Bayrou : une audition sous tension - Reportage C dans l'air 15.05.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
avec le corapporteur de la commission d'enquête, le LFI P.Vannier. - Son audition devait durer 3 heures.
F.Bayrou a finalement été entendu pendant 5 heures 30. - F.Bayrou: Le 1er mot qui me vient quand je pense à cette audition, c'est "enfin". - Dans la salle, des journalistes par dizaines qui scrutent un Premier ministre pugnace, pressé d'écarter toute forme de responsabilité. - F.Bayrou: Je maintiens que les seules informations que j'ai eues étaient celles qui étaient dans le journal.
Je n'ai pas couvert des pratiques quelles qu'elles soient, je n'ai pas eu d'informations privilégiées, je ne suis pas resté sans rien faire quand j'ai découvert les affaires et je ne suis jamais intervenu dans une affaire. - Tout en admettant du bout des lèvres... - F.Bayrou: C'est 30 ans après.
Sûrement qu'il y aurait de grands changements dans les attitudes des uns et des autres. Est-ce que j'aurais pu faire plus ou dû faire plus? C'est possible. - Pour se défendre, il choisit l'attaque.
Un ton vindicatif à la limite de l'impertinence parfois. Certains échanges sont tendus. - Je ne vous permets pas de m'interrompre... - F.Bayrou: Je ne vois pas de quoi vous avez peur. - Le Premier ministre s'en prend ouvertement au travail de la commission. - F.Bayrou: Vous m'avez demandé de vous soumettre à l'avance mes documents et je n'avais aucune envie de vous soumettre les documents.
Excusez-moi! Il se trouve que je n'ai pas eu le sentiment que la commission était totalement objective. - Dans le viseur du Premier ministre: le corapporteur LFI P.Vannier.
F.Bayrou s'appuie à plusieurs reprises sur un livre-enquête récemment publié sur LFI intitulé "La Meute". - F.Bayrou: Vous ne cherchez pas la vérité.
Vous la déformez tout le temps. - A de nombreuses reprises, les 2 hommes s'affrontent. P.Vannier remet même sur le tapis une gifle donnée en 2002 par F.Bayrou à un jeune qui lui faisait les poches à Strasbourg. - P.Vannier: Est-ce que cette conception éducative de la gifle, dont vous paraissez encore empreint aujourd'hui, explique votre conduite à l'époque? - F.Bayrou: Je lui ai donné une tape.
C'était en effet une tape de père de famille. Si quelqu'un ici pense que jamais il n'a donné une tape à un enfant...
Je crois que beaucoup, s'ils sont honnêtes, pourront admettre qu'ils l'ont fait. Pour moi, ce n'est pas de la violence. - Après 5 heures d'explications, d'oublis, d'attaques, tout le monde n'a pas le même ressenti.
Le Premier ministre se dit soulagé. - F.Bayrou: Pour moi, c'était un moment un peu libérateur.
On a eu pour la 1re fois la possibilité d'apporter, non pas des dénégations, des arguments, mais des preuves. Fait par fait, événement par événement, accusation par accusation, on a pu montrer que tout était sans fondement. - Le sentiment du devoir accompli.
Pour autant, la gauche ne semble pas convaincue. - Je l'ai trouvé confus, imprécis, parfois même grossier et plutôt agressif à notre égard. - Il a décidé d'en faire une guerre politique là où tout le monde l'attendait sur la question de ses responsabilités politiques.
Il s'est défaussé face à un pays qui attendait de savoir ce qu'il avait à dire. Il n'a finalement répondu à aucune question. - Qu'adviendra-t-il alors des déclarations de F.Bayrou?
La commission parlementaire n'a aucun pouvoir judiciaire mais peut signaler au parquet fausses déclarations ou dissimulations. Sous serment, tout peut compter. - C.Roux: On se faisait le commentaire en regardant les extraits de cette commission: tout est filmé, en direct.
On entre dans un niveau de détails et on regarde ça comme un spectacle. - M.Delahousse: Je pense que ça contribue beaucoup à la confusion qui s'empare de chacun d'entre nous.
On ne sait pas si c'est une scène judiciaire ou parlementaire. Il y a un vrai problème là-dessus. Il y a un enjeu quasiment démocratique sur le fait qu'on ne comprend pas où on est quand on regarde tout ça.
La vraie justice n'est pas filmée. En revanche, ces scènes se produisent en permanence devant les tribunaux. Ce sont les incidents de procédure.
Ca dure en général très longtemps. "Peut-on produire cette pièce? Mon avocat vous l'avait donnée..." L'assesseur intervient...
Là, ça a pris une dimension extraordinaire. Je pense que ça a duré quasiment un quart d'heure sur le début de cette intervention. Cet aspect anecdotique est très révélateur sur le fait que nos concitoyens ne comprennent pas où on est, ne comprennent plus la différence qui peut être donnée sur le cadre judiciaire et le cadre parlementaire.
En regardant son entrée tout à l'heure, je me disais que lui-même n'a peut-être pas fait la différence en termes d'exposition publique entre un face-à-face avec des vrais juges ou un face-à-face avec un tribunal. Il aurait pu reprendre cette fameuse phrase de D.de Villepin au 1er jour du procès Clearstream...
Il avait dit avec beaucoup d'emphase: "Je suis ici par la volonté d'un homme." C'était à l'époque N.Sarkozy.
On aurait pu dire ici que c'était le député Vannier. Il y a une différence politique de l'animal qui se retrouve finalement face à des contradicteurs sans identifier s'il s'agit de l'autorité judiciaire ou du pouvoir législatif. - C.Roux: On va revenir sur le rôle de cette commission parlementaire, de la finalité que ça peut avoir...
Question. Vous étiez à cette audition. On a aujourd'hui P.Vannier qui dit, et c'est grave: "Oui, après cette audition, je le sais et je le dis, il a menti." V.Spillebout a dit ceci. ...
Est-ce qu'il était convaincant? Ce sont des accusations assez graves. Il n'est pas l'auteur des faits mais il était en charge.
Est-ce qu'il a été convaincant dans les éléments qu'il a donnés pour expliquer qu'il n'était pas au courant de ce qui se passait vraiment à Notre-Dame de Bétharram? - M.Solletty: Les 2 parties jouent un peu sur les dates et les détails.
F.Bayrou, tout son argumentaire consiste à dire qu'il n'était pas au courant quand il était ministre de l'Education jusqu'en 1997. C'est en 98 que l'affaire du père Carricart émerge.
Il joue lui aussi sur cette ambiguïté. Le 11 février, à l'Assemblée nationale, il dit qu'il n'a jamais été au courant de violences, a fortiori sexuelles. Dans l'audition, il admet bien que c'était sorti dans la presse et qu'il en avait été au courant en 98 lorsqu'il n'était plus ministre.
On lui demande s'il avait eu de l'information privilégiée, notamment grâce au juge Mirande. Il se contredit un peu dans l'audition. Au départ, il dit qu'il n'a eu accès qu'aux informations parues dans la presse.
Ensuite, il dit qu'il n'a pas eu d'autres informations que celles parues dans la presse en dehors de sa conversation avec le juge Mirande. Il y a donc une petite ambiguïté. Il dit qu'il n'en a aucun souvenir...
Il dit que ça a eu lieu après que ce soit sorti dans la presse. Il nie toute intervention auprès de la justice. - C.Roux: Qu'est-ce que la commission a essayé de démontrer, au fond, sur F.Bayrou, son rôle...
Quel est le cheminement auquel elle a procédé hier pour essayer de le mettre dans un coin, de le piéger? - M.Solletty: Il y avait 2 points: ce qu'il savait et ce qu'il a fait ou pas.
Il y a eu tout un long débat sur ce fameux rapport d'inspection commandé en 1996 après les premières plaintes de parents d'élèves sur des gifles très violentes qui avaient entraîné des pertes d'audition. Il y avait eu une inspection sur ces cas qui avait été trop rapide. Il y a eu un débat sur si elle avait été trop rapide, s'il y avait eu trop d'indulgence des inspecteurs...
F.Bayrou a dit que la conclusion de ce rapport, c'était que tout allait bien. Mais le contenu du rapport était plus nuancé que ça.
Il y a été décrit certains châtiments, notamment celui du perron. Il y a eu un passage assez fort dans l'audition où V.Spillebout raconte ces éléments.
Elle raconte le cas d'un petit garçon qui a été mis dehors sur le perron en décembre à 21h et qui a réussi à alerter son père. Il a été emmené à l'hôpital parce qu'il était en hypothermie. Il risque apparemment l'amputation.
Elle interroge F.Bayrou et elle lui demande si, aujourd'hui, il relit ça différemment. C'était quand même une occasion... - C.Roux: Il a quand même fait le mea culpa, là. - M.Solletty: Pas vraiment.
Il dit: "Est-ce que les méthodes étaient un peu rudes?
François Bayrou