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interviewyoutube.com· 7 avril 2016 21 min

Nicolas Dupont-Aignan invité de Zemmour & Naulleau sur Paris Première

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

L'Espagne fait son numéro, donc... Non, non, mais je note. Je note dans un petit carnet. On fera un bilan en fin de saison. Le faux cul, qu'un candidat à l'élection présidentielle, sûr et certain que les citoyens le hisseront au second tour. Nicolas Dupont-Aignan se lance dans la course, telle l'évidence. Mais qu'en pensent ses collègues à l'Assemblée nationale ? Réponse dans les colonnades de Dimitri Kefelek et Thibaut Vitré.

0:30
Invité

Vous, vos économies, vous les placez... Dans ma banque. Au CIC. Dans mon bas de laine. Nulle part. J'en ai pas beaucoup, malheureusement. Sur mon compte de la banque postale. Pas la main. Au final de la loi El Khomri, il restera... Rien. Je crains. Pas grand-chose. Peut-être pas grand-chose. L'essentiel. C'est un débat de mort de ce qu'on a fait ici. Probablement un grand malaise. Beaucoup de bruit pour rien et beaucoup de temps perdu. Une souris. Vous savez, la montagne qui accouche d'une souris. Le soutien de Renaud à François Fillon, c'est... C'est surprenant. Pas mal. Bonne chose pour François Fillon. Mistral perdant. Il ne fallait pas qu'il lui chante les métons.

C'est en gros, Renaud, moi je suis Morgane de Toit, monsieur Fillon. J'avais cru comprendre qu'il avait arrêté l'alcool. Visiblement, non. Le problème avec Nicolas Dupont-Aignan, c'est... Qu'il est un peu solitaire. Qui est Nicolas Dupont-Aignan ? Il porte un message intéressant sur l'échiquier politique. Ce n'est pas nécessairement la solution. Ça pourrait être un partenaire. En tout cas, ce n'est pas un ennemi. Il veut le même temps de parole que les grands candidats. Il faut quand même rester chacun dans sa cour. Nicolas Dupont-Aignan au second tour, c'est... Peu vraisemblable. Impensable. C'est assez improbable. C'est peu crédible. Strictement inimaginable. On va voir.

Ben, il sera devant sa télé, comme tout le monde. Ce n'est même pas du cauchemar ni du rêve. C'est de l'impossibilité, vraiment. Enfin, la raison, parfois, doit l'emporter.

1:49
Présentateur

Bonsoir. Bonsoir. Nicolas Dupont-Aignan. Alors, vous êtes député de l'Essonne, président du parti Debout, la France. Et pour vous, pas besoin d'attendre les résultats du scrutin. C'est clair, vous serez au second tour. Ce n'est pas ce que j'ai dit tout à fait. Oh si, un petit peu quand même. Vous l'avez lu dans le Mar de Café ?

2:03
Nicolas Dupont-Aignan

Non, mais ce que j'ai voulu dire, c'est est-ce qu'un jour, on va laisser les Français choisir ? Est-ce qu'un jour, on va évacuer les sondages manipulés ? Encore qu'ils montent pas mal pour moi. Je suis à 7%. Absolument. Pour arrêter de figer, on a des gens...

2:19
Présentateur

On vient de l'entendre, même les députés n'y croient pas.

2:20
Nicolas Dupont-Aignan

Oh mais les députés, ils se sont trompés sur tout, ils ont voté cela. Tous les textes de soumission qu'ont mis la France dans le pétrin depuis 20 ans. D'accord, donc ça ne vous touche pas. Et vous croyez que je leur fais confiance ? Mais il n'y a plus personne qui leur fait confiance. Donc ça ne me brûle pas du tout. La vraie question, c'est est-ce qu'on considère que l'histoire est une photographie, qu'on est la seule démocratie au monde à recycler des gens qui nous gouvernent depuis 20 ans, qui ont un bilan catastrophique, ou est-ce qu'au contraire l'histoire est un film ? C'est-à-dire, est-ce qu'on a le droit d'apporter des idées nouvelles ?

Est-ce qu'on a le droit encore en France de dire qu'il y a une autre politique possible ? Est-ce qu'on a le droit d'avoir un peu de morale ? Est-ce qu'on a le droit de défendre le bien ? Voilà, c'est tout. Alors après, c'est aux Français de choisir. Mais ce que je veux dire aux Français, c'est de se réveiller, d'arrêter de subir. On ne va pas passer notre vie à subir des nuls. Je le dis comme je pense.

3:11
Présentateur

Vous l'avez dit, vous l'avez même écrit dans un livre, France, lève-toi et marche chez Fayard. Alors la synthèse. Et une question, c'est tout de suite dans l'apostrophe de Nolo.

3:24
Invité

Alors, contrairement à ce que laisse croire son titre en forme d'injonction christique, votre livre se confond en partie, et même en grande partie, avec une autobiographie politique. Une vocation politique éprouvée dès le plus jeune âge, au point que, c'est vous qui le racontez, lors d'un voyage scolaire pour le Royaume-Uni, tandis que les autres collégiens spéculaient sur le charme des petites anglaises. Vous préfériez, pour votre part, discuter du programme commun avec un camarade. Chacun sa libido. Moi, j'ai grand respect pour les perversants mineurs.

Alors, votre ligne de vie politique, que vous rappelez ici, est celle d'une autonomie de pensée lentement affirmée, d'un affranchissement progressif des grands partis de droite, d'abord par votre proximité avec Philippe Séguin, puis par la parenthèse du Rassemblement pour la France, avec Charles Pasquois et Philippe de Villiers, et enfin, plus décisivement, avec la création de Debout la France. Alors, pour ce qui est des idées dans ce livre, c'est simple, c'est feu sur le quartier général.

Alors, feu sur les élites tant politiques que médiatiques, qui forment selon vous une oligarchie, un mot dont vous usez très souvent, et des élites et des oligarchies qui se sont rendues coupables, selon vous, de hautes trahisons. Alors, feu nourri également, mais ça, ça va sans dire, sur Bruxelles et l'Union européenne. Et quand les tirs se croisent, vous estimez alors que la France n'est plus qu'une province européenne, et des locataires de l'Elysée, des gouverneurs de la région France, plutôt que des présidents d'un État-nation.

Alors, il faut croire que la formule ne vous paraît pas encore assez forte, puisque vous n'hésitez pas, en plusieurs endroits, à juger que nous vivons vis-à-vis de l'Europe, sous un régime comparable à celui de Vichy, et dans un pays occupé. J'espère qu'on y reviendra. Alors, pour que la France se lève ou se relève, vous en appelez à la fois un sursaut moral, et un certain nombre de mesures, dont les principales devraient faire l'objet de 5 référendums clés, dans la première année de votre quinquennat. Non, vous ne serez pas seulement au deuxième tour, vous serez élu dans ce livre.

Alors, respectivement, les référendums en question, réforme institutionnelle, on va sur le détail, rétablissement des frontières nationales, nouvelle politique pénale, réforme éducative, et renégociation des traités européens.

Pour évoquer votre avenir et celui de la France, vous gardez cependant dans ces pages un œil dans le rétroviseur, puisque votre ambition, et je vous cite, de réussir là où Séguin a échoué, et, alors là c'est moi qui reprend la parole, de réussir vis-à-vis du FN ce que le PS de Mitterrand fit en son temps vis-à-vis du PC, à savoir capter un électorat protestataire pour en faire les troupes d'un parti de gouvernement, le vôtre, vaste programme, comme aurait dit votre idole Charles de Gaulle. Mais, la question que je voudrais vous poser, c'est que vous citez Gandhi au tout début de votre livre.

Gandhi, il a également beaucoup cité Place de la République par tous ses jeunes, mais dans une optique très différente, il pense qu'il faut créer des institutions alternatives, c'est-à-dire qu'il faut complètement sortir de ce système que vous dénoncez, or vous, vous voulez l'aménager ce système, vous voulez une nouvelle République, mais vous voulez quand même rester dans le cadre républicain. Est-ce qu'à votre avis, sortir de ce système, c'est être à l'intérieur, ou en sortir, comme le proposent ces jeunes gens, pas seulement en France, vous voyez ce qui se passe en Grèce et en Espagne ?

6:10
Nicolas Dupont-Aignan

Mais ces jeunes, moi je les respecte, parce que quand pendant une génération, c'est le chômage de masse, qu'il n'y a plus aucun espoir, plus aucun repère, et c'est normal qu'ils protestent, mais mon boulot, moi d'homme politique, c'est de transformer cette protestation en une alternative politique, c'est-à-dire une alternative de gouvernement. Sauf qu'ils ne veulent pas de vous non plus. Mais vous en savez bien, ma cote de popularité est la plus forte chez les 18-24 ans. Pas ceux de la République. La bataille, peut-être pas ceux de la République.

6:37
Invité

Non, mais ils ne veulent pas le système politique du tout. C'est normal.

6:39
Nicolas Dupont-Aignan

Ils pensent qu'il faut le construire ailleurs. Ailleurs, ailleurs, où ? Ailleurs. Bon, en apesanteur, il y a un moment, ce ailleurs, il a fait qu'on a détruit la République, la démocratie, au profit de multinationales, du règne du fric, mondiales. L'État, nation, la démocratie, c'est le meilleur rempart contre l'anarchie. C'est le meilleur moyen de recréer un or, d'éviter la loi de la jungle. Moi, vous savez, j'ai du bon sens. J'ai été élu maire 3 fois 80% dans une ville qui votait à gauche, de banlieue. Vous en parlez beaucoup de cette ville. Oui, parce que j'ai prouvé à ma modeste mesure que dans une situation désespérée, on pouvait changer les choses en rassemblant, en ayant un cap.

Et puis, je regarde la mondialisation, cette fameuse mondialisation. Il y a un chapitre là-dessus, sur Singapour. Une espèce de truc, un confetti. Il n'y avait rien. Il y a un homme avec une équipe qui en a fait le troisième niveau de vie mondial par habitant. Il y a des pays dans la mondialisation qui sont structurés. Il y a une confusion aujourd'hui. On croit que la mondialisation, c'est la fin des États. C'est la fin des compétitions. Non. La mondialisation, c'est la mise en concurrence. Et les Français ont fait un contresens majeur. Ils se sont évanouis. Ils sont en train d'être colonisés. C'est curieux, vous ne l'avez pas cité. Je parle de colonisation.

Nous sommes colonisés mentalement. Vous savez, le début de la colonisation, c'est quoi ? C'est qu'on fait croire aux élites qu'elles gagneront plus si elles sont soumises. Et la colonisation, elle est mentale. Elle est économique, traitée transatlantique. Elle est diplomatique. Le Qatar définit notre politique. Elle est migratoire. Pourquoi pas le dire aussi ? Il faut oser le dire. Non pas contre les étrangers, mais parce que ça casse notre modèle d'organisation.

8:25
Invité

Ce qu'il faut oser dire aussi, c'est que pour l'instant...

8:26
Nicolas Dupont-Aignan

Il faut dire les choses économiques. Nos entreprises sont toutes rafées.

8:28
Invité

Mais on va devenir un peuple d'esclaves. D'accord, mais que pour l'instant, il n'y a pas d'espace pour vous. Mais qu'est-ce que vous en savez ? Le système est extrême.

8:35
Nicolas Dupont-Aignan

Mais qu'est-ce que vous en savez ? Je le vois. Je vois que le système... Eh bien, alors on arrête tout. J'ai mis la phrase de Gandhi au début. Pourquoi ? Parce que tous les gens qui, dans l'histoire, ont fait quelque chose, il n'y avait jamais la place pour eux. Ça, c'est sûr. On arrête tout. Moi, mon ambition politique, elle est simple. Je veux offrir aux Français le choix. Leur permettre de sortir de ce piège monstrueux. Soit vous continuez avec des incompétents, mais qui ont quand même ruiné la France. Ne l'oubliez pas, PS, UMP.

Soit vous partez dans un parti, le Front National, qui dit des choses justes, avec lesquelles on peut protester, mais qui n'est pas capable de gouverner et qui ne gagne pas parce qu'il est dans l'excès et qui ne s'est pas rassemblé. Eh bien, je veux offrir une voie entre les deux sans les excès du FN, mais en rassemblant le peuple qui a du bon sens. Les Français savent ce qu'il faut. Simplement, l'offre politique n'est pas là.

9:25
Présentateur

C'est quoi les excès du FN ?

9:27
Nicolas Dupont-Aignan

Mais vous les connaissez. C'est de croire qu'ils vont gagner tout seuls, avec des excès économiques, notamment. Et puis, en fait, on ne sait pas quelle FN c'est. Est-ce que c'est le FN de Jean-Marie Le Pen de l'arrière-boutique ? Est-ce que c'est Marine ? Est-ce que c'est Philippot ? Est-ce que c'est Marion ? Je ne sais plus où c'est. Et moi, je ne cache personne dans mon parti. Pas debout la France. On a une idée de la France. On a une idée du rassemblement des Français. On veut l'ordre, la justice. On veut un pays libre. Je ne vais pas vous dire qu'il y aura des miracles demain matin, mais de redonner un espoir aux Français de leur dire « Enfin, on va contrôler nos frontières.

On va produire français, c'est-à-dire donner un bonus fiscal à ceux qui investissent en France. » C'est ce que dit le FN, M. Non, non, non. Contrôler les frontières, le FN, produire français, c'est le FN. Mais il y a des nuances sur les frontières. Moi, je ne vais pas vous dire qu'on va fermer hermétiquement la France. Je dis qu'on va réduire l'immigration. Je dis que sur le plan économique, notre programme est beaucoup plus sérieux. C'est un fait. Je dis aussi que nous avons autour de nous plein d'élus locaux. Des centaines d'élus locaux qui ont été élus, réélus, mais qui n'ont pas appartenu à ces deux partis, qui sont vendus. Je vous le dis. Ce sont des partis qui ne gouvernent rien.

Ils font semblant. J'ai parlé du vélo d'appartement. Il y a un chapitre, le vélo d'appartement. Et bien voilà, ils sont sur un vélo d'appartement et ils croient faire le tour de France. Ils ne font rien du tout. Mais c'est pour ça que les gens ne veulent plus voter pour eux. Ils ne servent à rien. Ils ne servent à rien. Moi, je veux servir à quelque chose. Alors après, libre à vous de ne pas voter pour moi, de voter pour moi, je ne peux pas faire voter pour moi. J'entends bien. Mais je voudrais quand... Vous savez pourquoi j'ai pris ce titre ? On m'a beaucoup moqué sur le titre. C'est pour que nos concitoyens se réveillent. Ils ont tout en main. On a le suffrage.

Mais quand ils se réveillent, ils ne votent pas pour vous. Ils votent pour quelqu'un d'autre. Mais qu'est-ce que vous en savez ? Pour l'instant, ils votent pour le FN.

11:05
Invité

Ils votent un peu à l'extrême-gauche.

11:06
Nicolas Dupont-Aignan

Écoutez, à la présidentielle, j'étais à 2%. On m'a dit éternellement... C'est curieux, vous ne l'avez pas fait, je vous en remercie. À chaque fois que je vais quelque part, on me dit 1,79% comme si c'était définitif. Au régional, j'ai fait 6,5 en Ile-de-France. On a fait autant de voix à Debout la France, avec 100 fois moins d'expositions médiatiques, que le Front de Gauche ou les Verts. C'est déjà pas mal. C'est un million de Français, ce n'est pas assez. Mais c'est à moi de les convaincre. Laissez-moi leur parler.

11:32
Présentateur

Justement, M. Dupont-Aignan, il y a d'abord une chose nette. Bonjour, bonsoir, je vous ai dit tout à l'heure. C'est que d'abord, on va déjà beaucoup moins vous entendre, puisque vous avez protesté véhémentement et assez légitimement contre cette nouvelle réglementation qui permettra aux chaînes de télé de ne plus donner le même temps à tous les candidats. Alors la loi de modernisation de l'élection présidentielle. C'est extraordinaire, ça s'appelle modernisation. Toujours, on modernise toujours. On modernise, c'est extraordinaire. C'est le retour... Mais ça fait 30 ans que ça dure. Oui, c'est le retour à l'ancien régime. Mais je vais me faire l'avocat du diable...

Mais les Français ne sont pas dupes. Non, je suis d'accord. Je vais me faire l'avocat du diable deux fois. La première fois sur cette réglementation-là, bon, on sait ce que ça va donner. Ça va donner le maximum de temps aux trois grands partis, puisque le Front National a réussi à rentrer dans ce... Maintenant, ce qui est parti, dans le club, et tous les autres vont être marginalisés. C'est pas... Vous avez pris une balle perdue. Parce qu'en fait, vous savez bien que c'est pas vous qui êtes visés. C'est l'extrême-gauche. C'est vraiment pour achever. Voilà, Mélenchon et les... Les autres, pour les achever. Donc, bon, ouais. Ça, vous le savez.

En revanche, est-ce que c'est pas aussi, après tout, l'inspiration première de la 5e République ? Vous vous souvenez que Michel Debray voulait mettre le scrutin majoritaire à un tour dans la Constitution. C'est De Gaulle qui l'en a empêché, parce qu'à l'époque, le Parti communiste est très puissant. Donc, après tout, c'est l'esprit de la 5e, de faire deux grands blocs, et de les opposer. Notre problème, c'est qu'aujourd'hui, les deux grands blocs, je l'ai déjà dit 100 fois comme vous, c'est qu'ils disent la même chose. Et surtout, ils font la même politique. Mais il n'empêche que c'était l'esprit de la 5e. Donc, vous êtes un peu, comment vous dire, archaïque doublement. Oh ! Mais c'est bien.

Mais il faut le savoir.

13:17
Nicolas Dupont-Aignan

C'est un compliment, mais bon. Non, mais la liberté, ce n'est pas archaïque. Vous savez ce qui est extravagant, avec ce gouvernement d'ailleurs, c'est le summum de l'hypocrisie. Ce qui est extravagant, c'est cette fausse modernité. C'est-à-dire revenir à la régression sociale de la loi El Khomri, ne plus laisser les gens parler, c'est un formidable progrès. Mais de qui se moque-t-on ? Moi, je vais vous dire, je suis convaincu que les Français vont réagir, un jour ou l'autre. Alors, comment ? Je n'en sais rien. Violemment, pas violemment.

13:47
Présentateur

Surtout que ce texte, il a été adopté maintenant, donc c'est fini.

13:49
Nicolas Dupont-Aignan

Alors, je fais un recours devant le Conseil constitutionnel, on verra. Mais les Français ne sont pas dupes. Il y a les réseaux sociaux. On va... Vous savez, c'est toujours dans les dictatures quand les riches ont une étincelle. Moi, je crois à cette étincelle. Je crois à mon pays. On n'a pas mille ans d'histoire pour subir cette médiocrité. Parce que si ces gens étaient brillants, s'ils gouvernaient bien, ce serait, bon, à la rigueur, on se dirait, on n'est pas d'accord avec eux, mais bon. Mais le bilan est catastrophique. Mais est-ce qu'on réalise ce qui se passe ? Et il y a d'autres solutions.

Je vais vous dire, Éric Zemmour, ce qui me fait le plus peur aujourd'hui, c'est qu'on fait croire tous les mêmes pour que les Français soient résignés. C'est ça, la colonisation. Il n'y a pas d'issue. Il y a des issues, il y a des solutions. Monsieur Dupont-Aigny. Et on verra, mais il y aura des canaux différents.

14:33
Présentateur

Je savais qu'on serait, au départ, assez d'accord, mais je pense que vous êtes en partie responsable de votre propre sort. Je vais te dire pourquoi. Et je poursuis ma petite discussion, si j'ose dire, avec tous mes invités. On avait la semaine dernière, intéressant de ce chevènement. Vous imaginez que j'ai... Voilà, et je vais essayer de poursuivre la même réflexion avec vous, si vous le permettez. Vous êtes aussi responsable que chevènement. Vous dites, il faut, j'ai noté votre phrase, on ne peut résister à moitié, on ne peut enjamber la clôture et garder un pied dans le système. Je l'ai... C'est ça.

15:05
Nicolas Dupont-Aignan

Ce qu'a fait chevènement entre nous. Ce que j'aime beaucoup. Absolument.

15:08
Présentateur

Et ce qu'a fait Chegain. C'est ce qu'avait Chegain. Et qu'on aime beaucoup. Malheureusement. Absolument. C'est pour ça que je fais différemment. Mais en vérité, vous faites la même chose. Mais si, je vais vous dire pourquoi. Parce qu'aujourd'hui, et vous le dites vous-même, Nolou l'a relevé avec pertinence, la seule solution pour casser le système, que ça plaise ou non, c'est l'alliance avec le Front National, comme Mitterrand a fait alliance avec le PC. Vous le dites vous-même. Or, vous n'êtes pas ce Mitterrand-là. Qu'est-ce que vous en savez ? Parce que je vois ce que vous faites.

15:38
Nicolas Dupont-Aignan

Mais, je vais vous dire très clairement, l'alliance que vous réclamez avec le Front National... Non mais je ne réclame pas.

15:44
Présentateur

J'essaie d'analyser politiquement.

15:46
Nicolas Dupont-Aignan

Non mais, comprenez ce que je veux dire. C'est exactement le piège qu'attend le système. Puisque le système compte sur le Front National pour se maintenir éternellement au pouvoir. Et justement, il faut éviter ce piège. Parce que les Français protestent avec le Front National parce qu'il n'y avait pas d'autres offres alternatives. Ils sont 30%. Et qu'aujourd'hui, mais 30%... Aujourd'hui, le jour où mon offre alternative... Ils sont plus que le Parti Communiste en 45 avec M. Dupont-Pierre.

Mais le jour où mon offre alternative sera bien connue des Français et qu'ils réaliseront que nous avons la capacité de bouleverser les choses sans casser la vaisselle, sans les excès du Front National, vous verrez que des millions de Français nous rejoindront. J'en suis certain. Moi, je prendrais le raisonnement de Zemmour à l'envers. Mais sinon, on ne fait rien. On s'arrête. Et c'est ce qu'ils attendent. Monsieur Dupont-Aignan, regardez ce qu'il se passe aujourd'hui. Mais il s'est fait insulter, vous vous souvenez, quand il a fait alliance avec le PC. Mais il ne l'a pas fait au départ. Et il ne l'a pas fait dans ses conditions.

16:43
Invité

D'accord, mais reprenons le raisonnement de Zemmour. Il fait 65. Monsieur Dupont-Aignan, regardez ce qu'il se passe au FN. Il fait candidat unique en 65.

16:49
Nicolas Dupont-Aignan

Il est en train... Alors, expliquer à Marine Le Pen qu'elle doit me soutenir,

16:52
Invité

Ah, ça, c'est autre chose. Ils sont en train de réfléchir... Non, mais vous comprenez ce que je veux dire. Monsieur Dupont-Aignan, ils sont en train de réfléchir au FN à... Vous allez trop vite. Non. Comme toujours. On dit toujours ça. À un peu gommer les aspects les plus radicaux de leur programme économique. Il y a des débats houleux. Oui. Philippot, toutes les semaines, en appelle au man du général de Gaulle. Donc, il y a quelque chose qui fait que vous vous distinguez de moins en moins visiblement du FN. Mais c'est ça ? Vous vous trompez sur un point. Donc, le raisonnement de Zemmour est juste, même si le... Vous vous trompez sur un point. Ce n'est pas la conclusion, comme d'habitude.

Non.

17:19
Nicolas Dupont-Aignan

Pour une fois. Vous vous trompez sur un point. C'est qu'il y a... Non, vous oubliez une donnée. Ce sont les 20 millions d'abstentionnistes. Ce sont les 5 millions de Français qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales. C'est le million de Français qui votent blanc et nul. Si le FN était si populaire... Mais ce n'est pas la première fois, monsieur Dupont-Aignan, vous vous présentez.

17:36
Présentateur

Pourquoi on ne vous écoute pas ?

17:36
Nicolas Dupont-Aignan

Oui, pas la première fois. Mais attendez, laissez-moi le temps de progresser. La première fois, personne ne me connaissait. Je débarque. Je fais déjà près d'un million de voix. C'est honnête, notre parti s'est installé partout en France. Vous savez, passer sous la Vème République, de 2% à 6-7%, comme ça, c'est déjà un exploit. Et on a le socle pour redémarrer. Je reviens. Si le FN était si populaire, Marine Le Pen aurait gagné en Nord-Pas-de-Calais. Il n'y aurait pas eu tant d'abstentionnistes. Il y a eu une faiblesse intrinsèque. Les Français, c'est un vieux peuple sage. C'est un vieux peuple sage. Monsieur Zemmour. C'est notre impasse politique. Vous avez raison.

C'est qu'ils gagnent les premiers taux et qu'ils perdent les secondes. Eh bien, justement, il faut présenter les avantages sans les inconvénients. Il faut rassembler tous les Français. Je m'adresse aux abstentionnistes. Ce sont eux qui ont tout dans les mains. Et je veux leur dire qu'on peut changer la France. Et s'ils lisent mon bouquin, ils verront qu'il y a des solutions, qu'il n'y a aucune fatalité. La 6e puissance mondiale ne va pas crever comme ça parce qu'elle est prisonnière d'incompétents. On a baissé. On a baissé.

18:41
Présentateur

Parce que je me souviens, Jospin, on était la 4e ou la 5e puissance mondiale.

18:44
Nicolas Dupont-Aignan

Eh bien, il faut réagir. On va venir dans la 10e. Mais si on continue comme ça, nos enfants seront les valets de chambre des Chinois. Nous serons un parc d'attractions et nous serons des esclaves. Et mon devoir, c'est de dire qu'il y a une autre politique qui m'aime me suivre et on verra. On vous a entendu, on vous a entendu, c'est terminé.

19:02
Présentateur

Est-ce que vous ne regrettez pas d'avoir quitté les Républicains ? A aucun moment. Non mais laissez-moi finir ma phrase. Oui. Je comprends. A aucun moment, je comprends. Vous donnez l'exemple de Séguin qui n'est jamais parti. Moi, on le connaît très bien, le bout et moi. Et on peut se dire que Séguin a perdu parce qu'il était faible face à Chirac et non pas parce qu'il est resté à l'intérieur. Soyons honnêtes. Est-ce que, regarde, est-ce que l'exemple de Trump ne vous donne pas des regrets ? Je dis ça sérieusement. Trump, il est venu dans la machine et il fait exploser la machine des Républicains. Oui, mais cette machine à la française.

19:37
Nicolas Dupont-Aignan

Je raconte comment ils ont triché quand je me suis présenté face à Sarkozy et à Juppé. Ça, c'est classique du RPR. Oui, mais quand vous êtes dans un parti qui triche régulièrement, qui manipule les votes, il y a un moment... Il y a une tradition. Vous savez, Éric Zébou, je le raconte. Je raconte, quand j'ai quitté le Congrès, je savais qu'ils avaient triché. Je l'ai dit, j'ai été sciflé par les premiers rangs. Mais vous souvenez que Séguin passe toi aussi, ils ont triché. Mais oui, mais il y a un moment dans la vie. Il faut se regarder dans la glace. Moi, je suis rentré en voiture, j'ai dit à ma femme, je ne peux plus me regarder dans la glace d'être là avec ces tricheurs.

Ils conduisent la France au chaos. Ils ont signé tous les traités qui nous mènent dans le mur. Mon devoir moral, c'est de présenter autre chose et je pense que les Français attendent de la cohérence. Et si j'étais resté à grenouiller, en tout cas, moi, je ne me serais pas regardé correctement. Je pense qu'il y a besoin d'autre chose pour notre pays.

20:24
Présentateur

On vous a entendu. Merci beaucoup, Nicolas Dupont-Lyon, d'être venu sur ce plateau. Et alors, je vous demande une chose. Dites-moi.

20:30
Nicolas Dupont-Aignan

Cinq semaines sur cinq ans, est-ce que vous pouvez prendre l'engagement ici ? Ça serait un geste de révolte, de dire, voilà, Zébou et Nolo, nous, pour les cinq dernières semaines, on mettra à égalité les candidats. Ah, c'est possible. Je crois que vous voulez tout lire toutes les semaines. Non, non, non, quand même pas. On respectera le principe d'égalité. J'aimerais bien. N'empêche, si des journalistes disaient aujourd'hui... Oui, c'est vrai, vous avez raison. Si des journalistes disaient, nous, on va impliquer l'égalité, eh bien, les Français regarderaient leurs émissions.

20:56
Présentateur

Je suis d'accord.

20:57
Nicolas Dupont-Aignan

Et là, vous changeriez les choses. Vous savez bien, vous avez sur le tableau vert ici.

21:00
Présentateur

Bon.

21:01
Nicolas Dupont-Aignan

Merci. Merci encore.

21:02
Présentateur

On passe tout de suite à notre grand débat.