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interviewLe Média· 8 juillet 2023

AU DELÀ DES POLÉMIQUES : ENTRETIEN POLITIQUE AVEC MÉDINE

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Je conçois les choses de façon subversive, en fait. Même l'art, si l'art ne me provoque pas de réaction, si ça ne me dérange pas, si ça ne vient pas me déranger dans mes croyances, dans mes certitudes, c'est du divertissement. J'ai l'impression que tous les gens de ma génération ont été confrontés trop rapidement à des questions d'adultes auxquelles il fallait répondre alors qu'on n'avait même pas fini notre processus individuel de construction.

J'ai dû répondre trop vite, selon moi, à des questions et ça m'a politisé. Aujourd'hui, je le relativise. Il y a une part de ces combats-là qui était trop grand pour moi et il y a une autre part que j'affronte et je me dis « de toute façon, c'est arrivé trop tôt pour moi, mais ce serait arrivé dans ma vie. » La retraite, pour moi, c'est « je vais finir en Henri Salvador à 80 piges avec une guitare sur une scène à… » Tu vois ce que je veux dire ?

C'est un peu ça dans l'esprit des artistes, mais ça n'empêche que je suis sensible à la douleur de les boueurs qui passent devant chez moi, à la douleur de ma propre mère qui est assistante maternelle, de toutes ces personnes qui gravitent autour de moi et qui vont devoir effectuer des métiers pénibles pendant tant d'années. Donc, c'est un combat qui s'impose à nous, en fait. Et la prochaine étape, c'est quoi ?

Médine, maire du Havre ? Pourquoi pas ? Tu y penses ?

J'y pense sous forme de boutade, j'en rigole dans des morceaux comme ça, mais le but, c'est pas d'être maire, le but, c'est qu'il y ait une ville de plus en plus équitable. Bienvenue sur Le Média TV. C'est avec un immense plaisir que l'on reçoit Médine pour la première de Ma France à Moi.

Ma France à Moi, c'est une émission qui retrace le parcours de grandes figures qui marquent nos luttes contemporaines et qui, osons le dire, changent la France. Médine, c'est un rappeur, producteur et militant venu tout droit du Havre. Salut Médine.

Salut. Merci d'être avec nous et d'avoir répondu présent. Avec plaisir.

Tu le sais sûrement, Le Média, en fait, c'est la première web télé de gauche indépendante et véritablement inclusive. C'est important pour nous de peser dans l'information parce que le savoir et le pouvoir passent par l'information. Ce qui m'amène à te poser une première question.

Comment est-ce que toi, tu t'informes ? Je m'informe via les réseaux sociaux essentiellement parce que je suis abonné à des comptes de médias officiels, traditionnels. Et donc, c'est Mediapart, c'est Politis, ce genre de médias-là.

Parce que j'ai l'impression qu'ils ne sont pas dans quelque chose d'hyper instantané. Ils ne sont pas dans un traitement de l'information trop rapide, à chaud, émotionnellement. Je pense que c'est dangereux, cette surinformation pour notre santé mentale, pour nos équilibres.

Voilà. Ce n'est pas utile pour moi de savoir tout à tout moment, tout instant de la journée. c'est qu'il faut traiter les informations sur des timings différents, selon moi.

Il y en a qui nécessitent d'être sus rapidement, d'autres sus dans une semaine, dans un mois, en fonction de l'enquête et de l'importance de l'information. OK. En fait, on voulait commencer l'interview en parlant de ton parcours.

Et puis, on a été vite rattrapés par une actualité, et pas des moindres. Cette semaine s'ouvre le premier procès aux Assises pour terrorisme d'extrême droite. Cinq personnes appartenant à une mouvance néo-nazie, dont un gendarme, sont accusées d'avoir voulu commettre des attentats contre des mosquées, des institutions juives, des mythiques de Jean-Luc Mélenchon, et contre toi.

Comment est-ce que toi, tu as réagi en apprenant que tu étais la cible potentielle d'un groupe extrémiste ? Ça ne m'a pas vraiment surpris, parce que moi, je suis la cible de différents groupes extrémistes depuis quelques temps. Parfois des néo-nazis, parfois des extrémistes religieux.

Du coup, je n'ai pas été plus surpris que ça. Ce qui m'a surpris, c'est de la prendre très tardivement, par voie de presse, et que je n'ai pas été contacté par les autorités pour prendre une quelconque mesure. C'est ce qui m'a un peu plus surpris.

Ah oui, tu l'as appris par la presse ? Tu n'as pas reçu un appel des autorités ? Non, je l'ai appris dans Politis, quand l'affaire a été révélée.

Alors, on a appris que Jean-Luc Mélenchon s'est constitué parti civil dans le procès. Est-ce que toi, tu penses aussi que tu vas faire ça ? Non, j'y ai pensé, j'y ai songé.

Après, j'ai consulté mes équipes d'avocates, et ils m'ont dit que ce n'est pas vraiment nécessaire. Ça ne va rien apporter, forcément, de supplémentaire à l'enquête, sachant que Jean-Luc Mélenchon et d'autres organismes visés se sont portés parti civil, eux. L'idée, c'est surtout de protéger les populations d'éventuellement de ce qui aurait pu se passer et de ce qui pourrait se reproduire, de ceux qui sympathisent avec ces idéologies-là.

Alors, il y a un gendarme dans le lot, et au-delà de la police ou de l'armée, on a le sentiment que les idées d'extrême droite, aujourd'hui, ils infiltrent un peu tous les milieux de notre société. Qu'est-ce que tu en penses de ça ? Oui, je pense qu'il y a vraiment une extrême droitisation des débats publics, une normalisation même de ces discours.

C'est le plus dangereux. Personnellement, j'en fais les frais parce que je suis un artiste, et ça fait partie des angles d'attaque de l'extrême droite, de vouloir censurer l'art, de vouloir censurer la parole artistique. Moi, me concernant, il n'y a pas un de mes concerts qui se déroule sans qu'il y ait une pétition d'élus du Rassemblement National ou de Reconquête qui se mobilise en interprétant mes textes, en les sortant de leur contexte, en essayant de me prêter des proximités avec le radicalisme, en disant que je suis à trois poignées de main d'un tel, toujours la même histoire, en fait, de faire des procès par association comme ça.

Le but, c'est d'intimider parfois les municipalités, parfois les...

C'est des méthodes, pour moi, mafieuses. C'est des méthodes de voyous. Et ça contribue, je pense, à me coller une cible dans le dos, clairement.

Et c'est ce qui fait qu'on en arrive à ce genre de menace directe sur ma personne parce qu'il y a des esprits fragiles qui sont perméables à ce genre-là de discours et qui finissent par amalgamer musulmans et djihadistes, amalgamer tout un tas de personnes dans la société et veulent s'en prendre à des gens qui font beaucoup plus pour le pays, en réalité, que ces pseudo-élus d'extrême droite qui divisent les gens. Est-ce que tu ne penses pas que les médias, ils ont aussi une responsabilité là-dedans ? Par exemple, on a des thèmes aujourd'hui qui sont repris par les éditorialistes, les journalistes.

Je pense à islamo-gauchistes, par exemple, grands remplacements, wokisme. Est-ce que c'est des termes qui ont un sens pour toi, par exemple ? Moi, j'ai longtemps été méfiant vis-à-vis des médias et j'ai parfois même eu des mauvais réflexes de globalisation.

En fait, j'ai fini par faire de certains médias ce qui me faisait, en fait, c'est-à-dire de globaliser et d'essentialiser en ne faisant pas la distinction. C'est vrai qu'il y a une normalisation, en fait, de certains discours et de certains, surtout, lexiques utilisés. Quand il s'agit de définir des catégories de personnes et mal nommer les choses, c'est rajouter au malheur du monde, comme dirait l'autre.

Donc oui, il y a forcément une part de responsabilité. Maintenant, de là à charger le monde médiatique et de le rendre seul responsable des mots de notre époque, je pense que c'est une erreur. Les plus à blâmer là-dedans, ce sont ceux qui développent ces idéologies-là.

Quand on parle de grands remplacements, ça fait référence à une idéologie qui a été développée. Donc ne pas condamner l'instigateur de cette idéologie-là et plutôt renvoyer la balle sur les médias, c'est déjà en fait une erreur. Il faut s'attaquer au problème à la racine.

Mais par exemple, récemment, on a eu le terme de décivilisation. Il a été créé par un sociologue qui a été invité à l'Élysée. Ensuite, Macron a repris ce terme-là et ensuite les médias le reprennent.

Et généralement, ensuite, une fois que le mot est installé, l'extrême droite s'en empare aussi et puis le pose sur des faits divers pour en faire une généralité. C'est la responsabilité, surtout des élus, qui manipulent ces termes. Quand on utilise un argumentaire, quand on utilise un lexique et qu'on le normalise, c'est qu'on le valide en fait.

Et on valide peut-être même les thèses qui sont cachées derrière ces termes-là. Voilà, donc moi, je suis observateur un peu de tout ça. Mon métier, c'est d'utiliser les mots, c'est de les décortiquer et c'est d'utiliser parfois même les mots offensants, les attaques et de les renvoyer contre les agresseurs.

Je passe mon temps à faire ça. Parfois, ça fonctionne. Parfois, c'est un peu moins bien compris.

J'ai utilisé les expressions comme « islamourakai ». Certains ont pensé que je m'attribuais moi-même ce titre. En réalité, c'était pour couper l'herbe sous le pied de ceux qui nous taxent d'islamourakai.

Et il y a un discours construit, il y a une démarche culturelle, il y a une volonté de faire progresser la langue française dans tout mon parcours. Et du coup, quand tu utilises les mots de l'oppresseur et que tu les retournes contre lui, ça coupe l'herbe sous le pied. Ils n'ont même plus envie d'utiliser ce terme-là et ils vont en inventer d'autres.

Parfois, c'est encore pire. Parfois, il manque d'inspire. C'est un peu mon combat aussi sémantique.

C'est d'utiliser les mots de l'agresseur et de les retourner contre lui. Mais dans un de tes textes, tu dis « j'étais là sous Giscard, je serai encore là sous Marine ». Est-ce que pour toi, l'arrivée de Marine Le Pen à l'Élysée, elle est inéluctable ?

Moi, je ne suis pas devant sur ces choses-là. Je suis un artiste, je reste à ma place d'artiste. Et bien sûr que j'ai un regard citoyen sur les questions de société.

En tout cas, si Marine n'accepte pas à la présidence en 2027, si je ne me trompe pas, je crois qu'il y a une place confortable pour ces idées, malheureusement. Il y a déjà des idées de Marine Le Pen qui sont déjà présentes à certains égards dans le gouvernement Macron. Il y a certaines idées qui ont déjà leur place de parking réservée. là-bas.

C'est ce qui me fait le plus peur, en fait. Plus que la personne en elle-même, c'est plus les idées qui sont à combattre. Alors, avant de rentrer un peu plus loin dans l'interview politique, j'aimerais qu'on parle un peu de toi.

Toi, Médine, ce n'est pas seulement ton nom d'artiste, c'est aussi celui que ton père t'a donné en hommage à son meilleur ami, je crois. L'un de ses meilleurs amis a eu une contraction avec un autre prénom qui est Mehdi. D'accord.

C'était la volonté de ma mère. Ils ont contracté les deux et ça a donné Médine. Et tu t'es fait connaître du grand public à travers des albums avec des titres à chaque fois assez éloquents et provocateurs, comme tu le disais justement.

Tu aimes provoquer avec les mots. En 2004, tu sors l'album 11 septembre, récit du 11e jour. En 2005, Djihad, le plus grand combat est contre soi-même.

Merci de préciser les sous-titres, c'est important. C'est très important, effectivement. En 2013, Proteste Song.

En 2017, Prozélite. En 2018, Storyteller. En 2020, Grand Médine.

En 2022, Made in France. Tes titres, ils résonnent toujours avec une actualité, j'ai l'impression, politique et polémique, ce qui provoque des clivages dans la société. Et d'ailleurs, tu dis souvent que c'est un peu comme un cheval de Troie, tes titres d'album. comme ça doit amener l'auditeur à aller explorer un peu plus le message qu'il y a derrière.

En quoi la provocation vient servir le combat politique ? En fait, je ne conçois pas le débat de façon platonique. Pour moi, il y a une part de subversivité dans la discussion, même dans l'esthétique de la discussion. et je vais plus prêter attention à un orateur qui mord la ligne, qui provoque son adversaire et qui va sur les sujets sensibles, les sujets borderline.

Je vais plus prêter attention à quelqu'un qui a cette attitude-là plutôt que quelqu'un qui arrondit les angles, qui essaie d'être politiquement correct surtout, qui évite les sujets. C'est une question de rapport en fait au débat et à la discussion. Je conçois les choses de façon subversive.

Même l'art, si l'art ne me provoque pas de réaction, si ça ne me dérange pas, si ça ne vient pas me déranger dans mes croyances, dans mes certitudes, c'est du divertissement. Ce n'est pas de l'art. Et je ne suis pas venu chercher du divertissement dans certaines discussions.

Donc, si tu es juste là pour me dire ce que je sais déjà, ça ne m'intéresse pas. Si par contre, on comprend que tu as un argumentaire, qu'on va sortir des sentiers battus, qu'on va aller au-delà de ce que la foule attend, là, ça ne m'intéresse plus. Donc, bien sûr que la provocation sert le débat, sert le combat, selon moi.

Ça permet d'aller plus loin que le politiquement correct. Tu as déjà débattu avec l'extrême droite d'ailleurs, je crois. Tu n'as jamais refusé de débattre avec...

À mon grand regret. C'était un peu contre mon gré. Ah oui ?

Oui. C'était organisé par Mouloud Achour de Clic TV. Oui.

Et donc, ça s'inscrivait dans un espèce de grand reportage qui devait sortir, où je rencontrais certains de mes contradicteurs pour voir ce qu'ils me reprochaient. Donc, sur le papier, c'était assez intéressant. Sauf que quand la bagarre a commencé à avoir lieu, une définition d'une clique, selon moi, c'est ça bouge quand il y a embrouille.

Oui. Et là, ça n'a pas bougé quand il y a embrouille. Ah oui, d'accord.

Du coup, on s'est retrouvé avec une vidéo contre-filmée de la part de mes détracteurs qui ont balancé ça avec le son dégueulasse. Dégueulasse, oui. J'ai été étonné quand j'ai vu cette vidéo.

Je regrette cet échange. Il est puérile, il est mesquin et il ne fait pas du tout parler. Il ne donne pas une bonne lecture de plein de choses me concernant, en tout cas.

Mais au moins, tu ne t'es pas défilé. Je ne me suis pas défilé. Moi, j'affronte toujours mes ennemis.

Je les combats jusqu'au bout dans les règles de l'art. On ne m'a jamais vu me rouler par terre avec quelqu'un pour des idées. Mais j'affronte les discussions et je pense qu'on peut encore discuter de certaines choses.

Maintenant, ma limite, ma vraie limite personnelle et là, c'est un peu contradictoire avec ce qu'on vient de dire, c'est l'extrême droite. On ne, comme dirait l'autre, on ne débat pas de recettes de cuisine avec des cannibales. Ça devient d'où, d'après toi, ce tempérament-là de combattant ?

Je fais face, en fait, à ce qui m'arrive au fur et à mesure. Oui, mais on est tous différents par rapport à la manière de faire face. à un événement ou à des choses ?

Oui, mais je n'ai pas développé de...

Je ne pense pas avoir de mentalisé le fait d'être un combattant. D'accord. J'essaie juste de ne pas me défiler.

Et en fait, aujourd'hui, dans une époque où tout est aseptisé, j'ai l'impression que juste faire face aux grandes questions, faire face aux débats, c'est suffisant à faire de toi quelqu'un qui est un combattant, un militant, etc. Moi, j'ai juste décidé de ne pas me défiler et de regarder les problèmes dans les yeux, de les affronter, de les évoquer quand il faut les évoquer, pas avec n'importe qui, encore une fois. Mais voilà, donc j'ai pas l'impression d'être un super combattant.

C'est juste, je ne me défile pas. Et c'est pas de la fausse modestie. Comment est-ce qu'il est né ton engagement au départ ?

Comment est-ce que ça a commencé ? J'ai l'impression d'avoir été politisé par les questions humanitaires. C'est surtout ces questions-là qui m'ont politisé.

Comme beaucoup de personnes se sont tournées vers la politique pour se mettre au service des autres, en fait. C'est plus les questions humanitaires, un contexte géopolitique à mon adolescence qui est, rappelons-le, post-11 septembre 2001 et tout ce que ça génère comme débat public. Donc du coup, je me suis un peu construit dans ce contexte-là et j'ai l'impression que tous les gens de ma génération ont été confrontés trop rapidement à des questions d'adultes auxquelles il fallait répondre alors qu'on n'avait pas même pas fini notre processus individuel de construction.

J'ai dû répondre trop vite, selon moi, à des questions et ça m'a politisé. Aujourd'hui, je le relativise. Il y a une part de ces combats-là qui était trop grand pour moi et il y a une autre part que j'affronte et je me dis mais de toute façon, c'est arrivé trop tôt pour moi mais ce serait arrivé dans ma vie.

Voilà. C'est comme mes questions, tu vois, de vouloir censurer ma liberté d'expression parce que je suis frontal, parce que j'ai une voix qui s'élève. j'ai l'impression que si moi je ne mène pas ce combat-là, d'autres artistes derrière moi et quand bien même ils ne sont pas musulmans, ils ne sont pas issus de l'immigration ni des quartiers, vont subir les mêmes mécanismes et les mêmes problématiques.

Donc il y a comme une espèce de mission qui vient se rajouter à cette conscientisation. Alors, tu as toujours quand même été de tous les combats. On connaît ton engagement en faveur des luttes anticoloniales.

Je pense notamment à des textes forts sur la Palestine et l'Algérie. Aujourd'hui, tu te distingues par ton investissement dans la lutte contre la réforme des retraites et c'est là que tu crées aussi la surprise pour ceux qui seraient tentés d'enfermer les rappeurs dans des cases. Pourquoi est-ce que tu as choisi ce combat ?

Je n'ai pas choisi ce combat, c'est ce combat qui nous a choisis. C'est la violence et la virulence avec laquelle cette réforme a été imposée. Cette façon de 49-3-iser les choses et de renvoyer les populations à leur quotidien et en leur disant on va modifier vos vies pour des générations.

Et c'est cette violence-là qui me blesse, qui m'interpelle aussi sur la classe laborieuse, sur comment la classe laborieuse est renvoyée et n'a pas possibilité de se sortir de sa propre condition. clairement en fait on maintient les gens sous l'eau et j'y suis sensible parce que j'ai des gens autour de moi qui sont proches de la retraite et qui sont concernés par ça. Je vois la difficulté de leur métier et me concernant ça me paraît loin parce que je fais un métier passion comme on dit et du coup j'ai toujours une espèce de distance avec la retraite. pour moi c'est je vais finir Henri Salvador à 80 piges avec une guitare sur une scène tu vois ce que je veux dire c'est un peu ça dans l'esprit des artistes mais ça n'empêche que je suis sensible en fait à la douleur de les boueurs qui passent devant chez moi à la douleur de ma propre mère qui est assistante maternelle de toutes ces personnes qui gravitent autour de moi et qui vont devoir effectuer des métiers pénibles pendant tant d'années donc c'est un combat qui s'impose à nous en fait et le sans comment dire le refuser ou plutôt il tourner le dos ou plutôt faire comme s'il rien n'était parce que ça c'est un peu le propre des artistes tu sais de ne pas trop s'exprimer parce que je risque de froisser une partie de mon public qui eux sont plus en faveur du bail tu vois et ça c'est une forme de lâcheté en quelque sorte même si je peux comprendre les mécanismes d'un système qui t'empêche de t'exprimer totalement t'es là pour divertir t'es un artiste fais ton métier et on n'en parle plus je pourrais le faire en tant qu'artiste maintenant en tant que citoyen je ne peux pas en fait en tant qu'être humain je ne peux pas détourner le regard d'une violence qui est en train de se dérouler devant moi et faire semblant de rien dire juste pour préserver mon petit commerce c'est une forme de lâcheté ce qui est d'autant plus choquant c'est que Macron a dit pendant le Covid il ne faudra pas oublier celles et ceux qui font tant pendant le Covid c'était les éboueurs si tu t'arrêtes cette lâcheté là de la part de Macron je pense qu'il y a moyen de remplir la bibliothèque qui est derrière des paroles de manquement comme ça qu'est-ce que t'en penses toi d'ailleurs de la Macronie là on a eu 5 ans de Macronie c'est un peu large comme question mais ça s'est imposé à nous encore une fois ça fait plusieurs années qu'on n'a plus le choix dans les urnes que de faire barrage à l'extrême droite de faire les castors et de bloquer l'extrême droite c'est difficile mais on se retrouve dans les derniers tours toujours de cette façon là et pour moi l'urgence c'était encore une fois de bloquer Marine Le Pen parce que les idées d'extrême droite se matérialisent dans la réalité comme en début de conversation comme tu l'as cité il y a des gens qui sont violents au point de vouloir séparer la France par les armes au point de vouloir séparer la France par la violence et donc le débat n'est plus possible la discussion n'est plus possible donc je préfère la peste que le choléra parce que il y a une façon de dialoguer encore on va pas être encore dans tu vois ce que je veux dire en fait même si l'histoire me donne tort le 49-3 c'est une forme de violence l'imposition de force de la réforme des retraites est une forme de violence même si elle n'est pas frontale ce que je veux dire c'est qu'il y a des degrés de violence il y a une violence qui reste symbolique ça ne veut pas dire qu'elle n'est pas elle n'est pas virulente et il y a une forme de violence qui se matérialise dans le quotidien une forme de violence qui peut atteindre les gens dans leur intégrité physique et pour moi à l'extrême droite ils ont déjà passé ce cap depuis longtemps moi j'ai le sentiment que ton engagement aujourd'hui il a pris une dimension un peu plus locale tu t'es rendu à la raffinerie de Total Energy de Normandie pour afficher ton soutien aux grévistes tu as organisé un concert pour contrer la fête de la nation organisée le 1er mai au Havre par le Rassemblement National c'est pas commun de voir un artiste de ton envergure se mobiliser à ce point dans sa région est-ce que c'est une façon pour toi de dire que le meilleur levier en politique ça reste le local mais en fait avant même d'avoir des contractions comme celle-ci d'être sur des piquets de grève ou de manifester quand il y a la présence de l'extrême droite dans ma ville moi j'ai une autre action qui est plus proactive je suis président d'associations sportives je me rends disponible auprès des institutrices de l'école de mes enfants quand ils ont besoin de faire valoir leurs conditions quand il y a des actions en lien avec les étudiants et l'espèce de précarité de ces étudiants et tenter de trouver des solutions je m'associe à ces actions là oui localement c'est c'est un espèce de terrain qui te permet d'être utile directement parce que tu as un ancrage tu as une légitimité à travailler davantage sur ton territoire plutôt que d'aller à un autre endroit en France d'abord il y a mon territoire qui a des problématiques et je serais contradictoire si j'allais donner de la force à d'autres endroits alors que l'endroit où est-ce que je vis est négligé en quelque sorte donc oui ce militantisme local il est surtout positif pour moi il est proactif et il n'est pas du tout en réaction je ne me mobilise pas que quand Marine Le Pen vient au Havre ou que quand il faut qu'il y ait un piqué de grève à cet endroit là je suis mobilisé constamment localement et la prochaine étape c'est quoi Médine mer du Havre pourquoi pas tu y penses ? j'y pense sous forme de boutade j'en rigole dans des morceaux comme ça mais le but ce n'est pas d'être maire le but c'est qu'il y ait une ville de plus en plus équitable qu'il y ait toutes les zones dans cette ville qui soit qui ait accès à l'éducation qui ait de la même façon que dans le centre-ville par exemple que toute la ville soit bien desservie qu'il y ait une forme de justice sociale pour tout le monde le but ce n'est pas d'être maire c'est de s'associer aux dynamiques qui veulent faire en sorte de maintenir la ville du Havre comme une ville de justice justice sociale pour tous alors tu étais à Montreuil il y a quelques semaines à la parole errante où tu as donné un concert incroyable à l'occasion du week-end international antifasciste organisé par l'action antifasciste Paris-Banlieue 10 ans après le meurtre de Clément Méric Clément Méric il représente quoi pour toi ?

Clément Méric c'est la matérialisation de la violence de l'extrême droite et jusqu'où ça peut aller en fait c'est vraiment le c'est le symbole que le combat contre l'extrême droite commence commence j'allais dire n'est pas terminé mais commence sa mort doit donner du sens à tout ce combat antifasciste qui est mené depuis longtemps par les collectifs antifa à travers la France mais à travers le monde aussi et qu'on fait vraiment face à une menace qui est virulente qui est violente encore une fois je le rappelle il n'y a pas un de mes concerts qui n'est pas chahuté par des militants d'extrême droite parfois même par des groupuscules je viens d'apprendre et en plus c'est un monde qui est très très poreux avec avec le monde politique d'extrême droite je viens d'apprendre récemment que mon concert à Albi a été chahuté par un groupuscule d'extrême droite qui s'appelle Patria Albigès et dans ce groupe l'un des membres qui est actif qui a été arrêté récemment pour affichage sauvage c'est l'un des fils du député Cabrolier du Tarn d'extrême droite du rassemblement national donc il y a une porosité entre ces mondes qui est urgent et il faut se rendre compte et le combat antifa n'a jamais été aussi nécessaire que maintenant c'est pour ça que je m'y associe c'est pour ça qu'on a célébré l'anniversaire le triste anniversaire de la mort de Clément Méric pour se rappeler dans quelles conditions il est mort de quelles mains il a été tué par quelle idéologie en fait il a été tué pour mieux appréhender le combat antifasciste actuel est-ce que là durant cette année très chargé politiquement avec cette réforme des retraites t'as croisé aussi une jeunesse qui t'a paru un peu plus engagée un peu plus consciente est-ce que toi tu penses que t'as participé d'une certaine manière à cette conscientisation à travers tes textes et ton rap j'imagine que comme d'autres artistes j'ai mis l'accent sur plein de sujets j'ai sensibilisé comme moi je me suis aussi politisé par le biais d'autres artistes Akhenaton m'a politisé Kerry James m'a politisé sur plein de sujets j'imagine que certaines personnes se politisent à travers mes albums mais c'est pas plus mal en fait pour moi je passe le flambeau en fait donc est-ce que je rencontre une jeunesse plus consciente des préoccupations de cette époque-là oui clairement sur des questions d'écologie sur des questions d'égalité sur les questions du racisme sur les questions de la liberté d'expression je constate que les jeunes sont vraiment affûtés et je crois que ça va se matérialiser dans les prochaines élections européennes j'espère aussi de toute façon c'est de cette façon-là que l'on se rend vraiment compte de comment bougent les populations comment comment les digues se reforment entre les entre les courants politiques parce qu'il y a des digues qui ont totalement sauté la digue droite extrême droite il y a des élus et des militants qui la grignotent tous les jours au point de la faire disparaître et il y en a d'autres qui justement surtout à gauche où les idées se nuancent se réaffirment et du coup il y a une espèce de digue qui est en train de se recréer pour bien délimiter les courants de politique et je crois que les jeunes sont de plus en plus affûtés sur ces questions et paradoxalement on a l'impression pour revenir un peu dans le milieu de la musique et du divertissement que le rap a jamais été aussi peu je ne sais pas en dire conscientisé mais aussi peu revendicateur ou porteur de messages ça c'est une fausse croyance pour moi ouais je pense que la revendication a pris une autre forme elle n'est plus aussi frontale qu'à l'époque du rap dit conscient etc la revendication est différente il y a certains artistes qui vont s'associer à des militants et qui vont donner qui vont donner de leur voix à ce moment là et qui vont servir de porte voix pour une action précise tu as d'autres artistes qui vont être plus frontales dans leurs morceaux pour moi c'est un peu une fausse croyance Aurel San fait partie des gens qui évoquent les sujets les plus actuels en matière sociétale Nekfeu est dans les manifestations tu vois et montre qu'il a une démarche militante au delà de sa démarche artistique mais paradoxalement c'est peut-être eux qui ont subi dans leur vie je sais pas je connais pas leur parcours mais le moins de pression je pense qu'Aurel San est assez légitime sur les questions de liberté d'expression il a subi quand même des campagnes assez virulentes le concernant c'est vrai déjà et après pour moi il faut pas qu'on comment dire qu'on fasse dans le militantisme une espèce de compte d'apothicaires et un espèce de tri de savoir qui est légitime et qui ne l'est pas je te prends un exemple dans un autre domaine pour qu'on comprenne un peu ce qui est symptomatique dans le rap Omar Sy Omar Sy c'est un humoriste et tout ce qu'il y a de plus populaire avec des titres et des films ultra populaires Omar Sy il ne s'exprime pas sur les questions les plus complexes de notre époque dès le début de sa carrière dès le milieu de sa carrière Omar Sy travaille fait son travail d'artiste ce pour quoi il est fait et un jour il s'empare d'un sujet qui est la reconnaissance des tirailleurs sénégalais et il le valorise à l'image mais il le valorise aussi dans les discussions dans les débats il ne fuit pas les discussions il ne fuit pas les débats il porte vraiment le combat des tirailleurs sénégalais et de leur reconnaissance Omar Sy il aurait pu s'en passer en réalité et ça arrive à un moment de sa carrière où on se dit mais peut-être t'es tellement loin frérot tu vas te mettre dans un bourbis avec ça non ça fait partie des choses qu'il a remisé je pense dans son esprit et qu'il décide de le faire à un instant T parce qu'il y a une temporalité qui permet d'exprimer ça de façon plus apaisée et lui il a plus de maturité à évoquer ces sujets là je crois que les rappeurs c'est la même chose il faut laisser le temps au temps il y a des gens qui vont certainement s'exprimer sur des sujets dans une autre temporalité on n'a pas besoin que tout le monde s'exprime sur tous les sujets à ce moment là et je pense que leur demander de s'exprimer c'est nous les fautifs c'est nous qui cherchons absolument à cliver les gens est-ce que je vais continuer à écouter ta musique si tu penses pas comme moi je trouve que c'est un manque d'ouverture c'est un manque de nuance est-ce qu'il n'y a pas une question d'indépendance aussi via les labels les maisons de disques certainement certainement et puis le rap est de plus en plus indépendant le rap n'a jamais été aussi indépendant aujourd'hui il y a une liberté toi tu es indépendant ? moi je suis indépendant même si je passe par des distributeurs le modèle le plus bankable et sexy du moment dans le rap c'est ce fameux deal de distrib et on reste assez maître de nos paroles de nos propos dans cette économie là donc maintenant je pense qu'il faut laisser le temps au temps la maturité des idées la maturité des hommes qu'ils prennent conscience qu'il y a des questions qu'il ne faut plus fuir qu'il ne faut pas fuir et c'est notre rôle à tous en fait journalistes artistes sportifs de sensibiliser et de ne pas fuir ces discussions là c'est des discussions périlleuses pour moi aussi je me mets en danger en fait à évoquer tout un tas de sujets je pourrais simplement me cantonner de parler de la légèreté de la vie et de parler de ma musique et non j'évoque pas tout ça mais je décide de le faire parce que je sens qu'il y a une urgence actuelle sur toutes ces questions là peut-être que d'autres rappeurs qui vont voir cette discussion vont se dire mais c'est vrai que sur ce sujet là moi je pourrais m'exprimer de façon artistique ou même dans une discussion avec un autre journaliste je pourrais rajouter à ce combat là pour converger un peu plus je pense que c'est vraiment chacun fait sa part ce qui est bien avec toi c'est qu'on a l'impression que t'es jamais un donneur de leçons mais que t'essayes de montrer par l'exemple j'aime pas les donneurs de leçons j'ai pas envie d'en être un qu'est-ce que ça t'a coûté toi ton quand même cet engagement d'artiste militant ça me coûte peut-être d'être d'être le français le français le plus préféré c'est ça non la personnalité préférée des français parce que quand tu évoques autant de sujets aussi clivants forcément tu crées du clivage il y a il y a ceux qui qui sont pour t'as ceux qui sont contre t'as ceux qui observent et du coup en termes marketing c'est pas très bankable en vrai je passe mon temps à me remettre en question à remettre en question mes auditeurs à dire mais est-ce qu'on n'est pas dans le faux là tu vois ce que je veux dire c'est un peu déstabilisant mais j'ai fait un pari au début de ma carrière et j'ai l'impression que c'est ce qui me maintient c'est le choix de la sincérité d'être sincère quand moi je suis en phase avec des idées j'essaie de les défendre quand je suis plus en phase avec ces idées je rappelle que vous voyez les idées d'avant reboot on passe à autre chose moi maintenant vous faites ce que vous voulez je vous dis juste que je trouve qu'il y a suffisamment d'éléments pour avancer sur cette question là peut-être même être contradictoire avec la question d'avant faire le choix de la sincérité pour moi c'est clivant ça me coûte mais je kiffe tellement ça en fait est-ce que c'est pas ça le plus beau dans la vie c'est d'avoir cette capacité à pouvoir vivre c'est une liberté incroyable je me sens pas enfermé dans des postures je me sens pas enfermé dans des représentations et ça me donne une liberté ça peut paraître incohérent je peux le concevoir d'un point de vue extérieur de gens qui t'ont écouté en 2004 puis qui reviennent aujourd'hui qui se disent mais il a totalement changé le gava là ça peut paraître incohérent mais pour moi il faut prendre l'histoire dans son ensemble et les hommes ne sont pas figés à un moment donné tu penses A puis tu penses B puis tu recontestes le A puis tu le reconsidères voilà est-ce que tu penses que on voit bien que ta famille c'est aussi un peu ton refuge c'est un endroit totalement est-ce que tu penses que la famille c'est politique c'est politique tu dis dans une chanson par exemple faire des enfants forts pour ne pas réparer des adultes cassés est-ce que c'est politique je crois qu'il n'y a rien de plus sociologique qu'une famille en fait il n'y a rien de plus déterminant qu'une famille c'est vraiment la cellule dans laquelle les individus se construisent donc les citoyens donc les militants donc les qui que ce soit donc les artistes c'est l'antichambre de du monde politique en vrai il n'y a rien de plus politique que la famille après là ça peut paraître comment dire effrayant ce que ce qu'on est en train de dire parce que ça pourrait tout de suite donner l'impression qu'on politise les enfants ce genre de choses non au contraire moi je pense qu'il faut que les enfants mènent leur enfance de façon complète et de ne pas les polluer avec des idées d'adultes trop rapidement dans leur esprit le monde va s'imposer à eux ultra rapidement nous ce qu'on peut donner c'est des outils des armes de distanciation d'être sarcastique sur des questions le monde est tellement dur pour moi le monde est méchant comme dirait l'autre qu'il faut des outils très rapidement il faut un panel d'émotions pour pouvoir classer ces attaques ces brimades ces vexations ces stigmatisations comme ça tu sais où les ranger dans ton esprit tu dis ça c'est important ça c'est pas important ça est-ce que je vais me construire individuellement à travers la critique qu'il vient de me faire oh Zinik sa mère lui frérot je regarde ça là il est éteint donc tu vois ce que je veux dire c'est donner ces outils là aux enfants sans les politiser leur donner des idéologies les abreuver de quelque chose de métaphysique tu vois ce que je veux dire c'est vraiment leur donner juste les outils et les gars vous inquiétez pas le monde va vous attaquer mais sauf que vous vous allez être préparé pour conclure ce premier numéro de Ma France à moi est-ce que tu peux nous dire à quoi elle ressemble ta France à toi Ma France à moi c'est un peu comme comme le bistrot de Renault le bistrot préféré quelque part dans les cieux t'as la ref ouais je suis content que t'as la ref c'est vraiment ouais c'est Brassin c'est Brel c'est Ferré c'est Renault c'est PNL c'est moi j'ai pas envie de me name dropper mais c'est Aurel Sahan c'est c'est c'est Zinedine Zidane c'est ça en fait et puis c'est surtout le casting que je suis en train de réunir dans un formidable podcast qui s'appelle Made in France et justement je passe mon temps à rencontrer des interlocuteurs pour savoir quel a été eux leur porte d'entrée dans la France comment ils s'enracinent français comment ils se sentent vibrés français donc je rencontre plein d'interlocuteurs qui vont de Joystar à Rockaya Diallo en passant par Walidia Rachid Benzine moi ce que j'aime c'est que j'ai toujours eu à plaire à des gens qui n'avaient pas les codes de la musique classique et ça c'est la plus grande chance que j'ai eu de ma vie parce que du coup j'ai jamais cherché à me construire en fonction d'un regard élitiste ou en fonction d'un regard savant j'ai toujours eu à me construire en fonction d'un regard émotionnel et c'est une façon de démultiplier les portes d'entrée dans la France pour s'enraciner et ne plus se définir à travers les injonctions français de papier ou français de sang ou français de sol ou t'es musulman avant d'être français les lois de la république en dessous des lois de ta foi j'ai plus envie de répondre à ces questions là donc je suis français comme les invités de mon podcast et comme le bistrot préféré de Renaud bon merci beaucoup Médine de nous avoir offert du temps d'échange fort mobilisateur à mon tour de t'offrir un petit cadeau ah oui à lire ce livre merci tu peux le regarder si tu veux tu peux l'ouvrir c'est le cantique des oiseaux c'est un recueil de poèmes écrit en persan à la fin du 12ème siècle je sais pas si tu le connais c'est moi un choc d'arracher le beau papier parce qu'il est magnifique tu disais le cantique des oiseaux ouais le cantique des oiseaux c'est un recueil de poèmes ok voilà je voulais t'offrir ce livre merci beaucoup ça fait hyper intelligent tu vois plus de lire des poèmes au bord de la mer au Havre là je vais tellement passer pour un mec smart je vais piquer des idées et il y aura des passages dans mon prochain album merci en tout cas avec plaisir merci l'équipe merci beaucoup avec plaisir c'est un recueil de poèmes