EUROPE : MACRON NOUS FAIT LA LEÇON | MATRAQUAGE DE LOÏC PRUD'HOMME | MICHELLE BACHELET
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 4:01OuverteRéponse directe
Doit-on considérer que les députés ont des droits différents selon leur étiquette politique ?
- 6:01OuverteRéponse directe
Le ministre de l'Intérieur a-t-il raison de traiter Loïc Prud'homme de menteur ?
- 8:01OuverteRéponse directe
La France doit-elle tenir compte des critiques de l'ONU sur ses méthodes de maintien de l'ordre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:01Fait
« Il dit qu'il faut une Europe des libertés, et les libertés publiques il y porte atteinte en France avec la loi anti casseurs, s'agissant du droit de manifester. »
- 4:01Fait
« Le 12 février, l'ensemble des groupes parlementaires avait manifesté son soutien au Président Richard Ferrand, après l'incendie d'un bâtiment lui appartenant. »
- 6:01Fait
« Dois-je maintenant me cacher pour éviter la répression politique et l'arbitraire ? À l'instar de nombreux syndicalistes ou militants écologistes que vous traquez sans répit de Paris à Bure, de Strasbourg à Bordeaux. »
- 7:01Fait
« Si une plainte était déposée, cela permettra à celles et ceux qui seraient mis en cause de pouvoir produire l'ensemble des images qui sont à leur disposition. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
La tribune du Président de la République, l'ONU qui épingle la France sur ses techniques de maintien de l'ordre, l'agression d'un député de la France insoumise par un policier, on en parle tout de suite, dans le numéro 23 du "Petit coup de Bourbon". | [Générique] Après 57 heures de communication télévisée aux frais du contribuable, je parle du grand Débat bien sûr, le président Macron a donc écrit aux citoyens d'Europe une tribune, publiée mardi dans les 28 pays de l'Union européenne, pour mettre en garde ces derniers contre un piège qui menacerait l'Europe. Les exploiteurs de colère qui, soutenus par les fausses informations, promettent tout et son contraire.
Avec Emmanuel Macron, le monde est toujours simple. Il y a le camp du bien, incarné par lui-même, et, si l'on peine à s'en rendre compte, c'est parce qu'il y a des méchants qui nous trompent. Cette philosophie de cour de récréation posée, le reste de la tribune relève de cet art du double langage qu'affectionne le Président, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a convaincu personne sur les bancs de l'Assemblée nationale.
Petit florilège : – Je trouve qu'il y a un côté donneur de leçons et de diagnostics, un peu facile, je ne suis pas sûr que les chefs d'État et de gouvernement, comme les peuples, des autres pays les vingt-sept, puisque ça s'adresse aussi au Royaume-Uni pour le moment, trouvent particulièrement appréciable, convenable, que le Président de la République leur donne des leçons, d'une part de démocratie parce qu'il n'y a pas que le projet Européen dans tout cela, il y a aussi des leçons de démocratie, de valeurs, de mesures quasiment à prendre chez eux ou pas. – Je pense que derrière, on voit très bien qu'il s'agit de sauver l'Union européenne qui est en crise, en appuyant les méthodes qui sont aujourd'hui à l’œuvre à l'échelle de l'union Européenne. Donc c'est vraiment le guépard, voyez.
Il faut que tout change pour que rien ne change. – C'est bien beau d'avoir de grands principes au plan européen qui sont démentis au plan national, songez-y. Il dit qu'il faut une Europe des libertés, et les libertés publiques il y porte atteinte en France avec la loi anti casseurs, s'agissant du droit de manifester.
Il dit : "une Europe qui doit être fondée sur la défense de ses valeurs", sur la question migratoire, et puis il ferme nos ports à des bateaux avec des migrants, des femmes enceintes et des enfants. Il parle d'un bouclier social qui pourrait être un projet intéressant au plan européen, mais au plan national il le détricote, ce bouclier social, en affaiblissant les protections. Je pourrais multiplier les exemples sur la question environnementale, "le climat doit être le mandat de chacune des institutions européennes", mais en France Nicolas Hulot a dû claquer la porte parce que la réalité politique n'était pas à la hauteur des proclamations.
Et je crois, je crains que l'on en soit malheureusement là, il ne suffit pas de se farder du masque du progressisme pour être un progressiste. – Le Président de la République recommande exactement, dans sa tribune, le contraire de ce qu'il a fait depuis deux ans. Alors il veut une Europe qui protège, moi aussi !
Mais c'est lui qui a ouvert les frontières pour les agriculteurs et qui les ruinent. Il veut une Europe qui protège, mais c'est lui qui n'a pas réformé la directive travailleurs détachés qui fait qu'il y a 500 000 travailleurs détachés en France. – N'y a-t-il donc rien à conserver dans ce catalogue ?
Le bouclier social par exemple : le président propose une même rémunération sur le même lieu de travail et un salaire minimum européen adapté à chaque pays. On écoute les réactions. – Ces grandes annonces, on les avait eues en 2009, avec le traité de Lisbonne.
Le traité de Lisbonne accumulait des promesses sur le revenu des salariés, sur lutter contre la précarité, pour le progrès social, et le résultat aujourd'hui c'est que rien n'est venu. Or, quand on parle de salaire minimum européen, encore faut-il donner la définition. Il est bien évident que si le salaire minimum consiste à dire : on va avoir un salaire qui correspond en gros à 10% au-dessus du seuil de pauvreté de chaque pays européen, c'est pas un salaire minimum européen, c'est une règle de calcul pour chaque pays européen.
Aller faire de la publicité avec un salaire minimum européen, tout ça c'est de l'amusement, c'est de la poudre aux yeux, c'est une campagne électorale. Il s'agit de propos de bateleur de foire, non pas de président de la République. – Enfin écoutez, il n'y a que les naïfs qui peuvent croire qu'on va imposer aux pays d'Europe de l'est le niveau du SMIC qui est le nôtre, ou alors il a peut-être une autre idée dans la tête, c'est de baisser notre SMIC au niveau de ceux des SMIC d'Europe de l'est. – Au final, cette prose présidentielle ressemble fort à un coup d'épée dans l'eau.
Après presque deux ans de mandat, les promesses ont perdu toute magie. | Y a-t-il deux catégories de députés ? Ceux qui ont droit à la solidarité des représentants de la nation lorsqu'ils sont agressés, et les autres, ceux dont on dirait que c'est "bien fait pour eux".
Le 12 février, l'ensemble des groupes parlementaires avait manifesté son soutien au Président Richard Ferrand, après l'incendie d'un bâtiment lui appartenant, l'occasion également de dénoncer les menaces et agressions verbales dont avaient été victimes 80 députés dans les semaines précédentes. – Pour témoigner symboliquement de notre unité, l'ensemble des présidents des groupes parlementaires m'a accompagné pour ouvrir notre séance. Réuni ce matin, l'ensemble des présidents des groupes de l'Assemblée nationale a condamné unanimement et avec la plus grande fermeté les actes de violence, d'intimidation et de dégradations commises à l'encontre des représentants de la Nation.
Ces actes inacceptables portent atteinte à la République et à la démocratie, tout comme les actes de racisme et d'antisémitisme radicalement contraires aux valeurs de la République, que nous ne tolérerons jamais. Samedi, le député de la France insoumise Loïc Prud'homme a été frappé par des policiers à Bordeaux, alors qu'il s'éloignait de la manifestation des Gilets jaunes. Il s'en est ému mardi lors de la séance des questions au gouvernement. – Monsieur le Premier Ministre, dois-je maintenant me cacher pour éviter la répression politique et l'arbitraire ?
À l'instar de nombreux syndicalistes ou militants écologistes que vous traquez sans répit de Paris à Bure, de Strasbourg à Bordeaux. Dois je m'enfuir en courant devant les forces de l'ordre censées garantir notre sécurité ? Je m'y refuse. – On imaginait que le ministre de l'Intérieur allait condamner ce geste.
Je vous laisse apprécier sa réponse. – Il me semble que ça n'est pas la place d'un député que d'être dans un lieu interdit pour une manifestation, et que ce n'est pas l'attitude d'un député que de se retourner, de provoquer, [bruyantes protestations] de baisser, de baisser, de baisser, le bouclier de protection des forces de l'ordre, [Huées, protestations] et il me semble que un échange avec nos hommes devrait nous permettre d'avancer dans la bonne direction. Voilà, Monsieur le Député. – Outré le groupe de la France Insoumise a quitté l'hémicycle. – Écoutez, quand j'entends la réponse du ministre de l'Intérieur qui me traite de menteur, qui me dit que je suis allé provoquer la police, non mais de qui on se moque ?
De qui on se moque, je marchais ! Attroupement interdit ? Nous étions deux !
J'avais quitté depuis plusieurs minutes la manifestation, j'étais à des centaines de mètres de la place Pey Berland dont il fait référence. Donc il faut arrêter maintenant de prendre les gens seulement pour des imbéciles et de nous faire passer pour des violents. Et ces robots qui se lèvent pour applaudir.
Je voudrais rappeler que aucun, aucun ne m'a apporté son soutien en disant que ce qui s'était passé n'était pas digne d'une République. Ces gens sont méprisables. Depuis le premier jour, je condamne les violences qui se passent à Bordeaux.
Depuis le premier jour, j'alerte le préfet Didier Lallemand sur l'escalade de la violence qu'il organise. Si ça se passe si mal à Bordeaux, c'est pas du fait des manifestants, c'est du fait de la gestion désastreuse du ministre de l'Intérieur et du préfet de la Gironde. – Plus curieux, Christophe Castaner a affirmé qu'il disposait d'un enregistrement vidéo de la scène. – Si une plainte était déposée, cela permettra à celles et ceux qui seraient mis en cause de pouvoir produire l'ensemble des images qui sont à leur disposition et de voir aussi une réalité un peu différente de celle que vous évoquez.
Pourquoi ne pas rendre publique cette vidéo si vraiment les forces de l'ordre se trouvent dans leur bon droit ? À quoi rime ce chantage inédit devant la représentation nationale ? On attend la réponse.
Après le défenseur des droits Jacques Toubon et le Conseil de l'Europe, c'est maintenant l'ONU qui épingle la France pour sa façon de maintenir l'ordre. La haut-commissaire aux droits de l'homme de l'organisation internationale, Michelle Bachelet, a réclamé hier une enquête approfondie sur les violences policières qui accompagnent le mouvement des Gilets jaunes. Elle s'est attirée cette réponse d'Édouard Philippe.
Pardon de le dire comme ça, mais on n'a pas attendu le haut-commissaire de l'ONU pour faire toute la lumière sur l'ensemble des faits dès lors qu'il y a des plaintes, dès lors que nous considérons qu'il faut évidemment faire la lumière. J'aime beaucoup entendre les conseils du haut commissaire de l'ONU, enfin je rappelle qu'en France, on est un État de droit. – N'en déplaise au Premier Ministre, le Chili est, lui aussi, un État de droit depuis 1990, année où a pris fin la dictature du général Pinochet.
Ce même État de droit a porté Michelle Bachelet, avant qu'elle ne devienne haut commissaire de l'ONU, à la présidence de la République à deux reprises en 2006 et en 2014. Michelle Bachelet et sa mère ont été emprisonnées et torturées après le coup d'état militaire de 1973. Son père, le général d'aviation Alberto Bachelet, fidèle jusqu'au bout au président élu Salvador Allende, est mort en prison en 1974 des mauvais traitements subis pendant sa détention.
C'est dire donc combien la commissaire de l'ONU est sensible aux questions relevant des droits de l'homme. Il y a une autre raison, moins connue, à son intérêt pour les techniques de maintien de l'ordre et particulièrement l'emploi du LBD. En 2013, les carabiniers chiliens, l'équivalent de notre gendarmerie, ont utilisé des lanceurs de paintball pour assurer le maintien de l'ordre dans les manifestations étudiantes pour marquer les éléments les plus violents et, le cas échéant, les repousser.
Une bille de peinture sort du canon à la vitesse de 288 km/heure et cause de sérieux hématomes à moins de dix mètres de distance. La protection des yeux et du visage avec des lunettes adaptées est essentielle, tous les pratiquants de paintball le savent, mais par définition, les manifestants portent rarement de telles lunettes. Plusieurs d'entre eux ont été sérieusement atteints au visage par les tirs des carabiniers et l'un d'entre eux y a laissé un œil.
Quelques semaines plus tard, les autorités chiliennes décidaient d'abandonner définitivement les lanceurs de paintball dans les opérations de maintien de l'ordre. Ce que le Chili a fait, la France peut le faire avec les lanceurs de balles de défense, qui envoient des projectiles plus gros à la vitesse de 300 km/h. Aujourd'hui, même le sénat débat d'une proposition de loi visant à interdire l'usage du LBD dans les manifestations.
Hélas présentée par le groupe CRCE, c'est à dire les communistes, cette proposition de loi n'a aucune chance d'aboutir | [Générique]
Loïc Prud'homme