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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 13 avril 2026 25 min

Ronan Le Gleut : « C’est la victoire de la droite républicaine hongroise face au populisme »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

On va reparler évidemment de l l'élection en Hongrie et de la défaite de Viktor Orban. Ronan Legleu, vous êtes sénateur à l'air des Français de l'étranger, vice-président de la Commission des affaires européennes. On va revenir sur ce sujet, mais d'abord, comme tous les jours, on regarde les unes de la presse régionale.

On en a sélectionné trois à la une du Dauphiné libéré. Narcotrafic, la justice tape au portefeuille face à la pression croissante des trafics. Les parquets voient dans la captation des biens mal acquis une méthode de lutte efficace contre la criminalité organisée.

La Deuxième une, c'est celle de la dépêche. Que va devenir le macronisme ? Dix ans après sa création, le mouvement fondé par Emmanuel Macron traverse une crise identitaire profonde à l'approche de la présidentielle et le macronisme s'intéresse sur sa capacité à durer et à survivre sans son fondateur.

Et puis dernière, une politique également présidentielle. Le RN est-il surcoté ? Les candidats du RN, Jordan Berdella ou Marine Le Pen font la course en tête dans les sondages.

Reste à savoir si cet avantage tiendra dans le temps. De quelle une avez-vous envie de nous parler ? Écoutez, je considère qu'effectivement le RN est surcoté.

Donc vous voyez, je pense qu'il y a un travail de vérité à faire sur la réalité de ce qu'est le Rassemblement national aujourd'hui. Il y a eu des votes massifs de hausse d'impôts par le Rassemblement national, 36 milliards d'euros lors de dernier examen budgétaire. Je crois que les Français n'ont pas conscience combien sur les questions économiques, notamment.

Le RN est à la gauche du PS. Il est finalement plus proche de la france insoumise que du ps sur les questions économiques et il est temps que cette vérité soit révélée aux français il suffit tout simplement un argument qui est martelé par les lr quand on voit les sondages ça a – Oui, mais il faut que les Français, tout simplement, regardent la réalité des faits. Vous savez, lors de l'examen budgétaire, c'est un moment de vérité.

Vous votez pour ou contre un amendement. Quand les amendements LFI de hausses d'impôts sont proposés et que le RN, main dans la main avec la France insouvise, vote ces hausses d'impôts. Je pense par exemple à l'impôt universel sur les Français de l'étranger, que LFI et RN ont voté main dans la main le 25 octobre dernier lors de l'examen à l'Assemblée nationale, il s'en est fallu d'une voix, notamment par la mobilisation des députés de la droite républicaine pour empêcher cela.

Donc vous voyez, si les français avaient conscience de la réalité du vote RN sur les questions économiques, je pense qu'ils réviseraient leur jugement. On va revenir sur les questions politiques à la fin de cet entretien, mais d'abord l'actualité de la nuit, c'est Victor Orban largement défait, c'est le conservateur pro-européen, Peter Maguiar, qui remporte donc les législatives. On l'a vu dans le journal, nous avons libéré la Hongrie à Di Maguiar.

Que représente ce résultat pour vous ? Je considère qu'il s'agit d'un résultat historique au sens premier du terme, c'est-à-dire qu'il renvoie à cette longue histoire de la Hongrie, à cette histoire fondatrice de la Hongrie. Le prince Géza, écoutez, baptise son fils qui devient saint-Étienne de Hongrie en l'an 1000 et ancre donc l'histoire de la Hongrie, c'est le moment fondateur de la création du royaume de Hongrie avec le christianisme de Rome et donc saint-Étienne de Hongrie est le premier et le père fondateur de la Hongrie et choisit l'Occident plutôt que l'Orient et donc c'est cette longue tradition de la Hongrie, ce texte fondateur c'est le retour aux sources, ce pays a toujours été un carrefour entre Occident et Orient et nous sommes ici dans ce moment historique où la Hongrie qui renoue avec l'Occident.

Je le dis d'autant plus que les dernières années du régime Orban ont été d'une incroyable trahison à l'égard des européens. Nous l'avons vu avec le ministre des Affaires étrangères de Victor Orban qui faisait fuiter toutes les informations du Conseil européen. On va parler évidemment des ingérences, ce sera avec quentin mais orban pendant 16 ans il a mis la main sur l'administration publique sur la justice sur les médias est-ce que peter maguiar va réussir à désorganiser l'anglais oui parce qu'il a gagné par deux tiers il ya eu une réforme du mode de scrutin par victor orban ça s'est retourné contre lui aujourd'hui il ya 199 députés et le régime des deux tiers permet de réformer la constitution et par conséquent peter maguiar a les mains libres effectivement pour déurbaniser comme vous le dites la hongrie est ce que ce résultat c'est aussi un échec qui porte un coup à la montée des populismes victor orban il a théorisé le concept de démocratie libéral qui est un modèle aujourd'hui pour les populistes, est-ce que selon vous ça va avoir des conséquences ?

Oui je le pense Vous savez le parti de Peter Magyar qui s'appelle Tissa nous le connaissons bien puisqu'il s'est présenté déjà aux élections européenne de 2024, de juin 2024 et à l'époque il fait 30%, il fait élire 7 députés européens hongrois. Il siège dans quel groupe ? Dans le groupe PPE, le Parti Populaire Européen qui est le groupe où siègent les républicains avec François-Xavier Bellamy.

Donc nous connaissons bien, c'est un parti frère des républicains et donc c'est la victoire de la droite républicaine sur le populisme effectivement. Alors lors des élections il y a des parlementaires, vous le qui se rendent dans les pays pour surveiller le bon déroulement des scrutins. Et on est avec Pouria Amir Chahy.

Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous député écologiste de Paris. Pouria Amir Chahy, vous êtes en Hongrie à Budapest. Vous avez surveiller le bon déroulement de ce scrutin est-ce que vous avez constaté des irrégularités bonjour d'abord merci d'invitations écoutez non absolument pas plus en tout cas que n n'importe quelle élection que chez nous.

Les élections se sont bien déroulées, il y avait par ailleurs, il faut le dire, une observation internationale très dense, très forte, avec des délégations venues du monde entier. Je crois qu'on peut dire que ces élections étaient d'une certaine manière sous surveillance et puis il faut dire que pour une démocratie, la première des choses à faire c'est d'accepter pour être reconnu comme tel, d'être contrôlé, surveillé par une autre démocratie. Donc chacun fait attention et comme vous l'avez vu, les élections se sont non seulement bien passées mais ont bien fini.

Comment il a été accueilli, vous qui êtes à Budapest ? Vous étiez évidemment au coeur de ce qui s'est passé, comment ça a été accueilli ce résultat ? Alors paradoxalement à la fois par de la joie massive dans les rues de Budapest en tout cas une déception visible sur les visages des partisans d'Orban, mais pas de débordement et de façon générale une ambiance que je l'ai trouvée plutôt calme.

Malgré la ferveur de la place où Magyar était accueilli, le nouveau vainqueur, donc le futur Premier ministre il n'y a pas eu de débordement particulier je crois que les gens sont surtout en gris en attente d'abord ils étaient un peu en attente du résultat hier soir de savoir qu'elle est la marge exacte avec laquelle le futur gouvernement pourra gouverner et agir. Et puis, il y a aussi d'autres questions plus fondamentales. Je crois que les Hongrois ne sont pas du tout résignés, mais assez lucides sur la situation de leur pays.

Ils savent bien qu'à la fois le contexte géopolitique international, mais aussi les marges de manœuvre économiques ne sont pas évidentes tout de suite, d'autant que je le rappelle, Peter Orban, pendant 16 ans, a eu le temps de verrouiller totalement le système économique, dont il a mis beaucoup d'acteurs à sa botte, ainsi que le système institutionnel. C'est pour ça que la majorité des deux tiers qui a été rappelé tout à l'heure est importante, à la condition bien sûr, que ce soit pour un retour à l'État de droit, pour répondre à la question sociale qui est très importante ici à Hongrie et évidemment pour remettre la Hongrie dans le train de l'Union européenne. Mais ça c'est pas sûr, c'est pas sûr parce que vous avez vu que les derniers échanges, enfin les dernières sorties publiques de JD20 et de quelques autres a été quand même de considérer qu'il y aurait une continuité et que Poutine n'a fait à ce jour aucune déclaration.

Renan Le Gleu, pas d'irrégularité constatée par Pourria -Amerchis. C'est vrai qu'effectivement, le déroulé du scrutin, Quentin disait que c'était aussi une inquiétude. Oui, c'était une inquiétude, mais finalement, un des signes les plus tangible de la démocratie, c'est l'alternance.

Et vous voyez ce qui s'est passé par exemple en Pologne avec le PiS qui ressemblait finalement à ce qu'a fait Orban en Pologne, il y a eu là aussi l'arrivée au pouvoir. avec Donald Tusk, de cette droite républicaine du PPE, du Parti Populaire Européen, après des années, effectivement, de ce populisme. Donc qu'il s s'agisse de la Pologne ou de la Hongrie, on voit que la démocratie fonctionne.

C'est un des fondamentaux évidemment de l'Europe et quand Orban vantait l'illibéralisme, finalement, heureusement, nous sommes ici dans un retour à la trajectoire historique de la Hongrie. – Merci beaucoup, merci pour Yamir Chahid d'avoir été avec nous depuis Budapest. Un mot puisque effectivement tous les leaders européens attendaient ce scrutin.

Est-ce que pour vous, il va marquer un tournant pour l'Europe et dans les relations entre Bruxelles et Budapest? Oui, j'en suis convaincu parce qu'il y avait effectivement cet élément de trahison dont j'ai parlé précédemment, avec des fuites d'informations absolument inacceptables entre états de confiance. – On va revenir sur les ingérences, mais est-ce que vous jugez que Victor Orban s'est servi de son droit de veto pour affaiblir l'Union européenne ? – Bien sûr, il a affaibli l'Union européenne avec son droit de veto et par conséquent la victoire de Peter Magyar est une excellente nouvelle parce que c'est le retour à finalement la position européenne historique et la nécessité, effectivement, du soutien à l'Ukraine qui est réaffirmé.

Et justement, ces élections législatives, elles étaient scrutées par les leaders européens, elles étaient aussi scrutées par les États-Unis et la Russie. Quentin, vous allez nous dire pourquoi. – Oui, on va avoir une des images marquantes de la campagne, celle du vice-président américain J .D.

Vance en meeting de soutien à Viktor Orban. C'était à Budapest mardi dernier. On a même vu le bras droit de Donald Trump sortir son téléphone et appeler directement le président américain, qui a pu parler comme ça à la foule depuis le haut-parleur du smartphone lors de ce meeting de la campagne de Victor Orban.

Regardez cette séquence, on y revient juste après. J'aime la Hongrie et j'aime Victor. Je vais vous dire, c'est un homme fantastique.

Nous avons une relation extraordinaires, il a fait un travail. Souvenez-vous de ceci, il n'a pas laissé des gens prendre votre pays d'assaut et l'envahir comme d'autres l'ont fait et ont franchement ruiné leur pays. Il a préservé votre pays, il a gardé les Hongrois dans leur pays et il a fait un travail fantastique.

Donc qu'on comprenne bien, c'est Donald Trump qui parle dans le haut-parleur du téléphone du vice-président américain à la La foule venu donc à un meeting de Victor Orban. Donc on le voit, les ultra-conservateurs américains qui ont tenté comme cela de peser sur la campagne. Donald Trump et J .D.

Vence qui sont aussi, on peut le dire, en croisade contre les valeurs européennes depuis des mois. Il s'oppose au libéralisme défendu par la Commission européenne et ce même depuis le discours prononcé, rappelez-vous, à Munich en février 2025 par le vice-président américain J .D.

Vence, où il s'en prenait comme cela aux valeurs humanistes partout en Europe. La Hongrie de Viktor Orban était donc un des relais de leur idéologie, peut-être un des seuls en Europe. Parlons-en avec vous, Renan Le Gleu, la présence de J .D.

Vance en Hongrie, quelques jours avant l'élection. Comment est-ce que vous l'avez vécu ? Est-ce qu'on peut dire qu'il y a eu une tentative comme ça d 'ingérence américaine ?

Oui, alors effectivement, il y a eu une tentative qui d'ailleurs a été sans doute un échec pour Poutine, parce qu'on passe beaucoup de temps ici à parler de l'intervention de J .D. Vance.

Pour moi, le principal danger, c'était d'abord l'ingérence de Lavrov, bien plus que celle des États-Unis. Et on va en parler, justement, Vladimir Poutine. Pourquoi la Russie, Quentin, avait-elle également le regard tourné vers la Hongrie ce week-end ?

Eh bien, il faut le dire, Viktor Orban est parmi les dirigeants européens les plus critiques du soutien de l'Europe à l'Ukraine, le 19 mars dernier. Le Premier ministre hongrois qui s'est ainsi opposé auprès de 90 milliards d'euros que le Conseil européen voulait octroyer à l'Ukraine. Son attitude, alors, à Viktor Orban avait été qualifiée sur d'inacceptable par le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Viktor Orban qui s'oppose également à l'adoption d'un 20e paquet de sanctions européennes contre la Russie ainsi qu'à l'ouverture de nouvelles étapes dans le processus d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. Si toutes ces raisons n'étaient pas déjà suffisantes pour qualifier la Hongrie de Viktor Orban, de soutien masqué à la Russie, on a également vu une information que vous avez évoquée dans la revue en ligne Politico. On voit par exemple que le ministre hongrois des Affaires étrangères a même admis qu'il parlait à la Russie avant et après les sommets européens, une affaire d'ailleurs qui embarrasse à Bruxelles où on travaille désormais à davantage encadrer les informations divulguées en Conseil européen car on le voit, certains documents peuvent être directement utilisés par nos adversaires de l'Europe contre elle.

Alors comment est-ce qu'on peut qualifier ce comportement ? Est-ce qu'on peut dire cheval de Troie de la Russie en Europe, cette Hongrie de Viktor Orban ? Oui, nous avons des enregistrements.

Le téléphone de Sijarto, le ministre des Affaires étrangères hongrois, a été hacké. Nous savons qu'il parlait à Lavrov pendant les conseils européens et les conseils de l'Union Européenne pour relater l'état des négociations c'est donc gravissime, c'est un acte de trahison à l'encontre de l'Union Européenne et c'est aussi une des raisons de la défaite de Viktor Orban parce que les hongrois ont eu connaissance de cette information. Qu'est-ce qu'on sait des documents qui ont pu être divulgués comme ça à la Russie ?

Est-ce qu'il peut y avoir par exemple des documents militaires sur ce qui se passe sur le front en Ukraine ? On n'a pas ce niveau de détail. En revanche, ce que l'on sait, c'est que Lavrov a des sanctions de preuve du régime Poutine.

Ce qui démontre donc une forme de trahison où on joue pour l'adversaire dans les relations internationales ? Bien sûr, et c'est pour cette raison que la victoire de Tissa et de Peter Maguire est si importante. C'est à nouveau un acteur de confiance avec qui nous allons pouvoir dialoguer.

La Hongrie redevient un état de confiance. Se pose la question de l'Ukraine. Orban, c'était son thème de campagne, faire campagne contre Zelensky.

Peter Maguiar, lui c'est un défenseur de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, mais il reste quand même assez prudent sur certains sujets, sur l'envoi d'armes, sur l'envoi de troupes. Est-ce que ça va quand même changer les choses entre l'Union européenne et l'Ukraine ? Est-ce que ça va pouvoir débloquer plus de soutien ?

Oui, certainement. Alors vous avez raison, Peter Maguiar d'ailleurs vient du Fidesse, il était un membre du parti politique de Viktor Orban avant sa dérive illibérale, parce que pendant les 16 années où Viktor Orban a été Premier ministre, les premières années et les dernières ne sont pas de même nature. Et donc il y a eu un tournant, et qui est ce tournant qu'a saisi Peter Maguiar...

Caquet la pente du parti. Il l'a fait à un moment juste, opportun, pour montrer qu'à un moment, cela suffisait et que nous en On était notamment dans un État qui pratiquait des actes de corruption absolument insupportables et de pression sur la ministre de la Justice, la présidente du Parlement, qui ont été mis sous pression, Kataline Novak, notamment. Et donc, c'est ce moment clé.

Et avec Peter Maguiar et Tissa, nous renouons effectivement avec une Hongrie de confiance et qui s'ancre définitivement dans l'Occident et qui cesse d'être tournée ainsi vers la Russie. Un dernier mot justement sur la Russie, c'est un petit peu parallèle mais quand même la semaine dernière lors d'une audition à l'Assemblée nationale, le chef d'état-major des armées Fabien Mandon a affirmé qu'une guerre ouverte avec la Russie était la principale préoccupation en termes de préparation des armées. Comment on réagit face à cette déclaration ?

Écoutez, le chef d'état-major des armées a toute ma confiance. Je considère que les informations dont il dispose et la manière dont il informe les Français du niveau de menace est juste. Et je me rappelle de son discours devant l'Assemblée des maires de France, vous savez, ça a été très commenté sur l'idée qu'il fallait être prêt à perdre ses enfants, pas au sens évidemment des enfants, mais au sens des enfants de la patrie, c'est-à-dire ces militaires.

Ça a été un électrochoc. Eh bien le temps est venu de l'électrochoc. C'est-à-dire que...

Une guerre ouverte avec la Russie, c'est fort. Non mais aujourd'hui nous sommes déjà dans la guerre hybride. C'est-à-dire que la Russie, par la guerre informationnelle, la guerre cyber, les rançons J-Ciel, les territoires maritimes en mer baltique, les survols de drones, les avions de chasse qui passent dans des espaces aériens où ils sont interdits.

Tout ça, ce sont des actes qui, du point de vue de la guerre hybride, sont déjà qualifiés. En parlant de Vladimir Poutine, il se dit prêt à participer à une médiation au Moyen-Orient. Il pourrait jouer ce rôle ?

Je ne pense pas. Je pense que ce n'est pas la personne y douane pour ce rôle et donc c'est une très mauvaise idée. Après l'échec des négociations ce week-end, on l'a vu dans le journal, Donald Trump annonce le blocage du détroit d'Hormuz.

Qu'est-ce qu'il faut y voir ? Une nouvelle marque de son imprévisibilité ou ça acte de facto la fin du cessez-le-feu ? – Alors, son imprévisibilité est une forme de stratégie.

C'est la stratégie du fou, c'est-à-dire qu'on ne sait pas quel est le prochain mouvement dans la négociation. Donc c'est une stratégie délibérée, ce n'est absolument pas l'acte de quelqu'un de déraisonner. C'est une stratégie qui consiste à déstabiliser l'adversaire dans la négociation.

Aujourd'hui, qu'est-ce que nous avons ? Une forme de double blocus, finalement, puisque nous avons un blocus iranien et s'ajoute à un blocus américain. Cette situation, évidemment, elle est provisoire.

C'est, je considère, une étape de la négociation. On va continuer à parler du Moyen-Orient et Jefferson Desport qu'on retrouve, grand reporter à Sud-Ouest. Bonjour Jefferson.

Concernant ce dossier au Moyen-Orient, vous avez une question sur le Liban et le rôle de la France ? Oui, bonjour Orianne, bonjour Rodan Le Gleu. Pour faire à cause que vous disiez, une question sur le Liban puisque les négociations entre Israël et le Liban doivent débuter demain à Washington.

Prenons le Gleu, qu'est-ce qu'on peut en attendre de cette séquence-là, sachant qu'il y a les casques bleus de la finule déployés au sud du Liban, dont 700 militaires français sous casque bleu. Doit-on craindre une occupation du sud Liban par Israël ? Alors, la position de la France, évidemment, c'est celle du cessez-le-feu.

Il est important de rappeler, notamment, que c'est le Hezbollah qui a enclenché ce regain de ce conflit à nouveau, puisque c'est le Hezbollah proxy iranien dans les mains de l'Iran qui a déclenché le feu en premier. Il n'en demeure pas moins que tout civil qui meurt dans ce conflit, c'est insupportable. Je rappelle également effectivement le rôle fondamental de la France à travers la finule.

Le rôle également de la France qui est déjà extrêmement active avec l'aide alimentaire qui parvient déjà sur le territoire libanais, autant de l'Etat français mais également des collectivités territoriales. Je pense par exemple à la région Île-de-France particulièrement mobilisée. Il y a dans le sud Liban, évidemment c'est une zone majoritairement tenue par le Hezbollah, les chiites mais il y a aussi des villages chrétiens qui ont décidé de ne pas partir et Israël a épargné ces villages chrétiens.

Aujourd'hui malheureusement ces villages chrétiens risquent la famine parce que les convois alimentaires n'y parviennent pas. Je tiens à saisir l'occasion ici pour rappeler l'importance de pouvoir fournir des denrées alimentaires à ces villages chrétiens du sud Liban. Jefferson, vous avez une autre question sur la future loi de programmation militaire ?

Oui, on va rester sur le secteur de la défense qu'on connaît bien Renan Le Bleu. L'actualisation de la loi de programmation militaire arrive au Parlement. Les discussions ont commencé.

Renan Le Bleu, est-ce que la droite sénatoriale soutiendra cette actualisation et cette surmarge de 36 milliards d'euros de plus pour la période 26-2030 ? Vous avez évoqué notamment le rôle de la France au Liban, mais le réarmement de la France plus généralement fait écho aussi aux propos du général Fabien Mandon, chef d'état-major des armées. Comment va se situer la droite parlementaire et sénatoriale sur ce sujet-là En tout cas moi je suis favorable à une hausse des crédits de nos armées parce que c'est une nécessité et parmi les très nombreux sujets indispensables qui nécessitent un un rehaussement de notre niveau de défense, il y a la dronisation de la guerre, la nécessité d'être beaucoup plus allant sur les drones évidemment terrestres, de surfaces sous-marins, terrestres et évidemment aériens.

Vous constatez, nous constatons aussi si bien dans la guerre en Ukraine qu'aujourd'hui au Moyen-Orient, la nécessité de monter en puissance sur la dronisation et la lutte anti-drone. Cela nécessite des investissements importants pour être au niveau. Je considère que nous devons notamment tirer profit de l'expérience des Ukrainiens qui luttent depuis des années contre les drones Shahed 136 livrés par l'Iran à la Russie.

Ils ont développé des des techniques de lutte anti-drone, et nous devons aujourd'hui être au même niveau de compétence que l'armée ukrainienne sur ces questions. Merci beaucoup, merci Jefferson, la une de sud-ouest c'est du rugby, Toulouse-Terrassé, l'Union bègue le Bordeaux qualifié, merci beaucoup Jefferson d'avoir été avec nous, une petite question d'actualité nationale à la demande de Sébastien Lecornu, Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail va recevoir ce soir les organisations syndicales, elles protestent contre la loi défendue par la majorité sénatoriale, par Gabriel Attal qui autorise les salariés de certains commerces à travailler le 1er mai. Sébastien Lecornu dit qu'il n'y aura pas de passage en force, est-ce que vous souhaitez que la loi aboutisse vite et que la commission mixte paritaire députée les sénateurs soient convoqués dès demain ?

Je souhaite que la loi aboutisse vite parce que c'est une loi de liberté pour notamment les entrepreneurs français, je pense aux fleuristes, aux boulangers qui avaient ouvert le 1er mai l'année dernière et qui s'étaient retrouvés avec des amendes. Ce dont la France a besoin, ce n'est pas de plus d'interdiction mais c'est de plus de liberté, de liberté de travail et par conséquent j'avais voté ce texte du Sénat et je considère qu'il faut aboutir – Mais quand Sébastien Lecornu ne dit pas de passage en force, alors il fait référence au fait qu'à l'Assemblée, il n'y a pas eu de débat, c'est-à-dire qu'il y a eu rejet du texte pour que ça arrive plus vite. C'est un passage en force ? – Non mais ça, j'ai envie de vous dire, c'est la La démarche du Parlement, mais sur le fond, de quoi s'agit-il ?

Il s'agit d'avoir une société de liberté. C'est une démarche un peu particulière, c'est-à-dire que c'est le camp qui est favorable à la loi qui fait en sorte qu'il n'y ait pas de débat. Écoutez, moi ce que je pense, c'est que ce dont les Français ont besoin, c'est davantage de liberté dans la possibilité de travailler, d'ouvrir des commerces.

Nous avons besoin de davantage de commerces et non pas de leur interdire de travailler. Merci Rodan Le Gleu, merci beaucoup d'avoir été notre invité.

Ronan Le Gleut : « C’est la victoire de la droite républicaine hongroise face au populisme » — Ronan Le Gleut · Pourquijevote