Pour Marine Tondelier, "Sébastien Lecornu n'a rien à faire là, son équation est insoluble"
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France Info.
Bonjour Marine Tondelier. Bonjour. Vous serez tout à l'heure dans le cortège parisien, cette journée de mobilisation syndicale. Vous allez nous dire quelles sont vos priorités sur le budget, ce que vous direz au Premier ministre demain à Matignon. On va revenir sur vos ambitions aussi, alors que vous sortez un peu plus du bois dans votre livre qui vient de paraître « Demain, si tout va bien » chez Albain Michel. Mais d'abord, on écoute une ouvrière de Sablé-sur-Sarte au micro de Julie-Marie Lecomte. Elle a fait grève le 18 septembre, mais pas cette fois-ci.
Perso, moi, l'autre fois, ça ne m'a pas dérangé, mais je ne vais pas la faire tout le temps non plus, parce qu'à la longue, il y a des factures à payer. La mobilisation aujourd'hui s'annonce plus faible que la dernière. Ça va être plus difficile de peser, Marine Tondelier ?
Alors déjà, je voulais apporter mon soutien à tous les salariés de Radio France qui font grève ce matin. Ce pourquoi nous sommes à la radio et pas à la télé, mais c'est pour la bonne cause. Et apporter mon soutien à toutes les personnes qui s'apprêtent à faire grève en France. Parce que l'ouvrière de Sablé-sur-Sarte a raison, faire grève, c'est un coût que tout le monde ne peut pas assumer. Et je sais qu'elle sacrifice c'est, mais je sais aussi pourquoi on le fait, pour combattre pour nos droits, pour combattre pour notre dignité.
Et celles et ceux qui feront grève aujourd'hui, le feront aussi, comme moi je manifesterai tout à l'heure, au nom de celles et ceux qui n'en ont plus la force ou pas les moyens. C'est ça aussi la solidarité du mouvement syndical et politique d'aujourd'hui. C'est moins de pression potentiellement pour vous ? Écoutez, vous voyez bien que de toute façon, ils ont décidé de ne rien écouter. On va aller voir M. Lecornu vendredi matin, on va aller s'expliquer avec lui, on va aller s'expliquer au nom des Français.
C'est vendredi matin, d'accord. Est-ce que vous allez lui dire, on vous censure ou on vous donne une dernière chance ?
Écoutez, moi je ne comprends toujours pas ce qu'il a à nous dire pour qu'on ne le censure pas. Donc les choses sont simples.
Que faudrait-il qu'ils votent pour que vous ne le censuriez pas ?
Les Français ont voté pour quelque chose de simple, une cohabitation. Pour ceux qui n'ont pas compris, du genre Emmanuel Macron, ça veut dire que le Premier ministre doit être d'un bord politique différent du Président de la République. Et lui, il a commencé par nommer Michel Barnier, quelqu'un d'un autre parti que le sien, puis François Payerou, quelqu'un du même parti que le sien mais soutien depuis 2017, et maintenant quelqu'un de son parti. Il n'essaye même pas de partir de proche et puis d'élargir au fur et à mesure. Il fait l'inverse, à tel point qu'on se demande s'il doit nommer quelqu'un après M. Lecornu. Est-ce qu'il se nommera lui-même ou Brigitte Macron ?
On ne sait pas comment il fera plus proche de lui que Sébastien Lecornu. Sébastien Lecornu, on va le rencontrer la semaine dernière. Il nous dit, moi ça va être moderne, ça va être la rupture, ça va être un dialogue transparent. On se dit, on attend, écoutez, bon courage. Quel compromis êtes-vous prêt à faire ? Puisqu'on n'est pas assis à votre place, où on devrait être, mais à la nôtre. C'est-à-dire de l'autre côté de la table dans ce rendez-vous. C'est de vous dont on attend des gestes. Voici nos propositions. La justice fiscale et sociale, évidemment, de l'ambition écologiste, alors que le gouvernement précédent a fait 43 reculs environnementaux majeurs.
Ce n'est pas les écologistes qui perdent, c'est vous toutes et tous. C'est votre santé, c'est la qualité de l'eau que vous buvez, de l'air que vous respirez, de ce que vous mangez. On a parlé aussi du Mercosur, parce que les agriculteurs, dont les macronistes avaient promis d'être à leur côté, sont lâchés en race campagne en ce moment. On a parlé de culture, on a parlé de plein de choses.
Est-ce que vous êtes seule au Parlement, ou est-ce que vous êtes prête à faire des compromis ? Parce que vous parlez peut-être un peu comme si vous étiez seule, il va falloir se mettre d'accord.
M. Lecornu, au premier rendez-vous, nous dit « Vous voyez, moi, je suis Premier ministre, et j'ai compris une chose que mes prédécesseurs n'avaient pas compris. J'ai compris que nous n'avions plus 350 députés, et donc je ne vais pas faire comme si j'étais majoritaire à l'Assemblée. » Et vous, est-ce que vous faites comme si vous étiez majoritaire à l'Assemblée ?
Par exemple, un exemple, sur la taxe Zuckman, par exemple. Sébastien Lecornu a fermé la porte à la taxe Zuckman au retour de l'ISF, mais il n'écarte pas une taxation sur les plus riches. Matignon réfléchit. Est-ce qu'une taxe sur les plus riches qui ne s'appelle pas taxe Zuckman ni ISF, ça pourrait vous convenir ?
Alors, juste, vous me demandez si je suis prête à faire des compromis. Je rappelle quand même que le fait de ne pas être à Matignon ou dans aucun des ministères pour quiconque de gauche écologiste et non même pas un compromis, mais un sacrifice énorme que nous n'avons pas choisi, que nous subissons. Et donc, partant de là, peut-être que le geste suivant ne doit pas être fait par la gauche et les écologistes ainsi que tous nos électeurs qui ont été volés de leurs élections.
Vous avez le pouvoir de le censurer, donc sur quoi vous ne le censurez pas ?
Sur la taxe Zuckman, les choses sont claires. On a 1800 personnes en France qui devraient payer une taxe qui rapporterait 25 milliards aux Français pour nos services publics, pour la transition écologique et pour la justice sociale. Il faut quand même rappeler que les 500 plus riches de ce pays ont vu leur fortune multipliée par 14 depuis 30 ans. Leur fortune multipliée par 14. Pendant ce temps-là, nous sommes arrivés aujourd'hui tranquillement à 9,8 millions de pauvres, dont tout le monde se fout, surtout au gouvernement, qui n'ont jamais été aussi nombreux depuis 30 ans.
Qu'est-ce que vous demandez concrètement ? Qu'est-ce que vous demandez concrètement en termes de mesures de décret de loi ?
Et donc, nous demandons que le patrimoine des personnes qui ont plus de 100 millions d'euros, c'est-à-dire pas beaucoup de monde parmi vos auditeurs normalement, soit imposé à 2%. Oui, mais comment ils vont faire ces pauvres riches ? Est-ce qu'ils vont vraiment avoir envie de le payer ? Personne ne s'est préoccupé de comment ils allaient ressentir cette mesure. Mais est-ce que les personnes qui nous disent ça se sont posées la question quand on a baissé de 5 euros les APL, brutalement, les aides au logement pour tout le monde ? Est-ce que ces personnes ont dit, mais comment vont-ils vivre les pauvres et les chômeurs quand on a réformé l'assurance chômage ? Personne ne s'est posé la question.
Vous êtes encore sur la taxe Zuckman ? Et donc, nous allons demander la taxe Zuckman. Et quand j'entends dire, on va faire un compromis, on va proposer un petit truc, le truc qu'ils veulent nous proposer est ce que le gouvernement Bayrou nous avait proposé en janvier, M. Lombard, Mme Monchalin s'était engagé lors des rendez-vous à Barsi et ils ne l'ont pas fait. Donc le compromis d'aujourd'hui, Mme Lambret, ça ne peut pas être la promesse qu'on nous a faite il y a des mois et qui n'a pas été respectée. Et surtout, un compromis qui fait un rendement de 2 milliards d'euros.
Je ne vois pas, Mme Lambret, après qu'on nous ait rebattu les oreilles, qu'il y avait 44 milliards de déficit, leur bilan, je ne vois pas... Non, non, mais maintenant, vous ne me laissez pas répondre. On a un gouvernement qui nous a dit, le navire, tout ça, la voie d'eau, tout va couler, c'est horrible, il y a une dette, un déficit. Il faut trouver de l'argent. Et qui nous dit, vous avez une taxe qui propose 25 milliards par an, et nous, on a un compromis à 2 milliards par an. Je ne comprends pas comment, même dans la rationalité du discours macroniste, tout cela boucle. Non, justement, il y a plusieurs pistes sur la table.
Donc les Mozart de la finance, c'est plutôt des Castafior en ce moment, et donc on va essayer de rester sur une partition qui sauve la France.
Il y a plusieurs pistes sur la table, plusieurs hausses de la fiscalité sur les plus hauts revenus ou sur les entreprises. Au total, ça pourrait apporter plus que l'ancienne ISF. Non, mais si jamais c'était le cas, à ce moment-là, peut-être que vous pourriez accepter cette alternative. On y croit tous. Vous n'y croyez pas. Sur les retraites, Sébastien Lecornu a écrit au syndicat hier pour leur annoncer qu'il comptait reprendre des avancées issues du conclave. Il s'y engage. Vous voyez que ça sert à quelque chose de manifester quand même et de censurer les gouvernements ? Très bien. Donc ça, c'est un bon point. Il reprendra dans le budget de la Sécurité Sociale une mesure qui vise...
Je ne crois que ce que je vois parce que je les connais par cœur.
Donc vous vous doutez. On parle d'une mesure qui vise à améliorer la pension des femmes qui ont eu des enfants. Donc ça, ça va dans le bon sens. C'est bien pour vous ? Ou vous demandez toujours l'abrogation ?
C'est un début de rétablissement de justice sociale qui forcément est dû aux femmes qui représentent plus de 50% de la population. Mais je rappelle quand même qu'Emmanuel Macron, quand il était ministre de l'économie, a supprimé des critères de pénibilité comme le port de charges lourdes, comme les mécaniques vibratoires, comme les postures pénibles et aussi l'exposition aux produits chimiques. Et que ça aussi, ça doit être rétabli, ça fait partie du non négociable.
Autre question majeure, la hausse des salaires. Aujourd'hui, sur 100 euros versés par l'employeur, 54 euros seulement terminent sur le compte du salarié alors qu'en 1990, c'était plutôt 60 euros. L'exécutif veut redonner du pouvoir d'achat concrètement en augmentant le net, par exemple en baissant la CSG, ce qui est une vieille revendication du Parti Socialiste. Est-ce que vous, en tant que chef des écologistes, vous applaudissez cette envie ?
Alors, je ne sais pas si tout le monde a compris ce que vous avez expliqué, parce que c'est quand même très technique. Donc, vous parlez de 1990. Pourquoi ? Parce qu'en 1991, la CSG, la Contribution Sociale Généralisée, a été instaurée. Et donc, la CSG, c'est 9,2% sur votre salaire, mais aussi sur vos revenus financiers en banque, sur votre retraite, sur votre allocation chômage. Il faut quand même savoir ce que ça finance, la CSG. J'ai entendu Mme Évren, les Républicains, dans un débat lundi soir me dire « La CSG finance la Sistana ». Alors, pour Mme Évren, qu'est-ce que la Sistana ? C'est donc tout ce que finance la CSG. La CSG finance une partie de retraite, finance l'assurance maladie.
Donc, tous les gens ici qui ont une carte vitale et qui s'en servent sont donc des assistés pour la droite. Plus, évidemment, les allocations familiales. Et donc, vous ne voulez pas la baisser
pour augmenter le salaire max ?
Moi, ce que je vois juste, c'est qu'on multiplie les exonérations, puisque ce gouvernement a une ligne stricte, baisser les cotisations sociales et patronales. Je dis juste que ça finance...
Il s'agirait pour compenser d'augmenter la CSG sur les revenus du patrimoine et des placements. C'est ça. Donc, ce que je vous dis,
c'est que moi, j'ai besoin de m'assurer que la sécurité sociale va continuer de fonctionner, ce qui n'est pas garanti avec toutes les exonérations qu'on fait. La TVA, par exemple, que vous payez à chaque fois que vous achetez quelque chose, une baguette, un vêtement, ce que vous voulez, vous payez de la TVA. C'était 200 milliards de rendement et 92% de ce rendement était utilisé pour financer les services publics. Aujourd'hui, ça n'est plus que 50% de la TVA. Donc, quand vous achetez votre baguette, 50% de la TVA finance les services publics, 50% financent les exonérations de charges patronales. À chaque fois, vous payez les exonérations.
Parce que quand on exonère, il y a quand même les dépenses en face qui restent. On vous entend, Marine Tondelier.
Si jamais dans ce budget, il y a une hausse du salaire net pour les Français et une taxe sur les plus riches, est-ce que vous censurez ou pas ? Vous pourriez censurer un tel budget ?
Vous parlez à une écologiste et vous ne m'avez pas parlé d'écologie. Donc, comprenez bien qu'un gouvernement qui a fait 43 reculs majeurs sur l'écologie, dont beaucoup de reculs budgétaires. Et je vais vous dire, les reculs budgétaires sur l'écologie étaient à chaque fois des reculs sur des aides directes aux Français pour changer de voiture, pour isoler son logement. Et ce n'est pas juste une aide qui vous sert au moment où vous la touchez.
C'est une aide qui vous permet à la fin de l'année un 13e mois écolo parce que vous avez gagné sur vos factures d'électricité et de chauffage, que vous avez gagné sur votre carburant parce que vous avez pu changer de voiture et avoir une voiture qui consomme moins ou que vous pouvez recharger électriquement. C'est ça qu'ils ont coupé. des aides directes aux Français. Et donc, oui, c'est aussi un sujet budgétaire. Et en tant qu'écologiste, alors que la septième limite planétaire vient d'être franchie hier, l'acidification des océans et que c'est l'avenir de nos enfants, l'habitabilité même de la planète qui est remise en question, oui, je trouve ça irresponsable et que M.
Lecornu fasse un grand entretien dans le Parisien sans évoquer une seule fois l'environnement, ça n'est pas possible en 2025.
Nous allons évoquer directement l'environnement avec la question suivante. La plateforme asiatique Chine a choisi la France pour une première mondiale l'ouverture de six magasins Dijon, Reims, Grenoble, Angers, Limoges, Paris. Christophe Castaner ne travaille plus pour Chine depuis quelques jours.
Pourtant, il a fait du bon travail manifestement.
Est-ce que c'est une bonne nouvelle pour les consommateurs ou un grand danger pour le prêt-à-porter français et l'arrivée de Chine ?
Mais dans le journal, avant même que j'entre en studio, donc ce n'est pas la faute des écologistes, a été signalé le nombre d'emplois direct, 15 000 de mémoire qui est menacé directement par Chine ou qui aurait déjà été détruit par Chine, d'ailleurs, avez-vous dit. Et donc, c'est un drame environnemental. Je veux dire, on ne peut pas continuer à se dire qu'on va brûler la chandelle par les deux bouts alors que les limites planétaires, ça existe, qu'elles sont en train d'être franchies une par une et que nos enfants nous accuseront. Ils diront, tu avais acheté un pull en plus pas cher, on est très contents pour toi, mais aujourd'hui, la planète n'est plus habitable. C'est ça qui se passe.
Donc, je veux bien qu'on ne le regarde pas et qu'on fait comme si ça n'existait pas. Ça n'est pas vrai.
Avec Marine Tondelier, secrétaire nationale des écologistes, des nouvelles de la flottie pour Gaza.
Plusieurs bateaux de la flottie pour Gaza ont été interceptés hier au large de l'Égypte par l'armée israélienne. Madame Tondelier, vous appelez le président de la République à intervenir pour protéger tous les équipages. Concrètement, sachant que le ministre des Affaires étrangères a demandé la protection consulaire, qu'est-ce que vous demandez ?
On voit bien que même Georgia Meloni a quand même été plus proactif pour soutenir les ressortissants italiens de cette flottie que ne l'a été le gouvernement français et c'est un gros problème. Mais ce que je demande surtout au gouvernement français, c'est de se rendre compte que ce que font les personnes courageuses qui sont sur cette flottille, dont Mélissa Camara, députée écologiste dans le bateau, lui, n'a pas encore été intercepté, c'est ce que devraient faire l'État français. C'est ce que devraient faire d'ailleurs tous les États européens. Nous avons demandé, les écologistes, cet été, une armada européenne pour brider le Bocuse.
Parce qu'il faut se rendre compte qu'à Gaza, ce sont des bébés amputés, ce sont des enfants brûlés, ce sont 50 000 enfants juste à Gaza City qui sont en famine là maintenant. C'est un rapport de l'UNICEF qui le montre. C'est horrible. Et c'est un visage, c'est un miroir tendu à l'image que l'humanité se fait d'elle-même. C'est ça qui se passe à Gaza. Et donc, l'armée française ne peut pas, par ses tergiversations au plus haut niveau de l'État, être complice par son inaction.
Et donc, ce que nous avons demandé, c'est que l'armée française, qui dispose de nombreux navires, puisse les mettre à disposition d'une armada européenne qui vise à aller soulager la population civile directement sur place. Il faut briser ce blocus qui est illégal, cruel et moyenâgeux. Et je pèse mes mots.
Marine Tordelier, vous nous l'avez dit, vous n'excusez pas de censurer le Premier ministre qui dit censure dit potentielle dissolution. Retournez aux urnes, ça ne vous fait pas peur et vous croyez vraiment que la gauche va se ressouder si c'est le cas ?
Je n'ai pas peur de grand chose dans la vie et sûrement pas du vote des Français. Mais je rappelle que ce qui est illégitime aujourd'hui, ce n'est pas l'Assemblée nationale, c'est le gouvernement. L'Assemblée nationale, elle a été élue il y a un peu plus d'un an. Ce n'est pas beaucoup sur une mandature de cinq ans normalement. et elle a été élue par une taux de participation record depuis 1981. Donc cette Assemblée nationale, qu'elle soit dure à piloter parce qu'elle est en trois blocs distincts peut-être, mais enfin c'est le résultat du vote des Français. La question c'était sur l'Union des Gauches. Vous croyez vraiment que la gauche va se ressouder ?
Je sais que c'est l'Union des Gauches qui vous obsède, mais je vous dis quand même. Vous, ça vous obsède aussi pour vous en parler tout le temps ? Oui, mais je ne suis pas inquiète comme vous. Le problème aujourd'hui, ce n'est pas l'Assemblée nationale, c'est Sébastien Lecornu qui n'a rien à faire là et avec qui nous allons aller nous expliquer un peu sévèrement vendredi matin parce qu'il ne fait pas ce qu'il dit et qu'il ne va pas tenir très longtemps son équation comme nous l'avions dit depuis le début est insoluble parce qu'il n'a rien à faire là.
Mais on a quand même l'impression que vous l'ouvoyez et que vous refusez de choisir clairement... Laissez-moi finir ma question. Moi, vous l'ouvoyez. Vous vous énervez ce matin ? Non, je ne veux pas vous énervez, je veux comprendre. Vous refusez de choisir clairement entre deux partis qui ont expliqué très clairement qu'ils ne pourraient...
Ça, c'est du nouvoiement.
Je peux finir ma question ? Entre deux partis qui ont expliqué très clairement qu'ils ne pourraient jamais gouverner ensemble donc je crois qu'on a besoin de comprendre ce matin politiquement est-ce que vous vous sentez plutôt plus proche d'un Jean-Luc Mélenchon ou d'un Olivier Faure ?
Mais il y a un côté insupportable parce que je ne suis pas une enfant, je suis peut-être une jeune, une femme, une écologiste et du Pas-de-Calais mais je ne dois pas choisir entre papa et maman. Je suis écologiste. Sauf que papa et maman ils ne veulent pas travailler ensemble. Ma ligne est écologiste, point, et ma ligne stratégique est antifasciste. Et l'antifascisme, ça veut dire que quand l'histoire l'exige, vous travaillez avec tous vos partenaires ce qui ne vous empêche pas de rester autonome. Et ce que je vous dis là n'est pas ma ligne à moi Marie-Tondelier, c'est ma ligne de tous les écologistes et c'est surtout une idée très populaire dans tout l'électorat de gauche et écologiste.
Pourquoi ? Parce que certains, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann qui ont décidé dans une dialectique entre les deux de dire qu'ils étaient réconciliables et de se taper l'un sur l'autre toute la journée pour se faire exister l'un l'autre. Ils y ont mutuellement intérêt. A force de nous expliquer que ça doit être soit l'un, soit l'autre, on ne va avoir ni l'un ni l'autre et je ne l'ai pas fait.
Vous dites que c'est populaire mais à Brône où vous étiez en Occitanie chez la socialiste à Bram, pardon, où vous étiez chez Carole Delgay en Occitanie, les militants n'ont pas du tout aimé que vous appeliez à une primaire avec deux articles mais c'est pas vrai s'il vous plaît. C'est compliqué de s'exprimer. Les militants n'ont pas aimé que vous appeliez à une primaire avec les insoumis comme si c'était un repoussoir pour eux. Est-ce que vous entendez ça ? Raphaël Glucksmann dit aussi que le meilleur carburant du RN c'est de mettre un candidat LFI face à lui. D'accord.
Vous parlez d'un événement organisé par Carole Delga en soutien de Raphaël Glucksmann. J'ai le courage d'y aller, d'exprimer mes opinions et certes je suis sifflée à deux moments d'ailleurs pour être tout à fait exact quand je parle de la 69 et je m'en serais voulu de ne pas être sifflée sur la 69 chez Carole Delga et deuxièmement quand je dis primaire, unité je suis applaudie tout au long de mon intervention sauf quand je parle de Jean-Luc Mélenchon.
Mais je vais continuer à le faire parce que je suis par ailleurs pour les mêmes raisons très applaudie à la fête de l'humanité et la fête de l'humanité la différence c'est qu'il y a toute la gauche des écologistes, des socialistes, des insoumis, des communistes, des syndicalistes c'est-à-dire toutes les personnes dont nous avons besoin pour gagner en 2027. Nous avons une bascule fasciste au niveau mondial. Le prochain domino qui peut tomber c'est la France et chaque jour qui nous sépare de 2027 et chaque heure de chacune de ses journées doit être empêché à combattre ce péril fasciste. C'est ce à quoi je m'emploierais.
Il y a un sondage IFOP très commenté qui place Raphaël Glucksmann au coude à coude avec Edouard Philippe Raphaël Glucksmann qu'on va écouter. Ce que confirme ce sondage c'est que la seule manière de créer une dynamique politique c'est d'être clair c'est de construire un projet clair c'est d'avoir une stratégie claire notamment vis-à-vis de la rupture avec la France insoumise. Est-ce que ce n'est pas vu ces résultats dans les sondages la preuve qu'il faut une rupture à gauche
avec la France insoumise ? Quand Marine Le Pen ou Jordan Bardella ou celui des deux qui ne sera pas en prison sera à l'Elysée on pourra ressortir les vidéos de M. Glucksmann et dire c'était très clair on était très clair j'étais très très clair Moi ce que je souhaite
ce que je souhaite
c'est que la gauche gagne en 2027 avec les écologistes et j'y empoidrerai toutes mes forces je ne vais pas passer tout mon temps d'antenne à dire du mal d'autres personnes de gauche d'autres le font beaucoup mieux que moi Moi je suis dans l'efficacité énergétique et j'ai bien compris quel était mon combat majeur mes ennemis ne sont pas à gauche ils sont au Rassemblement National à la droite extrême à la droite tout court c'est à dire les macronistes aujourd'hui Vous allez candidater
à la primaire chez les écologistes pour la primaire de toute la gauche ? On verra demain si tout va bien Si tout va bien il y aura une seule candidature C'est le titre de votre livre C'est le titre de mon livre je précise Il n'y a pas d'annonce prévue demain Une seule candidature écologiste à cette primaire vos opposants vous accusent de verrouiller le parti Pourquoi il y aura une candidature chez les écologistes alors qu'il y en a plusieurs chez les socialistes ?
Il y a une candidature chez Ensemble L'après qui s'appelle Clémentine Autain il y a une candidature à Debout qui s'appelle François Ruffin Les socialistes feront exactement ce qu'ils veulent d'ailleurs comme d'habitude et c'est ok Les écologistes ont le droit de s'organiser et nous considérons que la démocratie interne c'est de choisir qui nous représentera à cette primaire mais aussi qui ne nous représentera pas et ce mot reviendra aux adhérents tout simplement Les adhérents qui ont voté pour vous au congrès Marine Tondelier ? Excusez-moi Donc il n'y a pas beaucoup de surprise ?
Non parce qu'on peut dire que telle personne est bien pour être secrétaire nationale et que tel autre est bien pour être candidat à la présidentielle et en tout cas la motion de cadrage c'est-à-dire ce qui explique comment on va décider et sera votée ce week-end par le Conseil fédéral du mouvement je ne serai même pas là puisque je serai à l'aréole pour aller saluer essayer de convaincre Raphaël Luxman donc vous voyez chacun a son rôle je fais entièrement confiance et à mon conseil fédéral et aux adhérents de ce parti
Rejoignez-nous Avant de passer à la question qui on va parler Strasbourg j'ai besoin que vous me laissiez finir ma question Avec grand plaisir La maire écologiste de Strasbourg Jeanne Barzéguian a fait polémique avec une campagne de communication censée vanter la douceur de la ville avec 8 strasbourgeois dont une femme voilée une élue socialiste dénonce je cite un prosélytisme de la maire de Strasbourg Merkel dit je cite toujours aveuglée par le clientélisme pour mettre en avant une religion Que lui répondez-vous ?
Alors déjà la campagne ne porte pas sur ce que vous avez dit sur la douceur de la ville c'est une campagne qui porte sur Strasbourg ville amie des aînés c'est un label que la ville a gagné Hier c'était la journée internationale des aînés et donc dans le cadre de cette journée internationale il y a une campagne d'affichage avec 8 bénévoles qui n'ont pas été choisis par la ville de Strasbourg mais qui sont engagés pour que Strasbourg ait le label ville des aînés Je rappelle quand même qu'hier sort un rapport des Petit Frères Je vais aller au bout Hier Hier si on peut en parler une minute et c'était la sortie du rapport des Petits Frères des pauvres qui montre que 750 000 personnes dans ce pays des personnes âgées sont en situation de mort sociale 750 000 personnes âgées dans ce pays Mais quel rapport avec une femme voilée en réponse c'est là-dessus qu'on devrait discuter Vous venez de me demander quel rapport avec cette femme voilée 4 fois donc on a bien compris la polémique de Madame Pernelle Richardot puisqu'elle a un nom c'est de stigmatiser dans ces 8 bénévoles qui ont contribué à faire de Strasbourg une ville amie des aînés d'en stigmatiser une pourquoi ?
Parce qu'elle a un voile et c'est discriminatoire donc c'est elle c'est discriminatoire c'est une forme de harcèlement et j'apporte tout mon soutien à cette personne et à sa famille parce qu'elle ne va pas bien aujourd'hui c'est une Strasbourgeoise de longue date qui s'est engagée comme les autres mais qui comme elle a un voile est lâchée en pâture par une élue socialiste auprès de la fachosphère et je le dis c'est grave l'islamophobie ça suffit et l'islamophobie à gauche est encore plus choquante et donc je demande à monsieur Olivier Faure président du parti socialiste de prendre des mesures de sanctions envers Pernelle Richardot parce que c'est la honte c'est une honte absolue ça fait du mal aux gens et moi je vais vous dire je demande à tout le monde d'aller voir cette photo sur internet cette dame a plus d'humanité dans le regard elle est magnifique que madame Richardot n'en aura jamais dans ses propos
il va être 8h57 sur France Info l'heure de la question qui aujourd'hui est la question qui tape sous la ceinture dans ce livre dans votre livre non pas vous demain si tout va bien vous revenez sur votre fameuse veste verte que vous ne portez d'ailleurs pas totalement ce matin je ne vois pas bien avec la lumière c'est un autre vert je vous cite cette veste et pour vous catalyseur de petites phrases mesquines pour certains mâles en manque d'inspiration vous écrivez que vous avez soupçonné un ancien président de la république d'avoir fait une attaque que vous considérez comme sexiste racontez-nous
alors un jour dans Libération je lis que un hollandais anonyme donc très courageux explique que sous ma veste verte mes sous-vêtements sont rouges donc déjà c'est un peu gênant pour la personne qui dit ça puisque je ne sais pas quelqu'un de mon parti dirait ça je serais très gênée tout le monde s'excuse au parti socialiste en disant mais qu'est-ce que c'est que cette phrase c'est impossible tout le monde condamne sauf François Hollande et plusieurs personnes m'ont dit vous savez c'est peut-être que c'est lui l'auteur des propos c'est son genre de dire c'est un hollandais anonyme et en fait c'est lui et je trouve que c'est extrêmement malaisant donc les femmes sont toujours commentées sur leur tenue d'ailleurs vous remarquez que si je m'habille différemment je serai commentée tous les jours et ça n'ira jamais la taille du décolleté de la jupe du truc elle est trop grosse elle est trop mince elle est mal coiffée je sais pas son maquillage est raté et que même quand vous vous habillez tout le temps pareil pour ne plus avoir réfléchi ni ne plus avoir ces questions vous êtes quand même commentée sur ses vêtements c'est quand même très spécifique d'être une femme en politique aujourd'hui
ça n'arrive pas aux hommes Marine Tondevier vous êtes donc en train de nous dire que François Hollande est un mâle en manque d'inspiration je cite vos propos je dirais que j'attends toujours ses excuses surtout
s'il s'est auto-choqué je me serais excusée de sa part même si je ne savais pas qui c'était et pourquoi il avait dit ça vous n'avez pas la preuve que c'est lui j'attends ses excuses au nom du Hollandais de son soutien qui s'exprimait ainsi
merci beaucoup Marine Tondevier d'avoir répondu aux questions de France Info
un entretien à retrouver sur l'application Radio France et sur Youtube
Marine Tondelier