Privatisation de la poste : la position de Marine Le Pen
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Êtes-vous pour ou contre la réforme de statut de la Poste ?
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Que pensez-vous de ces votations citoyennes organisées par la gauche ?
- 4:24OuverteRéponse directe
Certains disent que la libéralisation de la poste va faire baisser les prix.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Nous sommes contre. Nous sommes contre parce que nous sommes évidemment pour la défense des services publics. »
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« Trois bureaux de poste ferment par jour en France depuis le 1er janvier 2009. »
- 1:46Invité politiqueFait
« La grande poste nationale espagnole qui s'appelle Correos ne distribue plus le courrier à des habitations qui sont à plus de 200 mètres d'une voie principale. »
- 3:47Invité politiqueFait
« Ce sont eux, c'est Jospin, qui, en accord d'ailleurs, aujourd'hui avec l'UMP, a décidé, avec l'Union européenne, la libéralisation des services publics. »
- 4:40Invité politiqueFait
« À chaque fois qu'on a libéralisé un service public, à chaque fois, non seulement on n'y a pas gagné en efficacité, on a eu des services qui se sont contractés, mais de surcroît, on a eu une explosion des prix. »
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« Ceux qui sont embauchés pour renseigner les Français, eh bien, sont en réalité des Tunisiens, des Marocains qui sont sur des plateformes au Maroc ou en Tunisie. »
- 5:35Invité politiqueChiffre
« Les grands groupes s'étaient entendus sur les prix, donc pour maintenir les prix très hauts. Ils ont gagné, je crois, 6 milliards d'euros grâce à cette entente. »
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Marine Le Pen, bonjour. Vous êtes député européen, conseiller municipal d'Élin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Êtes-vous pour ou contre la réforme de statut de la Poste ?
Écoutez, nous sommes contre. Nous sommes contre parce que nous sommes évidemment pour la défense des services publics. Nous sommes aujourd'hui dans une casse systématique des services publics qui est extrêmement inquiétante pour l'avenir de notre pays. Les services publics sont un patrimoine qui a été payé par les Français, qui continue à être payé par les Français par des générations d'ailleurs de Français aujourd'hui, on s'aperçoit. Et notamment dans le rural, que c'est une véritable désertification à laquelle nous devons faire face.
On fait disparaître les casernes, on fait disparaître les gendarmeries, on fait disparaître les sous-préfectures, les tribunaux d'instance, les maternités, les collèges. Puisque peut-être que tout le monde ne le sait pas, mais les collèges de moins de 200 élèves seront supprimés dans les zones rurales et les collèges de moins de 250 élèves seront supprimés dans les zones urbaines. Je veux que vous soyez conscients de la gravité, de l'importance et de la rapidité de cette destruction, puisque trois bureaux de poste ferment par jour en France depuis le 1er janvier 2009. Pourquoi nous sommes les défenseurs des services publics ? Même s'ils peuvent être améliorés d'ailleurs, évidemment.
Mais nous sommes les défenseurs parce que le service public, c'est l'égalité entre les citoyens français. Il est évident qu'à chaque fois qu'on a libéralisé un service public, à chaque fois qu'on a privatisé un service public, eh bien on a substitué le désir de la rentabilité, évidemment de la rentabilité à court terme, à la nécessité justement de rendre un service au public. Ça a donné quoi ? Écoutez, la libéralisation de la poste, on a un exemple en Europe, c'est l'Espagne. Elle l'a fait il y a quelques années. Aujourd'hui, la grande poste nationale espagnole qui s'appelle Correos ne distribue plus le courrier à des habitations qui sont à plus de 200 mètres d'une voie principale.
Eh bien moi, je veux que les Français, mes compatriotes qui habitent dans les hameaux, qui habitent dans les montagnes ou qui habitent dans les campagnes, puissent continuer à recevoir leur courrier chez eux. Il m'apparaît tout de même que c'est la moindre des choses dans le cadre d'un pays qui se dit civilisé et qui est en réalité, hélas, en voie de sous-développement.
Alors la gauche organise dans un certain nombre de municipalités des votations citoyennes sur le thème de la réforme de la poste. Que pensez-vous de ces votations citoyennes ?
C'est problématique parce que moi je ne vois pas d'inconvénient majeur à ce que les électeurs du Front National se déplacent pour exprimer leur soutien à la poste. Mais très honnêtement, ces votations, elles n'ont aucune valeur légale. Or, il est toujours, je crois que c'est quand même emmener les Français dans un cul-de-sac que de les envoyer voter dans une votation qui n'a pas de valeur légale. Bon, ça c'est la première chose. Il y a pourtant moyen de donner une valeur légale à cette grande question de l'aménagement du territoire et de la protection des services publics. C'est de faire un grand référendum national.
Souhaitez-vous, oui ou non, le maintien des services publics de proximité, y compris dans les zones rurales ? Ça, c'est un vrai sujet de référendum. Or, le référendum d'initiative populaire pourrait parfaitement servir, justement, à demander aux Français ce qu'ils en pensent. Mais comme nos gouvernants savent que les Français sont contre cette désertification, contre cette case des services publics, croyez bien qu'on préfère les envoyer vers une votation qui ne sert pas à grand-chose plutôt que vers un grand référendum qui, lui, évidemment, aurait un pouvoir politique majeur. Ça, c'est ma première réflexion.
Ma deuxième réflexion, c'est que je suis surtout étonnée de la personnalité de ceux qui organisent cette votation. Parce qu'elle est organisée par le PS, elle est organisée par le PC, elle est organisée par la gauche, dont je vous signale tout de même qu'ils sont en partie les responsables de la case du service public. Ce sont eux, c'est Jospin, qui, en accord d'ailleurs, aujourd'hui avec l'UMP, a décidé, avec l'Union européenne, la libéralisation des services publics. Ce sont eux qui ont défendu le traité de Lisbonne, dans lequel est inscrit dans le marbre la libéralisation des services publics.
Donc je crois qu'il y a là une immense hypocrisie de la part de la gauche qui, une fois de plus, fait croire aux fonctionnaires, fait croire aux ouvriers qu'elle les défend, alors qu'elle organise de manière consciencieuse, méthodique et scientifique, leur disparition dans des instances supranationales.
Certains disent que la libéralisation de la poste va faire baisser les prix.
Mais c'est faux. C'est faux. À chaque fois qu'on a libéralisé un service public, à chaque fois, non seulement on n'y a pas gagné en efficacité, on a eu des services qui se sont contractés, mais de surcroît, on a eu une explosion des prix. Bon, ça a été vrai avec EDF, ça a été vrai avec France Télécom, et moi je prends toujours l'exemple, si vous voulez, par exemple des renseignements téléphoniques, le fameux 12 qui a disparu au bénéfice de la libéralisation. On a expliqué aux Français qu'il y aurait une concurrence et que donc la concurrence allait faire baisser les prix.
Non seulement les renseignements téléphoniques sont beaucoup plus chers qu'avant, mais de surcroît, ceux qui sont embauchés pour renseigner les Français, eh bien, sont en réalité des Tunisiens, des Marocains qui sont sur des plateformes au Maroc ou en Tunisie. Donc, moins de travail pour les Français et en plus, un coût bien plus élevé pour les consommateurs. Donc là encore, on est face à une vaste escroquerie. En réalité, on se rend compte que très souvent, lorsqu'on libéralise un service public, il y a un phénomène d'accord qui se fait entre les grands groupes. Je vous rappelle que dans la téléphonie, ils ont été condamnés pour entente.
Les grands groupes s'étaient entendus sur les prix, donc pour maintenir les prix très hauts. Ils ont gagné, je crois, 6 milliards d'euros grâce à cette entente. Ils ont été condamnés à 595 millions d'amendes. Eh bien, tant qu'ils feront douze fois la culbute, ils continueront évidemment à faire des ententes. Voilà. Donc, on voit bien que les Français sont, en l'espèce, perdants sur tous les plans, sur le plan de l'emploi, sur le plan du pouvoir d'achat. Et encore une fois, sur un plan qui me touche particulièrement, qui est celui de l'égalité des services rendus à nos compatriotes.
Merci Marine Le Pen.
Marine Le Pen