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InterviewLCI — L'invité d'Adrien Gindre (sur Podcast)· 27 juin 2023 23 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

L’INTERVIEW POLITIQUE – Christian Estrosi, maire de Nice, invité d’Adrien Gindre

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 35 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous y voyez là un acte totalement isolé ou des raisons de vous inquiéter sur ce qui se passe dans votre ville ?

  • 2:21ComplaisanteRéponse directe

    Expliquons ce dont il s'agit : il y avait une audience au Conseil d'État sur le port du voile dans le sport.

  • 3:29RelanceRéponse directe

    Vous faites un lien entre le rituel d'abattage et le risque terroriste ?

  • 4:02RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous faites un lien avec le risque terroriste ?

  • 5:26OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous y voyez une efficacité à cette annonce sur le paiement des amendes pour consommation de drogue ?

  • 6:19RelanceRéponse partielle

    Vous pensez que ceux qui ne payaient pas en ligne paieront davantage sur le terrain ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44Invité politiqueFait
    « on doit assister à des choses qui, malheureusement, ne sont pas identifiées aussi rapidement qu'à Nice »
  • 1:01Invité politiqueChiffre
    « où nous aurons investi plus de 700 millions d'euros de démolition, reconstruction, relogement »
  • 1:31Invité politiqueChiffre
    « le prix du mouton, à 400 et quelques euros, naturellement au noir »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « un séparatisme qui est à l'œuvre dans ce domaine, dans les prières, dans les écoles »
  • 3:05Invité politiqueFait
    « je dénonce le fait qu'il y ait une cinquième colonne qui est en train de tisser ces ramifications de manière extrêmement dangereuse »
  • 5:52Invité politiqueFait
    « je soutiens naturellement la police dans l'action qu'elle mène »
  • 6:14Invité politiqueFait
    « je plaide depuis longtemps pour qu'on tape aux consommateurs »
  • 7:11Invité politiqueFait
    « les caïds qui se mettent bien à l'abri et où on a du mal à remonter les filières, font appel à des mineurs clandestins »
  • 8:52Invité politiqueFait
    « je pense au LR qui ferait mieux d'accepter un principe de coalition et d'entente sur un certain nombre de réformes »
  • 10:11Invité politiqueChiffre
    « 70% de la commande publique dans notre pays, ce sont les maires qui la passent »
  • 12:17Invité politiqueFait
    « nous n'avons pas de TGV, parce que les écologistes, il y a 30 ans, l'ont bloqué chez nous »
  • 12:46Invité politiqueChiffre
    « l'aéroport international de Nice, qui est raccordé avec le monde entier et à 130 destinations dans le monde »
  • 12:56Invité politiqueChiffre
    « le pH de Nice, qui est géré par Escota, représente à peu près 26% des émissions de CO2 »

Temps de parole

  • Christian Estrosi79 %
  • Présentateur21 %

1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à tous, il est maire de Nice, vice-président du Parti Horizon, le Parti d'Edouard Philippe. Bonjour Christian Estrosi. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation et d'être là ce matin. L'Aïd a lieu demain pour les musulmans, mais dans votre ville, à Nice. Ce qui s'apparente à un abattoir sauvage a été identifié ce week-end, en l'occurrence dans un appartement du quartier des Liserons, avec une quarantaine de moutons dont un a été égorgé. Est-ce que vous y voyez là un acte totalement isolé, ou est-ce que vous y voyez des raisons de vous inquiéter sur ce qui se passe dans votre ville ?

0:39
Christian Estrosi

Non, je n'y vois pas de raison de m'inquiéter. Je pense que dans de nombreux quartiers de France, malheureusement, on doit assister à des choses qui, malheureusement, ne sont pas identifiées aussi rapidement qu'à Nice, puisqu'en moins de 24 heures, nous l'avons identifiée. Mais tout ça traduit quoi ? Ça traduit que dans une cité, qui fait partie des trois cités, où nous aurons investi plus de 700 millions d'euros de démolition, reconstruction, relogement, où nous sommes dans un immeuble qui est quasiment vide, où il n'y a presque plus de locataires, et qui doit être détruit dans quelques mois, en moins de 24 heures, on a forcé les portes qui étaient soudées. Il y a eu un squat en fait.

Et on a squatté, et en moins de 24 heures, on a identifié, et naturellement, on a engagé les procédures nécessaires. D'ailleurs, il faut remarquer que le prix du mouton, à 400 et quelques euros, naturellement au noir, sont des moutons achetés à des éleveurs de montagne, qui les ont eux-mêmes sous-vendus, eux aussi, sans qu'il n'y ait de déclaration. Donc, forcément, il y a des complicités entre de vrais éleveurs et des gens qui, aujourd'hui, pratiquent ce rituel. Et ça fait partie de cette espèce de dérive, où nous avons un séparatisme qui est à l'œuvre dans ce domaine, dans les prières, dans les écoles.

J'entendais ce matin qu'une fédération était en train d'accepter que l'on puisse, chez les femmes, porter le voile.

2:21
Présentateur

Alors, expliquons ce dont il s'agit, Christian Estrosi, il y avait effectivement hier une audience au Conseil d'État, puisqu'il y a des associations comme les hijabeuses, comme la Ligue des droits de l'homme, qui demandent justement le droit pour les femmes à pouvoir porter le hijabe sur les terrains de foot. Précisons que la Fédération française de football s'y oppose. Mais la surprise d'hier, c'est que le rapporteur public du Conseil d'État, lui, soutient la démarche de ces associations et dit qu'il faut laisser ces femmes porter le voile sur les terrains de foot.

2:47
Christian Estrosi

Eh bien, dans tous ces domaines, la première question à se poser, est-ce qu'on est attaché au principe de laïcité ou non ? Est-ce que ça doit être écrit en haut du fronton de la République française ou non ? Je suis très inquiet de voir toutes ces dérives. Ça fait des années que je dénonce le fait qu'il y ait une cinquième colonne qui est en train de tisser ces ramifications de manière extrêmement dangereuse et qui ont contribué à un certain nombre d'attentats dans notre pays. Et de faire avancer comme ça les consciences en banalisant cette espèce de séparatisme qui est à l'œuvre dans notre pays n'est pas sans danger. Mais vous faites un lien entre...

Je m'élève contre toute mesure qui tente à banaliser la laïcité sous quelque forme que ce soit. que ce soit dans le domaine d'un rituel pour préparer une célébration alors que nous avons des abattoirs qui sont parfaitement légalisés par les préfets, que ce soit dans le domaine de prière dans le milieu scolaire, que ce soit dans le domaine du sport où maintenant on n'accepterait que les signes religieux, etc. Et vous faites un lien avec le risque terroriste ?

4:02
Présentateur

Non et non. Est-ce que vous faites un lien avec le risque terroriste ? Vous disiez qu'il y a une cinquième colonne et avec le risque d'attentat.

4:07
Christian Estrosi

Est-ce que les deux sont liés ? Mais à partir du moment où on a envie de revendiquer de partout que telle une propagande politique, on agite des signes religieux, pardon, ça agite les consciences, ça renforce les communautarismes. Et forcément dans une société où vous renforcez les communautarismes, vous montez des citoyens les uns contre les autres. Et moi je veux une société où les enfants apprennent à grandir ensemble, quelles que soient leurs religions, quelles que soient leurs origines, quelles que soient leurs identités culturelles d'origine, que l'on leur permette de s'intégrer, voire plus de s'assimiler à la République avec toutes ces valeurs, tous ces droits et tous ces devoirs.

Il n'y a que comme cela que l'on peut s'en sortir et donc je réclame qu'il y ait plus d'autorité, plus de fermeté et que quelque part, que l'on croit ou que l'on ne croit pas, on laisse ces choses de côté. Chacun a le droit de prier comme il l'entend, mais dans les lieux qui sont consacrés à ça et nulle part ailleurs.

5:15
Présentateur

Et vous espérez donc que le Conseil d'État ne donnera pas droit à la demande de ces associations. Un mot du déplaçant du Président de la République, il est à Marseille, depuis hier jusqu'à demain. Il a fait une annonce qui a fait réagir les syndicats de police concernant le paiement des amendes forfaitaires pour la consommation de drogue. Ça pourra très bientôt être immédiat, par carte bancaire ou en liquide, là où les syndicats de police s'inquiètent du fait que ce n'est pas leur rôle, que ce n'est pas leur travail, leur métier, eux, de faire ça, ce travail de récolte de l'argent sur le terrain. Est-ce que vous, vous y voyez une efficacité, une utilité à cette annonce ?

5:48
Christian Estrosi

Bon, d'abord, je soutiens naturellement la police dans l'action qu'elle mène, qui est un travail extrêmement difficile, notamment contre les trafics de drogue qui, dans notre pays, montent en puissance et qui est la cause d'un grand nombre d'actions de délinquance et de violence dans notre pays. Mais je ne peux pas être en désaccord, bien au contraire, avec le Président de la République. Je plaide depuis longtemps pour qu'on tape aux consommateurs. Et que nous voyons qu'il n'y a que...

6:19
Présentateur

Vous pensez que ceux qui ne payaient pas en ligne paieront davantage sur le terrain avec un terminal électronique de paiement dans le guide ?

6:24
Christian Estrosi

Ah, je pense qu'il y a sans doute quelque chose à restructurer. Le Président avance une idée. Naturellement, il n'a pas expliqué de manière administrative comment organiser tout cela. Est-ce qu'il ne doit pas y avoir quelqu'un de l'administration fiscale, des impôts, etc., qui fasse équipe aussi ou des douanes avec les policiers ? Mais le principe du consommateur payeur est une chose. J'ajoute à ça que si j'ai un conseil à donner au Président, c'est non seulement d'être ferme sur ce sujet, que le consommateur puisse payer, mais aussi qu'on se donne les moyens de faire en sorte que le dealer soit neutralisé.

Or, ce que nous voyons, c'est que de plus en plus les caïds qui se mettent bien à l'abri et où on a du mal à remonter les filières, font appel à des mineurs clandestins qui, naturellement, s'ils sont interpellés au moment où ils dealent, on va taper le consommateur. On met le dealer clandestin mineur en centre de rétention administrative. Au bout de 15 jours, on est obligé de le remettre en circulation. Et là, notre droit est démuni. Et donc, il y a à la fois à faire un effort de fermeté et sur le dealer, et naturellement sur le consommateur. Et c'est comme cela que l'on pourra endiguer le trafic de drogue.

7:51
Présentateur

Le chef de l'État, dans ce déplacement Marseille, il est accompagné de toute une série de ministres. Ils sont huit à peu près. Il s'est exprimé aussi dans la Provence, au sujet de sa première ministre, en soulignant que c'est elle qui allait, dans les 15 premiers jours de juillet, présenter la nouvelle stratégie sur les finances publiques, les avancées sur les migrations, la planification écologique. Elle a ma confiance puisqu'elle est à la tête du gouvernement. Est-ce que vous avez, comme nous, compris qu'elle était confortée, qu'elle resterait à Matignon ?

8:17
Christian Estrosi

Oui, moi je trouve que c'est un beau témoignage de confiance. Je trouve qu'Elisabeth Borne n'a pas démérité, qu'elle a montré à la fois sa rigueur, son intégrité, sa capacité. Mais moi je ne vais pas juger de qui est le meilleur ou qui n'est pas le meilleur. Il l'a choisi, il lui a fait confiance.

Et je trouve qu'avec une majorité relative extrêmement difficile, et nous le voyons bien face à tous ceux qui jouent à des petits jeux politiciens extrêmement dangereux plutôt que de jouer l'intérêt général de notre pays, je pense au LR qui ferait mieux d'accepter un principe de coalition et d'entente sur un certain nombre de réformes dont nous avons besoin au plan économique, au plan industriel, au plan de la sécurité, Mais vous y croyez encore dans cette coalition avec l'air ? Nous sommes rentrés dans une société où la culture du compromis sera de plus en plus une exigence, qu'on le veuille ou non.

On n'est plus sur le modèle d'il y a 10 ans, d'il y a 15 ans, d'il y a 20 ans, d'il y a 30 ans. Vous verrez que ce sera de plus en plus difficile, l'élection législative après l'élection législative, de trouver des majorités absolues.

Et si la France veut se réformer, pourquoi ne pas adopter le modèle que d'autres pays européens ont adopté plus intelligemment parce qu'ils privilégient l'intérêt général, la relation avec les syndicats, le dialogue social, l'échange entre les représentants des chefs d'entreprise et la représentation parlementaire, mais aussi la part que les élus locaux, qui est largement insuffisante dans les décisions qui sont prises dans notre pays, doivent rentrer, puisque je rappelle que 70% de la commande publique dans notre pays, ce sont les maires qui la passent.

C'est-à-dire que la croissance, elle ne peut d'abord passer que par notre volonté à nous d'investir sur les grands sujets qui touchent à l'avenir de l'environnement, à l'avenir de la mobilité, à l'avenir de la sécurité. Pourquoi ne pas partager d'ailleurs, en matière de trafic de drogue, ou en matière de sécurité, ou en matière de l'expérience, en termes de ce qu'on appelle le régalien, une part du régalien entre les élus locaux et l'État.

Aujourd'hui, on s'appuie beaucoup trop sur un parlement, dont on voit aujourd'hui que son action est de plus en plus obsolète, tellement ils sont enfermés dans des démarches politiciennes, et d'égo, ou ne regardent que leurs propres petites personnes, plutôt que de se soucier de l'intérêt de la France.

10:48
Présentateur

Est-ce que vous iriez, vous, au gouvernement, si la proposition vous est faite, en tant que connaisseur des territoires, maire, exactement ce que vous venez de décrire ?

10:54
Christian Estrosi

Je pense que je suis plus utile à mon pays, s'il y avait une réforme qui redonne du poids aux grands élus territoriaux, en restant la place qui est la mienne. Donc, naturellement, tout ce que je peux faire pour être utile à mon pays, au moment où il souffre, j'y serai attentif, mais je le dis très clairement, aujourd'hui, ceux qui sont le plus utiles à notre pays, parce qu'il n'y a pas de majorité stable au Parlement, mais il y a un endroit de stabilité, il y a des pôles de stabilité, ce sont les grands exécutifs territoriaux qui, eux, agissent, qui, eux, réalisent, qui, eux, sont dans l'action et pas dans le commentaire.

Et je privilégie 200 fois plus l'action au commentaire, parce que c'est là qu'on réalise et qu'on fait de la croissance.

11:42
Présentateur

Vous parliez, à l'instant, des questions d'écologie, c'est l'un des gros sujets sur lesquels aussi le gouvernement essaye d'avancer. On parlait de la planification écologique que la Première ministre doit présenter. Vous êtes, vous, l'élu d'une ville, Nice, qui est particulièrement desservie par l'avion. Paris-Nice, ça se fait en avion bien mieux qu'en train. Il y a un projet du gouvernement de dire, il faudrait envisager de taxer davantage les billets d'avion, par exemple, sur les premières classes, les business. Ça ne concerne pas forcément directement à Paris-Nice, par exemple, mais ça ouvre la porte à cette réflexion.

Faut-il, de votre point de vue, au nom de l'écologie, taxer davantage les billets d'avion ?

12:14
Christian Estrosi

Il se trouve que nous n'avons pas de TGV, parce que les écologistes, il y a 30 ans, l'ont bloqué chez nous. C'est-à-dire qu'il faut 5h30 pour aller, par exemple, de Paris à Nice. Et qu'aujourd'hui, les avions polluent à peu près 50% de moins qu'il y a 10 ans de cela. Bon, c'est d'ailleurs... Donc écologie et avion ne sont pas contradictoires ? L'aéroport international de Nice, qui est raccordé avec le monde entier et à 130 destinations dans le monde, et qui contribue largement à notre croissance économique, ne représente que 3% de parts de pollution. Est-ce que vous savez, par exemple, que le pH de Nice, qui est géré par Escota, représente à peu près 26% des émissions de CO2 ?

Je demande au gouvernement qu'on supprime la délégation d'exploitation de ce pH pour faire baisser de 26% les émissions de CO2, et pour l'instant, je ne l'obtiens pas. Est-ce que vous savez, par exemple, que toute la flotte de croisières en Méditerranée est la plus grosse source de pollution, beaucoup plus que l'avion ? Trois fois plus que l'avion ! À Nice, j'ai décidé que dans la bande des 3000 mètres dont j'ai l'autorité sur l'ensemble de la métropole, il n'y aurait plus de croisières.

Est-ce que vous savez que sur les 50 ports les plus polluants en Méditerranée, avec à peu près 75 bateaux de croisières par an, c'est d'abord le port de Marseille, qui émet le plus de soufre, et c'est ensuite celui de Cannes, avec 2795 kilos de soufre demi par an, et que le soufre, c'est le perturbateur endocrinien qui a le plus de conséquences sur la santé publique ?

Eh bien, je le dis, avant de parler de l'avion, parlons d'abord du bateau, sachant qu'aujourd'hui, l'océan, et nous allons accueillir, grâce au président de la République, qui a plaidé pour que tel soit le cas auprès des Nations Unies, le sommet de l'océan en juin 2025, après New York en 2017, et Lisbonne en 2022, pour aboutir à des conclusions et des engagements très forts, et naturellement sur la protection de la mer, sur la protection de la biodiversité, mais que tout ça est lié aussi à toutes les pollutions que nous émettons. Aujourd'hui, jouer sur les mobilités, jouer sur les économies d'eau.

14:47
Présentateur

Quand vous listez tout ça, juste, je vous me permets, sur l'océan, on est typiquement dans une période où l'océan Atlantique atteint en surface des niveaux jamais vus. On va, dans quelques jours, voir la France toucher par les fumées des incendies qui viennent du Canada. On ne peut pas s'empêcher de penser à cette phrase de 2002, Jacques Chirac, qui disait « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ». On est en 2023, on a le sentiment que la maison brûle toujours, et visiblement, on regarde toujours ailleurs.

15:10
Christian Estrosi

Et ce n'est pas que la maison qui brûle, c'est l'océan qui brûle. C'est l'océan qui, avec 5%, 5 degrés de plus dans l'Atlantique Nord face aux côtes écossaises, aujourd'hui, par rapport à l'année dernière, pas par rapport à il y a 20 ans, a pris une température terrible. Or, qu'est-ce qui rafraîchit la Terre ? C'est la mer.

Et si c'est de la Terre que partent les plus grandes pollutions, si c'est de la Terre qu'on n'est pas capable de juguler toutes les émissions de CO2, de particules fines, de soufre, en imposant des mobilités, en investissant sur ces mobilités, des tramways, des RER, en veillant à avoir de gros programmes d'isolation thermique, en faisant des pistes cyclables, en supprimant les îlots de chaleur. À Nice, nous supprimons 70 hectares de béton qui sont de véritables usines à CO2.

16:15
Présentateur

C'est aux collectivités de le faire ou au gouvernement de le faire ? Qui a entre ses mains la capacité à changer radicalement la direction ?

16:22
Christian Estrosi

C'est une politique globale du gouvernement, mais c'est aux élus locaux à la mettre en œuvre. Je sais qu'aujourd'hui, avoir le courage d'agir, c'est aussi avoir une forme de courage de l'impopularité. Mais je n'ai pas envie qu'on dise dans 20 ans, là où il y a sans doute des gens qui râlent quand je détruis quelque chose pour planter 2500 arbres ou 3000 arbres en cœur de ville, mais je n'ai pas envie pour autant qu'on dise dans 20 ans quel est cet imbécile de mer qui, il y a 20 ans, n'a pas fait ce qu'il fallait pour que nous puissions vivre dans de meilleures conditions dans notre milieu urbain.

16:57
Présentateur

Mais est-ce que ça va assez vite, Christophe ? Par exemple, vous y faisiez allusion, la question de l'eau. On voit la sécheresse à peu près partout sur le territoire. Dans le sud, vous êtes bien placé pour l'avoir aux premières loges. La réutilisation des eaux usées. Alors, ce n'est pas le cas partout. On se pose quand même la question de ne peut-on pas mieux utiliser notre eau ? On attend un décret du gouvernement sur l'utilisation, la réutilisation des eaux usées. Qu'est-ce que vous, vous souhaitez voir comme une modification ? On attend tout du gouvernement.

17:23
Christian Estrosi

Il faut quand même

17:23
Présentateur

un cadre réglementaire.

17:24
Christian Estrosi

Mais le gouvernement, à juste titre, disait il y a quelque temps le président de la République qu'il y a trop de fuites d'eau, par exemple. Lorsque j'ai construit une métropole qui part de 3200 mètres d'altitude à 51 communes pour se déverser dans la Méditerranée, on a repris en régie directe la gestion de 3000 kilomètres de tuyaux d'eau potable. Vous savez combien il y avait de fuites d'eau sur des canalisations qui ont plus d'un siècle d'âge ? 2 200 000 mètres cubes d'eau par an. Naturellement, personne ne s'est rendu compte que les 153 millions d'euros que nous avons investis pour juguler ces fuites d'eau avaient changé la vie de tout un chacun.

On préfère voir des parterres de fleurs, on préfère voir des choses qui vous apportent du confort quotidien. Et bien pourtant, si aujourd'hui, nous n'avions pas anticipé, il y a 10 ans, d'investir ces sommes, et bien nous aurions effectivement des coupures d'eau. Nous manquerions d'eau. Nous avons osé le faire.

Nous sommes en train d'investir 600 millions d'euros sur une nouvelle station de traitement des eaux usées et déjà en mettant provisoirement aux normes celle qui sera remplacée d'ici 5 ans, et bien nous venons d'obtenir un décret qui va nous permettre de réutiliser les eaux usées qui sortent à 100% avec zéro bactérie pour pouvoir arroser tous les espaces publics et donc faire des économies.

Donc voilà, c'est ça le courage d'agir et en même temps de se dire qu'en prenant ces dispositions pour les 20, 30, 40 années qui viennent, même si nous avons 5 ou 6 degrés de réchauffement, parce qu'on aura agi tout de suite, pas dans 5 ans, pas dans 10 ans, parce qu'il sera trop tard, et bien nous pouvons ainsi créer un cadre urbain et environnemental autour du monde urbain avec notre ruralité. Vous êtes devenu écologiste, Christian Estrosi ? Mais j'ai toujours cru à une écologie de droite.

lorsque vous regardez comment ceux qui se prétendent écologistes sont en train de détruire tout ce qu'a fait Alain Juppé à Bordeaux, tout ce qu'a fait Gérard Collomb à Lyon et quelques autres encore, et bien je me dis que j'ai agi dans le droit fil de ce que j'ai le devoir de faire, simplement pour protéger aussi le petit bout de banquise qu'il m'a été confié le temps que la démocratie me fait confiance, mais au-delà de ça, non seulement c'est un défi qui est formidable, enthousiasmant, mais pour l'homme de droite que je suis et qui croit dans l'industrie, là où la France malheureusement a perdu beaucoup de pans de souveraineté en matière industrielle,

20:01
Présentateur

dans le domaine

20:02
Christian Estrosi

de l'industrie verte, dans le domaine de l'industrie de l'eau, dans le domaine de l'industrie des énergies et des énergies renouvelables, il se trouve que nous restons un des pays leaders dans le monde, c'est-à-dire que nous pouvons aussi créer des milliers voire des centaines de milliers d'emplois qui rapporteront de la croissance à notre pays.

20:21
Présentateur

Vu l'urgence, est-ce qu'il ne faut pas aussi parfois accepter, tolérer la radicalité de certains militants ? La semaine dernière, le gouvernement conseil des ministres a décidé la dissolution de soulèvement de la terre. Les militants de cette organisation répondent on ne dissout pas un soulèvement, la colère restera, l'urgence restera. Est-ce que c'est la bonne méthode aujourd'hui de dire on dissout les groupements écologistes, y compris radicaux ? Mais ce ne sont pas

20:44
Christian Estrosi

des écologistes, ce sont des radicaux d'extrême-gauche soutenus par l'affreux Mélenchon qui balance des boules de pétanque dans la tête des policiers lorsqu'ils essaient de préserver des réserves d'eau qui sont utiles aussi pour nos agriculteurs, là où nous avons besoin d'avoir des plans d'alimentation territoriales avec des circuits courts et qui nous permettent là aussi de préserver une part de notre avenir sur notre autonomie alimentaire.

Ce sont les mêmes qui disent il faut se déplacer en train mais qui dès que vous tracez une ligne de train qui passe à travers un territoire disent non c'est pas là qu'il faut le faire passer et qu'en 20 ans vous empêche de passer le train et après on se plaint qu'on soit obligé de se déplacer en avion donc on voit bien que ces gens de toute façon sont des extrémistes de gauche politisés qui n'ont rien à voir avec l'écologie et que je pense qu'il y a des hommes de centre droit il y a des hommes qui défendent l'industrie et des hommes et des femmes d'ailleurs une industrie française une vision de l'urbanisme vert avec la suppression des îlots de chaleur avec une mobilité qui dans le domaine des mobilités douces les pistes cyclables les transports comme en site propre apportent une vraie valeur ajoutée là où les autres sont simplement contre tout

22:06
Présentateur

ces élus ils sont aussi concernés au mois de septembre par des sénatoriales un mot très rapide parce qu'on arrive à la fin de cet entretien quel sera l'objectif de votre parti Horizon pour ces élections ? Naturellement

22:16
Christian Estrosi

que nous puissions avoir un groupe au Sénat qui dans le cadre de la majorité présidentielle accompagne la politique du président Emmanuel Macron Il y aura des investitures Horizon à bonne et due forme ? Mais la campagne sénatoriale est une campagne un peu particulière dans le sens que ce ne sont pas les citoyens qui votent pour élire des parlementaires ce sont ce qu'on appelle de grands électeurs et donc je crois que ceux-ci n'ont pas besoin de se fier à une investiture mais plutôt à des hommes et des femmes de terrain qui connaissent leur territoire et qui sont élus par les élus locaux sur des projets d'utilité

22:52
Présentateur

et d'intérêt général Merci beaucoup Christian Estruzzi d'avoir été sur ce plateau ce matin Dans un instant c'était Elisabeth Martichoux pour le temps de l'info je vous souhaite une très bonne journée sur LCI Merci d'avoir regardé cette vidéo

L’INTERVIEW POLITIQUE – Christian Estrosi, maire de Nice, invité d’Adrien Gindre — Christian Estrosi · Pourquijevote