Josiane Corneloup, sur les traces du loup tueur en Saône-et-Loire | CIRCO
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Josiane CorneloupFait
« Ce n'est pas aux éleveurs de modifier leurs habitudes et de s'adapter au comportement des loups ni de construire des bunkers pour abriter leurs moutons au nom d'une biodiversité irréfléchie, imposée par l'Etat. »
- 6:00Barbara PompiliFait
« Sur la question du loup, c'est une espèce protégée et qui doit le rester. »
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-Qui est pour ? Qui est contre ? -La séance est levée. -La séance est levée.
Générique -La séance est levée. -La séance est levée. ... -Josiane Corneloup, députée Les Républicains *de la 2e circonscription de Saône-et-Loire.
Vous êtes ici au coeur de ma circonscription, avec un élevage bovin, mais également ovin, et nous avons une vraie problématique *avec l'arrivée du loup sur ce territoire. Depuis la première attaque, je suis aux côtés des éleveurs pour essayer de trouver les meilleures solutions. Musique douce -Un paysage de bocages, paisible, pas de grandes étendues sauvages, pas de hautes montagnes, pourtant la circonscription de Josiane Corneloup est devenue le territoire d'un prédateur redoutable.
Un loup solitaire vient d'attaquer ici, à 32 reprises, sur 12 communes. 122 brebis tuées entre juin et octobre. Le loup s'est invité dans le Charolais et s'y sent chez lui. -C'est un excellent terrain de chasse pour le loup.
Nous avons énormément de haies, énormément de murets et de forêts, des forêts extrêmement vastes. Il peut se cacher à loisir, en fait. -Le loup, le voici, capté de nuit par un piège photographique.
Les spécialistes le qualifient de "loup d'Evian". La plupart du temps, il égorge les brebis sans les manger, un comportement anormal. Ces attaques particulièrement violentes sont devenues le cauchemar des éleveurs. -Madame la députée. -Bonjour. -Je vais aller vous montrer le lieu de l'attaque. -Deux semaines plus tôt, Denis Berland a perdu six brebis en une seule attaque.
Un traumatisme. -J'ai découvert une brebis, dans le milieu de la prairie, qui était morte. Plus loin, cinq brebis qui étaient dans un coin de pré.
Là, je me suis dit : "Il s'est passé quelque chose." J'ai contourné la prairie pour voir un peu plus haut et il y en avait trois ou quatre d'étalées et j'ai découvert qu'il y en avait une sixième. Ma deuxième fille m'est tombée dans les bras, en pleurs, en disant : "Comment on va faire avec les brebis ?" Ca prend aux tripes. -Vous aviez senti venir l'attaque ? -Oui.
La première attaque était juste au-dessus, à 1 km, même pas. Depuis le début, je tournais, je surveillais mes brebis toutes les nuits. Je me levais pour faire un tour dans les lots de brebis, quoi. -Vous faites un tour, mais... -Il peut passer un quart d'heure ou une heure après, quoi. -C'est ce qui est difficile. -C'est usant. -Le loup attaque surtout la nuit.
Face à la menace, l'éleveur est contraint de rentrer ses brebis jusqu'au matin. Une pratique inhabituelle à ce moment de l'année. -C'est une race qui est élevée essentiellement à l'herbe.
Il faut qu'elle soit au pré. C'est indéniable. Elles ont pas l'aspect fraîches, comme elles devraient être à l'herbe.
On le voit, elles sont grises. Elles sont blanches de tête et pas rouges et fraîches de laine. -Elles vont être heureuses de sortir.
Il siffle. Musique gaie ...
Elles courent. ... -Je suis inquiet parce que...
On se dit : "La prochaine attaque, elle sera où ?" Elle peut être là, à côté. C'est imprévisible.
Vous voyez bien le bocage charolais. C'est pas défendable. On va pas mettre de la clôture électrifiée partout.
C'est impossible. Il y a eu une attaque en face, une juste derrière le bois au fond. Le loup, il est là, au milieu.
Aujourd'hui, il est là. Où ? On sait pas. -Il vous obsède, ce loup ? -Ouais, il commence à m'obséder, parce que derrière tout ça, il y a une famille aussi.
Les enfants mangent du loup du matin au soir. C'est pas des sujets qu'on devrait avoir avec des enfants. -Ces brebis sont victimes du plan loup, un dispositif mis en place en 2018 par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique.
Il fait de ce prédateur une espèce protégée qui ne peut être traquée que de façon exceptionnelle. Les éleveurs ont du mal à comprendre. -On nous dit, au niveau national, qu'il faut rentrer nos...
Tout rentrer en bergerie pour les protéger du loup. C'est pas ce qu'il faut faire, il faut tuer le loup. C'est n'importe quoi. -On nous dit qu'on peut vivre avec le loup dans nos territoires et qu'il faut s'adapter.
Ca n'est pas possible. -Dès la première attaque, Josiane Corneloup s'est placée du côté des éleveurs et, la semaine précédente, elle a même décroché pour eux une belle victoire, lors des questions au gouvernement. -La parole est à Josiane Corneloup. -Merci, M. le président.
Ce n'est pas aux éleveurs de modifier leurs habitudes et de s'adapter au comportement des loups ni de construire des bunkers pour abriter leurs moutons au nom d'une biodiversité irréfléchie, imposée par l'Etat. Allez-vous reconsidérer les dispositions du plan loup pour que celui-ci prenne enfin en compte les intérêts des éleveurs et assure la pérennité d'une économie pastorale à laquelle vous comme moi sommes très attachés ? Je vous remercie. -Merci.
La parole est à Mme Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique. -Sur la question du loup, c'est une espèce protégée et qui doit le rester. Mon rôle en tant que ministre de la Transition écologique, c'est de faire en sorte que cette coexistence puisse se passer le mieux possible.
Sur la situation dont vous parlez, sur la Saône-et-Loire, les mesures d'effarouchement, qui n'ont pas été suffisantes, nous ont amenés à décider - et le préfet l'a annoncé - à autoriser un tir de prélèvement pour ce loup. -Le députée a obtenu ce qu'elle voulait. Le "tir de prélèvement", c'est une précaution de langage pour signifier l'abattage du loup.
Une autorisation rarissime qui ne peut être accordée que cinq fois par an, en France. Mais le plus dur commence : la traque. Tout le monde ne peut pas tirer la bête.
Christian Masuez est lieutenant d'une institution vieille de Charlemagne : la louveterie de France. C'est à lui et 15 autres bénévoles louvetiers que la préfecture a confié la lourde tâche de tuer le loup. Au total, le dispositif compte une cinquantaine de volontaires, tous formés et équipés. -Vous l'avez vu de près ? -On l'a vu quelques fois à la caméra thermique.
C'est cet engin-là, qui nous permet de voir la nuit toutes les formes qui dégagent une chaleur : un humain, un animal...
On arrive à le détecter. Musique douce -Mais Christian Masuez est surtout rôdé à la traque du renard ou du sanglier. Des loups, il n'en a encore jamais vu, et il sait que même à 50 contre 1, le combat est loin d'être gagné : il a face à lui un animal hors norme. -Je pense que plusieurs fois, il nous a détectés, sentis, vus, et nous, on l'a pas vu.
Donc cet animal, c'est quand même un animal... ..très intelligent, je dirais, c'est-à-dire que c'est un animal qui va prendre des décisions rapides et qui va s'adapter à la situation. -Votre mission, elle est terrible : vous avez un espace immense, il faut chercher un loup, on sait pas du tout où il va être, et puis... -Un espace immense, mais que la préfecture a voulu délimiter.
Les louvetiers peuvent intervenir dans un périmètre de 37 communes, sauf que le loup va contourner allègrement ce dispositif. Le voilà qui frappe à Champlecy, juste en-dehors du périmètre de chasse. Bernard Bonnot vient de perdre trois bêtes, ce n'est pas le moment de lui parler du plan loup et de la préfecture. -Je pensais passer à côté, mais non !
Dur, quand même...
Et puis...
Pourquoi Champlecy n'était pas dans le tir de prélèvement ? Pourquoi ? Pourquoi ?
On nous pond une carte qui ressemblait à rien du tout, où là, ces fameux fédéraux nous l'ont dit, on a tracé tout droit, c'est n'importe quoi ! Pour moi, s'ils parlaient pas d'ici, c'est qu'ils étaient sûrs d'eux. Mais ils sont sûrs de rien !
Ils ciblent rien du tout, quoi ! -Le tir de prélèvement est autorisé pour 15 jours. Au-delà, ce tir de prélèvement pourra être prorogé pour 15 jours supplémentaires et on redéfinira le périmètre. -Ouais...
Mais pourquoi pas mettre le département ? Ca nuit en quoi, de faire une carte comme ça ? Parce que le loup, on va mettre Champlecy, il va s'attaquer à Volesvres.
Puis alors on recommence, on réétudie...
On perd le sommeil, quoi. C'est énervant, on est prêts à tout. On est restés gentils, mais la tension monte : madame Corneloup, faites attention.
Ca va mal finir. -Pour les éleveurs, reste une solution : se défendre tout seuls. Etienne Debarnot est un éleveur chasseur.
Ses bêtes aussi ont été attaquées, alors il a suivi une formation sur le loup : 2h30 d'enseignement théorique. Cela lui donne le droit de tuer le prédateur, mais seulement s'il s'attaque à son troupeau. Cela s'appelle le tir de défense.
Alors, chaque soir, à la tombée de la nuit, il sort le fusil. On a la formation, on s'équipe. On a des discussions avec les louvetiers et la brigade du loup : ils ont des petits indices pour nous aider à nous adapter.
Là, j'ai fait un affût de fortune pour me placer, pour me cacher, pour couper le goût, pour pas rester planté. Après, chacun fait ses... -Vous vous cachez derrière pour masquer les odeurs ? -Ca braque l'odeur humaine. -Ah, ouais, vous rentrez par là ? -J'essaie d'être rusé comme lui ! -Incroyable. -Avec sa torche et son fusil de courte portée, le chasseur sait que ses chances de tirer la bête sont infimes, mais il ne se décourage pas. -Voilà ma place. -Comment vous vous postez ? -La lampe est là, je me suis fait un emplacement pour avoir la vue sur mes brebis, là-bas.
Donc voilà. -Mais encore faut-il qu'il passe par là. -C'est le pré que je me suis fait attaquer.
Donc potentiellement, dans sa tête, il est déjà venu là. Il connaît. -D'accord.
Je trouve que c'est très aléatoire. Il faut de la chance pour le tuer. Quand on voit les distances qu'il parcourt et quand on voit la difficulté à le repérer, déjà... -C'est surtout ça. -Voilà.
Vous n'allez pas passer au poste, comme ça, dans les champs, tous les soirs. Ca me paraît assez invraisemblable. -La Saône-et-Loire n'est pas prête à cohabiter avec le loup : la députée en a ce soir la conviction. -Le protocole que nous suivons, le plan national loup, c'était un protocole qui était mis en oeuvre pour l'arc alpin.
D'ailleurs, c'est ce que j'ai dit à plusieurs reprises : c'est un phénomène nouveau et nous ne le traitons que par ce qui existe aujourd'hui. Il faudrait le réviser pour ces zones d'élevage. Je vous souhaite bon courage.
Bon poste ! -Rentrez bien. Merci à vous. -Ce qui serait intéressant pour vous serait de l'abattre. -Si c'est ce soir, je signe ! -Je vous le souhaite, en tout cas.
A bientôt. Musique dynamique ... -La députée repart, l'éleveur, lui, reste là, comme toutes les nuits.
Il passera plusieurs heures à guetter un super prédateur aussi insaisissable que mystérieux. ...
SOUS-TITRAGE : RED BEE MEDIA
Josiane Corneloup