Fin du confinement, déficit public, demande d'efforts aux assurances et report de charges : le "8h30 franceinfo" de Gérald Darmanin
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Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. Le chef de l'Etat a annoncé hier soir la levée du confinement progressivement. A partir du lundi 11 mai, c'est dans moins de 4 semaines. Est-ce que la France sera prête ?
D'abord, le plus important, c'est que sanitairement, la France soit prête. Le président de la République a bien expliqué pourquoi nous faisions encore un mois de confinement. C'est quand même long, un mois, pour les Français qui nous écoutent, qui vivent sans doute dans des conditions pas faciles. Ce confinement, c'est bien normal. Il faut que l'hôpital puisse continuer à soigner, bien sûr, les gens qui sont très atteints du Covid, dans les formes les plus sévères. Mais il faut aussi pouvoir redonner des moyens, des médicaments, pouvoir organiser le déconfinement, pour pouvoir regarder aussi ce que font nos voisins étrangers.
Et donc ce mois, qui est un objectif, le président l'a bien dit, il a dit si nous allions dans de bonnes conditions dans le déconfinement, s'il y avait toujours une petite baisse chaque jour du nombre de personnes qui rentraient en réanimation, alors nous pourrions déconfiner.
Ça fait plusieurs si. D'ailleurs, votre collègue, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, évoque ce matin sur France Inter un objectif seulement à propos de ce 11 mai.
Écoutez, les certitudes sont très difficiles. Et puis je pense qu'il ne faut pas avoir d'idéologie lorsqu'il s'agit de la santé des Français. Je pense que le président de la République a mille fois raison de donner un objectif. Je pense que ça donne pour plein de personnes, pour les gens qui gardent leurs enfants chez eux, évidemment, pour ceux qui veulent reprendre le travail, pour les élus locaux qui doivent organiser la vie locale, pour les entrepreneurs qui se demandent comment ils vont reprendre leur activité. Je pense qu'avoir un objectif était une bonne chose. Et en même temps, il faut avoir l'honnêteté de dire, comme nos voisins européens, que nous n'avons pas de certitude absolue.
Le président de la République, d'ailleurs, l'a rappelé.
Renaud Dely.
Le prolongement de ce confinement pour un mois annoncé par Emmanuel Macron va évidemment avoir un impact sur les prévisions économiques et financières du pays. Le gouvernement, depuis déjà un mois, débloque des dizaines de milliards d'euros pour essayer de limiter l'impact économique de la crise. Vous évoquiez déjà, Gérald Darmanin, il y a quelques jours, des niveaux de déficit et de dettes publiques record prévus pour la fin de l'année. Vous êtes contraint aujourd'hui de revoir ces prévisions ?
Chaque jour, chaque semaine de confinement qui est appliqué au pays fait effectivement aggraver ce qu'on pourrait appeler les finances publiques. Même si j'ai déjà eu l'occasion de le dire avec le ministre de l'économie, ce n'est pas parce qu'il y a un incendie qu'il faut qu'on rationne les litres d'eau. On n'en est pas là. Mais on doit tenir les comptes, les présenter au Parlement et bien sûr mettre les moyens. Donc effectivement, les annonces du président de la République viennent aggraver, parce que le confinement va durer plus longtemps que prévu, va aggraver les chiffres des comptes publics.
On va passer par exemple de moins 7,6% de déficit, c'était ce que je devais présenter mercredi en Conseil des ministres, à moins 9. Moins 9% de déficit, effectivement, depuis la Seconde Guerre mondiale. Jamais notre pays n'a connu cela.
C'est du jamais vu depuis 1945. Moins 9% de déficit à la fin de l'année 2020.
Et moins 115% de dettes, très certainement. On était à peu près à 111, 112, quand on a construit le projet de loi de finances rectificative qu'on présente mercredi avec Bruno Le Maire. On a, avec Bruno Le Maire, corrigé par deux fois un budget en trois semaines, rajouté 110 milliards. C'est énorme, évidemment, 110 milliards d'euros pour soutenir l'économie et pour soutenir les salariés français. La France met en place, ce qu'aucun autre pays ne met en place dans ces conditions, un chômage partiel qui nous coûte 24 milliards d'euros. En tout cas, c'est la prévision que l'on prévoit pour la fin, d'ici la fin du confinement.
Mais ça a de grands avantages, même si les finances publiques sont évidemment très touchées, de pouvoir garantir le pouvoir d'achat des Français, garantir la reprise économique. Lorsqu'il y aura la reprise économique, au lieu de licencier des millions de personnes, qu'on le voit dans d'autres pays, ces personnes pourront reprendre le chemin du travail et l'entreprise pourra redémarrer, si j'ose dire, plus vite que si nous n'avions pas pris ces amortisseurs.
Gérald Darmanin, la croissance est également donc revue à la baisse avec une contraction du PIB de 8%, c'est ce qu'annonce Bruno Le Maire, le ministre de l'économie. Gérald Darmanin, il va falloir des années pour rattraper finalement ce retard.
Il va falloir du temps, bien évidemment, comme après chaque crise, même si cette crise-là particulière, d'ailleurs je voudrais souligner le fait qu'on n'est pas arrivé à la fin de cette crise du Covid-19. Les chiffres que donne le ministre de l'économie sont indicatifs. Ils sont provisoires, vous pourriez à nouveau les revoir malheureusement dans les semaines qui viennent. C'est tout à fait possible, d'abord parce que nous ne connaissons pas exactement la fin du confinement, même si on a un objectif donné par le président de la République. On ne connaît pas exactement la façon dont on va déconfiner, pardon pour ce mot, comment l'activité économique va être touchée par cela.
Mais c'est-à-dire que l'activité ne va pas repartir d'un coup, en fait ?
En tout cas, c'est certain que le 11 mai après-midi, on ne va pas retrouver le pays comme il était il y a trois mois. Je pense que chacun le comprend. On va mettre du temps, c'est normal. Il y a les fournisseurs, il faut des matières premières. Il y a sans doute des gens qui ont perdu des compétences. Il y a sans doute des gens qui connaissent des difficultés économiques très fortes. Il y a des gens qui sont malades, bien évidemment. Donc évidemment, les habitudes de consommation, de production, d'exportation, d'importation ne seront pas les mêmes il y a trois mois. Ça prend du temps. Et puis par ailleurs, nous sommes très touchés par toutes les autres économies.
Nous avons des partenaires économiques qui sont eux-mêmes très touchés. Regardez la Grande-Bretagne, regardez l'Allemagne, regardez les Etats-Unis. La première économie du monde qui connaît des difficultés sanitaires et économiques très fortes. Ça a des conséquences, évidemment, pendant le mois sur notre économie.
Pour combler un niveau de déficit tel que celui record que vous nous annoncez, Gérald Darmanin, il n'y a pas 36 solutions. Il y a évidemment l'outil fiscal. Est-ce que vous excluez toute hausse d'impôt d'ici la fin du quinquennat ?
Non, mais la solution ne peut pas être dans l'augmentation des impôts parce qu'elle viendrait d'abord contredire profondément ce qu'a fait le président de la République depuis les trois premières années de son mandat et qui marchait. Le chômage baissait et baissait extrêmement fortement. Le pouvoir d'achat des Français remontait. Notre économie était plus forte que les économies européennes.
Mais est-ce que ça peut être un outil aujourd'hui dans ce contexte particulier ?
L'avantage de ce que nous proposons, je le dis parce que c'est très important, c'est ce que les économistes appellent l'effet one-off. C'est-à-dire le fait que c'est pour une fois. Ce n'est pas structurel. Nous, on pense effectivement que le chômage partiel, les 24 milliards que nous y mettons par exemple, s'effaceront en très très grande partie puisque les gens reprendront le travail. Ce n'est pas structurellement des chômeurs par million qui resteront dans les chiffres de l'UNEDIC et de l'État.
Lorsque nous faisons des décalages de charges et d'impôts, d'abord ce sera en grande partie des décalages, par ailleurs qu'il y aura une reprise économique, évidemment les gens pourront de nouveau payer leurs impôts et payer leurs charges. Nous ne pensons pas, c'est ce qu'on a défendu auprès de la Commission européenne qui l'a accepté, que ces moins 9% de déficit seront structurellement moins 9% pendant des années.
Nous pensons que très rapidement, nous retrouverons le chemin de la production et de l'économie et nous n'aurons évidemment pas ces chiffres à traîner pendant de très nombreuses années, même si, évidemment, notre économie aura été très bousculée, très violentée et qu'il y aura sans doute un petit peu de temps pour s'en mettre.
Gérald Darman, ministre de l'Action et des Comptes Publics, on continue de parler des conséquences économiques de cette crise sanitaire. Dans un instant, d'abord le fil info à 8h40, c'est avec Lauriane Delanoë.
Encore un mois à la maison, puis le déconfinement partiel à partir du 11 mai. Voici l'horizon fixé hier soir par Emmanuel Macron. Attention, c'est un objectif en fonction de la propagation du coronavirus, souligne le ministre de l'Action et des Comptes Publics. A l'instant, sur France Info, le déficit va se creuser à moins 9% cette année, d'après Gérald Darmanin, car le gouvernement va accompagner les entreprises encore plusieurs mois en détail. Emmanuel Macron fixe donc le début du confinement au 11 mai, avec d'abord la réouverture progressive des écoles, collèges et lycées et des crèches. Mais les bars, restaurants, hôtels et le secteur du tourisme aussi resteront fermés.
Les festivals et événements interdits au moins jusqu'à mi-juillet, disait encore Emmanuel Macron hier soir. Pour l'instant, 6800 malades du Covid-19 sont en réanimation en France. Une éclaircie, ce nombre en légère baisse à l'échelle nationale hier pour un cinquième jour consécutif. France Info, et tout est plus clair.
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, invité du 8.30 de France Info ce matin, on parlait des conséquences économiques de cette crise du coronavirus. Vous le disiez, les hausses d'impôts ne peuvent pas être la solution pour éponger le déficit qui est en train de se creuser largement à 9% du PIB. C'est ce que vous nous annoncez ce matin. Est-ce que le report de certaines mesures, comme par exemple l'annulation de la taxe d'habitation, peut être imaginé ?
Écoutez, le Président de la République et le Premier ministre ne m'ont en rien demandé de travailler sur ce genre d'hypothèse. D'ailleurs, il y a deux budgets rectificatifs en trois semaines. Nous ne revenons pas sur ces baisses d'impôts prévues, votées et appliquées pour une très grande partie des Français.
Mais y compris donc pour les catégories les plus favorisées, qui elles continuent de payer aujourd'hui la taxe d'habitation. Ça ne sera pas remis en cause.
Moi, je relativiserai vos propos. Vous dites les catégories les plus favorisées. Il s'agit de quoi ? Il s'agit que les gens qui ont plus de 2500 euros par mois. Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui habitent dans les grandes villes qui peuvent avoir ce genre de salaire. Ne bénéficient pas encore de la baisse de la taxe d'habitation. Je ne peux pas considérer que ce sont des gens très aisés. Quand vous avez 2501 euros à Paris, je ne suis pas tout à fait certain que ce sont des catégories aisées.
Le chef de l'État a annoncé hier soir le déblocage de deux nouvelles aides d'urgence. Une pour les familles les plus défavorisées et l'autre pour les étudiants les plus précaires. Est-ce qu'on a une idée des montants et surtout du nombre de personnes qui seraient concernées ? On parle de 4 millions de personnes à peu près ?
Ce matin, juste après vous, je vais faire une réunion avec le Premier ministre et les ministres concernés pour définir exactement le soutien que l'État va accorder aux familles les plus modestes. Vous savez, moi, je le vois parce que c'est ma terre d'élection et c'est ma sociologie, si j'ose dire, à Tourcoing, des difficultés sociales extrêmement fortes. Des gens qui, évidemment, vivent parfois dans des passoires thermiques, c'est-à-dire des endroits où ils dépensent beaucoup d'électricité ou beaucoup de chauffage, même s'il fait un petit peu meilleur qu'évidemment il y a quelques semaines. Les enfants qui ne mangent plus à la cantine, à Tourcoing, on mange pour un euro.
Bon, ben voilà, le faire à manger tous les midis à ses enfants, c'est une chose différente quand on les a évidemment chez soi. C'est sans doute aussi des dépenses qu'on ne soupçonne pas lorsqu'on a la chance d'avoir une vie un peu plus meilleure, si j'ose dire, dans sa vie de tous les jours. Le confinement, il n'est pas usé pareil, si j'ose dire, par les gens qui connaissent les difficultés sociales.
Mais on n'a pas encore d'idée du montant de cette prime, de cette aide.
Non, mais il faut effectivement que, notamment, le président l'a dit hier, ça touche particulièrement les familles avec enfants. Et je crois que les étudiants, c'est effectivement une question très importante. Il y a plein de gens, peut-être vous et moi, quand nous étions plus jeunes, faisions des édudes et en même temps nous travaillons. Ben là, les étudiants, ils ne peuvent plus travailler en même temps qu'ils font des études pour rembourser leurs pré-étudiants, leurs loyers. Il y a une précarité très particulière des étudiants qu'il faut soutenir.
Et comment et quand ces aides seront-elles versées ?
Ben le plus vite possible. Nous sommes en train de définir cela. Et je vous dis, je ne vais pas faire l'exarbitrage du Premier ministre à la place du Premier ministre. Je crois que dans quelques heures, dans quelques jours, vous aurez le retour.
Il y a un secteur, Gérald Darmanin, qui ne connaîtra pas, lui, le déconfinement dès le 11 mai. C'est celui des cafés, de la restauration, de l'hôtellerie, des salles de spectacle aussi, qui resteront fermées au-delà de cette date du 11 mai. C'est ce qu'a annoncé hier soir Emmanuel Macron. Vous aviez initialement accordé des reports de charges à toutes ces entreprises qui ne peuvent plus fonctionner normalement. Ces reports deviennent des annulations, des suppressions définitives de charges ?
Aujourd'hui, il y a plus de 60% des hôtels, restaurants qui ont demandé le report de charges. C'est quoi le report de charges ? C'est de ne pas payer ces charges sociales et on leur a dit, vous paierez dans trois mois. Bon, alors pour l'instant, on est dans le report. Le président de la République hier a évoqué, pour ces secteurs, qui sont particulièrement touchés, et je voudrais souligner d'ailleurs qu'il ne l'a utilisé que pour ces secteurs-là, il y a plein de gens qui peuvent encore payer leurs charges en France, c'est le cas notamment de la grande distribution, je prends un exemple, de la possibilité des annulations. Donc nous allons faire ce qu'a dit le président de la République.
Il faut qu'on fasse attention, parce que constitutionnellement, je sais que c'est très juridique, mais enfin, ça a son importance, évidemment. On ne peut normalement pas annuler par secteur, mais nous allons évidemment appliquer ce qu'a dit le président de la République et nous mettons en place avec les URSAF, puisque j'en ai la responsabilité, la mise en place d'une possible, effectivement, annulation de charges pour ces secteurs qui ont été fermés à la demande du gouvernement et qui continueront à être fermés à la demande du gouvernement.
Concrètement, comment ça va se passer ? Ça signifie que les cafés, les restaurants doivent s'adresser à Bercy pour demander l'annulation définitive de ces charges ?
Aujourd'hui, il faut toujours continuer sur le report, c'est extrêmement important. Vous savez, tous les 5, tous les 15, tous les 20 du mois, il y a des appels aux charges, si j'ose dire, donc il faut qu'ils les appliquent. On les applique d'ailleurs en très grande partie de manière automatique, notamment pour les indépendants. Et nous allons travailler avec les URSAF pour aller, comme nous le faisons depuis le début et comme le fait le Trésor public, aller vers les entreprises pour leur expliquer comment cela fonctionne le plus simplement possible. Donc sous 10 jours, je reviendrai avec les URSAF auprès des entreprises pour appliquer la décision du Président de la République.
Il est certain que le restaurant ne va pas reconnaître au lendemain de sa reprise, peut-être au mois de juillet, peut-être je ne sais pas, un peu plus tard, ne va pas récupérer les repas que vous n'avez pas été mangés au restaurant pendant 3 mois. C'est la logique normale de cette annulation.
Hier soir, Emmanuel Macron a appelé les banques et les assurances à également être plus solidaires avec toutes ces petites entreprises. Tout à l'heure sur France Info, Xavier Donnamur, un restaurateur parisien bien connu, nous expliquait que la banque lui faisait payer très cher les reports des traites. Est-ce que vous demandez vous aussi à ce que les banques se mobilisent ? Surtout comment faire pour amener les banques et les assurances à concrètement aider les petites entreprises ?
Bon, chacun doit faire des efforts dans cette crise qui touche tous les Français. Alors, la présidente de la Fédération bancaire, M. Oudea, est un homme de grands biens et il travaille beaucoup avec le gouvernement, on l'en remercie. Mais il y a encore quelques pratiques bancaires qui, effectivement, font payer. Ça a été le cas aussi d'autres experts du chiffre, on va dire ça comme ça, qui font parfois facturer ce que l'État fait gratuitement et sur lequel il s'assoit sur des recettes. C'est quand même normalement pas la tradition des impôts que ne pas toucher les impôts et même reverser de l'argent sur les comptes. Donc chacun doit faire des efforts, c'est le cas des banques.
Elles doivent continuer à faire ces efforts, surtout que l'État a garanti 300 milliards d'euros de prêts. Donc il n'y a aucune raison que les choses ne fonctionnent pas bien dans l'économie française et c'est le rôle des banques de prêter pour la trésorerie. Et les assurances connaissent aujourd'hui un système qui est particulier puisque personne n'avait prévu le risque pandémique, si j'ose dire, et donc ne peut pas demander le remboursement de son chiffre d'affaires du fait de la pandémie, chacun le comprend. Mais les assurances aujourd'hui connaissent sans doute moins de sinistralité. Par exemple, il y a beaucoup moins d'accidents de voitures, chacun le comprend également.
Donc les assurances doivent jouer le jeu et renvoyer vers la puissance publique, renvoyer vers l'intérêt général de l'argent. Mais comment faire pour les pousser à jouer le jeu ? Alors d'abord, Bruno Le Maire les a forcés, si j'ose dire, mais les assurances ont répondu présent à cet appel pour le fonds des indépendants. On va mettre 7 milliards d'euros pour les indépendants. C'est aujourd'hui plus de 840 000 indépendants qui ont demandé cette aide. On a demandé aux assurances de contribuer. Elles ont commencé à verser cet argent. Et puis par ailleurs, il faut aller sans doute plus loin.
Il faut que les assurances, encore plus, participent à la reconstruction économique de notre pays, même si ce n'était pas prévu dans les contrats. Je pense que le président de la République a eu raison de rappeler les assurances à leur devoir.
Et Renaud Delis ? Donc il va falloir prendre des mesures contraignantes. Il va falloir leur tordre le bras aux assurances.
Eh bien le mieux, c'est d'abord de discuter sans mesures contraignantes. Et puis s'il le faut, et je mets bien du si, et je laisserai au ministre de l'économie qui a la tutelle, si j'ose dire, sur les assurances, c'est le ministre de référence, si le ministre de l'économie juge qu'il faut prendre des mesures plus coercitives pour faire participer tout le monde à la solidarité nationale, il le trouvera évidemment, comme toujours d'ailleurs pour Bruno Le Maire, auprès de lui.
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics, vous restez avec nous sur France Info. Un coup d'œil sur le fil Info à 8h50 avec Laurie-Anne Delannoye.
Le produit intérieur brut va plonger de 8% cette année, selon les prévisions du gouvernement. Et le déficit public se creuse avec la crise du coronavirus. Déficit estimé à moins 9%, annonce le ministre de l'Action et des Comptes Publics sur France Info. Du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale, d'après Gérald Darmanin. Le gouvernement prend de nouvelles mesures pour aider les Français face au confinement. Le président Emmanuel Macron annonce une aide exceptionnelle pour les familles les plus démunies. et un plan spécifique pour le secteur de l'hôtellerie-restauration. Les cafés, restaurants, cinémas vont rester fermés au-delà du 11 mai en France.
11 mai, date fixée, objectif pour le début du déconfinement partiel. Les écoles rouvriront progressivement si l'épidémie de coronavirus est bien ralentie, assure le président. Hier soir, dans son allocution, les malades du Covid-19 resteront bien sûr en quarantaine. Toutes les personnes avec un symptôme devraient pouvoir être testées à partir de ce 11 mai. Et l'État devra aussi fournir un masque à chaque Français. Là aussi, c'est une promesse du président. France Info.
Le ministre de l'Action et des Comptes Publics, Gérald Darmanin, invité du 8.30 de France Info ce matin. Hier soir, Emmanuel Macron, le chef de l'État, a rendu hommage aux personnes qui sont, dit-il, mal payées. Les aides-soignants, les infirmiers surtout, qui sont en première ligne. Notre pays tient grâce à eux, dit-il. Il a fait une sorte de mea culpa en s'engageant à les réhabiliter. Autrement dit, il ne l'aurait pas fait auparavant. Comment passer de la parole aux actes ? C'est ce que vous demande le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, invité tout à l'heure de France Info.
C'est des actes qu'il faut. Et des actes concrets. Il faudra nous rappeler, oui, comme il a dit, qu'il y a des gens qui sont mal payés dans ce pays et qui ont des tâches essentielles. Et on la voit dans la période. Et donc, c'est pour ça que la CGT, par exemple, demande rapidement l'augmentation du SMIC, comme elle l'avait demandé déjà fin décembre.
Gérald Darmanin, comment faire pour répondre à ce problème soulevé par Emmanuel Macron lui-même ?
D'abord, ce qu'a dit le président de la République. Il a évidemment parlé des soignants, mais il n'a pas parlé que des soignants. J'ai cru comprendre aussi dans son intervention qu'il y avait des tâches faites, y compris dans le monde privé, où les gens étaient mal payés. Et pourtant, on voit bien combien ils sont essentiels à la vie de tous les jours. C'est le cas des caissières et des caissiers, par exemple. Tout le monde sait qu'une caissière ou qu'un caissier n'est pas extrêmement bien payé. Et pourtant, c'était bien la personne qui a pris, aujourd'hui, par exemple, l'exemple de la grande distribution, le plus de risques.
Et ça veut dire qu'il faut augmenter le SMIC, comme le demande Philippe Martinez ? Ça veut dire qu'il faut sans doute se poser des questions sur le fonctionnement de notre économie. Je pense qu'effectivement, les choses peuvent être vues différemment. Le président de la République, d'ailleurs, l'a dit, en citant, d'ailleurs, les phrases et les interventions des révolutionnaires de 1789. Et je crois qu'elle a eu totalement raison. Après, je pense que la reconstruction du pays se passe après avoir gagné la guerre. Moi, j'entends beaucoup de gens qui ont des idées sur le jour d'après, très bien. Mais il y a beaucoup de gens qui meurent encore aujourd'hui à l'hôpital.
Il y a beaucoup de difficultés encore d'acheminement. Il y a encore un mois de confinement. On espère que, d'ailleurs, ce mois sera le dernier. Mais ce n'est pas sûr. Donc, je crois qu'il faut d'abord gagner la guerre et après, il y a la reconstruction.
Et sur la reconstruction, Gérard Lamalin, vous venez de dire à l'instant qu'il fallait se poser des questions sur le fonctionnement de notre économie. Est-ce que ça veut dire qu'il faut, en quelque sorte, peut-être inverser l'échelle des valeurs qui préexistait jusque-là et peut-être mettre moins l'accent sur ce qu'on appelait les premiers de cordée ou sur la start-up nation, dont on a beaucoup entendu parler au cours du début du quinquennat. Et maintenant, effectivement, réhabiliter et mettre l'accent à la priorité sur ces métiers mal rémunérés qu'il convient, qu'il faut réhabiliter et mieux rémunérer ? Il faut changer de priorité ?
Je ne partage pas votre opinion sur le fait qu'il y a un changement. Alors, peut-être qu'il faut traduire plus en actes, pour reprendre les mots de M. Martinez, mais la philosophie et la réflexion étaient celles du président de la République. Quand le ministre de l'Économie, il y a six mois, dit qu'il faut augmenter les salaires, tout le monde dit que ce n'est pas le moment. En tout cas, le ministre de l'Économie avait raison, notamment dans la production industrielle. Lorsque l'on dit qu'il faut supprimer des impôts de production pour produire en France, pour retrouver le chemin de la production française, c'est le gouvernement qui le dit depuis plus d'un an.
Mais on voit aujourd'hui, dans la crise gendarmane, on voit aujourd'hui que les premiers de cordée ne sont peut-être pas ceux auxquels vous pensiez au début du quinquennat.
Mais c'est tout à fait faux. Vous savez, moi, j'ai été ministre des Comptes publics qui a augmenté l'allocation à des handicapés comme personne n'a fait à la demande du président de la République. On a augmenté les minimum vieillesses comme personne n'a fait depuis qu'Emmanuel Macron et le président de la République par rapport à ce qui s'est passé dans la République. Nous avons remis les heures défiscalisées pour les ouvriers. Nous avons augmenté de façon considérable ce que touchaient les salariés avec la prime d'activité qui coûte quasiment 10 milliards d'euros au budget des Français.
Je crois que ce qu'a fait le président de la République, c'est à la fois une politique économique réaliste qui a permis de remettre de l'argent et du capital en France pour baisser de manière considérable. Et ça se voit et ça s'est vu le chômage et en même temps le soutien de ceux qui travaillent. Pour la recherche très chère d'appartenir à ce gouvernement, il faudra sans doute accélérer cela.
Ça veut dire quoi justement accélérer Gérald Darmanin ? Parce que là manifestement, Emmanuel Macron s'engage sans le dire, sans le chiffrer, mais il s'engage à augmenter manifestement considérablement les aides-soignants, les infirmiers, les caissiers, les livreurs.
Alors d'abord, il faut savoir raison garder. Les caissiers et les caissières doivent être payés par ceux qui les embauchent. Ce n'est pas l'État qui va augmenter le salaire des caissiers et des caissières. Il faut que chacun se pose la question de la répartition. Il faut que chacun se pose la question de la répartition de la valeur dans une entreprise. C'est un grand débat très intéressant qui a d'ailleurs été lancé il y a plus d'un an et demi. Je rappelle d'ailleurs que nous nous sommes posés la question de l'utilité sociale de l'entreprise. L'État, lui, peut augmenter le SMIC, Gérald Darmanin ? L'État peut prendre des dispositions. Bon, dedans, il y a l'augmentation possible du SMIC.
Il faut faire attention. Moi, je n'ai pas à préempter des décisions. Il faut faire attention. Quand on augmente trop de manière unilatérale des salaires, on peut détruire aussi de l'emploi. Donc il faut faire très attention à ça. Sinon, beaucoup de gens l'auraient fait évidemment avant nous. En même temps, la question posée par la crise, c'est une question sans doute de l'accélération du modèle de société qu'avait initié le président de la République qui fondait sur le travail, plus d'argent à la fin du mois quand on travaillait, moins d'impôts, et qu'on puisse enfin voir que le chômage avait baissé en France. Cette stratégie, elle fonctionnait.
Pour la reconstruction que vous évoquiez, Gérald Darmanin, le MEDEF, lui, dit que les Français vont devoir renoncer à certains jours de congés payés ou de RTT et que les Français vont devoir travailler davantage. Est-ce que vous aussi, Gérald Darmanin, vous dites aux Français, il va falloir travailler davantage ?
Moi, je dis d'abord aux Français qu'il faut qu'on sorte de la crise sanitaire parce qu'on a l'air d'oublier qu'il y a des centaines de morts tous les jours dans les hôpitaux et dans les EHPAD en France avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de détresse de la part de ces familles. Et il faut ensuite qu'on gagne la guerre économique. Et d'ailleurs, elle ne se gagnera pas juste en France. Elle se gagnera en Europe et dans le monde avec sans doute des traités qu'il faudra en partie revoir sur les questions budgétaires, sur la relance décidée par le monde et sans doute par le G7 ou les pays, en tout cas, les plus touchés. Et nous verrons bien quel est le sujet de la reconstruction.
Aujourd'hui, il me semble qu'à la fois ce que dit la CGT et ce que dit le MEDEF, c'est tout à fait intéressant, n'est pas le cœur du sujet d'aujourd'hui puisque nous devons gagner des vies, gagner du temps et gagner sans doute la bataille économique. Ça intéresse les Français de savoir
s'ils devront renoncer à des jours de congés payés ou à des RTT. Vous dites qu'ils ne devront pas renoncer.
Mais aujourd'hui, excusez-moi, nous sommes dans la guerre sanitaire et nous sommes dans la guerre pour soutenir l'économie. On n'en est pas au jour d'après. Je comprends que chacun a une idée du jour d'après. Il y a encore un mois de confinement. Ce confinement, il n'est pas totalement sûr qu'il soit fini le 11 mai. Le président de la République l'a dit. Il y a beaucoup de scie. On doit soutenir nos personnels soignants. On doit faire, et c'est très difficile, vous savez, organiser l'arrivée des matières premières dans les entreprises, permettre aux chauffeurs routiers de pouvoir livrer les légumes et les viandes que vous mangez dans les supermarchés.
On doit pouvoir faire fonctionner ces supermarchés. Vivre pour l'État qui a débloqué 110 milliards d'euros sans beaucoup de recettes, c'est quand même une gageure. Et nous devons travailler au niveau international pour pouvoir relancer à la fois le traitement médical contre le Covid-19 et en même temps pour pouvoir fonctionner économiquement tous ensemble. Nous posons demain des questions qui relèvent de demain.
Gérald Darmanin, le patron de la majorité à l'Assemblée, Gilles Le Gendre, a laissé entendre que la réforme des retraites était pour l'instant mise de côté. Est-ce que vous confirmez que cette retraite n'est plus à l'ordre du jour ? Je confirme
ce qu'a dit le Président de la République et le Premier Ministre. C'est que les réformes et singulièrement celles des retraites sont suspendues. Il ne m'appartient pas, je ne suis pas le Président de la République, je ne suis pas le Premier Ministre d'évoquer autre chose. La liberté de ton du Président de groupe de l'Assemblée nationale de la République en marche et son opinion est tout à fait respectable. Mais j'appartiens à un gouvernement qui applique ce que décide le Président de la République.
Donc elle reviendra dans le débat, la réforme des retraites ?
Je pense vous avoir dit de façon assez claire que le Président de la République prendra les décisions qu'il souhaitera prendre.
Merci beaucoup Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes Publics d'avoir été l'invité de France Info ce matin et merci à Renaud Deli.
Gérald Darmanin