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interviewSud Radio (sur YouTube)· 29 décembre 2025 5 min

Noël c'est fini, place au nouvel an !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et bonjour Guy Carlier. Bonjour Maxime. Bonjour à tous.

Merci beaucoup d'être avec nous ce matin. On retrouve votre plume unique dans le paysage avec bien sûr une actualité qui vous a légèrement influencé et si depuis le début de cette période de fête on ouvre ensemble les cadeaux qu'on peut découvrir au pied du sapin dans cette chronique forcément on va retrouver un peu de la France de Brigitte Bardau. C'est vrai.

D'autant que Noël est déjà loin et la triste actualité de de ce matin ajoute à la à la à la mélancolie. Mais enfin, la vie continue, la fête continue et après avoir gâté les enfants la semaine dernière, et bien cette semaine, on va se faire plaisir et fêter la nouvelle année car nous voici dans la semaine du New Year's Day. [musique] [musique] [musique] Quand je dis que la fête continue, pas pour tout le monde.

La fête est finie pour les sapins de Noël qui étaient les héros la semaine dernière et qui ont connu le moment de gloire dont parlait Andy Warol qui étaient les stars de la maison. On les admirait, on les aimait, on les complimentait, les invités, les trouvaient magnifiques et puis ils furent les rois de la fête lorsque les enfants ouvrirent les cadeaux qui se trouvaient à leurs pieds. Et puis à partir du 26 décembre, la magie s'en est allée.

Les enfants sont repartis avec les cadeaux, les adultes avec les problèmes d'adultes. Et hier, les maîtresses de maison qui ne supportaient plus les aiguilles qui tombaient recouvraient de plus en plus le parquet, la résine qui coulait sur le tapis, cette odeur de boule désodorisante parfum forêt desuges. Alors, on a dépouillé les sapins, on a éteint les lumières, défait les guirlandes et les boules qu'on a rangé dans des boîtes à chaussures.

Et puis, alors que la nuit tombait, profitant de l'obscurité, ils ont sorti les sapins de la maison et ils les ont abandonné sur le trottoir. Ce matin, en arrivant à la radio, j'en ai vu un qu'on avait balancé contre un mur à quelques mètres d'un SDF allongé sous un Porsche. J'ai regarder un instant avec en me disant que les hommes sont décidément bien cruels avec ceux qui ne leur servent plus.

Et j'en étais là de mes réflexions mélancoliques quand j'ai vu arriver dans la rue déserte une mémère en mitouflé dans un manteau de fourrure une chapka enfoncé sur la tête qui faisait faire son tour matinal à un chihuahua qui lui ressemblait. Arrivé devant le sapin, le chien se mit à uriner tandis que mamie regardait ailleurs en faisant semblant de s'apercevoir de rien. C'est alors que le SDF la fille sursauté en lançant d'une voix moqueuse.

T'inquiète pas ma poule, au moins ça va le réchauffer. Surprise et contrarié, elle a haussé les épaules et s'en est allé d'un pas vif. Je suis resté quelques instants comme ça dans ma voiture à regarder ce sapin souillé par un chien en pensant à la joie qui l'avait entouré il y a quelques jours encore au rire à l'admiration dont il avait fait l'objet et je me disais que le destin d'un sapin de Noël ressemble à celui de ce vedette qu'on admire qu'on idolâtre et qu'on oublie lorsque la mode est passée et qui vieillissent dans l'oubli et puis qu'on abandonne sur le trottoir obscur de notre mémoire collective.

Au moment où j'allais couper le contact, la radio a évoqué la mort de Brigitte Bardau et a rappelé l'époque de sa gloire quand tout le monde l'aimait, que les femmes l'admiraient, que les hommes la désiraient, au point qu'un amoureux, Bob Zaguri, me semble-t-il, avait balancé d'un hélicoptère des milliers de pétales de rose sur sa maison tropienne. Je me suis dit que Bardau avait été aux adultes, ce que les sapins de Noël étaient aux enfants la semaine dernière et qu'ils ont connu la même fin solitaire. De Brigitte Bardau, les imbéciles n'auront retenu que la nudité, mais ça n'a laissé personne déshabiller son âme.

Alors, pour lui rendre hommage, je vous propose d'écouter son âme nu. Justement, écoutez-la. Elle chante à capella, à voix nu, sans artifice.

Si vous êtes attentif, vous entendrez toutes ses fragilités et toutes les blessures qu'elle crachait, qu'elle cachait sous les projecteurs. À demain. Sur la plage [musique] abandonnée, coquillage et crustacé.

Qui [musique] cru déplore la perte de l'été qui depuis s'en est allé. On a rangé les vacances dans des [musique] valises en carton et c'est triste [musique] quand on pense à la saison du soleil et des chansons. Pourtant, je [musique] sais bien l'année prochaine tout refleurira [musique] nous reviendrons.

Et merci beaucoup Guy Carlier pour cet hommage comme d'habitude si singulier [musique] et si mélancolie. Et je vous demande pardon d'avoir envoyé par erreur la version avec les instruments et non pas à Capella comme je vous l'avais promis. Mais ça arrive à des gens très bien.

Merci beaucoup mon cher Grier.