Guerre à l'école : comment l'Etat vend la guerre aux élèves
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Chapitres
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Propositif 10 %Attaque 67 %Défensif 19 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« L'objectif, je les ai bien rassuré he c'est de pas du tout recruter les élèves. C'était vraiment leur véhiculer des des valeurs citoyennes, des valeurs de cohésion, des valeurs de notre République. »
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« Ces classes s'appellent classe défense. »
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« sensibiliser les jeunes aux menaces contemporaines. Donc on est en danger, il y a la guerre qui est là, il faut absolument être vigilant et cetera. »
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« il faut augmenter la surface de contact entre l'armée et la jeunesse. »
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« le budget du ministère des armées est passé devant le budget de l'éducation nationale. »
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« on les met en conditions directe et donc là faire rentrer l'armée dans les écoles c'est la même chose. »
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« vous n'avez pas d'avenir, nous on vous en offre un mais sous l'étendard tricolore et au service des forces armées. »
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« découvrir les enjeux de la défense et de la sécurité globale et la diversité des métiers et des parcours associés. »
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« Le réarmement des esprits commence sur les bancs de l'école. »
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« la France mène des opérations militaires sur le territoire notamment africain mais aussi en Afghanistan en moyenne une fois par an depuis la fin de la guerre d'Algérie. »
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« la militarisation des frontières comme par exemple la frontière franco-britannique où il n'y a pas de guerre à proprement parler est transformé en zone de menace. »
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« Le PS a participé à toutes les guerres coloniales du Vietnam à l'Algérie. »
Temps de parole
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This is the of house show 969. You've been listening to an exclusive guest mix by Tour Morb from Paris, France. Beautiful music. He started out the mix with brand new remix that he did onic teeth that I played a few months ago with the rock on vocals. Really nice tunes. Check out the full track list and also download this mix so you can listen again [musique] at deepershades.net/969 right there. You can also download the previous first hour. Find the full track list of my [musique] mix there as well. And also archive, hundreds and hundreds of shows.net. 3 2 1 C'estem, bienvenue sur Parole d'honneur. Aujourd'hui, on va parler de la question de la militarisation à l'école.
Quand on parle de la militarisation, évidemment, on pense au budget de la défense, aux usines d'armement, aux soldats et aux guerres qui se préparent. Mais on parle moins de l'école. Pourtant, l'école est l'une des principales institutions par lesquelles l'État organise la jeunesse. Elle transmet des savoirs, distribue des diplômes, oriente les trajectoires professionnelles, apprend des règles et forment un certain rapport à l'autorité. Depuis plusieurs années, on voit se croiser plusieurs phénomènes.
Le renforcement des politiques de sécurité à l'école, la gestion des controverses religieuses, la répression de certaines mobilisations, le développement des liens entre établissement scolaire et armé et l'accélération du réarmement. Est-ce que ces phénomènes sont liés ? Et si oui, comment ? Notre hypothèse est que dans un contexte de crise du capitalisme et de préparation à un environnement de guerre, l'école peut et va sans doute participer à deux processus. D'un côté, discipliner et organiser la jeunesse. De l'autre, rendre plus acceptables les choix économiques, politiques et militaires de l'État.
Nous allons donc suivre les rapports de force qui décide, qui finance, qui est contrôlé, qui est recruté, qui combat et qui profite. Et surtout, nous allons nous poser une question. Quelle place est laissée à la jeunesse lorsqu'elle refuse le rôle que l'État lui a signé, c'est-à-dire potentiellement de la chair à canon. Avec moi ce soir, Mariam. Salut Cham, ça va ? Présentatrice de Parole d'honneur. Ouais. Mais tu es aussi l'autrice d'un très bon tout de suite tout de suite. [rires] Autrice l'autrice. Bah tu es l'autrice d'un d'un très bon mémoire sur la question de la militarisation à l'école parce que les gens savent peut-être moi.
Futin temps, j'étais étudiante futint [rires] et j'avais fait un de mes mémoires. J'ai fait de mémoires et un de mes mémoires portait sur le le partenariat entre le entre l'éducation nationale et le et le ministère des armées justement qui est un partenariat d'éducation à la défense et donc je vais y revenir après mais c'est je vais y revenir après. C'est avec nous aussi du coup Sophie Gigo, tu es philosophe aussi membre du CALAP qui est un collectif antifasciste sur les questions de résistance au sein de l'éducation, des métiers de l'éducation, défense des libertés académiques et pédagogiques. Précisément.
Voilà, tu es aussi la coautrice d'un livre qui est sorti aux éditions textuelles qui s'appelle l'extrême droite contre les professeurs. Donc voilà. Bonjour. Bonour. Ah, c'est bien ça. Ouais. Voilà. Euh, puis douillard le Fèvre, donc tu es évidemment un militant mais pas seulement. Tu es aussi l'auteur d'un bouquin qui est sorti aux éditions Divergence qui parle de la question de la militarisation. D'une manière générale. J'ai oublié le titre. Maudite soit la guerre. Maudite soit la guerre. Voilà, un très beau titre.
Manuel de résistance antimilitariste pour donner des petites billes notamment aux plus jeunes factuels pour résister à l'air du temps hégémonique sur la militarisation et les discours guerriers. Voilà. Et donc en tout cas, merci beaucoup de ta présence parmi nous. Et enfin, monsieur Said Boamama, auteur de nombreux ouvrages que que j'oublie pas et tu as écrit un livre récemment qui s'appelle contre le fascisme qui vient, c'est ça ? Ou le fascisme qui vient. Comprendre pour résister. Le sous-titre est important. [raclement de gorge] Ils ont pas gagné. Il y a des mouvements contradictoires dans la société. À nous de renforcer certains et d'en défaire d'autres. Voilà.
J'aime aussi me présenter toujours comme militant. parce que j'ai une conception de la recherche qui est de le relié au militantisme et donc je suis militant du franc un des immigrations et des quartiers populaires. On a donc grande association qui qui a accompagné en tout cas beaucoup de personnes dans le nord donc voilà le le nord de la France grand espace politique.
Donc aujourd'hui, on va on va commencer, moi je vous propose de commencer cette émission par une petite vidéo qui va vous donner le le la le à peu près qu'est-ce qu'on nous mange puisque vous êtes peut-être pas au courant, l'information est passée un peu sous silence mais cette année c'est le début de ce qu'on appelle les classes défenses. Donc pour exprimer très brièvement, on va voir c'est quoi dans la vidéo, c'est des sortes de de partenariat entre l'armée et l'éducation nationale pour préparer au métier. Quand tu dis début, ça veut dire quoi ?
Parce que ça existe depuis longtemps les classes des Non, à mon avis, il y a confusion entre le service militaire volontaire qui est rentré cette année et les classes des forces. On va y un certain nombre d'années et la je et la la journée de d'appel à la défense qui a été profondement. On va on veut on va y venir très brièvement mais cette notion de classe défense a été renforcée dans le Oui, bien sûr. Voilà. Alors, tac. Donc c'est la le second euh alors attendez 2 secondes. Le collégion non service. Les classes défenses c'est quoi ? Alors c'est toi qui lance ? Ouais c'est moi qui lance. Bravo. C'est une galère.
C'est quoi ces classes où il y a des militaires qui viennent te parler de sécurité ? On a peut-être jamais entendu parler comme moi ces classes appellent classes défens dans des collèges ça concerne 32000 élèves de comme Redou faut être volontaire pour intégrer ses classes. Les élèves, il y construisent un projet, ça peut être une action citoyenne ou un travail sur l'histoire et la mémoire. Dans cette classe de 3e, c'est autour de l'amitié franco-allemande. Lily Rose nous explique la différence avec une classe normale. C'est juste qu'on va forcément plus travailler en équipe, c'est sûr parce qu'on est une classe défense, on est tous très soudés.
D'ailleurs, c'est le même fonctionnement qu'une classe normale. Juste on lit un peu tout au projet classe défense. Bon, alors on va pas se mentir, ce genre de classe, ça plaît pas à tout le monde. Il y a des parents et des enseignants qui se demandent si ça serait pas pour recruter des jeunes dans l'armée. Voici ce que répondent les professeurs et les militaires eux-mêmes. L'objectif, je les ai bien rassuré he c'est de pas du tout recruter les élèves. C'était vraiment leur véhiculer des des valeurs citoyennes, des valeurs de cohésion, des valeurs de notre République. Peut-être que des jeunes vont s'imaginer euh le métier de militaire par le prisme juste de la guerre ou de certains films.
En fait, c'est important peut-être juste de leur montrer qu'il existe plein de métiers, plein d'horizons différents. Ces classes, ça fait 20 ans qu'elles existent et il y en a de plus en plus depuis 2 ans et c'est une volonté du gouvernement. Il vient d'ailleurs de relancer le service national sur la base du volontariat. 10 mois de formation à partir de cet été pour les plus de 18 ans qui le souhaitent. C'est quoi ces classes où il y a des militaires qui viennent te parler de sécurité ? Tu en as peut-être jamais entendu parler comme moi. Ces classes s'appellent classe défense. Voilà.
[grognement] Du coup, évidemment c'est ces classes n'ont pas pour objectif de recruter comme l'a dit cette charmante enseignante. Mais c'est un peu vrai. Mais c'est un peu vrai. À vousf, à ton avis pourquoi ? un peu vrai que c'est pas fait que pour recruter. En gros, dans les classes défense, donc ils font partie de toute cette politique là de d'éducation à la défense nationale qui est mise en place donc dans les écoles depuis 1982 et qui fait suite à d'autres choses et qui a pour but de retisser un peu le lien entre les la jeunesse et et la nation.
Et forcément quand on fait un partenariat, c'est un partenariat qui avait été mis en place par le Parti socialiste Soumitan et quand on fait un partenariat comme ça où tu mets l'école et l'armée, forcément il faut trouver une façon pour que ça passe crème entre guillemets. On va pas dire on va venir dans les armées, on va s'entraîner avec des armes. Et donc a été enfin a été constitue toute une conception de la citoyenneté, des valeurs de la République, de la laïcité, de la liberté qui intègre la défense. En fait c'est les valeurs de la République y compris la défense. la défense qui est un peu diluée parmi tout ça.
Et donc ils ont même développé dans les dans les programmes scolaires ce qu'ils appellent la notion de la défense globale et c'est une défense en fait on enseigne la défense [toux] comme quelque chose sécuritaire humanitaire la défense environnementale et donc la défense culturelle et donc la défense c'est un peu partout et nulle part à la fois mais pour un peu diffuser bah en fait les idéos clairement enfin l'intention enfin comment dire la politique de défense de l'État il y a pas de doute sur ça mais que ce soit un peu dilué parmi un peu toutes les disciplines on va la prendre en l'art on va faire des visites culturell ça va être en histoire géograque Donc ça va être un petit peu partout.
C'est la défense globale. C'est pour créer un citoyen qui est proche de l'armée mais qui a pas forcément le citoyen qui va aller entre guillemets au service militaire mais qui en tout cas va adhérer idéologiquement à ce trucl de la défense nationale un peu abstraite. D'ailleurs, on aimerait bien savoir ce que c'est exactement la défense nationale [rires] parce qu'ils disent pas. on dise voilà il y a les militaires, on est là, on apprend la défense et on sait pas exactement ce qu'il y a ce qu'il y a derrière quoi. C'est Oui. Ce qui est extrêmement intéressant, [raclement de gorge] c'est de regarder la montée en charge du processus.
Euh on a jusque 2016 un nombre très restreint de classe défense et en 2016 c'est le contexte des des attentats et la réponse à ça va être une décision d'accélérer les classes défenses. Ensuite, il va y avoir un accord entre les deux ministères des des armées et de l'éducation nationale. Et malgré cela, jusqu'en 2021, on a que 300 classes défense. À partir de 2023, il y a la décision d'accélérer et en 2026, ça a été dit dans le reportage, on en est on en est à 1200.
Quant aux objectifs, tu as à la fois raison et à la fois ça comprend quand même une dimension de recrutement puisque moi j'ai été regardé sur le site de du ministère de des armées, c'est sensibiliser les jeunes aux menaces contemporaines. Donc on est en danger, il y a la guerre qui est là, il faut absolument être vigilant et cetera. aux enjeux géopolitiques. Oui, on a des ennemis qui sont qui nous menacent pour demain matin et cetera et au rôle des forces d'armées. Heureusement qu'on a une armée et il nous faudrait il nous en faudrait une encore plus forte. Et puis euh l'autre dimension, c'est indiqué telle qu'elle, c'est de sensibiliser au métier de la défense.
Et donc il y a bien une dimension de recrutement qui est qui est présente dans ces classes. Bah effectivement le l'armée française dit régulièrement, elle a cette formule incroyable de il faut augmenter la surface de contact entre l'armée et la jeunesse. augmenter cette surface de contact, c'est-à-dire vraiment créer une porosité, créer de plus en plus de rencontres et c'est absolument pas anodin finalement que ce soit des militaires en uniforme, on le voit qui interviennent auprès des des élèves.
Et ce qui se passe en réalité, c'est que il y a une grande cohérence entre d'un côté l'éducation nationale qui se fait dépouiller de ses moyens et d'ailleurs on est en plein dans le sujet puisqueil y a un soulèvement lycéen ces derniers ces dernières semaines. et de l'autre côté l'armée qui dispose de crédit militaires titanesqu, on le rappelle le plan la loi de de programmation militaire qui a débloqué 400 milliards il y a 5 ans pour l'armée française. Et là, depuis 2026, le budget du ministère des armées est passé devant le budget de l'éducation nationale. Faut faut se rendre compte de la gravité puisque historiquement le budget de l'éducation nationale, c'est le premier budget de l'État.
C'est des millions d'élèves qui vont en cours, des centaines de milliers de personnels et là, ça y est, l'armée est passée devant. Alors, ce qui est intéressant, c'est que justement pourquoi ces classes défense augmentent aussi vite ? Mais tout simplement parce que alors déjà c'est très intéressant, on voit des des enseignants, des jeunes enseignants complètement dépolitisés. Je pense même pas, enfin, il y a une droitisation du corps enseignant. Il y a quasiment maintenant 20 % du personnel de l'éducation nationale qui vote RN dans dans ces ea-là. Mais il y a une dépolitisation totale.
Il y a plus du tout cette culture antimilitariste qu'on avait dans les syndicats enseignants il y a peut-être 20 ou 30 ans. Mais il y a une deuxième dimension, tu l'as dit, c'est que pour faire des sorties scolaires, pour faire des activités, pour faire des événements avec les élèves, et bien les enseignants n'ont plus de budget, sauf s'ils font une classe défense. Donc un un prof un peu dépolitisé, un peu droitisé qui a besoin d'argent et de moyens pour faire des sorties à ses élèves, et ben il va faire une classe défense, sauf qu'il fait rentrer l'armée dans les écoles.
Et puis une dernière chose quand même ces dernières années, il y a de plus en plus une logique pas forcément de recrutement mais d'habituation, d'acclimatation. Moi, je je suis un petit peu le sujet. C'est arrivé que dans des cours de lycée, il fasse rentrer par exemple un blindé ou du matériel militaire.
lors de la journée de préparation à la défense là, la JDC, nous quand on était alors voilà, moi j'ai 35 ans, quand on était jeune, c'était un questionnaire un peu nul, un discours un peu nul et puis on mangeait du poulet frites et à la limite on s'ennuyait et il y avait ceux qui avaient les moins bons résultats, c'est horrible hein, de à la dicté à la fameuse dictée qui était approché par l'armée pour être recruté depuis cette année. C'est une mise en condition comme tu l'as dit. Il y a un scénario où la France est attaquée, on habitue les jeunes à toucher des fusils, c'est très différent vraiment.
on les met en conditions directe et donc là faire rentrer l'armée dans les écoles c'est la même chose. Et ce dispositif est complété dans le plus jeune âge par des initiatives du type les bulles de la mémoire. Donc c'est des petits dessins, des petites bandes dessinées dans lesquels on glorifie effectivement l'armée française et cetera. On va y venir Sophie.
Oui, je voulais compléter en disant que ça se poursuit aussi au niveau universitaire, au niveau de l'enseignement et de la recherche puisque c'est notamment un travail de documentation qui a été réalisé par le collectif qui est un collectif d'étudiants qui a montré que en gros 80 % du financement de certains programmes universitaires, en particulier les programmes des écoles d'ingénieur et cetera, euh était assumé par 10 entreprises qui sont toutes des industries de guerre. Donc ça aussi c'est un signe si vous voulez être financé pour faire des recherches académiques.
Donc au titre de la liberté académique et de l'indépendance de la recherche en fait si vous voulez vraiment être financé il va falloir bénéficier du soutien de ces industries de guerre. Moi, je travaille sur les questions tout à fait frappant. On voit très bien qu'il y a des travaux qui vont être financés par Frontex et alors que Frontex sécurise et militarise la frontière. Puis la deuxième chose que je voulais dire, c'est réagir à la vidéo que tu nous as montré Ischam et à ce que dit évidemment cette jeune enseignante en en en légitimant ses classes défense par les valeurs de la République.
Les valeurs de la République, c'est vraiment une formulation qui a été beaucoup promue par Jean-Michel Blanquer quand il était ministre de l'éducation nationale et qui crée un déplacement parce que la République, elle est fondée sur des principes. Les valeurs c'est pas du tout la même chose. les valeurs, c'est très subjectif et on y met un peu ce qu'on veut. Et en l'occurrence là, qu'est-ce qu'on y met ? du patriotisme.
Et donc là, je trouve que on joue sur l'ambiguïté même de ce que c'est que le modèle de la République française qui peut être un modèle très émancipateur mais qui peut aussi être un modèle, ça a été le cas historiquement, qui va se retrouver et défendre ces idées du patriotisme.
Et donc là, je crois que sans réactiver le terme de patrie parce que c'est encore un terme qui effectivement est un peu chargé avec tout l'héritage de voilà du 20e siècle de la période de Vichi, mais quand même on voit que ça réactive ce concept là et ça ça doit être effectivement un point de vigilance pour savoir vraiment ce qu'on veut faire notamment au niveau des politiques scolaires de la mémoire que tu évoqué à l'instant. H et puis la question de la République a basculé maintenant. L'arc républicain, on l'a bien vu là depuis 3 ans, l'arc républicain va des macronistes à Éric Zemour, donc à l'extrême droite, c'est plus du tout la République du Front populaire.
Donc être républicain maintenant, c'est soutenir Israël, soutenir la police, soutenir la militarisation et dès qu'on critique les violences policières, on est anti-républicain. Maintenant même la France insoumise est qualifiée d'antirépublicaine, quoi. Il faut d'ailleurs la dissoudre, non ? Et il faut dissoudre. Voilà, c'est ça. Oui, vas-y. Mar avec la loi séparatisme, toutes ces questions. Bon, pardonur. Non, non, juste sur un truc. Je rebondis sur ça.
Et la façon dont ils ont institutionnalisé les valeurs de la République dans les dans les rectorats, c'est assez frappant parce qu'ils mettent des référents pour tout maintenant et on voit à quel point c'est orienté sur les 10 dernières années, l'aspect sécuritaire, la laïcité raciste et cetera. C'est-à-dire qu'il y a des référents prévention de la radicalisation, il y a des référents éducation à la défense et il y a le référent un peu laïcité, valeur de la République. Ils sont tous ensemble, ils font même des réunions entre eux pour mettre en commun leur leur réunion et donc tous les dans tous les rectorats maintenant, il y a ça.
Donc c'est vraiment institutionnalisé cette façon maintenant très politique d'aborder ces questionsl sous prétexte que c'est des enjeux de sécurité, que c'est des enjeux de valeur de la République, de liberté, de laïcité, peu importe. On y met tout ce qu'on voit maintenant dans les débats publics et dans voilà l'air droitière qu'on connaît dans cette institutionnalisation et donc dans l'école quoi. Hm. [raclement de gorge] Mais du coup pour rebondir un peu ce qu'avait dit euh Pierre à un moment, c'était la question de l'armée vise certaines populations de la jeunesse et aussi on a l'impression que ces dispositifs visent aussi une certaine population.
Euh est-ce qu'on peut dire que la jeunesse c'est un bloc homogène ? Et est-ce que les politiques autoritaires visent également tous les mêmes tous les jeunes de la même manière dans le même objectif ? Bonne question. Ben ce qu'on voit c'est que on a parlé des classes défense mais il y a aussi un dispositif qui s'appelle RAventure et il y a tout un tas de dispositifs en réalité pour faire aussi rentrer la police dans les lycées et les collèges, inciter les jeunes à faire des activités.
Il y a une affaire particulièrement marquante à mon à mon sens qui est euh dans un lycée professionnel de Fonten Soubois l'an dernier, ils ont fait intervenir dans le cadre d'une classe défense des mattons et des flics pour mettre en condition les élèves sur leur temps scolaire dans l'enceinte de l'établissement avec des confrontations entre agents en uniforme et jeunes. Les agents en uniforme les incitaent à se confronter physiquement avec eux et il y a des gamins qui ont fini ensemble. Hm.
Donc c'est des images très choquantes et finalement on est en train d'habituer les enfants des classes populaires de quartiers destinés à des boulots précaires et cetera, des enfants noirs et arabes hein là en l'occurrence soit à un devenir ultra précaire sans avenir et cetera, soit à un statut de policier ou militaire, c'est-à-dire une reconnaissance justement républicaine entre guillemets mais au service de la répression et de l'impérialisme avec une arme entre les mains, euh un salaire garanti et cetera. Donc le message, c'est vraiment ça le message qui est adressé dans les quartiers.
Euh c'est euh vous n'avez pas d'avenir, nous on vous en offre un mais sous l'étendard tricolore et au service des forces armées. Et on voit beaucoup aussi dans les quartiers lors des salons euh de recrutement et cetera, des stands de la légion, des stands de l'armée qui disent "Venez, rejoignez-nous". Et on le voit et encore plus peut-être dans les colonies françaises, on sait qu'il y a beaucoup de Canac et cetera qui sont recrutés dans l'armée pour compléter la panoplie des des des des moyens.
Et en en 2025, le ministère des armées publie un guide qui est euh a culturé les jeunes à la défense qui de nouveau euh vise les mêmes objectifs, hein, je je cite, découvrir les enjeux de la défense et de la sécurité globale et la diversité des métiers et des parcours associés.
Et quant à aux dimensions racisées, on a un programme spécifique en direction des zones d'éducation prioritaire qui est de nouveau mené par le ministère des armé, l'éducation nationale qui sont les semaines de stage défense dans lequel de nouveau ce qui est mis en avant c'est découvrir les métiers de de l'armée, valoriser la diversité ce qui veut dire qu'effectivement bah on veut des arabes et des noirs dans notre armée. C'est c'est ça que ça veut dire. Et puis dernière dimension qui me semble simplement un constat de bon sens.
Il se trouve que je tourne beaucoup pour mon dernier livre pour des conférences et donc je passe dans beaucoup de gares et euh les publicités de recrutement de l'armée sont partout et c'est les seules publicités où on voit des noirs et des arabes. Voilà. Euh donc ça c'est un un simple indicateur. Faire est-ce que tu es cap de rentrer dans l'armée ? Ouais exactement. [raclement de gorge] Euh les classes défense elles sont mises en place en 2005007 je crois et notamment en lien avec les donc notamment en lien avec les émeux de 2005.
Euh de façon générale, moi quand je fais quand je faisais mes enquêtes et c'était quelque chose qui liait un peu parce que j'avais fait mon enquête auprès à la fois de ceux qui représentaient côté ministère de l'intérieur et ceux qui représentai côté référent éducation nationale et les enseignants. Ce qui les unissait c'était le discours. Oui, il faut là où avant il y avait les services militaires qui apportaient la discipline, l'ordre, l'unité sociale, l'unité sociale entre les gens. C'est-à-dire on a on va avoir de la mixité sociale, tout le monde qui se trouve dans un même endroit et qui va servir la nation quoi.
On a perdu ça et donc là on peut retrouver ça et on va du coup avoir cette espèce d'universalisme un peu abstrait. Donc ça vise qui l'universalisme ? Mais le fait qu'il faut diffuser les valeurs de la République et la laïcité, ça vise bien sûr les noirs et les Arabes, ceux qui sont des quartiers parce que c'est eux qui sont considérés comme exclus entre guillemets ou ceux qui ne veulent pas s'intégrer. Donc ça rentre aussi dans tout ça, dans dans tout ce trucl et aussi ça arrive aussi dans les années 80 donc à l'époque de l'air sécuritaire et à cette époque-là le le c'est c'est aussi lié en à la à la marche de 83 quand ils mettent en place le partenariat.
C'est aussi lié à tout ce contexte là de l'air sécuritaire des années 80. C'est Mathie Rigus qui l'expliquait bien dans son euh dans son dans son bouquin sur le sujet à quel point c'est lié à ça et aussi dans les mouvements antimilitaristes qui existait avant. Euh bien sûr, il y avait le sujet de la guerre du Vietnam qui politisait beaucoup. Il y avait le sujet des jeunes appelés de la de la guerre d'Algérie qui politisaisent beaucoup. Et donc aussi tout ce contexte-là anti-impérialiste, il participaiit avant à la culture antimilitariste.
Et c'est à ça que c'est attaqué euh euh que s'attaque cette politique-là d'éducation à la de défense et du euh renouer abstraitement les jeunes et l'armée, ça s'attaque aussi à ça quoi. Voilà. Tu tu as absolument raison pour moi de de faire le lien entre 2005 et cette nouvelle dynamique. Il faut se rappeler que la lecture de ces événements, la lecture dominante est une lecture qui nie toute dimension politique à ses révoles des quartiers populaires qui ont quand même touché 400 quartiers pendant 21 jours. Et on a une négation complète de la dimension politique et de l'existence d'une base matérielle assez révolte.
Et on a un discours de Jacques Chirac qui est extraordinaire qui est sur la crise des repères. Voilà ce qui aurait provoqué et la crise du sens. Euh et ben l'armée va nous donner va venir donner des repères et des sens là où les parents sont défaillant parce que c'est ça l'implicite qu' a derrière. On est dans une zone de non droit avec des parents défaillants qui qui ont démissionné et donc des jeunesses qui ont grandi tout seul sans repère et sans sens et il faut donc les recadrer et leur redonner du sens.
D'autant plus que que la excuse-moi juste d'autant plus que ce que la sociologie a montré sur les émutes de 2005 c'est que les jeunes un des premiers lieux auxquels ils s'attaquaient c'était l'école.
c'est-à-dire contre les inégalités scolaires et ça on le dit pas assez mais un des premiers facteurs de mobilisation entre guillemets parce qu'on pe des facteurs de mobilisation c'était bien l'école et la justice qui n'était pas dans l'école voilà donc c'est aussi lié Sophie oui et puis je pense que l'institution de l'armée c'est une institution qui est habitée depuis longtemps par une logique intégrationniste et donc il y a aussi cet item de l'intégration voilà l'armée va permettre d'intégrer des catégories ou d'assimiler si on préfère c'est la même chose qui sont qui viennent des quartiers populaires qui sont des personnes voilà qui viennent des quartiers populaires et des populations immigrées et cetera.
Et donc on va retrouver aussi cette idée dans une continuité complète et du coup ça met en tension cette logique intégrationniste avec ce que ça produit dans la distribution de ces classes défense dans la manière dont elles vont se répartir à savoir le renforcement d'une ségrégation scolaire qui du coup est pas du tout intégrative. H oui, parce que là, vous avez commencé justement à parler de la question des révoltes. Alors, en ce moment, on vit une des grandes révoltes qui ont qui ont commencé à créer euh c'était en septembre et on vit la continuité.
Évidemment, ça ça raisonne avec les émeutes de 2005 comme tu le disais très bienam, c'est que c'était d'abord attaqué à l'institution scolaire. Donc là, on a parlé plutôt de l'institution de l'armée d'une manière générale, mais donc depuis 20 ans, est-ce que vous pouvez me dire qu'est-ce que ça a fait ces politiques de militarisation à l'enseignement mais aussi au corps enseignant d'une manière générale ? Sachant que le 11 novembre, pour la première fois en France, on va avoir une journée obligatoire de commémoration qui n'est plus, on va dire, au volontariat de l'enseignant, mais qui est devenu bah une obligation euh de la mission d'enseignant.
Est-ce que quelqu'un il y a une phrase moi qu'on a pas encore mentionné mais qui à mon sens est très importante. C'est Jean-Noël Barreau qui se rend dans un lycée au début de l'année dernière et qui va déclarer "Le réarmement des esprits commence sur les bancs de l'école." Peuprou il déclare ça. Donc c'est un plan de bataille. C'est un plan de bataille idéologique. Euh après euh on peut dire qu'il y a une militarisation déjà de l'espace en général et en particulier des lycées puisque il faut il faut bien se dire que y compris l'espace des lycées et des collèges a été transformé profondément avec euh des portails euh sécurisés.
Euh les élèves qui sont considérés comme a priori dangereux et suspects donc à discipliner en particulier dans les quartiers les tourniquais. On avait pas, enfin moi j'avais pas ça euh quand j'étais [rires] quand j'avais euh 14 15 ans. Euh les passes biométriques y compris pour accéder à la cantine. Enfin, vous voyez, il y a tout on a transformé. Alors, les gens qui critiquent l'institution éducation nationale à juste titre diront que l'école est conçue pour discipliner et elle est déjà pensée à la manière d'une prison. Mais là, c'est extrêmement clair et avec des opérations de plus en plus fréquentes de contrôle de police à l'entrée des établissements.
Là, ces derniers jours, on voit vraiment qu'il y a une coopération, une collaboration assumée entre l'administration de l'éducation nationale et la police. Ce matin, il y a une intervention de police dans le lycée Paul et Loirard pour arrêter un jeune livré par la direction du lycée. Et en fait, des témoignages comme ça, j'en ai plein.
Après, peut-être que pour remettre en perspective historique, il y a la dimension intégrative et coloniale, mais il y a la dimension quand même de la marche à la guerre puisque moi ce que j'aborde un peu là dans dans mes recherches, c'est qu'on voit que la puissance de l'école laïque publique et obligatoire, c'est une puissance aussi qui sert à encaserner les jeunes dès le plus jeune âge dès la 3e République, c'est-à-dire déjà il y a 120 ans.
Euh et en fait moi ce que [raclement de gorge] j'ai regardé c'est un peu les prémisses de la Première Guerre mondiale et cette préparation d'esprit des esprits à la Première Guerre mondiale au début du 20e siècle, c'est la création de bataillons scolaires dans une logique de revanche contre l'Allemagne. Qu'est-ce que faisaient les enseignants, les fameux usards de la République à cette époque-là ? C'est qu'ils organisaient des petits défilés militaires avec les enfants qui avaient des petits fusils en bois et qui défilaient au pas.
et les bons points et les on avait parfois des autocollants à l'école primaire quand on avait réussi un exercice et bien les bons points dès cette époque c'était des batailles célèbres, c'était des généraux et cetera et donc on acclimatait alors déjà avant l'immigration et cetera les enfants d' le plus jeune âge à être de futurs bons petits soldats et ça a donné le désastre de la première guerre mondiale. Alors [raclement de gorge] on a raison de souligner les les invariances comme tu fais hein les avariances historiques. bien avant cette la militarisation actuelle, on avait déjà ce rôle de l'école. Mais il faut faire attention aussi aux mutations.
Il y a des mutations profondes qui ont qui ont eu lieu et qui sont liées effectivement cette à cette marche à la guerre et qui est euh en particulier la dégradation des conditions de travail des enseignants. Euh on est euh sur 4 années de euh d'attaque aux conditions d'existence et de travail des des élèves et des enseignants. Et pour un pour une partie des enseignants, enseigner devient quelque chose de d'affreux. Euh et la tentation euh d'une de de de l'écoute d'un discours autoritaire peut dans ce type de situation. Euh le la seconde mutation qui me semble extrêmement importante, c'est du côté de la jeunesse.
Du côté de la jeunesse, on a une véritable crise de crédibilité du discours officiel sur la République, la nation et cetera. Aujourd'hui, qui dans la jeunesse croit encore que son avenir va être assuré par la bonne santé économique du capitalisme. Qui croit encore que le ruissellement va finir par l'enrichir et cetera ? Et donc on a toute une jeunesse qui ne croit plus au discours de légitimation globale et ce besoin de recadrer fortement, il est lié au fait que idéologiquement la classe dominante n'arrive plus à faire passer son message. C'est une mise au passe. C'est vraiment la jeunesse au garde à vous ou en garde à vue. Sophie. Oui.
Et et en même temps, l'institution scolaire est pas monolitique et homogène. Et moi ce qui me frappe, c'est comment elle est traversée par des contradictions parce que quand on regarde les contenus des programmes scolaires, c'est une éducation à la paix. Le MC, l'éducation morale et civique, c'est quoi ? C'est une éducation à la paix, à la solidarité. Alors, ça peut avoir l'air un peu naïf, mais véritablement les contenus vont dans ce sens. Et il y a beaucoup de choses qui reprennent les objectifs qui étaient ceux de la Révolution française de du progressisme, de la démocratie, de l'émancipation et cetera.
Donc euh je trouve que ça met un peu en porte à faux en fait les enseignants euh parce que euh est-ce que on a affaire à une institution scolaire qui et bien assume d'être nationale avec des programmes qui sont les mêmes pour tous et qui sont clairement identifiés dans leurs objectifs ou est-ce qu'on a une espèce de grand marché libéral où on peut choisir telle option, telle classe en fonction de ses valeurs et cetera et c'est un peu aussi à ça que ça nous confronte. Donc moi ben je suis plutôt classe défense et moi ben je suis plutôt éducation morale et civique à la paix.
Bah, vous voyez, je trouve que c'est même pour les enseignants, c'est c'est assez nébuleux finalement de savoir quel est le positionnement euh institutionnel sur ces questions. Et tu as par tu as posé la question sur qu'est-ce qui a changé les 20 dernières années ? Euh moi, j'ai l'impression que le gros en tout cas moi qui est j'ai eu toute l'école là dans les années 2000 quoi, le gros traumatisme c'est les attentats. Le gros traumatisme dans les écoles, c'était tout le truc autour des attentats et de la laïcité des musulmans et vig pirate 2001.
Vir, ça c'était [raclement de gorge] horrible parce que à chaque fois qu'il y avait quelque chose euh allez le prof qui fait sa qui fait sa classe qui explique alors il faut pas faire d'amalgame entre les musulmans et les terroristes mais attention les valeurs de la République il faut absolument et Charlie Hebdo le traumatisme de Charlie Hebdo, ça ça m'a traumatisé pour toute ma vie he faut rappeler Charlie HebdoDo pour pour les musulmans, c'était 4500 perquisitions au minimum au minimum sans sans poursuite. Je crois il y a eu une poursuite, un truc comme ça sur les 4500.
[grognement] Euh donc c'était quelque chose des gamins et des écoliers balancés par l'équipe certaines équipes pédagogique ou laation et cetera. Mais il faut se rappeler vraiment le traumatisme hein dans les devant le journal télévisé la réaction des parents c'était euh quand il y avait un attentat pourvu que ça soit pas un arabe parce qu'on va encore en avoir pour 3 mois quoi. Donc parce que ça c'est même dès 2001. Moi 2001, j'avais 8 ans et je me rappelle, j'étais en cours de récré et je vois le regard des enseignants et des élèves qui changent quoi à 8 ans. Donc c'est je pense ça commencé là 2001 et cetera.
Charlio, c'était horrible parce que bien évidemment que parmi nous tous les jeunes là même les noirs et les arabes, c'est inacceptable les attentats et tout mais en même temps la séquence Charlie HBD c'était horrible nous dire "Oui les caricatures du prophète c'est normal oui il faut accepter ça oui" c'était horrible c'était vraiment de de la des instances disciplinaires hyper violentes symboliquement parce qu'on était vraiment pointé du doigt on était pointé du doigt on devait se justifier tout le temps et c'est à travers ça aussi où ils ont mis plein ils ont mis en place plein plein de procédures sécuritaires même dans l'école c'était franchement c'est je pense que dans les 20 dernières années, tu demandes à n'importe quel étudiant qui a traversé les 20 dernières années, il va dire les attentats, c'était horrible.
2015 et puis comme tu le disais aussi très bien au début, c'est à chaque fois on voit le PS d'une manière générale, on voit Mitteran en 80, Hollande, les Macronistes, et Samuel Patti, c'était horrible aussi. Enfin bref, c'était horrible. C'était le point sur lequel je voulais venir, c'est donc après l'assassinat de Samuel Patti. Donc comment est-ce que aussi il y a la question du corps enseignant qui se sent aussi menacé puisqueil y a une propagande mais aussi une réalité que la violence augmente dans la société et là on l'a vu en début de semaine notamment avec le le collégien à Aubagne qui a tiré sur une enseignante et un proviseur qui si je ne dis pas de bêtises en sont rescapé.
Euh comment on protège à la fois ce corps enseignant qui se sent menacé sans donner raison à des politiques sécuritaires d'extrême droite qui vont augmenter la violence dans la société ? Oui. Mais moi je trouve que la tentation du politique c'est toujours de faire à partir de l'exception de produire de la règle. C'estàd quelque chose d'absolument exceptionnel survient et il faut une réponse politique à la hauteur de l'événement et donc il faut tout de suite en tirer une législation et ça arrive dans tout un tas de contextes différents.
Et donc là, on a quelque chose quand même de l'ordre de l'exception, un attentat, en tout cas le meurtre d'un enseignant et ça va produire un dispositif législatif qui s'adresse à tout le monde, qui est commun et qui bien sûr a des effets et qui va finalement traduire une politique même internationale qui est la guerre contre la terreur sous la forme de politique publique y compris dans le domaine scolaire. Donc ça internalise même dans les esprits cette idée d'une sorte de guerre générale, de guerre larvée, d'ennemis peut-être interne, on ne sait pas bien qui il est, de suspicion généralisée.
Et ça c'est un changement de climat qui bien sûr affecte le pacte de confiance entre les enseignants et leurs élèves, entre les enseignants entre eux. Donc même si ce n'est pas dit et nommé, bien sûr que ces dispositifs comme ils se matérialisent, ils finissent par avoir des effets. H et puis les les violences scolaires de ces dernières années, on voit bien qu'il y a euh des des focals médiatiques plus ou moins en fonction des des de la personne qui les commet.
L'an dernier, moi je me rappelle qu'il y a eu plusieurs attaques masculinistes he de jeunes hommes, notamment d'ailleurs qui a tué une une jeune fille de sa classe et qui était visiblement un sympathisant d'extrême droite et il y a peut-être pas eu autant de focal que sur d'autres attaques quand elles sont commises peut-être par d'autres populations. Après moi c'est c'est une question que tu poses qui est très difficile parce qu'en fait c'est pas une question de relative à l'éducation nationale, c'est beaucoup plus général. Moi, la réponse que je peux donner, c'est euh les États-Unis modèle à la fois hyper sécuritaire, le plus grand nombre de détenus par habitant du monde.
Faut se rendre compte de ce que c'est les États-Unis. Une police militarisée avec des centaines et des centaines de morts par la de tuées par la police par an, des peines de prison gigantesques et en même temps des tuistes scolaire comme il y en a nulle part dans le monde, c'est-à-dire des euh des élèves qui euh pètent des plombs, qui viennent armés dans les lycées, qui tuent des élèves et des enseignants. Donc ce néolibéralisme autoritaire, on voit qu'il génère une extrême violence et notamment dans les espaces scolaires. Donc parler d'islam ou de menaces terroristes, c'est complètement absurde si on met en parallèle la situation dans un pays comme les États-Unis, par exemple.
Mais tout tout vas-y. Non non, moi je n'ai pas entendu de réflexion à l'époque sur comment protéger les enseignants. On a eu une réponse qui a été immédiate qui était une réponse en terme de suspicion et de délation. Il faut se rappeler un peu plus tard tout le délire qu'on a eu sur les signes de radicalisation. Donc on on est bien sur cette idée que pour certaines populations, on a une vigilance particulière à avoir. On a à observer et on a à signaler. Ça ça protège pas les enseignants, ça juste divise la communauté scolaire, fait peser sur le poids de d'un certain nombre d'élèves quand ils sont assisés l'impression d'être de ne pas être chez eux.
Et donc on crée une illégitimité de présence au sein de l'établissement scolaire. C'est ça la réalité. H euh Oui. Oui. Bah tout je suis totalement d'accord. Toute la sociologie prouve que c'est pas avec plus de sécuritaire et plus de prison et plus de sanctions queon arrive à baisser ce qu'on appelle la criminalité. Et quand on traite de ces affaires là, en tout cas je le dis quand on voit les grands médias, on traite des faits divers. C'est-à-dire oh là, il y a un fou, un jeune qui a planté son prof. Oh là, il y a lui qui a fait ça. Mais en fait, à aucun moment, on va on va s'asseoir et on va se dire quelles sont les raisons structurelles qui mènent à ça ?
Et ce n'est pas un cas individuel isolé comme ça, il y a un fou, il a décidé de planter. Non, s'il y a des situations comme ça, c'est qu'il y a bien des raisons structurelles. Est-ce que c'est quoi ? Peut-être c'est des questions psychologiques, des questions économiques, des questions sociales, mais en tout cas, il y a du structurel derrière. On veut pas juste dire "Ah bah regardez, il y a de la violence et puis lui on va le sanctionner, c'est très grave et puis voilà." Ça ça peut pas se résumer. C'est important ce que tu dis. C'est l'explosion des pathologies mentales dans la jeunesse, notamment depuis l'après Covid et en même temps le démantellement.
Et ça c'est ce qui a été dénoncé notamment par les syndicats enseignants après certaines attaques que il y a plus de psychologue scolaire, il y a plus de suivi, il y a plus de place dans les structures de soins euh psychiatrique et on se retrouve mais je je refais le parallèle avec les États-Unis, une société profondément malade qui a en fait quelques années d'avance sur sur la nôtre où il y a des maladies mentales de masse qui se retrouvent dans l'espace public parce qu'elles sont pas traitées et donc des passages à l'acte violents qui eux-mêmes génèrent des réponses encore plus sécuritaires et une brutalisation de la société.
Donc c'est un cercle vicieux, insoutenable de qui ne profite qu'à l'autoritarisme et à la militarisation de la société en réalité. Très bien. Et du coup là, ça va permet d'aborder un une autre dimension aussi de cette question de la militarisation, c'est l'aspect structurel et notamment de dire que peut-être euh dire certains intérêts profitent de la situation, notamment dans un contexte de militarisation. On a vu aussi ces révoltes lycéennes qui ont commencé au lendemain et moi je pense que c'est important de le dire de la marche contre la loi permis de tuer. Donc qui va permettre à la police de pouvoir tirer sur des prévenus considérés comme suspects.
Ça veut dire plus d'utilisation d'armes à feu. Donc aussi peut-être des chiffres d'affaires qui augmentent. Est-ce que le parallèle est trop grossier avec l'industrie militaire américaine ou il y a une continuité entre l'augmentation du budget militaire et la volonté aussi bah d'écouler des marchandises un peu sécuritaires ? Ah non mais ça c'est factuel ça. Ça ce que tu dis c'est pas une hypothèse complotiste ça. Le fait que on construit des armes parce que il y a des intérêts économiques derrière de financer les entreprises d'armes. Ça c'est c'est factuel. Il y a pas de il y a pas de débat sur ça. Ça c'est super. Mais nous on est complotist. On peut même aller plus loin.
C'est-à-dire que la France désormais en tant que deuxè exportateur d'armes du monde puissance impérialiste, non seulement a vend des armes, fait du profit, mais a besoin de la guerre permanente. Donc on le rappelle he la France mène des opérations militaires sur le territoire notamment africain mais aussi en Afghanistan en moyenne une fois par an depuis la fin de la guerre d'Algérie. 60 opérations extérieures de la France depuis l'indépendance de l'Algérie. Une par an. On n'a jamais été en paix.
Ça c'est important de le rappeler, c'est simplement que la guerre n'est plus n pas on la voit pas parce qu'elle est pas directement sur notre sol mais elle est constamment enfin il y a une guerre intérieur he peut-être qu'on en discutera tout à l'heure mais il y a des opérations militaires en permanence et l'impérialisme français a besoin de générer la guerre puisqu'il a besoin d'utiliser ses armes pour montrer qu'elles fonctionnent et les vendre sur le marché international et l'exemple le plus frappant c'est le rafal.
le rafale qui était considéré comme un avion beaucoup trop cher, beaucoup trop sophistiqué quand il est sorti au début des années 2000 qui a été testé en Afghanistan, en Libye et au Mali et qui maintenant ne s'est jamais aussi bien vendu puisque les vendeurs d'armes mettent en avant, les vendeurs d'armes français mettent en avant le concept de combat de proven, éprouvé au combat. Regardez, il marche bien, on l'a utilisé. Donc la France a besoin de mener la guerre pour écouler son stock si on peut résumer très grossièrement y compris avec Israël. Alors on vend pas exactement des armes mais je crois qu'on vend des particules qui servent à faire des armes. Enfin bon voilà.
Oui voilà des composants. Merci juste ça pour être voilà correct. Mais même là où il n'y a pas de guerre même dans des zones qui sont pas au revoir qui sont pas des zones de guerre.
La militarisation des frontières comme par exemple la frontière franco-britannique où il n'y a pas de guerre à proprement parler est transformé en zone de menace de ces personnes qui sont pourtant des réfugiés politiques et bien sûr que il a des profits énormes qui sont générés par la sécurisation de la frontière ou toutes les procédures d'externalisation de cette sécurisation de la frontière et ça permet d'enrichir Talè Vincy et on voit aussi comment ces technologies de la surveillance et de la et de militar isation des frontières, elle circule à l'international.
Une des entreprises qui va être très présente sur la militarisation du littoral français, c'est une entreprise israélienne par exemple. Donc tout ça corrobore cette importance d'écouler les stocks et de de trouver un marché en fait pour ces industries là. Alors justement, on va pouvoir commencer à parler de de la Palestine parce qu'on a vu dans ces mobilisations lycéennes beaucoup de pancartes qui faisaient référence à la Palestine. On sent que c'est une génération qui est marquée par ces 3 ans de génocide et de cette résistance anticoloniale. Euh ma question est au-delà le la réponse d'une partie du corps enseignant.
Moi, j'ai j'ai pu voir quelques mails, on va dire, d'une certaine école fondée par la CIA [rires] qui s'appelle le HS et notamment de débats de professeurs qui s'encanaillaient autour d'une pancarte que les étudiants avaient montré qui était euh Evause, complice du génocide. Evause qui est une universitaire qui a soutenu qui soutient la colonisation en tout cas qui soutient le projectionniste. Une universitaire d'où ? Euh de l'HSS. Ah d'accord. OK. Et donc euh et la réponse du corps en renseignant en toute solidarité avec cette personne vivement attaquée par ses étudiants était de dire euh que la Palestine n'avait rien à voir avec la question de ces mobilisations là.
Euh à votre avis, à quel point euh la Palestine et à la fois le produit et en même temps de ses mobilisation la la résistance en tout cas le mouvement de soutien de la Palestine et en même temps une des causes à ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui notamment dans cette jeunesse. C'est une question un peu large mais je pense elle est bien cette question mais je crois qu'il faut éviter d'être uniquement dans la perception de la dégradation de de notre situation politique et cetera, mais de regarder aussi les aspects sur lesquels le mouvement social a eu des gains. Et on a eu 20 ans dans lequel sur un certain nombre de débats, il y a eu des gains énormes.
Les combats sociaux n'ont pas servi à rien. Les mouvements des quartiers populaires n'ont pas servi à rien. sur l'antiracisme politique. C'était un sujet tabou dans le passé. C'est aujourd'hui débattu. Ça s'est imposé. L'islamophobie était un mot qu'on ne pouvait pas prononcer. Aujourd'hui, ça fait partie du débat politique. Sur la question de la Palestine, on a la même chirurité. C'est que en réalité la situation d'aujourd'hui c'est c'est bien une tentative de reprise en main parce qu'il y a eu un certain nombre de d'avancées. Et effectivement, on a toute une jeunesse qui a été socialisée politiquement dans ces débats-là. dans ces débats-là.
Euh moi, je suis effaré quand je regarde les pancartes qu'il y a pas seulement sur la Palestine hein, mais sur toutes ces questions. Euh quand quand on voit je veux le bac et pas la bac, on a une réflexion politique énorme que derrière ce slogan résume. Et donc on a cette génération qui s'est euh socialisé au travers de ces débats. Euh pas forcément en allant dans des conférences et cetera, mais au moins un jeune à qui je demandais d'où d'où d'où venait sa pancarte, mais il me disait "Moi, c'est le rap qui m'a éduqué." Euh par les chansons de rap, il y a des dimensions euh de d'avancée politique, d'avancées de conscience qui qui se qui sont passées.
Et donc oui, nous avons affaire à une génération Palestine, nous avons affaire à une génération de l'antiracisme politique, nous avons affaire à une génération qui a conquis des choses au niveau idéologique et qu'on essaie de le reprendre aujourd'hui. Et moi ce que j'aime bien là-dedans, c'est quand je vois les grands médias, mais comme ce que tu as dit là, qui s'étonnent, qui disent "Mais qu'est-ce que ça à faire là-dedans ? La Palestine, on comprend pas c'est quoi le rapport Mais en fait, ils comprennent pas que cette génération en fait, elle est à l'heure.
Elle est elle est à l'heure du moment actuel et elle est dans une forme de vérité qui est complètement opposée à ce que ces médias et à ce que ceux qui comprennent rien sont. Eux, ils sont les jeunes, ils sont dans une forme de vérité de la de du moment actuel politique qui a un moment qui vit un génocide depuis 3 ans à Gaza. Et en fait, cette jeunesse là, elle le sait, elle le sait et elle se elle se bat contre ça et elle en souffre aussi et et en fait elle le lit sans avoir besoin de faire des grandes théories.
tu as raison, ils vont pas forcément dans des conférences mais en tout cas elle sait que sa condition historique aujourd'hui c'est liée au sujet de l'antircisme politique, que c'est lié à la Palestine, que c'est lié aux inégalités sociales. En fait, elle sait tout ça. Elle sait la France-Afrique, elle sait l'impérialisme. Et c'est vrai que quand on voit ça, parce que dans les mouvements sociaux, c'est là où on voit émerger une forme de à quoi ça ressemble la conscience politique actuelle. parce que d'habitude on les voit pas les lycéens, on les voit pas à la télé, on les voit pas forcément, ils sont pas forcément dans des syndicats.
Donc on les sent pas vraiment et là on voit, on se dit "Mais en fait, ils sont à l'heure. [rires] En fait, ils sont à l'heure surtout. Ils sont pas en retard, il faut pas qu'ils attendent d'arriver à la fac pour comprendre." Non, non, ils ont ils ont très bien compris en fait. Et moi, je suis plus surprise. La Palestine, ça m'étonne pas parce que ça fait c'est quand même la génération palestine, tu l'as dit, moi je suis plus surprise quand ils font des pancartes contre les les le budget de l'armée par exemple parce que là, je me dis pour le coup, le mouvement antimilitariste français, on va pas se mentir, c'est pas ouf.
Mais ils arrivent à quand même capter des trucs qui sont plus à la marge, on va dire. Et là, moi ça me je suis encore plus contente quoi. Je suis encore plus surprise, agréablement surprise. Oui. Moi, je trouve que c'est une jeunesse qui était beaucoup moins naïve que que certaines générations précédentes. Euh alors, c'est intéressant aussi parce que on voit que ils ont un rapport au réel qui est l'exact contraire de ce que le fascisme tente de mettre en œuvre. C'est-à-dire précisément le fascisme se nourrit des mythes, se distancie par rapport au réel et dans un mépris et une ignorance revendiquée des faits.
Et là, au contraire, on a un appétit des faits, un appétit de se documenter, de savoir. Alors, qui peut parfois tourner vers des formes de complotistes sur lesquelles le fascisme joue aussi. Ah mais on va vous dire vraiment ce qu'il en est et cetera. Mais là, on voit qu'il y a un souci de pas être dupe, d'être au plus proche de ce qui est en train de se passer et aussi un rapport à l'actualité qui est à la fois, je trouve, très vif et en même temps nourri, on le sang par une conscience d'être situé dans une histoire et de réactiver des choses qui ont été apprises. Alors, ça peut être par l'école mais par d'autres sphères, par d'autres canaux.
Et moi, je suis toujours très intéressée sur la transmission des mémoires souterraines. C'estàd qu'on sent aussi que en particulier dans les quartiers populaires, il y a des choses qui se transmettent euh on sait pas exactement comment par par quel type d'oralité ou par euh par par des transmissions intergénérationnelles et on sent que cette jeunesse là, elle hérite de tout ça et c'est extrêmement intéressant. Et en plus c'est même pas, je veux dire la beauté du truc, c'est que c'est spontané. En plus, c'est même pas, il y a pas une organisation haut qui dicte des slogans. C'est spontané. Mais il y a des pancartes de tout de tous les sens.
Il y a les TikTok qui sont des vrais des vraies pancartes en fait. Les TikTok qui sont faits avec des blagues où ils détournent des trucs ou où ils mettent en avant des messages. Moi je trouve ça c'est trop marrant en fait. Oui. Alors c'est spontané, je suis d'accord mais il faut définir le terme spontané parce qu'en réalité c'est un résultat. C'est un résultat. On a affaire à la génération qui depuis sa naissance n'a connu que le discours de la précarité, de la pauvreté et de la guerre. Voilà, c'est la génération de la guerre et de la pauvreté. euh et qui ne croit plus que son sort va s'améliorer. Ça c'est sur la dimension objective et sur la dimension subjective.
C'est la génération qui a connu euh les grands mouvements contre les violences policières, qui a vu ses aînés bouger et cetera. Et donc, on a un un résultat de cela dans les consciences. Il y a deux slogans qui raisonnent beaucoup en ce moment, c'est bismillah, c'est les ténèbres et puis c'est trop marrant ça. Voilà, très drôle. Bon, pour certains Salaf non vrai [rires] mais aussi il y a quitté l'époque contemporaine mais ça se répond en fait. les deux les deux se répondent. Ça qui est intéressant, c'est savent que ils sont dans une situation de merde et en même temps ils veulent aller de l'avant.
Mais par contre, ce qui est intéressant c'est aussi du côté du pouvoir politique et on va terminer par ça, c'est il y a un il y a à peu près un an, il y avait le général Mandon qui avait déclaré il faut qu'on accepte de perdre nos enfants et un candidat annoncé enfin qui a gagné dimanche les premières du PS disait "Oui, c'est OK. À votre avis, c'était qui ?" [rires] Je parle de Gluxman. Bah ouais. Ah oui oui. Donc ça veut dire qu'on a une sorte d'arc centrale qui va du PS jusqu'à l'extrême droite qui est totalement d'accord pour la fuite en avant militaire. Après sur le PS on est obligé de rappeler ça c'est un devoir de le rappeler.
Le PS a participé à toutes les guerres coloniales du Vietnam à l'Algérie. Voilà toutes les grandes guerres coloniales le PSI y était. Et du coup la moi ma question qui a peut-être je dirais pas cette jeunesse est merveilleuse mais aussi est-ce que cette jeunesse ne connaît pas ses intérêts ? aujourd'hui dans le sens où la guerre semble se généraliser. Ah mais je pense que qu'effectivement il faut on a une jeunesse qui est très lucide sur le fait que ça n'it pas que des discours euh qu'un général vienne nous dire euh nous ne sommes pas prêts à la guerre et il va falloir si nous ne voulons pas être perdant accepter de perdre de nos enfants.
Je pense qu'on a pas affaire simplement à un discours qui n'est pas suivi des faits. Il suffit de l'inscrire dans un certain nombre de faits contemporains. Je cite toujours le même parce qu'il est très parlant, qui est quand même un document officiel du ministère de la défense états-unien qui s'appelle stratégie de défense des États-Unis d'Amérique qui nous annonce une guerre une guerre globale pour les 10 ans à venir. Dans les 10 ans à venir et on a d'autres déclarations des généraux qui nous la situent en Europe pour la fin de la décennie. Donc on n'est pas sur quelque chose euh d'abstrait et ces jeunes ben sont au courant de cela. Oui.
Et en même temps, je trouve que ce chantage à la guerre, il a beaucoup moins de prise et d'impact sur une génération à laquelle on explique que de toute façon euh le futur avec le désastre écologique va être extrêmement compliqué, qui va avoir un taux d'exposition au cancer qui va être maximal comme le dénonce cancer colère et cetera. Donc c'est aussi un rapport au risque euh une un rapport à sa propre vulnérabilité qui est en train à mon avis de se déplacer un petit peu aussi. Incroyable. Bon bah en tout cas euh monsieur mesdames merci beaucoup de votre présence. Finci. Bah oui c'est fini. [rires] Mais si on a tout on a traité tous les sujets qu'on a à peine commencé. Je rigole.
Non parce que Sophie doit nous quitter comme ça. Ça permet de de la discussion. C'était bien c'était intense. C'était très structuré. En tout cas merci beaucoup évidemment. Merci beaucoup au chat. Merci beaucoup à Christophe, à la technique. N'oubliez pas euh rendez-vous le 17 octobre. Voilà. Et surtout rendez-vous le 18 au Side. Ça commence à quelle heure déjà ? 16h 18h. J'ai pas l'horaire mais c'est sur notre Instagram. Ouais, c'est sur notre Instagram. Donc auongside, on va faire une petite soirée bilan du 17 octobre. Ce sera filmé par PDH à l'animation. Il y aura sans doute Mariam, Sabrina, Samire, il y aura toute l'équipe de toute façon sur place. Ah ouais, on vous vendra des revues.
N'oubliez pas le tipi de parole d'honneur, ça nous permet de nous financer. Je vous remercie beaucoup de votre présence. Je vous souhaite une très bonne et on raide W. Il paraît c'est m Ah ouais, allez chez W, vous allez être bien avec W et faut que tu reviennes d'ailleurs mais passe une très bonne soirée. Merci à toiamm, c'était super cette émission. De rien. Merci beaucoup à vous. Merci. Ciao. Ciao. Salut. Et n'oubliez pas fuck le 17. [rires] Voilà. Impeccable en fait.
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Ah. Yeah. [musique]