Philippe Ballard, député de l'Oise et porte-parole du RN – 18/03
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BFM Business présente
La Grande Interview
Edwige Chevrillon
Bonsoir à tous, bienvenue dans La Grande Interview Mon invité ce soir c'est Philippe Ballard député Rassemblement National de l'Oise Bonsoir Philippe Ballard Merci d'être avec nous vous connaissez bien l'exercice évidemment de par vos anciennes fonctions beaucoup de questions à vous poser évidemment on reviendra peut-être si on en sait un petit peu plus sur ce coup de fil entre Donald Trump et Vladimir Poutine l'appel est terminé visiblement, ça s'est bien passé dixit nos confrères de CNN c'est une conversation détaillée pour l'instant on n'en sait pas plus on va parler d'abord de ce qui nous préoccupe en France la question des retraites avec François Béroux droit dans ses bottes sur les 62 ans encore tout à l'heure à l'Assemblée Nationale est-ce que c'est la fin ou pas du conclave qu'est-ce qu'on fait sur les retraites on parle d'industrie de défense, guerre commerciale on a vu les chiffres de l'OCDE et de l'INSEE pour la France on voit que tout de suite c'est un impact sur la croissance et que l'économie américaine est menacée par une récession commençons d'abord par puisque vous étiez à l'Assemblée Nationale commençons par la question des retraites François Béroux qui avait un peu jeté du feu aux poudres dimanche en disant de votre manière on ne peut pas faire autrement que de rester à 62 ans on ne peut pas revenir là-dessus à votre avis est-ce qu'il l'a pourquoi est-ce qu'il a fait ça François Béroux à vos yeux vous étiez tout à l'heure avec lui il l'a redit en disant mais plus personne personne ne croit que et c'est vrai que les chiffres sont là qu'on puisse revenir à 62 ans est-ce que ça vous a étonné comment vous analysez ça vous Philippe Ballard
alors déjà on peut revenir sur ce conclave mais il était morné on va revenir sur ce conclave
non non mais d'abord sur la déclaration de François Béroux
il est dans la lignée de ce qu'il a dit dimanche dernier
oui mais pourquoi il a sorti cette phrase est-ce que c'est du François Béroux c'est très compliqué d'être dans sa tête parce que tout est un peu parfois difficile à suivre est-ce que c'est une gaffe ou c'est volontaire ?
ça il faut lui demander c'est vrai que dans le contexte actuel mais il est sur sa ligne parce que quand on repense à tout ce qu'il avait dit il y a quand même lui et plusieurs membres du gouvernement qui avaient dit pas question de revenir sur ça ne doit pas coûter ce conclave ne doit pas coûter d'argent et il va falloir quand même il ne faut pas que ça coûte d'argent et on comprenait qu'il ne fallait pas toucher à la réforme de Mme Borne 64 ans bon voilà donc ce qu'il a dit dimanche est-ce que ça lui a échappé ? je ne suis pas en parole du Rassemblement National je ne suis pas en parole de Matignon et de François Béroux on n'en sait rien non mais est-ce que pour vous
justement alors après on va revenir sur la question du conclave on a vu du 2P donc c'est un des cas des artisans et des petites entreprises qui a claqué la porte mais en mettant en disant on est tombé dans un piège eux ils sont pour une retraite à 65 ans il y a la question bien sûr bon la CGT d'après nos confrères de l'AFP dans un courrier interne ils seraient plutôt favorables pour quitter ce conclave et puis il y a la réunion qui va se passer là bientôt entre Marie-Lise Léon de la CFDT avec le Premier ministre ça c'est un peu l'enjeu clé est-ce que le fait qu'on doit trouver un équilibre financier à nos retraites est-ce que ça vous paraît anormal ?
écoutez on a 3400 milliards d'euros de dettes M. Macron a creusé de 1200 milliards de dettes et si on lit le rapport de la Cour des comptes on nous dit pour 2025 le déficit des retraites sera de 6 milliards d'euros on n'aime pas les dettes et on n'aime pas les déficits au Rassemblement National 15 milliards en 2030 comme quoi cette réforme ne servait à rien mais 6 milliards pour juste fixer les esprits c'est un quart de point du PIB un point de PIB en France c'est 26 milliards bon voilà donc quand on met tous ces chiffres en perspective ça fait quand même un peu réfléchir après nous on a proposé à la limite
dans quel sens est-ce que vous dites il a raison il a raison alors après on n'est pas d'accord sur la manière d'arriver
c'est un quart de point de PIB la politique c'est de faire des choix c'est l'art de faire des choix politiques lors de la présidentielle et des législatives on avait assumé le fait que oui le fait de revenir à 62 ans avec 42 annuités par contre et là j'insiste beaucoup parce que pour ceux qui ont travaillé et c'est vraiment là où par exemple pour l'expression on met le paquet pour ceux qui ont travaillé entre 17 et 20 ans qui ont 40 annuités oui on est cassé enfin je veux dire quand on a commencé à travailler à 17 ans 18 ans on a fait des métiers pénibles on a porté des parpaings porté des parpaings des sacs de ciment toute la journée on peut partir avec 40 annuités à 60 ans mais vous voyez bien
que si on revient à 62 ans après on va revenir sur le point des carrières
à 62 ans et 42 annuités pour ceux après on crante et juste mais il nous faut dans notre programme c'est le programme de la présidentielle qui était toujours d'actualité au moment des législatives quelqu'un qui a travaillé qui a commencé à travailler à 23 ans il part avec pour une tour au pétate au plein avec 42 annuités faites le calcul 23 plus 42 c'est 65 ans
est-ce que ça veut dire mais sur l'équilibre financier est-ce que parce que c'est un peu la grande question on voit bien que c'est le régime du retraite général on va pas s'envoyer des chiffres à la figure Philippe Ballard mais enfin bon vous les connaissez c'est quand même c'est 340-350 milliards si vous rajoutez l'agir carco bon grosso modo c'est un peu plus 400 milliards 420 milliards c'est un tiers de toutes les dépenses de l'état c'est beaucoup est-ce que c'est trop est-ce qu'à un moment il faudra remettre sur le tapis le montant des dépenses sociales en France et la manière dont ça pèse sur l'économie
ou pas alors en ce qui concerne la retraite c'est 14% du PIB mais on paye des gens qui ont travaillé toute leur vie voilà donc non c'est pas exorbitant après sur l'autre versant du raisonnement et les chiffres on le sait très bien 46% de prélèvements obligatoires 56% de dépenses publiques oui là il y a des efforts à faire oui absolument
parce que c'est toute la question chaque fois qu'on a la politique oui oui il faut faire des efforts après quand on essaye de rentrer un petit peu dedans en disant où est-ce qu'on supprime des postes qu'est-ce qu'on fait là ça devient plus compliqué
moi je vous renvoie au contre-budget qui avait été présenté notamment par Jean-Philippe Tongui au mois d'octobre dernier ça dégageait 15 milliards d'euros c'est chiffré moi je vous renvoie très facilement sur notre site ça nous donnait 15 milliards où faisions-nous des économies sur la fraude sur la fraude fiscale et sociale on commence à s'y attaquer en France et c'est pas suffisant on sait très bien qu'on est très très Charles Prats par exemple on est très très loin du compte a fait des rapports extrêmement intéressants là-dessus sur notre contribution ça ne plaît pas tout le monde mais c'est comme ça c'est notre proposition notre contribution au budget de l'Union Européenne on est contributeurs nets mais dans une large partie pourquoi l'Allemagne pour toi les Pays-Bas ont pu obtenir une ristourne parce qu'ils l'ont demandé nous on ne l'a pas demandé alors on ne risque pas de l'avoir effectivement oui mais en même temps
nous les agriculteurs bénéficient beaucoup plus que les agriculteurs allemands de la politique agricole commune qui est la principale la principale politique européenne
oui mais c'est de l'argent français qu'ils reçoivent oui c'est de l'argent français qui transite pas que par Bruxelles on verse 25 à 26 milliards par an et la France récupère 10 milliards donc c'est de l'argent français qui est récupéré pour vous c'est la seule solution
est-ce qu'il y a pas ?
non non mais attendez je vais continuer sur l'immigration parce que là par contre là comme dirait quelqu'un il y a un pognon de dingue à aller chercher et toutes ces agences là ce qui est fabuleux avec ces agences ces opérateurs vous êtes d'accord au moins tout le monde le découvre avec Donald Trump ça fait oui mais pas que parce qu'on voit que même dans l'hémicycle il y a des groupes qui ça passait par perte et profit qui maintenant commencent à nous dire ah bah oui là il y a un peu il y a quelques milliards à récupérer bien sûr il y a des milliards à récupérer
est-ce que sur le budget social les dépenses sociales parce qu'on regarde le trou de la sécu aussi est-ce que quand même enfin pas quand même c'est votre choix c'est votre politique est-ce que vous vous dites il faut quand même qu'on retravaille qu'on remette un petit peu tout sur la table parce qu'il y a les cotisations sociales ça pèse trop lourd sur notre salaire parce qu'on voit bien que ça prélève en mettant d'autres qui disent oui mais c'est ce qui permet de financer les retraites et un choc démographique enfin il y a quand même il y a quand même vous voyez des points qui sont sur la table et qu'on peut panier
nous on est pour les impôts de la suppression des impôts de production par exemple la CVAE et puis tous ces impôts que vous payez avant même d'avoir commencé à faire fonctionner l'entreprise c'est quand même assez fabuleux une partie
ont été annulées il reste maintenant la CVAE
ça va patiner un bon bout de temps je vous parlais de la politique migratoire mais on est pour la priorité nationale ça nous fait économiser de l'argent sur les prestations sociales tout simplement alors là aussi ça ne plaît pas tout le monde mais c'est une politique et puis vous parliez c'est un point fondamental de la démographie il y a deux défis à relever c'est l'énergie je pense qu'on en reparlera tout à l'heure quand on va parler de l'industrie et puis la démographie et pour les retraites nous il y a deux axes d'attaque gagner en productivité vous savez que le taux de productivité en France est parmi les plus bas de ceux de l'OCDE
elle était très forte maintenant elle a baissé elle est en train de remonter un tout petit peu
oui mais enfin on est très mauvais donc ça passe par quoi quand on relève le taux de productivité on arrête de créer des emplois ubérisés qui font quasiment rentrer aucun impôt et aucune taxe dans les caisses de l'Etat on réindustrialise le pays on est à 9% ah bah oui mais il faut le faire il faut le faire comment avec l'énergie qui est un peu moins cher
pendant plus de 7 ans et on voit bien qu'aujourd'hui regardez où ça nous conduit
vous lisez la presse économique vous savez que les ouvertures c'est surtout on a des témoignages ici d'industriels bah oui quand vous faites le bilan il n'est pas bon mais pourquoi il n'est pas bon il y a ces impôts de production mais il n'y a pas que il y a le coût de l'énergie c'est fondamental si on ne s'attaque pas à ça et dans le programme de Marine Le Pen ou des législatives on sortait du mécanisme européen de fixation je dis bien de fixation des prix on ne sort pas du marché européen comme on essaie de nous le faire dire nous faire croire du marché européen de l'énergie ça n'a aucun sens puisqu'on exporte même enfin maintenant on a rétabli bah oui le nucléaire ça y est on l'a délaissé puis maintenant c'est parce que c'est quelque chose de génial donc énergie bon marché un paradis énergétique on va revenir sur ce point là puis la politique démographique c'est ça je voudrais en parler
juste quand même pardonnez-moi de revenir parce que c'est vrai que c'est important parce qu'en plus il y a une question un peu politique derrière sur le conclave est-ce que c'est bien d'essayer de continuer à faire discuter les partenaires sociaux sachant qu'on attend la réponse de la CVT sinon ça n'aura plus aucun sens est-ce que vous dites il faut un que les partenaires sociaux s'emparent un peu du sujet qui trouvent une solution sur la pénibilité vous l'avez souligné ça c'est un point très important notamment pour les femmes le travail des seniors est-ce que tout ça c'est des points sur lesquels vous pouvez vous retrouver vous Rassemblement National non mais
moi j'ai été député je suis député depuis bientôt 3 ans en juin 2022 j'ai eu une autre vie j'ai fait un très beau métier c'était journaliste je faisais du syndicalisme aussi pendant 21 ans moi j'ai été secrétaire du CE et puis maintenant ça s'appelle CSE donc oui je crois au dialogue social des points précis sur la pénibilité le travail les carrières des femmes le taux d'emploi des seniors il y a une personne sur deux qui comme on dit liquide sa retraite qui n'est plus en activité il y a un énorme problème c'est des cotisations bien sûr donc ça c'est très bien pas de problème mais là ce qu'a fait le premier ministre ce qu'a fait M.
Bayrou François Bayrou oui François Bayrou c'était une combine pour s'attirer les bonnes grâces du parti socialiste pour ne pas que le PS vote la censure voilà c'est pas plus compliqué que ça
alors du reste ce matin Olivier Faure le secrétaire du parti socialiste était chez nos confrères de BFM TV il a dit attention parce que la question de la censure revient un tout petit peu sur le devant de la scène est-ce que c'est le cas aussi pour le Rassemblement National ?
écoutez moi je vous renvoie aux déclarations de Marine Le Pen et Jordan Bardella bah non j'en profite vous êtes devant moi oui oui non non mais je vais évidemment dire la même chose que Marine Le Pen ou Jordan Bardella oui alors est-ce que cette histoire de retraite c'est le facteur déclenchant ? non mais ça peut être un des facteurs qui accumulés à d'autres font que oui il peut y avoir dans les semaines les mois qui viennent une mention de censure de voter par le groupe est-ce que c'est une question
comme ça ici on fait pas trop de politique politicienne mais c'est un point quand même important est-ce que il y a un sens des responsabilités quand même de la classe politique en disant parce que vous imaginez que maintenant s'il y a une motion de censure dans le climat dans lequel nous nous trouvons avec ces tensions quand même extrêmement fortes sur le plan commercial sur le plan de la défense sur le plan de notre sécurité est-ce que ça serait est-ce que c'est quand même envisageable ou pas parce que la classe politique se dit ben non on peut pas mettre notre pays dans ces conditions-là fragiliser à ce point-là notre pays
c'est pour ça qu'on a on a pas voté cette censure pour finalement donner quand même un budget il est pas génial il est pas bon mais bon celui de Barnier très mauvais 40 milliards d'impôts et taxes supplémentaires en ce qui concerne les retraites il n'y avait pas indexation des remboursés des médicaments là c'était la censure là franchement il est pas top pourquoi il a essayé
de négocier avec vous il a essayé de négocier avec vous même un peu trop ah oui les trois derniers jours
oui oui d'accord pendant deux mois on essayait d'être reçu on n'a jamais été Marine Le Pen ou Jordan Bardella enfin Marine Le Pen c'est la présidente du groupe n'a jamais été reçu donc il y a un moment stop est-ce que ça valait le coup pardon
est-ce que ça valait le coup j'en profite puisque vous êtes devant moi est-ce que ça valait le coup de faire tomber le gouvernement Barnier sur la question des déremboursements des médicaments ça a été le point le point ultime ça valait le coup ou pas et de plonger la France
attendez vous oubliez l'électricité qui aurait encore augmenté il a retiré l'attaque justement retraite
il est revenu sur la désindexation des retraites
enfin on l'a fait ah non non non pas du tout à la fin non non non heureusement qu'on l'a fait chuter parce que c'était ce qu'avait annoncé monsieur Wauquiez dans un 20h sur une chaîne un truc alors on a mis deux jours avant de comprendre exactement de quoi il s'agissait mais il n'y avait pas indexation totale et complète comme ça a été le cas au 1er janvier donc on ne regrette pas d'avoir voté la censure mais vous recevez souvent des chefs d'entreprise quand vous lisez les baromètres du moral des chefs d'entreprise c'est au moment de la dissolution que ça chute c'est pas au moment de la censure c'est en juin dernier et puis on touche quoi les dividendes de ce front républicain voilà où les méchanchanistes se sont désistés pour des macronistes et les macronistes pour des mélanchonistes voilà et ça donne ce que l'on a à l'heure actuelle une situation complètement ingérable
donc à priori le mot censure n'est pas encore complètement dans vos têtes j'ai bien compris
non mais il peut y être très vite ça dépend de ce que fait le gouvernement
et la question des retraites et du conclave ce n'est pas l'élément déclencheur
non puis on n'en attendait rien si vous voulez donc on n'a rien à l'arrivée bon bah dans ce cas là on ne peut pas être déçu mais je voudrais juste finir sur la démographie parce que on est tombé vous en parlez sur BFM Business à moins de 700 000 naissances l'an passé c'est une catastrophe les bébés qui naissent cette année
c'est les petits ans c'est ça comme moi
oui entre autres non mais vous avez raison nous on a des mesures extrêmement concrètes à mettre en place par exemple le prêt c'était dans le programme de la présidentielle à près de 100 000 euros qui est annulé pour les couples à la naissance du troisième enfant une part supplémentaire pour le deuxième enfant parce que là à ce rythme là on voit ce qui se passe en Italie ou dans des pays qui ne font plus d'enfants on nous parle de la retraite à 70 ans mais on va aller jusqu'où 75 ? 80 ? donc il faut mettre en place une politique familiale volontariste et généreuse
est-ce que vous vous dites là quand même quand on voit vous parlez du budget 2025 on est en pleine préparation du budget 2026 on voit que la croissance selon les chiffres de l'initié vous savez sera plus de 1% enfin 0,9% ça sera 0,7% donc avec à la clé évidemment un impact sur les finances de l'État est-ce que les caisses sont vides comment est-ce que vous pouvez financer votre programme notamment ce point-là puisque vous le mettez en avant
il faut remplir les caisses donc c'est pour ça que je vous dis en réindustrialisant notamment le pays en ayant une énergie bon marché mais si on sort du mécanisme européen de fixation du prix de l'énergie franchement moi je rencontre j'ai des entreprises évidemment dans ma circonscription mais que ça soit le commerçant qui il y a 2 ans ont pris mais les bouchers les boulangers ça a été un carnage moi j'ai une entreprise on est d'accord qui fait du verre elle a besoin de beaucoup d'énergie elle est en difficulté
le prix de l'énergie d'accord il y a le mécanisme européen ah bah oui aujourd'hui non mais c'est pas c'est le nucléaire
mais on a le nucléaire et l'hydraulique c'est 80%
oui mais l'EDF qu'est-ce qu'il veut vous dit Lucrément le président d'EDF il dit ah bah non c'est tout le problème qu'on rencontre aujourd'hui les industriels ils vous disent EDF ne veut pas baisser ses prix c'est EDF c'est la décision d'EDF et pourquoi quand vous vous posez la question à Lucrément il vous dit attendez vous me demandez de financer des EPR la relance du nucléaire moi j'ai besoin d'argent et donc je finance comme ça avec le coût de l'énergie qu'est-ce que vous lui dites tu baisses les coûts du nucléaire mais maintenant il ne pourra plus construire d'EPR
vous vous souvenez je me rappelle dans les années 70 80 même il y avait des obligations émises par EDF tout le monde se les arrachait et bah on peut faire la même chose
oui 55 milliards de dettes
oui bah merci ah oui oui mais merci merci à qui ? à tous ceux qui ont monsieur Macron et tous ses prédécesseurs avec notamment le mécanisme de l'arène où on obligeait EDF à revendre 25% de sa production
à prix cassé François Hollande et puis sur le nucléaire absolument
monsieur Hollande avec les écologistes et monsieur Macron qui a fermé Fessenheim donc ils ont endetté EDF c'est eux qui ont endetté EDF mais maintenant on se trouve
avec cette situation vous voyez ce que je veux dire on ne peut pas faire un trait en disant c'est de leur faute parce que
il faut quand même qu'ils rendent des comptes à un moment donné non mais au moins au moins politiquement
au moins politiquement reconnaissez qu'Emmanuel Macron au moins de ce point de vue là il a remis le nucléaire au coeur des débats énergétiques
ah bah après l'avoir cassé oui attendez
parce que monsieur Macron il était quand même sa décision c'est lui qui l'a fait vous avez raison
mais il était ministre de monsieur Hollande oui il était ministre de l'économie même de monsieur Hollande
il ne pouvait pas s'y opposer
donc tout ça ah bah si on peut démissionner la ministre était dégale royale il y a des ministres qui disent je vais peut-être démissionner si on autorise le port du voile dans le sport d'autres si on ne va pas si on n'est pas c'est faire avec l'Algérie bah un ministre oui ça peut démissionner si on n'est pas en accord avec la politique monnaie
et ça ferme sa gueule en tous les cas
c'est pour un autre dossier un autre dossier
enfin qui était aussi aussi militaire je voudrais qu'on parle maintenant de cette rapidement parce que c'est un impact peut-être aussi sur votre état d'esprit aujourd'hui il y a une décision importante au conseil constitutionnel qui est de savoir est-ce que bafouer est-ce que c'est bafouer la liberté des électeurs et le suffrage universel si on applique immédiatement une peine d'inéligibilité avant même que la décision de justice ne soit définitive là c'est pour un député de Mayotte mais la question se pose évidemment le 31 mars pour Marine Le Pen on le sait tous qu'est-ce que ça change comment vous voyez les choses
je crois que c'est pour un conseil municipal pas un député de Mayotte mais écoutez pour nous on a réunion de groupe tous les mardis matin à l'assemblée Marine nous l'a redit ce matin voilà elle est extrêmement sereine elle adore bien la nuit voilà le dossier pardon mais cette décision
aujourd'hui elle est très importante on est d'accord
oui alors moi je ne la connais pas
non non non plus elle n'est pas encore c'était aujourd'hui que ça se passait mais au conseil constitutionnel on n'a pas encore la famille blanche
monsieur Darmanin avant de redevenir ministre simple député si je puis dire avait tweeté en disant ça serait quand même un scandale si madame Le Pen ne pouvait pas se présenter à l'élection présidentielle voilà mais après il y a le dossier qui est complètement vide voilà il y a une interprétation qui est faite par le parlement européen qui souhaite que les attachés parlementaires soient des fonctionnaires un attaché parlementaire il fait de la politique
il s'occupe du député européen pardon il s'occupe du député européen
bah oui et de l'Europe
et de l'Europe
oui mais enfin jusqu'à prof du contraire un député il fait de la politique enfin je veux dire c'est pas un fonctionnaire
c'est un conseiller municipal de Mayotte pour rectifier les choses c'est donc aujourd'hui c'est un jour quand même tout un peu en suspens au Rassemblement National
non mais pas du tout on a connu enfin on travaille on est dans l'hémicycle on va siéger jusqu'à minuit il y a un texte important sur les narco-trafiquants voilà
et le 31 mars est-ce que ça peut changer l'état d'esprit de Marine Le Pen la volonté de provoquer peut-être justement une dissolution de provoquer un électrochoc une dissolution c'est le président de la République qui peut une censure
non mais j'entends les commentaires ce matin il y avait une grande chronique sur un média qui nous parlait elle va se venger elle va vouloir non c'est pas notre état d'esprit nous moi je me rappelle la première réunion de groupe qu'on a eu parce que ça entraînerait
une dissolution
c'est pour ça j'ai sauté on est sûr on est sûr de rien mais elle nous a dit vous n'aurez qu'une seule boussole dans vos votes c'est un texte qui va dans l'intérêt de la France peu importe d'où qu'ils viennent ça peut être LFI ça peut être les Macronis ça peut être les LR si ça va dans l'intérêt de la France vous voulez voter donc elle n'est pas là dans si c'est ça alors moi je vais faire une censure non c'est pas ça du tout du tout l'état d'esprit
une question alors on va pas rentrer trop dans le détail parce que sinon à mon avis il sera encore là d'ici ce soir sur la guerre commerciale on voit les décisions quand même un peu imprévisibles de Donald Trump conséquences que ça peut avoir mais les conséquences elles sont d'abord sur l'économie américaine est-ce que vous pensez que quand même les décisions de Donald Trump qui sont prises comme ça un peu dans tous les sens une fois c'est 25% et c'est 50% est-ce que c'est quelque chose qui qui va nous entraîner nous peut-être les occidentaux mais pas que dans un monde la fin de la mondialisation et surtout on va avoir des conseils on va tous plonger dans une récession est-ce que vous dites ce type ne mesure pas les décisions qu'il est en train de prendre
alors vous avez parlé de la fin de la mondialisation avant de répondre sur Trump je suis député français je ne suis pas au congrès américain
c'est un concept
là il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas que cette mondialisation qu'on nous présentait comme heureuse ça a été un cauchemar pour des dizaines des centaines de millions de personnes oui vous allez me dire ah bah oui mais il y a des chinois et l'inverse
il y a des gens qui ont vu leur député qui se sont
oui mais à l'autre bout du monde moi je suis député français donc ce qui nous intéresse c'est l'intérêt des français comme monsieur Trump bah il a dit moi je défends déjà l'intérêt des américains comme les chinois font la même chose les indiens les hindous font la même chose
pour vous vous trouvez que c'est qu'il a raison c'est une bonne politique de mettre en place des droits de douane pour protéger son économie
c'est ça au départ j'ai pas été oui j'ai pas été nous on fait exactement l'inverse si vous voulez madame von der Leyen là elle est en train de bousiller la viticulture mais elle s'en fiche parce qu'elle veut sauver l'industrie automobile allemande donc nous on nous a vendu
non non c'est pas exactement ça nous on nous a vendu
la mondialisation en hausse qu'est-ce qu'on a fait on nous a mis non mais une phrase on nous a mis en compétition avec des pays et depuis les années 80 qui n'ont pas les mêmes règles fiscales sociales environnementales à l'arrivée c'est un carnage mais pour l'industrie
pour l'agriculture à certains français d'aller acheter des produits chinois qui coûtaient moins cher de se nourrir mais c'est génial oui oui d'accord on tire tout vers le bas
oui oui et puis on parlait des emplois créés qui sont des emplois ubérisés où on est payé avec un lance-pierre on nous met en compétition avec le monde
c'est une politique que vous trouvez positive et qu'à l'huit vous voudriez mettre en place en France je ne dis pas en Europe en France
mais Jordan Bardella avait eu la formule l'élection de Trump c'est sûrement une bonne nouvelle pour les américains mais une très mauvaise nouvelle pour les français et les européens voilà c'est une guerre commerciale je pense qu'on est les mieux à même de parler que ça soit avec monsieur Trump avec monsieur Poutine avec les hindous ou avec les chinois parce que nous on a compris que c'était le retour des nations les retours le retour des nations et que la mondialisation ça doit se déréguler mais non mais on a mis tout le monde en compétissant avec tout le monde mais on court avec un gros boulet au pied
on prend les chiffres de l'OCDE qui viennent de sortir qui montrent que ça c'est en train et du reste il y a beaucoup d'interrogations je mets des points d'interrogation d'accord mais en fait c'est l'économie américaine qui est en train d'en souffrir le plus de cette politique qui est peut-être en train de rentrer en récession donc c'est une catastrophe pour les industriels américains industriels de l'automobile industriels de l'aéronautique ils le disent tous quand vous les rencontrez donc c'est d'abord mauvais pour les Etats-Unis
mais vous savez tous ces chefs d'entreprise qui avaient été notamment à l'investiture de Donald Trump qui sont entrés en France en disant les Etats-Unis ça devient un paradis parce qu'on baisse les taxes les impôts et il y a une énergie qui est trop ou quatre fois moins chère on va voir encore une fois je suis député français je ne suis pas au congrès américain donc c'est une politique
qui pourrait vous séduire
mais non mais c'est pas séduire ou pas séduire c'est qu'on a fait une énorme erreur depuis 30-40 ans en ouvrant nous on est pour le juste échange mais pas le libre-échange débridé nous on a ouvert nos frontières et il y a des pays qui mettent des barrières moi j'ai fait un voyage parlementaire en Chine en décembre 2023 je veux dire on a rencontré les officiels chinois devant nous mais ils nous disaient vous êtes vraiment très sympa parce que nous on subventionne nos voitures à la fabrication et vous vous les subventionnez à l'achat mais est-ce que vous pensez qu'en France on peut subventionner ces lentilles on peut subventionner Renault ben non voilà
un mot parce que ça passe vite je veux dire que j'avais beaucoup de questions à vous poser sur l'industrie de défense comment réarmer la France est-ce que un pour vous il faut réarmer la France deux est-ce qu'il faut soutenir notre industrie de défense on verra jeudi il y aura une grande conférence justement sur l'industrie de défense et comment faire et comment financer
alors il y a plusieurs questions est-ce qu'il faut notre armement vous savez reprenez le programme présidentiel de 2012 Marine Le Pen était la seule à dire il faut maintenir notre effort à 3% du PIB et les autres c'était en de ça parce que c'était les dividendes de la paix vous savez cette phrase de Laurent Fabius qui nous a entraînés vers le fond
après là il faut trouver 50 milliards si on veut alimenter
là je vous renvoie aussi à la campagne présidentielle de 2022 où le législatif on est pour la création d'un faux souverain il y a des pays qui font ça il était abondé de plusieurs centaines de milliards d'euros ça nous permettrait
vous savez qu'il y a 6 000 milliards
il y a 6 000 milliards d'épargnes en France ah oui vous voulez piquer l'épargne des français on la pique mais non elle est rémunérée donc elle ne s'est pas piquée si c'est rémunéré et ce serait mieux rémunéré je vous renvoie au programme de 2022 est-ce que c'est obligatoire mieux rémunéré mais c'est un fonds souverain qui appartient aux français et avec cet argent et bien on finance par exemple le réarmement on peut financer notre réindustrialisation une politique familiale
ils préfèrent le livret A
voilà et si le taux est supérieur à ce fonds souverain que vont faire les français
donc une sorte de
grand emprunt à Maurois c'est pas un emprunt un fonds souverain c'est différent c'est pas un emprunt c'est pas un livret c'est un fonds souverain voilà qui est rémunéré avec de l'argent garanti et qui permet de faire entre autres puisque là on est sur la défense de réarmer et alors parce qu'en France on achète quand même majoritairement on ne peut pas tout faire les catapulpes sur le porte-avions on sait que malheureusement il y en a pour un milliard ce sont les américains mais on achète français on produit et on achète français ce n'est pas le cas des pays de l'Union Européenne donc nous ça renvoie un peu à la campagne des européennes on est pour une coopération des nations Airbus ça a fonctionné Ariane ça a fonctionné pourquoi ?
il y a eu une coopération entre les états mais la commission européenne s'en est pas mêlée l'Union Européenne s'en est pas mêlée donc ça a marché
donc en résumé vous dites sur l'industrie de défense il faut faire une défense européenne
ah non absolument pas non je ne sais pas non non il faut qu'on ait les mêmes armes comme les européens 68% des armes achetées par les pays de l'Union Européenne sont étrangères et 55% précisément viennent des Etats-Unis on voit ce qui se passe avec le F-35 il commence à se rapercevoir que s'il n'y a pas les mises à jour effectuées les avions au bout d'un mois ils ne peuvent plus décoller voilà alors ça ne se fait pas en un mois je ne suis pas en train de vous mais il y a une prise de conscience ça sert au moins à ça coopération entre nations entre nations madame Van der Leyen n'a pas se mêler de tout ça
si on se réarme dernière question c'est contre quelqu'un la menace elle est russe vous vous dites la menace elle n'est pas russe
ah non ce n'est pas ce qu'on dit on dit la menace elle est là la première menace si on doit graduer oui il y a une menace islamiste sur le sol français non mais pardon si on suit l'actualité derrière les russes oui mais enfin ils n'arrivent même pas à tenir un front ils sont obligés de faire venir des soldats nord-coréens on ne voit pas les chars russes sur les Champs-Elysées la semaine prochaine par contre la menace islamiste oui elle est présente sur le sol
elle est devant la menace russe
elle est présente sur le sol et malheureusement elle a fait des victimes Mulhouse il y a quelques jours elle en fait régulièrement
c'est pas une question d'industrie de défense c'est pas une question de défense de rafale ou de missiles c'est une chose
oui la menace qui est sur notre territoire national là c'est pas avec des chars c'est pas avec un char le clair on va se prémunir
on n'a pas besoin de ramer la France
il faut mais si parce que alors après oui je ne suis pas en train de vous dire qu'il n'y a pas une menace qui peut être une menace russe c'est pas ça que je suis en train de vous dire je vous dis déjà la menace si on doit faire un classement 1, 2, 3 la menace numéro 1 oui c'est la menace islamiste et après il faut se prémunir contre les russes a priori c'est ceux qui sont le plus près de nos frontières mais d'autres pays également
merci merci beaucoup Philippe Ballard est devenu nous voir réputé député rassemblement national de l'Oise était notre invité tout de suite on retrouve Guillaume Paul et ses experts
la grande interview sur BFM Business
Philippe Ballard