ils étaient jeunes, il y avait pas internet, encore moins les réseaux réseaux sociaux et encore moins li et j'ai un exemple assez drôle la semaine passée avec Alain qui est un de mes clients habitués au restaurant 70 ans et qui vient me dire "Boris, le président Macron, il parle comme ça, le président Macron, il va déclarer la guerre à la Russie." Bon, j'étais un peu surpris dans un premier temps, donc j'ai creusé un peu monsieur le président et il s'avère qu'en fait il était effectivement sur un obscur groupe Facebook et il avait effectivement cliqué sur un lien improbable qui disait que vous allez faire la guerre à la Russie.
J'espère pas personnellement en tout cas. Et donc on a creusé ensemble et j'ai réussi à lui montrer par A+ B qu'effectivement c'était une fausse information. Mais je me dis donc j'ai fait mon devoir de citoyen, j'étais assez fier de moi. Mais je me dis finalement les autres tous les autres Alains qui n'ont pas forcément cette capacité là de d'aller un peu au bout des choses et il s'avère qu'il y a aussi quelque chose d'important dans un peu près un peu plus d'un an.
Je vous cache rien, je pense il y a une grande échéance électorale et qui va voir arriver dans les dans l'isoloir une ces aînés, ses ces seniors qui eux votent massivement et c'est d'ailleurs très bien que ces gens-là votent mais qui vont être un peu plus sensibles à la désinformation notamment la désinformation peut-être qui vient des pays extérieurs ou nôtre. Et donc ma question finalement, elle est assez simple, monsieur le président.
Est-ce que quelque chose est envisagé ou envisageable pour nos aînés pour leur permettre d'avoir finalement les clés pour que dans un an, un peu plus d'un an, lorsqu'ils allont voter en notamment en période électorale, ils aient toutes les clés pour comprendre la désinformation et les enjeux électoraux parce qu'on parle quand même de plusieurs millions de personnes. Merci monsieur le président. Non, merci beaucoup. Ça rejoint ce qu'on se disait.
C'est tout à fait vrai parce qu'il y a une génération, une des générations qui ont été éduquées et accoutumés à dire quand c'est écrit, c'est que c'est vrai parce qu'elles ont été formées à s'informer sur les la lecture de la presse et rapport au sérieux. Et donc ça c'est la première chose par rapport à ce qui s'écrit sur les réseaux. À ça s'ajoute en plus la révolution de l'IA parce que je vois à peu près les fausses informations que auquell vous faites référence. C'était assez bien fait puisqueil y avait même un reportage qui montrait le chef d'état-major de de l'armée de terre qui se serait opposé au président de la République refusant d'aller en Russie.
Bon ce qui a surpris, je vous le dis évidemment le le dit général mais mais c'était en plus il y avait un peu d'IA dans leur affaire. Donc ça il faut que ça rentre dans le débat ce qu'on est en train de faire à une vertu pédagogique hein c'est hyper important donc faut montrer, l'expliquer et en quelque sorte collectivement éduquer la société. C'est un travail de vigilance et en fait la société doit refaire du muscle sur ce sur ce sujet parce que une vie démocratique c'est constamment ça. Et donc c'est le travail qu'on est en train de faire. C'est un travail éminemment démocratique républicain qui est de reformer des citoyens à tous les âges pour dire ce risque existe.
Voilà ce qui est en train de se passer. La deuxième chose c'est de faire retirer ces fausses informations. C'est ce que je disais. C'est la question de de la responsabilité. La troisième chose qu'on pousse, ça on a commencé il y a plusieurs années, ça c'est en lien direct avec la la presse et ça rejoint ce que je disait entre on doit distinguer les réseaux et les sites qui font de l'argent avec de la la pub personnalisée et les réseaux les sites d'information. C'est qu'on va tout faire pour que soit mis en place un label. C'est pas à l'État de dire parce que faut faire attention, c'est pas le gouvernement ou l'État qui peut dire ceci d'information, ceci n'en est pas.
On n' pas non plus envie de tomber là-dedans parce que c'est pas ça une démocratie. Ça devient assez rapidement sinon une autocratie. C'est pas moi qui dit tous les matins l'information de la voie du nord est bonne ou pas bonne. On reviendrait en arrière de 10 cases. Par contre je pense que c'est important que il y ait une labellisation faite par des professionnels qui puissent dire ceci correspond à la déontologie de gens qui manipulent de l'information. C'est une matière dangereuse en fait l'information. Et donc il y a des règles déontologiques.
Reporter sans frontière a mis en place avec plusieurs autres partenaires une telle initiative justement sur démocratie et information qui qui a proposé justement ce type de label. Les états généraux de l'information ont consolidé cela. Donc là il y a un projet qui avance. La PQR d'ailleurs s'est beaucoup engagé sur ce sur ce projet, la presse quotidienne régionale pardon et la presse hebdomadaire régionale pour pour dire on doit avoir un processus de labellisation fait par les professionnels en disant ça c'est c'est des gens qui sont sérieux ça c'est pas des gens qui informment et ça je pense que c'est aussi très utile. faut les sensibiliser.
Enfin et après, on a aujourd'hui des acteurs, des sites qui sont en train de se mettre en place, des indicateurs qui sont en train d'évaluer la vulnérabilité de chacun à la crédulité. Alors ça c'est des choses qui sont un peu plus avancées mais en fait aujourd'hui on sait dire sur les réseaux sociaux en fonction de votre comportement si vous êtes plutôt un public à risque ou pas. Mais il y a quand même une urgence avec les élections.
L'urgence, c'est pour ça qu'on on est en branle tout ce qu'on est en train de faire là et que je fais ce Tour de France et autre, c'est d'abord conscience collective, réaction et puis changement du droit européen et national pour qu'on ait justement ces mécanismes. Mais on peut pas, ça peut pas être descendant d'un coup. Si demain je vous disais, je fais une série de lois fort de ce que ce qu'on se dit, il y aurait pas de confiance. Il faut que tout le monde prenne conscience du problème pour qu'on se dise tous on doit réagir. On on a déjà mis en place en 2021 quelque chose qui s'appelle viginum.
Et là je passe un peu la transition si j'ai bien compris avec le deuxième thème c'est que ça tout ça c'est la structure de la désinformation chez nous mais comme vous l'avez très bien dit il y a des puissances qui peuvent l'utiliser. C'est ça qui vous inquiète pour les élections à venir. On a mis en place Vigin qui est une instance nationale administrative qui au moment des élections passe sous l'autorité du Conseil constitutionnel. et qui justement détecte ces ingérences informationnelles. Et donc quand vous avez une puissance étrangère qui vient et qui vient vous bousculer, elle fait alt, elle met en place une alerte. On s'est inspiré à cet égard de l'exemple de Taïwan.
Ça peut paraître bizarre mais Taïwan démocratie mais à côté d'un géant qui n'en est pas qui n'en est pas une et qui lui veut pas du bien. Et donc ils étaient habitués à avoir plein d'attaques informationnelles de la Chine. Ils ont mis en place des systèmes d'alerte au début un peu comme Viginum et puis qui se sont diffusés et ce qui fait qu'aujourd'hui il y a une réactivité sur les réseaux sociaux. Les citoyens à Taïwan savent très vite dès que c'est une fausse information. Un peu comme nous on a l'alerte enlèvement. Vous voyez il y a une alerte désinformation qui devient hyper réactive. C'est ça qu'il faut qu'on arrive à faire. Donc Viginum, c'est un très bon début.
On va maintenant essayer de le monter en charge, mais on on va créer des mécanismes qui détectent et dénonce les ingérences informationnelles. Et c'est à côté de ce que je dis un des autres points plus. Donc responsabilité, là encore retrait des forces d'information, éducation et sensibilisation euh des personnes qui ont été moins formées par le débat public, par un travail leur proposant aussi des médiations. On va essayer de mettre en place des analyses publiques pour alerter chacun en disant voilà vous êtes plutôt faites attention, vous êtes sensible à ces manipulations et puis on va monter en puissance avec notre plateforme de lutte contre les ingérences informationnelles.
Je crois que c'est le thème à venir. Donc exactement fait vous faites une transition parfaite. Merci et vous avez tous respecté le timing. Donc je dis bravo et je laisse la parole à Julien pour la deuxième partie. Merci Laori. On va donc parler d'Igérance étrangère. Vous avez fait un parfait lien monsieur le président. Ingérance étrangère souveraineté et dépendance aux plateformes qui gouverne notre espace numérique. Simplement deux exemples. Juin 2024 un faux de campagne apparaît sur la toile sous l'identité de la coalition présidentielle. Il promet une prime Macron, vous connaissez bien, de 100 € en échange d'un vote.
Alors, vous en doutez, si c'était si simple de gagner une élection, ça se saurait. À la même période, une action orchestrée par des comptes prochinois accuse Raphaël Gluxman, tête de liste PS place publique aux européennes, d'être un cheval de 3 de la CIA en Europe. Ces opérations de guerre informationnelle ont un point commun, celui de vouloir fragiliser le processus démocratique en France. Vous l'avez cité, Viginum qui est chargé de la lutte contre ces opérations a lancé l'alerte début novembre. Les élections municipales bien avant l'élection présidentielle seront visées et font d'ors et déjà l'objet de tentative de déstabilisation.
La France est-elle armée pour contrecarrer les plans lancés depuis l'étranger ? Les ripostes de l'État ne risquent-elle pas d'être perçu comme des tentatives de délégitimer tout discours critique à son égard ? Ces nouvelles menaces posent également la question de la souveraineté numérique. Monsieur le président, vous revenez de Berlin où ét réunis les ministres du numérique. Vous nous direz évidemment ce qu'il en ressort. On a vu en tout cas que si l'Union européenne prenait le taureau par les cornes, les constats étaient alarmants. J'en rappelle simplement quelques-uns.
70 % des données françaises sont hébergées dans des clouds américains qui sont soumis au cloud act qui permettent à Washington d'y accéder même lorsqu'elles sont stockées sur le sol européen. Nos capacités de calcul pour l'intelligence artificielle, elles sont de 16 GW si je me trompe pas. Elles sont de 48 GW aux États-Unis, de 38 en Chine. On parle, on a parlé à Berlin de desserrer le carcan réglementaire he pour développer le numérique. Mais quelle contrepartie est-ce qu'on peut imaginer aussi que on perde un petit peu de réglementation et donc de débrider une machine qu'on sait parfois incontrôlable ? Lori, trois chiffres encore pour cadrer le débat.
Trois chiffres sur les questions d'ingérence, de souveraineté, de dépendance aux plateformes. D'abord, 77 opérations de manipulation entre 2023 et 2025 qui ont été orchestrées directement par le renseignement militaire russe. Autre chiffre à avoir en tête, c'est ces 3 millions de Français qui ont été exposés en 2023 à de fausses pages Facebook. J'en perds mon oreillette. On va mettre ça c'est ça c'est les Russes. Donc on revient sur nos fausses pages Facebook destinées à amplifier les tweets de personnalité prorusse. Et enfin un dernier chiffre c'est 300 milliards d'euros dont 109 milliards pour la France.
Ça c'est le montant qui a été annoncé en février dernier pour développer les infrastructures numériques européennes. Alors, on pourra y revenir he sur évidemment les annonces européennes. Vous aurez l'occasion de les détailler. Je me tourne vers Frédéric Frédéric Labis qui est juste à côté de de vous. Frédéric, vous avez 44 ans, vous êtes entrepreneur. Vous aviez je crois une question justement sur votre crainte concernant les ingérences étrangères. Oui, tout à fait. Bonjour monsieur le président.
Je suis régulièrement assesseur dans un bureau de vote de mon ma commune et je peux j'ai du mal à m'empêcher de penser que de plus en plus de personnes, c'est un peu la suite de la question de Boris viennent voter sur la base de fausses informations. Euh il y a une agence américaine qui a identifié plus de 140 sites web qui reprennent les codes visuels de la PQR qui mélange évidemment des vraies infos et des fausses infos. Euh ces sites sont toujours en ligne, sont alimentés assez régulièrement, on peut les voir assez facilement. Et ces sites, cette agence américaine a prouvé qu'ils étaient financés par le les renseignements militaires russes.
Euh je crois que c'est l'agence Copicop qui est qui crée ses qui crée ces sites. Euh ma question, elle est elle est double. Quelle est la taille de la menace vis-à-vis de nos prochaines élections municipales et puis prochaines élections présidentielles ? parce que on a une idée de de la taille de cette menace. Et ma seconde question et le fait que vous en avez un peu parlé juste avant, mais la première information qu'on a sur un sujet, c'est souvent celle qui reste dans notre esprit de manière plus forte, c'est la primauté de l'information.
Et en fait, j'ai le sentiment quoi qu'on fasse, est-ce qu'il est pas de toute façon toujours trop tard quand on coupe ces sites parce que l'info a déjà été transmise et que on peut faire autre chose que ce qui a été fait. Merci monsieur le président. Merci beaucoup. C'est c'est le lien direct et vous avez parfaitement raison. trois remarques. La première, au fond, on a un sujet sur notre vie démocratique. On vient de parler avant de la déformation de l'espace public, mais ça a une conséquence sur la vie démocratique et les élections. Pourquoi ?
une démocratie dans un état de droit comme le nôtre, c'est évidemment des équilibres entre les entre les pouvoirs qui des pouvoirs et des contrepouvoirs. C'est un processus d'élection libre indépendante pour avoir des gens légitimes que vous choisissez ou que vous remplacez et ce que vous allez à qui vous allez donner mandat de faire les lois en votre nom. Mais tout ça repose sur un terau qui est l'opinion publique. C'est le c'est le démos le peuple. et on a sans doute négligé la forge de l'opinion publique.
Et on a un point faible dans notre démocratie aujourd'hui, c'est que les opinions sont en train de se forger d'une manière devenue incontrôlée et avec des tas de falsifications possibles. Donc ça c'est le premier point par rapport au processus démocratique et en quoi nos nos élections à venir peuvent être en risque, c'est comment on arrive à traiter vite les fausses informations. Et là, vous avez raison, on a fait l'expérience ces dernières années. tout le monde y a contribué enfin à essayer d'apporter des réponses imparfaites. Le fact checking c'est pas efficace suffisamment. Pourquoi ?
parce que ça vient toujours trop tard et en fait on narrive plus à pédaler après et je dis ça avec beaucoup de reconnaissance et de de vraiment de respect pour le travail des équipes qui font cela et qui d'ailleurs ça a été dit parfois dans avec un épuisement et c'est un peu harraçant de voir tout ça et on le voit tous quand on regarde ces pages. Ça va tellement vite que laisser la rumeur se propager vous pouvez dire que c'est faux. Il en reste toujours quelque chose. Donc on voit bien qu'il faut traiter le mal à la racine. C'est tout ce qu'on vient de se dire dans la première partie.
responsabilité des plateformes, les obliger à retirer les fausses informations et pardon parce que j'ai vu certains dans le débat public commencer à dire fausses informations oh là là c'est dangereux, on serait plus dans la démocratie. Pardon ? On sait ce que c'est une fausse information. S'il y a des responsables politiques aujourd'hui voulant défendre leurs amis du free speech qui disent qu'une fausse information c'est quelque chose qu'on connaît pas, bah qu'ils aient expliquer que ceux qui diffusent aujourd'hui des informations pour légitimer les attentats du 7 octobre 2023, c'est pas une fausse information.
Je citerai pas les gens qui ont attaqué ce sujet il y a quelques jours, mais enfin donc oui, on sait ce que c'est une fausse et une vraie information. Après, on doit le distinguer d'une opinion qu'on partage ou qu'on partage pas. C'est pas la même chose. Le premier point c'est ça. Et donc faut plus être dans la réaction, faut structurer cet espace pour que la force information tout de suite elle soit coupée ou qu'il y ait une alerte immédiate qui permette de se repérer. Le deuxième élément c'est que cette faiblesse, elle est utilisée par des puissances étrangères. Et donc vous l'avez rappelé dans vos chiffres ou dans les exemples cités. Pourquoi ?
Parce qu'il est très facile quand on a un espace qui fonctionne comme on le se dit depuis tout à l'heure, vous voulez déstabiliser la démocratie française sur le soutien à la guerre à la résistance ukrainienne ou sur une élection, bah c'est devenu très facile parce qu'il suffit d'injecter un contenu qui vient saper la confiance, saper tel candidat ou autre et puis après de l'encourager à se diffuser. Et aujourd'hui, qu'est-ce qui fait qu'il le diffuse ? souvent à travers la multiplication de comptes et surtout de faux comptes. Et donc si vous regardez comment les Russes et d'autres foncent sur notre espace informationnel, bah d'abord ils poussent et ils accompagnent nos propres bêtises.
Et le premier point que je viens d'évoquer ce qu'on dit depuis tout à l'heure, c'est notre propre dégénérescence. c'est nous-même, on n pas sur régler la chose. Donc ils appuient là où ça fait mal mais en gros ils le font comme je dirais n'importe qui. Mais ils sont mieux organisés que ça. Et donc il crée des armées de faux comptes. C'est fermatrol, c'estes bottes et donc ces faux comptes il les poussent. Et donc vous avez des volumes qui du coup impressionnent tout le monde et qui d'ailleurs reviennent après en boucle sur d'autres réseaux sur des organes de presse qui disent ça c'est très important. C'est une information qui a été relayée 1 million 2 millions de fois.
Vous imaginez quand même mais par qui ? Et donc sur ce sujet, il y a un point on doit voir, c'est que nous devons avoir la garantie que derrière chaque compte, il y a une vraie personne. Et aujourd'hui, nous n'avons pas. Parce que aujourd'hui quand vous dites il y a 2 millions de personnes qui ont liké ou il y a tant de millions de personnes qui ont relayé, vous ne savez pas dire si ce sont des vrais comptes ou des faux comptes. Et quand on a des mécanismes d'ingérence, il y a une utilisation massive de faux comptes qui sont achetés, entretenus pour pousser ces comptes.
Et donc une autre chose qu'on veut faire, qu'on doit faire, c'est d'avoir la garantie auprès de toutes ces plateformes que derrière une expression et un compte, il y a une vraie personne. S'il y a pas de vraies personne, ça doit être supprimé. Et si vous laissez un faux compte se s'exprimer ou relayer une information, c'est votre responsabilité, vous devez être pune. Qui veut vivre dans un espace numérique où en fait on débat avec une série C'est comme si on avait une série d'émetteurs dans cette salle cachée qui criaient plus fort que vous et moi. C'est exactement ce qu'ils font.
Ils achètent des haut-parleurs, c'est pas des vrais gens, mais ils achètent 200 haut-parleurs dans la salle et ils se mettent à les faire marcher à tutête. à la fin, vous entendez plus que les haut-parleurs. C'est exactement ce qui se passe quand on a une attaque et une ingérence informationnelle. Et donc là-dessus, transparence, interdiction des faux comptes et responsabilité des plateformes quand on a ces faux comptes. Et puis à côté de ça, évidemment, c'est de passer à l'échelle notre viginume qui doit alerter et vous sensibiliser hors des élections et en élection. Et j'insiste sur ces deux points.
Cette vigilance par rapport à l'ingérence informationnelle, faut pas qu'elle attende les élections. Ma dernière remarque pour que vous tous on réfléchisse quand même à ça, c'est que là, on parle des réseaux parce qu'on l'a vu s'opérer dans certains pays. Question, on pourra y revenir aussi sur la Moldavie ou la Roumanie qui ont eu cette expérience. C'est des bons laboratoires récents. Mais aux prochaines municipales, aux prochaines présidentielles, je vais vous dire ce qui va se passer. De plus en plus de nos compatriotes, ils vont aller sur leur ya, sur leur agent et ils vont dire pour qui je dois voter. C'est ça ce qui va se passer.
Et là, on va rentrer, je vais vous le dire, dans un autre monde parce que moi je sais pas ce que Chat GPT va recommander de voter. Ce que je sais c'est que les gens qui possèdent Chat GPT qui a les intérêts qu'il y a derrière, je ne suis pas sûr que ce soit des intérêts démocratiquement neutres ou totalement alés avec les intérêts de la France. Et après, il y a des tas d'IA et selon ce que vous allez avoir et les garanties. Moi, j'ai pas de garantie, on sait pas comment elle fonctionne, on sait pas les règles.
Mais il y a des gens qui sont en train aujourd'hui, on a de plus en plus de nos compatriotes qui sont en train de construire une relation intime avec leur qui posent des questions parfois intimes, de plus en plus, qui demandent des conseils intimes et le matin d'aller voter avant de vous retrouver comme assesseur au bureau de vote, ils vont dire pour qui je dois voter ce matin ? Et ça c'est presque plus inquiétant que sur les réseaux parce que les chiffres sur les réseaux montrent que nos compatriotes, malgré tout ce qu'on se dit, ils ont moins confiance dans le réseau social que dans leur journal du matin. C'est encore une chance qu'on a.
Mais ils ont énormément confiance dans leur parce que leur est vu comme quelque chose qui leur apporte un savoir. Et en plus vous avez des qui sont très bien faites dans les modèles génératifs qu'on a et partage parce que ils sont anthropomorphiques. C'est-à-dire que ils ment un peu le dialogue d'un ami. Il vous tue toi ils connaissent vos habitudes au bout de 4 c donc il crée une intimité et là on rentre je peux vous le dire dans un autre monde. Et donc là, on va devoir faire la transparence sur ce sujet et faire très attention à ce qui se passe sur ces bad.
Monsieur le président, vous parliez des exemples moldave et roumain juste en en quelques mots puisque vous les citez, est-ce que la France a tiré les leçons des expériences de la Moldavie et de la Roumanie ? Oui, d'abord on a aidé la Moldavie, c'est un bon exemple parce que on a envoyé les équipes de Viginum en Moldavie. La Moldavie a eu des élections présidentielles puis législatives et les législatives étaient très importantes. Il y avait des attaques quotidiennes des Russes. Vous savez, la Moldavie est c'est ce pays he qui est à la frontière de l'Ukraine et il y a une partie, une région qui est à la main des Russes.
Donc c'est vraiment une cible pour et en Roumanie, vous vous souvenez peut-être qu'il y a une élection présidentielle qui a été annulée après le premier tour. Vous vous imaginez en Roumanie, dans l'Union européenne après le premier tour, annulation de cette élection par la Cour suprême parce qu'il y avait des manipulations de l'information. Donc ça c'est ce qui s'est passé deux exemples en Europe ces derniers mois. Donc non seulement on les a aidé, on a fait un retour d'expérience. Dans les deux cas, c'est les Russes avec des soutiens locaux et dans les deux cas, c'est très bien organisé.
Et je vais vous donner un petit exemple par exemple de je pense qui a été le mieux fait, c'est ce candidat qui a été annulé en Roumanie pour faire un rapide résumé de ce qui s'est passé. Un an avant, ils ont identifié les publics vulnérables. Justement, ils ont fait par rapport à ce qu'on se disait une analyse et ils ont regardé les thématiques sur lesquelles ces publics les plus vulnérables à la fausse information. D'abord, ils ont identifié que c'était plutôt des publics âgés et c'est des gens qui allaient voir les sites de religion, de guerre, de médecine parallèle. Donc c'est les gens qui avaient plus trop confiance.
suiv mon regard sur le vaccin et compagnie qui disaient il y a des autres trucs machin et ils ont produit des faux sites, des milliers de pages de contenu sur ces thématiques, des faux comptes, des tas de réseaux sociaux qui entretenaient les gens sur ces thématiques. Donc ils ont fidélisé une clientèle sur des thématiques totalement hors de la politique mais en créant des hashtags, des références et des boucles entre ces différentes thématiques. Puis quand le candidat est arrivé, lui ont fait faire des contenus TikTok avec des références, des hashtags qui renvoyent à ses contenus et à ses sites.
Et en quelque sorte, ils ont créé une boucle qui s'est totalement enflammé et ça super bien marché. Donc ils ont créé un mécanisme de viralité. Et en vrai, comme un un virus peut se diffuser quand on a annilé tous les anticorps, bah ce candidat qui venait de nulle part, qui faisait ses vidéos avec des contenus qui étaient bien faits, il était relayé sur tous ces sites. Et donc vous aviez des gens qui étaient pas dans la politique, disent "Moi, ça m'intéresse pas". Mais ils étaient depuis 2 ans sur leur site de médecine parallèle ou leur site de religion et puis ils ont ils voyaient ce candidat sorti de nulle part et ont poussé ces vidéos TikTok, on poussait ces informations.
Le truc c'est emballé en quelques mois de campagne ce candidat que personne ne connaissait, il était plus suivi sur TikTok que Taylor Swift. Donc là on a quand même vu qu'il y avait un problème quelque chose se passait. C'était manifestement pas simplement ce qui disait qui faisait qu'il y avait une telle viralité, mais ils ont très bien analysé les mécanismes d'abord de la vulnérabilité informationnelle à partir de thématique et de public qu'ils ont ciblé. Ils l'ont entretenu en les fidélisant à des sites ou à des comptes et ensuite ils ont viralisé des contenus en les relayant par ces public.
Et puis après une fois que vous avez quelqu'un qui est suivi par plusieurs millions qui devient un phénomène de société bah il y a une partie du reste de l'opinion que vous emmenez parce qu'elle est impressionnée. Donc elle suit dit ce type c'est extraordinaire. D'ailleurs même nous au début on en parlait c'est incroyable. Il y a un type qui est sorti de nulle part là il il s'exprime il y a des millions de gens qui suivent. un espoir se lève et hop, vous créez la deuxième le deuxième moteur. Et donc ça a été très savamment préparé.
Donc tout ça pour vous dire que les faiblesses de notre infrastructure d'information, elles sont très bien vues par nos ennemis, elles sont très bien utilisées et méthodiquement utilisées. Et c'est pour ça qu'il faut pas le voir comme des signaux faibles. Mais par exemple, j'ai eu déjà l'occasion d'en parler. Quand on avait eu cette polémique sur les punaises de lit, il y avait des sujets de punaise de lit. C'était au début pas une fausse information hein, mais elle a été un peu gonflé haute. Elle a été viralisée par les Russes qui voulaient faire quoi ?
montrer qu'on avait un problème dans tout le pays avec les punaesses de lit, écraser à ce moment-là le sujet en Ukraine et ridiculiser la démocratie française. Et on a établi, il y a une note très bien faite de Viginum qui a montré que ils avaient réussi à faire de de ce sujet qui était tout à fait légitime, qu'il fallait régler, qui va avec l'habitat indigne et dégradé et cetera. Ils en avaient il avait transformé en sujet débat de société qui était une forme de de déliquence si je puis dire de la de la France et la manière dont elle se tenait.
Mais ils avaient fait avec des centaines de milliers de faux comptes et ça c'est des banderies qui mettent et ils préparent et à un moment donné ils vont embrayer au moment des élections. Donc comme on sait à peu près comment ça va se passer voilà faut qu'on mette les anticorps. C'est un peu tout ce qu'on se dit depuis tout à l'heure. Merci monsieur le président. Je me tourne vers Eva qui est juste à côté de vous. Si vous pouvez juste vous lever pour que tout le monde vous vous voit. Eva, vous avez 19 ans, vous êtes étudiante en licence 2 de sciences politiques à Lille. Vous êtes également membre du comité première voix à la à la Voie du Nord, hein, c'est important.
C'est vous pourrez peut-être nous en dire deux petits mots simplement. Et vous aviez une question, je crois, sur la réglementation européenne. Euh oui, c'est ça. Euh donc, enchanté, monsieur le président, monsieur le ministre. Euh donc je suis étudiante à Espo école européenne de sciences politiques et je suis également membre du comité euh première voie qui est un comité mise en place par la Voie du Nord euh pour qui est un comité de jeunes euh pour décrypter euh les élections législatives pardon à venir en 2026 notamment dans la région de l'Élu. Comment ? Oui, oui, oui, oui, les municipales, pardon, excusez-moi.
Euh donc, ma question sur la règlement euh la réglementation européenne est la suivante, pardon. Euh pensez-vous que la réglementation européenne, donc notamment le Digital Service Act, peut être efficace pour lutter contre la propagation des courants masculinistes qui agissent souvent comme une porte d'entrée des jeunes hommes vers les courants plus extrémistes d'extrême drobroite notamment. Merci beaucoup. Alors euh merci et merci de cet engagement et vous avez raison euh que c'est une stratégie un peu comme ce que j'évoquéis tout à l'heure avec le cadre de la de la Roumanie.
On voit bien que les forces plutôt d'extrême droite en effet se bia par les ce qu'on appelle le masculinisme, virilisme et elle rendre par là pour propager leurs idées. Ça c'est quelque chose qu'on qu'on suit évidemment également avec beaucoup de soins et on fait attention que les mécanismes d'ingérence utilisent pas aussi cette cette voie, même s'il faut toujours distinguer bah des stratégies électorales que des formations politiques dans une démocratie peuvent avoir. Là, on peut les dénoncer, on peut les combattre démocratiquement.
debat des ingérences étrangères, c'est pas la même chose et je veux bien faire le distingo euh le ce que vous avez évoqué qui est donc le digital service act, c'est une des régulations européennes qui existe. Il faut voir que l'Europe est le seul continent qui a commencé à réguler tout ce qu'on se dit depuis tout à l'heure. On a créé d'abord un règlement qui protège vos données, ce qu'on appelle le RGPD et qui protège justement la sécurisation de vos données individuelles. On veut améliorer son effectivité. lui a dit tout à l'heure à juste titre est-ce qu'il faut que les données soient protégées conservées en Europe pour qu'ils soient actifs ?
Mais c'est ce règlement qui fait d'ailleurs que vous parfois vous cochez des cases peut-être quelques fois trop vite mais en tout cas il y a des règles qui permettent de protéger contre l'usage de données par des tiers lorsque vous les soumettez à l'espace numérique. Et ça on va continuer d'élaborer mais on a cette base. Clarifie sur des points mais c'est important. Et ensuite quand la France a eu la présidence de l'Union européenne, on a poussé deux directives. La directive sur les services numériques DSA et la directive sur le marché numérique dit DMA. Et elle a pour but de réguler les choses.
DSA, elle nous donne la base pour justement créer un mécanisme de responsabilité des plateformes pour pouvoir aller les chercher quand elle ne retire pas les contenus problématiques ou qu'elle laisse des dérives se faire. Donc on a la structure aujourd'hui. Notre problème c'est qu'elle est beaucoup trop lente. Enfin en tout cas l'utilisation de cette directive est trop lente. Il y a plusieurs actions qui ont commencé à être menées. Ça fait 2 ans d'enquête et donc vous voyez bien que c'est pas au bon rythme. Et on a comme on n pas encore créé de jurisprudence, c'est pas efficace.
Donc un des défis qui est le nôtre, ce qu'on pousse là auprès de la commission et autres, c'est que des premières actions soient prises avec des amendes lourdes sur des cas très concrets pour que la responsabilité de ces plateformes, le retrait des contenus problématiques en particulier dans les temps électoraux puisse être activés et que ça devienne une réalité. Ça c'est la base sur laquelle on va s'appuyer pour faire ce qu'on se dit depuis tout à l'heure, responsabilité des plateformes et lutte contre les fausses informations.
Et puis la directive sur les marchés numériques, elle on vient d'activer d'ailleurs hier avec enfin la commission vient d'activer avant-hier une action sur cette base qui est de s'assurer que les grandes plateformes parce que il y a quelques acteurs n'utilisent pas leur position de force pour écraser les autres et les empêcher d'exister. Elles le font et donc là les premières poursuites vont se mettre en place. Donc on a la base. Maintenant en fait notre défi c'est que ça se mette en place beaucoup plus vite.
Et donc nous sur certains sujets, on y reviendra tout à l'heure pour les plus jeunes, on va le faire au niveau national et là on accélère et on est en train de de créer une coalition avec d'autres pays européens pour pouvoir justement utiliser cette directive pour lutter contre les excès des faux. Après pour être très précis sur le cas que vous avez évoqué, il est beaucoup plus gris si je puis dire. C'est-à-dire les fausses informations évidentes, ça rentre dans le champ de DSA et de sa responsabilité. Les ingérences, on peut réussir à les bloquer.
Mais les stratégies électorales de certains partis, compris des extrêmes, d'aller chercher des publics et de les ramener par d'autres thématiques, c'est pas la c'est pas exactement la même chose pour être très précis sur votre point. Et ça, je pense que le vrai combat, il faut plutôt le faire avec des arguments dans l'espace public. Je pense qu'il faut expliquer l'importance justement du sujet de l'égalité femme-homme, du respect dans une société démocratique ouverte comme la nôtre.
Et c'est là où faut toujours, il y a l'aspect régulation, mais il y a des sujets, faut se dire la bonne réponse, c'est pas forcément la régulation, c'est le combat politique, c'est-à-dire intellectuel d'idées, de valeur qu'il faut porter. Merci monsieur le président. On va on va accélérer sur ce sur ce thème-là. Mais vous aviez l'il me permet de de vous pointer pour que vous puissiez vous lever. Vous êtes vous avez 27 ans, vous êtes doctorante en droit public à l'université de Lille. Vous vous occupez beaucoup hein de ce de cette thématique du droit numérique. Vous aviez une question sur la sur la souveraineté. Exactement.
alors vous avez parlé du DSA, du DMA qui sont donc des tentatives de régulation à l'échelle européenne et moi j'ai peur de leur effectivité. En fait, on se rend bien compte actuellement que les tentatives de régulation, elles peuvent se heurter à des barrières qui seraient liées à des difficultés techniques, donc des arguments qui seraient invoqués de la part de ces géants du numérique pour amoindrir l'effet en fait de ces régulations.
Vous avez abordé la question de enfin le fait qu'il y avait des sanctions, des amendes qui pouvaient être imposées à ces gens du numérique, mais finalement le pouvoir qui est accordé à ces plateformes là pour faire de l'ingérence étrangère peut-être ne les pousserait-il pas à accepter les amendes et à invoquer tout simplement des problèmes de boîtes noires d'algorithmes et qu'il n'arriverait pas tout simplement à mettre en œuvre efficacement bah les tentatives de régulation qu'on a à l'échelle européenne.
Et en somme, c'est c'est la question en fait de savoir si la main mise de ces de ces géants du numérique, la main mise totale en fait sur leur propre technologie ne créerait pas une sorte d'enclave dans laquelle le droit aurait du mal à s'appliquer. Voilà, ça me pose problème parce que je vois bien qu'on se bat avec le langage humain, le langage juridique et que eux se battent avec le langage de la machine. Et ce langage de la machine, nous nous n'avons pas de contrôle dessus. Merci monsieur le président. Vous avez parfaitement raison mais après c'est la bataille qu'on doit mener et c'est une bataille. DSA et DMA c'est le début et on on s'est beaucoup battu.
Je peux vous dire que la France y a joué les avant-postes mais c'est chaque jour menacé. D'abord parce qu'il y a d'autres États en Europe qui pensent que il faut pas réguler. Ça existe. Ensuite, parce que vous avez une bataille idéologique américaine. Il y a pas un discours aujourd'hui à Washington qui se fait sous l'influence de ces grandes compagnies qui sont des soutiens de l'administration actuelle pour dire il faut il faut nous supprimer ça, ça vient ça nous ennuie. Donc elle veut il y a aujourd'hui une bataille géopolitique contre ces régulations. Mais pourquoi c'est essentiel ?
Parce que ce qu'on se dit depuis tout à l'heure, c'est que nos jeunes passent en moyenne 4h et on va y venir juste après, 4h et demi par jour sur ces réseaux. Que de plus en plus de nos compatriotes s'informment sur ces réseaux, construisent leur opinion, peut-être leur décision de vote, que de plus en plus de dirigeants s'expriment sur ces réseaux. On fait aussi là où on est et on les a délégué à 100 % à des acteurs non européens. parce que c'est ceux qui ont innové le plus vite et qui ont pris la place, mais ils sont tous américains ou chinois. Est-ce qu'on peut dire il ne respecte aucune de nos règles ? Non.
Donc il faut faire des règles, s'assurer qu'elles soient effectives et construire notre propre souveraineté numérique. Elle passe par là. Et c'est encore possible. Mais si on tient et qu'on est fort un sur les données, c'est pour ça que la France se bat pour avoir un cloud souverain. Nous on a nos propres solutions souveraines avec un cahier des charges. Il peut y avoir des acteurs américains mais ils doivent respecter nos règles. Ça veut dire les données des Européens restent détenues en Europe et les lois extraterritoriales américaines ne s'appliquent pas sur ces données. Et ça c'est un combat qu'on continue de mener et on essaie de convaincre nos partenaires.
Il y a pas unanimité aujourd'hui en Europe, hein, mais on avance et nous c'est ce qu'on fait. 2e chose c'est ce système de responsabilité. On a la base. C'est pour ça que les prochains mois sont clés. C'est la mise en œuvre de cette directive sur les services numériques. Et si on y arrive et qu'on a les premières pénalités et on a la base pour le faire, c'est un truc formidable. Sur la transparence des algorithmes, sur le retrait des fausses informations, sur le retrait des faux et c'est un combat politique qu'on doit mener ici avec la Commission au Parlement européen. Mais on peut le gagner. Personne n' envie de vivre dans une société où tout ça est falsifié par des intérêts privés.
Et il s'est quand même passé quelque chose, y compris depuis que sous-présidence française début 2022, on apporté ça. C'est que ces plateformes qui étaient un peu qui étaient vu comme des grands acteurs et cetera ont pris une place supplémentaire et qu'elles se sont surtout engagé maintenant dans le débat politique. Enfin, l'acquisition par quelqu'un qui a fait explicitement la campagne de Donald Trump et qui a aujourd'hui la propriété de X, c'est un changement complet. Et donc vous voyez bien que nous on a créé des tas de règles pour notre vie démocratique, des responsabilités de la presse, du temps d'audience, d'équilibre et cetera.
Et eux ils disent free speech, tu parles free speech farest total et je te pousse les contenus qui me plaisent. Ils ont leur agenda. Donc ça on doit le réguler. Et donc au-delà de ça, on doit aussi réguler les acteurs. C'est le DMA. Et ça va passer par quoi ? des capacités comme on en a avec la politique de concurrence à de mettre des stops et des pénalités très fortes. Et on a montré ces dernières années qu'on savait le faire parce que on avait mis en place juste avant une politique par exemple contre la vente liée et les billets de marché que par exemple des Google et autres des grands acteurs pouvaient avoir qui troublaient le fonctionnement des marchés.
Il vous faisait de la vente forcée, vous avez des avantages. On a mis des milliards d'euros de pénalité. Donc on sait le faire nous européens. Et donc moi je ne lâcherai pas ce combat. Je pense pas du tout qu'il soit perdu. En parallèle de ça, faut qu'on continue nous de créer des acteurs européens pour avoir de la souveraineté et des alternatives. C'est pour ça que vous me voyez parfois me battre quand on parle d'intelligence artificielle et de de modèle de d'intelligence artificielle générative, de ce qu'on appelle les large language model, les concurrents de chat GPT.
Le chat, il est créé par une entreprise française qui s'appelle Mistral et bah c'est pour ça que je me bats pour que le chat il réussisse parce que c'est bien beau de dire je veux réguler Open AI et chat GPT, on va pouvoir le réguler c'est une urgence mais s'il y a pas d'autres options, on va être ennuyé. Donc il faut aussi créer des alternatives européennes de confiance avec des gens qui nativement suivent nos règles. Mais ce combat, il est totalement possible. simplement il est minu moins le quart.
C'est si on le mène pas aujourd'hui avec beaucoup de force et et la grande difficulté qu'on a c'est qu'on a beaucoup de formations politiques en Europe qui sincèrement était pour le free speech et vivent dans un monde un peu d'avant qui était pour une parole non régulée. Vous avez des extrêmes qui voient leur avantage parce qu'elles sont structurellement avantagées par ces réseaux qui vont aux extrêmes. Et puis vous avez des puissances étrangères et là la première économie au monde, on sait pas l'intérêt et donc elle nous donne des coups de boutoir. Et là c'est un vrai choix pour moi existentiel des Européens.
Si l'Europe veut être souveraine, indépendante, libre, elle doit se faire respecter sur le numérique et donc elle doit réussir à ce que ses valeurs, à ce que les principes d'organisation du débat public, de la vie démocratique qui sont les nôtres soient respectés sur l'espace numérique. Mais c'est possible de le faire. C'est qu'une question de volonté politique. Merci monsieur le président. Minuit moins le quart, vous le dites et je vois l'heure qui tourne également chez chez nous. Julia, je me tourne vers vous. Euh vous avez 21 ans, vous êtes étudiante en master à l'École supérieure de de journalisme.
Une petite question qui est droit fil d'une d'une réglementation peut-être un projet presque utopique, mais décrivez-le nous. D'abord, bonjour monsieur le président, bonjour monsieur le ministre et bonjour à toutes à tous. Avant de commencer, je voulais simplement vous remercier pour votre présence, remercier la Voie du Nord pour cette conférence parce que c'est une superbe opportunité et remercier toutes les personnes présentes aujourd'hui. Euh ma ma question, elle concerne plus euh le niveau international.
Je voulais savoir comment une instance internationale par exemple comme pour l'Organisation mondiale du commerce, elle pourrait permettre de créer justement un cadre commun pour tous ces gens tous ces enjeux liés aux ingérences, à la souveraineté et à la dépendance numérique et dans le prolongement aujourd'hui c'est quoi les freins à la mise en place d'une telle organisation et comment on pourrait les lever ? Merci. Merci beaucoup. Alors la grande difficulté c'est qu'on a pas la même approche au niveau international. Donc on a des forums qui existent sur la gouvernance numérique. Donc ça ça existe. On a des forums de discussion qui sont abrités par l'ONU.
Il y a eu un gros travail qui a été fait par les Nations- Unies sur le numérique et sur ces sujets sur l'intelligence artificielle et les réseaux. Mais on n pas formellement un traité qui délègue à une organisation la régulation de tout ce qu'on se dit. D'ailleurs, pour une partie, il faut pas que ce soit régulé par des États ou autres pour des raisons que j'évoqué tout à l'heure parce qu'il y a pas de consensus non plus. Et donc aujourd'hui, c'est quoi la l'ordre international sur les questions qu'on évoque depuis tout à l'heure ? Les États-Unis, bah en fait, ils ont de facto décidé le PH West. C'est ça. Est-ce que c'est soutenable ? Moi, je crois pas.
Mais je suis pas ni élu aux États-Unis, ni citoyen américain. J'ai beaucoup de respect pour cette démocratie et bon courage à eux. Mais eux, ils ont décidé qu'en fait c'était ce qu'on appelle les Seven Magnificence, les sep très grandes boîtes qui d'ailleurs font toute la création de richesse des dernières années dans leur indice boursier, qui ont pris tout le pouvoir et qui ont des gens qui accumulent la la richesse. Ils ont en fait, ils leur ont dit "Bah faites-y, faites le job." Et ils ont décidé d'être un peu copain avec eux. Si je schématiser les choses, est-ce que c'est soutenable pour une démocratie ? Non.
Et en le parallèle de ça, vous avez un bon symptôme, que c'est pas un très bon signe pour la vie démocratique et informationnelle, c'est que les États-Unis ont tué des milliers de journaux, en particulier de presse quotidienne sur les dernières années parce qu'ils sont installés dans un système où il y a plus de valeur pour l'information indépendante, libre, déontologique. Donc ça c'est un modèle américain qui est au fond ultralibéral mais qui se part à mes yeux aujourd'hui de valeurs qui correspondent à nos démocratie, c'est-à-dire liberté de parole et on ne régule pas.
De l'autre côté à l'opposé la deuxième grande économie au monde, la Chine, elle elle a décidé de tout contrôler et c'est dans la main du gouvernement. Alors elle a fermé beaucoup de ces plateformes et puis quand elle en a par exemple leur TikTok à eux puisque c'est une entreprise chinoise n'a rien à voir avec notre TikTok à nous. il est limité en heure de de en heure d'exposition par jour et c'est du contenu pédagogique pour les enfants. Donc eux, ils ont totalement intégré que c'était une guerre cognitive dans laquelle on était lancé.
Et leur stratégie c'est de dire ce qui rend les jeunes ma boule, je vais leur envoyer et ce qui rend mes jeunes plus intelligents, je vais me le faire chez moi. Je schématise mais c'est exactement ce qu'ils font. Et nous on est les couillons au milieu du service à dire "Allez-y les jeunes, mangez ça. Ils en mangent pas chez eux mais ils nous l'exportent". fou. Ça c'est la Chine. Après vous avez d'autres puissances autoritaires au milieu qui disent "Nous pas d'internet chez nous, les Russes et d'autres." Alors, ils sont très malins pour intervenir.
Et puis au milieu, vous avez les grands émergents et les démocraties libérales et on se débat avec nos principes, nos traditions et c'est le débat qu'on a pu tout à l'heure, c'est-à-dire par le débat public sans doute imparfait, parfois trop lent et cetera, mais on va construire, on est en train de construire de fait des mécanismes pour commencer à mettre de la régulation. Donc je pense qu'on peut pas aujourd'hui à court terme faire une organisation internationale qui régule, mais je pense que un on peut le faire monter dans les démocraties occidentales et peut-être construire une coalition d'acteurs.
Sans doute les Européens, je pense que les latino-américains, l'Asie du Sud-Est et le Pacifique et une partie du continent africain peuvent nous suivre sur cet agenda. Ça, je pense ça doit être notre priorité. Mais déjà faut foncer sur l'Europe pour mettre en œuvre. La deuxième chose, c'est que je pense qu'il y a des acteurs qui peuvent nous aider et je pense que les journalistes et les universitaires ont un rôle très important parce que ce sont des des professions qui ont un rapport à la nature de l'information et qui n'est pas lié au pouvoir politique. Et ça c'est très important de ne pas perdre de vue ce point.
Je l'ai fait à plusieurs reprises dans notre échange, mais au moment où on doit lutter contre la désinformation, au moment où on doit lutter, retrouver de l'esprit critique, le rôle de l'État, c'est de donner un cadre sincère et impartial. Mais ça ne doit jamais être de dire ceci est vrai ou faux. Parce que là, le grand risque c'est de redevenir des régimes autoritaires. Par contre, le rôle des journalistes partout dans le monde est travaillé autour d'initiative de labellisation comme je l'évoqué tout à l'heure. Et ça, c'est ce que Reporter sans frontière a commencé à bâtir. Je pense c'est très très fécond.
Se dire à travers le monde, on a un label et on dit ceci est fait par des journalistes, ceci n'est pas fait par des journalistes. Ce qui vous donne quand même une orientation. Et la deuxième chose, c'est les universitaires. Et je pense qu'on doit aller de plus en plus quand on parle de science, quand on parle d'autres choses pour là aussi qu'il y a une validation par des gens qui ont une autorité académique. Ils peuvent être d'accord ou pas d'accord mais même dans leur désaccord, des universitaires savent dire ceci est une information scientifiquement établie ou ceci n'en est pas. Et donc ça aussi c'est quelque chose qu'on doit continuer à consolider.
Voilà peu près la géographie des Merci monsieur le président. Je vous propose d'en terminer là pour cette partie et Laori de passer à la 3è partie. On enchaîne avec en effet une troisème partie qui est dédiée à la jeunesse hyper exposée aux écrans. Alors en avril 2024, monsieur le président de la République, vous aviez chargé une commission d'évaluer l'impact de l'exposition des enfants et des adolescents aux écrans. On a eu Servanne Mouton au téléphone il y a quelques jours, neurologue et coprésidente de ce groupe d'experts et Serv Mouton nous disait que plus d'un an après ce rapport, il reste encore beaucoup à faire.
Alors, pourtant, il y a eu un un consensus très net sur les effets négatifs des écrans. Alors, elle nous lissait à l'oreille que l'instabilité politique n'est pas au suivi des dossiers quand les ministres s'enchaînent. Heureusement, quand même, des mesures ont été prises. On pense notamment à l'interdiction des écrans dans le collectif pour les moins de 3 ans depuis le 3 juillet dernier. Et on se pose la question, est-ce qu'il faut pas aller un peu plus loin ? Hier, les députés macronistes ont déposé une proposition de loi pour interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Je pense qu'il y en a qui vont raller dans la salle.
Ce texte propose également d'établir un couvre-feu numérique pour les 15 ans entre 22h et 8h du matin ainsi que l'interdiction des smartphones dans les lycées. Je pas je pense pareil, ça va un peu un peu grincer des dons. Il est question au milieu de tout ça de la santé de nos ados qui sont touchés par des contenus violents, des contenus pornographiques, par du cyberharcèlement, parfois par de la propagande d'embrigadement. Face à cela, on retrouve des parents qui se demandent un peu comment protéger leurs enfants, qui sont un peu perdus. Donc on se demande comment l'État peut les aider.
Euh à titre d'exemple, votre ancienne ministre Clara Chapaz avait engagé un combat face à TikTok au moment du skinny Talk. Ça doit parler notamment chez les jeunes. Ce ce hashtag qui avait été lancé et qui invitait donc les jeunes filles vers des conseils extrêmes pour maigrir. La ministre Clara Chapaz a réussi après un combat acharné dit-elle à faire retirer ce hashtag. Pipon, ça a été très très laborieux. Donc on se demande comment l'État peut aussi aider sur ces combats. Quelques chiffres Julien ?
Oui, s'il s'affiche 4h11, c'est le temps quotidien et vous l'avez euh mentionné tout à l'heure, monsieur le président, le temps quotidien moyen passé devant les écrans par les enfants et adolescents de 6 à 17 ans. 9 français sur 10 sont favorables à l'interdiction des écrans dans les lieux collectifs de la petite enfance ou dans les écoles maternelles. Ça a commencé mais le combat est loin d'être gagné. 84 % des Français seraient prêts à renoncer à l'achat d'un portable avec ou sans internet accès internet à un enfant avant l'âge de 11 ans. Et là aussi, on imagine déjà les batailles domestiques.
Alors pour commencer cette partie dédiée à la jeunesse, on voulait donner la parole à Gaspar Gaspar 6 pour un témoignage puisqu'il a été victime de cyberharcèlement. Alors bravo à lui parce qu'il accepte de nous raconter ceci. Donc allez-y Gasp. Monsieur le président, en avril en avril 2020, en plein confinement dans une séquence tournée par un média local, j'expliquer simplement comment se déroulait mon confinement en prenant des nouvelles des personnes isolées, en m'inscrivant sur la plateforme de la réserve civique. Enfin, je je passe la suite. Et aussitôt le reportage s'est mis à circuler sur les réseaux sociaux.
Ces réseaux sociaux qui n'ont pas tardé à m'harceler du fait peut-être de mon style différent, de ma différence invisible. notamment sous des pseudos. Une période que j'ai vécu très difficilement, vous vous en doutez, des jours, des nuits difficiles, même des idées noires. Des questions que je me suis posé et que se posent également les personnes touchées par ce fléau. Pourquoi ? Pourquoi un tel cyberharcèlement ? Le cyberharcèlement, c'est une forme de harcèlement. Les personnes qui cyberharcèlent, elles sont derrière un écran. Les mots ont un énorme impact. Merci merci de témoigner, d'avoir le courage de le dire et on l'émotion est perçue par tout le monde.
Le harcèlement, c'est un comportement de meut cruel. C'est des jeunes ou des moins jeunes. Il y a pas besoin forcément d'être jeune pour harceler qui vont se mettre contre quelqu'un pour le faire souffrir, l'humilier et tout ce qu'on se dit depuis tout à l'heure, on voit bien le grand risque des réseaux sociaux. C'est comme on est caché, comme c'est déréalisé. Et bien ça pousse plutôt aux extrêmes, ça incite à la montée. Ça donne encore plus de voix à ceux qui sont plus bêtes et au fond ça nous ramène largement en arrière à des comportements qui sont les plus grégères. C'est le pire des foules. Et donc oui, sur le numérique, vous avez des comportements de meut.
Donc je suis comme tout le monde, je pense ici très ému de ce que vous venez de dire et de ce que vous avez vécu. Et merci à la fois de témoigner pour pour beaucoup. C'est pour ça que le harcèlement, c'est quelque chose contre quoi on doit lutter avec force. On le fait à l'école, je le rappelais tout à l'heure, le ministre porte et c'est quelque chose qu'on avait lancé avec Jean-Michel Blanquer qu'on a jamais lâché. Harcèlement, lutte contre le harcèlement à l'école avec des références. c'est qu'il y en a plusieurs qui sont ici qui sont engagés dans leur collège ou leur lycée avec le leurs profs comme ambassadeur et comme vigie et ça continue en ligne.
Et donc c'est pour ça que c'est un des sujets sur lequels on veut activer à la fois la modération obligatoire, le retrait immédiat des contenus et évidemment la responsabilité des plateformes. On a changé la loi comme vous le savez sur le cyberharcèlement en particulier pour nos élèves puisque on a mis en place des systèmes d'éloignement si je puis dire du harcelur pas seulement de son école et de son lycée, je parle sous contrôle de notre ministre mais de fermeture des comptes de celui qui harcèle et s'il reprend ça peut se fermer pendant des mois voir être définitif pour les récidivistes parce que c'était un des grands problèmes qu'on a vu.
Et donc maintenant celui qui harcèle en ligne il est poursuivi, il est puni, il peut voir son compte fermé. Donc on a on a créé comme ça des obligations, mais là aussi ça court tellement vite compte tenu du fonctionnement des réseaux qu'il faut rien lâcher. Et je pense que ça passe également par la sensibilisation. Et donc je simplement à travers vous pouvoir dire à tous ceux qui en sont victimes, enfants, adolescents ou adultes qui sont pas seuls que il faut tout de suite dénoncer, le dire aux proches, se protéger. et se protéger, ça peut être aussi se déconnecter, ne pas lire, mais tout de suite porter plainte et se protéger avec les uns et les autres. Merci à vous pour le témoignage.
Merci Gaspar. On va donner la parole à une maman maman de deux jeunes ados, Laurola Sillon qui est juriste et qui nous vient de Merchin qui est un skate pour la santé mentale des jeunes comme comme beaucoup de monde ici qui s'interroge aussi sur le rôle des parents. Bonjour monsieur le président. Euh donc j'ai la chance d'avoir deux enfants ados et donc j'ai je suis en plein dedans, on va dire.
Donc pour je constate alors ce que je déplore c'est effectivement comme vous l'avez dit c'est le retard hein dans dans la prise de conscience de tout ça parce que moi ma fille a eu son premier portable à 12 ans et demi et encore parce que j'ai tenu bon on va dire parce que sinon elle avait déjà des amis qui l'avaient en ses main c'est très très jeune. Et donc l'interdiction en soit mais c'est formidable hein. J'ai vu ça en début de semaine, je me dis super, c'est youi.
Sauf que malheureusement le l'interdiction va être détourné, c'est que les parents vont donner leur téléphone portable et que ce sera aussi la porte ouverte à bah à l'accès aux réseaux sociaux parce que ben quand ils sont petits par exemple, bah on a la paix hein, on leur donne et puis ils circulent enfin ils sont dans leur coin et ils sont tranquilles, on fait ce qu'on veut pendant ce temps-là.
Donc la question ce serait aussi d'éduquer les parents au danger de des réseaux sociaux pour que euh je pense que même dès la maternelle hein quand il y a les réunions de parents, enfin parents prof de voilà d'instituteur de de tout de suite mettre ça dans les dans les débats de dire le réseau social c'est pas pour un enfant c'est pour plus tard parce que il y a une une addiction qui va se créer après on dort pas très bien et là effectivement je vous rejoins sur le fait la coupure nocturne, ben ça c'est indispensable hein.
J'ai la chance que pour les miens, voilà, ils coupent de même, ils savent voilà, je me bats pas sur ça, heureusement mais j'ai je qui n'en peuvent plus non plus parce que c'est très difficile de leur enlever des mains. Donc est-ce que comment faire pour que les parents puissent être sensibilisés à cette préservation de le de la santé mentale de leurs tout petit eux ? Est-ce que c'est surtout ça le le le problème ? Dès qu'un petit l'a dans les mains, bah c'est fini. Voilà. Alors, merci beaucoup madame. Et vous décrivez bien un peu la solitude des parents, mais c'est normal parce qu'il y a une accélération technologique folle.
Alors, on n pas rien fait, on on est en train là d'accélérer parce que aussi il y a un consensus scientifique qui s'est établi et euh Mouton à juste titre vous a dit ce qu'elle pensait. Pour avoir reçu le rapport, c'était pas unanime il y a un an chez ceux qui ont écrit le rapport. Donc on fait converger tout ça. Qu'est-ce qu'on a fait ces dernières années ? On a d'abord commencé par les portables, c'était pas gagné hein. Donc on s'est battu pour enlever le portable à l'école pour dire faut des règles.
On a mis des lois pour qu'il y ait un contrôle parental pour que justement pour nos enfants et nos jeunes ados bah il puissent pas y avoir tous les réseaux sociaux sur le portable et qu'on mette en place d'autres téléphones qu'on vend qui un contrôle des parents. Ça c'est les lois de ces dernières années fait par les ministres et parlementaires successifs. On a expérimenté, on a commencé le le retrait du portable dans les collèges généralisé à cette rentrée.
Je crois que tout le monde peut dire ça marche super bien, les retours sont bons, je parle sous le contrôle de notre ministre et donc ça faut vraiment le consolider parce que ça marche très bien et je demande à tous les parents d'être avec nous. Je pense qu'il y a plutôt une adhésion mais il y avait une habitude qui était liée à l'inquiétude, il a son portable ou elle a son portable donc ça me rassure. Mais quand la cloche sonne jusqu'à ce qu'elle sonne pour la fin des cours, pas de portable et ça fait du bien à tout le monde et c'est la seule manière de pouvoir apprendre à l'école.
On veut le compléter le ministre est en train de travailler sur le lycée et puis on veut le compléter en effet par une pose numérique qui est une bonne chose. Mais ça j'ai envie de dire quand vous me parlez du contournement. Bah la pose numérique comme la fin des réseaux sociaux. Oui, les parents qui veulent bricoler, ils peuvent le détourner. Mais vous savez quoi ? Vous pouvez donner de la bière à votre nourrisson aussi, hein. Donc simplement quand l'État pose une règle et ben ça aide tout le monde parce que ça fixe un interdit. Et là aujourd'hui, jusqu'à présent on avait pas fixé de règles. Donc il y avait une forme de la norme n'était pas connue si je puis dire ce qui est bon ou pas bon.
Donc les familles étaient un peu livrées à elle-même. Maintenant, qu'est-ce qu'on peut dire ? Un, le portable, c'est pas bon quand on est jeune, quand on est ados, en tout cas, c'est pas quand on est en cours. Et ça peut pas être le soir. Et avant 15 ans, c'est pas bon d'avoir un portable qui a des réseaux sociaux. De les écrans parce que la commission a d'abord rendu sa conclusion là-dessus. Là, c'est pareil, c'est pas une loi qui va interdire, mais ce qu'on dit, la préconisation partout maintenant, on la généralise avant 3 ans, c'est pas bon de mettre un écran. avant 3 ans.
Et donc c'est ce qu'on maintenant on va diffuser à travers tous ceux qui accompagnent les jeunes enfants et leur famille. Pas d'écran avant 3 ans. Il y a quand le pas d'écran avant 6 ans avant pour proscrire. Ensuite, c'est un usage très réduit avant 6 ans. Je je dis je dis le consensus scientifique, c'estàd c'est pas une décision qui est politique et arbitraire. Elle a été nourrie par un travail scientifique ensuite le plus réduit jusqu'à 6 ans.
On est d'ailleurs en train, mais la France était plutôt dans un modèle intermédiaire de de bien regarder l'usage des écrans dans la pratique pédagogique, mais des modèles qui étaient allé au tout écran par exemple quand comme les scandinaves sont en train de revenir en arrière marche forcé parce qu'il voi bien les perversités de ce modèle pas très bon. Et nous-même on fait très attention avec les prenotes et autres sur les horaires pour respecter une pause numérique avec les parents et les enfants, ceux qui en ont ou qui connaissent. C'est-à-dire l'actualisation à 23h, c'était pas une bonne idée. Bon euh donc ça aussi on revient et en fait on se régule tous.
Donc ça c'est ce qu'on est en train de faire. Et puis après au-delà de la pause numérique le soir, je crois que ce à quoi il faut aller pas je crois ce qu'on veut faire c'est d'interdire les réseaux sociaux au moins de 15 ans. Et donc là il y a un consensus scientifique qu'on a bâti il y a progressivement il y a un an. Il y a eu la commission écran. Mais sur cette base là, moi qu'est-ce que j'ai commencé à faire ? Je leur ai dit, vous devez diffuser bâtir deux, on a commencé une campagne européenne parce que la France peut pas être totalement seule en Europe à faire ça.
Je vais pas rentrer dans la technique parce que sinon on peut contourner très facilement en passant par des VPN ou autres quoi. Et donc qu'est-ce qu'on fait ? On a commencé à créer une coalition. Plusieurs États nous ont rejoint du Sud au nord. Donc là, on est commence à être une petite dizaine d'états.
Et donc là ce que je souhaite, mais je veux aussi bâtir du consensus, c'est le pour moi c'est là où ces débats sont importants, c'est de pouvoir début d'année prochaine arriver à un texte qui porte en effet, c'est pour ça que c'est très bien là, je demandé au députés qui qui lance aussi le débat parlementaire, mais un texte qui permet de dire au moins de 15 ans, bah plus de réseaux sociaux, on a déjà tout ce qu'on a fait sur les portables, continuer au lycée et puis pause numérique de soi et des mécanismes de protection. Après, on a encore quelques sujets auxquels il faut réfléchir qui sont pas neutres. On dit réseaux sociaux. Les boucles de messageries sont pas des réseaux sociaux.
Donc aujourd'hui, dans le texte tel qu'il est fait, ce qu'on a fait avancer, on peut le faire. Pourquoi ? Je pas c'est quelque chose que me permet DSA. pour revenir à la question de Lila tout à l'heure parce que le DSA me permet la la directive sur les services numériques, elle me permet de demander la vérification de l'âge aux plateformes. Et donc en juillet dernier, c'est aussi pour ça que ça nous a pris du temps par rapport à la commission. On a fait tout ce travail juridique.
On a eu la réponse de la commission, mais ça m'a pris 1 an, qui nous a dit "Vous pouvez demander, comme on l'a fait pour les sites pornographiques, de vérifier l'âge sur les réseaux sociaux." Et elle a dit par ailleurs, c'est la responsabilité des États de définir une majorité numérique. Donc sur la base de ce qu'on a obtenu en juillet dernier au niveau européen, je rentre dans la technique pour que vous compreniez pourquoi ça prend du temps. Moi, j'ai eu cette réponse à l'été.
Maintenant, je construis ma coalition avec d'autres partenaires pour dire on va pouvoir passer des lois au niveau national pour dire à des plateformes, tu dois vérifier l'âge de qui rentre sur ta plateforme s'il a moins de 15 ans, tu peux pas lui donner accès. Donc maintenant, on a la base. C'est ce qu'on veut pouvoir faire en janvier. Mais il y a, je disais WhatsApp, un angle mort, c'est que ces messageries qui ne sont pas des réseaux sociaux, sont pas dans ce texte WhatsApp, elles ont mis maintenant des IA. Vous avez un agent IA sur votre WhatsApp, échapper à personne.
Bah pour un jeune de 13 ans, si vous lui laissez le WhatsApp, c'est pas mieux qu'un réseau social parce qu'il a un agent avec lequel il converse qui commence à lui et et qui peut rentrer dans des logiques qui sont pas bonnes non plus. Donc ça aussi, on doit réussir à l'attraper. Voilà. Donc voilà un peu la ligne et donc j'ai conscience de tout ce que vous vivez et en vrai il y a un un universitaire américain monsieur Art qui a fait un livre qui s'appelle Lost Generation. Les générations qui ont eu l'expérience des réseaux sociaux quand on le découvrait tous en temps réel. C'est elles qui nous ont appris.
ont appris avec nous et c'est vrai que du coup ça a été beaucoup plus dur pour les familles. Moi je considère que ma responsabilité, notre responsabilité c'est maintenant compte tenu de ce qu'on sait de dire voilà les règles, de plus laisser les familles tout seul, de mettre des règles, de poser des interdits et après si elles veulent les contourner, OK mais ça ça changera quand même beaucoup de choses. Et quand on voit le constat, je m'arrête là-dessus. Vous l'avez un peu évoqué mais je le dis pour que tout le monde prenne conscience et y compris les plus jeunes parce que j'ai conscience c'est pas forcément drôle de dire "Vous aurez plus droit au réseaux sociaux".
c'est que dans la génération qui est rentrée avec les réseaux sociaux en 2015, on a vu une épidémie, une épidémie de trouble du comportement alimentaire, surtout chez les jeunes filles parce que exposition à des réseaux et des normes de corps de beauté qui pousse à voilà une épidémie de trouble de l'attention. Pourquoi ? Parce que quand vous scrolllez, vous êtes habitué à être excité par une vidéo qui dure quelques secondes et tout de suite faut en chercher un. et des jeunes qui vous disent d'ailleurs qui peuvent pas qui peuvent plus rester.
Donc il y a une perte de lecture chez dans toute cette génération et même des jeunes qui vous disent dans les verbimen beaucoup en débat qui vous disent moi j'arrive plus à regarder un film c'est trop long. Et donc vous avez une société au fond où on a détruit la capacité à être attentif et donc à apprendre et donc à supporter l'autre et à vivre en société et donc à pouvoir mener une délibération à un débat. Et donc tout ça, il faut qu'on arrive à le corriger à travers ces mécanismes de régulation pour protéger nos jeunes. Et en fait, on sait maintenant qu'avant 15 ans, bah c'est pas bon d'être exposé à tout ça.
Et après, il faut accompagner les plus de 15 ans et on y reviendra, je pense dans le dernier thème. Mais il faut apprendre à aller sur ces réseaux, faut avoir des réflexes, faut être habitué parce que c'est pas innocent. Sur la logique de l'attention, monsieur le président, vous voyez, ils sont encore tous attentifs. C'est une très bonne nouvelle. Thème que souhaitait aborder Grégory Desbonet, 56 ans, vous êtes directeur général de l'association Au mieux à Lille. Vous venez en aide aux familles en difficulté sociale. Par ce prisme là, vous rencontrez pas mal de jeunes et vous vouliez nous parler de d'enrôlement des jeunes. Absolument. Merci. Bonjour à toutes et tous.
Bonjour monsieur le président. Oui, pour dire pour compléter en quelques secondes mon travail, c'est qu'on intervient dans des familles en difficulté sociale de la métropole, ces familles n'ont plus de repère. Donc on essaie de recréer un lien bien sûr social mais un lien surtout parental et on essaie de recréer une autorité parentale ou en tout cas aider à retrouver une autorité parentale parmi ces jeunes. Et effectivement la question qu'on peut se poser qu'on se pose.
J'entendais Céline Berton la semaine dernière sur France info donc qui est DG de la DGSI parler de l'enrôlement de du mouvement islamiste sur les réseaux sociaux et que de plus en plus de jeunes étaient attirés ou étaient conditionnés par ces publicités, enfin je vais les appeler comme ça he par ses publicités et elle citait des jeunes qui étaient très jeunes. Ça a commencé à 10 ans, 12 ans, 15 ans, vous en parliez à l'instant. Comment fait-on ? Comment peut-on faire ?
au niveau de l'État français pour protéger ces jeunes surtout dans mon cas où ils n'ont plus tellement de repères familial où vous parliez de voilà d'arrêter de de stopper les les réseaux jusqu'à 15 ans à partir de d'une certaine heure. Il y a plus de réseau. Les jeunes qui sont dans l'aide sociale à l'enfance, que font-ils ? Les gens qui n'ont plus les les jeunes qui sont encore à 22h dans la rue parce que les parents ne sont plus là, comment fait-on ? Comment peut-on aider ces jeunes à ne pas être enrôlés et à commettre l'irréparable ? Merci beaucoup monsieur et merci pour cet engagement.
D'abord deux choses pour être très précis ce que je décrivais sur l'interdiction pour les moins de 15 ans. Comment on veut comment on va faire ? On va mettre en place une obligation pour toutes les plateformes de vérifier votre âge pour tous les utilisateurs de cette plateforme. Alors ça pourra se faire très simplement par un selfie, par des mécanismes de code et cetera. Ce qui veut dire qu'un moins de 15 ans ne pourra pas rentrer sur la dit plateforme. C'est pas une question d'autorisation parentale, c'est une interdiction avec des mécanismes de vérification. Et un, c'est techniquement faisable puisqu'on l'a testé depuis maintenant plusieurs années sur les sites pornographiques.
Ça leur pose beaucoup de contraintes, on aura beaucoup de résistance mais on sait que ça marche, que c'est faisable et que c'est fiable. Donc c'est une interdiction stricte sur les moins de 15 ans vers laquelle on veut aller pour qu'un jeune même quand il est à l'aide sociale à l'enfance ou même quand il est en effet dans une famille de placement dans une famille qui a éclaté qui est en souffrance et bien ça s'applique aussi à lui.
La deuxième chose sur l'enrôlement, ce qu'a décrit la directrice générale de la sécurité intérieure, ce que vous avez rappelé, c'est des choses qu'on a maintenant clairement établi des uns pour des tas de raisons, il y a on a autre chose à faire et cetera et le désarroi de beaucoup de jeunes, le désarroi de beaucoup d'associations, de gens de l'éducation populaire et autres, de beaucoup de profs et la solitude des familles que madame a exprimé qui disent nous on sait plus quoi faire. Et quel que soit d'ailleurs le milieu socioprofessionnel mais avec une très grande injustice, c'est que des familles qui sont explosées ou des jeunes tout seul, c'est terrible. C'était quoi votre déclencheur ?
C'est une série de rencontres comme ça et surtout la conviction à partir du rapport que m'avait rendu monsieur Broner sur justement le le les lumières à l'âge du numérique qui est sur l'esprit critique thème qu'on va aborder maintenant et euh la commission écrante se dire il se passe quelque chose. Il y a eu un très bon livre qui a été fait par monsieur Hart qui a été là aussi une révélation pour beaucoup de gens. Il est témoignage. Aujourd'hui, c'est impossible d'aller dans une école ou un collège sans qu'on vous parle de ça. Quand j'ai fait il y a un an et demi un des déplacements que je fais régulièrement en lycée professionnel, j'étais venu pour parler de la carte des formations.
J'avais des jeunes qui me parlaient que de leur fatigue d'être devant les écrans et qui d'ailleurs maintenant la verbalise parce qu'il y a une maturité des lycéens qui ont été la génération qui s'est fait tout le collège avec ça et des jeunes qui vous disent moi j'étais en 3e je passais 6h30 par jour sur les réseaux j'en ai connu et qui ont dit j'ai demandé à mon prof de me fermer mon TikTok parce que moi j'y arrivais pas et donc collectivement insidieusement on a laissé s'installer un système en fait d'addiction de dépendance chez nos jeunes et je dis ça c'est la faute à personne et notre responsabilité à tous mais en tout cas on n' pas le droit de ne pas regarder cette situation en face mais simplement tout ce qu'on est en train de faire ça peut pas juste être des lois et des décrets s'il y a pas d'adhésion des jeunes des familles des profs des associations qui sont les partenaires des élus ça marchera pas donc faut qu'il y ait un peu un sursaut collectif on va justement terminer en donnant la parole à un jeune lycéen de 16 ans.
Félix Sudre tu viens de Ville-nu d'Asque. Tu as eu ton premier téléphone en 5e, ça ? Je te laisse la parole. Monsieur le président, monsieur le ministre, bonjour. Merci pour votre temps. Euh je m'appelle Félix, je suis lycéen bénévole à l'association Bacado qui a pour but d'aider les jeunes à vivre plus longtemps et en meilleure santé. Je vois tous les jours comment les réseaux sociaux influencent nos émotions et propagent parfois de fausses informations, surtout sur des sujets sensibles comme la santé mentale. Ma question est : comment l'État peut-il protéger les jeunes et la démocratie face à ces algorithmes sans restreindre notre liberté d'expression ?
Bah merci beaucoup, c'est ce qu'on dit tout à l'heure. D'abord, merci pour l'engagement pour le dire. D'abord, la liberté d'expression existe hors des réseaux sociaux. et et il se trouve qu'il y a des depuis des décennies des tas de générations qui ont défendu enfin acquis, défendu et pratiquer la liberté d'expression. Il y avait pas les réseaux sociaux. Donc faudrait pas laisser s'installer l'idée que si on n pas accès aux réseaux sociaux, il y a plus de liberté d'expression. En vrai, les réseaux sociaux, comme on le dit depuis tout à l'heure, ils ont quand même un danger. D'abord, le fait qu'il y ait pas de règle. Pierre, il est plus âgé que vous, me semble-t-il quand même.
Et donc, je pense que lui, il a pas été exposé aux réseaux sociaux quand il était quand il avait 11 ans ou 12 ans. Et donc, ce qu'il a dit tout à l'heure, c'est déjà une maturité de quelqu'un qui a pas envie de se faire insulter toute la journée ou d'être enfermé avec les gens. Donc, il arrive aux réseaux sociaux en étant armé. Moi aussi, tout tous ceux de nos générations, on était armé.
Vous en 5e, vous êtes pas armé pour rentrer sur les réseaux sociaux parce que vous rentrez sur un truc où on peut tout dire et vous êtes exposé à des gens qui disent tout et n'importe quoi, qui vont vous propager des doutes sur ce qu'on vous enseigne et qui sont pas du tout légitimes, fait par n'importe qui, qui a pas l'autorité académique ou scientifique et qui va créer une nature du débat à laquelle il va vous accoutumer, qui est souvent celle de l'invective, de l'insulte, de la violence langagée.
Donc notre conviction, c'est que en vrai avant un certain âge et maintenant c'est àquis, c'est-à-dire un âge auquel on est un peu près stabilisé d'un point de vue intellectuel, émotionnel, sensible, psychologique, il vaut mieux ne pas être exposé aux réseaux sociaux. Et donc d'ailleurs, il y a un débat chez les scientifiques, toujours entre 15 ans et 16 ans. On a fait 15 ans, 16 ans, c'est l'âge de majorité sexuelle dans notre pays. En plus, 15 ans, c'est raisonnable, proportionné. Il y a plutôt un consensus avec les autres pays européens pour dire 15 ans.
Et donc en vrai pour vous protéger, mon premier point c'est de vous dire avant 15 ans, le bon endroit pour la liberté d'expression ça n'est pas les réseaux sociaux. C'est de d'abord d'acquérir des savoirs par la famille puis par l'école. Et je pense qu'il faut pas lâcher tout ça. On est tous heureux de transmettre une parole enfin de d'échanger librement. Mais la clé de la clé si on veut être des républicains et des citoyens éclairés, il y a d'abord une transmission. C'estàdire qu'en fait au début, on sait quand même moins de choses que nos aînés. Pas perdre de vue ça.
Donc le rôle de l'école c'est transmettre des savoirs, des certitudes qui sont établies scientifiquement et d'avoir l'acquisition de ses connaissances. En même temps, l'école, elle nous transmet un esprit critique, c'est-à-dire elle nous apprend à apprendre et à savoir associer ses connaissances, à apprendre le doute et la méthode du doute, ce qui n'est pas la défiance. C'est là où vous êtes trop jeune pour le doute méthodologique, c'est de se dire il y a un moment donné des choses que j'ai apprises qui sont sûres peuvent être remises en cause parce que l'état de la science va changer. Mais il y a une méthode pour se faire.
C'est différent de la défiance qui est se mettre de douter de tout parce que n'importe qui dit n'importe quoi surtout réseaux sociaux. Donc vous devez d'abord consolider des savoirs, des certitudes, la transmission, l'apprentissage, l'apprentissage de l'esprit critique et la bienveillance avec l'autre. C'est ça aussi que fait l'école, être Être bien dans votre peau et être sympa avec les autres parce que c'est comme ça que marche une société, c'est-à-dire respecter les règles, respecter vos maîtres et vos parents et respecter les autres quand on fait du sport, quand on est en classe et autres et savoir s'écouter et échanger. Ça, il faut le consolider. C'est pas iné.
Et donc si on vous donne pas le temps de le consolider, on vous met en risque et vous allez être super malheureux. Et donc les savoirs, l'esprit critique, le respect, la bienveillance, c'est le rôle des parents de l'école de le faire et de tous ceux qui participent à la mission éducative. Pense toujours aux associations et et enseignements populaires qui sont des partenaires importants. Et il faut se dire qu'avant 15 ans, vous n'êtes pas prêt à être exposé aux réseaux sociaux. Mais vous pouvez commencer dans les débats en classe, dans les débats familiaux, dans les débats entre vous. Vous avez une liberté d'expression.
À partir de 15 ans, il y a une maturité suffisante, une préparation pour pouvoir rentrer dans ces réseaux. Et l'idée c'est aussi bah de vous préparer ces réseaux pour qu'ils aient des systèmes de responsabilité et que vous parce qu'on vous aura appris tout ça que vous soyez des acteurs responsables sur ces réseaux et qu'on ait réussi à faire des républicains qui arrivent à cet âge là maturité pour quand ils vont sur les réseaux pas se mettre à insulter tout le monde ou diffuser n'importe quoi mais être des codépositaires avec nous de la capacité de à délibérer tout ce qu'on fait depuis tout à l'heure. C'est me semble-t-il des exercices comme ce que font dans les mairies nos élus et autres.
C'est un exercice utile pour la démocratie. Ça s'appelle une délibération. On pose des questions, on confronte des idées, peut-être des accords ou des désaccords. On peut se faire une idée dans le respect. Ce qu'on vit depuis tout à l'heure, c'est l'exact inverse de ce que sont les réseaux sociaux. Nous voyons nos visages, on s'écoute, on structure des propos et on essaie de répondre de manière argumentée.
Pour toutes ces raisons, je pense que c'est comme ça qu'on doit faire les choses dans le bon ordre pour d'abord vous apprendre, vous permettre de devenir adulte d'un point de vue émotionnel, affectif, intellectuel, transmettre des valeurs et des et des connaissances et ensuite vous permettre d'être justement prêt à la fois protégé et prêt à à arriver dans les réseaux. Merci à vous monsieur le président, j'ai plus l'oreillette mais j'ai le regard noir de mon collègue donc je pense qu'il faut qu'on accélère un petit peu. Non de de fait on on voit le temps qui tourne.
Donc je vous propose de passer très rapidement à la 4e et dernière partie qui concerne justement l'éducation et évidemment merci à monsieur le ministre de l'éducation nationale d'être également présent pour nous permettre de comprendre comment on peut armer les citoyens de de demain. Je vais pas me pas faire une longue introduction mais simplement rappeler que il y a une question vertigineuse, c'est comment l'école peut encore transmettre des savoirs fondamentaux et former l'esprit critique de nos enfants quand des algorithmes opaques captent leur attention bien plus efficacement parfois que leurs professeurs aussi doués soit-il.
La France a pourtant pris des mesures ambitieuses he dès la rentrée de cette année. Tous les élèves de 4e et de seconde doivent suivre une formation obligatoire à l'intelligence artificielle. Mais comment intégrer cette intelligence artificielle dans l'éducation de manière éthique et réfléchie ? Enfin, il y aura peut-être une luurre d'espoir à offrir. Vous nous direz, monsieur le président, peut-être en quelques mots, comment aider les initiatives les initiative de réseaux sociaux éthiques, mais aussi aider la presse de manière générale, la presse de qualité qui offre une information qualifiée. Et peut-être Lauri quelques trois chiffres très rapidement. Très rapidement vraiment.
86 % des étudiants de 16 pays utilisent régulièrement l'intelligence artificielle pour leurs études. Je regarde les professeurs s'il n'y en a pas nous. 55 % des enfants en France donc déclarent avoir déjà rencontré des fausses images des deep fake et 94 % des Français se trompent au moins une fois quand on leur présente cinq photos, cinq deep fake, il y a au moins 94 % des Français qui se trompent. et je suis le premier en l'occurrence. Euh on va on va changer juste un petit peu la la règle du jeu pour accélérer. Je sais que votre temps est très compté. Euh je vais vous demander je vais passer le le mon propre micro à GAA. Éléonore.
Euh vous allez euh Ééonor Taquet, vous avez 20 ans, vous êtes étudiante en 2e année de l'être moderne. Vous aviez une question concernant l'éducation nationale et GAA auuc Cordier, vous avez 19 ans, 20 ans dans quelques jours. Félicitations, vous êtes étudiante en 3e année de sciences politiques à l'université de Lille. Vous avez aussi une question, je vous demande juste de la poser l'une après l'autre et vous pouvez répondre à vous. Bonjour monsieur le président, bonjour monsieur le ministre et bonjour à tous et à toutes.
Ma question est : "Pensez-vous que l'éducation nationale doit former les citoyens dès le plus jeune âge à un usage critique et responsable de l'intelligence artificielle au même titre que la lecture ou encore les mathématiques afin de les préparer au métier de demain ? Merci pour votre réponse. Bonjour à toutes et à tous. Bonjour monsieur le président. Euh moi aujourd'hui, je vous parle en tant qu'aspirante journaliste, inquiète pour le monde médiatique et pour ses impacts sur notre société et nos citoyens. Euh aujourd'hui, la majorité des médias en France, ils sont possédés par des millionnaires neufs, en l'occurrence.
Et tout à l'heure, vous disiez que les propriétaires des réseaux sociaux n'étaient pas forcément très philanthropiques. Je crois malheureusement qu'ils ne le sont pas non plus. Et face à ça, on a peut-être une arme en France qui est précieuse, c'est celle de notre service public audiovisuel. Pourtant, vous parliez aussi beaucoup de RSF, reporter sans frontières. La France a baissé dans le classement parce que RSF considère que le service public est fragilisé notamment depuis la suppression de la redevance télévisuelle qui a un petit peu cassé le lien direct entre les citoyens et ce service. Donc comment on peut faire ?
Comment on peut faire pour lutter contre la concentration qui a quand même certains effets néfastes quand les je vais pas les citer mais par exemple Vincent Bier possède à la fois des écoles des Oui, j'ai cité désolé possède à la fois veut à la fois posséder des écoles des médias ou encore des maisons d'édition et quand notre service public est de plus en plus fragilisé. Merci merci beaucoup. Sur la première question, d'abord notre éducation nationale et et monsieur le ministre est là et le porte avec beaucoup de force. elle a elle mis en place, elle a consolidé un enseignement justement des la fois des valeurs de la République, de développement de l'esprit critique.
Il y a eu une refonte de ces programmes, vous le savez sans doute et et donc ça ça fait partie du bagage qu'on a qui la deuxième chose, on est en train justement de consolider dès le collège et encore plus au lycée une formation à l'esprit critique à l'ire du numérique, la préparation justement à dans le cadre des enseignements et on le voit à la fois dans le la maquette de l'enseignement général comme dans des options qui sont prises se renforcer cette capacité à former nos jeunes élèves.
Et donc ça, je vous confirme que c'est quelque chose qu'on va faire en parallèle dans les chantiers que nous avons ouverts, il y a la formation des maîtres parce qu'il faut pas sous-estimer le fait que beaucoup des enseignants aujourd'hui doivent aussi être formés à cela. Et donc c'est aussi pour ça qu'un des chantiers prioritaires, c'est la formation des enseignants à travers le programme qu'on est en train de de déployer pour se faire. Ça c'est une base. Est-ce que ça doit être enseigné comme la lecture ou les maths ? Je distinguerai deux choses. La transmission de connaissances et les inculqués l'esprit critique. Et ce sont deux choses différentes. Et je le dis, c'est important.
Le le le premier rôle de l'école, c'est de transmettre des connaissances de base qui vous permettent de de repérer, c'est-à-dire aussi des bases de certitude. C'est quand vous avez ces basesl qui sont consolidées, vous pouvez avoir après manipuler des instruments pour douter, pour avoir un esprit critique, pour les remettre en cause. Mais si vous le faites pas dans le bon, enfin moi, j'ai pas appris des cartes avant d'apprendre les additions.
Et vous pouvez comprendre le cogito cartésien et il est très important à un âge où vous avez ce recul là, vous avez consolidé des connaissance mais je pense qu'il faut qu'on fasse attention à garder quand même un socle de connaissance et pas mettre pas avoir une grande confusion entre tout ça. Donc l'école elle doit continuer de transmettre des savoirs et ils sont ils sont nécessaires pour pouvoir en acquérir d'autres parce que vous n'êtes pas n'es pas fini à la fin de l'école.
L'objectif, c'est de faire de vous des citoyennes et des citoyens libres et donc des femmes et des hommes qui vont se former peut-être après l'école mais qui pourront changer de vie, réapprendre des choses et être à la fois maîtriser des savoirs, des environnements professionnels mais des citoyens éclairés. Et donc il y a ses savoirs et puis il y a l'esprit critique à travers les enseignements, la méthode et la formation des enseignants. Je distinguerai les deux simplement un une toute petite remarque pour un peu faire réfléchir tout le monde.
Il y a un recul de la lecture qu'on voit qui est lié à tout ce qu'on se dit depuis tout à l'heure en interdisant les réseaux sociaux, en sensibilisant et avec l'aide de des profs qui font un travail formidable, on veut défendre la lecture, la remettre au cœur. Lecture et théâtre sont au cœur de de ce qu'on veut faire pour l'école. Mais je veux juste faire réfléchir tout le monde. L'intelligence artificielle c'est la meilleure démonstration que la lecture et la solution. Parce que un modèle d'intelligence artificielle générative, ça n'est autre qu'un super calcul super modèle de calcul qui a lu beaucoup de livres.
Donc dites-vous si vous voulez être comme chat GPT ou si vous voulez ressembler au chat, faut juste lire le énormément de livres parce qu'en fait c'est juste ça. Ce sont des supers ordinateurs dotés de capacité de calcul à qui on a fait ingurgiter tous les livres possibles. Mais c'est une à la lecture l'intelligence artificielle si on le regarde par cet an. Si on vient au journalisme, d'abord on a des règles aujourd'hui qui permettent de protéger notre presse. Il existe d'abord encore beaucoup de titres de presse. La Voie du Nord, on est un très bel exemple et la presse quotidienne d'ailleurs hebdomadaire régionale, on est aussi un très bel exemple.
simplement, on a une crise du modèle économique ces dernières années qui fait qu'en effet de plus en plus de grandes fortunes ont acheté de la presse. Souvent d'ailleurs des grandes fortunes qui ne font pas l'argent à travers la presse, ce qui est un mauvais signe. Et moi, j'ai un réflexe tout bête, hein. C'est un peu comme ce que je vous disais tout à l'heure sur les réseaux sociaux. Quand quelqu'un m'informe mais ne gagne pas de l'argent vendant cette information, c'est qu'il va gagner autrement. Donc, il faut toujours comprendre comment il gagne de l'argent parce qu'il y a personne qui fait ça gratuit.
Donc les réseaux sociaux, moi j'ai compris qu'il gagnent leur argent en vendant sur Mondo de la pub individualisée. Donc c'est eux, ils veulent pas m'informer. Et quand des gens qui perdent de l'argent ont un titre de presse, ça veut dire que ça leur apporte autre chose. Mais c'est pas de m'informer, c'est jouer sur l'opinion, c'est d'avoir de l'influence. C'est pas bon. Alors, on a des mécanismes malgré tout. Je veux défendre les rédactions de ces journaux que vous avez pu citer parce que il y a une déontologie journalistique, il y a des chartes et donc il y a quand même une indépendance des rédaction face à leurs actionnaires et ça c'est une chance du modèle français.
Il y a aussi une responsabilité éditoriale qui appartient aux journalistes. Donc je vais aussi défendre les journalistes qui appartiennent parfois au titre de presse qui peuvent être détenus par ces gens, c'est qu' ils peuvent tout à fait si le cadre est bien respecté agir en indépendance et il y a une charte déontologique. Donc on peut avoir un modèle où des journaux des chaînes sont détenues par des gens très riches. Si la déontologie est respectée, s'ils ont des chartes d'indépendance, vous avez des rédactions qui savent les préserver. C'est ça. C'est à vous comme lecteur, comme journaliste aussi de le défendre, de le faire valoir. Il y a des différences de culture.
Je vais pas aller plus loin entre les titres et entre les organes et c'est aussi ce qui doit créer la la différence dans la dans la confiance. Je serai en désaccord avec ce que vous avez dit sur l'audiovisuel public. Moi, je pense que la redevance qui d'ailleurs n'était plus payée par tout le monde, ce serait il y a pas que les gens qui payaient la redevance qui avaient un rapport de confiance avec l'audiovisuel public. Et si je n'avais pas sanctuarisé le montant de l'audiovisuel public par les engagements prix, vous pourriez me dire ça mais il est sanctuarisé. Et donc nous restons un pays où l'audiovisé public c'était honnêtement devenu une anomalie de la redevance.
Supprimant la taxe d'habitation, on allait pas garder la redevance à coûtait un argent fou à prélever. Il y a eu un engagement et il a été tenu de maintenir le justement l'engagement pour un audiovisuel public de qualité. Et quand vous regardez la France et que vous la comparez avec les autres européens, je pense qu'on peut dire qu'on a un modèle fort d'audovisel public dont on peut être fier. Mais faites attention, on peut pas réduire le pluralisme au modèle de service public.
Et donc dans le pluralisme, il y a un acteur de service public qui doit pouvoir faire des missions général de service public, avoir une un cahier des charges particulier que lui demande le législateur parce qu'il est financé par le contribuable et il l'est de toute façon selon le principe de l'universalité budgétaire. C'est pas parce qu'on paye une taxe affectée que ça a plus de valeur ou pas. Il a du budget de l'État, donc c'est une valeur, donc il a une responsabilité mais le pluralisme va au-delà de l'autision publique.
La clé derrière votre question me semble-t-il, c'est un on doit continuer d'être très vigilant sur les règles et l'indépendance journalistique dans tous les titres queles que soient leur détention capitalistique. Mais deux, la clé pour cela, c'est qu'on doit consolider le modèle économique de la presse en France. Et c'est tout le débat qu'on mène en parallèle avec les acteurs de la presse quotidienne, de la presse nationale, de la presse quotidienne régionale, de la presse quotidienne nationale et des presses hebdomadaires. C'est de voir comment on arrive à restabiliser le modèle économique.
Alors en ayant d'ailleurs des partenariats de confiance avec des acteurs de l'IA comme Nistral qui peuvent être des partenaires de confiance qui aident et qui développent des solution y compris de modération mais en ressincérisant les chiffres parce que on ne peut pas accepter d'être dans un pays qui va vivre qui devrait vivre je mot conditionnel parce qu'on veut l'endiguer ce que les États-Unis d'Amérique ont connu mais ce qui veut dire que nous tous citoyens on doit aussi accepter de se dire que ça n'est pas possible de s'informer de manière libre et démocratique. totalement gratuitement.
Et donc vous avez accès à l'information par l'audiovisuel public parce que vous le payez comme contribuable, mais vous devez aussi avoir accès à de l'information libre parce que vous la payez comme consommateur de cette information par en étant citoyen. Et on est on s'est un peu acculturé ces dernières années à s'informer pour rien gratuitement. Ça n'est pas un bon réflexe parce que ça veut dire de fait que vous allez laisser faire l'information par des gens qui ne sont pas payés pour ça. Et la clé pour continuer d'avoir des journalistes indépendants, c'est nous comme citoyens d'accepter de s'informer en payant ce qu'il faut pour s'informer.
C'est une somme modique mais il me semble que c'est ce qui va avec la démocratie et à côté nous de construire le cadre pour que le modèle économique soit soutenable. Il y a tout un tas de sujets techniques a Merci monsieur le président et merci de de rappeler que la différence entre certains groupes de presse et un groupe que comme celui de Rossel, un groupe de presse indépendant à qui appartient la la Voie du Nord. Dernière question hélas puisqu'il faudra nous nous quitter je me tourne vers Éloïse Scre et Elois Hardaille juste ici 24 et 23 ans.
En quelques mots, il faudra être très rapide Élois mais ça nous semblait que vous important que vous soyez là tous les deux parce que vous êtes à la à l'origine de la création d'une d'une application très importante, très utile et vous venez en plus de de gagner un prix un prix européen. en quelques mots vous expliquer votre votre initiative et la petite question qui servira de conclusion. Merci. Merci beaucoup. Bonjour monsieur le président. Bonjour monsieur le ministre. On a effectivement cofondé avec Elloïse il y a maintenant 2 ans et demi l'application Paul qui est une application vraiment de politique avec comme poser des questions tous les jours à nos utilisateurs.
Ce sont des questions qui sont soit relatives à des textes qui sont étudiés à l'Assemblée nationale soit des questions d'opinion. On rédige à chaque fois en dessous de la question un court contexte neutre. et on note les avis pour et comptes de tous les camps politiques. L'objectif étant que les utilisateurs puissent se forger un avis euh sur vraiment une pluralité d'opinion disponible. Le lendemain, on propose de relier ces votes du coup à vote de son propre député dans sa circonscription et de pouvoir voir les votes de tous les gens dans leur circonscription, au vote de l'Assemblée nationale et au vote de tous les utilisateurs à l'échelle du pays.
On a récemment gagné un acaton Google européen qui était dédié à la lutte contre la désinformation. Donc on se fait continuer dans ce sens et à innover pour lutter contre la désinformation et une démocratie permanente. Je te laisse. Et effectivement donc nos utilisateurs ont ont une inquiétude, ils ont la crainte que justement l'information et l'éducation à l'information, à l'intelligence artificielle ne bénéficie qu'à ceux qui sont entourés par des personnes qui justement savent s'informer. Et donc une question, comment éviter que cela crée de nouvelles inégalités et autrement dit aussi une nouvelle fracture, une fracture de la société française. Merci. Merci beaucoup.
Bravo pour votre initiative et plus que ça pour déjà ce que vous avez structuré. Je pense ça montre bien le comment on crée de l'esprit critique dans le débat. C'est comment on engage les citoyens et comment on arrive à à à ce que cet engagement soit pleinement actif mais avec un recul critique qui permet de de confronter les les opinions sur en l'espèce des textes mais actualité. Euh le grand risque pour l'intelligence artificielle comme pour toute rupture technologique, c'est en parmi les risques, c'est celui des inégalités, des inégalités sociales, mais aussi de l'inégalité en terme d'usage et de la séparation dans notre société.
C'est pour ça que ce qu'on pense d'abord un, il faut pas y rentrer trop tôt et trop vite, il faut être préparé à cela. de dans le bagage d'ensemble, il faut préparer nos jeunes à s'y repérer. Et donc ça c'est ce qu'on a dit sur la mission de l'éducation nationale. 3 il faut mettre des règles claires pour tout le monde d'usage et d'acquisition. Ça c'est tout le cadre qu'on va devoir mettre en place dans les années qui viennent sur l'intelligence artificielle et en particulier les agents qui est quelque chose qu'on a peu abordé aujourd'hui mais qui sera de toute façon un continent en plus des réseaux sociaux qui qui va falloir réguler.
et 4, je pense que ce travail d'éducation à la fois de médiation si je puis dire et d'appropriation, il va falloir le faire sur les adultes parce que ce qu'on a dit sur les réseaux sociaux tout à l'heure et ce que vous observez chez les plus de 60 ans qui est tout à fait vrai et qui est mesuré quand on regarde les comptes les plus problématiques sur les diffusions des des fausses informations souvent des ennemis. C'est exactement la même chose qu'on va avoir sur l'IA et la crédulité par exemple sur les contenus d'intelligence artificielle. On sait bien que des gens qui seront pas préparés, pas formés, ils seront beaucoup plus exposés.
Mais des publics qui sont beaucoup moins acculturés à cela, qui sont plus âgés, vont se faire avoir beaucoup plus vite. Et donc, si on veut éviter cette nouvelle fracture, là aussi, on va devoir mettre en place un vrai programme national pour former, si je puis dire, à cet esprit critique autant des lumières, au temps des du numérique qu'il s'agisse des réseaux ou de l'IA, il va falloir intégrer l'IA. En parallèle de ça, on va devoir aussi durcir les règles et en particulier de de signature ou d'identification des contenus qui sont faits par l'IR.
Parce que c'est en sous-jacent dans votre question, si on veut éviter la fracture, faut aussi que il soit lisible pour tout le monde qu'un contenu, une vidéo, une image est produite par de l'intelligence artificielle et n'est pas le fruit d'une situation réelle. Et et ça c'est un des vrais défis aujourd'hui. Vous avez vu, vous l'avez d'ailleurs bien mis tout à l'heure dans vos chiffres et vous avez confier vous-même que vous faisiez avoir. Vous faites avoir parce que il y a beaucoup d'images ou de vidéos qui circulent sans qu'elle ne soit taguée ou identifiée comme étant produite par de livres.
Et il faut qu'on arrive à avoir cette obligation qui permettra quand même plus simplement à tout le monde de s'identifier. Mais il en va la démocratie et le fonctionnement de la République. Et votre initiative, je trouve montre très bien que l'éducation comme la régulation qui sont deux leviers qu'on a beaucoup évoqué ce soir, ça ne règle jamais tout. Il y a la nécessité d'avoir une délibération, un travail permanent et en quelque sorte d'entretenir le muscle démocratique par des initiatives comme la vôtre. et ça ce sera aussi indispensable pour éviter la frappure. Merci monsieur le président.
Il me reste comme dernière mission que de conclure de vous remercier évidemment pour pour cette ce long échange euh de vous savoir si vous souhaitez en conclure de de quelques mots ou si pour vous tout a été dit. Merci.
Écoutez, moi d'abord j'ai des remerciements à vous faire à l'un et à l'autre pour avoir modéré ce débat, au ministre de l'éducation nationale pour tout le travail qui mène et tous les chantiers qui qu'il conduit à la tête de ce magnifique ministère et évidemment les les madame la rectrice, monsieur le le préfet à ses côtés pour mener cette action avec toutes celles et ceux qui mènent l'action de l'État et puis évidemment vous remercier la Voie du Nord, l'ensemble de la rédaction, le groupe pour l'accueil, le débat bas et vous remercier toutes et tous.
J'espère que ça aura un peu éclairé les choses pour vous, mais moi ce que je je souhaite plus que tout, c'est qu'à l'issue de ces échanges, vous puissiez continuer d'alimenter justement invivu cet esprit critique. Et si ça a fait naître en vous beaucoup de doutes ou de questions, bah c'est formidable parce que je prétends pas qu'on ait les réponses à tout. Mais ce dont j'ai la conviction, c'est qu'on doit agir et que les réseaux sociaux comme l'intelligence artificielle, c'est une formidable opportunité. Ne nous trompons pas, c'est un changement technologique et même plus que ça de d'organisation du savoir, des usages pour nos générations qui sont une chance.
Et donc faut garder mon côté, c'est comme ça que c'est arrivé. Donc je voudrais pas qu'il y a de caricature simplement on doit les domestiquer. C'est-à-dire on doit au fond se rappeler ce qu'est l'humanisme c'est que l'innovation technologique doit toujours être au service de l'humain. C'estàdire de la de la dignité des femmes et des hommes qui font notre société et du progrès de notre société. Et à chaque fois qu'on laisse une technologie prendre le devant sur nous, ne pas être maîtrisée, on court le risque de nous abîmer, de se blesser ou de laisser l'évolution de notre société à la main de ceux qui ont la maîtrise de cette technologie. Et c'est exactement ce qui est en train de se passer.
Et donc, je crois qu'il faut qu'on ait vraiment un réveil collectif pour se dire on doit protéger nos enfants et nos ados beaucoup mieux qu'on l'a fait jusqu'à là on n pas le droit d'attendre. les écrans, les portables, les réseaux sociaux, les agents d'IA avec tout ce que j'ai dit depuis tout à l'heure. Et donc là, faut assez vite agir et faudra tous qu'on soit dans une société de la mobilisation pour le faire. Ensuite, on doit beaucoup plus se former, préparer nos jeunes et nos moins jeunes à cette transformation pour se repérer, avoir des savoirs solidement d'établis et le recul pour dans ce nouvel espace distinguer le vrai du faux. Et c'est faisable.
C'est simplement ce qu'on avait appris à faire en République dans un espace dirait physique humain. Bah voilà, on va continuer à faire des républicains mais dans cet espace numérique où il y a je dirais plus de faux semblants. Mais c'est possible avec de la régulation, de la préparation, de l'éducation, du travail journalistique. 3 on doit consolider consolider absolument les piliers de notre République et de notre démocratie.
Et ça veut dire qu'il faut aussi en même temps qu'on a le doute l'esprit critique remettre un peu de confiance dans le fonctionnement de notre démocratie parce que si on laisse les réseaux sociaux faire comme ils font aujourd'hui, c'est un mécanisme à défiance généralisée.
Et donc la confiance dans les maîtres qui à l'école donne le savoir et le respect des maîtres, la confiance dans l'autorité scientifique et dans la science parce qu'elle est établie par des femmes et des hommes qui selon une méthode définissent justement un savoir et l'autorité dans ce qui représentent légitimement l'État démocratique et c'est le respect des maires des élus et cetera et du rôle de celles et ceux qui informment et des journalistes. Remettre ce principe d'autorité est essentiel à l'époque des réseaux sociaux qui nivellent tout. Toutes les paroles ne se valent pas ces parce qu'il y a simplement des un espace qui doit être structuré si on veut vivre en société.
Et donc notre défi c'est aussi de préserver l'organisation d'une société démocratique qui doit pouvoir délibérer de manière calme, être dans le respect, préparer des élections libres et continuer d'avancer avec un rapport à la vérité. au faux et la forge d'une opinion publique qui ne soit pas biaisée. Ça ça va passer par la régulation de ces réseaux sociaux, des mécanisme de responsabilité, un changement de nos lois nationales européennes, mais aussi la consolidation des piliers de notre République, comme je viens de le dire.
Et donc on doit remettre de l'énergie à faire de la délibération sur le terrain mais aussi à redonner de l'autorité à tous ceux qui sont les dépositaires de ces de ces digues mais aussi de cette fabrique de la République. Et puis le dernier point, on va accélérer évidemment tout le travail comme on se l' dit face à nos ennemis de l'extérieur et ces risques d'ingérence parce que vos exemples l'ont très bien montré, notre discussion l'a illustré mais au-delà de tout ce qu'on s'est dit, on a aussi un risque que ces faiblesses d'un moment dans notre organisation bah nous mettent à la mercie de telle ou telle attaque informationnelle.
Et la conflictualité d'aujourd'hui, elle ne se fait pas uniquement par les bombes, c'est une continuité, mais elle commence aussi par les cerveaux. Et donc ça, on doit le protéger. Je ve pas être plus long, mais merci de m'avoir offert l'opportunité d'échanger avec vous sur ce point. Mais moi, j'ai besoin de vous pour que vous continuez de faire vivre ces débats, de réfléchir à tout cela parce que ça ne marchera que si nous sommes une société qui en quelque sorte porte ses débats elle-même. De là où je suis avec le gouvernement, on va tâcher de faire cheminer des textes au niveau européen et national, mais ils ne sont qu'une partie du combat.
Le reste est un combat de principe, de valeur, de confiance dans notre démocratie, notre République et au fond, c'est le plus beau. C'est celui qui nous amène ici dans cet établissement scolaire. Merci monsieur le président. Merci à vous. [applaudissements]