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InterviewC dans l'air (sur YouTube)· 8 octobre 2025 11 minComplaisantPortrait personnelJusticeInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Robert Badinter au Panthéon : ses combats

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    R.Badinter entrera demain au Panthéon. Il représentait quoi, pour vous?

  • 2:01RelanceRéponse directe

    Tout ce qu'ils transmettaient à l'homme ou à l'avocat?

  • 4:01OuverteRéponse directe

    Vous aviez évoqué un jour avec lui la perspective de son entrée au Panthéon?

  • 6:01OuverteRéponse directe

    Dans l'entretien accordé au "Point", vous dites: "Je ne peux pas m'empêcher de penser que R.Badinter a été le ministre le plus haï de la Ve République."

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Justement, le combat de sa vie, c'est bien sûr l'idée d'une justice plus humaine...

  • 10:01ComplaisanteRéponse partielle

    On va l'écouter le 25 avril 2019. [citation de R.Badinter]

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 6:01R.MalkaFait
    « Je ne peux pas m'empêcher de penser que, pendant un temps, R.Badinter a été le ministre le plus haï de la Ve République. »
  • 8:01R.MalkaFait
    « Son histoire familiale est marquée du sceau de l'antisémitisme. Ses parents partent de Bessarabie, aux confins de la Moldavie, après le pogrom de Kichinev, et ils choisissent la France. »
  • 12:01R.MalkaFait
    « Le mot qui me vient est la lucidité. Il faut regarder les choses en face. Oui, ces valeurs, ces combats reculent. Les Lumières en général... Tout autour de nous dit cela. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

satisfait ... - C.Roux: Bonsoir.

Bienvenue. C'est un hommage de la nation à l'une des dernières grandes conscience de notre époque. R.Badinter entrera demain au Panthéon. 44 ans après l'abolition de la peine de mort, celui qui incarne les valeurs républicaines et l'universalisme reposera aux côtés de Condorcet.

Nous en parlons ce soir avec vous, R.Malka. Merci d'avoir accepté cette invitation.

Vous êtes un ami d'E.Badinter et de R.Badinter.

Vous étiez son ami. Il représentait quoi, pour vous? - R.Malka: Il y a quelque chose d'assez vertigineux pour moi, qui vient d'à peu près nulle part, en tout cas sans aucun réseau... - C.Roux: Grand avocat. - R.Malka: De rencontrer quelqu'un qui a été mon idole quand j'étais petit et que je regardais à la télévision.

Le jour où vous les rencontrez, c'est vertigineux. Il y avait une admiration folle, du respect. Il y a aussi tout ce qu'ils voulaient transmettre. - C.Roux: Tout ce qu'ils transmettaient à l'homme ou à l'avocat? - R.Malka: Les deux.

J'ai eu la chance de le connaître dans des circonstances plutôt intimes, mais pas Elisabeth. Mais on partageait ce métier d'avocat. L'amour du droit, qui était très présent chez lui.

Il aimait transmettre, mais il était aussi professeur de droit. Il aimait s'enquérir. Il était curieux de tout.

Il aimait transmettre. Au fil du temps, au-delà de l'admiration et de tout ce qu'il pouvait m'apporter, évidemment, il y a eu de l'affection. - C.Roux: Vous aviez évoqué un jour avec lui la perspective de son entrée au Panthéon, ou même l'idée qu'il avait de la place qu'il a aujourd'hui dans l'histoire de ce pays, dans la conscience collective?

En était-il conscient? - R.Malka: Oui, je pense.

Son entrée au Panthéon, on n'en a jamais parlé. Ca aurait été synonyme d'un événement malheureux. Mais sa place dans ce pays...

Nécessairement, il en avait conscience. Il n'était pas homme à se reposer sur ses lauriers. - C.Roux: Dans l'entretien accordé au "Point" avec E.Badinter, vous dites: "Je ne peux pas m'empêcher de penser que, pendant un temps, R.Badinter a été le ministre le plus haï de la Ve République." - R.Malka: Il parlait beaucoup de cette haine, des manifestations au pied du ministère par les policiers, des lettres de menaces de mort et de la bombe déposée à sa porte.

Il en parlait beaucoup. Il s'en amusait un peu. Et puis, le temps était passé.

Il était devenu une légende, un symbole. Jusqu'au bout, il refusait d'être statufié. C'était un homme de combat. - C.Roux: Justement, le combat de sa vie, l'un des combats de sa vie, c'est bien sûr l'idée d'une justice plus humaine, l'universalisme, la défense des valeurs républicaines, mais aussi la lutte contre l'antisémitisme.

Nous sommes le 8 octobre, 2 ans après le massacre par le Hamas. Dans l'entretien que vous accordez au journal "Le Point", à chaque fois, il revenait à ce que sa famille avait vécu. - R.Malka: Son histoire familiale est marquée du sceau de l'antisémitisme.

Ses parents partent de Bessarabie, aux confins de la Moldavie, après le pogrom de Kichinev, et ils choisissent la France. Il a été marqué par ce qui s'est passé pendant la Seconde Guerre mondiale pour son père. Tous ses combats contre la peine de mort, sur les conditions carcérales, ça part de là.

C'est comme ça que je le ressens. Il n'y avait pas une de nos conversations où il ne parlait pas de la Shoah. - C.Roux: On va l'écouter le 25 avril 2019. - R.Badinter: Ce que je voudrais par-dessus tout, c'est qu'on prenne conscience de l'absurdité criminelle et du racisme, et notamment de l'antisémitisme...

Moi, ça m'a toujours mis hors de moi. Quelquefois, je le dis brutalement. Etre antisémite, c'est être un con.

C'est un ramassis de sottises, de mensonges et de crimes. Adhérer au racisme, aux mensonges et au crime, c'est être au mieux un imbécile, au pire un criminel. - R.Malka: J'ai essayé de parler avec lui après le 7-Octobre.

Vous y faites référence. Je me disais que, pour lui, ça devait être terrible d'avoir commencé sa vie avec l'antisémitisme puis de le voir revenir. Ca devait être tellement difficile qu'il n'y arrivait pas.

Il me répondait, comme je l'ai dit dans l'entretien que vous citiez...

Il parlait de l'Ukraine, il parlait d'autres choses. Il n'y arrivait pas. Il n'avait pas encore vu l'explosion de ces derniers temps. - C.Roux: Vous diriez que les valeurs qu'il défendait, que défend encore aujourd'hui E.Badinter, que vous défendez, vous aussi...

Elles sont en train de reculer? C'est ce que dit E.Badinter.

Je ne l'ai pas trouvé abattue. Elle dit qu'elle est mal à l'aise dans ce pays en ce moment. "J'ai l'impression que tout est à recommencer, que nos valeurs sont devenues inaudibles." C'est une combattante, elle aussi. - R.Malka: Le mot qui me vient est la lucidité.

Il faut regarder les choses en face. Oui, ces valeurs, ces combats reculent. Les Lumières en général...

Tout autour de nous dit cela. C'est comme ça. - C.Roux: La contestation de l'Etat de droit, l'antisémitisme... - R.Malka: L'égalité, l'universalisme...

La démocratie, la paix, l'Etat de droit...

Tous ces sujets-là, on ne peut pas dire que les choses aillent dans le bon sens sur cela. Ce n'est pas une raison pour baisser les bras, au contraire. C'est une raison pour combattre avec d'autant plus de détermination.

C'est effectivement assez désespérant, en particulier sur l'antisémitisme, de voir que les siècles passent, les millénaires passent et ça revient toujours sous une autre forme. - C.Roux: Vous parliez encore de politique avec lui? - R.Malka: Oui. - C.Roux: Il reste un homme de gauche?

Aujourd'hui, l'ensemble de la classe politique célèbre R.Badinter. - R.Malka: Il faut définir ce qu'est la gauche.

En tout cas, c'était un homme... - C.Roux: Il avait un regard critique sur la gauche. - R.Malka: C'était un homme formidablement attaché aux libertés.

C'était un libertaire. Il avait des principes extrêmement forts. Sa boussole, et E.Badinter, c'est la même chose, c'est la liberté.

C'est nécessairement associé à la laïcité. Ils y étaient tous deux attachés. La lutte contre les discriminations, quelque chose qui tendrait vers l'égalité. - C.Roux: La France est secouée par une crise politique inédite.

Vous souhaitez que la journée de demain soit comme une sorte de parenthèse, où la classe politique se retrouve derrière les valeurs de R.Badinter? C'est aussi ce que vous attendez? - R.Malka: Un moment de concorde et j'espère, aussi, de profondeur autour de cette communion sur les valeurs que représentait R.Badinter.

Je ne me fais pas d'illusions. Ca durera une journée. C'est à nous de combattre.

S'il nous a légué quelque chose, c'est que tout est possible. Pour ce petit-fils d'illettrés analphabètes qui, demain, sera au Panthéon, parmi les 83 ou 84 grands hommes de France et femmes de France, c'est incroyable. Tout est possible. - C.Roux: Est-ce qu'il y a des héritiers, à part vous, son épouse...

Vous dites qu'on est un peu tous les héritiers de R.Badinter? - R.Malka: C'est à chacun de le devenir, de se battre, de considérer que tout est possible, d'être déterminé.

Il y a toujours de l'espoir, même si les choses ne vont pas dans le bon sens. - C.Roux: Et vous le reconnaissez.

Qu'est-ce que vous attendez de cette panthéonisation, même pour E.Badinter, pour ses proches? Qu'est-ce que ça représente?

On a du mal à se figurer ce que ça représente dans un chemin de deuil douloureux. C'était il y a un an. - R.Malka: E.Badinter est très pudique.

Je le serai tout autant. - C.Roux: Elle le sera pendant la cérémonie.

La famille de Charb demande qu'il fasse son entrée au Panthéon. Qu'en pensez-vous? - R.Malka: Je ne suis pas objectif sur la question.

C'est un ami. J'aimerais qu'il ait tous les honneurs. C'est au président de la République de nous répondre. - C.Roux: Aujourd'hui, 1re veillée funèbre au Conseil constitutionnel, qu'il a présidé.

Le public est invité à s'y rendre. Merci beaucoup d'être revenu sur ce plateau. J'imagine que ce sera une journée d'émotion pour vous.

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