Marine Le Pen et Jordan Bardella chahutés lors d'un déplacement dans la Sarthe
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Europe 1. 16h-18h, Eliott Deval et vous.
17h sur Europe 1 et on poursuit Eliott Deval et vous jusqu'à 18h, édition spéciale consacrée donc à cette candidature de Marine Le Pen et les réactions politiques qu'il se multiplie depuis son annonce hier aux 20h de TF1. Sébastien Ligné est toujours avec nous tout comme Hélène Rouet. Il nous a rejoint dans le studio Jean-Christophe Gallien, politologue, expert en communication publique et spécialiste des campagnes électorales. Ça tombe bien de vous avoir, cher Jean-Christophe. Merci d'être avec nous. Premier déplacement dans la Sarthe pour Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Déplacement perturbé par des militants de l'extrême gauche, militants d'ailleurs assumant les pancartes CGT, LFI, Europe, Écologie, Les Verts. C'est intéressant de voir d'ailleurs comment ces militants imaginent l'état de droit puisque Marine Le Pen se pourvoie en cassation. Le pourvoie est donc suspensif, elle est présumée innocente. Mais peut-être que ces personnes qui souvent hurlent à l'état de droit sur les questions de sécurité, sur les questions de pouvoir d'achat, d'immigration, sur les questions de justice bien sûr, oublient cette notion-là quand il est question de Marine Le Pen.
Je voudrais non pas écouter Marine Le Pen mais Jordan Bardella parce que l'idée c'est d'un ticket gagnant, un duo, Marine Le Pen à l'Élysée, Jordan Bardella à Matignon.
Je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine parce que des millions de Français attendent aujourd'hui le changement. Ils attendent un sursaut après dix années d'Emmanuel Macron qui ont fait un mal considérable à notre pays. Et donc je me réjouis qu'on puisse ensemble entrer en campagne pour offrir aux Français et offrir au pays l'alternance que le pays mérite et que les Français attendent.
Et je vous propose d'écouter attentivement ces militants d'extrême-gauche qui hurlaient à plein poumon contre la présence de Marine Le Pen dans cette ville. C'était la ville de La Flèche, ville qui a été remportée par le Rassemblement National aux élections municipales. Et je vous propose d'écouter Marine Le Pen qui a réagi à ces tensions, le déplacement qui a dû être écourté, ça devait être un déplacement d'une heure trente, elle n'est restée avec Jordan Bardella qu'une quarantaine de minutes. Vous avez pu entendre cet échange entre un militant sympathisant du Rassemblement National qui lui dit à cette militante aux urnes en 2027. Et sa réponse c'est de dire voleuse.
Écoutez la réponse de Marine Le Pen qui revient sur un autre événement. Cette fois-ci c'était pas sur le terrain, c'était à l'Assemblée Nationale. Cette extrême-gauche qui bordélise jusque dans les couloirs de nos institutions à l'Assemblée. C'était au moment du vote pour la loi sur la présomption de légitime défense pour les policiers. Et il s'avère que plusieurs militants, dont Assa Traoré, étaient présents dans les couloirs. Et ont tenté du moins d'interpeller les députés qui étaient en train de voter.
Je pense que vous avez vu, comme moi, les images absolument déplorables de l'Assemblée Nationale hier. La France insoumise se comporte aujourd'hui comme un véritable pourrisseur de notre démocratie. Ça n'est pas admissible. Je veux dire, on peut combattre sur le fond des adversaires politiques. On ne peut pas tenter de les empêcher physiquement d'aller à la rencontre des électeurs, comme ils cherchent à le faire aujourd'hui. On ne peut pas brutaliser l'Assemblée Nationale, hurler au risque d'ailleurs de blesser un huissier, car il y a un huissier qui a même failli chuter avec le comportement absolument inadmissible et condamnable du clan Traoré soutenu par la France insoumise.
Donc la France insoumise doit aujourd'hui retrouver la raison et le sens du fonctionnement démocratique de notre pays. C'est extrêmement important. Maintenant, je vais vous dire une chose extrêmement claire. Jordan Bardella et moi-même, on est ici parce qu'on démarre la campagne présidentielle. Je ne vais pas passer la campagne présidentielle à vous faire des analyses juridiques. La cour m'a rendu mon éligibilité. La suite suivra en quelque sorte son cours.
Moi, ce que je souhaite, c'est que l'on parle maintenant de politique, parce qu'il en va de l'avenir des Français, qu'ils attendent des réponses à leurs problèmes quotidiens, le pouvoir d'achat, l'insécurité, la désindustrialisation, le niveau très bas des salaires. C'est cela qu'ils attendent. Ce n'est pas des analyses juridiques permanentes.
Marine Le Pen qui lance sa campagne. Une campagne à peine lancée et déjà perturbée. Jean-Christophe Gallien, comment vous décodez, décryptez la séquence qu'on vient de vivre de la condamnation en appel, de son annonce de candidature aux 20 heures et de ce premier déplacement ?
Je crois qu'on a eu...
Vous avez trois heures. Exactement.
On a le lancement de la campagne, premier niveau, c'est hier. Cette décision nous ouvre enfin ce que sera cette campagne. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est la bande-annonce, pour le coup, de ce qu'elle va être dans sa forme, très violente, très agressive. On ne découvre pas grand-chose. Ça, c'est la ligne éditoriale, si je peux le dire comme ça, de la France insoumise. Mais d'autres aussi, parce qu'ils ne sont pas les seuls à jouer et venir sur le terrain des valeurs, à Gabriel Attal hier aussi. Sur la première de Marine Le Pen hier soir, je l'ai trouvée très émue. Et je pense que c'est la clé de ces deux premiers jours. Il y a eu beaucoup d'émotions.
D'abord chez elle, j'ai trouvé quelqu'un qui aurait pu avoir un grand sourire, qu'il y aurait pu être quelqu'un qui sortait de la gravité du moment pour dire « ça y est, c'est lancé, j'ai gagné. » J'ai gagné parce qu'en fait, finalement, les juges m'ont rendu mon éligibilité, ce qu'elle dit aujourd'hui, avec beaucoup plus de force. Et ça, c'est le premier point. Donc, il y avait beaucoup d'émotions, on le sentait. D'ailleurs, pas tellement aidé par M. Boulot hier sur TF1, qui n'est pas, on le sent bien, son meilleur ami, en tout cas, on peut l'imaginer. Et puis de l'autre côté, aujourd'hui, j'ai trouvé un Jordan Bardella. Et c'est compliqué. Là aussi, on est dans l'humain.
La politique, c'est aussi de l'humain. Et hier, il y avait de l'humain chez Marine Le Pen. Et ça, ça m'a plutôt, quelque part, aussi fait plaisir dans l'idée qu'on a de l'humain dans la politique. Et aujourd'hui, je l'ai trouvé, lui, pas dans ses verbatis, mais dans son attitude physique, dans sa capacité. Bah oui, il est maintenant revenu au pas de tir. C'est compliqué. C'est quelqu'un qui a été lancé vers une campagne présidentielle, très concrètement. Et donc voilà, ce binôme qui crée une novation, parce qu'une novation, pour le coup, politique en Ve République, un ticket, un ticket qui est sort de président, vice-président, président, premier ministre, c'est pas à l'usage en France.
Et donc, il va falloir trouver ses marques. Et hier, c'était le temps de l'émotion, encore aujourd'hui. Et on a l'avant-goût.
Jean-Christophe Gallien, politologue, expert en communication politique, spécialiste des campagnes électorales. Rien que ça, il est avec nous. 17h09 sur Europe 1, et on va prendre le pouls des auditeurs. 01, 80, 20, 39, 21, si vous souhaitez réagir. Anaïs est en direct avec nous. Elle nous appelle du Rhône. Bonjour Anaïs. Bonjour. Merci de réagir en direct. Vous avez entendu ces premières tensions, Anaïs, sur le terrain, lors du déplacement dans la Sarthe de Marine Le Pen et de Jordan Bardella. La campagne est lancée, la campagne est déjà mouvementée, Anaïs.
Tout à fait. Alors moi, je voulais juste revenir sur un point. Déjà, ce n'est pas mon vrai nom, parce que je n'ai pas le droit de dire mon vrai prénom. Pourquoi ? Parce qu'on est dans une France où on n'a plus de liberté. Je suis désolée, on n'a plus de liberté. Je travaille pour un service public. Donc, je suis amenée à avoir les usagers tout le temps. Et moi, j'estime que ce que fait Marine Le Pen, c'est très bien. Et moi, je vais même l'encourager, même si elle a un bracelet, qu'elle aille jusqu'au bout. Parce que vous avez beaucoup de gens qui râlent, mais qui ne vont jamais devant les urnes. Et par contre, pour gueuler, ils savent gueuler. Il n'y a pas de souci.
Nous, nous sommes le dernier phara, on va dire, tout ce qui est service public. Je ne vais pas énoncer tous les services publics. Où vous avez des gens, ils peuvent s'exprimer. Donc, bien sûr, ils exposent devant nous. On est tous dans un moment où on se rend compte qu'on doit faire du psycho, du social. En fait, qu'on n'était pas amené de là-dessus. J'ai quand même un certain âge. Je ne me sens pas vieille. J'ai 55 ans. Moi, tout ce que je dis, c'est que là, bien sûr, c'est elle qui visait. Pour moi, ce sera une très belle présidente. Parce qu'elle connaît le monde politique. Elle a quand même vécu avec son père. Moi, je n'en ai pas du tout le père. Voyez-vous, par rapport à la fille.
Et elle s'en est séparée au moment où elle considérait que les positions du père n'étaient plus tenables à l'échelle nationale.
Nationale, on est bien d'accord. Mais est-ce que vous vous rendez compte, je ne sais pas si les gens se rendent compte, de bannir son père qui a créé un parti politique. Il y avait des choses bien, mais vraiment des choses pas bien. De reprendre, de retoucher, de mettre son père à la porte et ne pas lui parler pendant quelques temps. vous touchez à une personne. Ce n'est pas qu'une partie politique.
Ce qui m'intéresse, au-delà de refaire l'histoire de Marine Le Pen, c'est de votre histoire. C'est-à-dire, vous êtes, Anaïs, vous travaillez dans le service public. Vous voyez ce service public qui est en train de s'effondrer. Vous avez aujourd'hui...
Je vais vous couper la parole. Je vais vous dire une chose. Quand en haut, tout en haut, ça ne marche pas, ça ne peut pas marcher en bas, ce n'est pas possible. Ce n'est pas possible.
Mais au moins, puisqu'on ne connaît pas votre prénom et que le Rhône est quand même un territoire assez grand, on peut quand même savoir dans quel service public vous travaillez ?
Eh bien, vous savez, moi, je travaille en mairie, c'est-à-dire liberté, égalité, fraternité. Travailler en mairie. Voilà. Liberté, il n'y en a plus parce qu'on est toujours...
Est-ce que c'est une mairie qui épouse les idées politiques de votre candidate, visiblement, Marine Le Pen ?
Alors, non. Mais par contre, c'est une mairie qui a été pendant des années, des années, des années en gauche et qui est assez de droite. Alors, n'en dites pas trop, Anaïs.
Parce que là, on commence à... Voilà. Je n'irai pas plus loin. Sinon, le lendemain, je vais arriver au travail, je ne m'en prends pas à la gueule et je vais t'en prendre. J'entends. Mais ce qui m'intéresse, c'est que même si demain, Marine Le Pen a un bracelet électronique, eh bien, vous, donc, condamnez, c'est-à-dire que le pourvoi en cassation vient débouter...
Mais condamnez quoi ? Condamnez quoi ? Parce que du moment qu'elle est en pouvoir de cassation, si vous, tout le monde... Parce que j'aime bien, tout le monde explose dessus. Si on doit connaître un petit peu la loi, vous savez très bien que toutes les peines, ou tout ce qu'on lui a reproché avant, c'est fini. À part en cassation, il n'y a plus de peine. Il n'y a que la cassation qui peut lui enlever le bras de pied. J'entends.
On est d'accord. Oui, mais alors, Anaïs, juste, je donne, peut-être que vous n'aviez pas cette dernière information, la cour de cassation pourrait se prononcer au plus tard, au plus tard, en avril 2027. Donc, on comprend aujourd'hui que l'arrêt de la cour de cassation sera finalement très certainement rendu, sauf s'il y a des facteurs procéduraux, c'est-à-dire en faire retarder la procédure. Alors, ça devrait être rendu avant avril 2027.
Oui, pour que ça soit un bracelet, machin, j'ai bien compris. Mais ne vous inquiétez pas, j'ai bien compris tout ça. Mais il faut vous dire une chose. Si je peux finir, vraiment, si je peux finir.
Non, mais c'est parce que, cher Anaïs, ce n'est pas ça, c'est qu'il y a beaucoup de monde au standard.
Je sais, mais je voudrais juste finir avec cette phrase, si vous permettez. Mais bien sûr. En fait, c'est sur... Allez, je vais vous prendre trois minutes.
On va revenir à Mitterrand. Ah non, attendez, Anaïs, s'il vous plaît.
Deux minutes. Alors, attendez, je finis, je finis. On va revenir à Mitterrand. Mitterrand n'a jamais été en prison. Et ceux qui ont notre génération, ce qui se passait avec Greenpeace, lui, il n'a jamais été inquiété. Elle, on l'incrimine. Alors, le journaliste hier de Téphane, complètement nulle. Parce qu'elle a été prise pour avoir donné de l'argent, parce que c'était européen, pour le national ou vice versa. D'accord. Moi, j'étais contractuelle pendant cinq ans. La mairie m'a mis sur plusieurs missions pendant cinq ans. Au bout de trois missions, maintenant, vous êtes titulaire. Moi, moi, c'est ça pendant cinq ans.
Donc, en fait, l'État fait à nous ce qu'il ne devrait pas faire, mais reproche à des gens politiques de le faire. Il y a un truc qui ne va pas. Et pour moi, il y a un truc qui ne va pas.
J'ai pas tout saisi, mais ce que je comprends, chère Anaïs, c'est que vous avez vu, faute de personnes et de personnel, dû étendre vos champs de compétences, alors que finalement, vous n'en y aviez pas, peut-être, les possibilités. Il est 17h15 sur Europe 1. On revient dans un instant pour poursuivre avec les réactions. On va écouter Emmanuel Macron, qui, vous savez, là, c'était l'OTAN. Non, ça ne rigole pas. On parle de la guerre. C'est gênable avec les lunettes. Bien sûr. Oui, mais ce n'est pas la première. D'ailleurs, il y a peut-être un sujet avec ses lunettes. Pourquoi il les a remises ? Il y a de nouveau un problème. Il a fait une petite poussière. Non, mais attendez, c'est sérieux.
Non, mais c'est un vrai problème de santé. C'est récurrent. Oui, mais j'espère qu'on lui souhaite quand même un promptement d'établissement à notre président de la République. J'espère qu'il va bien.
Il y a aussi un peu de communication derrière. Il est ravi de ressortir ses lunettes de soleil. Mais non.
17h16 sur Europe 1. On revient dans un instant.
Marine Le Pen