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interviewfranceinfo (sur YouTube)· 11 octobre 2025 12 min

Cyrielle Chatelain : “notre responsabilité, c'est de battre l'extrême droite“

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour et merci d'être avec nous ce matin. Vous êtes présidente du groupe écologiste et social à l'Assemblée nationale. Vous étiez à la Réunion hier à l'Élysée à 14h30.

Réunion qui s'est qui s'est étendue, qui a duré plus de de 2h. Est-ce que à l'issue de cette réunion vous vous attendiez à ce que Sébastien Lecnu soit renommé ? Oui.

Euh on a assisté quand même à un président de la République sûr de son bon droit, euh finalement obtu dans sa vision des choses et nous avions bien vu que l'objectif de la Réunion était uniquement de réimposer ce qu'on appelle le socle commun, c'est-à-dire l'alliance des Macronistes et DLR comme le socle du futur gouvernement. H h Pourquoi ça a pris autant de temps alors ? Pourquoi il a fallu attendre 22h pour que Sébastien Lecornu soit soit renommé ?

Mais je pense que vous l'avez vu. Ce socle commun que le président cherche à tout prix à imposer, il n'existe pas. Il implose de tous les côtés.

C'est Bruno Retaillot qui quitte le gouvernement par tweet. C'est Édouard Philippe qui ne sait plus si finalement son parti rentrera ou non au gouvernement. C'est donc extrêmement instable ce socle.

Vous le prenez comme une provocation ou comment vous analysez-vous le retour de Sébastien Lecornu ? Je pense que c'est pire qu'une provocation euh parce que une provocation, il y a c'est le côté de Macron, venez me chercher. Mais là ça a vraiment un côté de négation totale euh des votes.

C'est-à-dire que non seulement il y a eu un vote lors des législatives où sa politique a été rejetée, depuis par trois fois, aucun gouvernement sur ce fameux socle commun n'a tenu et là finalement il dit un peu enfin comme il l'avait dit en fait finalement il dit un peu au français je vous emmerde je fais ce que je veux. C'est-à-dire que jusqu'ici il justifiait cela en disant le socle commun c'est 210 députés alors que la gauche a moins de de députés et donc c'est le groupe on pourrait dire le le plus nombreux euh aujourd'hui. Vous trouvez que ça se justifie encore si le socle commun implose ?

Non. Et c'est exactement ce que nous lui avons dit. Nous lui avons dit deux choses.

La première chose, c'est pour que ça fonctionne, il faut une séparation et un équilibre dans les pouvoirs législatifs et exécutifs. Ce qui n'est absolument pas garanti en nommant un très proche par deux fois dire le président de la République nomme finalement son bras droit au à Matignon. Donc un déjà cette séparation et cet équilibre des pouvoirs ne fonctionne pas.

Le président de la République continue à concentrer tous les pouvoirs. Et la deuxième chose, c'est que nous avons dit, nous avons 191 députés de gauche et écologiste et il est indispensable à un moment que le vote soit entendu et que la gauche puisse démontrer sa capacité à gouverner et à faire tenir un gouvernement et à passer des textes en discussion à l'Assemblée nationale. Sauf que 191 députés, on est là encore très très loin d'une majorité des 289 députés.

Qu'est-ce qui justifie que ce soit plus un premier ministre de gauche que qu'un premier ministre macroniste ? Trois échecs. Trois échecs depuis 1 an.

Euh cela démontre que il y a à la fois euh Mais quelle serait votre chance de réussite ? Mais je pense que cette chance de réussite, elle repose dans les équilibres. Aujourd'hui, on a une force politique minoritaire dans le pays qui a la présidence de la République, Matignon, la présidence de l'Assemblée nationale.

En fait, ils ont tout. Ce n'est pas possible. Il faut un partage des pouvoirs, c'est indispensable.

Ça veut dire qu'aujourd'hui vous êtes dans une censure a priori euh vous qui réclamiez un premier ministre de gauche. Ça veut dire qu'aujourd'hui nous on est dans la constance. Nous avons toujours dit pour les écologistes, il y a trois socles importants euh dans la politique publique.

Le premier la justice fiscale et les mesures en terme de pouvoir d'achat. Le deuxième, la question de l'ambition environnementale et la troisème, la question du respect de l'état de droit. Euh et donc nous regarderons s'il y a des avancées sur ces trois sujets.

Et nous sommes extrêmement inquiets. Nous avons eu plusieurs discussions avec Sébastien Lecornu lorsqu'il était euh ministre, premier ministre, on va dire première version épisode 1. Il n'y avait aucun bouget sur ces sujets-là à part quelques éléments de continuité dans la fiscalité mais vraiment des choses minimes.

A priori, je pense que Sébastien Lecnu épisode 2 va être finalement dans le même entêtement. Ça veut dire que les écologistes a priori censurent ce ce nouveau gouvernement. Ça veut dire que les écologistes, ils sont constants, ils demandent une rupture politique et que s'il n'y a pas de rupture politique, et bien eux effectivement ils maintiennent la censure.

Mais en fait, il faut arrêter de retourner la situation. On a un président de la République qui passe en force, qui passe en force, qui impose un de ses proches et après qui nous demanderait de le valider. Ce n'est pas comme ça ça fonctionne.

Il y a une demande de rupture et de changement politique qui est profonde parce que la politique aujourd'hui qui est munée ne fonctionne pas. Alors, on sait que déjà Sébastien Lecornu a lâché sur le 493 puisqu'il ne sera pas utilisé lors des débats budgétaires. Et là, on voit le PS qui dit si il y a suspension de la réforme des retraites, on ne censure pas.

Est-ce que vous pourriez dire la même chose chez les écologistes ? Je vous l'ai dit, nous chez les écologistes, bien sûr, nous voterons la suspension des retraites. Nous-même, nous défendrons l'abrogation de la réforme des retraites.

Mais lorsqu'il y a un discours, Non mais c'est pas une question, c'est un discours de politique générale. C'est sur une politique qui sera menée. Quelle sera la politique de ce gouvernement en matière d'énergie renouvelable ?

Par exemple, on voit bien que Sébastien Lecornu était prêt à céder au républicain et traité très proche d'un moratoire sur les énergies renouvelables. Cela pour nous n'est pas possible. Qui a été voté à l'Assemblée nationale hein en première lecture.

Tout à fait. Mais qui a été alors qui a été voté par amendement mais le texte a été rejeté. Donc il y avait bien un refus de l'assemblée d'aller vers cette orientation du moratoire.

La deuxième chose, c'est donc il y a bien sûr la question de l'ambition environnementale et la deuxième chose c'est concrètement à la fin est-ce que la politique qui est mené par ce gouvernement va améliorer la vie des Français à ce stade la copie de Sébastien le cornu n'améliore rien et mais même pas un peu ne rééquilibre pas les choses entre les ultas riches qui se gavent et tous les gens qui aujourd'hui galèrent et c'est ça qu'il faut faire. Est-ce que vous vous êtes attaché à l'attaque Zucman avec ce nom-là ? ce qu'elle représente les 100 millions de patrimoines ou est-ce que une autre taxe euh qui ne toucherait pas par exemple certaines entreprises qui ne font pas de bénéfice et cette dividende, on va pas les les reciter, ça pourrait vous ça pourrait vous convenir ?

Nous euh il y a il faut le dire grâce euh aux écologistes à la gauche, grâce à la mobilisation sociale, le gouvernement a un peu ouvert les yeux et Sébastien Lecnu nous a dit effectivement je reconnais que euh les 4000 foyers les plus riches de France payent finalement moins d'impôts que ce qu'il devrait, c'est-à-dire autant que des classes moyennes. Et ça c'est pas acceptable. à cause de l'utorisation fiscale.

Oui. À cause de ce qu'on appelle les holdings, c'est-à-dire des structures qui sont fait pour c'est des espèces de tirli géantes où ils mettent leur argent et ce qui permet d'être moins imposé. Donc ça dit qu'il allait les taxer.

Oui. Enfin, il a dit qu'il allait taxer à minima sans toucher au bien professionnel. Et on sait qu'en fait ces valeurs là, si on prend Bernard Arnaud, son patrimoine, c'est des actions au sein de ces entreprises.

Et donc si on enlève les actions, bah en fait on taxe pas grand-chose, on continue à protéger cette tirlire géante. Et donc la question c'est est-ce qu'on va aller toucher à ce patrimoine là qui fait qu'ils peuvent emprunter autant qu'ils veulent, qui fait qu'ils arrivent à vivre bien au-dessus de ce que chacun la manière dont chacun d'entre nous vivons. En fait, la question c'est le partage des richesses.

Ça peut être la taxe zucmane. Ça peut être une modification de ce qu'on appelle le dû treuil, c'est-à-dire un une fiscalité moinre pour tous ces héritages doré chez les très très riches. Ça peut être un retour de l'IFF et de l'ISF climatique.

En fait, on peut trouver plein de formules. On peut même mettre les biens professionnels dans la taxe des holding. À la fin, nous savons qu'il faut aller chercher 20 milliards d'euros sur ces ultra riches.

C'est ça le sujet. Est-ce que cette cacophonie gouvernementale et cette cacophonie politique finalement à laquelle tout le monde participe ne bénéficie pas au rassemblement national ? Là où alors un oui, on doit tous faire mieux.

La première chose qu'on entend, tout le monde nous dit en gros vous êtes tous des nazes et on a du mal à leur dire le contraire. C'est pour ça que je vous expliquais qu'on essaie d'être constant dans notre posture au sein du groupe écologiste et social. On est très clair sur nos lignes de force et sur le fait qu'on souhaite discuter mais qu'il faut qu'il y ait des bougées et une rupture dans la politique.

Euh la deuxième chose c'est que ce qui est en train de profiter au Rassemblement national, il participe aussi de la cacophonie. Euh en fait, on sait jamais. Alors là, ils ont pris une décision cette dernière semaine, mais pendant des mois, ils ont dit "On c'ensure, on censure peut-être pas." Ils ont joué en fait de manière assez trouble.

Sauf que un, c'est peu révélé. On voit bien qu'il y a une intérêt beaucoup plus forte sur les crispation notamment à gauche. Et deuxièmement, ce qui est en train de se passer et ça a été dit juste avant euh que que j'arrive, c'est-à-dire que c'est une recomposition, c'estàdire que les LR sont en train les républicains la droite sont en train de se raller à l'extrême droite et ça c'est extrêmement dangereux.

C'est-à-dire que euh finalement c'est une disparition euh de l'offre politique golis républicaine qui se font euh dans l'extrême droite française. Et ça euh oui, c'est un danger. Hm hm. euh le le Rassemblement national euh s'en surt, est-ce que du coup vous n'avez pas vous à prendre vos responsabilités à à trouver coûte que coûte un accord avec euh ce qui reste du socle commun ou euh pour éviter justement une dissolution qui amènerait peut-être le Rassemblement national au pouvoir ?

Notre responsabilité, c'est de battre l'extrême droite. Pour ça, il faut un que la gauche, elle s'unisse. Il faut arrêter les querelles de chapelle quand c'est la France qui est en danger.

On se met d'accord. La deuxième chose, il faut pas faire le coûte que coûte parce que si à la fin la gauche devient le finalement l'excuse pour Emmanuel Macron de continuer sa politique, je pense que c'est laissé un champ énorme à l'extrême droite qui se posera en seul opposant. Aujourd'hui dans le bordel, la pour moi la seule boussole c'est effectivement un peu de la clarté et de mais en fait de répondre au mandat des électeurs.

Je pense que les gens ils en ont marre de voter et avoir des gens qui font l'inverse de ce qu'ils ont dit. Donc oui, on est capable de discuter mais on peut pas nous demander de nous renier parce que Emmanuel Macron veut garder tous les pouvoirs. Est-ce qu'Emmanuel Macron doit quitter le pouvoir ?

La question se pose sérieusement. Vous voterez la destitution puisque il y a une motion destitution qui va être à nouveau proposée par la France insoumise. La destitution avait été signée par une majorité des membres du groupe écologiste et social.

Et vous savez avant qu'elle passe dans l'hémissique, il y a le bureau de l'Assemblée nationale qui vote sur sa recevabilité. Nous avons voté cette recevabilité parce qu'on le voit le départ du président de la République est aujourd'hui dans le débat dans la société et ce débat de société, il doit aussi avoir lieu au sein de l'hémicycle. Donc vous souhaitez qu'il s'en aille avant 2027.

Aujourd'hui, la responsabilité du président dans ce bordel, son obstination à garder le contrôle de toutes les manettes et y compris le contrôle à Maton de refuser une séparation des pouvoirs et je pense l'une des causes du de du trouble qu'il y a aujourd'hui au sein de l'État et au sein de la société. Donc il doit partir mais ça ça sera à l'assemblée de de le décider. saz moi j'étais je n'ai pas assigné la destitution euh mais je suis en train de cheminer en me demandant est-ce qu'à un moment on aura euh d'autres choix que de dire à effectivement qu'Emmanuel Macron euh ce n'est plus possible.

Merci à vous Cyriel Chaelin d'avoir été avec nous ce matin, président du groupe écologiste et social à l'Assemblée nationale.

Cyrielle Chatelain : “notre responsabilité, c'est de battre l'extrême droite“ — Cyrielle Chatelain · Pourquijevote