Guerre des ondes : le combat invisible | Le journal de la Défense
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Générique Alarme Au Moyen-Orient, les frappes de drones et les tirs de missiles ont rappelé une réalité. Derrière chaque trajectoire, chaque interception, chaque brouillage se joue une bataille invisible. Dans un environnement où tous les systèmes sont interconnectés, posséder la maîtrise des ondes est devenu un facteur déterminant de supériorité sur le terrain.
Comment protéger nos communications tout en neutralisant celles de l'adversaire ? Comment manoeuvrer sans se brouiller soi-même ? Dans ce reportage, des combattants de l'ombre témoignent de manière inédite.
Leur récit nous éclaire sur les enjeux de cette guerre dans le champ électromagnétique, où l'objectif est bien de comprendre et décider plus vite, et surtout d'agir avant l'adversaire. Musique Musique Les spécialistes de la planification vous le diront, sans renseignement, aucune opération n'est possible. C'est donc avec lui que notre histoire commence.
Ce renseignement peut être d'origine image, humaine, mais aussi électromagnétique. Comprenez qu'il peut provenir de l'interception des émissions radios et radars ou de l'étude des réseaux de télécommunications. Et dans ce domaine, la direction du renseignement militaire dispose d'un centre expert. -La mission première du CF3E va être d'orienter tout type de capteurs spatiaux, comme, par exemple, la constellation CERES, de capteurs embarqués, comme le Dupuy-de-Lôme, de capteurs aéroportés, comme l'avion Vador, ou encore de dispositifs terrestres qui permettent au plus près des forces adverses de pouvoir recueillir du renseignement d'origine électronique.
Souvent, l'ennemi, avant même qu'il ne lance une offensive ou une action cinétique, va devoir mettre en place ses éléments, ses forces, et nous aurons des signaux faibles qui permettront d'anticiper la mise en place des moyens ennemis qui sont prêts à frapper les intérêts de la France ou de nos partenaires. -En parallèle, nos moyens, qu'ils soient terrestres, aériens, navals ou spatiaux, doivent eux aussi, sans cesse, être développés en masse et adaptés aux nouvelles technologies. Et justement, imaginez les combats futurs, c'est en partie le rôle du COMCYBER qui rassemble l'ensemble des forces de cyberdéfense du ministère.
Ce commandement a d'ailleurs été désigné pour encadrer la guerre dans le champ électromagnétique au sein des armées françaises, et vous allez comprendre pourquoi. -Dans la typologie des conflits aujourd'hui, on parle du triptyque compétition, contestation, affrontement, on se rend compte qu'en fait, les courbes de la guerre électronique et du cyber se croisent. C'est-à-dire que pendant la phase de compétition, contestation, les acteurs, les armées s'affrontent dans le domaine du cyber.
Sitôt qu'on bascule dans le domaine de l'affrontement, les opérations, les combats ont davantage lieu dans le champ spectral et c'est la guerre électronique qui prédomine à ce moment-là. Et donc en fait, de pouvoir combiner GE et cyber nous permet de démultiplier les effets de l'un et de l'autre. -La garde en champ électromagnétique doit avoir une coordination haute afin de réaliser deux choses.
Tout d'abord, se défendre face à des contestations, des entraves, des tentatives de dégrader cette connectivité de la part de nos adversaires. Nos adversaires peuvent en être capables. On le voit à travers, par exemple, l'entrave des moyens satellitaires lors de l'offensive russe en Ukraine en février 2022, ou encore plus récemment en Iran, lorsque le régime politique arrête, entrave l'utilisation de Starlink pour sa population.
On voit qu'ils en sont capables et donc il va s'agir, dans les combats futurs, de se défendre face à ces actions. Mais également, on peut saisir des opportunités opérationnelles d'attaquer dans le champ électromagnétique, d'être plus offensif, de vouloir dégrader la connectivité des armées adverses. -Le chiffrement, le masquage, la robustesse des communications, c'est quelque chose à quoi la GUERRELEC a toujours été confrontée depuis sa création et c'est même sa raison d'être.
Ce qui est plutôt nouveau aujourd'hui, c'est le phénomène de massification avec cette démocratisation des technologies et la volonté de pouvoir noyer des communications dans une saturation de l'espace électromagnétique. C'est ce qu'on voit notamment en Ukraine, avec ce mur de brouillage le long de la ligne de front, où sur 20 kilomètres, vous avez des brouilleurs, des drones, des robots et donc une saturation de l'espace électromagnétique. Et réussir à détecter une menace dans ce magma d'émissions électromagnétiques, c'est un vrai challenge. -Face à ces enjeux, le COMCYBER développe activement la coordination des capacités de guerre électronique déjà déployée au sein des armées afin d'optimiser leur efficacité opérationnelle.
Car chaque onde captée sur le terrain devient une pièce du puzzle. Toutes possèdent une signature spécifique qui va enrichir une mémoire. -Il est essentiel, dans le domaine du renseignement électromagnétique, de disposer de bibliothèques de données qui permettront, à la fois dans le milieu des communications ou des radars, de disposer de suffisamment d'éléments techniques qui nous permettront de programmer les contre-mesures électroniques de nos moyens engagés sur les opérations. -Pour collecter ces informations, le 54e régiment de transmission de l'Armée de terre est un maître en la matière.
Son rôle, écouter et transmettre à l'état-major, est sur ordre, brouiller. Quelque part dans l'Est de la France, une équipe en entraînement est à l'affût du moindre signal. Une émission surgit.
Chef, on a intercepté au nord de Hoffen un relevé radiogoniométrique. -Et en quelques secondes, la fréquence est identifiée, localisée, classifiée. L'ennemi ne sait pas encore qu'il vient d'être repéré.
Dans le domaine de la guerre électromagnétique, la furtivité et la rapidité sont essentielles. -Le but de l'exercice, c'est d'entraîner ma compagnie au mode d'action de la guerre électronique dans la zone des combats. Et également de tester nos nouvelles capacités opérationnelles de guerre électronique tactique.
Je déploie deux sections. La première, c'est une section de guerre électronique blindée, de zone, équipée d'un système qu'on appelle le système LINX, un système d'interception et de localisation, qui a pour but de surveiller une zone de 50 kilomètres par 50 kilomètres à la recherche de tout émetteur radio ennemi. Et le but est de les intercepter, de les localiser.
Je déploie aussi une deuxième section, une section de guerre électronique blindée, de contact, qui est équipée des tout premiers servals de guerre électronique de l'Armée de terre, qui permettent eux aussi d'intercepter et de localiser les émetteurs ennemis, mais eux au plus proche de la ligne de contact. -On va arriver sur une position, on va mettre en oeuvre nos moyens en à peu près une minute. Une fois qu'on est en place, on est capable d'intercepter absolument tout ce qui passe sur le spectre électromagnétique à plusieurs dizaines de kilomètres, facilement.
On a un capteur qui est ultra performant, que ce soit dans son interception ou alors dans même sa localisation. On pourrait avoir des azimuts extrêmement précis et des coordonnées GPS à la dizaine voire centaine de mètres près. Les moyens sont complètement différents.
L'année dernière, on était sur une portée beaucoup plus diminuée. On parlait de deux à trois kilomètres de l'émetteur pour pouvoir avoir des belles interceptions et surtout des localisations assez fiables. Là, maintenant, on peut rester à plus de dix kilomètres, facilement, de l'émetteur.
Et on a la partie protection, mobilité avec le Serval. Mobilité parce qu'on peut aller absolument partout. -Intercepter, cartographier, transmettre.
Cette capacité opérationnelle de guerre électronique tactique offre au chef une profondeur invisible. Mais les combattants du 54e régiment de transmission ne traquent pas uniquement les communications. Ils sont aussi devenus experts dans la lutte anti-drone.
Un savoir devenu essentiel, car ces appareils sont désormais omniprésents sur le champ de bataille. -Un drone va très vite, certains modèles peuvent filer à plus de 150 kilomètres heure, donc nous devons être aussi agiles que lui et être rapides et réactifs pour le localiser et pouvoir agir dessus. -Sur une phase de brouillage, le paramètre sur lequel nous allons pouvoir agir, c'est la fréquence.
Une fois que la fréquence du drone a été détectée ou de la télécommande, nous allons pouvoir mener une action contre la télécommande ou le drone. Lorsqu'on met en oeuvre le brouillage, on voit un effet soit sur le drone directement, soit au niveau du télépilote. Le drone va pouvoir se poser puisqu'ils ont une programmation qui leur permet de faire une pause en sécurité ou alors faire un retour au niveau du télépilote. -Le tout sans perturber, évidemment, les communications amies. -Alors déjà, il faut savoir qu'il y a différents types de brouillages, donc on apprend à utiliser un brouillage spécifique plutôt qu'un autre, déjà pour essayer de préserver les communications amies.
Et sinon, on peut aussi, sur nos capteurs, utiliser des programmations qui nous permettent d'isoler les fréquences amies et donc de les protéger et de brouiller exclusivement les fréquences ennemies. -Tu peux me confirmer le brouillage sur la 2412 ? -Cet après-midi, on va passer sur deux groupes, le VAB numéro deux, le groupe deux, qui va faire de la lutte anti-drone au travers d'un cours sur le brouillage, et le deuxième, donc le VAB groupe numéro trois, qui va faire du survol de drone à travers la reconnaissance d'un plan d'implantation.
Musique --- -Vingt-et-un. Perte de liaison vidéo avec le drone. Sûrement suite à du brouillage.
Je décroche. -Cette menace drone, nous la retrouvons également au beau milieu des mers et des océans. En effet, ici, le danger peut surgir à très grande vitesse depuis les profondeurs, la surface ou dans les airs.
Alors pour les marins, l'enjeu est avant tout d'éviter le contact. Sur le pont de l'Alsace, frégate spécialisée dans la défense antiaérienne, l'horizon semble dénué de toute activité. Mais les écrans racontent une autre réalité.
Des signaux apparaissent, disparaissent, se superposent. -A tous, détection azimut 212, distance, 24 nautiers, vitesse, 502, altitude basse. J'associe la piste avec la 0721.
Je place la piste et aussi le missile. Liberté GE. -Missile dans l'azimut 207. -J'associe le missile. 0222. -Un missile guidé par un radar, un drone en approche ou une émission suspecte.
En Mer, ce que l'on ne voit pas peut frapper en premier. -Brouillage en cours. Tir dans cinq secondes. -La détection électromagnétique est donc indispensable pour la protection de la frégate et celle des navires qu'elle peut escorter.
Elle est la nouvelle longue vue des marins. -Tous les jours, mes hommes analysent et perçoivent des signaux qu'ils peuvent voir sur leur console grâce à leur matériel, qu'ils vont ensuite analyser, transmettre vers les organisateurs de manière quotidienne, qui, eux, vont faire une analyse de second niveau, plus précise, pour pouvoir ensuite alimenter des grandes bases de données. Et ces organisateurs, la Direction générale de l'armement, le Centre de renseignement de guerre électronique, vont pouvoir alimenter, justement, nos industriels, nos chercheurs, de manière à ce qu'ils développent des technologies, des techniques, de manière à pouvoir répondre aux menaces d'aujourd'hui et de demain.
La frégate Alsace, particulièrement, a une panoplie complète, tant dans la partie détection, qui est sur la fonction surveillance, pour donner du préavis à nos hommes. Nous avons aussi des capacités de défense, principalement mises en oeuvre avec nos brouilleurs, nos lance-leurres, face principalement aux menaces antimissiles, la grande doctrine que nous avons aujourd'hui face à la menace missile, et également face aux drones. -La guerre électronique a toujours été un domaine d'excellence français, que ce soit de la part de nos industriels comme de nos marins.
Et donc il faut maintenir l'avantage qu'on a acquis avec toute l'expérience accumulée ces dernières années dans la compréhension du spectre. Il va falloir que nos capacités de défense soient toujours efficaces, elles le sont, et il faut maintenir cette efficience. Une des actions sur lesquelles on travaille, c'est de droniser nos capacités de guerre électronique pour pouvoir multiplier les domaines d'emploi, les domaines d'action.
Pour l'instant, les domaines sont rattachés à l'unité, qu'elles soient aéroportées sur un hélicoptère, un avion de patrouille maritime, qu'elles soient embarquées à bord d'un bâtiment de la marine ou d'un sous-marin. Mais on va essayer de droniser ces systèmes pour pouvoir multiplier les effets. Actuellement, le spectre électromagnétique, il est utilisé par tout le monde.
Que ce soit le monde militaire comme le monde civil. Et donc, avec l'essor du numérique, on fait face à un volume croissant de données. Et là où l'humain, avant, pouvait prendre le temps de capter, d'analyser, d'identifier, et bien là, l'humain commence à saturer.
Et donc, on s'emploie sur des nouvelles technologies, dont l'IA, l'IA qui va permettre de pouvoir décharger l'humain de tous les signaux connus pour ne s'intéresser qu'au signal utile, à celui qui va permettre de révéler une situation, un point de rupture où l'humain aura toute sa plus-value à analyser, à comprendre ce que veut dire ce signal et à pouvoir l'utiliser. Musique -Devant les quantités astronomiques de données recueillies, l'intégration d'outils d'intelligence artificielle apparaît aujourd'hui essentielle. Mais un défi en chasse un autre et une nouvelle problématique se dessine.
La sophistication des appareils comme des émissions. Sur la base aérienne 118 de Mont-de-Marsan, l'ensemble des spécialistes des domaines radios et radars travaillent sur cette question. Ils expérimentent régulièrement des matériels et développent des procédures afin d'acquérir la maîtrise du spectre électromagnétique. -Aujourd'hui, on a des technologies de plus en plus poussées, notamment grâce à l'utilisation du numérique qui permet d'utiliser des programmations numériques de ces sauts de fréquence, par exemple, mais également des formes d'ondes qui sont de plus en plus sophistiquées.
L'onde n'est plus... vous savez, on avait l'image d'une onde qui est une sinusoïde, aujourd'hui c'est beaucoup plus complexe que ça et on arrive à avoir des ondes qui évoluent.
Quasiment tous les jours, on invente des nouvelles formes d'ondes. Donc il faut s'adapter à ça, il faut adapter nos outils de brouillage et puis il faut aussi adapter notre capacité à percevoir les ondes et à surveiller ce spectre électromagnétique. Aujourd'hui, on voit qu'on a une prolifération, ou en tout cas, sur tous les théâtres, on a de plus en plus de systèmes de déni d'accès.
C'est notamment les systèmes de défense solaire qui font que c'est très difficile de pénétrer un territoire ennemi sans risquer des pertes massives. Avec l'emploi d'outils de guerre électromagnétique offensive, on va pouvoir perturber ce système de défense ennemi, que ce soit les systèmes solaires, les radars, les radios, mais également tout le système intégré de défense aérienne ennemi, pour permettre à nos effecteurs, à nos drones, de passer en ayant moins de chances d'être interceptés par l'ennemi. -Comment est-ce qu'on peut éviter de se faire intercepter ?
Etre indétectables. Comment ? Mincoms pour éviter le brouillage radio, pour éviter de se faire repérer, et surtout "low level" pour, justement, éviter de se faire voir par les systèmes aéroportés ou par les systèmes solaires.
Musique --- --- -Neutraliser temporairement la défense adverse pour créer une fenêtre et passer en territoire hostile, c'est un combat silencieux mais capital pour la réussite des opérations. Dans le cockpit, tout repose sur des flux imperceptibles. Radars, liaisons de données, positionnements satellites, et si ces derniers sont brouillés, l'avion perd ses repères et donc une partie de son efficacité.
En conséquence, les Rafales sont dotés de systèmes d'autoprotection qui détectent les radars et missiles ennemis, les identifient et localisent leur position. Et si nécessaire, ils sont aussi capables de brouiller la menace. -Dès qu'on commence à faire des missions, on va tout de suite reposer sur cette fusion de données pour avoir une conscience de la situation qui passe par des capteurs qui vont utiliser le champ électromagnétique.
Tout le monde a entendu parler, de SPECTRA, c'est la bulle d'autoprotection autour du Rafale. Donc beaucoup de capteurs, beaucoup de fusion de données, le but étant qu'à partir de tout le spectre électromagnétique, on soit capable de dire qu'il y a une menace à tel endroit, menace solaire, menace RR, et qu'on soit capable de dire qu'elle est dans cette direction, à cette distance, pour pouvoir, nous, agir en conséquence, l'éviter, la traiter, ou, en tout cas, la prendre en compte. Et c'est quelque chose sur lequel il y a beaucoup de secrets.
Parce que typiquement, nous dans nos avions, on a un radar, on a beaucoup de capteurs, et le but, ça va être de réussir, grâce à ces rayonnements qu'on émet et qu'on reçoit, de comprendre ce qui se passe le plus loin possible. Et en fait, il y a beaucoup de finesse dans ces choses-là qui sont déjà confidentielles et qu'en fait, on garde pour nous. En fait, c'est un peu comme un jeu de cartes.
On a des cartes et plus on en utilise, plus on en montre, plus les personnes en face de nous seront capables de nous brouiller. Ils connaîtront nos fréquences, ils connaîtront nos moyens d'action, nos moyens de contourner les brouillages, etc. Et du coup, c'est ça qui est assez difficile, c'est d'expliquer aux gens que c'est primordial, mais on ne peut pas trop vous en parler.
Voilà. -Dans ce jeu de cartes, la France a un joker, ses satellites militaires. A des centaines de kilomètres plus haut, se trouve un nouveau terrain d'affrontement qui a nourri l'imaginaire des romans et des films d'anticipation durant près d'un siècle, l'espace.
Il a pris une importance croissante dans les conflits et rivalités modernes, car paralyser un satellite, c'est avant tout paralyser l'activité sur Terre. Ils assurent communication, navigation, renseignement. Sans eux, plus de synchronisation globale.
Ils peuvent être brouillés, éblouis, perturbés. L'espace n'est plus un sanctuaire, il est devenu aussi un milieu contesté. Protéger ses capacités, les durcir, anticiper les attaques hybrides, c'est préserver l'autonomie stratégique. -Dans les conflits modernes, la maîtrise de l'espace et du spectre électromagnétique est un déterminant du succès des opérations.
Les satellites militaires français font face à différentes menaces électromagnétiques graves. Le brouillage de masse qui cible les signaux GPS, GNSS ou de télécommunications. Ce brouillage est irresponsable parce qu'il est indéterminé, il brouille l'ensemble d'une zone et met en péril le transport aérien et le transport maritime sur le flanc nord et sur le flanc est de l'Europe.
Ensuite, on a des attaques hybrides, cyber et électromagnétiques qui visent des infrastructures au sol comme les centres de contrôle ou les centres de mission des satellites ou les systèmes orbitaux eux-mêmes en venant perturber les liaisons, les télécommandes qui montent, ou les télémesures, les données qui descendent du satellite. On a également des armes à énergie dirigée comme le laser antisatellite qui viennent éblouir, voire aveugler le capteur optique d'un satellite de reconnaissance afin d'empêcher le recueil ou la captation d'imagerie d'une zone d'intérêt. Et enfin, nos compétiteurs développent notamment des micro-ondes à haute puissance dirigée qui permettent d'endommager ou détruire l'ensemble de l'électronique d'un satellite, que ce soit de la charge utile ou de sa plateforme. -Sur terre, en mer, dans le ciel, l'espace ou le cyber, c'est un champ de bataille en cinq dimensions.
Le spectre électromagnétique traverse tous les milieux. Il impose coordination, anticipation et innovation permanente. En réponse à l'industrialisation de ses capacités, les armées françaises renforcent leurs moyens. -Ce qui fait que la France est une nation qui est en pointe, c'est la diversité des capteurs qui sont mis en oeuvre et qui nous permet, sur le plan mondial, de figurer dans un top trois des nations qui effectuent du ROEM. -Dans les conflits à venir, la question du comment mieux protéger nos espaces aériens et nos sociétés contre des menaces émergentes s'impose donc au-delà des seuls terrains de combat.
Le COMCYBER développe, par exemple, un outil de planification et de conduite d'opérations dans le champ électromagnétique et pense également au coup d'après en imaginant déjà les applications de la physique quantique. -C'est indéniablement un sujet prospectif auquel il faut s'attacher à réfléchir. Effectivement, le quantique permettra de démultiplier la connectivité, démultiplier la sécurisation des communications ou la sensibilité de capteurs.
Et ces trois éléments-là, déjà, touchent directement ce que pourrait être la guerre dans le champ électromagnétique de demain. -Perception d'un drone ! Azimut 296 ! -La guerre des ondes ne remplace pas la guerre physique, mais elle la précède, la conditionne, la façonne et surtout l'élargit au monde civil.
Dans un monde saturé de signaux, la supériorité militaire se joue aussi dans ce que l'on ne voit pas. Et parfois, c'est là que tout commence. Générique de fin
Jean-Pierre Bataille