Valéry Giscard d'Estaing
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:29OuverteRéponse directe
L'Europe est-elle réellement menacée de dislocation comme vous l'écrivez ?
- 1:49OuverteRéponse directe
Les dirigeants européens actuels sont-ils sourds et aveugles ?
- 2:48OuverteRéponse directe
Jean-Claude Juncker n'est-il pas susceptible de donner un nouveau souffle à l'Europe ?
- 3:10RelanceRéponse directe
Vous entrez dans la confusion européenne ?
- 5:53OuverteRéponse directe
Comment imaginer que les peuples acceptent un projet fédéraliste avec des abandons de souveraineté ?
- 6:12RelanceRéponse directe
Les peuples accepteront-ils un projet fédéraliste ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:11Invité politiquePromesse
« un ensemble fort et fédéré avec 12 nations de l'Union Européenne, un directoire politique et une mise en commun du budget, de la fiscalité et du droit du travail. »
- 0:45PrésentateurChiffre
« il y a un taux de chômage le plus élevé des grandes nations industrielles »
- 0:54PrésentateurChiffre
« il y a une croissance très faible. Quand on parle de 0,5, ce n'est pas une croissance. »
- 1:13PrésentateurChiffre
« La croissance de la production en Europe, zéro ou moins que zéro. »
- 1:23PrésentateurChiffre
« Dans ces élections, moins de la moitié des citoyens ont voté. »
- 1:32PrésentateurChiffre
« l'Europe au total, si vous prenez la société civile, elle a eu 35% de voix favorables. »
- 2:35PrésentateurFait
« On a fait un élargissement trop rapide »
- 4:44PrésentateurFait
« nous avons trois institutions pour six, mais nous sommes 28. »
- 4:52PrésentateurFait
« l'égalité des petits et des grands. Donc, les petits sont beaucoup plus représentés que les grands dans le système. »
- 5:01PrésentateurPromesse
« ce que je propose, c'est qu'on fiche les objectifs qui permettent à l'Europe, à ce groupe que nous parlons, de devenir une puissance économique du niveau des États-Unis de l'Amérique et de la Chine. »
- 6:31PrésentateurFait
« ils ont voté à l'époque pour un vote politique, en réalité, contre le pouvoir en place, et pas contre le projet. »
Temps de parole
- Présentateur75 %
- Valéry Giscard d'Estaing25 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour Valéry Giscard d'Estaing, vous publiez chez XO Europa, la dernière chance de l'Europe où vous plaidez avec l'ancien chancelier allemand Helmut Schmidt pour la construction d'un ensemble fort et fédéré avec 12 nations de l'Union Européenne, un directoire politique et une mise en commun du budget, de la fiscalité et du droit du travail. Mais ce projet Europa, il part d'abord d'un cri d'alarme. L'Europe est-elle réellement menacée de dislocation comme vous l'écrivez ?
Bon, c'est un peu pessimiste cette formulation. L'Europe est en crise. Bon, quand on est en crise, on n'est pas loin de la dislocation. Elle est en crise sociale, elle est en crise politique. Crise sociale, on entend dans ce que disait Guetta, il y a un taux de chômage le plus élevé des grandes nations industrielles, il y a une croissance très faible. Quand on parle de 0,5, ce n'est pas une croissance. Je vous signale que, étant donné que le PIB compte les revenus, pour que les revenus augmentent un tout petit peu, on croit qu'il y a une croissance. Il n'y a pas de croissance. La croissance, c'est la croissance de la production.
La croissance de la production en Europe, zéro ou moins que zéro. Et enfin, désaffection des citoyens, puisqu'il y a eu des élections il y a quelques mois. Dans ces élections, moins de la moitié des citoyens ont voté. Et dans la moitié qui a voté, environ 15% ont voté contre l'Europe. Ce qui fait que l'Europe au total, si vous prenez la société civile, elle a eu 35% de voix favorables. Donc la crise. Et si on reste trop longtemps sans projet, sans avenir pour cette Europe, eh bien cette crise pourrait aller plus loin.
Ça veut dire que les dirigeants européens actuels, ils sont, eux, sourds et aveugles ?
Bon, on peut pas dire qu'ils sont sourds et aveugles. Ils ne sont pas à la hauteur du sujet. C'est l'un des points très curieux. L'Europe a avancé quand il y avait à cette tête des gens, des leaders engagés dans la construction européenne. Et même les très grands, qui au début étaient un peu sceptiques, comme le général de Gaulle, a fini par s'y rallier. Comme Mitterrand, qui n'était pas très chaud sur l'entente franco-allemande au début, qui a fini par être partisan de l'entente franco-allemande. Donc les grands dirigeants français se sont tous attachés à cette action et l'ont conduite jusqu'à un point d'avancée intéressant en 1990. Et puis en 1990, on flotte.
On a fait un élargissement trop rapide, on n'a pas réformé les institutions, et on n'a plus de projet. Le point le plus important, excusez-moi, parce que je vous prends la parole, c'est qu'il n'y a plus de projet. Et donc on a fait voter les gens sur une absence de projet.
Oui, et pourtant, pendant les élections européennes, on a entendu tous les partis expliquer qu'ils voudraient changer d'Europe. Et puis, ça a débouché sur ce nouveau président dont on vient de parler, l'arrivée de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. Il n'est pas susceptible, selon vous, de donner un nouveau souffle à l'Europe, Valéry Giscard d'Estaing ?
Vous-même, vous entrez dans la confusion européenne, si je puis dire. Il n'est pas le président. Il est le président de la Commission. La Commission est une des institutions européennes. Ce n'est pas le pouvoir. Non, mais c'est l'un des nouveaux hommes forts de l'Europe. C'est ça, mais le président important, c'est le président du Conseil. C'est-à-dire celui qui réunit les chefs d'État de gouvernement en Europe et qui préside leurs réunions. C'est celui qui est important.
Moi, j'aurais souhaité qu'on trouve quelqu'un, on n'a pas cherché, on n'a évidemment pas trouvé, qu'on trouve quelqu'un qui soit au-dessus des autres, de façon à pouvoir d'abord un peu leur donner l'impression qu'il y a une direction collective, et puis aussi être reconnue dans le monde comme l'égal d'Obama et du président Xi. Alors, le projet, ça ne consiste pas à inventer quelque chose d'extraordinaire, ça consiste à dire, on va achever ce qu'on a commencé. On a commencé très tôt après la guerre, un projet dans lequel il y avait une direction qui allait très loin, puisque Robert Schumann a dit que c'était la première, les premières assises concrètes d'une fédération européenne.
C'est dans son discours. Jusqu'en 1990, on l'a fait. Ce que vous appelez la ligne droite dans votre livre. C'est la ligne droite. Puis à partir de là, on s'est mis à tourner en rond. Et à élargir l'Europe, surtout. Voilà, mais c'est un peu la même chose. Oui, circulaire. L'effondrement de l'Empire soviétique, la réunification allemande. On n'a pas changé les institutions. Donc, nous avons trois institutions pour six, mais nous sommes 28. On a admis des dogmes qui ne sont vraiment pas très réalistes. C'est-à-dire l'égalité des petits et des grands. Donc, les petits sont beaucoup plus représentés que les grands dans le système. Et enfin, on n'a pas fixé l'objectif.
Et ce que je propose, c'est qu'on fiche les objectifs qui permettent à l'Europe, à ce groupe que nous parlons, de devenir une puissance économique du niveau des États-Unis de l'Amérique et de la Chine. Nous sommes une des très grandes anciennes civilisations du monde dont on a inventé, en fait, la révolution industrielle, pullulée d'inventions techniques, théologiques, scientifiques, etc. à certains moments. Et là, tout à coup, nous sommes morcelés, hésitants, croissance zéro, et ainsi de suite. Donc, il faut faire un grand ensemble européen dans lequel les entreprises, les citoyens, les jeunes pourront circuler, travailler, inventer, dans les mêmes conditions, dans l'ensemble européen.
C'est une fédération d'État-nation. Comment imaginer, Valéry Giscard d'Estaing, que les peuples et leurs dirigeants, qui sont à ce point, et vous l'avez rappelé, il y a un instant, travaillés par des sentiments nationalistes, puissent accepter, aujourd'hui, un projet fédéraliste avec de tels abandons de souveraineté ?
D'abord, il y a deux choses. Les peuples l'accepteront, si vous pensez par les peuples. On parle en leur nom, mais on ne les interroge pas beaucoup.
Ben oui, mais la dernière fois qu'on les a interrogés sur l'Europe, ça s'est mal fini. On les a interrogés sur l'Europe. Ça s'est fini, en tout cas, par le rejet du projet de constitution auquel vous aviez travaillé.
Oui, mais ils ont voté à l'époque pour un vote politique, en réalité, contre le pouvoir en place, et pas contre le projet. Quelques semaines après, interrogés à nouveau, ils disaient, on est pour la constitution. Donc, c'est au contraire, sur le peuple, qu'il faut s'appuyer. C'est sur les jeunes. C'est sur tous ceux qui ont voté négativement à l'élection européenne, ce qui n'étaient pas satisfaits du système.
Et le système, c'est de leur dire, vous vivez dans un système morcelé, inachevé, qui produit peu, qui emploie peu, et on vous propose de vivre dans un grand ensemble, qui garde sa diversité, culturelle, sociale, et ainsi de suite, naturellement, mais dans laquelle vous aurez tous les mêmes chances, et la liberté de choisir, où vous voulez travailler, comment vous voulez travailler, en supportant partout les mêmes charges.
Vous voyez, Valéry Giscard d'Estaing, des responsables politiques français, Nicolas Sarkozy, récemment, il y a une semaine encore, ils sont sensibles à vos idées,
et certains me l'expriment même, mais je ne veux pas utiliser les réactions de tel ou tel. Les dirigeants français sont à la recherche, en fait, d'une pensée européenne. Ils n'en avaient plus. Il faut savoir, il ne faut pas être trop vaniteux pour nous-mêmes, mais c'est une invention française. C'est une invention française, et c'est la France qui a animé en idée le système pendant très longtemps. Donc, le fait de proposer la mise à jour du système, c'est ce que je propose, et son achèvement, dans un délai relativement court, c'est absolument dans la ligne française. Et d'ailleurs, si nous ne le proposons pas, personne ne le fera à notre place.
Europa, donc, votre projet, La Dernière Chance de l'Europe, avec Helmut Schmidt, un livre chez Ixo Éditions, et aussi un site internet, Europa, pour d'éventuelles contributions. On reparle de l'Europe, et puis d'autres sujets d'actualité politique, évidemment, avec vous, la Régis Cardestin, avec les auditeurs de France Inter, dans quelques minutes, et dans un instant, la revue de presse. Sous-titrage Société Radio-Canada
Valéry Giscard d'Estaing