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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 26 juillet 2017 9 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprises

Bernard Accoyer : "confronté à la réalité, Emmanuel Macron pratique une politique de rabot"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 20 %Attaque 70 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30Invité politiqueFait
    « De toute façon, toutes les initiatives en faveur de la paix sont heureuses. »
  • 1:09Invité politiquePromesse
    « Tant mieux, mais comme le dit la ministre du Travail elle-même, il faut regarder les choses avec un peu plus de recul, il y a une période de reprise en Europe, dans la zone euro, où la France y participe, on ne peut que s'en réjouir. »
  • 2:10Invité politiqueFait
    « Et le concret démontre que d'abord, on n'a pas parlé du programme. »
  • 4:02PrésentateurChiffre
    « Si vous étiez député, vous voteriez pour ces textes ? »

Temps de parole

  • Bernard Accoyer78 %
  • Présentateur21 %

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0:00
Présentateur

France Inter, Pierre Veil, le 6-9 de l'été. Bernard Acquoyer, bonjour. Bonjour. Vous êtes secrétaire général du Parti des Républicains, ancien président de l'Assemblée nationale, ancien député de Haute-Savoie. D'abord cette réunion hier entre deux chefs rivaux de la Libye, évoquée par Anthony Bélanger. Votre opinion, certains disent que c'est un bon coup diplomatique du président Macron.

0:26
Bernard Accoyer

De toute façon, toutes les initiatives en faveur de la paix sont heureuses. On peut noter qu'il eût été plus élégant d'associer plus largement nos amis italiens, d'abord pour des raisons historiques, et deuxièmement parce qu'il y a entre la Libye et la France malheureusement des flux, qui sont des flux d'immigration importants, et l'Italie est au premier rang pour faire face à cet afflux. Donc oui, c'est une bonne initiative d'attention à ne pas se fâcher avec nos plus proches amis européens.

1:00
Présentateur

La baisse du chômage en juin, moins 0,3%, le premier mois plein de l'ère Macron, votre commentaire ?

1:09
Bernard Accoyer

Tant mieux, mais comme le dit la ministre du Travail elle-même, il faut regarder les choses avec un peu plus de recul, il y a une période de reprise en Europe, dans la zone euro, où la France y participe, on ne peut que s'en réjouir. Mais enfin malheureusement, l'évolution pour le moment est faible.

1:28
Présentateur

Bernard Acquoyer, si on lit les sondages, on a l'impression que la lune de miel entre Emmanuel Macron et les Français est terminée. Selon vous, pourquoi ?

1:35
Bernard Accoyer

Je crois que nous avons une séance assez inattendue, avec une élection présidentielle où on n'a pas parlé des programmes, parce qu'au premier tour, on a parlé des affaires, au second tour, on a parlé de la candidate de l'extrême droite. Ensuite, il y a eu les législatives où on n'a pas parlé du programme, mais on a parlé du ralliement d'un certain nombre de personnalités venant de la droite qui étaient rentrées dans le gouvernement, nommées par M. Macron. Et maintenant, après les belles images internationales, nationales, qui ont été faites par le nouveau président de la République, on rentre dans le concret. Et le concret démontre que d'abord, on n'a pas parlé du programme.

Deuxièmement, dans les projets de M. Macron, il n'y a pas de réforme de structure. Or, la France est confrontée à une situation où, si l'on ne fait pas de réforme de structure, on est obligé de pratiquer la politique du rabot. Et c'est ce que l'on constate, avec les effets que l'on constate aussi. La baisse des dépenses de défense nationale, militaire, avec une réaction très vive, et un accès d'autoritarisme du chef de l'État. La baisse de l'APL à la place de toute réforme de structure. Bon, on rentre dans le concret, et effectivement, le concret n'a pas été abordé.

2:46
Présentateur

Vous dites qu'il n'y a pas de réforme de structure, mais réformer le code du travail, ou réformer, le gouvernement l'a annoncé, réformer le régime de retraite en les harmonisant. Ce sont des réformes structurelles ?

2:57
Bernard Accoyer

Ce sont des réformes structurelles qui auront un effet, nous l'espérons, à long terme. Si elles vont assez loin, parce qu'on n'est pas encore au bout. Vu qu'il y a une concertation, qu'on ne connaît pas encore les dispositions qui seront prises. Oui, il y a une réforme de structure sur le code du travail, mais il n'y a pas de réforme de structure qui puisse maîtriser la dépense publique. Je pense en particulier au temps de travail. Je pense au premier problème de la France, qui est la dépense publique, laquelle entraîne un record de prélèvement public d'impôts, mais également, hélas, un record de dette.

Et donc, le problème auquel se trouve confronté le chef de l'État et le gouvernement, c'est le mur de la dette. Et face à ces mesures urgentes qui doivent être prises pour réduire les déficits et ainsi maîtriser la dette, il n'y a que des mesures de rabot, comme je le disais à l'instant, parce qu'il n'y a pas devant de réformes structurelles qui vont maîtriser ces déficits.

3:51
Présentateur

Alors, l'examen en ce moment à l'Assemblée nationale que vous avez, présidé des projets de loi sur la moralisation de la vie politique. Si vous étiez député, vous voteriez pour ces textes ?

4:02
Bernard Accoyer

D'abord, nous avons déjà fait beaucoup de textes sur le contrôle de tout ce qui peut nuire à l'intégrité ou permettre des dérives qui sont absolument condamnables dans la pratique publique. Ce que j'observe, c'est qu'il y a quand même pas mal d'improvisations, de précipitations dans les travaux du gouvernement et de la nouvelle majorité sur ce texte important. Et on assiste lors des séances à une improvisation qui montre que les études d'impact, le travail préalable qui doit être fait sur tout texte législatif pour qu'il soit solide, qu'il soit efficace, qu'il n'y ait pas besoin de revenir dessus, manque cruellement.

Une nouvelle fois, on a plutôt le sentiment que le gouvernement veut donner l'image d'un gouvernement qui prend des décisions qui sont populaires, qui sont certainement utiles sur le fond. Donc vous les voteriez, toutes ces mesures ? Mais sur le principe du texte, je suis d'accord sur le principe du texte. Mais ce que l'on voit et l'improvisation à laquelle on assiste, y compris cette nuit encore, est préoccupante. Un, sur l'image, ce n'est pas très grave. Mais deux, sur le fond, quand on improvise et qu'on n'a pas préparé depuis longtemps, qu'on n'a pas fait d'études d'impact, qu'on n'a pas étudié ce que donneraient les mesures, on ne peut pas prendre de très bonnes mesures.

5:15
Présentateur

Mais vous mettez en cause la compétence des nouveaux députés du Parti République en marche ?

5:20
Bernard Accoyer

Que des députés soient inexpérimentés, c'est la démocratie qui vient d'être élue. Ça, ce n'est pas un problème. Mais que le gouvernement mette en discussion, devant le Parlement de Chocontroix, un Parlement qui n'a pas encore fait ça, une Assemblée qui n'a pas encore fait sa période de rodage, pour ce qui est des présidents de séance, toute cette mécanique, c'est nuisible à la qualité du travail parlementaire, et donc aux textes qui en sortiront.

5:46
Présentateur

Venons-en à l'état de santé du Parti Les Républicains. Vous êtes secrétaire général de ce parti, un parti étrier lors des élections récentes. Est-ce que c'est aujourd'hui un parti sans ligne politique précise, et donc totalement inaudible ?

6:00
Bernard Accoyer

Vous l'avez dit, c'est un parti politique qui a essuyé deux très graves défaites, à la présidentielle, et puis ensuite aux législatives. Et c'est un parti politique qui s'inscrit aussi dans toute l'histoire des partis politiques français, c'est-à-dire, dont je pense à titre personnel, qu'il n'a pas assez suivi, n'a pas assez muté, en même temps que mutait notre société.

Donc notre parti a ouvert, et j'en suis à l'initiative, les ateliers de la refondation, pour comprendre, en tout cas essayer de comprendre, les raisons de nos échecs, les raisons de notre éloignement d'une bonne partie des Français, et cette distance qui s'est établie entre le personnel politique et les Français, bien souvent, analyse d'ailleurs qui avait été faite en marche par Emmanuel Macron, analyse dont on voit maintenant qu'il tire les conclusions et les conséquences avec un bonheur divers. Mais en tout cas, cette analyse, elle est pertinente, et nous la menons.

6:58
Présentateur

Mais alors, pour ressusciter le parti et les Républicains, est-ce qu'il doit aller à droite toute, ou alors jouer la modération, l'ouverture, et parfois soutenir le gouvernement Macron ?

7:10
Bernard Accoyer

Bon, d'abord, voter des décisions qui sont, parce que nos temps sont favorables à l'intérêt général et à notre pays. Les Républicains, l'UMP, les partis de droite et la plupart des partis le font. Deuxièmement, arrêter un cap avant d'avoir eu une réflexion, un débat, et surtout d'avoir été arbitré par les militants, n'est pas la réalité. Il va y avoir un grand débat, puisque nous élirons le nouveau ou la nouvelle présidente de notre formation politique les 10 et 17 décembre prochains. C'est ce débat qui va permettre d'avancer sur les lignes, et surtout sur la nécessité pour les Républicains de savoir rassembler.

Il ne s'agit pas d'aller très à droite, d'aller vers le centre-gauche, il s'agit de rassembler la droite et le centre. C'est ça la priorité.

8:01
Présentateur

Mais Emmanuel Macron tente cette expérience.

8:05
Bernard Accoyer

Oui, mais ça, monsieur le président de la République a eu le cheminement qu'il a eu. Il reste néanmoins à la tête d'une majorité qui est fortement marquée par son expérience personnelle, à côté du président Hollande, dans le gouvernement nommé par François Hollande. Nous, nous avons une ligne claire, c'est la ligne de la droite et du centre, ça a toujours été la nôtre, mais nous avons besoin d'une réflexion, d'une rénovation extrêmement profonde.

8:35
Présentateur

Bernard Acquoyer, secrétaire général du parti Les Républicains, notre invité. Vous pourrez l'interroger dans Interactive, 01 45 24 7000, après la revue de presse. On va retrouver Aurélien Colly dans cette revue de presse, dans quelques secondes, une trentaine. Merci.

8:49
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci. Merci.