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interviewCNEWS (sur YouTube)· 17 juin 2026 4 min

L'édito de Thomas Bonnet : «Périscolaire : il est temps de rendre des comptes»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Hier au conseil de Paris, Emmanuel Grégoire le maire a annoncé qu'il déposerait plainte à chaque fois qu'il sera dit que la ville de Paris a recruté des pédo criminel ou qu'elle a dissimulé, caché des affaires de pédocriminalité. Thomas Bonet, vous avez été heurté par cette phrase du maire de Paris au moment où la commission d'enquête sénatoriale sur le périscolaire va être créée. Oui.

Face au scandale absolu que constitue l'affaire du périscolaire, la dessence inviterait à la discrétion ou au moins à la modération. Une cinquantaine d'animateurs ont été suspendus pour des suspicions d'agression sexuelle dans des activités périscolaires à Paris. Ça veut dire que des centaines de parents sont potentiellement concernés aujourd'hui par cette affaire.

Des parents qui ont confié leurs enfants au service de la ville de Paris et pour qui il est impératif que des comptes soient rendus. Comment ses parents accueillent-ils aujourd'hui ces propos du maire de Paris Emmanuel Grégoire ? Venir dire qu'il sera désormais interdit de mettre en cause la ville de Paris sous peine de poursuite.

C'est insulter le combat de ceux qui attendent des réponses. C'est faire fi des failles gigantesques dans l'organisation municipale. Enfin politiquement, c'est donner l'impression d'une distance voire d'un décalage avec la nécessaire quête des responsabilités.

Pourtant, Emmanuel Grégoire, le maire donc de de Paris, qui a remplacé Annie Dalgot, mais qui est socialiste comme comme elle l'était, a reconnu des manquement pendant la campagne des élections municipales, acculé par l'ampleur du scandale et devant répondre de sa propre responsabilité en tant qu'ancien adjoint chargé des ressources humaines, Emmanuel Grégoire avait fait honorable. Il avait même reconnu une omerta. C'est le mot qu'il avait prononcé au mois de janvier dernier comme l'a rappelé Enzo Morel sur les réseaux sociaux.

On a pu avoir l'impression qu'Emanuel Grégoire avait pris conscience du laisser aller de l'équipe sortante. Ces premières semaines à l'hôtel de ville ont montré qu'il s'était emparé du sujet en procédant notamment à des enquêtes ayant donc mené à des suspensions. Mais cette phrase prononcée hier risque d'effacer ces mois d'effort.

Elle nous replonge en fait dans le climat de 2015. À l'époque l'opposition de droite alerte sur les signalements qui remontent déjà concernant des animateurs. L'équipe municipale de l'époque autour d'Annie Dalgot n'opposera que son mépris.

Il ne faudrait pas qu'Emanuel Grégoire retombe dans les vieux travers de la gauche parisienne et qu'il comprennent que ce n'est pas sa réputation qui est en jeu. Ce qui est en jeu, c'est la faille d'un système qu'il convient d'interroger pour en empêcher la récurrence, la répétition. À cet égard, la création aujourd'hui de la commission d'enquête du Sénat n'est plus que jamais nécessaire.

Toutes les questions vont pouvoir être posées notamment à Anidalgot, notamment à Emmanuel Grégoire. Ce sera le cas notamment de la part d'Agèveren qui sera la rapporteur de cette commission d'enquête. Hier se tenait aussi le procès d'un animateur du périscolaire accusé d'agression sexuelle.

Il a été relaxé. Quel message ! Quel signal lamentable envoyé aux parents et pire aux enfants qui ont osé témoigner.

La justice a considéré que le comportement du mise en cause était, je cite, inapproprié mais estime ne pas avoir suffisamment d'éléments matériel pour ce qui est des accusations d'attouchement sur les enfants. On est au cœur de ce qui ne va pas dans notre justice. La parole de l'enfant semble ne pas avoir le poids qu'elle devrait avoir.

Qui demain va encourager ses enfants à s'exprimer et à témoigner si la justice ne suit pas derrière ? dire l'animateur, on l'a appris, pourra continuer de travailler avec des enfants. Hier sur l'antenne de C News, un avocat Yv Toledano posait cette question pleine de bon sens que je reprends à mon compte ce matin.

Est-ce que les juges qui ont prononcé cette décision accepteront demain que cet animateur s'occupe de leurs propres enfants ? Si à cette question la réponse est non, c'est bien la preuve que leur décision n'est pas la bonne.