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interviewRMC· 31 janvier 2024 20 min

🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Catherine Vautrin sur RMC

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Catherine Vautrin

C'est SMIC à rediser le travail, c'est vous qui allez devoir vous en occuper. Un Français sur cinq aujourd'hui qui est payé au SMIC, débloquer la situation, très bien, mais par le haut ou par le bas ?

0:10
Présentateur

Évidemment par le haut. La volonté du Premier ministre et du gouvernement, c'est de montrer que l'émancipation se fait par le travail. Et ce que l'on voit, c'est que depuis des années dans notre pays, on tourne toujours en fait avec cette notion de SMIC. Et ce que l'on voit, c'est que quelqu'un qui est au SMIC aujourd'hui, c'est-à-dire quelqu'un qui a 1398 euros, si on veut l'augmenter de 100 euros, en réalité ça coûte 260 euros à l'entreprise. Et lui, quand on a retiré la part de primes d'activité, la part de CSG, son solde net, c'est 45 euros. Donc on voit bien que finalement, pour une somme qui au départ paraît intéressante, le résultat n'est pas au rendez-vous.

0:47
Catherine Vautrin

Donc il faut rendre les choses plus intéressantes ? Oui. Mais est-ce que ça veut dire qu'au fond, le problème même, c'est le SMIC ?

0:53
Présentateur

Alors il faut regarder trois choses, si vous me permettez. La première, c'est celle que je viens de dire, c'est-à-dire que le gain net soit plus intéressant. Le deuxième élément, c'est de s'assurer que tout le monde soit au moins au SMIC. Et ça, c'est le... C'est toujours pas le cas. C'est ce que le Premier ministre a dit hier. On a aujourd'hui au sein des branches des activités dans lesquelles il y a du retard. Et à chaque fois qu'on augmente le SMIC, on reprend un retard. Et dans la négociation des partenaires sociaux actuellement, il y a un document qui s'appelle l'index, qui a pour objectif de vérifier cela et de s'assurer que cette progression se fait. Ça, c'est le deuxième élément.

1:27
Catherine Vautrin

On va y revenir et je voudrais que vous le décliniez dans un instant mal.

1:29
Présentateur

C'est tout à fait important. Et le troisième élément, c'est ceux qui sont juste au-dessus du SMIC. Parce que ceux-là, c'est ce qu'ils s'appellent les Français moyens, qui étaient juste au-dessus. Depuis 2021, le SMIC a augmenté cette fois. Et donc les a rattrapés ? Et les a complètement rattrapés. C'est-à-dire que quand certains, ceux qui sont au SMIC, ont eu depuis 2021 13,5% d'augmentation, les autres, ils sont à 4%. Et c'est ces Français qui vous disent, moi, c'est simple, quand il s'agit d'être aidé, je gagne toujours trop. Quand il s'agit de pouvoir ne pas compter, je ne suis pas au rendez-vous parce que tous les mois, je suis obligée de compter. Et pourtant, je bosse.

Et pourtant, je fais tout ce qu'il faut pour m'assumer, assumer ma famille.

2:07
Catherine Vautrin

Mais pour l'instant, Catherine Vautrin, vous en restez surtout au constat. Moi, je voudrais savoir quels vont être les outils que vous allez mettre en œuvre. Je vous repose la question parce qu'au fond, on a presque l'impression, en vous entendant, que le SMIC, qui devait être un outil, est devenu un handicap. Est-ce que quand Jean-Luc Mélenchon dit qu'ils vont finalement supprimer le SMIC, c'est comme ça qu'il a entendu le discours de Gabriel Attal, quand Manuel Bompard dit qu'il s'attaque au SMIC, est-ce qu'il n'y a pas un peu de ça ? Est-ce qu'au fond, vous ne vous dites pas qu'il faut libérer et supprimer cette notion même de SMIC ?

2:39
Présentateur

Le SMIC, c'est une garantie pour nos concitoyens d'un salaire minimum. C'est d'ailleurs dans son titre. La volonté aujourd'hui, c'est de permettre à nos concitoyens de progresser. Qui n'a pas envie, dès lors qu'ils travaillent, de voir son revenu progresser ? En d'autres termes, le sujet, c'est d'aider à montrer que le travail génère du revenu. Et pour ce faire... Mais est-ce que vous envisagez de supprimer le SMIC ? Pas du tout. Et pour revenir sur le sujet très précisément, c'est de regarder quelles sont finalement ces charges. L'exemple que je viens de vous donner, l'exemple de ces charges qui, quelque part, viennent immédiatement retirer l'effet net de l'augmentation de salaire.

Et de l'autre côté, pour celles et ceux qui sont juste au-dessus, c'est de regarder, c'est de l'enveloppe qui a été annoncée hier de 2 milliards d'euros. Comment nous allons pouvoir travailler avec des experts, auditionner les uns et les autres pour faire une baisse d'impôts spécifique pour cette catégorie juste au-dessus. De façon à la laisser effectivement au-dessus, de façon à ce que le travail soit effectivement un outil d'émancipation.

3:41
Catherine Vautrin

Vous avez parlé de ces branches qui, encore aujourd'hui, commencent leur grille de salaire en dessous du SMIC. C'est normalement interdit. J'ai l'impression que ça fait même des mois que ministre après ministre vous dites « il n'en est plus question, il faut que ça remonte ». C'est toujours pas le cas. Quel va être l'outil contraignant ? Est-ce qu'à un moment, vous allez leur dire « écoutez, si c'est pas le cas, on vous retire telle ou telle aide, on vous impose, on vous taxe ». Quel est l'outil contraignant ?

4:03
Présentateur

Alors l'outil, il est européen. Il y a une disposition européenne qui a été votée et la France doit la transposer. Le sujet, c'est que la France, normalement, doit la transposer avant 2026. L'engagement du gouvernement, c'est que nous le fassions cette année, c'est-à-dire au 1er janvier 2025 que nous ayons transposé. Pourquoi ? Parce que quand on transpose, derrière on peut contrôler. Le seul moyen de réussir à voir comment effectivement la progression se fait, c'est d'être en capacité de contrôler. Et cette progression, elle doit être regardée régulièrement parce que… C'est quel métier ? On parle de quel métier ? Il y a 102 métiers concernés aujourd'hui.

102 métiers où la grille de salaire commence en dessous du SMIC. Et pourquoi est-ce qu'il y en a 102 au moment où je vous parle ? Parce que dès que vous avez une augmentation du SMIC, automatiquement… Ça passe, ça les dépasse. Ça les dépasse. Et c'est ça le sujet.

4:52
Catherine Vautrin

Vous allez donc, vous l'avez dit, ne pas tirer vers le bas, mais tirer vers le haut. Malgré tout, on entend aussi que ce que vous voulez, c'est distinguer davantage, qu'il y ait une plus grande différence entre ceux qui sont pillés au SMIC, et il y en aura toujours, et ceux qui devraient avoir des bas salaires qui remontent. Il y aura donc forcément certains qui vont être bloqués en bas et d'autres qui vont être remontés vers le haut.

5:16
Présentateur

L'objectif, c'est de regarder le travail dans sa globalité. Et c'est notamment de regarder l'employabilité tout au long de la vie. Parce que, premièrement, aujourd'hui, quand vous êtes à 7% de chômage, la question, c'est comment nous amenons celles et ceux qui sont le plus loin de l'emploi. La réponse à ça, c'est la formation. C'est France Travail qui a été mis en place et qui déjà s'adresse aux bénéficiaires de l'URSA. Il y a une expérimentation actuellement dans 18 départements. L'objectif, ça a été annoncé hier, c'est de généraliser au 1er janvier 2025. Ça veut dire qu'au 1er janvier 2025, tous ceux qui sont allocataires du RSA devront travailler 15 à 20 heures ?

C'est d'accompagner toutes celles et ceux qui sont au RSA. Pourquoi ? Parce que personne ne choisit d'être au RSA par plaisir. Donc toute la question, c'est comment on les aide à être formés parce qu'il y a aujourd'hui dans notre pays des emplois qui ne sont pas pourvus. Dans le secteur dont j'ai la responsabilité, qui est celui des métiers de l'humain, que vous preniez le sujet des crèches, que vous preniez à l'autre bout le sujet de l'accompagnement des personnes âgées, pour prendre ces deux exemples. Ce sont des domaines dans lesquels nous avons des emplois à pourvoir. La question, c'est comment nous sommes en capacité de former quand on dit que, si je prends un autre exemple...

6:25
Catherine Vautrin

Mais on ne peut pas s'improviser. Pardon, j'essaye d'imaginer, mais en fait ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que les allocataires du RSA, qui, comme vous le dites, n'ont jamais choisi de rester bloqués au RSA, donc ça veut dire qu'ils ont eu un certain nombre de propositions de job et que ça ne s'est pas passé ou que ça n'a pas fonctionné, ils vont pouvoir s'improviser, je ne sais pas, être dans les crèches ou être dans les hôpitaux ?

6:44
Présentateur

Ils ne vont pas du tout s'improviser. Le sujet, c'est de regarder avec eux quelle est leur situation, parce que souvent, je vais vous donner un exemple très concret. J'étais à Partenay, il y a huit jours, dans une crèche tout à fait particulière, puisque c'est une crèche qui, sur 50 berceaux, en a 12 réservées à des publics en insertion. J'ai rencontré une dame, cette dame a un bébé. Son premier sujet, c'était « moi, je ne peux pas chercher de boulot parce que je n'ai pas de solution de garde ». Première chose qui a été faite avec elle, c'est de l'accompagner sur la prise en charge de son enfant.

Et derrière, de travailler avec elle sur ce qu'elle avait envie de faire, donc faire le point sur sa situation.

7:20
Catherine Vautrin

Donc les 15-20 heures dont vous parlez, ce sera plutôt 15-20 heures de formation.

7:24
Présentateur

Exactement, et donc je continue mon exemple. On l'a donc accompagnée pour qu'elle ait une formation, et elle s'engage vers les métiers de la petite enfance. Et donc, l'intérêt de France Travail, c'est que d'une situation, chaque personne a une situation particulière. C'est non seulement de donner une formation, mais c'est également de faire le bilan de la situation de la personne pour l'aider à aller vers l'emploi avec une formation. Et donc, vous le voyez, c'est une approche très complète qui, derrière, augmente l'employabilité.

7:51
Catherine Vautrin

Les 102 branches dont vous parliez, qui commencent leur grille de salaire en dessous du SMIC, s'ils ne jouent pas le jeu, est-ce que vous supprimerez les exonérations de charges sur les bas salaires pour eux ? Est-ce qu'il y aura une contrainte ?

8:03
Présentateur

Je pense qu'aujourd'hui, on va déjà transposer et mettre en place. Vous savez que ça, nous ne le faisons pas tout seuls. Nous travaillons évidemment avec les partenaires sociaux sur un sujet comme celui-là. Oui, mais quand Gabriel Attal dit hier,

8:15
Catherine Vautrin

vouloir, je cite, agir résolument et n'exclure, je cite encore, aucune mesure pour y parvenir. C'est quoi ces mesures ?

8:22
Présentateur

Mais c'est très concrètement, déjà, de voir branche par branche où on en est, pourquoi est-ce que ça n'a pas été fait, et comment, le plus rapidement possible, on respecte la loi.

8:32
Catherine Vautrin

Vous pensez que ça peut se faire dans la bonne volonté ? J'ai l'impression que ça fait des mois qu'on nous dit ça, et que pour autant, ces salaires restent très bas.

8:39
Présentateur

Non, ça ne fait pas des mois qu'on dit ça, puisque c'est une transposition, et que la France prend la responsabilité de transposer avant même la date du droit.

8:45
Catherine Vautrin

Oui, mais vous auriez peut-être espéré que ces branches, d'elles-mêmes, parce qu'on en parle depuis très longtemps, fassent remonter leur bas salaire.

8:52
Présentateur

Ce qu'il faut regarder, c'est qu'en fait, à chaque augmentation, vous avez des branches qui sont attrapées. L'idée, c'est de les inciter à aller plus vite et à suivre le mouvement dans les meilleures conditions. Mais ça peut marcher par l'incitation plutôt que par la contrainte ? Les deux, moi j'oserais dire que la confiance n'exclue pas le contrôle, et les deux me paraissent importants.

9:09
Catherine Vautrin

Pour que le travail paye mieux, et toujours plus que l'inactivité partout et pour tous, voilà la formule de Gabriel Attal hier, vous avez évoqué cet allègement d'impôts, 2 milliards pour les classes moyennes.

9:19
Présentateur

Concrètement, ça peut vouloir dire combien par foyer ? Je viens de vous expliquer que pour l'instant, on avait un groupe de travail qui est en train d'auditionner, de mettre en place. Donc laissons-les travailler, et dès qu'on aura les résultats, on les exprimera.

9:32
Catherine Vautrin

Mais ça veut dire que vous avez décidé de l'enveloppe globale avant même de savoir comment elle se déclinera.

9:35
Présentateur

Vous êtes juste consciente qu'il y a un petit sujet de finances publiques dans notre pays, qui fait qu'il est quand même... C'est pourquoi on a envie de comprendre comment ça va marcher. Et c'est pour ça qu'il est absolument indispensable de donner un élément sur quel est le budget disponible, et ensuite de décliner les dispositifs qui vont nous permettre d'avancer. Mais je répète qu'à chaque fois, d'où le lien entre le travail et sa rémunération, à chaque fois que quelqu'un reprend un travail, vous redonnez une capacité à accompagner.

Le sujet de notre pays, c'est comment nous sommes capables de créer de la richesse pour derrière avoir la capacité de redistribuer vers celles et ceux qui en ont besoin.

10:09
Catherine Vautrin

Il a d'ailleurs précisé, il me semble, le Premier ministre, que ce serait financé par la solidarité nationale. Ça veut dire que ce sera quand même compensé par autre chose ?

10:17
Présentateur

Aujourd'hui, le premier sujet, c'est d'avoir la capacité de créer cette richesse pour la redistribuer. C'est la ligne de crête absolument majeure. On s'émancipe par le travail. Mais c'est vrai que ça veut dire qu'on a quand même un peu l'impression quand on écoute ça que ça va être un peu un jeu de... Je pense qu'aujourd'hui, et nos concitoyens le savent, la situation financière du pays fait que nous avons à être extrêmement vigilants sur le déficit public. Et un des éléments de participer à la réduction du déficit public, c'est très concrètement que chacun prenne sa part. Et c'est toute la force du travail dans le pays.

10:49
Catherine Vautrin

L'assouplissement du logement social au bénéfice des classes moyennes, ça veut dire quoi et pour qui ? Est-ce que ça veut dire que dans la crise du logement actuel, lorsque l'on a des professeurs, du personnel soignant, qui parfois ont beaucoup de mal à se loger et à se loger près de leur travail,

11:06
Présentateur

ils seront prioritaires désormais ? C'est absolument indispensable. Prenez un exemple, celui de l'hôpital. Une infirmière, si elle ne peut pas se loger, elle ne va pas prendre le job. C'est aussi simple que ça. Et donc, clairement, il y a des métiers dont la proximité par rapport au logement est absolument indispensable.

11:23
Catherine Vautrin

Vous allez leur donner une priorité sur ce logement social ?

11:26
Présentateur

Aujourd'hui, vous avez déjà un début puisque vous avez ce qu'on appelle les contingents préfectoraux avec des métiers essentiels. L'idée, c'est de continuer à avancer sur le sujet et d'avoir une capacité pour l'ensemble de ces emplois à pouvoir se loger.

11:41
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, vous êtes non seulement la ministre du Travail et des Solidarités, mais vous êtes aussi la ministre de la Santé. Je voudrais que vous écoutiez le témoignage de la maman de Lucas. Lucas, son cas est terriblement emblématique. Il avait 25 ans. Il est mort d'une septicémie aux urgences de l'hôpital d'hier, dans le Var. Il avait passé 8 heures à agoniser dans un couloir des urgences sans être véritablement ausculté. Ses parents, qui étaient à l'extérieur de l'hôpital, n'ont même pas pu rentrer. Ils leur envoyaient des SMS en disant « Horrible maman, horrible, je n'ai toujours vu personne ».

D'autres, d'ailleurs, patients qui étaient également dans ces couloirs d'urgence, ont raconté son calvaire, ont raconté avoir vu Damien mourir en quelques heures sans être véritablement ausculté. Je voudrais que vous l'écoutiez parce qu'elle vous a écrit, mais pour l'instant, vous ne lui aviez pas répondu. Écoutez.

12:32
Locuteur non identifié

On se rend compte aujourd'hui que c'est une affaire qui est beaucoup plus grande que seulement locale au niveau de hier. Il y a un problème dans les urgences en France. Ce qu'on voudrait aujourd'hui, c'est une réponse de la ministre, puisque je lui ai envoyé un courrier recommandé pour lequel, pour l'instant, je n'ai pas eu de réponse. On voudrait une réponse à ce courrier, par exemple. On voudrait aussi qu'elle se... Qu'elle est diligente, peut-être que c'est déjà fait, une enquête sur l'hôpital de hier, sur les urgences de hier.

13:00
Présentateur

Avez-vous lancé une enquête sur l'hôpital hier ? Alors, plusieurs choses. D'abord, je suis ministre, mais je suis maman. Et donc, évidemment, mes premières pensées vont pour cette famille qui a vécu ce drame au mois de septembre dernier. Il y a 15 jours que je suis en fonction. Au moment où je vous parle, je n'ai pas cette lettre. Pour autant, il est évident qu'une enquête est déjà lancée auprès de l'Inspection générale de l'action sociale. Bien évidemment, c'est le minimum. Au-delà de ce drame, le service d'accès aux soins est aujourd'hui une de mes priorités. Le service d'accès aux soins, c'est le 15. Ce numéro de téléphone que chacun de nos concitoyens connaît.

Au bout du téléphone, vous avez quelqu'un qui a capacité, qui est un médecin, régulateur, qui a capacité à répondre à la situation qui est la vôtre et de décider ce que l'on peut faire pour vous, où vous devez aller et ce que vous devez faire. Aujourd'hui, en France, nous avons très précisément 60 centres d'accès aux soins. Le sujet, le Premier ministre l'a dit hier, c'est qu'à l'été, nous en ayons une centaine. Parce que ce service d'accès aux soins, c'est la réponse sur la totalité du territoire. Nous étions à Dijon avec le Premier ministre.

Nous avons visité ce service d'accès aux soins qui permet effectivement de répondre entre les urgences, évidemment, qu'elles soient pédiatriques, adultes, psychiatriques. Et c'est surtout ce travail entre les médecins et l'hôpital.

14:28
Catherine Vautrin

Mais si on dispatche, qu'on envoie aux urgences et qu'ensuite, on attend des heures sur un brancard dans des couloirs, le centre d'accès aux soins n'aura été qu'un palier supplémentaire.

14:38
Présentateur

Tout le sujet, c'est précisément parce qu'il y a ce travail qui est fait avec les médecins et régulateurs de justement aller au bon endroit au bon moment. Et qu'en d'autres termes, suivant le problème qui est le vôtre, on vous adresse là où vous avez besoin d'aller. Et là, vous avez les réponses qui sont celles qui sont nécessaires en fonction des symptômes qui sont les vôtres.

14:58
Catherine Vautrin

On a parfois l'impression, et le drame de Lucas et sa maman l'expliquait très bien sur l'AMC ce matin, qu'au fond, aujourd'hui, il y a une forme de pile ou face. C'est-à-dire que selon l'endroit où vous vous trouvez en France, selon le jour de congé du médecin en charge des urgences ce jour-là, il n'y a plus la garantie d'un égal accès aux soins en France.

15:15
Présentateur

Je crois qu'il faut quand même se dire qu'aujourd'hui en France, il y a 50 000 passages par jour aux urgences dans notre pays. Parallèlement à cela, il y a un million de consultations chaque jour faites par les médecins libéraux. Donc nous avons dans notre pays un système de soins qui reste l'un des meilleurs du monde. Autre sujet sur lequel je crois qu'il est important que nous insistions, c'est qu'en France, nous avons un savoir-faire en matière de curatif de traitement. L'autre sujet sur lequel nous devons travailler, c'est aussi celui de la prévention, qui est l'un des éléments sur lesquels je vais bien évidemment avancer. Vous allez aller chercher des médecins à l'étranger ?

Nous avons déjà fait quelque chose qui a été attendu depuis longtemps, qui était la régularisation des médecins hors Union européenne, qui pour certains d'entre eux exercent dans notre pays. D'autres ont passé l'examen pour venir en France, ne sont pas encore là. Ce décret est sorti la semaine dernière, ce qui permet de conforter aujourd'hui la situation de ces médecins, qui vont donc être autorisés, parce que régularisés, à travailler dans notre pays. Ça c'est le premier élément.

Le deuxième élément, c'est que vous savez qu'il y a maintenant 30 ans, des décisions avaient été prises, ce qu'on appelle le fameux numerus clausus, qui consistait à limiter le nombre de médecins conformés chaque année. Ce qui génère aujourd'hui les difficultés que nous connaissons. Certains étudiants de l'époque, qui n'ont pas pu faire médecine, ont passé leur diplôme ailleurs, et pour certains d'entre eux, sont partis exercer ailleurs. Un des sujets, c'est de proposer à ces Français de revenir dans notre pays, et c'est aussi de proposer à des médecins étrangers, qui seraient intéressés de venir pratiquer pendant quelques années, en accord avec leur pays, de venir en France.

Ce sont deux éléments. Et je rappelle que d'ici 5 ans, il y a 5 ans, le Président de la République, c'est une des premières choses qu'il a faites en arrivant en 2017, a décidé d'augmenter la formation des médecins. Nous formons actuellement 10 700 médecins par an.

17:16
Catherine Vautrin

Et ça aura donc des...

17:17
Présentateur

Nous avons encore besoin de 5 ans. Très concrètement, il y a 5 ans.

17:21
Catherine Vautrin

Catherine Vautrin, les agriculteurs ont écouté évidemment attentivement le discours de Gabriel Attal hier. Un certain nombre qui étaient sur les blocages ont décidé de poursuivre la mobilisation. Il y a un point sur lequel je voudrais entendre la ministre de la Santé que vous êtes. Dans les revendications des agriculteurs, il y a notamment le fait de simplifier et d'alléger les normes. Un certain nombre de ces normes, elles sont dictées par des questions sanitaires, par des questions de glyphosate, par exemple, de proximité avec les habitations. Sur tous ces points, ils aimeraient que la charge soit allégée.

Comment vous arbitrez entre le sanitaire, entre les précautions, entre un principe de précaution sanitaire et la satisfaction de leurs revendications ?

18:03
Présentateur

Vous savez, dans ce que vous êtes en train de dire, il y a un élément qui me gêne beaucoup. C'est qu'il y a cette espèce de petite musique d'agriculteurs pollueurs. Et ça, les agriculteurs n'en peuvent plus. Parce que s'il y a bien une profession qui, évidemment, respecte notre santé, c'est bien les agriculteurs. Parce que c'est eux qui produisent l'alimentation qui est la nôtre. Et honnêtement, moi, je suis issue... Oui, mais c'est énorme.

18:27
Catherine Vautrin

J'imagine que si elles ont fini par être imposées,

18:29
Présentateur

elles ne venaient pas de nulle part. Alors, moi, je voudrais juste préciser les choses. Moi, je suis issue d'une région agricole. Et je sais comment ces agriculteurs, depuis 15 ans, ont considérablement évolué dans leur pratique. Et ce que je dis aujourd'hui sur les agriculteurs, avec, pour être très concrète, l'agriculture de conservation, par exemple, qui est une forme d'agriculture entre l'agriculture intensive et l'agriculture biologique. Si je prends la viticulture, la viticulture aujourd'hui a considérablement avancé dans tous les procédés de biodynamique. Donc, les agriculteurs ont commencé le changement eux-mêmes.

Et quelque part, un des éléments de cette crise, c'est de respecter leur métier. C'est deuxièmement de leur permettre de vivre très concrètement de l'argent de leur travail. Troisièmement, il y a incontestablement cet élément de norme. Et quatrièmement, vous avez vu que le Premier ministre, encore ce matin, rencontre des agriculteurs. Je crois que c'est un rendez-vous important que de reprendre l'ensemble des sujets agricoles. Mais ce que nous jouons, c'est notre souveraineté alimentaire. Il est sur le terrain à nouveau, Gabriel Attal, ce matin ? Il est ce matin en rendez-vous avec des organisations agricoles.

19:34
Catherine Vautrin

Et cette crise, d'ailleurs, des agriculteurs, en continuant à en parler non seulement sur BFM TV, mais également sur RMC, puisque dans quelques instants, Olivier Trechaud, on le retrouvera, est sur le terrain, sur un point de blocage, sur la 15. Merci Catherine Vautrin d'être venue faire le service après-vente et c'est de nous expliquer un peu ce qu'il y a, notamment derrière cette fameuse désmicardisation de la France. Je rappelle que vous êtes la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités. Il est 8h52 sur AMC BFM TV.

19:57
Présentateur

Au-delà du service après-vente, c'est ma feuille de route.

20:00
Catherine Vautrin

Merci à Pauline de Ballère. Mais bonjour à toutes et à tous. On se retrouve dans un instant, effectivement, pour en parler de cette...