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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 6 octobre 2020 21 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesSantéSolidarités & famille

Élisabeth Borne : "Ceux qui peuvent télétravailler doivent le faire, c'est une question de bon sens"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 10 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 75 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:57OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous leur dites ce matin à ces patrons de bars et de restaurants, Elisabeth Borne ?

  • 1:55RelanceRéponse directe

    Vous avez annoncé effectivement le chômage partiel pris à 100% jusqu'à la fin de l'année pour par exemple le restaurateur de Marseille ou le patron de bar de Paris. Quoi aussi ? Il y a 5 000 euros sur les 15 jours, c'est ça, d'aide ?

  • 2:41RelanceRéponse directe

    Et vous pensez que les restaurants vont pouvoir rester ouverts même si l'épidémie monte en puissance ? Vous pensez qu'en respectant ce protocole c'est suffisant ?

  • 3:41OuverteRéponse directe

    Les patrons de bars et de restaurants Elisabeth Borne disent que ce sont les loyers, en fait leurs loyers, qui vont constituer la plus grande menace car s'ils sont reportés, il faudra bien les payer un jour. Que pouvez-vous faire sur ce point et leur dire également ?

  • 4:31RelanceRéponse partielle

    Oui, continuer de travailler mais quand il y a deux clients dans le restaurant. Parce qu'il y a ça aussi, continuer de travailler mais les gens vont de moins en moins au restaurant. Vous voyez, vous avez des remontées, non ?

  • 5:10OuverteRéponse directe

    Hier, vous avez appelé employeurs et salariés à s'organiser pour recourir au télétravail autant que possible, avez-vous dit, dans les zones d'alerte renforcées ou maximales. Vous demandez aux employeurs et aux salariés de s'organiser afin de limiter les interactions sociales. Vous êtes donc, Elisabeth Borne, dans une démarche d'incitation, d'invitation faite aux entreprises plutôt que de contrainte au télétravail.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:46Invité politiqueFait
    « D'abord que ces mesures, on ne les prend pas de gaieté de cœur. »
  • 1:41Invité politiquePromesse
    « tous les secteurs qui sont impactés par ces décisions, ces mesures de fermeture ou qui peuvent aussi être touchées indirectement, sont accompagnées avec une activité partielle prise en charge à 100% par l'État jusqu'à la fin de l'année. »
  • 2:12Invité politiqueChiffre
    « Il va jusqu'à 10 000 euros par mois, donc 5 000 euros pour 15 jours. »
  • 3:14Invité politiqueFait
    « Moi à partir de la mi-août, j'avais repris des discussions avec les partenaires sociaux pour définir un nouveau protocole en entreprise qui s'applique depuis le 1er septembre avec notamment le port du masque systématique dans tous les espaces de travail partagés. »
  • 5:30Invité politiqueFait
    « D'abord, on n'est pas dans la situation du printemps avec le confinement. »
  • 6:10Invité politiqueChiffre
    « On avait 20% de salariés en télétravail au mois de juin. »
  • 7:03Invité politiqueFait
    « Non, je pense que c'est important et c'est pour ça que les partenaires sociaux ont décidé finalement d'engager une négociation en vue d'un accord sur le télétravail que chaque entreprise, chaque branche qui engage des discussions, et vous savez il y a beaucoup d'accords d'entreprise, on doit avoir plus de 700 accords signés depuis le début de l'année sur le télétravail. »
  • 8:35Invité politiqueFait
    « D'une part, il y a des secteurs qui bénéficieront des mêmes règles jusqu'à la fin de l'année, ceux qui sont fragilisés, y compris par les restrictions qu'on est amené à prendre. »
  • 8:52Invité politiquePromesse
    « qui permet à une entreprise, avec ses salariés, de signer un accord pour bénéficier jusqu'à 24 mois d'une activité partielle à des taux avantageux, donc 84% du salaire net, 15% de reste à charge pour l'entreprise. »
  • 10:01Invité politiqueChiffre
    « on n'a pas d'augmentation du nombre des demandeurs d'emploi depuis le mois de juillet. »
  • 10:30Invité politiqueChiffre
    « On avait un million de demandeurs d'emploi qui avaient basculé sans aucune activité. »
  • 15:26Invité politiqueFait
    « permettre aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail de trouver une formation ou de trouver un emploi, une activité, c'est notre priorité. »
  • 18:52Invité politiqueFait
    « En tout cas, je veux dire que, malgré la crise, on ne doit pas perdre de vue cet enjeu de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. »
  • 19:00Invité politiqueFait
    « L'index qui a été mis en place, je pense qu'il commence à porter ses fruits. »
  • 19:56Invité politiquePromesse
    « Moi, j'entends ce que m'a dit le PDG de Veolia, qu'il n'y aurait aucune suppression d'emplois. »
  • 20:28Invité politiquePromesse
    « ma priorité, c'est aucune suppression d'emplois. »

Temps de parole

  • Élisabeth Borne56 %
  • Présentateur17 %
  • Locuteur 510 %
  • Locuteur 46 %
  • Locuteur 26 %
  • Locuteur 14 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur 5

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9.

0:06
Présentateur

Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion. Vous pourrez dialoguer avec elle dans une bonne dizaine de minutes au 01 45 24 7000. Elisabeth Borne, bonjour. Bonjour. Les mesures de lutte contre l'épidémie de Covid se durcissent avec un nouveau volet annoncé hier pour parier la petite couronne. Les fermetures de bars, protocole plus strict dans les restaurants, interdiction des foires, des salons professionnels, 4 m² par client dans les centres commerciaux. Ces mesures sont rudes, elles viennent frapper des secteurs qui ont déjà beaucoup souffert pour la restauration.

L'UMI, l'union des métiers et des industries de l'hôtellerie se dit extrêmement alarmée. Elles redoutent des faillites massives, 30 000 établissements sur 200 000. Qu'est-ce que vous leur dites ce matin à ces patrons de bars et de restaurants, Elisabeth Borne ?

1:02
Élisabeth Borne

D'abord que ces mesures, on ne les prend pas de gaieté de cœur. On les prend parce que la situation sanitaire est préoccupante. Et donc c'est en particulier le cas à Paris et dans la petite couronne. Avec un virus qui circule beaucoup, avec aussi une augmentation des personnes qui sont en réanimation. Donc il faut aussi prendre des mesures. Mais bien évidemment, on est très attentif à tous ces secteurs que vous avez mentionnés. On a eu beaucoup d'échanges, en particulier ces dernières semaines. D'abord pour les accompagner, pour les accompagner encore plus fortement qu'avant.

Vous savez que moi j'ai annoncé la semaine dernière que tous les secteurs qui sont impactés par ces décisions, ces mesures de fermeture ou qui peuvent aussi être touchées indirectement, sont accompagnées avec une activité partielle prise en charge à 100% par l'État jusqu'à la fin de l'année. On est encore en train de regarder et on aura sans doute...

1:54
Locuteur 5

Oui mais dites que ce n'est pas suffisant. Vous avez annoncé effectivement le chômage partiel pris à 100% jusqu'à la fin de l'année pour par exemple le restaurateur de Marseille ou le patron de bar de Paris. Quoi aussi ? Il y a 5 000 euros sur les 15 jours, c'est ça, d'aide ?

2:08
Élisabeth Borne

Absolument. Donc il y a effectivement le fonds de solidarité qui a été renforcé. Il va jusqu'à 10 000 euros par mois, donc 5 000 euros pour 15 jours. On a tous ces dispositifs qu'on ajuste en permanence. On devrait annoncer encore des compléments aujourd'hui pour les secteurs qui sont touchés indirectement. Mais moi j'entends bien ce que nous disent ces professions. Elles nous disent qu'on veut d'abord travailler. Et c'est bien pour ça qu'on a travaillé sur un nouveau protocole, sur la base des propositions qu'ils avaient formulées. Protocole qui a pu être validé par le Haut Conseil de la Santé Publique et qui permet de poursuivre l'activité des restaurateurs.

2:41
Locuteur 5

Et vous pensez que les restaurants vont pouvoir rester ouverts même si l'épidémie monte en puissance ? Vous pensez qu'en respectant ce protocole c'est suffisant ?

2:51
Élisabeth Borne

C'est vraiment tout l'objectif d'arriver à mettre en place des protocoles qui sont suffisamment protecteurs pour que, à la fois pour leurs salariés, pour leurs clients, pour qu'on puisse poursuivre une activité avec ce virus qui circule. Vous savez, c'est ce qu'on avait fait dès cet été. Moi à partir de la mi-août, j'avais repris des discussions avec les partenaires sociaux pour définir un nouveau protocole en entreprise qui s'applique depuis le 1er septembre avec notamment le port du masque systématique dans tous les espaces de travail partagés.

Moi ce que je vois avec le recul, les entreprises qui avaient anticipé l'application de ce type de règles, elles nous disent qu'il n'y a pas de chaîne de contamination. Donc notre objectif, c'est vraiment, évidemment, de protéger la santé des Français mais de permettre dans la mesure du possible au pays de continuer sa vie éducative, culturelle, économique.

3:37
Locuteur 5

Voyez, on a le masque nous maintenant. Ce matin, on a le masque en studio.

3:41
Présentateur

Les patrons de bars et de restaurants Elisabeth Borne disent que ce sont les loyers, en fait leurs loyers, qui vont constituer la plus grande menace car s'ils sont reportés, il faudra bien les payer un jour. Que pouvez-vous faire sur ce point et leur dire également ?

3:56
Élisabeth Borne

C'est bien l'esprit du fonds de solidarité qui permet justement d'indemniser les pertes d'exploitation. C'est pour ça qu'il a été renforcé. Le travail se continue avec eux, notamment c'est Bruno Le Maire qui regarde ces sujets avec Alain Griset également. Et on est vraiment très attentifs à leur situation. Je vous dis, on a déjà annoncé des mesures importantes. On pourra compléter aujourd'hui sans doute la liste des secteurs touchés et on regarde vraiment comment les accompagner au mieux. Et dans la mesure du possible, et je pense que c'est une bonne nouvelle que les restaurants puissent poursuivre leur activité, on veut répondre à leur attente qui est de pouvoir continuer à travailler.

4:31
Locuteur 5

Oui, continuer de travailler mais quand il y a deux clients dans le restaurant. Parce qu'il y a ça aussi, continuer de travailler mais les gens vont de moins en moins au restaurant. Vous voyez, vous avez des remontées, non ?

4:39
Élisabeth Borne

Écoutez, évidemment quand on dit aux Français, attention au restaurant, vous risquez d'être contaminé. Ça doit conduire un certain nombre à renoncer, à aller au restaurant. On a aussi besoin de pouvoir se restaurer quand on circule dans la journée à Marseille ou à Paris. Donc je pense qu'il y a quand même une fréquentation qui est raisonnable. Je vous dis, on est vraiment aux côtés de ces professions. On a des mesures qu'on a juste en permanence pour tenir compte de leur situation.

5:04
Présentateur

Hier, vous avez appelé employeurs et salariés à s'organiser pour recourir au télétravail autant que possible, avez-vous dit, dans les zones d'alerte renforcées ou maximales. Vous demandez aux employeurs et aux salariés de s'organiser afin de limiter les interactions sociales. Vous êtes donc, Elisabeth Borne, dans une démarche d'incitation, d'invitation faite aux entreprises plutôt que de contrainte au télétravail.

5:30
Élisabeth Borne

D'abord, on n'est pas dans la situation du printemps avec le confinement. Donc c'est important que cette organisation se mette en place à partir du dialogue social qu'il doit y avoir dans l'entreprise. Je pense qu'il faut avoir en tête d'abord que tous les postes ne sont pas télétravaillables. Il faut aussi avoir en tête que ça nécessite d'avoir un matériel informatique adapté, une connexion de qualité. Et puis moi j'entends aussi beaucoup de salariés qui disent qu'ils peuvent se retrouver isolés. Il y a ce qu'on appelle les risques psychosociaux qu'il faut aussi prendre en compte.

Donc je pense que c'est important qu'il y ait des discussions au sein des entreprises pour trouver le bon équilibre. Beaucoup d'entreprises, vous savez, sont restées en télétravail. On avait 20% de salariés en télétravail au mois de juin. Moi je pense qu'aujourd'hui on est en train d'augmenter. On aura le point sur les chiffres de septembre prochainement. Je n'ai pas les chiffres de septembre. Je pense qu'on est certainement à ce niveau. Au-dessus de 20%. Moi je vois beaucoup d'entreprises qui par exemple télétravaillent 3 jours sur 5.

Et je le dis aussi, aucun des partenaires sociaux, organisation patronale ou syndicale, n'est partisan du 100% au télétravail parce qu'on a cet enjeu aussi de préserver le collectif de travail et d'être attentif aux salariés qui peuvent se trouver isolés et donc en difficulté.

6:44
Locuteur 5

La CFDT, la CGT veulent encadrer ce télétravail. Jusqu'à maintenant le MEDEF disait non. Finalement le MEDEF accepte des négociations sur le télétravail. Vous pensez qu'il faut encadrer les choses au maximum pour éviter les abus ou au fond dans cette période de crise, imposer des nouvelles règles aux entreprises, c'est les empêcher, c'est trop les empêcher ?

7:03
Élisabeth Borne

Non, je pense que c'est important et c'est pour ça que les partenaires sociaux ont décidé finalement d'engager une négociation en vue d'un accord sur le télétravail que chaque entreprise, chaque branche qui engage des discussions, et vous savez il y a beaucoup d'accords d'entreprise, on doit avoir plus de 700 accords signés depuis le début de l'année sur le télétravail. C'est important qu'on ait des repères, qu'on tire parti des bonnes pratiques.

Je le disais, il y a un enjeu important sur le collectif de travail, il y a des entreprises qui ont mis en place des pratiques intéressantes, par exemple d'avoir une visio de l'équipe le matin pour effectivement ne pas perdre ce contact, de se retrouver une journée en présentiel. Ces repères sont très importants, il faut aussi bien poser le fait que c'est sur la base du volontariat de l'entreprise et du salarié, que c'est réversible, c'est-à-dire que si le salarié veut revenir, il pourra revenir. Donc je pense que c'est important de donner ces repères et ça sera l'objectif de l'accord qui est en discussion entre les partenaires sociaux.

7:56
Présentateur

On a des questions sur le télétravail au standard, on va donner la parole aux auditeurs de France Inter dans quelques instants. Après des questions, Elisabeth Borne, sur le chômage partiel, l'activité partielle, à partir du 1er novembre, le gouvernement a prévu une diminution de la prise en charge de l'activité partielle. L'indemnité versée aux salariés doit passer à 60% de sa rémunération brute au lieu de 70% auparavant. Pour l'employeur, le reste à charge passe de 15% à 40% de l'indemnisation. Considérant le rebond de l'épidémie, ne faut-il pas revenir sur cette date du 1er novembre et considérer qu'elle est caduque ?

8:35
Élisabeth Borne

D'une part, il y a des secteurs qui bénéficieront des mêmes règles jusqu'à la fin de l'année, ceux qui sont fragilisés, y compris par les restrictions qu'on est amené à prendre. Et puis d'autre part, il y a un autre dispositif qui se met en place, qui est l'activité partielle de longue durée, qui permet à une entreprise, avec ses salariés, de signer un accord pour bénéficier jusqu'à 24 mois d'une activité partielle à des taux avantageux, donc 84% du salaire net, 15% de reste à charge pour l'entreprise.

9:08
Locuteur 5

Mais vous gardez le 1er novembre ? Cette date-là, le calendrier, vous le gardez ?

9:11
Élisabeth Borne

Je pense qu'on a laissé le temps aux entreprises de signer ces accords d'activité partielle. Il y en a beaucoup. Il y a plusieurs centaines d'accords qui ont été signés dans les entreprises. Il y a plusieurs dizaines de milliers de salariés qui sont couverts. Jusqu'au 1er novembre, moi j'incite encore les entreprises à se saisir de ces accords d'activité partielle de longue durée. Il faut bien comprendre l'importance qu'ont ces accords. Vous savez, on est en train de faire le contraire des erreurs qu'on avait faites après la crise de 2008-2009, où beaucoup d'entreprises étaient séparées des salariés.

Aujourd'hui, on a les outils pour permettre de partager l'activité dans l'entreprise, garder les salariés et renforcer les compétences.

9:46
Locuteur 5

Vous avez raison, ce n'est pas 2008, mais ça n'empêche pas la vague des plans sociaux qui arrive. Ça n'empêche pas le chômage qui continue à augmenter. Certains parlaient d'un million de chômeurs d'ici la fin de l'année. Nous sommes le 6 octobre. Où en sommes-nous ? Comment va l'emploi à tenter, madame la ministre ?

10:01
Élisabeth Borne

Écoutez, on n'a pas d'augmentation du nombre des demandeurs d'emploi depuis le mois de juillet. On a même eu une légère baisse du nombre total de demandeurs d'emploi sur le mois de juillet et le mois d'août. Ce qu'on avait vu dans la crise, c'est beaucoup de demandeurs d'emploi qui avaient en temps normal une activité réduite, ce qu'on appelle les chômeurs de catégorie B et C, qui avaient basculé massivement dans la catégorie qui n'a aucune activité, la catégorie A. On avait un million de demandeurs d'emploi qui avaient basculé sans aucune activité.

Aujourd'hui, l'activité économique reprend et les deux tiers, on a reflué, si je peux dire, des deux tiers qui ont retrouvé une activité au moins partielle. Donc la situation de l'emploi, comment vous la qualifiez ? Moi, je suis extrêmement vigilante. Elle est évidemment très sérieuse, la situation de l'emploi.

Je peux vous dire que jour après jour, moi, je me bats pied à pied pour sauver des emplois, pour discuter avec les entreprises qui ont des projets de restructuration, pour qu'elles se saisissent de tous les outils qui sont à leur disposition, pour garder le maximum de salariés et puis profiter des périodes d'activité partielle aussi pour former des salariés et que les entreprises soient plus fortes au sortir de la crise.

11:14
Présentateur

Allez, on se dirige vers le standard de France Inter. La parole à Alain, qui nous appelle du Val-d'Oise. Bonjour et bienvenue. Oui, bonjour. Bonjour, madame la ministre. Bonjour.

11:25
Locuteur 1

Bonjour. Je voulais vous faire part de ce que je vis dans mon entreprise. Je trouve que l'attitude de certaines grandes entreprises en région parisienne n'est pas si vite vis-à-vis de la pandémie. Je m'explique. Je travaille au siège d'une banque pendant la première vague sur 2500 personnes, seulement 120 étaient présentes sur site. Le reste était en télétravail. À ce jour, il est établi une jauge capacitaire d'un maximum de 60% de présence sur site qui se traduit par 60% minimum, soit 1500 personnes. Elles sont toutes en capacité de faire du télétravail. Il n'y a pas de négociation ouverte sur le télétravail avant le premier trimestre 2021.

12:09
Présentateur

Et donc, vous pensez qu'il y a trop de monde encore sur site, c'est ça ?

12:16
Locuteur 1

C'est-à-dire que ce qui me semble incohérent, c'est qu'il faudrait que sur ces entreprises qui sont en capacité de faire du télétravail, on les pousse un petit peu à faire du télétravail.

12:28
Présentateur

Les contraindre au lieu de les y inviter. Merci Alain pour cette question. Elisabeth Borne vous répond.

12:35
Élisabeth Borne

Moi, je partage ce qu'a dit votre auditeur. Évidemment, ceux qui peuvent télétravailler doivent le faire. Les partenaires sociaux, les représentants des salariés dans l'entreprise peuvent demander des négociations. Et moi, je peux redire à l'entreprise que vraiment, la bonne démarche, c'est dans la mesure du possible de mettre en place le télétravail. C'est une question de bon sens aussi pour protéger les salariés, protéger l'ensemble des collègues et puis aussi réduire la fréquentation des transports en commun.

13:08
Présentateur

Alice est au standard. Alice de Paris, bienvenue.

13:12
Locuteur 4

Bonjour, merci.

13:13
Présentateur

Je vous en prie.

13:14
Locuteur 4

Bonjour, Madame la Ministre. J'avais une question. Je voulais savoir pourquoi une société de conseil dont les uniques clients sont des hôtels ne peut bénéficier du même dispositif de chômage partiel. Je vous explique. Nos clients préfèrent, certains à juste titre, fermer leur établissement, stopper nos prestations et mettre leur équipe au chômage partiel. Tellement notre code APE, nous, ne nous permet pas, dans les textes en tout cas, de bénéficier des mêmes aides. J'ai un peu le sentiment d'être une victime collatérale de cette crise et de subir cette crise vraiment et de la part de mes clients et de ne pas avoir d'aide qui me soutient suffisamment dans cette étape.

13:53
Présentateur

Vous êtes une société de conseil en management pour l'hôtellerie, c'est ça ?

13:57
Locuteur 4

C'est-à-dire qu'on les aide à optimiser leur chiffre d'affaires.

14:01
Présentateur

Voilà, et donc vous êtes le domino suivant qui tombe une fois que les hôtels avec lesquels vous travaillez ferment.

14:08
Locuteur 4

Exactement.

14:09
Présentateur

Alors, merci Alice. Elisabeth Borne vous répond.

14:12
Élisabeth Borne

Moi, je suis très consciente qu'on a effectivement des effets sur les secteurs qui dépendent de ceux dont l'activité est réduite du fait de nos décisions et on est en train de regarder précisément si on peut soit élargir la liste des secteurs couverts, soit prendre en compte des activités qui ont une perte de chiffre d'affaires importante. On raisonnait sur 80% jusqu'à présent. Peut-être qu'il faut aller sur un seuil un peu plus bas, mais on est bien conscient de ces difficultés et on va essayer d'y répondre.

14:41
Présentateur

Amal est à Aix-en-Provence. Bonjour Amal et bienvenue.

14:45
Locuteur 4

Oui, bonjour. Merci de prendre ma question.

14:47
Présentateur

Je vous en prie.

14:48
Locuteur 4

Bonjour Madame la Ministre. Bonjour. J'aimerais avoir un éclaircissement parce qu'on a eu beaucoup d'annonces depuis cet été au sujet des mesures gouvernementales pour l'incitation à embaucher des apprentis. Donc ça, c'est très bien. Donc la mesure consiste à donner une aide de 8 000 ou 5 000 euros selon l'âge de la première année, mais quid de la deuxième année parce que quand on embauche un apprenti, ça ne dure pas un an. Et donc compte tenu du contexte que vous connaissez parfaitement et donc on avance un peu à vue. On ne sait pas quelle trésorerie on aura l'année prochaine. Comment peut-on signer un contrat dans ces conditions qui durera minimum 2 ans comme pour un BTS par exemple ?

15:22
Présentateur

Merci Amal pour cette question. Elisabeth Borne vous répond.

15:25
Élisabeth Borne

Donc je vous confirme que permettre aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail de trouver une formation ou de trouver un emploi, une activité, c'est notre priorité. On a mis en place un plan jeune qui est massif avec des aides à l'embauche, avec des aides pour les entreprises qui signent des contrats d'apprentissage. Aujourd'hui, on espère que ça suffit, les aides qu'on met en place avec notamment cette prise en charge qui est quasi totale de la rémunération de l'apprenti la première année. J'espère que l'activité économique sera repartie l'an prochain. On aura le temps d'en rediscuter d'ici là.

En tout cas, je pense que c'est très important que les entreprises, y compris quand leur activité peut être un peu réduite, elles aient en tête que quand on embauche un apprenti, on prépare les compétences dont on aura besoin dans 2 ans ou dans 3 ans.

16:10
Présentateur

Beaucoup de questions très précises au standard ce matin. Donnons la parole à Julien qui nous appelle Damien. Bonjour, bienvenue.

16:17
Locuteur 2

Oui, bonjour à tous. Bonjour. Je vous appelle, je suis cadre dans une société de location, prestation, de matériel, de son vidéo, lumière, on travaille essentiellement pour le spectacle. donc milieu très sinistré par le Covid. Mais en fait, on parle beaucoup des techniciens, on parle beaucoup des artistes, des producteurs, des salles de spectacle, mais on ne parle pas des prestataires, on ne parle pas de tous ces gens qui fournissent le matériel pour les gens qui doivent faire le spectacle. Et on ne nous aide pas.

On nous rejette la baballe, on nous dit vous faites de la culture, vous ne faites pas de la culture, vous faites du spectacle, vous ne faites pas du spectacle, vous faites d'événementiel, vous ne faites pas d'événementiel. Et donc, on nous laisse, on laisse juste gentiment crever la gueule ouerte. Et là, on a eu un très bon mois de septembre parce que c'était les queues de budget, c'était un peu la reprise, c'était l'allègement des... Et depuis, c'est la catastrophe ? Ah bah là, je ne suis pas sûr qu'on finisse l'année. Et Mme Borne disait ah non, mais il n'y a pas d'augmentation du nombre de jômeurs.

Moi, je peux vous dire que si ça continue comme ça, ce secteur-là va être encore plus sinistré et c'est des techniciens qui étaient intermittents qui ne le seront plus puisqu'ils n'auront plus leur statut. Ça veut dire des techniciens et des cadres et des commerciaux qui sont dans les sociétés qui, elles, vont fermer et donc il n'y aura plus de tout ça. Et donc plus de festivals, plus de saisons culturelles, plus de tout ça puisqu'en fait, c'est nous qui fournissons tout ce matériel. Qu'est-ce qu'on fait pour nous ?

17:35
Présentateur

Julien, merci. Merci Julien pour cette question. Elisabeth Borne vous répond.

17:40
Élisabeth Borne

Je ne suis pas du tout en train de dire, Julien, que tout va bien et qu'il n'y a pas de soucis. Je dis qu'on est extrêmement vigilants et qu'on essaye de mettre en place des réponses, l'activité partielle de longue durée, par exemple, les accompagnements avec le Fonds de Solidarité pour protéger les entreprises et pour protéger les emplois.

Moi, je suis consciente et les professionnels attirent notre attention sur ce point qu'au-delà des secteurs qui sont bien pris en compte aujourd'hui, il y a les secteurs qui sont un peu connexes, si on peut dire, qui dépendent des secteurs professionnels qui sont en première ligne qui peuvent être aussi pénalisés et on est en train de regarder comment on va les prendre en compte. Donc j'espère qu'on pourra très rapidement...

18:19
Locuteur 5

Aujourd'hui,

18:21
Élisabeth Borne

je pense qu'on pourra avoir des listes complémentaires de secteurs pris en compte. C'est vraiment quelque chose auquel on est très attentif. C'est dommage de ne pas le dire

18:27
Locuteur 5

ce matin à l'antenne.

18:28
Élisabeth Borne

Écoutez, on a des discussions entre membres du gouvernement

18:32
Locuteur 5

sur ces questions. Deux questions d'actualité, Madame la Ministre. D'abord, l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. On est toujours à 9%, vous payez 9% de moins, les femmes, que les hommes à poste égal. Votre prédécesseur, Muriel Pénicaud, avait promis que d'ici la fin du quinquennat, on aura résorbé cet écart de salaire de 9%. Est-ce que vous le maintenez, cet objectif, ou ce ne sera pas atteignable à cause du Covid ?

18:52
Élisabeth Borne

En tout cas, je veux dire que, malgré la crise, on ne doit pas perdre de vue cet enjeu de l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Et l'index qui a été mis en place, je pense qu'il commence à porter ses fruits. D'abord, il se diffuse très largement. 97% des entreprises de plus de 1 000 salariés ont publié leur index. Les petites entreprises, les plus de 50 qui sont aussi obligées de le faire depuis le mois de mars, malgré la crise, on en a plus de la moitié qui a publié cet index. On voit qu'il y a des choses qui évoluent dans le bon sens. Et je pense que c'est très important cette démarche parce que c'est l'occasion...

19:24
Locuteur 5

Oui, mais cet objectif, 0% d'inégalité à la fin du quinquennat, ce n'est pas atteignable.

19:30
Élisabeth Borne

Écoutez, je pense qu'il faut garder cet objectif et effectivement mobiliser les entreprises pour qu'elles rattrapent les rémunérations, les écarts de rémunération.

19:39
Locuteur 5

Je ne sais pas si vous avez écouté Dominique Seux, mais c'est le feuilleton de la rentrée. Veolia, leader mondial du traitement Suez, Veolia a pu mettre la main hier sur les 30% des parts de Suez détenues par Engie. Il y a 4500 emplois qui sont dans la balance. Prenez-vous l'engagement d'abord qu'ils ne disparaîtront pas ?

19:56
Élisabeth Borne

Moi, j'entends ce que m'a dit le PDG de Veolia, qu'il n'y aurait aucune suppression d'emplois. Donc, je compte sur lui, d'abord, pour que les discussions se poursuivent entre Veolia et Suez. Je pense que c'est un peu déconcertant d'avoir deux champions français qui sont en train, effectivement, de s'écharper par médias interposés.

20:14
Locuteur 5

Enfin, déconcertant, Dominique, ceux qui n'étaient pas un gauchiste disaient que c'est le pire du capitalisme ce à quoi on assiste. C'est le pire de la finance.

20:21
Élisabeth Borne

Je pense que ça n'est pas glorieux, en effet, qu'on pourrait attendre mieux de la part de nos entreprises d'arriver à trouver un terrain d'entente. En tout cas, moi, je suis très clair, le PDG de Veolia s'est engagé auprès de moi à ce qu'il n'y ait aucune suppression d'emplois et je compte sur lui pour tenir cet engagement.

20:36
Locuteur 5

Suez dénonce ce matin des conditions inédites et irrégulières.

20:40
Élisabeth Borne

Elles sont irrégulières ? Je pense qu'il y aura des procédures. Moi, je ne vais pas me prononcer sur le sujet. Suez a certainement des très bons avocats pour se prononcer sur le sujet. En tout cas... Vous en pensez quoi, vous-même, la ministre de cette fusion ? Ce que j'en pense, c'est qu'on pourrait se dire que c'est une bonne nouvelle qu'on ait deux acteurs majeurs qui se rapprochent pour faire un champion mondial. Les conditions dans lesquelles ça se passe, effectivement, sont extrêmement critiquables et donc j'espère que la sérénité va reprendre dans ces débats. En tout cas, ma priorité, c'est aucune suppression d'emplois.

21:09
Présentateur

Merci Madame la Ministre du Travail d'avoir été au micro de France Inter. Merci Elisabeth Borne pour votre présence et le dialogue avec les auditeurs. Il est 8h44. qu'il y a 3h40.

21:21
Locuteur

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